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Prise en charge thérapeutique des tumeurs de vessie n'envahissant pas le muscle vésical (TVNIM)


Bulletin du Cancer. Volume 97, 11-7, Cancer de la vessie, Synthèse

DOI : 10.1684/bdc.2010.1105

Résumé   Summary  

Auteur(s) : H Wallerand , CHU Pellegrin-Tripode, Faculté de médecine Victor-Segalen, Département d'urologie et de transplantation rénale, place Amélie-Raba-Léon, 33074 Bordeaux Cedex, France.

Résumé : La prise en charge thérapeutique des tumeurs de la vessie n'infiltrant pas le muscle (TVNIM) a beaucoup évolué ces dernières années et a fait l'objet de recommandations exhaustives de la part des différentes associations d'urologie (AFU, EAU, AUA). L'émergence de nouvelles technologies telles que la cystoscopie en fluorescence va permettre dans l'avenir d'améliorer cette prise en charge. Il n'en reste pas moins que, malgré ces progrès, les tumeurs de vessies gardent un comportement clinique hétérogène et que le pronostic (récidive et progression) est complexe à préciser. Les marqueurs moléculaires devraient apporter une aide pour affiner le pronostic dans l'avenir et constituer de potentielles cibles thérapeutiques.

Mots-clés : cancer de vessie, TVNIM, cystoscopie

ARTICLE

Auteur(s) : H Wallerand

CHU Pellegrin-Tripode, Faculté de médecine Victor-Segalen, Département d'urologie et de transplantation rénale, place Amélie-Raba-Léon, 33074 Bordeaux Cedex, France

Introduction

La problématique de la prise en charge thérapeutique des tumeurs n'infiltrant pas le muscle vésical (TVNIM) a permis, au travers des différentes études cliniques, une évolution conséquente à la fois dans le domaine chirurgical mais aussi dans celui des traitements adjuvants. En Europe, l'incidence la plus élevée est retrouvée à l'Ouest (23,6 chez l'homme et 5,4 chez la femme). En France, le cancer de la vessie est au 5e rang des cancers de l'homme et le 7e chez la femme, et 10 700 nouveaux cas ont été diagnostiqués en 2000.

Un changement de classification est intervenu courant 2008 afin de lever l'ambiguïté qui subsistait dans le terme « superficiel » entre les urologues (absence d'envahissement musculaire) et les anatomopathologistes (absence d'envahissement du chorion). Dorénavant, les tumeurs de vessie dites « superficielles » sont classées en tumeur de vessie n'infiltrant pas le muscle (TVNIM) en opposition avec celles infiltrant le muscle (TVIM) [1].

Environ 75 à 85 % des patients ayant un cancer de vessie initial ont une TVNIM confinée à la muqueuse (Ta, carcinome in situ [CIS]) ou à la sous-muqueuse (T1). Malgré ce terme de TVNIM, le potentiel hautement invasif des T1 et CIS est maintenant admis, tant au plan clinique qu'au plan moléculaire.

Prise en charge chirurgicale

Le diagnostic de cancer de la vessie se fait idéalement lors de la consultation par la réalisation d'une fibroscopie souple en l'absence de toute infection urinaire. Si une imagerie (échographie +++) a visualisé une image typique de tumeur de la vessie, on peut surseoir à la fibroscopie et à sa morbidité. Néanmoins, la fibroscopie a l'avantage de permettre une description exhaustive de la lésion (localisation, taille, nombre, apparence) et une appréciation de la muqueuse vésicale adjacente.

Résection trans-urétrale des tumeurs de la vessie TVNIM Ta et T1

Le but de cette intervention est de faire correctement le diagnostic histologique et d'être exhaustif en retirant l'intégralité des lésions visibles. Elle permet d'orienter, selon le résultat anatomo-pathologique, le traitement. En raison du risque infectieux, une ECBU stérile en préopératoire est nécessaire et une antibioprophylaxie est administrée au patient lors de l'induction (céphalosporine de seconde génération).

La résection se déroule se déroule sous vidéo-caméra permettant une magnificence de l'image et une amélioration du confort interventionnel. L'intervention se déroule sous anesthésie générale. Avant l'intervention, un toucher pelvien vérifie l'infiltration tumorale et la mobilité de la tumeur.

Le 1er temps opératoire est une urétro-cystoscopie permettant de vérifier la filière urinaire basse, au mieux à l'aide d'une optique 30°. La résection utilise un courant de section et de coagulation et est toujours menée vers l'opérateur. Lors du remplissage, la paroi vésicale s'amincit rendant possible une perforation. Pour minimiser ce risque, on emploie un résecteur d'Iglesias (double courant) qui maintient un état de remplissage minimum. La perforation vésicale peut tout aussi bien survenir sur une paroi distendue par le remplissage mais aussi sur vessie vide du fait des replis de paroi.

