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Inhibiteurs des histone-désacétylases : la régulation épigénétique sort de l'ombre


Bulletin du Cancer. Volume 97, Numéro 8, 917-35, août 2010, Synthèse

DOI : 10.1684/bdc.2010.1121

Résumé   Summary  

Auteur(s) : N Pécuchet, T Cluzeau, C Thibault, N Mounier, S Vignot , Groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, Service d'oncologie médicale, 75013 Paris, France, Hôpital l’Archet, Service d'oncohématologie médicale, 06000 Nice, France.

Résumé : Les histone-désacétylases (HDAC) sont des enzymes clés de la régulation épigénétique. Elles modifient les rapports qu'entretient l'ADN avec les histones. Les HDAC ont un rôle dans la transduction du signal et interviennent dans de nombreux processus cellulaires tels que la progression du cycle cellulaire, l'apoptose, la dégradation des protéines, l'angiogenèse, l'invasion et la motilité cellulaire. Les inhibiteurs des HDAC (HDACi) sont capables dans des modèles tumoraux de réexprimer des gènes suppresseurs de tumeur (p53, p21, pRB, etc.) et de diminuer l'expression ou l'activation des oncogènes (SRC, HIF-Iα, HER2, etc.). Plusieurs inhibiteurs sont en cours de développement clinique, et des signes d'activité antitumorale ont été rapportés dans le traitement des lymphomes T cutanés, de la maladie de Hodgkin et de certains lymphomes non hodgkiniens. L'association de ces agents avec des cytotoxiques ou d'autres thérapies moléculaires ciblées se révèle encourageante dans le myélome, le cancer bronchique, les leucémies aiguës myéloïdes et les myélodysplasies. Cette revue propose de présenter les données fondamentales sur le rôle des HDAC et de détailler les résultats actualisés des différents agents en cours de développement.

Mots-clés : histone déacétylase, thérapie moléculaire ciblée, régulation épigénétique

Illustrations

ARTICLE

Auteur(s) : N Pécuchet1, T Cluzeau2, C Thibault1, N Mounier2, S Vignot1

1Groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, Service d'oncologie médicale, 75013 Paris, France
2Hôpital l’Archet, Service d'oncohématologie médicale, 06000 Nice, France

Le profil d'expression d'un gène est dépendant de l'accessibilité sur l'ADN de différents facteurs de transcriptions et enzymes. La régulation de ce processus repose sur différentes modifications n'affectant pas la séquence nucléotidique mais modifiant la conformation de la chromatine (régulation épigénétique). Les principaux mécanismes mis en œuvre sont alors la méthylation de l'ADN et l'acétylation/méthylation des protéines histones [1-6]. Dans une cellule normale, l'expression de gènes suppresseurs de tumeur (Rb, VHL, hMLH1, BRCA1, MGMT) et de gènes régulant le cycle cellulaire (tels que p15/INK4) est associée à une hypométhylation de l'ADN du promoteur et à une configuration favorable des histones (notamment et par exemple : acétylation des histones H3 et H4, méthylation de Lys4 de l'histone H3). Dans de nombreux types de cancers (sein, côlon, glioblastome), on observe au contraire une hyperméthylation et une hypoacétylation des histones qui aboutissent à la répression de ces gènes, conduisant à un intérêt tout particulier pour les mécanismes de régulation épigénétique et au développement de nouvelles approches de thérapies moléculaires ciblées [7].

Histone-désacétylases (HDAC) : description biologique

Acétylation des histones : augmentation de la transcription

Les octamères d'histones sont composés de deux copies de chaque protéine H2A, H2B, H3 et H4, liées à 146 paires de bases d'ADN qui s'enroulent autour de ce complexe du fait de sa charge positive. Cette structure nommée nucléosome est un élément clé de l'organisation de la chromatine. De nombreuses modifications posttraductionnelles des histones participent à sa plasticité : acétylation/déacétylation des résidus lysine, méthylation des lysines ou des arginines, phosphorylation des sérines, ubiquitylation des lysines (figure 1) [8, 9], etc. Parmi ces réactions, la balance acétylation/déacétylation revêt un intérêt particulier dans l'optique des thérapies moléculaires ciblées. L'acétylation des histones favorise la relaxation de l'ADN et l'accessibilité de la machinerie de la transcription [10]. Un haut niveau d'acétylation est retrouvé dans les régions riches en gènes hautement transcrits (euchromatine). Selon la théorie du « code histone », la combinaison des modifications des histones est interprétée par la cellule pour réguler la transcription. Deux familles d'enzymes sont impliquées dans ce mécanisme de régulation : les histone-acétyltransférases (HAT) et les HDAC.

Cependant, plusieurs observations récentes relativisent l'importance du « code histone » comme étant l'élément fondamental de la régulation de la transcription. Dans les cellules traitées par un inhibiteur des HDAC (HDACi), seuls 2 à 10 % des gènes subissent une modification de leur expression [11]. La moitié de ces gènes sont alors surexprimés (ex. : p21) alors que l'autre moitié est réprimée (ex. : SRC) [12]. Dans un cas comme dans l'autre, ces gènes sont en contact avec des histones hyperacétylées [13]. L'acétylation des histones autour d'un gène ne permet en fait pas de prédire l'effet des HDACi sur son expression et n'explique pas pourquoi certains gènes sont réprimés. Dans l'état actuel des connaissances, on retiendra que les HDACi exercent globalement dans la cellule une régulation positive des gènes proapoptotiques et une régulation négative des gènes antiapoptotiques [14].

Acétylation des protéines non histones

L'activité des HDAC n'est pas restreinte aux histones, un nombre toujours plus grand de protéines sont connues pour être les substrats des HDAC : P53, E2Fs, GATA1, Bcl-6, STAT3, HMGs, HSP90 (heat shock protein), NF-κB, tubuline, importine, récepteurs hormonaux intranucléaires, β-caténine, etc. [15]. Le terme de « lysine déacétylases » devrait dans ce contexte être préféré pour caractériser cette famille d'enzyme dont les substrats ne se limitent pas aux histones [16]. L'acétylation des protéines non histones est impliquée dans la prolifération, la survie cellulaire et l'apoptose. Les conséquences de l'acétylation de ces protéines non histones sont variables : augmentation de la stabilité des ARNm et des protéines, renforcement de la liaison des protéines à l'ADN, activation de la transcription, interactions protéine-protéine, localisation cellulaire, modulation de l'activité enzymatique [17].

Une vision globale et synthétique de l'importance des processus d'acétylation est présentée dans le tableau 1.

Tableau 1 Rôle des processus d'acétylation.

