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Facteurs pronostiques et survie des cancers colorectaux métastatiques au CHU de Sousse (Tunisie) : Étude comparative de deux périodes de traitement de 200 patients


Bulletin du Cancer. Volume 97, Numéro 4, 445-51, avril 2010, Synthèse

DOI : 10.1684/bdc.2010.1083

Résumé   Summary  

Auteur(s) : O Gharbi, I Chabchoub, S Limam, M Hochlef, L Ben Fatma, A Landolsi, S Gahbiche, A Braham, M Mokni, S Ajmi, R Letaief, R Ben Hadj Hamida, S Ben Ahmed , Service de médecine carcinologique, CHU Farhat-Hached, rue Ibn-El-Jazzar, 4000 Sousse, Tunisie, Service de gastroentérologie, CHU Farhat-Hached, rue Ibn-El-Jazzar, 4000 Sousse, Tunisie, Service d’anatomopathologie, CHU Farhat-Hached, rue Ibn-El-Jazzar, 4000 Sousse, Tunisie, Service de gastroentérologie, hôpital Sahloul, Sousse, Tunisie, Service de chirurgie générale, CHU Farhat-Hached, rue Ibn-El-Jazzar, 4000 Sousse, Tunisie, Service de chirurgie générale, hôpital Sahloul, Sousse, Tunisie, Arome (Association de radiothérapie et d’oncologie de la Méditerranée), www.aromecancer.org.

Résumé : Entre 1994 et 2005, 200 patients ont été traités au CHU de Sousse (Tunisie) pour des cancers colorectaux métastatiques, les patients ont été divisés en deux groupes : le premier comprenant les patients traités avant 1999 (n \= 64) et le deuxième groupe incluant les malades traités durant la période de 1999 à 2005 (n \= 136).Patients et MéthodeL’âge moyen des patients était de 50 ans, le siège des métastases était hépatique dans 67,3 % des cas, 23 % des patients avaient plus d’un site métastatique, 44 % des patients avaient des métastases métachrones avec un délai moyen de survenue de métastases de 11,4 mois, tous les patients ont reçu une chimiothérapie de première ligne, pour le groupe 1, le protocole de chimiothérapie était le Fufol dans la plupart des cas (76 %), pour le groupe 2, le protocole de chimiothérapie était le LV5FU2 simplifié associé à l’irinotécan dans la majorité des cas (83 %), 28 % des patients ont reçu une chimiothérapie de deuxième ligne.RésultatsLa médiane de survie était de 13,8 mois pour le groupe 1, et de 19 mois pour le groupe 2, avec une survie globale à deux ans de 35 % dans le groupe 1 et de 42 % dans le groupe 2 et la différence est statistiquement significative (p <\; 0,02). Les facteurs pronostiques en analyse univariée étaient : le taux initial normal des antigènes carcinoembryonnaires (ACE) [p <\; 0,01], le bilan hépatique initial normal (p <\; 0,001), la réponse après trois cycles de chimiothérapie de première ligne (p <\; 0,000 5) et la chirurgie des métastases hépatiques (p <\; 0,05). En analyse multivariée, seul la réponse après trois cycles de chimiothérapie (p <\; 0,03) était un facteur indépendant.ConclusionL’introduction des nouvelles molécules de chimiothérapie ces dix dernières années ont permis une amélioration significative de la survie des malades de façon générale. Les résultats de ce travail vont dans le même sens. Il rapporte l’évolution favorable du pronostic et l’amélioration de la survie des cancers colorectaux métastatiques en Tunisie.

Mots-clés : cancer colorectal, chimiothérapie palliative, métastases, pronostic

Illustrations

ARTICLE

Auteur(s) : O Gharbi1, I Chabchoub1, S Limam1, M Hochlef1, L Ben Fatma1, A Landolsi1, S Gahbiche1, A Braham2, M Mokni3, S Ajmi4, R Letaief5, R Ben Hadj Hamida6, S Ben Ahmed1,7