La stratégie opératoire dépend de la taille de la tumeur. Une tumeur de moins de 1 cm de grand axe peut être réséquée en monobloc et contenir la tumeur plus du muscle vésical. Cela est possible dans le cas d'une implantation tumorale fine. L'ensemble est ensuite envoyé en anatomo-pathologie. Le pied du polype ainsi que la muqueuse saine péri-tumorale sont enfin coagulés. Si la tumeur est plus volumineuse, la résection est menée de la superficie (partie exophytique) vers la base (partie musculaire) et les fragments sont envoyés étiquetés et séparément en anatomo-pathologie.

Lorsque la tumeur a une base d'implantation sessile, elle est fortement suspecte d'être infiltrante. La résection doit se faire avec soin en évitant de creuser sous peine de perforer la paroi vésicale. La base d'implantation avec le muscle vésical doit être soigneusement prélevée.

Les régions érythémateuses suspectes de CIS doivent être réséquées ou biopsiées, coagulées.

Une résection complète et correcte est essentielle au pronostic du patient [2].

Biopsies vésicales et de l'urètre prostatique

Les biopsies systématiques de la muqueuse saine des tumeurs Ta et T1 ne sont pas recommandées. En effet, la présence de CIS dans ces cas de figure reste une exception (< 2 %) et de plus, le choix du traitement adjuvant ne sera pas influencé.

Cependant, dans le cas de cytologies préopératoires positives ou de tumeurs de vessie d'aspect infiltrant (TVIM), les biopsies à la pince froide sont fortement recommandées. Enfin, si la muqueuse semble anormale, même dans le cadre des tumeurs TaT1, les biopsies ou la résection de ces zones suspectes sont là aussi recommandées. Ces fragments seront séparément envoyés en anatomo-pathologie.

Le risque d'une localisation prostatique dans le cadre de TVNIM TaT1 est élevé si la lésion tumorale est localisée sur le trigone ou le col de la vessie, si du CIS est retrouvé ou encore dans le cas de multifocalité tumorale [3, 4]. Dans ces cas de figures ou si l'aspect de l'urètre prostatique est suspect, des biopsies à la pince froide de l'urètre prostatique sont recommandées.

Apport de la fluorescence

La cystoscopie couplée à une source lumineuse ultra-violet après instillation intra-vésicale (2 heures avant la résection) d'un photo-sensibilisateur comme l'acide 5-aminolevulinique (ALA) ou son ester, l'hexaminolevulinate (HAL) permet d'augmenter la sensibilité de détection de tumeur de la vessie, notamment de CIS [5-7]. Cependant, une fausse positivité peut-être induite par une inflammation locale, un antécédent récent de résection ou encore une instillation endo vésicale. Les résultats de la survie sans récidive sont pour l'instant contradictoires.

En effet, si certaines études ont montré une amélioration [8-10], d'autres, malgré l'amélioration visuelle apportée par l'acide 5-amino lévulinique (5-ALA) n'ont pas mis en évidence un impact significatif sur la survie sans récidive [11]. Les résultats d'études supplémentaires sont en attente. D'autre part, le coût financier d'une telle technique devra probablement faire aussi l'objet d'une évaluation précise par rapport aux bénéfices attendus sur les taux de progression ou la survie des patients.

Complications de la RTUV

Les perforations de la paroi vésicale peuvent soit extrapéritonéales, soit intrapéritonéales. Les perforations extrapéritonéales sont les plus fréquentes et peuvent facilement être traitées de façon conservatrice par un drainage de vessie [12]. La durée de ce drainage est affaire d'habitude et se situe généralement autour de 8 jours.

Le traitement de la perforation intrapéritonéale peut être soit conservateur (sondage vésical) si elle est petite, parfois au prix d'un drainage intrapéritonéal mis en place sous guidage échographique [13]. Un traitement chirurgical devient obligatoire si la perforation est large, si une hémorragie ou une lésion du tube digestif sont associées [14]. Cette réparation peut se faire par une courte laparotomie ou laparoscopie. Dans tous les cas, il faudra vérifier l'absence de lésion digestive, drainer l'extravasation et suturer la vessie.