Effet de l'hyperacétylation

Effet observé avec HDACi

Histones

Déroulement de la chromatine facilitant l'accès des facteurs de transcription sur les promoteurs

Hyperacétylation des histones provoquant une expression augmentée (p21) ou diminuée (SRC1α) de 2-10 % des gènes

Récepteurs aux estrogènes (RE)

Mécanismes directs et indirects mal élucidés. Pourrait favoriser la translocation intranucléaire du RE

Activation de l'expression du récepteur dans les cellules RE–, et répression de la transcription du gène RE et des gènes cibles dans les cellules RE+

Récepteur à la progestérone (RP)

Mécanismes directs et indirects mal élucidés

Augmentation de l'expression de RP dans les cellules RE–, RP–, répression de l'expression de RP dans les cellules RE+

HSP90

Perte de la fonction chaperonne

Dégradation des ligands (Bcr-Abl, Flt3 kinase, c-Raf kinase, ErbB2, p53 muté, etc.) dans le protéasome

E2F1, pRb

L'acétylation de pRb maintient sont activation (hypophosphorylation) et sa liaison à E2F1

Entraîne un arrêt du cycle cellulaire en phase G1 et G2

STAT1, 2, 3, 6

Diminution de la capacité de liaison aux promoteurs des gènes, modification des interactions entre hétérodimères (STAT1/STAT2), interaction inhibitrice sur la voie du NF-κB

Diminution de la transcription des gènes régulés (par ex. : gènes de réponse à l'interféron)

NF-κB

Action positive ou négative selon le site d'acétylation (plusieurs sous-unités, plusieurs sites d'acétylation) : modification de l'expression des gènes et de la capacité de liaison à l'ADN

Répression de la voie de signalisation NF-κB diminuant de l'expression des gènes impliqués dans la différenciation, la prolifération, l'inflammation et la mort cellulaire

p53

L'acétylation empêche sa liaison à MDM2 et prévient sa dégradation, favorise sa liaison à l'ADN et le contrôle transcriptionnel

Arrêt du cycle cellulaire par l'expression de p21 via ATM, c-Myc, Sp1, Sp3

FOXO

Interruption de la liaison à l'ADN et inhibition de la transcription

Lutte contre la résistance au stress oxydatif, favorise l'arrêt du cycle cellulaire et l'apoptose

HIF-1α

Favorise son interaction avec pVHL et induit sa dégradation

Déstabilisation et diminution du niveau d'HIF-1α même en condition hypoxique

α-tubuline

Déstabilisation du réseau des microtubules et des aggrésomes

Répression de l'élimination des protéines défectueuses et toxiques, aboutissant à la mort cellulaire

PML-RARα AML1-ETO

Surexpression de l'ubiquitine conjugase et ligase aboutissant à la destruction des protéines de fusion dans le protéasome. Complexe PML-RARα-HDAC inhibé

Diminution du niveau de protéines de fusion dans le noyau cellulaire, inhibition du complexe fonctionnel PML-RARα-HDAC permettant une réexpression des gènes de différenciation myéloïde

Classification des HDAC

Il existe 18 protéines de la famille des HDAC regroupées en cinq classes (I, IIa, IIb, III, IV) selon leurs homologies avec leurs orthologues de la levure (figure 2). On distingue les 11 HDACs « classiques » (classes I, II, IV) [18] contenant du Zn2+ dans leur site catalytique, inhibées par les chélateurs du Zn comme la throchostatine A (TSA) [19] ou le vorinostat (suberoylanilide hydroxamic acid [SAHA]), tandis que les sept protéines de la classe III sont nicotinamide-adénine dinucléotide(NAD+)-dépendantes [20], généralement appelées sirtuins (SIRT) en raison de son homologie avec Sir2 chez la levure, nécessitent la présence d'un cofacteur, NAD+. Les HDACi actuellement entrés en développement clinique ciblent les HDACs classiques. Il n'existe pas de redondance entre les 18 différentes HDACs, la fonction d'une protéine ne peut pas être compensée par une autre. Leur rôle est essentiel dans le contrôle du cycle cellulaire, dans la réponse aux dommages de l'ADN et au stress oxydatif, à la croissance cellulaire, au métabolisme et à la différenciation.

Les HDAC de classe I (HDAC1, 2, 3, 8) ont une expression tissulaire ubiquitaire et une localisation exclusivement nucléaire. Leur délétion provoque une létalité précoce au cours de l'embryogenèse. Regroupés en dimères, les HDAC forment le noyau catalytique de complexes moléculaires répresseurs de la transcription, qui se lient à des séquences spécifiques de l'ADN ou à des facteurs de transcription, aboutissant à orienter l'action des HDAC sur certaines cibles (ex. : histones méthylées, régions hyperméthylées de l'ADN) [21]. Par exemple, HDAC1 et 2 sont des sous-unités du complexe CoREST qui réprime les gènes neuronaux dans les tissus non neuronaux [22].

Les HDAC de classe II sont particulièrement impliquées dans les voies de différenciation. Les HDAC de la classe IIa (un seul site catalytique ; HDAC4, HDAC5, HDAC7 et HDAC9) exercent la fonction de transducteur de signal entre le cytoplasme et le noyau via des mécanismes de phosphorylation/déphosphorylation [21]. Lorsque HDAC4 est phosphorylée par un récepteur membranaire, elle subit une translocation vers le noyau où elle exerce une répression de la transcription [21]. HDAC9 intervient dans la différenciation des cardiomyocytes, HDAC4 réprime l'hypertrophie des chondrocytes [23], HDAC7 favorise la prolifération de lymphocytes T, notamment en réprimant l'apoptose [24]. Au sein de la classe IIb (deux sites catalytiques ; HDAC6 et HDAC10), HDAC6 modifie le cytosquelette en déacétylant l’α-tubuline et des protéines de liaison à l'actine. HDAC6 régule de ce fait la mobilité cellulaire liée aux microtubules, l'adhésion cellulaire et le transport lié aux microtubules [21]. HDAC6 active HSP90 par déacétylation, protéine chaperonne qui guide la maturation, entre autres, du récepteur aux glucocorticoïdes [25]. HSP90 a également pour clients la protéine de fusion Bcr-Abl, FLT-3 muté, c-Raf, AKT, ErbB2, le récepteur à l'estrogène (RE), le récepteur aux androgènes (RA) [26]. Sur des lignées de cellules leucémiques, l'inhibition d'HDAC6 favorise l'acétylation de HSP90 qui devient inactive et libère Bcr-Abl aboutissant à la dégradation du produit de fusion dans le protéasome [27].

Une isoforme extracellulaire, HSP90α, activée par l'acétylation, favorise la maturation des métalloprotéases (MMP-2), protéines impliquées dans l'invasion tumorale et la dissémination métastatique. En effet, les cellules traitées in vitro par un HDACi (panobinostat) se lient davantage aux MMP-2 et avaient un comportement plus invasif [28]. Ces données troublantes devront être étayées. Autre rôle inattendu, HDAC6 agit comme régulateur de la dégradation des protéines défectueuses. Ces protéines sont ubiquitinylées avant d'être dégradées soit dans le protéasome, soit dans les aggrésomes. Les protéines qui ont un défaut de repliement ont tendance à s'agréger les unes aux autres dans le cytosol des cellules. HDAC6 transporte ces agrégats de la périphérie de la cellule vers le centre des microtubules, l'aggrésome [29] avant d'être autophagocytés et détruits dans les lysosomes. HDAC6 est un adaptateur entre les protéines ubiquitinylées destinées à être détruites et les moteurs moléculaires de dinéine qui se déplacent sur les microtubules. Lorsque la voie du protéasome est déficiente, HDAC6 est surexprimée et prévient notamment la dégénérescence neuronale en éliminant les protéines toxiques de la cellule par la voie de l'aggrésome/autophagie [30]. HDAC6 est présente dans les corps de Lewy [31]. Augmenter l'activité d'HDAC6 pourrait alors représenter une voie de traitement des maladies neurodégénératives liées à l'accumulation de protéines, comme les maladies de Parkinson et d'Alzheimer.