1Service de médecine carcinologique, CHU Farhat-Hached, rue Ibn-El-Jazzar, 4000 Sousse, Tunisie
2Service de gastroentérologie, CHU Farhat-Hached, rue Ibn-El-Jazzar, 4000 Sousse, Tunisie
3Service d’anatomopathologie, CHU Farhat-Hached, rue Ibn-El-Jazzar, 4000 Sousse, Tunisie
4Service de gastroentérologie, hôpital Sahloul, Sousse, Tunisie
5Service de chirurgie générale, CHU Farhat-Hached, rue Ibn-El-Jazzar, 4000 Sousse, Tunisie
6Service de chirurgie générale, hôpital Sahloul, Sousse, Tunisie
7Arome (Association de radiothérapie et d’oncologie de la Méditerranée), www.aromecancer.org

Introduction

Le cancer colique occupe le premier rang des cancers digestifs en Tunisie et dans le monde. Le calcul de l’incidence est difficile en Tunisie en raison de l’absence de registre national de cancer. Cependant, nous disposons de trois registres régionaux. Dans un centre tunisien, où est tenu un registre régional, l’incidence standardisée du cancer du côlon est de 6,5/100 000 habitants par an chez l’homme et de 6,1/100 000 habitants par an chez la femme. Dans les autres pays du Maghreb, notamment en Algérie (Sétif), l’incidence est de 3/100 000 habitants par an chez l’homme et de 2,8/100 000 habitants par an chez la femme [1].

Le cancer colique a une évolution métastatique dans près de 50 % des cas. Jusqu’au début des années 1980, le traitement des cancers coliques était exclusivement chirurgical et le pronostic des formes localement avancées et ou métastatiques inextirpables était très sombre avec une médiane de survie constamment inférieure à 12 mois ; les dix dernières années ont vu une modification rapide de la chimiothérapie des cancers coliques avec un passage de la chimiothérapie par 5-fluoro-uracile modulé par l’acide folinique aux polychimiothérapies (fluoropyrimidine et oxaliplatine ou irinotécan) s’intégrant dans des stratégies thérapeutiques où la chirurgie a une place de plus en plus grande en situation métastatique [1, 2].

Grâce à ces avancées, la survie médiane des patients avec cancer colorectal métastatique se situe entre 17 et 22 mois. Les nouvelles molécules apparues ont actuellement une efficacité prouvée sur le taux de réponse, la survie sans progression et la survie globale [3, 4].

L’introduction de ces nouvelles molécules dans la prise en charge des cancers colorectaux métastatiques dans le centre tunisien a débuté en 1999, avec l’utilisation en premier de l’irinotécan associé au 5-fluoro-uracile, selon le schéma Folfiri [2].

Dans ce travail, nous rapportons les facteurs pronostiques de 200 patients atteints de cancers colorectaux métastatiques traités entre 1994 et 2005 au CHU de Sousse (Tunisie). L’analyse a concerné deux groupes de patients traités dans deux périodes différentes.

Patients et méthodes

Notre travail est une étude rétrospective portant sur 200 patients traités pour un cancer colo-rectal métastatique par chimiothérapie dans le service de médecine carcinologique du CHU Farhat-Hached de Sousse (Tunisie).

Critères d’inclusion

Les critères d’inclusion étaient :
  • la preuve histologique d’un adénocarcinome colique ou rectal ;
  • la présence de métastases avec une cible tumorale mesurable.

Tous les patients ont reçu, au moins, trois cycles de chimiothérapie de première ligne et ont bénéficié d’un contrôle radiologique, au moins, après trois cycles. Le cycle comprend j1 et j15. L’évaluation descibles tumorales était faite tous les trois cycles. La chimiothérapie était poursuivie jusqu’à progression tumorale ou apparition de toxicité sévère de la chimiothérapie. Les patients ayant reçu moins de trois cycles de chimiothérapie, et ceux dont l’évaluation après trois cycles n’était pas faite, étaient considérés comme non exploitables et étaient exclus de l’étude.

Facteurs pronostiques étudiés

Les facteurs pronostiques étudiés étaient : l’âge, le sexe, le type histologique, le stade initial, la chirurgie de la tumeur primitive, l’état général, le bilan hépatique initial, le marqueur tumoral ACE (antigène carcinoembryonnaire), le siège des métastases, le mode de survenue des métastases, le délai de survenue des métastases, le type de chimiothérapie de première ligne, la réponse radiologique à trois cycles et à six cycles et la chirurgie des métastases hépatiques.

