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Mise en place d'un système d'assurance-qualité dans la prise en charge des chimiothérapies à domicile : exemple de l'hospitalisation à domicile « Assistance publique-Hôpitaux de Paris »


Bulletin du Cancer. Volume 97, Numéro 9, 1073-85, septembre 2010, Article original

DOI : 10.1684/bdc.2010.1170

Résumé   Summary  

Auteur(s) : F Benizri, E Balladur, J Darse, J Guérin, V Boudy, M Echard, M Brodin, JB Hagenmüller, P Prognon, B Bonan , Hospitalisation à domicile AP-HP, 14, rue Vésale, 75005 Paris, France, AGEPS, 7, rue du Fer-à-Moulin, 75005 Paris, France, Hôpital européen Georges-Pompidou, 20, rue Leblanc, 75015 Paris, France.

Résumé : Alors que la chimiothérapie à domicile permet d'améliorer le confort et la qualité de vie du patient, des conditions de qualité et de sécurité équivalentes à celles réalisées dans les structures traditionnelles en cancérologie sont indispensables à une prise en charge sécuritaire. L'organisation est cependant beaucoup plus complexe. Les prescripteurs de l'hospitalisation à domicile (HAD), de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) sont potentiellement répartis sur 21 établissements, et l'administration est assurée par environ 300 infirmiers diplômés d'État (IDE) sur Paris et la petite couronne. La centralisation des préparations de chimiothérapie est assurée depuis septembre 2009 par la pharmacie de l'Hôpital européen Georges-Pompidou (HEGP) avec une montée en charge progressive de l'activité. Cet article présente le système d'assurance-qualité mis en place, avec une nouvelle organisation, pour répondre aux spécificités du domicile et aux enjeux de sécurisation et de traçabilité du circuit des chimiothérapies : choix des anticancéreux éligibles, système d'information en réseau entre établissements prescripteurs et HAD AP-HP, sécurisation des conditions de transport, traçabilité des actes et des acteurs de la prescription à l'administration, sécurisation de l'administration. Cette expérience, à travers ses différents axes de travail, peut-être un support important pour les autres structures d'HAD dans leur démarche d'assurance-qualité.

Mots-clés : chimiothérapie anticancéreuse, hospitalisation à domicile, préparation centralisée, système d'assurance-qualité

Illustrations

ARTICLE

Auteur(s) : F Benizri1, E Balladur1, J Darse1, J Guérin1, V Boudy2, M Echard1, M Brodin1, JB Hagenmüller1, P Prognon3, B Bonan3

1Hospitalisation à domicile AP-HP, 14, rue Vésale, 75005 Paris, France
2AGEPS, 7, rue du Fer-à-Moulin, 75005 Paris, France
3Hôpital européen Georges-Pompidou, 20, rue Leblanc, 75015 Paris, France

Article reçu le 14 Avril 2010, accepté le 29 Juin 2010

Introduction

Les objectifs initiaux fixés par la mesure 41 du Plan cancer 2003-2007 et par l'augmentation du nombre de places en hospitalisation à domicile (HAD) à 15 000 à l'horizon 2010 ont permis d'engager une réelle volonté de développement de la chimiothérapie à domicile [1]. Cette prise en charge permet de répondre aux attentes de bien-être et de qualité de vie des patients en préservant l'environnement familial et des habitudes de vie [2-4]. Cependant, ces traitements lourds comportant de nombreux effets secondaires nécessitent des conditions strictes de qualité et de sécurité. Une analyse préliminaire des risques réalisée sur l'ensemble du circuit des chimiothérapies en milieu hospitalier a permis d'identifier les situations dangereuses potentiellement encourues par les patients traités par chimiothérapie à domicile [5]. Alors que l'HAD est reconnue depuis l'article 1er de la loi portant réforme de l'hôpital et relative aux patients, à la santé, et aux territoires comme un mode d'hospitalisation à part entière [6], la mise en œuvre d'un système d'assurance-qualité doit garantir les mêmes conditions de prise en charge qu'en hospitalisation de jour (HDJ) ou traditionnelle, condition sine qua non du développement de la chimiothérapie à domicile. Pour autant, cette prise en charge s'effectue autour d'une organisation très complexe. Alors que l'hôpital regroupe l'ensemble de son activité sur un site unique, la chimiothérapie à domicile fait intervenir des acteurs distants les uns des autres. La sécurisation et la traçabilité du circuit des chimiothérapies à domicile sont, dans ce contexte, un véritable enjeu.