Les HDAC de classe III ou SIRT1 à 7 catalysent la déacétylation avec un cosubstrat, le NAD+. Cette réaction dépend du ratio NAD+/NADH au sein de la cellule, si bien que le métabolisme représente un moyen de réguler leur activité. Leurs fonctions sont très variées, et encore imparfaitement élucidées. Elles favorisent la résistance au stress oxydatif, l'instabilité du génome et le métabolisme énergétique comme la néoglucogenèse ou la sécrétion d'insuline, protègent de la neurodégénérescence. La liste des substrats connus de cette classe est en pleine expansion : p53, Ku70, E2F1, TGF-β, FOXO1, PPAR-γ, β-caténine, eNOS. L'acétylation dépendant du NAD+ est aujourd'hui considérée comme le pont entre l'apport énergétique intracellulaire et l'expression de ses gènes [32].

Enfin, les HDAC de classe IV (HDAC11) auraient également un rôle dans la régulation des fonctions de la tubuline.

Implications dans l'oncogenèse

Modèle de la leucémie promyélocytaire (LAM3)

Le modèle de la LAM3 a été le premier à mettre en évidence le rôle des HDAC dans une pathologie. Les protéines de fusion PML-RARα (95 % des cas) et PLZF-RARα (5 % des cas) exercent leur pouvoir leucémogène en inhibant la différenciation myéloïde. Elles se fixent fortement sur les retinoic acid responsive elements (RARE) distribués le long de l'ADN, et recrutent des complexes corépresseurs (NCOR) qui contiennent des HDAC. Celles-ci déacétylent les histones et recrutent les méthyltransférases (DNMT, SUV39H1) aboutissant à l'hyperméthylation de l'ADN et des histones. La chromatine devenant compacte, la transcription des gènes impliqués dans la différenciation myéloïde est réprimée, provoquant un blocage de maturation et une prolifération incontrôlée. Des doses pharmacologiques d'acide « tout-trans » rétinoïque (ATRA) permettent de restaurer une maturation complète des myéloblastes en polynucléaires neutrophiles et une mort physiologique par apoptose pour les LAM3 avec protéine de fusion PML-RARα mais pas de PLZF-RARα. L'ajout d'un HDACi permet par contre de reverser la résistance des leucémies PLZF-RARα à l'ATRA [33].

Mutations somatiques et cancer

Des mutations entraînant une perte d'expression de HDAC2 ont été retrouvées dans 48/228 cas (21 %) de tumeurs présentant un statut MSI [34]. Les cellules mutées ont un profil d'expression génique différent des cellules non mutées, avec une surexpression de nombreux oncogènes (tyrosines-kinases, facteurs angiogéniques, médiateurs de la progression du cycle cellulaire) [35]. De plus, les tumeurs mutées étaient en outre résistantes aux effets antiprolifératifs et proapoptotiques des HDACi, suggérant que le statut mutationnel de HDAC2 est un biomarqueur prédictif de l'efficacité de son inhibiteur [34]. Des mutations de HDAC4 ont également été identifiées dans le cancer du sein.

Profils d'expression et cancer

La méthode la plus utilisée pour comparer le niveau d'expression des HDAC a été l'immunohistochimie. On a ainsi pu montrer que HDAC1 est surexprimée dans 17/25 (68 %) tumeurs gastriques [36], que la surexpression des HDAC de classe I est associée à l'atteinte ganglionnaire et est un facteur pronostique indépendant de survie [37].

HDAC2 a été impliquée dans la cancérogenèse colorectale, et une surexpression de cette déacétylase a été rapportée dans une vaste majorité (82 %) de tumeurs coliques [38]. Dans les tumeurs mutées pour APC (polypoadénomatose familiale), on observe une surexpression de HDAC2, et son rôle antiapoptotique est essentiel dans le développement tumoral [38]. Les lymphomes T cutanés surexprimant HDAC2 ont un profil plus agressif [39].

Sur une cohorte de 140 patients atteints d'un cancer du côlon, la surexpression des HDAC de classe I est retrouvée fréquemment (HDAC1 : 36,4 %, HDAC2 : 57,9 % et HDAC3 : 72,9 %). Leur surexpression est supérieure dans les tumeurs hautement proliférantes et indifférenciées, et associées à une plus faible survie. En particulier, la surexpression de HDAC2 est un événement oncogénique précoce observable dès le stade de polype, et constitue un facteur pronostique indépendant de survie [40]. De même, sur une cohorte de 192 carcinomes prostatiques, les HDAC de classe I sont fréquemment surexprimées (HDAC1 : 69,8 %, HDAC2 : 74 %, HDAC3 : 94,8 %), leur surexpression est associée à une faible différenciation, et HDAC2 représente une fois encore un facteur pronostique indépendant de survie [41].

Sur une série de 200 tumeurs du sein, l'expression de HDAC1 et de HDAC3 est associée à la présence des récepteurs hormonaux, et est un facteur pronostique indépendant de survie [42].

L'inhibition de HDAC2 provoque la différenciation et l'apoptose en augmentant la capacité de P53 à lier l'ADN. Dans le cancer du sein, l'inhibition de HDAC2 diminue l'expression des récepteurs hormonaux et potentialise l'effet apoptotique du tamoxifène [43].

Inhibiteurs en cours de développement

Comme évoqué précédemment, les HDACi entraînent in vitro une modification de l'expression de 2 à 10 % des gènes [11]. Le traitement de cellules cancéreuses entraîne de façon générale un arrêt du cycle cellulaire en G1 ou à la transition G2/M, notamment via une augmentation de l'expression de p16, p21 ou p27 (inhibiteurs des kinases dépendantes des cyclines) et via l'acétylation de pRb et E2F. L'apoptose est alors favorisée du fait d'une dysrégulation de l'expression de multiples protéines impliquées dans les voies intrinsèques et extrinsèques. L'exposition à un HDACi entraîne indirectement à l'opposée une diminution de l'expression d'autres gènes dont la sous-unité catalytique de la télomérase (hTERT), la thymidilate synthétase ou de certaines DNMT, soulignant les interactions entre les différents mécanismes de régulation épigénétique. Enfin, les HDACi favorisent la différenciation (modèles leucémiques et cancers du sein) et interfèrent sur l'angiogenèse : l'acétylation de hypoxia inducible factor-1 (HIF-1α) facilite son interaction avec pVHL et sa dégradation [44]. Point capital pour la thérapeutique, les HDACi entraînent une toxicité sélective sur les cellules tumorales comparativement aux cellules saines et aux cellules hématopoïétiques [14, 45].

Les premières molécules développées inhibent toutes les HDAC, elles sont dites pan-HDACi : TSA, SAHA (vorinostat), LAQ-824, LBH-589. L'acide valproïque (VPA) est sélectif de la classe I. MS-275 et depsipeptide sont sélectifs de quelques HDAC de classe I. Tubacin est un inhibiteur spécifique de HDAC6. Le développement d'autres HDACi spécifiques d'une seule isoforme représente un enjeu actuel du développement de cette classe thérapeutique. Les principales molécules en cours d'investigation sont présentées dans le tableau 2.