Pour certains résultats, nous avons divisé les 200 patients en deux groupes : le groupe 1 comprenant les patients traités durant la période de 1994 à 1998, le groupe 2 comprenant les patients traités durant la période de 1999 à 2005.

Statistiques

La mise à jour des dossiers a été faite le 31 mai 2006, la date de diagnostic et du stade métastatique correspondait à la date de confirmation d’au moins une métastase (si métachrone) ou à la date de diagnostic histologique par biopsie ou chirurgie (si synchrone). L’analyse statistique a été réalisée à l’aide du logiciel SEM. Le tracé des courbes de survie a été réalisé par la méthode de Kaplan-Mayer et la comparaison de deux courbes de survie a été effectuée par le test de log-rank. Le modèle de Cox nous a permis d’effectuer l’étude multifactorielle des paramètres pronostiques.

Résultats

Caractéristiques anatomocliniques de la population globale

L’âge moyen au diagnostic était de 50 ans (extrêmes : 18 et 75 ans), 80 % des patients avaient un état général OMS 0-1. Les métastases étaient métachrones dans 44 % des cas avec un délai moyen de survenue de 11,4 mois (extrêmes : 3 et 84 mois). Soixante-huit pour cent des patients ont eu une chirurgie complète de la tumeur primitive. Le siège des métastases était hépatique dans 67,3 % des cas, pulmonaire dans 11,3 % des cas, péritonéal dans 28 % des cas et ovarien dans 6 % des cas. En cas de métastases hépatiques, le siège des lésions était bipolaire dans 41 % des cas, la taille moyenne de la plus grosse lésion était de 38 mm, le nombre moyen des lésions était de 4,4. L’exérèse des métastases hépatiques était réalisée dans 16 % des cas, elle a été complète dans 40 % des cas. Le bilan hépatique était perturbé dans 18,6 % des cas, l’ACE était élevé dans 46 % des cas.

Le groupe 1 comprenait 64 malades et le groupe 2, 136 patients. La comparaison des caractéristiques des deux groupes est résumée sur le tableau 1.

Tableau 1 Comparaison des caractéristiques des deux groupes de patients.

Groupe 1 (1994-1998) 64 patients

Groupe 2 (1999-2005) 136 patients

p

Âge moyen (ans)

46,7

51,6

NS (p < 0,06)

État général (OMS) (%)

0

67

52

NS (p < 0,3)

1

31

39

2

1

4

Mode de métastases (%)

Métachrone

45,3

60,3

(p < 0,05)

Synchrone

57,7

39,7

Délai moyen de survenue des métastases

14,1

12,5

NS (p < 0,31)

Siège des métastases (%)

Hépatiques

44,1

52

NS (p < 0,1)

Pulmonaires

3,4

4,6

Péritonéales

23,7

15,3

Ovariennes

1,7

1,5

Bilan hépatique

Normal

70,2

81,3

NS (p < 0,3)

Pathologique

25,5

16,4

Antigène carcinoembryonnaire (ACE)

Normal

60

59,1

< 0,03

Pathologique

40

39,9

Caractéristiques thérapeutiques

Tous les patients avaient reçu une chimiothérapie de première ligne, les protocoles de chimiothérapie étaient, pour le groupe 1, le protocole Fufol (acide folinique et 5-fluoro-uracile) dans 76 % des cas et le protocole LV5FU2 simplifié dans 13 % des cas. Pour le groupe 2, les protocoles étaient le Folfiri dans 83 % des cas, le LV5FU2 simplifié dans 12 % des cas et le protocole Folfox 4 (oxaliplatine : 85 mg/m2 + LV5FU2 simplifié) dans 5 % des cas.

Pour le groupe 1, 33 % des patients avaient une réponse objective radiologique après trois cycles (8 % de réponse complète [RC]), 40 % une stabilisation (ST) et 27 % une PD (progressive disease).

L’évaluation à six cycles de chimiothérapie avait retrouvé 35 % de réponse objective (9 % de RC), 35 % de ST et 30 % de PD.

Dans le groupe 2, 50 % des patients avaient une réponse objective radiologique après trois cycles de chimiothérapie de première ligne (11,5 % de RC), 26 % une ST et 24 % une PD. L’évaluation à six cycles de chimiothérapie avait retrouvé 50 % de réponse objective (28 % de RC), 27 % de ST et 23 % de PD.