L'HAD de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) est un des 39 établissements de l'AP-HP avec une capacité d'accueil de 820 places réparties sur Paris et la petite couronne (130 communes de la région parisienne). La cancérologie représente environ 40 % de son activité avec un nombre de journées pour chimiothérapie de l'ordre de 14 000 en 2008, soit près de 20 % de l'activité nationale [7]. La chimiothérapie est potentiellement prescrite par les 21 établissements de l'AP-HP ayant une activité en oncohématologie. L'administration, aux domiciles des patients, est assurée par près de 300 infirmiers diplômés d'État (IDE) salariés, répartis sur 19 unités de soins. Dans le cadre d'un partenariat avec un autre établissement de l'AP-HP, une montée en charge progressive de la centralisation des préparations de chimiothérapie est assurée depuis septembre 2009 par l'unité de production de la pharmacie à usage intérieur (PUI) de l'Hôpital européen Georges-Pompidou (HEGP). Les spécificités d'une prise en charge à domicile soulèvent de nouveaux enjeux majeurs. Le choix des anticancéreux éligibles à une administration à domicile est primordial afin de réduire, entre autres, les risques potentiels liés à l'hypersensibilité immédiate de certains anticancéreux. La traçabilité et la coordination des actes et des acteurs de la prescription à l'administration sont une priorité même avec de multiples intervenants éloignés les uns des autres. Il est également nécessaire de formaliser une procédure standardisée de recueil des informations cliniques, indispensables, avec le bilan biologique, à l'accord médical pour l'administration de la chimiothérapie. Le respect des conditions de conservation des préparations de chimiothérapie jusqu'à leur administration au domicile du patient est une réelle contrainte nécessitant une qualification à part entière. La sécurisation de l'administration aux domiciles des patients, lieux non destinés a priori aux soins, est également un des enjeux majeurs qui doit faire l'objet d'une politique globale d'harmonisation des pratiques infirmières afin de tenir compte de la gestion des incidents (extravasation…), de la réduction des risques de contamination chimique, mais aussi de l'élimination des déchets. L'objectif de cet article est de présenter la démarche qualité mise en place à l'HAD de l'AP-HP afin de répondre aux exigences de traçabilité et de sécurité dans la prise en charge des patients pour chimiothérapie à domicile.

Matériel et méthode

Afin de répondre à de tels enjeux, la centralisation des préparations des chimiothérapies à domicile a conduit à mettre en place une organisation dédiée avec plusieurs axes de travail spécifiques.

Choix des anticancéreux éligibles à une administration à domicile

Le choix des anticancéreux réalisables à domicile s'appuie sur trois spécificités importantes : la stabilité physicochimique, la toxicité des anticancéreux et la durée de perfusion. En effet, seules les préparations de chimiothérapie avec une stabilité physicochimique suffisamment longues (≥ 8 heures), permettant d'intégrer les temps de préparation par l'unité de production, d'acheminement aux domiciles des patients et d'administration par l'IDE, peuvent être réalisées dans un circuit de chimiothérapie à domicile. Pour ce critère, le manque d'informations fournies par les laboratoires pharmaceutiques et l'hétérogénéité des référentiels utilisés par les unités de production ont conduit à proposer, sous l'impulsion de pharmaciens responsables d'unités de production et de laboratoires de contrôle qualité de l'AP-HP, une harmonisation des données de stabilité [8]. De plus, à l'exception des diffuseurs portables, l'IDE doit être présent au domicile du patient pendant toute la durée de perfusion de la chimiothérapie [9]. Ainsi, la durée maximale de perfusion doit être compatible avec l'organisation des soins et la tournée des IDE aux domiciles des patients. Cette durée de perfusion a été définie, par le personnel soignant et la direction de l'HAD, à deux heures hors administration des thérapeutiques annexes. Le troisième critère concerne la toxicité des anticancéreux, dont l'évaluation s'est fondée sur une enquête conduite auprès de 13 spécialistes en oncohématologie des principaux services de l'AP-HP amenés à prescrire une chimiothérapie à domicile. Les principaux critères d'exclusion étaient les réactions d'hypersensibilité immédiate ou de toxicité aiguë ainsi que les risques liés à l'extravasation de produits vésicants.

L'analyse des trois critères a ainsi permis de définir un thésaurus d'anticancéreux adapté au circuit de l'HAD AP-HP.

Système d'information

L'informatisation du circuit des chimiothérapies est un défi réel eu égard au contexte du domicile et du nombre important d'équipes prescripteurs sur plusieurs établissements. De plus, la prise en charge à domicile s'inscrit dans la complémentarité du suivi hospitalier. En effet, la première cure est systématiquement réalisée dans l'établissement de santé auquel est rattaché le médecin prescripteur, afin de valider la tolérance au traitement. De la même manière, le j1 de nombreux protocoles sont administrés en hôpital de jour avant d'être continués au domicile du patient pour la suite de la cure. Ainsi, le système d'information dédié au domicile doit parfaitement s'implémenter au système d'information hospitalier déjà existant, afin de permettre une traçabilité de la prescription à l'administration avec un fonctionnement en réseau entre les établissements prescripteurs et l'HAD AP-HP. Au sein de l'AP-HP, l'informatisation appliquée au circuit des chimiothérapies est assurée localement sur chaque établissement par le logiciel Chimio® (Computer Engineering, France), logiciel institutionnel. Ainsi, l'informatisation du circuit des chimiothérapies à domicile de l'HAD AP-HP nécessite le développement d'interfaces permettant les échanges d'informations (protocoles, prescriptions et administration) en temps réel, entre les logiciels Chimio® de chaque établissement prescripteur et le logiciel Chimio® dédié à l'activité de l'HAD AP-HP.

Qualification d'une solution d'emballage isotherme

Les préparations de chimiothérapie sont transportées et conservées au domicile du patient dans des emballages isothermes réfrigérants dont la qualification consiste à valider leurs performances thermiques en tenant compte des caractéristiques propres du circuit d'acheminement des préparations.