Les agents HDACi diffèrent entre eux en termes de sélectivité des cibles histones et non histones et de capacité à exercer la déacétylation des résidus lysine. Enfin, on observera que leurs propriétés pharmacocinétiques permettent, selon les cas, différents modes d'administration.

Il n'y a pas de résistance croisée connue entre toutes les classes de HDACi, et les mécanismes de résistance à une classe d'HDACi pourraient en théorie être vaincus par l'utilisation d'une autre classe d'HDACi [46].

Inhibiteurs pan-HDAC (pan-HDACi)

Vorinostat : SAHA

Vorinostat est un HDACi non spécifique, pan-HDACi. Dans une étude de phase I, le vorinostat administré par voie veineuse entraîne principalement des toxicités hématologiques (leucopénie et thrombopénie) avec des schémas d'injection quotidienne sur trois à cinq jours toutes les trois semaines. L'activité biologique a été confirmée par l'observation d'une accumulation d'histones acétylées sur les biopsies tumorales, et des réponses ont été observées chez des patients atteints de lymphome et de cancer de la vessie [47]. Le vorinostat a été évalué en administration orale, montrant également une activité biologique, des réponses cliniques, une tolérance acceptable avec toutefois des effets secondaires digestifs (nausées, vomissements, diarrhée, anorexie) et une asthénie plus marqués [48]. Deux autres études ont confirmé l'activité de la molécule dans les lymphomes cutanés avec un taux de réponse de 31 % dans une phase II [49] portant sur 33 patients et de 31 % dans une phase IIB [50] portant sur 74 patients. Au vu de ces résultats cette molécule a obtenu, en octobre 2006, l'autorisation de la U.S. Food and Drug Administration pour le traitement des lymphomes T cutanés réfractaires.

Le vorinostat a été évalué dans une phase I de 44 patients, dont 31 leucémies aiguës myéloïdes [51]. La dose maximum tolérée était de 250 mg trois fois par jour pendant 15 jours suivie d'une semaine de pause. Sept réponses ont été observées, toutes au sein des LAM, dont deux réponses complètes et deux réponses complètes avec récupération hématologique incomplète.

Dans une autre étude de phase II, le vorinostat donné en monothérapie, sur 37 patients inclus atteints de lymphome folliculaire, de la zone marginale ou du manteau, cinq ont eu une réponse complète et cinq autres une réponse partielle [52].

Concernant les tumeurs solides, parmi les nombreux essais de phase II, le profil de tolérance est acceptable, mais aucun n'a pu mettre en évidence une réponse tumorale chez des patients atteints de tumeurs solides : cancer pulmonaire non à petites cellules [53, 54], carcinome thyroïdien [55], glioblastome [56], cancer du sein [54, 57], cancers colorectal [54], ORL [58], ovarien [59], prostatique [60]. Cependant, des signes d'activité antitumorale ont été mis en avant dans l'étude portant sur le glioblastome. L'objectif principal a été atteint puisque neuf des 52 premiers patients n'avaient pas progressé à six mois. Avec 66 patients, la médiane de la survie globale était de 5,7 mois [56].

Tableau 2 Molécules en cours de développement.

Classe

Molécule

Sélectivité

Voie d'administration

Phase de développement

Acide hydroxamique

Vorinostat (Zolinza®), suberoylanilide hydroxamic acid (SAHA)

I, II, IV

PO et IV

Approuvé par la FDA

LTC, LAM, LNH folliculaire, glioblastome

Belinostat (PXD101)

I, II, IV

PO et IV

II

LNH du manteau, thymome

Panobinostat (LBH589)

I, II, IV

PO

II, III

LTC, Hodgkin, myélome

Benzamide

Entinostat (MS-275)

I (HDAC1, 2, 3)

PO

II

Hodgkin

Mocetinostat (MGCD0103)

I et IV

PO

II

Hodgkin, LNH B diffus et folliculaire

Cyclic tetrapeptide

Depsipeptide (romidepsin, FK 228)

I (HDAC1, 2)

IV

II

LTC, cancer de prostate et de la thyroïde

Short-chain fatty acid

Phénylbutyrate

I, IIa

IV

I

Astrocytome anaplasique, glioblastome

Acide valproïque

I, IIa

PO

II (dans cette indication)

LAM

Belinostat (PXD-101)

Belinostat est un pan-HDACi dérivé de l'acide hydroxamique, administré par perfusion de 30 minutes de j1 à j5 d'un cycle de 21 jours. Deux études de phase I ont été menées chez des patients atteints de tumeurs solides et hématologiques avancées. La DMT a été atteinte à 1 000 mg/m2 après avoir observé les DLT suivantes : diarrhée, vomissements, fatigue, fibrillation auriculaire [61, 62]. On rappelle que la cardiotoxicité des HDACi est un effet de classe, et survient préférentiellement lorsque le produit est administré sur des jours consécutifs.

Belinostat est également administrable par voie orale de j1 à j15 d'un cycle de 21 jours, à la dose de 750 mg/j dans les tumeurs solides et jusqu'à 1 250 mg/j dans les lymphomes [63, 64]. Les réponses observées dans les lymphomes du manteau sont encourageantes.

En étude de phase II, des réponses partielles ont été observées chez 2/22 patients atteints de thymomes et de carcinomes thymiques [65].

Panobinostat (LBH589)

Le panobinostat est un inhibiteur des classes I, II et IV, dix fois plus puissant in vitro que le vorinostat. Panobinostat et ses métabolites sont éliminés de manière équivalente par voie urinaire et hépatique, ce qui rend peu probable son interaction avec les autres substances. Lors du premier essai de phase I, le panobinostat administré par voie veineuse de j1 à j7 tous les 21 jours a montré une toxicité cardiaque limitante (allongement de l'espace QTc de grade 3 chez trois patients) conduisant à interrompre l'étude [66]. Cet effet secondaire cardiaque semble plus fréquent lorsque l'administration veineuse est répétée sur des jours consécutifs [67]. Les schémas d'administration alternatifs, développés par la suite en phase I (i.v. à j1, j8, j15 reprise à j28 et PO à j1, j3, j5 reprise à j8), ont montré une toxicité cardiaque moindre (allongement du QTc de grade ≥ 2 de 6,3 %) autorisant à poursuivre les études cliniques [67]. Par voie veineuse, la MTD a été établie à 20 mg/m2 à j1, j8, j15, j28 avec les DLT suivantes : fatigue, hyperglycémie et thrombopénie [68]. Par voie orale, avec trois prises par semaine (lundi, mercredi, vendredi), la MTD a été établie à 20 mg avec les DLT suivantes : diarrhée, thrombopénie et fatigue [69].

Parmi les phases I et II, le panobinostat a montré une activité en monothérapie dans les CTCL (15 réponses/66 patients dont deux RC) [70], les maladies de Hodgkin (38 % de réponses objectives au scanner et 58 % de réponses métaboliques au pet-FDG) [71], les myélomes (une réponse et trois stabilisations sur 38patients) [72].