Cinquante-six patients (28 %) ont reçu une chimiothérapie de deuxième ligne, le protocole utilisé était pour le groupe 1, le LV5FU2 dans 44 % des cas, et pour le groupe 2, le Folfox 4 dans 46 % des cas ou le Xeloda® (capécitabine) dans 14 % des cas. Neuf malades (4,5 %) ont reçu une chimiothérapie de troisième ligne.

Survie et facteurs pronostiques

Après un recul médian de 74 mois, 50 patients étaient en vie (27 %), 26 patients (14 %) étaient perdus de vue et 124 (62 %) décédés.

Le taux de survie globale de l’ensemble des patients était de 38 % à deux ans et de 13 % à quatre ans (figure 1). La médiane de survie était de 13,8 mois pour le groupe 1 et de 19 mois pour le groupe 2, avec une survie de 35 % à deux ans dans le groupe 1 et de 42 % à deux ans dans le groupe 2, et la différence est statistiquement significative (p < 0,02) (figure 2).

En étude univariée, les facteurs pronostiques statistiquement significatifs pour une meilleure survie (tableau 2) étaient : le taux initial normal d’ACE (p < 0,01), le bilan hépatique initial normal (p < 0,001), la réponse après trois cycles de chimiothérapie de première ligne (p < 0,000 5) (figure 3) et la chirurgie des métastases hépatiques (p < 0,05). En étude multivariée, seule la réponse après trois cycles de chimiothérapie de première ligne était retrouvée comme facteur indépendant (p < 0,03).

Tableau 2 Survie en fonction des principaux facteurs pronostiques étudiés.

Paramètres

Nombre

Survie à deux ans (%)

Survie médiane (mois)

p

Âge

< 50 ans

92

30

15,8

< 0,24

≥ 50 ans

108

42

18,6

État général

OMS = 0

115

40

18

< 0,9

OMS = 1

74

35

17,8

OMS = 2

7

25

12

Mode de métastases

Métachrones

108

40

14,7

p < 0,28

Synchrones

87

25

11,4

 

Délai de survenue des métastases métachrones

≤ 12 mois

56

28

13,5

p < 0,21  

> 12 mois 

34

55

16,7

Bilan hépatique

Normal

142

48

20,5

p < 0,001

Pathologique

34

18

12,3

Marqueur tumoral : ACE

Normal

98

50

24,5

p < 0,01

Élevé

84

25

15,1

Siége des métastases

Hépatique

114

30

17,6

< 0,3

Pulmonaire

19

27

18

Péritonéale

45

58

33,2

Ovarienne

9

15

18,2

Réponse radiologique après trois cycles de chimiothérapie

RO (RC + RP)

81

50

15,3

< 0,000 5

ST

57

38

13,3

PD

46

13

10,3

Chirurgie des métastases hépatiques

Oui

10

76

40,7

p < 0,05

Non

53

29

15,1

Discussion

Notre étude est, à notre connaissance, la première étude tunisienne publiée sur le pronostic et la survie des cancers colorectaux métastatiques. L’âge moyen retrouvé dans notre série, relativement jeune par rapport à la littérature, pourrait être, une particularité épidémiologique aux pays du Maghreb, suggérée dans d’autres localisations, comme le sein. Ces données doivent être confirmées par de larges études épidémiologiques.

Ces dernières années, les protocoles de chimiothérapie se sont multipliés avec un gain en termes d’efficacité et de tolérance. L’introduction thérapeutique de nouveaux agents cytotoxiques dotés d’une activité antitumorale importante dans les cancers colorectaux métastatiques a conduit à modifier certaines stratégies thérapeutiques [1, 4]. La disponibilité de ces nouveaux médicaments en Tunisie passe obligatoirement par l’obtention des AMM (autorisation de mise sur le marché). L’irinotécan a obtenu son AMM en Tunisie, en 1998, pour la deuxième ligne métastatique et, en2000, pour la première ligne métastatique. L’oxaliplatine avait eu l’AMM en 2002, cela explique l’utilisation plus fréquente dans notre série du schéma avec irinotécan qui était le premier disponible. De même, cela explique aussi le faible pourcentage des malades ayant reçu une chimiothérapie de deuxième ligne, puisque la disponibilité des deux molécules a débuté en 2002. Avant 2002, les malades recevaient le plus souvent du Folfiri en première ligne, ou du LV5FU2 en première ligne, puis du Folfiri en deuxième ligne.