L'approche de la démarche de validation d'une solution d'emballage isotherme s'établit en plusieurs étapes :

  • la qualification de conception (QC) consiste à définir les besoins relatifs à la fourniture des emballages isothermes à usage unique et au transport des préparations de chimiothérapie nécessaires aux cahiers des charges respectifs. Ces choix logistiques sont fonction des différentes contraintes appliquées au circuit de centralisation des chimiothérapies à domicile. La courte stabilité de certaines préparations de chimiothérapie nécessite de prévoir un circuit court avec une préparation, un acheminement et une administration dans la journée. Or, une livraison de la chimiothérapie la veille de l'administration doit être favorisée dès que possible, afin de réduire l'impact sur l'organisation des soins. L'absence de production le samedi et dimanche nécessite également une recherche de solutions permettant un acheminement le vendredi pour une administration le dimanche.Ces trois solutions logistiques conduisent respectivement à rechercher des emballages isothermes réfrigérants validés pour une durée de maintien en température d'au moins 10, 30 et 54 heures et à adapter le transport aux domiciles des patients avec plusieurs circuits journaliers ;
  • la qualification opérationnelle (QO) consiste à vérifier les performances thermiques des emballages isothermes proposés par les fournisseurs pour chaque durée de maintien en température recherchée (10, 30 et 54 heures) et chaque température de conservation des préparations (15 à 25 °C ou 2 à 8 °C). La méthode de qualification est définie par la norme Afnor NF S99700 [10]. Les tests ont été conduits sur trois exemplaires de chaque configuration d'emballage, par un laboratoire indépendant agrée Cofrac, le Cemafroid.Afin de simuler les conditions les plus critiques sans être exceptionnelles et permettre ainsi une validation sur l'ensemble des situations, les conditions de qualification sont définies par les worstcase :
    • température d'exposition extérieure, 15 °C pour les températures basses, 26 °C la nuit (22 h à 9 h) jusqu'à 32 °C le jour pour les températures hautes,
    • la charge d'essai, seringues de 5 ml, afin de simuler l'inertie thermique la plus faible.
    Pour cette QO, chaque emballage était équipé de trois enregistreurs de température positionnés sur la seringue, le point le plus chaud et le plus froid ;
  • la qualification de performance (QP). Les conditions réelles d'utilisation exposent les emballages isothermes à des contraintes mécaniques, une exposition aux rayonnements UV et des conditions de conservation non maîtrisées au domicile des patients. Le suivi de la température avec l'utilisation d'enregistreurs de température doit permettre de valider les performances des emballages isothermes réfrigérants dans les conditions réelles.

Sécurisation de l'administration et harmonisation des pratiques infirmières

La sécurisation de l'administration et l'harmonisation des pratiques infirmières est d'autant plus importante que l'environnement et l'hétérogénéité des domiciles peuvent rendre complexe la pratique des soins.

L'administration des chimiothérapies doit s'appuyer sur du personnel qualifié à administrer des chimiothérapies. Une formation continue théorique et pratique des IDE permet une actualisation des connaissances (protocoles, précaution d'emploi, effets secondaires, surveillance, etc.), un rappel des bonnes pratiques d'administration des chimiothérapies en HAD en tenant compte des spécificités de l'HAD et de la prévention des risques face à l'exposition d'anticancéreux à domicile. La gestion des incidents d'administration (extravasation, choc anaphylactique, etc.) est prévue avec une procédure d'intervention médicale. L'élimination des déchets fait l'objet d'un circuit spécifique confié à une société prestataire spécialisée en conformité, avec l'application de la circulaire du 13 février 2006 [11].

La centralisation des préparations de chimiothérapie s'inscrit dans cette démarche de sécurisation de l'administration et d'harmonisation des pratiques infirmières. Ainsi, la mise en place de dispositifs médicaux sécurisés permet de réduire les risques d'exposition chimique au domicile des patients. Une procédure standardisée de recueil des informations cliniques du patient permet d'améliorer la surveillance des effets secondaires au traitement et la transmission des informations aux prescripteurs pour la validation du O.K. chimio.

Coordination de la prise en charge des patients pour chimiothérapie à domicile

La mise en place d'une préparation centralisée des cytotoxiques a conduit à proposer un nouveau modèle de coordination de la prise en charge des patients pour chimiothérapie à domicile permettant de répondre aux enjeux de traçabilité des actes et des acteurs.

Résultats

Choix des anticancéreux éligibles à une administration à domicile

Le choix des anticancéreux éligibles à une administration à domicile par l'HAD AP-HP sont présentés dans le tableau 1. L'évaluation menée sur la base des trois critères de choix a conduit à exclure dix anticancéreux de la liste des anticancéreux éligibles. Le cisplatine du fait des contraintes d'hyperhydratation est en effet exclu d'une administration à domicile. Sur l'ensemble des anticorps monoclonaux, seuls l'alemtuzumab en administration sous-cutanée et le trastuzumab ont été conservés dans la liste des anticancéreux éligibles à une administration à domicile. L'asparaginase, pouvant être responsable de réactions d'hypersensibilité importantes, et le busulfan, utilisé dans des protocoles de conditionnement de greffe, n'ont également pas leur place en HAD. Parmi les autres anticancéreux avec un risque allergique, l'oxaliplatine et le paclitaxel sont également exclus. Pour des raisons de stabilité, le raltitrexed, nécessitant une préparation extemporanée, et le temsirolimus, stable six heures avec une perfusion intraveineuse d'une heure, ne peuvent pas être administrés en HAD. En revanche, l'azacitidine, stable seulement huit heures, fait l'objet d'un circuit dédié afin d'assurer une préparation, un acheminement et une administration dans les délais. En raison des risques liés à l'extravasation, les antracyclines devront faire l'objet d'une évaluation au cas par cas en concertation avec le médecin prescripteur.

Tableau 1 Choix des anticancéreux éligibles à une administration à domicile.

