ARTICLE
Auteur(s) : S Guérin, C Hill
Institut Gustave-Roussy, 39, rue Camille-Desmoulins, 94805
Villejuif, France
Article reçu le 29 Octobre 2009, accepté le 3 Novembre 2009
Depuis l’année dernière, nous avons publié les données
détaillées montrant l’évolution de la mortalité par cancer de 1950
à 2006 pour 40 localisations [1], et nous avons ensuite reçu les
données de mortalité pour l’année 2007. Par ailleurs, le réseau
français des registres du cancer, l’Institut de veille sanitaire
(InVs), le service de biostatistique des hospices civils de Lyon et
l’Institut national du cancer se sont associés pour faire des
projections estimant l’incidence et la mortalité par cancer pour
l’année 2009 [2]. Nous présentons l’ensemble de ces données et
comparons ensuite la fréquence et l’évolution de la mortalité par
cancer en France et aux États-Unis, pour la période 1980-2006 ou
2007, en mettant en évidence les différences de consommation
d’alcool et de tabac dans ces deux pays.
Matériels et méthodes
Les données de mortalité observées pour l’année 2007 sont
disponibles auprès du Centre d’épidémiologie sur les causes
médicales de décès (CépiDc) de l’Inserm. Les projections
d’incidence pour l’année 2009 sont réalisées à partir des données
d’incidence observées jusqu’en 2005 dans les départements où il y a
un registre et à partir des données de mortalité observées jusqu’en
2007. Elles sont le résultat du scénario jugé le plus probable
entre les trois scénarios suivants :
- – une prolongation de la tendance observée entre 2000 et
2005 ;
- – un risque de cancer constant égal, pour les années
postérieures à 2005, à celui estimé pour 2005 ;
- – une prolongation de la tendance moyenne observée entre
1980 et 2005 [3].
Les données sont disponibles sur le site de l’InVs [2].
Les taux de mortalité et d’incidence pour la France ont été
standardisés sur la population américaine de l’année 2000, afin de
pouvoir comparer les évolutions entre pays, à âge égal. Nous
présentons également la surmortalité masculine, mesurée par le
rapport entre les taux de mortalité standardisés (standard Europe)
des hommes et des femmes.
Les données de mortalité américaines pour l’année 2006
proviennent du Centre national pour les statistiques de santé
(National Center for Health Statistics), et les taux d’incidence et
de mortalité de 1975 à 2006 sont tirés du site du programme de
surveillance épidémiologique (http://seer.cancer.gov) ; ces taux
sont standardisés sur la population américaine de l’année 2000.
Les taux ont été lissés par une méthode de régression
log-linéaire par morceaux [4]. Le principe est d’identifier
les années où l’on observe un changement dans la variation du taux
de mortalité. Dans chaque segment, la variation relative annuelle
est constante. Le logiciel utilisé provient du National Cancer
Institute des États-Unis et est disponible sur ce site
(http://srab.cancer.gov/joinpoint). Les données d’incidence en
France sont le résultat d’un modèle et sont déjà lissées.
Les données de population ont été obtenues sur le site de
l’Insee (http://www.insee.fr) pour la France et sur le site du US
Census Bureau pour les États-Unis (http://www.census.gov).
Résultats
Incidence et mortalité par cancer en 2009
Le tableau 1 montre l’incidence estimée
pour l’année 2009, la mortalité observée en 2007 ainsi que la part
de chaque localisation de cancer dans la mortalité par cancer et la
surmortalité masculine. Le cancer de loin le plus fréquent
chez l’homme est le cancer de la prostate (71 000 cas estimés
pour 2009), suivi par le cancer du poumon et le cancer colorectal
(25 000 et 21 000 cas estimés). Le cancer du poumon
est la cause du plus grand nombre de décès chez l’homme et
représente 25 % des décès par cancer, devant le cancer de la
prostate (10 %) et le cancer colorectal (10 %). L’épidémie de
cancer de la prostate causée par le dépistage dans la population
asymptomatique augmente le nombre de diagnostics de cas
cliniquement insignifiant dont la survie est naturellement très
bonne (figure
1).