Dans les limites d’une étude rétrospective, l’étude montre que la survie a été améliorée de manière statistiquement significative depuis l’année 1999, avec l’introduction des nouvelles molécules, elle se rapproche de celle rapportée dans les séries occidentales [2-5].

Actuellement, le Folfox 4 et le Folfiri utilisés en première ligne donnent des résultats de même ordre de grandeur en termes d’efficacité, et différents en termes de tolérance [6-8].

Köhne et al. [9], dans une étude de 2 548 patients, ont retrouvé les quatre facteurs pronostiques les plus puissants qui sont : l’état général selon OMS, le nombre de sites métastatiques, la leucocytose et le taux des phosphatases alcalines.

Dans notre série, la survie des patients avec un état général OMS 0-1 est supérieure à celle des patients OMS supérieur ou égal à 2, mais la différence n’est pas significative, contrairement à la majorité des séries qui retrouve l’état général comme facteur pronostique corrélé significativement à la survie globale [6, 9]. Cela pourrait être expliqué par le faible pourcentage de patients ayant un état général OMS supérieur ou égal à deux, probablement à cause d’un biais de sélection du fait que les malades proposés pour la chimiothérapie étaient sélectionnés. En effet, les recommandations actuelles vont dans le sens de proposer une chimiothérapie palliative chez les patients en bon état général, il n’y a pas de preuve que la chimiothérapie soit utile chez les patients dont l’état général est dégradé (supérieur à OMS 2) ou chez ceux présentant une défaillance viscérale grave [5].

La réponse à la chimiothérapie est un facteur pronostique admis par la plupart des séries, comme retrouvé dans notre étude [7, 9].

Saltz et al. [10], dans une étude multivariée des facteurs prédictifs d’une SSP et d’une survie globale, ont retrouvé le taux des lacticodéshydrogénases, l’état général, le taux d’hémoglobine et la leucocytose.

Le nombre de sites métastatiques, retrouvé dans la majorité des études comme étant un facteur pronostique, semble être lié aux autres facteurs, puisque les patients ayant un nombre limité de sites métastatiques ont le plus souvent un bon état général et répondent mieux à la chimiothérapie [11, 12].

Parmi les patients atteints de métastases hépatiques decancers colorectaux, seuls 10 à 20 % peuvent bénéficier d’une chirurgie d’exérèse, celle-ci reste le meilleur traitement offrant un taux de survie à cinq ans de 30 à 40 % [13-17].

Les molécules les plus actives, disponibles aujourd’hui, apportent un bénéfice de survie bien établi, mais à long terme, le pronostic reste médiocre avec une probabilité de survie à cinq ans très faible, voire nulle.

Deux thérapies ciblées ont démontré leur efficacité ensituation métastatique dans le cancer colorectal, ce sont les molécules ciblées sur le récepteur EGF (epidermal growth factor) et un anticorps monoclonal anti-VEGF (vascular endothelium growth factor), ils trouvent de plus en plus leur place dans le traitement de première intention des cancers colorectaux métastatiques en association avec la chimiothérapie [18, 19].

Conclusion

Dans les limites d’une étude rétrospective, notre étude retrouve des résultats comparables à la littérature en termes de résultats thérapeutiques et de facteurs pronostiques. L’introduction des nouvelles molécules a permis une amélioration significative de la survie. En Tunisie, plusieurs molécules de chimiothérapie sont aujourd’hui disponibles avec une efficacité prouvée et un profil de tolérance satisfaisants.

L’utilisation des thérapies ciblées dans le cancer colorectal métastatique est une voie de recherche qui ouvre un formidable champ de développement pour les années futures et qui pourrait susciter une analyse d’une troisième période comprenant des patients traités par ces molécules non encore disponibles (AMM non encore accordée en Tunisie).

Conflits d’intérêts

aucuns.

Références

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9 Köhne CH, Cunningham D, Di CF, Glimelius B, Blijham G, Aranda E, et al. Clinical derminants of survival in patients with 5-fluouracil based treatment for metastatic colorectal cancer: results of multivariate analysis of 3825 patients. Ann Oncol 2002 ; 13 : 308-17.

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