Anticancéreux administrés en HAD AP-HP

Alemtuzumab (Mabcampath®) : administration en sous-cutané uniquement

Azacitidine (Vidaza®) : protocole sur 5 jours (j1-j5) + 2 jours (j8-j9) avec j1 = lundi ou 4 jours (j1-j4) + 3 jours (j7-j9) par exemple

Bléomycine

Bortezomib (Velcade®)

Carboplatine

Cladribine SC (Litak®)

Cyclophosphamide (Endoxan®) (sauf dose > 1 g/m2)

Cytarabine (Aracytine®) (sauf intrathécale)

Docétaxel (Taxotere®)

Étoposide phosphate (Etopophos®)

Fludarabine (Fludara®)

Fluoro-uracile

Fotémustine (Muphoran®)

Gemcitabine (Gemzar®)

Ifosfamide (Holoxan®) (sauf haute dose)

Irinotécan (Campto®) (atropine SC systématique)

Méthotrexate (sauf haute dose et intrathécale)

Pemetrexed (Alimta®) (vitaminothérapie systématique)

Topotécan (Hycamtin®)

Vinblastine (Velbe®)

Vincristine (Oncovin®)

Vindésine (Eldisine®)

Vinorelbine (Navelbine®)

Anticancéreux non administrés en HAD AP-HP

Asparaginase (Kidrolase®)

Bevacizumab (Avastin®)

Busulfan (Busilvex®)

Cetuximab (Erbitux®)

Cisplatine

Oxaliplatine (Eloxatine®)

Paclitaxel (Taxol®)

Raltitrexed (Tomudex®) : les données de stabilité ne permettent pas d'envisager une administration à domicile

Rituximab (Mabthera®)

Temsirolimus (Torisel®) : les données de stabilité ne permettent pas d'envisager une administration à domicile

Anticancéreux à évaluer au cas par cas

Cladribine IV (Leustatine®)

Dacarbazine (Deticene®)

Doxorubicine

Épirubicine (Farmorubicine®)

Mitomycine C

Mitoxantrone (Novantrone®)

Thiotépa

Trastuzumab (Herceptin®)

Autres anticancéreux

Système d'information

Le circuit des chimiothérapies à domicile et des échanges d'informations entre les logiciels Chimio® de chaque établissement prescripteur et celui dédié à l'activité de l'HAD AP-HP est représenté dans la figure 1.

Thésaurus de protocoles partagés

Le choix des anticancéreux éligibles à une administration à domicile permet ainsi de définir, avec les prescripteurs, site par site, l'ensemble des protocoles inclus au thésaurus HAD. Les protocoles HAD sont partagés entre le logiciel Chimio® HAD et celui des établissements prescripteurs, afin d'aboutir a des protocoles identiques avec une double validation médicale et pharmaceutique à la fois sur le site prescripteur et l'HAD. Ces protocoles sont également paramétrés afin de définir les jours administrables à domicile (ex : seul le j8 va être paramétré comme réalisable à domicile dans le protocole gemcitabine j1-j8, cisplatine j1).

Prescription de la chimiothérapie

Les protocoles HAD peuvent servir à l'inclusion de tous les patients suivis au sein de l'hôpital prescripteur. Cependant, dès lors qu'un jour d'administration est programmé à domicile au moment de la prescription, les informations sont alors partagées entre le logiciel Chimio® de l'établissement prescripteur et le logiciel Chimio® HAD. Ce mode de fonctionnement permet d'assurer la complémentarité de prise en charge hôpital-HAD sur une même prescription et ainsi d'obtenir la traçabilité complète des informations sur les deux sites.

Les étapes de validation pharmaceutique, de préparation et de contrôle sont alors effectuées et tracées sur le logiciel Chimio® HAD.

Administration de la chimiothérapie

Les informations relatives à l'administration de la chimiothérapie et aux incidents éventuels sont validées par l'infirmière sur le logiciel Chimio® HAD et complètent ensuite le dossier patient du logiciel Chimio® de l'établissement prescripteur.

Qualification d'une solution d'emballage isotherme

Choix des emballages isothermes

La QO menée avec le laboratoire Cemafroid a permis de comparer les performances thermiques des emballages isothermes proposés par trois fournisseurs d'emballages différents à partir des conditions définies par les worstcase. À partir des offres des fournisseurs, 22 configurations ont ainsi été testées en enceinte climatique. Sur neuf configurations d'emballages isothermes testées avec le profil 15 °C, trois configurations sont non conformes. Les tests effectués avec le profil chaud (26 °C en nocturne et 32 °C en diurne) révèlent sept configurations d'emballages non conformes sur 13 testées. Les cas de non-conformités sont expliqués soit par une congélation des produits dans les premières heures, soit par des performances thermiques trop courtes, en comparaison aux objectifs attendus. Ces essais comparatifs en laboratoire ont, ainsi, permis d'aboutir au choix des configurations d'emballages isothermes présentés dans le tableau 2.

Tableau 2 Choix des configurations d'emballages isothermes validés à partir des worstcase par le Cemafroid selon l'application de la norme NF S99700.

Fournisseur

Référence emballage

Température de conservation des chimiothérapies (°C)

Configuration des accumulateurs

Durée de maintien en température validée (heures)

Kalibox

KBX6011ICAPHP

+2 à +8

4 BRT1100 à +5 °C ± 3 °C + 2 BRGE250 à –20 °C ± 3 °C

25

Kalibox

KBX6011ICAPHP

+15 à +25

4 BRT1100 à +20 °C ± 5 °C

33

Kalibox

KBX6011ICAPHP

+2 à +8

4 BRT1100 à +5 °C ± 3 °C + 4 BRGE250 à –20 °C ± 3 °C

33

Sofrigam

Sofribox 21L/60P

+2 à +8

4 F10/0 à –2 °Ca + 8 F10/0 à +5 °C ± 3 °C

56

Sofrigam

Sofribox 44L/40P + Nubox 15L/40P

+15 à +25

2 F10/0 à –2 °Ca + 8 F10/0 à +20 °C  ± 5 °C

72

Traçabilité de la chaîne du froid

Le suivi de la température est assuré avec les enregistreurs de température ThermassureRF® (Evidencia) ou TempTale TT4® (Sensitech). Au domicile, une alarme visuelle permet à l'infirmière une lecture facile de la conformité de la chaîne du froid. Dans un second temps, le déchargement de la courbe de température et l'édition d'un rapport est effectué à réception de l'enregistreur de température à la pharmacie de l'HEGP.