L'activité antitumorale observée dans les cancers solides est à ce jour décevante [73]. Une réponse partielle d'un cancer de la prostate hormonoréfractaire a été rapportée en étude de phase I [68]. Le développement de cette substance dans les cancers solides s'oriente vers des approches combinatoires : association avec docétaxel + prednisone dans la prostate ou avec le trastuzumab dans les cancers du sein surexprimant HER2 (tableau 3).

L'activité antitumorale se révèle être dose-dépendante. Les résultats d'une large étude de phase I/II sur les leucémies aiguës indiquent que des doses orales supérieures à 40 mg sont nécessaires pour induire une réponse tumorale (0 vs 19 % de réponses avec des doses respectivement inférieures ou supérieures à 40 mg) [74]. L'étude pharmacocinétique du produit administré par voie orale montre que la variation interindividuelle est importante (60 %), et que seule la dose prescrite, et non l'AUC, est associée à l'efficacité antitumorale et à la toxicité [75]. Afin d'améliorer les résultats, des essais sont en cours avec des doses orales de panobinostat allant de 40 jusqu'à 60 mg trois fois par semaine.

Tableau 3 Approches combinatoires.

Associations

Phase de développement

Localisation

Résultats

Références

Gemcitabine + MGCD0103

I/II

Tumeurs solides

2 RP/5 cancers du pancréas

[96]

Gemcitabine + depsipeptide

I

Tumeurs solides

1 réponse mineure (29 %) et 12 stabilisations (5 pancréas, 4 seins, 1 LNH, 1 ovaire, 1 ampoule de Vater)

[135]

5-FU + belinostat

I

Tumeurs solides

26 % de stabilisations répression de la thymidylate-synthase sur les biopsies

[97]

Épirubicine + acide valproïque

I

Tumeurs solides

9 RP/41 (22 %)

[98]

FEC100 + acide valproïque

I/II

Cancers du sein métastatiques

9 RP/14 (64 %) dont une patiente prétraitée par anthracyclines

[98]

Docétaxel + prednisone + panobinostat

Ib

Cancer de la prostate hormonoréfractaires

10, 7 et 1 patients ont eu une décroissance du PSA > 30, 50 et 99 % respectivement

[100]

Carboplatine + paclitaxel + belinostat

I/II

Tumeurs solides

0 DLT, 2 RP/23 (cancers rectal et pancréatique)

[136]

Carboplatine + paclitaxel + belinostat

II

Tumeurs épithéliales de l'ovaire

1 RC et 10 RP/35 (31 %)

[137]

Carboplatine + paclitaxel + vorinostat

I

Tumeurs solides

11 RP/25 (10 CBPNC, 1 cancer ORL)

[102]

Carboplatine + paclitaxel + vorinostat

II/III

CBPNC

Bras témoins vs vorinostat : médiane de SG (14,0 vs 11,0 mois ; HR : 1,78 ; IC 95 % : [1,11-2,84] ; p = 0,99), médiane de SSP (5,5 vs 4,3 mois ; HR : 1,18 ; IC 95 % : [0,86-1,63] ; p = 0,86), taux de réponse (29,3 % vs 22,4 % ; p = 0,899)

[104]

Tamoxifène + vorinostat

II

Cancer du sein RE+ en progression après au moins une antiaromatase

6 RP/29 (21 %) et 3 SD > 6 mois (10 %)

[111]

Trastuzumab + panobinostat

I

Cancer du sein HER2+

2 réponses mineures (29 %)/13 patientes

[115]

Bévacizumab + vorinostat

I/II

Cancer du rein à cellules claires

3 SD/7

[116]

Erlotinib + vorinostat

I

CBPNC porteurs de mutations de EGFR

7 SD/10 avec une médiane de 6 cycles

[112]

Erlotinib + entinostat

I

CBPNC

1 RP et 1 SD de 8/9 mois

[113]

Bortézomib + vorinostat

I

Myélomes multiples

34 patients : 9 RP, 7 RM, 18 SD 13 patients prétraités par bortézomib : 5 PR, 1 RM et 7 SD

[119]

Bortézomib + panobinostat

I

Myélomes multiples

1 RC, 3 très bonnes RP, 5 RP/18

[138]

Bortézomib + romidepsin

I

Myélomes multiples

3 RC, 3 très bonnes RP, 6 RP, 5 RM/22

[139]

Lénalidomide + dexaméthasone + panobinostat

I

Myélomes multiples

2 CR, 5 très bonnes RP, 4 RP, 1 réponse mineure/20

[140]

5-azacytidine + entinostat

II

CBNPC

1 RP, 1SD/22

[129]

5-azacytidine + vorinostat

I

LAM/MDS

5 CR, 1 RCi, 3 R hématologiques/20

[141]

5-azacytidine + MGCD0103

I

LAM/MDS

3 RC, 3 RCi, 1 RP/24

[142]

5-azacytidine + MS-275

I

LAM/MDS

2 RC, 4 RP, 6 R hématologiques/31

[143]

Décitabine + acide valproïque

I

LAM

11 RC, 4 RCi, 3 RP/21

[128]

Décitabine + acide valproïque

I/II

LAM/MDS

10 RC, 2RCi /54

[144]

4SC-201

La phase I de ce composé pan-HDACi a montré une efficacité biologique dose-dépendante et une très bonne tolérance clinique. La DMT n'a pas été atteinte, une seule DLT est survenue (vomissements) au palier le plus élevé (800 mg). Son activité antitumorale est encourageante puisqu'un patient atteint de thymome et un second de liposarcome ont obtenu un bénéfice du traitement pendant neuf mois et un an respectivement [76].

Inhibiteurs spécifiques

Romidepsin (depsipeptide)

Romidepsin/depsipeptide est une prodrogue réduite par le glutathion en forme active lors de son entrée dans le cytoplasme [77]. C'est un HDACi spécifique de classe I isolé à partir de Chromobacterium violaceum. Il est administré par voie veineuse en perfusion de quatre heures à la dose de 17,8 mg/m2 de j1 à j5 tous les 21 jours [78] ou de 13,3 mg/m2 ou bien à j1, j8, j15 tous les mois [79]. Sa toxicité est essentiellement : fatigue, nausée, vomissement, thrombopénie et neutropénie. Le schéma d'administration hebdomadaire semble être moins bien toléré sur le plan de l'état général. La toxicité cardiaque rencontrée lors des essais précliniques a retenu une grande attention de la part des investigateurs. Elle se manifeste chez l'homme par des modifications fréquentes, asymptomatiques et transitoires du segment ST (aplatissement de l'onde T, sous décalage du segment ST), parfois par un allongement du QTc [80], d'exceptionnelles arythmies ventriculaires et supraventriculaires ont été rapportées. La survenue d'un décès brutal dans une étude de phase II sur des tumeurs neuroendocrines [81] a déclenché une alerte concernant la sécurité d'utilisation du produit. Une revue précise de tous les cas de décès brutaux rapportés (six parmi les plus de 500 patients traités) conclut que la cardiotoxicité du produit n'est pas imputable dans la survenue de ces événements [82]. Par ailleurs, aucune élévation des enzymes cardiaques ni de modification de la valeur de la FEVG n'ont été observées.