La perforation intrapéritonéale pose le problème de la dissémination de cellules tumorales avec greffe extravésicale à la paroi abdominale, la cloison rectovésicale, la graisse périvésicale [15], le psoas [16]. Le délai court de l'apparition de ces greffes extravésicales (4 à 7,5 mois) implique une surveillance par tomodensitométrie tous les 3 mois, puis une tous les 6 mois [17] après ce genre d'incident.

Les facteurs de risque de perforations peuvent être liés à l'âge des patients (paroi vésicale plus fine), à la tumeur elle-même avec perforation par stimulation du nerf obturateur en cas de lésion de la face latérale (adduction brutale du membre inférieure) surtout si la vessie est distendue. Les autres localisations à risques de perforation sont les tumeurs du dôme vésical et les tumeurs intradiverticulaires (incidence 1-10 % des cas).

En pratique, il est conseillé de ne pas effectuer de résection profonde et agressive en cas de TVNIM connue récidivante, de tumeur d'aspect non infiltrant ou encore de TVIM évidente.

Intérêt d'une seconde résection

Il est maintenant démontré que le résultat oncologique dépend de la qualité de la résection. Il existe un risque significatif de tumeur résiduelle après une première résection de tumeur Ta/T1 telle que les sociétés savantes recommandent une seconde résection pour préciser de façon certaine le stade tumoral et de s'assurer de l'exhaustivité de la résection [18, 19]. Cette seconde résection est tout du moins fortement indiquée dans le cas des T1 car il est retrouvé une tumeur résiduelle dans 33 à 53 % des cas [20-23]. De plus, outre ce risque de tumeur résiduelle, il existe un risque non négligeable de sous-stadification lors de la résection initiale. En effet, 10 % des Ta/T1, de haut grade sont en fait des TVIM [21]. Or le traitement des tumeurs de vessie de haut grade Ta/T1 vs TVIM est complètement différent. Cette seconde résection est réalisée entre 4 à 6 semaines après l'initiale mais aucun consensus n'existe quand à l'intervalle qu'il faut laisser entre les deux interventions. Dans tous les cas, lors de la seconde résection, il faudra au minimum réséquer le site tumoral initial.

Les recommandations pour une seconde résection sont les suivantes : s'il s'agit d'une tumeur TVNIM de haut grade ou une tumeur classée T1, l'absence de muscle vésical sur l'examen anatomo-pathologique, en cas de multifocalité tumorale associée à du CIS, ou enfin lorsque le patient consulte pour un second avis.

Il a été montré qu'une seconde résection peut améliorer la survie sans récidive et sans progression [23].

Classification du risque de récidive et de progression tumorale

Pour prédire le risque à court et long terme à la fois de récidive et de progression tumorale, l'EORTC (European Organization for Research and Treatment of Cancer) a mis au point un système de score débouchant sur des tables prédictives de récidive et de progression des TVNIM [24]. Le score est fondé sur six critères : le nombre de tumeurs, leur taille, le stade T, le nombre de récidives, la présence de CIS et le grade tumoral. Ce calcul peut être aisément fait par l'intermédiaire d'Internet (http ://www.eortc.be/tools/bladdercalculator/).

Ce score permet de classer la tumeur dans un groupe à risque de récidive et de progression tumorale (tableaux 1, 2) et de discuter avec le patient un traitement le plus adapté à sa tumeur. Cependant, cette classification a ses limites et ne prend pas en compte certaines données qui sont connues comme déterminantes comme la sous-stadification T1a et T1b selon que la muscularis mucosae est envahie ou pas [25]. De même, aucun marqueur moléculaire n'est inclus dans la décision actuellement alors que de multiples études ont montré leur intérêt.

Tableau 1 Critères pour le calcul de la récidive et de la progression des TVNIM [24].

Critères

Récidive

Progression

Nombre de tumeurs

1

0

0

2-7

3

3

≥ 8

6

3

Taille de la tumeur

< 30 mm

0

0

≥ 30 mm

3

3

Fréquence de récidive

premier épisode

0

0

≤ 1 récidive/an

2

2

> 1 récidive/an

4

2

Stade

Ta

0

0

T1

1

4

Carcinome in situ (CIS)

non

0

0

oui

1

6

Grade (classification 1973)

G1

0

0

G2

1

0

G3

2

5

Score total

0-17

0-23



Tableau 2 Probabilité de récidive et de progression selon le score total du au 1 [24].