Sécurisation de l'administration et harmonisation des pratiques de soins

Dans le cadre de cette démarche d'amélioration de la pratique des soins à domicile, l'utilisation de dispositifs médicaux sécurisés vise à prévenir des risques de contamination chimique liés à l'exposition chronique d'agents cytotoxiques. Ainsi, la mise à disposition par l'unité de production de l'HEGP des préparations de chimiothérapie avec ce type de dispositif permet, d'une part, de dispenser une tubulure d'administration purgée d'un solvant neutre (NaCl 0,9 % ou G 5 %) afin d'éviter à l'infirmière d'entrer en contact avec l'agent cytotoxique lors de la pose et, d'autre part, d'obtenir un rinçage des lignes de perfusion en fin de traitement afin de permettre une administration complète de la dose de chimiothérapie et une réduction de l'exposition à l'anticancéreux au retrait du montage de perfusion.

L'évaluation des effets indésirables réalisée à l'aide du recueil d'informations cliniques (figure 2), basée sur la cotation proposée par le National Cancer Institute (NCI), est conduite par l'infirmière après entretien avec le patient à son domicile [12]. Le recueil d'informations cliniques est réparti en trois parties : les principaux éléments cliniques observés pendant l'administration précédente, les éléments cliniques significatifs observés pendant l'intercure, les paramètres cliniques le jour du bilan sanguin avec le poids, la tension artérielle, le pouls, la température et l'indice de Karnofsky. Cette synthèse permet d'obtenir un suivi précis de l'état clinique du patient, information indispensable à la validation de l'accord médical pour l'administration de la chimiothérapie suivante.

Coordination de la prise en charge des patients pour chimiothérapie à domicile

Cette nouvelle organisation a conduit à restructurer les étapes de coordination dans la prise en charge des patients pour chimiothérapie injectable. La description détaillée de ce modèle est présentée dans la figure 3.

Admission du patient (étape 1 à 8)

Dès la demande de prise en charge en HAD formulée, l'admission est assurée par l'infirmière de coordination qui recueille le consentement après évaluation du patient, entretien avec l'équipe médicale et soignante et information au patient des modalités de prise en charge et de livraison de la chimiothérapie. Elle planifie les administrations de chimiothérapie, à l'aide du logiciel Chimio®. L'admission est enregistrée par le secrétariat de la plateforme HAD. L'unité de soins concernée donne son accord de prise en charge et organise ensuite la livraison, chez le patient, du matériel médical et du container de déchets d'activité de soins à risques infectieux (DASRI).

Accord médical pour l'administration (O.K. chimio) (étape 9 à 12)

Selon le protocole de chimiothérapie et le jour de prise en charge à domicile, un accord médical pour l'administration est nécessaire. Entre j2 et j3 du jour d'administration de la chimiothérapie, l'infirmière de l'unité de soins effectue, au domicile, le prélèvement du bilan biologique et le recueil des données cliniques du patient observées pendant l'intercure. L'analyse du bilan biologique est effectuée par le laboratoire de biologie de l'établissement (AP-HP) le plus proche de l'unité de soins. À réception des résultats du bilan biologique, les informations sont transmises aux médecins prescripteurs pour l'obtention du O.K. chimio informatique prévue entre j1 et j2 du jour de traitement.

Planification des livraisons (étape 13 à 16)

À partir du logiciel Chimio®, un planning de livraison est transmis au prestataire de transport qui planifie alors sa tournée et fournit des tranches horaires de livraison pour chaque patient. L’unité de soins peut alors informer le patient et organiser sa tournée en conséquence.

Préparation et contrôle des préparations de chimiothérapie (étape 17 à 19)

Chaque prescription fait l'objet d'une validation pharmaceutique. À l'HEGP, la préparation centralisée est assurée au sein de l'unité de production, et un contrôle analytique qualitatif et quantitatif est réalisé par le laboratoire de contrôle. Les préparations sont ensuite libérées de leur quarantaine pour leur acheminement au domicile des patients.

Conditionnement des préparations de chimiothérapie (étape 20)

Les préparations sont conditionnées en double emballage étanche, afin de réduire les risques d'exposition en cas de fuite de l'anticancéreux, puis placées dans l'emballage isotherme adapté et validé. Un enregistreur de température est placé au contact de la préparation de chimiothérapie. Chaque emballage isotherme est scellé et identifié d'une fiche colisage (expéditeur, destinataire, unité de soins, date d'administration et recommandations de conservation du colis). La traçabilité du colis et de la chimiothérapie est assurée à l'aide d'un code-barres qui renseigne l'identification du patient, la(les) préparation(s) de chimiothérapie (numéro d'ordonnancier, la date de la préparation, le nom de l'anticancéreux et la dose, la date et l'heure de péremption), le code identifiant de l'enregistreur de température ainsi que la durée de maintien en température de l'emballage. Ces données sont tracées par l'intermédiaire d'un formulaire Web dont l'accès permet l'identification de l'utilisateur.