Chez la femme, le cancer du sein est de loin le plus fréquent
avec 52 000 nouveaux cas estimés pour l’année 2009, suivi du
cancer colorectal (18 500 cas) et du cancer du poumon
(9 200 cas). L’ordre est le même pour la mortalité, et ces
causes représentent respectivement 20, 13 et 11 % des décès par
cancer.
La mortalité masculine est plus élevée que la mortalité féminine
pour l’ensemble des localisations de cancer, à l’exception du
cancer du sein touchant quasi exclusivement les femmes et le cancer
de la vésicule pour lequel le ratio homme/femme est égal à 1. Pour
l’ensemble des autres localisations, la surmortalité masculine
varie de 1,1 pour le cancer de la thyroïde à 7,2 pour le
pharynx.
La figure 1
permet de comparer, pour chaque localisation de cancer,
l’importance du nombre de nouveaux cas de cancer (estimation 2009)
par rapport au nombre de décès observés pour l’année 2007.
Les cancers les plus létaux sont le poumon, le foie, le
pancréas et l’œsophage.
Tableau 1 Nombre de nouveaux cas estimés pour l’année
2009, nombre de décès en 2007, part dans la mortalité par cancer et
surmortalité masculine.
|
Localisation
|
CIM10
|
Hommes
|
Femmes
|
Surmor-talité masculine
|
|
Diagnostics estimés en 2009
|
Décès observés en 2007
|
Part dans la mortalité par cancer (%)
|
Diagnostics estimés en 2009
|
Décès observés en 2007
|
Part dans la mortalité par cancer (%)
|
|
Bouche
|
C00-C08
|
8 000
|
1 246
|
1,4
|
3 040
|
391
|
0,6
|
4,4
|
|
Pharynx
|
C09-C14
|
1 998
|
2,2
|
329
|
0,5
|
7,2
|
|
Œsophage
|
C15
|
3 090
|
3 137
|
3,5
|
1 050
|
771
|
1,3
|
5,7
|
|
Estomac
|
C16
|
4 210
|
3 025
|
3,4
|
2 280
|
1 659
|
2,7
|
2,8
|
|
Côlon et rectum
|
C18-C21
|
21 000
|
8 680
|
9,7
|
18 500
|
7 674
|
12,7
|
1,71
|
|
Foie
|
C22
|
5 800
|
5 474
|
6,1
|
1 650
|
1 900
|
3,1
|
4,3
|
|
Vésicule
|
C23 + C24
|
|
494
|
0,6
|
|
762
|
1,3
|
1,0
|
|
Pancréas
|
C25
|
3 880
|
4 431
|
5,0
|
3 880
|
4 192
|
6,9
|
1,6
|
|
Larynx
|
C32
|
2 790
|
1 228
|
1,4
|
520
|
151
|
0,2
|
10,2
|
|
Poumon
|
C33-C34
|
25 000
|
22 144
|
24,9
|
9 200
|
6 497
|
10,7
|
4,2
|
|
Mélanome
|
C43
|
3 420
|
872
|
1,0
|
4 000
|
669
|
1,1
|
1,7
|
|
Sein
|
C50
|
|
219
|
0,2
|
52 000
|
11 379
|
18,8
|
0,02
|
|
Col utérin2
|
C53 + x%C55
|
–
|
–
|
|
2 780
|
1 545
|
2,6
|
–
|
|
Endomètre2
|
C54 + (1-x%) C55
|
–
|
–
|
|
6 300
|
1 567
|
2,6
|
–
|
|
Ovaire
|
C56 + C57.0-.4
|
–
|
–
|
|
4 440
|
3 355
|
5,5
|
–
|
|
Prostate
|
C61
|
71 000
|
9 033
|
10,1
|
–
