ARTICLE
Auteur(s) : C
Bailly1, A Bailly-Glatre1, A
Alfidja1, C Vincent1, J Dauplat2,
C Pomel2
1Centre de lutte contre le cancer
d’Auvergne Jean-Perrin, Service de radiologie, 58,
rue Montalembert, BP 392, 63011 Clermont-Ferrand cedex 01,
France
2Centre de lutte contre le cancer d’auvergne
Jean-Perrin, Service de chirurgie oncologique, 58,
rue Montalembert, BP 392, 63011 Clermont-Ferrand cedex 01,
France
Article reçu le 1 Octobre 2009, accepté le 13 Octobre 2009
Introduction
Les cancers ovariens sont dans la très grande majorité des cas des
tumeurs épithéliales ayant pour point de départ l’épithélium de
surface en continuité avec la séreuse péritonéale, expliquant une
dissémination péritonéale précoce.
Du fait d’une symptomatologie initiale peu évocatrice, ils sont
découverts deux fois sur trois à un stade avancé avec extension
péritonéale au-delà du pelvis.
L’échographie est le premier examen à réaliser devant la
découverte d’une masse pelvienne. Elle va rechercher en premier
lieu des critères orientant vers la malignité. Ceux-ci seront
évidents s’il existe une ascite et a fortiori une atteinte
péritonéale visible.
Si un cancer ovarien est suspecté sur les données cliniques,
échographiques et le taux de CA 125, un examen d’imagerie en coupe
devra être réalisé. Le scanner est l’examen actuellement le
plus adapté pour effectuer ce bilan d’extension.
Le but de ce bilan préthérapeutique sera de rechercher des
localisations secondaires et des implants péritonéaux localisés
dans des sites rendant une chirurgie optimale improbable.
Les performances du scanner sont variables en fonction de la
localisation de l’atteinte péritonéale, de sa taille et de la
présence ou non d’une ascite. Malgré les apports indéniables de la
technique, cet examen a des limites dont il faut avoir
conscience.
Ce bilan d’imagerie ne peut prétendre remplacer le staging
chirurgical, mais permet de mieux planifier la chirurgie
lorsqu’elle paraît possible et de sélectionner les candidates à une
chimiothérapie néoadjuvante.
Modalités d’extension péritonéale
La particularité des cancers de l’ovaire est leur mode de
dissémination par voie péritonéale.
L’extension péritonéale se produit tôt dans le développement de
la maladie.
Le liquide péritonéal n’est pas statique et suit une circulation
dynamique en rapport avec les mouvements diaphragmatiques [1].
La répartition des implants péritonéaux est donc liée à cette
cinétique des fluides intrapéritonéaux. Sa connaissance permet de
mieux comprendre les sites de greffe préférentielle et d’accroître
les performances et la rentabilité des examens d’imagerie.
Le trajet du liquide péritonéal se fait du pelvis vers les
gouttières pariétocoliques puis les régions sous-diaphragmatiques.
Du côté droit, le liquide passe de la gouttière pariétocolique à
l’espace sous-hépatique antérieur avant de gagner les espaces
sus-hépatiques droits. Du côté gauche, le liquide remontant dans la
gouttière pariétocolique est arrêté par le ligament phrénicocolique
gauche qui limite son passage vers les espaces périspléniques.
Le ligament falciforme constitue également une barrière
anatomique à la progression du liquide des espaces
sous-diaphragmatiques droits vers les espaces périspléniques.
L’atteinte sous-diaphragmatique est donc plus fréquente du côté
droit que du côté gauche.
Les plexus lymphatiques, situés de part et d’autre du
diaphragme, se comportent comme de véritables capteurs de cellules
tumorales circulant dans la cavité péritonéale [2].
Ces phénomènes expliquent la fréquence des localisations
péridiaphragmatiques droites ainsi que la fréquence de l’extension
pleurale droite. Le grand épiploon est également atteint en
priorité.
Les masses péritonéales sont à rechercher aux points déclives.
Le cul-de-sac de Douglas, les gouttières pariétocoliques, les
espaces sous-phréniques et sous-hépatiques droits sont les plus
fréquemment atteints.
Les ganglions phréniques, sus-diaphragmatiques assurent le
drainage du péritoine diaphragmatique et sont donc à explorer avec
attention. Ils semblent être un facteur indépendant de mauvais
pronostic [3, 4].
Une infiltration de contiguïté des capsules hépatique ou
splénique est possible. Les structures digestives peuvent
comme dans le pelvis être comprimées ou envahies par les masses
péritonéales.