Acheminement des préparations de chimiothérapie (étape 21 à 23)

Le transport est assuré par un prestataire dédié à l'aide de véhicules quatre roues. La température de transport est maîtrisée (climatisation) et tracée (enregistrement). Un bon de livraison par patient est signé par le transporteur. La livraison s'effectue directement de la PUI de l'HEGP vers les domiciles des patients sans rupture de charge. Seules les préparations avec une stabilité courte sont livrées le jour de l'administration. Les préparations administrées le dimanche sont acheminées le vendredi au domicile des patients. À chaque livraison, le transporteur fait signer le bordereau de livraison au patient ou à son entourage puis appelle l'unité de soins pour confirmer la livraison.

Administration des préparations de chimiothérapie (étape 24 à 26)

Au domicile du patient, l'infirmière de l'unité de soins procède à l'identification du colis par la lecture du code-barres, ce qui permet de tracer la date et l’heure d'ouverture de l'emballage. Elle vérifie l'intégrité du colisage, la conservation de la chaîne du froid par la lecture de la sonde de température ainsi que l'identité du malade, l'identification du produit et de son adéquation à la prescription. La validation de chacun de ces items sur le formulaire Web rend la préparation conforme. L'infirmière peut alors procéder à l'administration puis à la validation sur le logiciel Chimio®.

Discussion

Les spécificités d'une prise en charge à domicile pour chimiothérapie soulèvent de nouveaux enjeux qui imposent de plus grandes exigences pour garantir la même qualité et la sécurité des soins qu'une prise en charge en HDJ ou traditionnelle. Le travail mené par l'HAD AP-HP s'appuie sur une collaboration transversale et multidisciplinaire dans le but de répondre, point par point, aux particularités du domicile et d'apporter aux patients une offre de soins de qualité.

Le choix des anticancéreux administrés à domicile nous a conduits à définir à la fois, sur les données de stabilités physicochimiques et sur les critères de tolérance et de toxicité aiguë des anticancéreux, une méthodologie s'appuyant sur l'analyse et l'avis d'experts, acteurs du circuit des chimiothérapies à domicile de l'AP-HP. Cette approche a permis de définir un thésaurus des anticancéreux réalisables à domicile avec la meilleure balance bénéfice/risque et constitue, dans ce sens, une expérience pouvant apporter un cadre précis pour les autres structures de chimiothérapie à domicile. Une réévaluation régulière devra également être nécessaire pour s'adapter aux nouvelles données publiées dans la littérature. Alors que cette initiative a été conduite à l'HAD AP-HP, en raison de l'absence de recommandations, la mesure 19.3 du Plan cancer 2009-2013 qui précise, entre autres, la nécessité d’« élaborer des référentiels spécifiques pour les structures d'HAD réalisant des chimiothérapies » devrait enfin permettre d'apporter le référentiel national nécessaire [13]. En effet, le rapport de l'Agence nationale d'accréditation et d'évaluation en santé (Anaes) publié en septembre 2003, sur les critères d'éligibilité des patients à une chimiothérapie anticancéreuse à domicile [14], précisait, sur ce point, qu'il ne pouvait se prononcer « de manière univoque sur une typologie précise des chimiothérapies anticancéreuses transposables à domicile ».

Le système d'information mis en place au sein de l'AP-HP pour les chimiothérapies à domicile constitue une expérience pionnière en France permettant d'aboutir à un fonctionnement en réseau, par l'intermédiaire du logiciel Chimio®, entre les établissements prescripteurs et l'HAD. En effet, ce circuit permet d'assurer une traçabilité complète de l'ensemble des étapes de prescription, préparation et administration. La mise en œuvre d'un thésaurus de protocoles partagés s'appuie sur des protocoles validés pour le domicile, en adéquation avec les recommandations sur la prévention et le traitement des nausées et vomissements induits par la chimiothérapie [15]. Ce mode de fonctionnement permet ainsi d'obtenir une base commune de protocoles avec les établissements prescripteurs de l'AP-HP et d'assurer la complémentarité de prise en charge hôpital/HAD sur une même prescription avec une traçabilité complète sur les deux sites. Toutes les informations relatives à l'administration validées par l'infirmière de l'HAD sont ensuite tracées sur le logiciel utilisé par le prescripteur.

Le partenariat avec l'HEGP apporte une expertise précieuse. L'expérience dans le domaine de la sécurisation du circuit des chimiothérapies et de la gestion des risques [5, 16], ainsi que dans l'assurance-qualité avec le contrôle analytique qualitatif et quantitatif des préparations de chimiothérapie avant leur acheminement [17], fait de cette collaboration un bel exemple de mutualisation et de partage d'expertises.

La qualification d'une solution d'emballage est une étape indispensable à la sécurisation de la chaîne de froid. La démarche conduite, en partenariat avec le Cemafroid, représente l'une des rares applications, dans le domaine hospitalier, de la norme Afnor NF S99700 et offre l'originalité de définir des conditions de qualification basées sur les worstcase, comme décrit dans les bonnes pratiques de fabrication [18]. L'absence de maîtrise de la température au domicile des patients et les différentes solutions logistiques validées ont conduit à définir des worstcase contraignants. Cependant, alors que certaines études définissent leurs conditions de qualification à partir des saisons [19], les worstcase offrent l'opportunité de s'abstenir ensuite, lors des expéditions, des conditions extérieures de température. Les résultats obtenus, à travers les nombreuses non-conformités observées lors des tests en enceinte climatique, révèlent l'importance d'une qualification par un laboratoire indépendant agréé Cofrac. En effet, chaque fournisseur d'emballage isotherme fournit des résultats de tests internes qui dans le cadre de cette qualification se sont révélés, pour certains, non validés. L'enregistrement de la température lors de chaque envoi et l'édition d'un rapport pour chaque expédition s'inscrit dans la démarche d'assurance-qualité.