La romidepsine a montré une activité biologique dans le cadre du traitement des cancers de la prostate hormonorésistants avec 2/35 (6 %) réponses partielles prolongées (> 6 mois) accompagnées de réponse biologique sur le PSA supérieur à 50 % [83]. Dans le cancer du rein, une phase II rapporte deux réponses objectives sur 25 patients (8 %) dont une réponse complète [84]. Aucune réponse sur des cancers du côlon avancés, 14 des 25 patients ont expérimenté une toxicité de grade 3, principalement asthénie et anorexie [85].

Deux études de phase II, dont une portant sur 71 patients atteints de lymphomes T cutanés et périphériques, ont confirmé l'activité du produit dans cette pathologie, avec un taux de réponses objectives de 34 %, dont 6 % de réponses complètes [86-88]. Des réponses sont également rapportées chez des patients atteints de LAM [89] et de LLC [90].

Testé en phase II sur des cancers de la thyroïde réfractaires à l'iodothérapie [91], aucune réponse n'a été observée, mais dix stabilités sur 20 patients et une mort subite. Néanmoins, la restauration de la capture de l'iode radioactif a été documentée chez deux patients laissant entrevoir l'existence d'une activité biologique.

Mocetinostat (MGCD013)

Il s'agit d'un HDACi spécifique de classes I et IV administré par voie orale. Son efficacité est dose-dépendante [92]. Son activité a été rapportée en étude de phase II dans la maladie de Hodgkin récidivante ou réfractaire. Trente-trois patients ont reçu 110 mg trois fois par semaine, deux réponses complètes et six réponses partielles ont été observées parmi les 21 patients évaluables, soit un taux de réponse globale de 38 %. Dix patients ont reçu la dose de 85 mg trois fois par semaine, avec une meilleure tolérance et une efficacité équivalente [93]. Les lymphomes B diffus à grandes cellules, les lymphomes folliculaires ont également montré une sensibilité à cette molécule.

Entinostat (MS-275)

Entinostat (MS-275) est un dérivé de synthèse du benzamide avec une activité ciblée principalement sur les HDAC de classe I. Il a été développé en étude de phase I chez des patients atteints de leucémie aiguë avec une bonne tolérance mais sans efficacité.

Approches combinatoires

Associations avec des cytotoxiques

Sur différents modèles précliniques, il existe une synergie entre les HDACi et des cytotoxiques conventionnels tels que : les inhibiteurs de topo-isomérase II, les taxanes ou la mitomycine. Le rationnel sous-jacent est que l'HDACi pourrait permettre un meilleur accès de l'agent cytotoxique à sa cible (ADN ou protéines liées à l'ADN) en induisant une relaxation de la chromatine. Dans cette hypothèse, la séquence d'administration des agents sera essentielle et de fait, sur cultures cellulaires ou sur xénogreffes, une synergie antitumorale est observée lorsque l'exposition à un HDACi (VPA) précède celle à un inhibiteur de topo-isomérase II, mais disparaît quand une administration inverse ou concomitante est réalisée [94].

Gemcitabine

MGCD0103 a été administré en escalade de dose jusqu'à la DMT de 90 mg trois fois par semaine en association avec la gemcitabine à 1 000 mg/m2 hebdomadaire trois semaines sur quatre [95]. Des résultats encourageants ont été rapportés : deux réponses partielles sur cinq patients atteints de cancer pancréatique [96]. Les DLT ont été observées au palier de 110 mg : asthénie, vomissements, anémie et thrombopénie. L'association vorinostat-gemcitabine-cisplatine a également été bien tolérée en étude de phase I.

5-FU

La combinaison de 5-FU et du belinostat a été jugée tolérable dans les cancers digestifs en phase I [97]. Les résultats sont encourageants avec l'obtention de 26 % de stabilisations prolongées chez des patients lourdement prétraités. La synergie sur l'inhibition de la thymidylate-synthase a été observée sur les biopsies tumorales après traitement.

Épirubicine

Les études précliniques ont montré que la synergie d'action entre VPA et épirubicine ne s'observe que lorsque l'HDACi est administré avant l'anthracycline. La décondensation de la chromatine induite par VPA permet l'accès à l'ADN de l'anthracycline qui recrute la topo-isomérase IIβ et engendre des cassures doubles brins et la mort cellulaire. Une étude de phase I a mis en application cette séquence d'administration : VPA de j1 à j3 suivi d'une injection d'épirubicine à j3, quatre heures après la dernière dose [98]. Les résultats de la phase I sont encourageants (22 % de réponses partielles), notamment dans les cancers du sein et les mélanomes. Une extension de la cohorte avec des patientes ayant des cancers du sein métastatiques montre neuf réponses partielles sur 14 (64 %) dont une patiente était prétraitée par anthracyclines. Des essais de phase II sont en cours dans le mélanome et le cancer du sein, avec l'objectif de sélectionner les répondeurs par la surexpression de HDAC2 dans la tumeur.

Doxorubicine

Une étude de phase I vorinostat-doxorubicine a été conduite pour des tumeurs solides de stades avancés [99]. La dose maximale tolérable est vorinostat 800 mg/j à j1-j3 associé à 20 mg/m2 de doxorubicine à j3. Les toxicités de grade 3/4 rapportées sont : neutropénie (27 %), thrombopénie (10 %), nausées/vomissements (7 %), fatigue (3 %), embolie pulmonaire (13 %). Deux réponses partielles (prostate et sein) ont été décrites ainsi que cinq stabilisations, dont deux mélanomes.

Docétaxel

L'association panobinostat-docétaxel-prednisone est bien tolérée, l'escalade de dose jusqu'à 20 mg/m2 à j1, j8 seules deux DLT ont été rencontrées, une neutropénie et une bradycardie [100]. Les toxicités de grades 3-4 observées sont : neutropénies (n = 18), neutropénies fébriles (n = 7), syncopes (n = 2), thromboses veineuses (n = 2), fatigue (n = 1). Les réponses observées dans les tumeurs de la prostate hormonoréfractaires laissent entrevoir la poursuite des études en phase II dans cette indication.

Paclitaxel

Les études in vitro montrent que l'addition du vorinostat au paclitaxel a un effet synergique sur l'inhibition de la croissance cellulaire et entraîne une réduction tumorale des xénogreffes 50 % supérieure à ce qui est obtenu avec chaque molécule utilisée séparément [101]. L'effet antitumoral du paclitaxel est en partie lié au blocage de la dépolymérisation des microtubules. Le vorinostat stabilise les microtubules via l'acétylation de l'alphatubuline. L'association des deux molécules engendre une stabilisation accrue des microtubules. Les résultats de l'étude de phase I portant sur l'association de carboplatine (AUC6), de paclitaxel (200 mg/m2) et de vorinostat (400 mg/j à j1-j14 ou 300 mg × 2/j à j1-j7) ont été encourageants avec l'obtention de 11 réponses partielles (dix cas de cancers bronchiques non à petites cellules [CBNPC], un cas de cancer des voies aérodigestives supérieures) chez 25 patients, ce qui représentait 53 % de réponses dans la sous-population des CBNPC [102]. Ces bons résultats étaient obtenus au prix d'une toxicité hématologique accrue (50 % de neutropénie de grade 4). Les études in vitro confirment la synergie d'action entre ces trois molécules, le vorinostat augmentant de manière irréversible les lésions de l'ADN induites par le carboplatine, et de manière réversible la stabilisation des microtubules du paclitaxel [103]. La même équipe a ensuite initié une étude de phase II/III randomisant le doublet carboplatine (AUC6)–paclitaxel (200 mg/m2) associé au vorinostat (400 mg/j de j1-j14) ou placebo chez 253 patients atteints de CBPNC [104]. Les résultats sont en faveur du bras vorinostat sur l'objectif principal avec un taux de réponse à 34 contre 12,5 % dans le bras témoin (p = 0,02) [105].