|
–
|
–
|
–
|
|
Testicule
|
C62
|
2 220
|
98
|
0,1
|
–
|
–
|
–
|
–
|
|
Rein
|
C64-C66 + C68
|
6 800
|
2 531
|
2,8
|
3 370
|
1 194
|
2,0
|
3,1
|
|
Vessie
|
C67
|
8 900
|
3 647
|
4,1
|
1 790
|
1 176
|
1,9
|
5,2
|
|
Encéphale
|
C70-C72
|
2 500
|
1 619
|
1,8
|
1 990
|
1 327
|
2,2
|
1,5
|
|
Thyroïde
|
C73
|
2 050
|
167
|
0,2
|
6 600
|
228
|
0,4
|
1,1
|
|
Hodgkin
|
C81
|
810
|
179
|
0,2
|
890
|
108
|
0,2
|
2,2
|
|
LMNH
|
C82-C85 + C96
|
5 900
|
2 230
|
2,5
|
4 970
|
1 941
|
3,2
|
1,7
|
|
Myélome
|
C88 + C90
|
2 890
|
1 394
|
1,6
|
2 400
|
1 276
|
2,1
|
1,6
|
|
LA et LLC
|
4
|
3 830
|
2 260
|
2,5
|
3 110
|
1 856
|
3,1
|
1,83
|
|
Autres
|
5
|
13 410
|
12 425
|
13,9
|
10 020
|
7 893
|
13,0
|
–
|
|
Tous cancers
|
C00-C97
|
197 500
|
89 101
|
100,0
|
149 000
|
60 563
|
100,0
|
2,0
|
Évolution de la mortalité par cancer
en France et aux États-Unis depuis 1980
Environ 521 000 et 2,4 millions de décès sont survenus,
respectivement, en France en 2007 et aux États-Unis en 2006, dont
29 % sont des décès par cancer pour la France et 23 % pour les
États-Unis : un homme sur trois et une femme sur quatre décèdent
d’un cancer en France, alors que l’on n’observe pas de différence
entre hommes et femmes aux États-Unis (tableau
2). Les taux standardisés de décès par cancer en
France et aux États-Unis sont respectivement égaux à 199 et 181
pour 100 000 ; la mortalité par cancer à taille de population
et à âge égal est donc plus importante en France qu’aux États-Unis.
La mortalité par cancer diminue chez les hommes de 2,1 % par an
en France depuis 2003 et de 2,0 % par an aux États-Unis depuis 2001
(figure 2). Chez
les femmes, elle baisse de 0,7 % par an en France depuis 1989 et de
1,3 % par an aux États-Unis depuis 2000. La mortalité par
cancer chez les hommes est plus élevée en France qu’aux États-Unis
depuis 1975 et, chez les femmes, elle est moins élevée en France
qu’aux États-Unis depuis 1976. En 2006, la mortalité par cancer
chez les hommes est 23 % plus élevée en France qu’aux États-Unis
(272 versus 221 pour 100 000 personnes) et 15 % inférieure
chez les femmes (134 versus 154 pour 100 000 personnes).
La figure 3
décrit les évolutions de la mortalité pour les cancers de la
prostate, du poumon et des voies aérodigestives supérieures
(bouche, pharynx, larynx et œsophage) chez les hommes, ainsi que
les évolutions de la mortalité par cancers du sein et du poumon
chez les femmes, en France et aux États-Unis.