Récidive

Probabilité de récidive à 1 an % (95 %CI)

Probabilité de récidive à 5 ans % (95 %CI)

Groupe à risque de récidive

0

15 (10-19)

31 (24-37)

Risque bas

1-4

24 (21-26)

46 (42-49)

Risque intermédiaire

5-9

38 (35-41)

62 (58-65)

10-17

61 (55-67)

78 (73-84)

Risque élevé

Progression

Probabilité de progression à 1 an % (95 %CI)

Probabilité de progression à 5 ans % (95 %CI)

Groupe à risque de progression

0

0,2 (0-0,7)

0,8 (0-1,7)

Risque bas

2-6

1 (0,4-1,6)

6 (5-8)

Risque intermédiaire

7-13

5 (4-7)

17 (14-20)

14-23

17 (10-24)

45 (35-55)

Risque élevé

Traitement adjuvant des TVNIM

Instillations postopératoires précoces (IPOP)

Même si une résection bien conduite peut être complète, le risque de récidive et de progression existe et l'hétérogénéité des résultats à 3 mois rend nécessaire un traitement adjuvant chez tous ces patients [2].

Une méta-analyse regroupant 1 476 patients avec un suivi moyen de 3,4 années a montré qu'une IPOP dans les 24 heures après la résection réduisait de 12 % le risque global de récidive (de 48,8 % à 36,7 %) en détruisant les cellules tumorales en suspension juste après la résection et/ou en ayant un effet abrasif des cellules tumorales résiduelles sur le site initial de résection [26]. Si l'IPOP n'est pas réalisée le jour de la résection, le risque relatif de récidive est multiplié par 2 [27].

Ainsi l'Association française d'urologie (AFU) et l'association européenne d'urologie (EAU) préconisent une IPOP de chimiothérapie chez tous les patients réséqués d'une TVNIM sauf s'il y a une suspicion de perforation vésicale ou si l'hémostase est mal contrôlée (passage systémique). L'effet de l'IPOP agit sur la récidive pendant environ 2 ans après l'instillation [28]. La suite du traitement dépend dans quel groupe à risque (bas, intermédiaire, ou élevé) la tumeur est classée.

L'optimisation de l'effet de la Mitomycine C en IPOP est un paramètre sur lequel les équipes soignantes doivent être sensibilisées. Il y a donc nécessité d'adapter le pH qui doit être alcalin, de diminuer la diurèse (restriction hydrique) pour ne pas diluer le produit. La concentration du produit est un facteur plus déterminant que la durée de l'instillation sur le résultat [29]. Il a d'ailleurs été montré qu'une IPOP administrée de façon optimale diminuait le taux de récidive tumorale [30].

Par la suite, le choix du traitement dans quel groupe à risque est classée la tumeur après analyse anatomo-pathologique. Dans le groupe des tumeurs à bas risque de récidive et de progression (tableaux 1, 2), l'IPOP est suffisante et le traitement adjuvant n'est pas obligatoire. Dans une méta-analyse comparant résection + chimiothérapie intravésicale vs résection seule, il a été montré que le traitement combiné avait un impact sur le risque de récidive mais pas de progression [31].

Il persiste une controverse concernant la fréquence des instillations et la durée du traitement. Le choix entre la chimiothérapie et l'immunothérapie adjuvante se fera selon le risque le plus important à réduire : la récidive ou la progression (tableau 2).

Immunothérapie intravésicale par BCG

Plusieurs méta-analyses ont montré une supériorité de la résection + BCG vs résection seule et résection + chimiothérapie endovésicale concernant le risque de récidive pour les tumeurs Ta/T1 à haut risque [32]. Néanmoins, les mêmes auteurs n'ont pas montré d'amélioration du risque de progression et de la survie globale.

D'autre part, il a été montré l'efficacité d'un traitement d'entretien du BCG dans plusieurs méta-analyses concernant le risque de progression [33-35]. Rien n'a pu être conclu concernant la durée du traitement d'entretien mais une durée minimum de 1 an semble se dégager [34, 35].

Le schéma d'induction reste le même, à savoir 6 instillations hebdomadaires. Le nombre optimal, la fréquence des instillations ainsi que la durée du traitement d'entretien ne sont à l'heure actuelle toujours pas protocolisés.

Moins de 5 % des patients présentent des effets secondaires sérieux lors des instillations tout à fait gérables à l'aide de traitements médicaux [36]. La majorité de ces effets sont dus à une absorption systémique du BCG. Afin de les éviter, il ne faut pas réaliser l'instillation dans les 2 semaines après l'instillation, si le patient présente une hématurie macroscopique ou après un cathétérisme urétral traumatique.