Cisplatine

Les HDACi favorisent les lésions de l'ADN et l'apoptose induites par le cisplatine [106], et sont protecteurs de sa toxicité rénale [107]. Voilà deux rationnels forts pour s'intéresser à cette combinaison. Deux études de phase I ont montré la faisabilité d'une association de cisplatine, de pemetrexed et de vorinostat d'une part, et de cisplatine, de gemcitabine et de vorinostat d'autre part [108, 109]. Les toxicités limitant la dose furent : neutropénie fébrile et élévation de la créatinine pour la première association, déshydratation et asthénie pour la seconde.

Association avec l'hormonothérapie

Bien que les mécanismes moléculaires sous-jacents ne soient pas encore parfaitement établis, on observe sur les cellules tumorales mammaires ER+ traitées par HDACi une baisse de l'expression du récepteur ERα et des gènes régulés par celui-ci. Cet effet pourrait être lié à l'acétylation de la molécule chaperonne HSP90 qui devenant inactive, expose ERα à l'ubiquitination et à sa dégradation dans le protéasome. Par ailleurs, les cellules RE– traitées par un HDACi et un inhibiteur de la DNMT (5-aza-2’-deoxycytidine) réexpriment ERα et deviennent sensibles aux traitements hormonaux. De nombreuses observations in vitro confirment que les HDACi potentialisent l'effet du tamoxifène sur les cellules RE+ et reversent la résistance hormonale sur les cellules RE– ou résistantes au tamoxifène [110].

L'application pratique de ce rationnel a été évaluée en clinique par une étude de phase II chez 29 patientes atteintes d'un cancer du sein RE+ ayant progressé après au moins une ligne d'hormonothérapie. Le traitement par vorinostat 400 mg/j trois semaines sur quatre en association avec 20 mg/j de tamoxifène. Six (21 %) patientes ont eu une réponse partielle et trois (10 %) ont eu une stabilisation supérieure à six mois [111], tandis que 28 patientes avaient progressé après une antiaromatase et 16 après deux lignes (18 patientes avaient reçu du tamoxifène en adjuvant).

Association avec des thérapies moléculaires ciblées

Erlotinib

Le vorinostat et l'entinostat ont été testés en combinaison avec l'erlotinib chez des patients atteints de CBNPC porteur d'une mutation de EGFR, ayant progressé sous erlotinib seul [112, 113]. Ces associations ont été très bien tolérées. Les doses maximales tolérées sont atteintes à 150 mg/j d'erlotinib et de 400 mg/j de vorinostat de j1-j7 et de j15-j21 pour un cycle de 28 jours. Les toxicités rencontrées ont été : anémie (78 %), atteinte cutanée (67 %), diarrhée (67 %), xérostomie (56 %), élévation des tests hépatiques asymptomatiques (56 %), et asthénie (56 %). La meilleure réponse observée est une stabilisation prolongée chez sept patients sur dix, avec une médiane de durée de traitement à six cycles. Pour l'entinostat, la dose recommandée en phase II est de 10 mg hebdomadaires. Cette efficacité est prometteuse, et les deux molécules seront prochainement évaluées en étude de phase II.

Trastuzumab

Le développement des résistances aux thérapeutiques ciblées sur HER2 dans le cancer du sein est une problématique majeure actuellement. On sait que les cellules tumorales peuvent maintenir des signaux de survie en activant les voies PI3K/AKT par une perte de PTEN ou la voie des MAPK par perte de p27. Les HDACi augmentent le taux de p21 et de p27, favorisant ainsi l'apoptose. Les HDACi favorisent également l'acétylation de la molécule chaperonne HSP90 qui devient inactive, ce qui aboutit à la dégradation des protéines p53 mutées, AKT, c-Raf et HER2. Il existe une synergie d'action sur les lignées cellulaires HER2 entre vorinostat et trastuzumab [114]. L'association panobinostat-trastuzumab a été étudiée en phase I chez 16 patientes atteintes d'un cancer du sein HER2 surexprimé ayant progressé après six mois de trastuzumab et de taxanes ou d'anthracyclines [115]. Les résultats préliminaires montrent que deux patientes ont eu une réponse tumorale de 29 % alors qu'aucune toxicité dose-limitante n'a été rencontrée.

Bévacizumab

Les études précliniques montrent que les HDACi de classe II inhibent HIF-1α et que leur effet est synergique en association avec un agent anti-VEGF. L'étude de phase I rapporte que l'association vorinostat 200 mg deux fois par jour pendant 14 jours et bévacizumab 15 mg/kg de j1-j21 est bien tolérée, avec une seule toxicité limitante (thrombopénie de grade 4) [116]. Une étude de phase II est en cours.

Bortézomib

Le vorinostat a montré un effet antiprolifératif et proapoptotique seul ou en association au bortézomib dans les modèles précliniques de myélomes multiples. Lorsque le protéasome est inhibé, les protéines défectives sont transportées le long des microtubules vers l'aggrésome, puis dégradées, protégeant la cellule du stress. HDAC6 participe au transport des protéines et à la formation de l'aggrésome. L'inhibition de HDAC6 dans des cellules traitées par bortézomib fait disparaître les aggrésomes et induit leur apoptose [117]. Cette synergie d'action du bortézomib avec le vorinostat a été démontrée très tôt sur les cellules myélomateuses, [118] et les résultats cliniques dans cette pathologie sont très encourageants. Deux essais de phase I ont montré des taux de réponse élevés (26 %), y compris chez les patients prétraités ou réfractaires au bortézomib [119, 120]. La toxicité est acceptable, principalement hématologique (thrombopénie, neutropénie et anémie), asthénie et diarrhée. L'association bortézomib-vorinostat est également à l'essai dans les tumeurs solides. On peut également citer l'association romidepsin-bortézomib actuellement en étude de phase II dans le myélome [121].

Inhibiteurs de HSP90

L'acétylation d'HSP90 par les HDACi entraîne une perte de sa fonction chaperonne et favorise la dégradation de ses protéines clientes comme cKit muté, Bcr-abl, ErbB2. Le 17-allylamino-diméthoxy geldanamycine (17-AAG) a montré son efficacité dans le myélome, les GIST, les cancers du sein HER2+. De nombreuses études précliniques confirment qu'il existe une synergie entre les inhibiteurs de HSP90 (17-AAG) et les HDACi, mais aucune donnée clinique n'a encore été publiée [122].