La mortalité par cancer du poumon a atteint, chez les hommes, un
maximum plus élevé aux États-Unis qu’en France (90 versus 73 pour
100 000 personnes). Cette mortalité décroît depuis 1995 en
France à un rythme de 1,0 % par an et depuis 1991 aux États-Unis,
de 1,9 % par an. Chez les femmes, la mortalité par cancer du poumon
en 2006, en France, est inférieure à celle observée aux États-Unis
en 1975. Cependant, la mortalité se stabilise aux États-Unis depuis
2002, alors qu’elle ne cesse d’augmenter en France depuis 1975. Son
rythme de croissance annuelle s’est accéléré depuis 2001, pour
atteindre 4,9 % d’augmentation annuelle contre 3,2 % entre 1982 et
2001. La consommation de tabac est le principal facteur de
risque dans les deux pays. La figure 4 montre l’évolution
de cette consommation en France et aux États-Unis entre 1950 et
2006 : le pic de consommation a été observé en 1963 aux États-Unis
avec 11 cigarettes fumées en moyenne par adulte et par jour et,
environ 20 ans plus tard, en France avec six cigarettes fumées
en moyenne par adulte et par jour.
Malgré l’épidémie de cancer de la prostate observée en France
depuis une vingtaine d’années [5], la mortalité décroît depuis
1989, et la baisse est de 4,3 % par an depuis 2003. Il en est
de même aux États-Unis où la mortalité décroît de 4,1 % depuis
1994. Ces diminutions sont probablement liées à l’usage
intensifié de traitements curatifs associés à une hormonothérapie
[6-8]. La mortalité par cancer de la prostate est plus élevée
en France qu’aux États-Unis pour l’année 2006 (29 versus 24 pour
100 000 personnes).
La mortalité par cancer du sein décroît en France de 1,1 % par
an depuis 1994 et aux États-Unis de 2,2 % par an depuis 1990. En
2006, le taux de mortalité par cancer du sein était légèrement plus
élevé en France qu’aux États-Unis (27 versus 23 pour 100 000
personnes).
L’évolution de la mortalité par cancer des voies aérodigestives
supérieures est très différente entre la France et les États-Unis.
En France, la mortalité diminue fortement depuis 1975. Cette
diminution s’est accélérée en 1984 puis en 1993, pour atteindre une
baisse annuelle de 4,4 % depuis cette date. Cette évolution est
largement attribuable à la réduction de la consommation d’alcool
enregistrée en France depuis la fin des années 1950 (figure 4).
La population française, âgée de plus de 15 ans, buvait
en moyenne 50 grammes d’alcool pur par jour jusqu’à la fin des
années 1960, 40 grammes en 1984, 30 grammes en 2000 puis
a atteint son minimum en 2008 avec 27 grammes par adulte et
par jour1. Aux États-Unis, le niveau de consommation
d’alcool maximum a été de 23 grammes par adulte et par jour en
1980. Depuis cette date, la consommation a diminué et s’élève à
19 grammes par adulte et par jour en 2006. La mortalité
par cancer des voies aérodigestives supérieures est très faible aux
États-Unis et diminue régulièrement depuis 1975. En 2006, la
mortalité en France est 1,6 fois supérieure à celle des États-Unis
(23 versus 14 pour 100 000 personnes).
Tableau 2 Mortalité par cancer en France (2007) et aux
États-Unis (2006).
|
CIM10
|
France (2007)
|
États-Unis (2006)
|
|
Hommes
|
Femmes
|
Deux sexes
|
Hommes
|
Femmes
|
Deux sexes
|
|
Nombre de décès
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Total
|
A00-Y89
|
267 843
|
252 692
|
520 535
|
1 224 322
|
1 201 942
|
2 426 264
|
|
Cancers
|
C00-C97
|
89 101
|
60 563
|
149 664
|
290 069
|
269 819
|
559 888
|
|
Pourcentage (%)
|
|
33
|
24
|
29
|
24
|
22
|
23
|
|
Population (en millions)
|
|
29,9
|
31,6
|
61,5
|
147,5
|
151,9
|
299,4
|
|
Taux de mortalité par cancer pour 100 000 personnes à âge égal
(standard États-Unis 2000)
|
267,2
|
131,0
|
199,1
|
220
|
154
|
181
|
Conclusion
D’après les estimations faites par l’InVs pour l’année 2009, les
quatre cancers les plus fréquents survenus en France, au cours de
cette année, sont les cancers de la prostate (71 000 nouveaux
cas estimés), du sein (52 000 cas), du côlon-rectum
(40 000 cas) et du poumon (34 000 cas) et représentent 57
% de l’ensemble des cancers survenus en 2009. Cette situation est
la résultante de l’épidémie de cancer de la prostate causée par un
dépistage massif depuis ces 15 dernières années [9].