Le consensus existe pour les indications du BCG. Ainsi, le BCG n'influence aucunement l'évolution des tumeurs de la vessie à bas risque de récidive et de progression et serait considéré comme un « sur-traitement » dans ce genre de tumeur. En revanche, il est tout fait indiqué en traitement d'induction associé au traitement d'entretien comme thérapie adjuvante des tumeurs de vessie à haut risque. Concernant les tumeurs de risque intermédiaire, il n'a pas été remarqué de supériorité de l'immunothérapie par rapport à la chimiothérapie intravésicale. Ainsi, la BCG-thérapie est proposée dans ce groupe de tumeurs si la chimiothérapie est mal tolérée ou si le patient récidive. Dans ce cas de figure, le traitement d'entretien pendant une durée minimale de 1 an est indiqué.

Traitement des échecs de la thérapie intravésicale

Les patients avec une TVNIM traitée par chimiothérapie intravésicale récidivante peuvent bénéficier en seconde intention d'une BCG-thérapie.

Les échecs de la BCG-thérapie sont les suivants :

  • apparition d'une TVIM pendant le suivi ;
  • présence d'une TVNIM de haut grade à 3 et 6 mois du suivi [37]. Un 2e cycle de BCG, si une TVNIM et ou un CIS sont présents à 3 mois, est efficace dans >50 % des cas [37, 38] ;
  • aggravation de la pathologie (stade, grade, récidives, apparition de CIS) malgré la réponse initiale.

Le passage de la BCG-thérapie à la chimiothérapie n'est pas validé et le haut risque de progression de ces TVNIM fait préférer la réalisation d'une cystectomie totale dans le cas d'un échec à la BCG-thérapie.

Indications des cystectomies de TVNIM

Comme le décrit T. Lebret [39], 2 cas de figure se distinguent : les indications immédiates de cystectomie et celles à réaliser après échec de BCG.

Les recommandations de l'European Association of Urology plaident en faveur d'un traitement premier par BCG pour les TVNIM à haut risque [19]. En effet, les résultats des différentes études concernant la cystectomie immédiate vs BCG-Thérapie sont contradictoires [40-43]. Cependant, il a été montré que 41 % des patients cystectomisés pour TVNIM de haut grade étaient en fait porteur de TVIM [44].

Les arguments pour une cystectomie immédiate sont à la fois cliniques (compliance du patient dans le suivi, multifocalité des lésions vésicales, présence de CIS, tumeur dans l'urètre prostatique, taille de la tumeur, tumeur intra-diverticulaire), histologiques (invasion du chorion profond [pT1b], présence d'emboles vasculaires) et moléculaires (p53, p21, MIB-1, Survivine, HSP, E-Cadhérine…) mais ne sont pas validés pour la prise de décision thérapeutique.

Les cystectomies post-échec au BCG sont admises dans des cas de figure bien précis. En effet, l'hétérogénéité des tumeurs, la variabilité des protocoles de BCG dans les différents centres, les différences dans la définition de l'échec à la BCG-thérapie font que l'indication de cystectomie reste complexe à poser. La présence de TVNIM au 3e mois semble être un délai unanime pour commencer à parler de cystectomie même si un second cycle d'instillations de BCG peut apporter encore une réponse complète [45]. Il faut cependant garder à l'esprit que la sous-stadification initiale des tumeurs rend ces résultats difficilement interprés. En effet, 27 % de TVNIM traitées par BCG avec échec de ce traitement sont en fait des TVIM (≥ T2) [46]. Sur une autre série de 125 TVNIM de haut grade traitées par cystectomie totale après échec du traitement conservateur, >20 % étaient des tumeurs ≥ T3 et/ou pN+ [47]. Le traitement radical permet un contrôle de la maladie à 5 ans dans 80 à 90 % [47] s'il est réalisé sans délai.

Conclusion

Les progrès faits dans la prise en charge des TVNIM ces dernières années ont permis d'améliorer les résultats en terme de taux de récidive et de progression. Parmi les règles admises, on retrouve la réalisation d'une IPOP systématiquement dans les TVNIM (sauf contre-indication), la seconde résection pour les TVNIM à haut risque, l'intérêt grandissant de la résection couplée à la fluorescence. Cependant, les limites notamment en ce qui concerne les facteurs pronostiques sont atteintes et il semble indéniable que dans un avenir proche, l'utilisation de marqueurs moléculaires devienne indissociable des marqueurs déjà utilisés pour une décision thérapeutique la plus adaptée à la tumeur considérée. À noter que le lecteur pourra lire dans ce numéro [48] la prise en charge des CUVIM (carcinomes urothéliaux de vessie infiltrant le muscle).

Conflits d'intérêts

aucuns.

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