Dans la démarche de sécurisation de l'administration, les dispositifs médicaux sécurisés apparaissent comme des éléments centraux dans l'action de maîtrise des risques de contamination chimique, pour les manipulateurs et l'environnement, de contamination microbiologique, pour le patient [20]. L'application au domicile des patients de ce type de dispositifs médicaux sécurisés permet ainsi d'apporter une protection renforcée de l'infirmière et de la famille dans un environnement moins bien maîtrisé qu'en hospitalisation traditionnelle [21] et offre également l'opportunité d'une standardisation des pratiques d'administration par les équipes soignantes [22].

L'HAD se prête à la fois au suivi des toxicités aigües observées pendant l'administration de la chimiothérapie et dans les heures suivantes et des toxicités retardées, notamment si l'état clinique du patient justifie une poursuite de la prise en charge pendant l'intercure. Alors que de nombreux programmes de télémédecine montrent un effet bénéfique de l'autoévaluation par le patient des symptômes liés aux traitements anticancéreux [23, 24], en HAD, le rôle de l'infirmière prend toute sa place dans le suivi de ces toxicités [25, 26]. La cotation NCI est largement reconnue pour évaluer la sévérité des effets secondaires. L'intervention de l'infirmière auprès du patient va permettre alors d'apporter, à l'aide du recueil d'information, une évaluation précise de son état clinique permettant au médecin une meilleure adaptation du traitement et une information indispensable pour la validation du « O.K. chimio ».

Le modèle de coordination proposé dans le cadre de cette nouvelle organisation s'attache à répondre à une prise en charge la plus cohérente et efficiente possible, afin d'aboutir à des solutions viables pour tous les acteurs et à des soins de qualité pour le patient. Face à la multiplicité des étapes et des intervenants, la traçabilité est un des enjeux majeurs dans un tel circuit. L'informatisation est un apport fondamental permettant une traçabilité des étapes de prescription, de production, de contrôle et d’administration. La traçabilité par code-barres du colis et de la chimiothérapie est assurée pour la phase de transport avec une interface web permettant l'intégration et la lecture des données en direct par la pharmacie et les IDE au domicile du patient. Ce modèle de coordination est très différent des circuits existants dans le cadre des réseaux ville-hôpital pratiquant la chimiothérapie à domicile et pour lesquels, un relai, en ville est assuré par le pharmacien d'officine [27].

La mise en œuvre d'un tel système d'assurance-qualité engendre nécessairement une augmentation des coûts. Dans le cadre de l'Échelle nationale de coût de l'HAD [28], une évaluation économique précise est alors indispensable afin d'adapter, si nécessaire, les tarifs de remboursement aux frais réels. Alors que l'HAD permet, aujourd'hui, de répondre à la fois aux enjeux sécuritaires et aux objectifs d'amélioration de la qualité de vie des patients atteints de maladie chronique [29], le modèle économique proposé est également un frein important à son développement. En effet, le financement des hôpitaux de jour à travers la tarification à l'activité ne conduit, bien souvent, à un transfert des patients en HAD qu'en cas de saturation de la structure hospitalière. De plus, la tendance au retrait des spécialités de la liste en sus des prestations d'hospitalisation est encore plus sensible en HAD avec un tarif de remboursement environ 2,5 fois plus faible qu'en HDJ (182 contre 468 euros) [30]. Enfin, un positionnement des instances sur l'application des critères d'autorisation des établissements « associés » est urgent face à la concurrence des prestataires de service non habilités à pratiquer la chimiothérapie à domicile [31].

Conclusion

Ce travail multidisciplinaire conduit par l'HAD AP-HP permet de répondre aux nombreuses contraintes liées aux spécificités du domicile et d'aboutir à une sécurisation du circuit des chimiothérapies, équivalente à celle d'un fonctionnement hospitalier. Cette expérience, à travers ses différents axes de travail, peut-être un support important pour les autres structures d'HAD dans leur démarche d'assurance-qualité.

Remerciements

Nous souhaitons remercier vivement à travers ce travail : Dr Danièle Avenin (Tenon, Paris), Dr Richard Delarue (Necker Enfants-Malades, Paris), Dr Bruno Landi (HEGP, Paris), Dr Christine Le Maignan (Saint-Louis, Paris), Dr Bernard Paule (Henri-Mondor, Paris), Dr Florian Scotté (HEGP, Paris), Dr Jean-Marie Tigaud (Hôtel-Dieu, Paris), Dr Laurent Zelek (Avicenne, Paris).

Conflits d'intérêts : aucuns.

Références

1 Mission interministérielle pour la lutte contre le cancer. Les 70 mesures du Plan cancer : 2003-2007.

2 Borras JM, Sanchez-Hernandez A, Navarro M, Martinez M, Mendez E, Ponton JL, et al. Compliance, satisfaction, and quality of life of patients with colorectal cancer receiving home chemotherapy or outpatient treatment: a randomised controlled trial. BMJ 2001 ; 322 : 826.

3 King MT, Hall J, Caleo S, Gurney HP, Harnett PR. Home or hospital? An evaluation of the costs, preferences, and outcomes of domiciliary chemotherapy. Int J Health Serv 2000 ; 30 : 557-79.