La mortalité par cancer du poumon continue de croître dans la
population féminine et représente 11 % des décès par cancers dans
cette population pour l’année 2007.
La baisse de la mortalité enregistrée en France au cours de ces
dix dernières années résulte principalement de la baisse de la
mortalité par cancer des voies aérodigestives supérieures,
conséquence de la forte diminution de la consommation d’alcool
depuis 1950 et de la baisse de la mortalité par cancer de la
prostate. Cette diminution est toutefois atténuée par
l’augmentation de la mortalité par cancer du poumon chez les
femmes. Aux États-Unis, la mortalité par cancer a également diminué
au cours de ces dix dernières années. Les baisses de la
mortalité par cancers du poumon et de la prostate sont en grande
partie responsables de cette diminution.
Références
1 Hill C, Doyon F, Mousannif A. Évolution de la mortalité par
cancer en France de 1950 à 2006. Saint-Maurice : InVs, 2009 et
www.invs.fr.
2 Remontet L, Belot A, Bossard N. Tendances de l’incidence et de
la mortalité par cancer en France et projections pour l’année en
cours : méthodes d’estimation et rythme de production. BEH 2009 ;
405-8 et
www.invs.sante.fr/applications/cancers/projections2009/.
3 Belot A, Grosclaude P, Bossard N,
Jougla E, Benhamou E, Delafosse P, et al. Cancer
incidence and mortality in France over the period 1980-2005. Rev
Epidemiol Sante Publique 2008 ; 56 : 159-75.
4 Kim HJ, Fay MP, Feuer EJ, Midthune DN.
Permutation tests for join point regression with applications to
cancer rates. Stat Med 2000 ; 19 : 335-51.
5 Guérin S, Doyon F, Hill C. La fréquence des
cancers en France en 2006 et les évolutions de la mortalité depuis
1950 et de l’incidence depuis 1980. Bull Cancer 2009 ;
96 : 51-7.
6 Bolla M, Collette L, Blank L, Warde P,
Dubois JB, Mirimanoff RO, et al. Long-term results
with immediate androgen suppression and external irradiation in
patients with locally advanced prostate cancer (an EORTC study): a
phase III randomised trial. Lancet 2002 ; 360 :
103-6.
7 Bill-Axelson A, Holmberg L, Ruutu M,
Häggman M, Andersson SO, Bratell S, et al.
Radical prostatectomy versus watchful waiting in early prostate
cancer. N Engl J Med 2005 ; 352 : 1977-84.
8 Cooperberg MR, Grossfeld GD, Lubeck DP,
Carroll PR. National practice patterns and time trends in
androgen ablation for localized prostate cancer. J Natl Cancer Inst
2003 ; 95 : 981-9.
9 Gignon M, Braillon A, Chaine FX, Dubois G.
Le dépistage du cancer de la prostate : hétérogénéités des
recommandations. Une exception française ? Rev Canadienne de Sante
Publique 2007 ; 98 : 212-6.
1 10 grammes d’alcool pur sont
équivalents à une unité standard d’alcool, c’est-à-dire à un verre
de vin à 12° (10 cL), une chope de bière à 5° (25 cL), un
verre de champagne à 12° (10 cL), un whisky à 45° (2,5 à
3 cL), un pastis à 45° (2,5 à 3 cL), un verre d’apéritif
à 18° (7 cL).
|