TRAIL (tumor necrosis factor-related apoptosis-inducing ligand)

Les HDACi augmentent l'expression ou l'activité des récepteurs de mort qui transmettent les signaux d'apoptose (Fas, TRAIL récepteurs), leurs ligands (Fas ligand, TRAIL) et les caspases (caspase-8 et -3) [123]. Ils répriment l'expression des protéines antiapoptotiques comme c-FLIP et sensibilisent les cellules tumorales à l'apoptose médiée par TRAIL, alors que les cellules saines ne sont pas sensibilisées. Les résultats précliniques de l'association vorinostat-anticorps agoniste des récepteurs de TRAIL montrent des réponses tumorales encourageantes [124].

ATRA

Son utilisation dans la LAM3 permet de faire lever le blocage de la différenciation myéloïde en levant la répression exercée complexe PML-RAR-HDAC sur les gènes de différenciation. Dans les autres types de LAM, la voie de l'ATRA est inhibée par les HDAC. Une étude préliminaire montre que VPA induit une différenciation morphologique des blastes et que l'ATRA permet d'augmenter l'expression des gènes de différenciation [125]. La combinaison VPA à l'ATRA a été testée chez des malades atteints de LAM non éligibles à des chimiothérapies intensives. La principale étude de phase II porte sur 58 patients (22 LAM de novo, 32LAM secondaires à une myélodysplasie), fait état de 5 % de réponse pour les LAM et de 16 % pour les MDS [126]. Ces résultats décevants ont conduit à associer 5-azacytidine, VPA et ATRA obtenant alors avec un suivi de 21 mois, une survie médiane sans progression de 26 mois (survie médiane non atteinte), au prix d'une neurotoxicité accrue [127].

Azacytidine/décitabine

La combinaison des deux approches de thérapies moléculaires ciblant la régulation épigénétique est une autre piste à explorer. Ainsi, la combinaison de VPA avec l'azacytidine présente un profil de tolérance satisfaisant associé à des taux de réponse encourageants dans les LAM et les syndromes myélodysplasiques. La combinaison VPA-décitabine se heurte toutefois à une toxicité importante avec des encéphalopathies dès les faibles doses de VPA, sans qu'il soit en outre possible d'affirmer un bénéfice de la bithérapie sur un traitement par décitabine seule [128]. Pour cette raison, VPA est délaissé au profit des HDACi de développement plus récent. L'association entinostat et 5-azacytidine a été testée en phase I chez des patients atteints de CBPNC. Une réponse complète et deux stabilisations ont été observées sur 22 patients. La tolérance est acceptable avec cette association [129].

Enjeu des biomarqueurs

La plupart des essais cliniques de développement des thérapies moléculaires ciblées comprennent maintenant un versant biologique, et les études évaluant les HDACi ne dérogent pas à l'objectif de mise en évidence de biomarqueurs permettant de sélectionner les types de tumeurs et les patients qui pourraient tirer profit de cette nouvelle classe d'agent thérapeutique.

Immunohistochimie

L'étude par immunohistochimie de l'expression des HDAC dans les tissus tumoraux permet de déterminer le pronostic de certaines tumeurs : HDAC2 avec les lymphomes T cutanés agressifs, HDAC1, 2, 3 dans les cancers colorectaux indifférenciés. Que ces tumeurs soient un sous-groupe plus sensible aux HDACi n'a pas encore été démontré, bien qu'une étude montre que la sensibilité au belinostat est fortement liée à la présence d'une expression d'HDAC1 [130]. Des études cliniques permettant de répondre à cette question restent nécessaires. Une étude rétrospective réalisée sur des biopsies cutanées de CTCL avant traitement montre ainsi que la surexpression nucléaire en immunohistochimie de STAT1 et de phospho-STAT3 dans les cellules tumorales est corrélée à une absence de réponse au vorinostat, et permettrait de sélectionner un sous-groupe de patients très sensibles [131].

Biologie moléculaire

L'étude des gènes dont l'expression est modifiée avant et après traitement par HDACi a été réalisée grâce aux ARN microarrays sur du tissu cutané [132]. L'expression de 23 gènes impliqués dans l'angiogenèse, la régulation immunitaire et l'apoptose est diminuée par le panobinostat chez des patients atteints de CTCL. Cette étude permet d'améliorer les connaissances sur les voies de signalisation impliquées dans l'effet antitumoral des HDACi, avec l'espoir de développer à terme une signature génétique prédictive de la réponse au traitement. L'esquisse d'une telle signature moléculaire prédictive de réponse a pu être rapportée in vitro. Le gène HR23B code pour une protéine cargo transportant les protéines ubiquitinylées vers le protéasome. Le niveau d'expression de ce gène détermine la sensibilité d'une cellule tumorale aux HDACi [133]. On peut d'ailleurs noter que les lymphomes T cutanés sensibles aux HDACi ont un haut niveau d'expression de HR23B. Une autre équipe rapporte sur des cellules de CBNPC une signature moléculaire basée sur l'expression de neuf gènes prédisant avec une valeur de 100 % à la réponse au vorinostat [134].

Niveau d'acétylation

L'accumulation intracellulaire des histones acétylées se produit dans les cellules tumorales et les tissus sains. La mesure du niveau d'acétylation des histones H3 et H4 dans les cellules sanguines mononucléées est la méthode la plus utilisée dans les études de pharmacodynamique. Le niveau d'acétylation augmente rapidement après exposition aux HDACi, mais atteint un plateau à des doses inférieures aux doses maximales tolérées qui se montrent pourtant plus efficaces. Il s'agit d'une méthode de substitution plus accessible que le tissu tumoral, mais elle ne permet pas de prédire l'efficacité antitumorale. De la même manière, l'augmentation de l'expression de p21 dans les cellules sanguines mononucléées est un marqueur de substitution de l'inhibition des HDAC au sein des cellules tumorales et évolue de manière dose-dépendante [90]. Une méthode de mesure de l'activité enzymatique HDAC globale a été développée en utilisant un substrat fluorescent. Elle apparaît être plus sensible que l'étude de l'acétylation des histones par Westernblot [92].

IL-6

Le taux sérique d'IL-6 dosé chez les patients traités par belinostat est en moyenne 2,7 fois supérieur au taux avant traitement [61]. Plus qu'un facteur prédictif d'efficacité, l'IL-6 semblerait lié à la toxicité, son taux étant plus élevé chez les patients expérimentant une fatigue et/ou une fibrillation auriculaire.

Conclusion

L'utilisation des HDACi permet de modifier l'expression des gènes dans une cellule soit en modifiant la conformation de la chromatine via l'acétylation des histones, soit en favorisant directement l'acétylation des protéines cibles non histones. Cette nouvelle classe thérapeutique a démontré son efficacité en hématologie, en monothérapie dans les lymphomes T cutanés ; en association avec les traitements de référence dans les lymphomes, les LAM et les myélomes, avec un profil de tolérance favorable.

Les résultats obtenus dans les tumeurs solides sont encore immatures et parfois contradictoires. Il paraît néanmoins essentiel pour le développement futur de cette classe thérapeutique de répondre à certaines questions : quels sont les marqueurs prédictifs de la réponse à de tels agents, les inhibiteurs sélectifs de la classe I seront-ils plus efficaces et moins toxiques que les inhibiteurs non sélectifs, quelles associations seront les plus synergiques ?

Conflit d'intérêts

aucuns.

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