4 Rischin D, White MA, Matthews JP, Toner GC, Watty K, Sulkowski AJ, et al. A randomised crossover trial of chemotherapy in the home: patient preferences and cost analysis. Med J Aust 2000 ; 173 : 125-7.

5 Bonan B. Sécurisation du circuit des chimiothérapies en établissement hospitalier : application à la production des chimiothérapies. Thèse – École centrale Paris 2007.

6 Loi no  2009-879 du 21 juillet 2009 portant réforme de l'hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires JORF no 0167 du 22 juillet 2009.

7 Source : FNEHAD. http://www.fnehad.fr.

8 Benizri F, Bonan B, Ferrio AL, Brandely ML, Castagne V, Theou-Anton N, et al. Stability of antineoplastic agents in use for home-based intravenous chemotherapy. Pharm World Sci 2009 ; 31 : 1-13.

9 Arrêté du 20 décembre 2004 fixant les conditions d'utilisation des anticancéreux injectables inscrits sur la liste prévue à l'article L. 5126-4 du CSP.

10 Afnor NF S99-700. Emballages isothermes et emballages réfrigérants pour produits de santé : méthode de qualification des performances thermiques. Octobre 2007.

11 Circulaire interministérielle noDHOS/E4/DGS/SD7B/DPPR/2006/58 du 13 février 2006 relative à l'élimination des déchets générés par les traitements anticancéreux.

12 National Cancer Institute. Cancer Therapy Evaluation Program, Common Terminology Criteria for Adverse Events (CTCAE), Version 3.0 (http://ctep.cancer.gov). August 2006.

13 Plan cancer 2009-2013. 2 Novembre 2009.

14 ANAES. Critères d'éligibilité des patients à une chimiothérapie anticancéreuse à domicile. Consensus formalisé de professionnels. Septembre 2003.

15 Durand JP, Madelaine I, Scotte F. Guidelines for prophylaxis and treatment of chemotherapy-induced nausea and vomiting. Bull Cancer 2009 ; 96 : 951-60.

16 Bonan B, Martelli N, Berhoune M, Maestroni ML, Havard L, Prognon P. The application of hazard analysis and critical control points and risk management in the preparation of anti-cancer drugs. Int J Qual Health Care 2009 ; 21 : 44-50.

17 Havard L, Bonan B, Huen J, Roche Y, Prognon P. Le contrôle de qualité en unité centralisée de reconstitution des cytotoxiques : mythe ou réalité? STP Pharma Pratiques 2005 ; 15 : 148-60.

18 Afssaps. Bonnes pratiques de fabrication, bulletin officiel no 2007/1bis.

19 Elliott MA, Halbert GW. Maintaining the cold chain shipping environment for phase I clinical trial distribution. Int J Pharm 2005 ; 299 : 49-54.

20 Benizri F, Berhoune M, Glouzmann AS, Pineau J, Prognon P, Bonan B. Préparation et administration de médicaments cytotoxiques : critères de choix de systèmes sécurisés. Gestions hospitalières 2009 ; 15-8.

21 Meijster T, Fransman W, Veldhof R, Kromhout H. Exposure to antineoplastic drugs outside the hospital environment. Ann Occup Hyg 2006 ; 50 : 657-64.

22 Martin S, Larson E. Chemotherapy-handling practices of outpatient and office-based oncology nurses. Oncol Nurs Forum 2003 ; 30 : 575-81.

23 Basch E, Iasonos A, McDonough T, Barz A, Culkin A, Kris MG, et al. Patient versus clinician symptom reporting using the National Cancer Institute Common Terminology Criteria for Adverse Events: results of a questionnaire-based study. Lancet Oncol 2006 ; 7 : 903-9.

24 Cirillo M, Venturini M, Ciccarelli L, Coati F, Bortolami O, Verlato G. Clinician versus nurse symptom reporting using the National Cancer Institute-Common Terminology Criteria for Adverse Events during chemotherapy: results of a comparison based on patient's self-reported questionnaire. Ann Oncol 2009 ; 20 : 1929-35.

25 Boyer CG. Chemotherapy-related anemia and fatigue in home care patients. A home care nurse's guide to recognition, assessment, and intervention. Home Healthc Nurse 2000 ; 18 : 3-12 ; (quiz 3-5).

26 Kearney N, Miller M, Maguire R, Dolan S, MacDonald R, McLeod J, et al. Y. WISECARE+: Results of a European study of a nursing intervention for the management of chemotherapy-related symptoms. Eur J Oncol Nurs 2008 ; 12 : 443-8.

27 Lewden-Bernadac B, Courant-Menanteau M, Perrocheau G, Barbarot V, Thomare P. Outpatient chemotherapy and oncology network: Onco Pays-de-la-Loire experiment. Bull Cancer 2008 ; 95 : 543-9.

28 ATIH. Guide de l'étude nationale de coût à méthodologie. Commune-HAD (ENCC HAD). Juillet 2008.

29 Ministère des Solidarités, de la Santé et de la Famille. Plan pour l'amélioration de la qualité de vie des personnes atteintes de maladies chroniques 2007-2011. Avril 2007.

30 Arrêté du 15 février 2010 modifiant la liste des spécialités pharmaceutiques prises en charge en sus des prestations d'hospitalisation mentionnée à l'article L.162-22-7 du code de la sécurité sociale. JORF no 0042 du 19 février 2010.

31 INCa. Recommandations relatives aux relations entre les établissements autorisés pour la pratique de la chimiothérapie et les établissements dits « associés ». Mars 2009.


 

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