ARTICLE
Auteur(s) : J Bénard
La génomique révolutionne la prise en charge des cancers, les
cancers du sein en sont le paradigme. Mais pour les cancers
prostatiques, les données de la littérature, issues de petites
séries de tumeurs, étaient loin d'être convaincantes, incapables de
répondre à la question posée par une tumeur de petite taille :
faut-il la traiter ou l'observer ? Aussi, la contribution du groupe
de Charles Sawyer du Sloan Kettering, NYC, apparaît-elle comme
majeure ? [1].
Réunissant quatre plates-formes pratiquant une génomique
intégrative sur les mêmes échantillons (analyse pangénomique,
séquençage exonique des gènes critiques, analyses du transcriptome
et miRNAome), ce réseau a analysé une très grande cohorte tumorale
de plus de 200 patients, parfaitement annotée (157 tumeurs
primitives, 37 métastases et 13 lignées/xénogreffes de cancer
prostatique).
Résultat
L’analyse pangénomique (gain ou perte de copie ADN par CGH-array)
prédit la rechute alors que les données du transcriptome et
miRNAome ne le permettent pas. Une tumeur présentant une variation
importante du nombre de copies d'ADN va rechuter plus vite qu'une
tumeur diploïde sans anomalies de copies d'ADN. Mieux encore, une
analyse non supervisée identifie cinq sous-types de cancers
prostatiques en termes de rechute. À quand l'analyse par CGH-array
de la biopsie tumorale au diagnostic pour identifier les patients à
haut risque de rechute rapide à traiter et ceux à bas risque à
surveiller ?
Et pour les patients à haut risque, les données d'expression
désignent trois voies de signalisation activées, PI3K, RAF/MEK, et
celle du récepteur aux androgènes, suggérant ainsi aux urologues
l'élaboration d'essais thérapeutiques de molécules inhibitrices de
ces voies.
Ce travail multi-institutionnel marque l'avancée de la génomique
en oncologie : une approche intégrative génère une application
clinique majeure et du cognitif. À lire !
Référence
1 Taylor BS, Schultz N, Hieronymus H,
Gopalan A, Xiao Y, Carver BS, et al.
Integrative genomic profiling of human prostate cancer. Cancer Cell
2010 ; 18 : 11-22.
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