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Une signature moléculaire pronostique dans les cancers du sein surexprimant HER2


Bulletin du Cancer. Volume 97, Numéro 6, juin 2010, Ce qu'il faut avoir lu

DOI : 10.1684/bdc.2010.1128


Auteur(s) : A Gonçalves , .

ARTICLE

Auteur(s) : A Gonçalves

Le cancer du sein est une maladie hétérogène, dont une meilleure connaissance moléculaire, grâce notamment aux outils transcriptomiques, a permis le démembrement en au moins 4 sous-types : basal-like (fréquemment RE-/RP-/HER2-), luminal A (RE+, bas grade), luminal B (RE+, haut grade), HER2+ (amplification HER2). Ces sous-types ont des caractéristiques évolutives distinctes que les outils biopathologiques conventionnels ont souvent du mal à anticiper [1]. Se sont donc développées des signatures moléculaires pronostiques fondées sur des profils d'expression génique, proposant d'identifier parmi des patientes présentant des cancers du sein localisés, sans envahissement ganglionnaire, celles à haut niveau de curabilité, sans chimiothérapie [2]. Cependant, ces signatures moléculaires n'ont pas ou peu d'utilité dans les cancers du sein HER2+, qui sont invariablement classés comme de mauvais pronostique par la plupart des signatures disponibles. Pourtant, au sein de ce sous-type, les tumeurs et leur profil évolutif sont loin d'être homogènes. Il serait donc très intéressant de mieux saisir les bases de la diversité évolutive de ces patientes.

Dans un numéro récent du Journal of Clinical Oncology, Staaf et al. [3], ont analysé en microarrays 58 tumeurs HER2+, toutes prises en charge avant l'ère du trastuzumab. Par une approche non supervisée, cette équipe a identifié 3 sous-groupes de tumeurs distinctes sur le plan génomique. L'un de ces sous-groupes présentait un pronostic très défavorable (survie à 10 ans de 12 % seulement, contre 50-55 % pour les autres sous-groupes). La comparaison de ce sous-groupe avec les deux autres a identifié un jeu de 158 gènes (avec notamment des gènes liés à la réponse immune ou associés à l'invasion tumorale et au processus métastatique, tels que l'urokinase-type plasminogen activator, uPA), permettant de distinguer des groupes de patientes HER2+ de pronostic distinct, y compris au sein de séries indépendantes. De façon intéressante, cette signature pronostique semblait également fonctionner dans le sous-groupe « basal-like », identifiant là aussi des groupes de patients de pronostic distinct.

Si la place future d'une telle signature dans la prise en charge clinique des patientes reste incertaine (quelle validité a-t-elle à l'ère du trastuzumab?), on pourrait imaginer par exemple, pouvoir à l'avenir sélectionner des patientes HER2+, ne nécessitant pas ou peu de chimiothérapie, voire pouvant se contenter de trastuzumab seul. Sur le fond, le principe d'une seconde génération de signatures moléculaires, démembrant toujours un peu plus loin des entités clinico-pathologiques déjà restreintes (15 % des cancers du sein pour HER2), n'est pas sans fasciner, nous rapprochant toujours plus près d'une médecine encore plus individualisée.

Références

1 Sorlie T, Perou CM, Tibshirani R, Aas T, Geisler S, Johnsen H, et al. Gene expression patterns of breast carcinomas distinguish tumor subclasses with clinical implications. Proc Natl Acad Sci U S A 2001 ; 98 : 10869-74.

2 Fan C, Oh DS, Wessels L, Weigelt B, Nuyten DSA, Nobel AB, et al. Concordance among Gene-Expression-Based Predictors for Breast Cancer. N Engl J Med 2006 ; 355 : 560-9.

3 Staaf J, Ringner M, Vallon-Christersson J, Jonsson G, Bendahl P-O, Holm K, et al. Identification of subtypes in Human Epidermal Growth Factor receptor 2-positive breast cancer reveals a gene signature prognostic of outcome. J Clin Oncol 2010 ; 28 : 1813-20.


 

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