Au niveau pelvien, en sous-péritonéal, l’atteinte utérine peut
se faire par contiguïté avec atteinte séreuse puis myométriale ou
par métastase au niveau de l’endocol ou de l’endomètre. Une
atteinte rectosigmoïdienne est fréquente. L’extension
latéropelvienne avec atteinte des paramètres, de l’uretère avec
compression des voies excrétrices et éventuellement de la paroi
pelvienne est plus tardive.
Parallèlement à l’atteinte péritonéale, l’atteinte lymphatique
est fréquente avec trois voies de drainage : lomboaortique, iliaque
et inguinale. Cette extension lymphatique peut se faire de façon
bilatérale aussi bien au niveau pelvien que directement au niveau
lomboaortique. Les ganglions sont atteints dans 10 à 15 % des
stades limités aux ovaires et dans 55 à 75 % des stades III et IV
[5].
Techniques d’exploration du péritoine
et performances
Échographie
L’échographie abdominale et pelvienne va détecter et apprécier
l’abondance d’une éventuelle ascite.
Les nodules péritonéaux ne sont pas bien visualisés surtout
s’ils sont de petite taille, inférieure à 2 cm, et si l’ascite
est peu abondante. En revanche, l’échographie est performante pour
détecter des métastases hépatiques ou spléniques.
Elle recherche un épanchement pleural et une dilatation des
cavités rénales et des uretères par compression.
L’échographie peut donc poser le diagnostic de forme avancée
mais ne permet pas d’effectuer un bilan d’extension précis, en
particulier pour les implants péritonéaux siégeant en
sus-mésocolique [6].
L’extension pelvienne et notamment digestive ainsi que le bilan
ganglionnaire ne sont pas non plus précisément évalués par cette
technique [7, 8].
Tomodensitométrie (TDM)
Le scanner est actuellement l’examen d’imagerie le plus adapté au
bilan d’extension, car il permet une exploration fine de toute la
cavité abdominopelvienne, en apnée, en s’affranchissant de la
mobilité intestinale. Son but est d’apprécier les possibilités de
résection tumorale complète et de prévoir, si l’indication
opératoire est retenue, la lourdeur du geste chirurgical.
Depuis quelques années, les scanners matriciels permettent des
acquisitions volumiques en coupes 0,75 à 1 mm avec
possibilités de reconstructions multiplanaires rapides et
maniables. La détection et la localisation des lésions
péritonéales ont donc été améliorées.
Si la lésion pelvienne est isolée à l’échographie, une
exploration tomodensitométrique abdominopelvienne peut être
suffisante.
En revanche, en cas de suspicion d’atteinte péritonéale ou
d’épanchement pleural, il faudra réaliser dans le même temps un
scanner thoracique à la recherche de lésions secondaires
thoraciques et en particulier des masses pleurales, d’adénomégalies
médiastinales ou phréniques.
La technique doit être rigoureuse. L’exploration
abdominopelvienne doit débuter au niveau des bases thoraciques afin
d’inclure largement les coupoles et descendre jusqu’au périnée.
Un balisage digestif aide à la distinction entre structures
digestives et implants péritonéaux : au minimum 1 L de produit
opaque, dont l’absorption doit débuter une heure avant
l’examen.
Il faut réaliser des coupes millimétriques ou
inframillimétriques, sans injection au niveau du foie puis après
injection d’un produit iodé en bolus (120 à 150 cc à 2 à
3 cc/s) au niveau de l’abdomen et du pelvis.
L’injection de produit de contraste iodé est fondamentale, car
elle permet de mieux individualiser les parois digestives et les
axes vasculaires et d’objectiver le rehaussement des
épaississements péritonéaux. Les reconstructions sagittales et
coronales sont systématiques.
Les performances du scanner dans la détection de l’atteinte
péritonéale sont variables selon les séries [6, 9].
Il faut insister sur le fait que ces études ont été réalisées
pour la majorité avec des scanners effectués en coupes épaisses (de
5 à 10 mm), et que les performances actuelles des acquisitions
matricielles en coupes fines sont très certainement
supérieures.
Les implants péritonéaux peuvent être disséminés au niveau de
toute la cavité péritonéale.
Ils sont de morphologie variée : nodules tissulaires plus ou
moins réguliers de taille variable, lésions mixtes plus rarement
purement kystiques. Il faut alors rechercher de petits nodules
intrakystiques mieux vus après injection et signant la nature
tumorale.
Certains peuvent être calcifiés en particulier lorsqu’il s’agit
de formes séreuses.
La visualisation des implants péritonéaux dépend :
- – de la présence d’une ascite : elle est considérée
comme abondante si elle est visible sur deux coupes sur trois.
Le volume tumoral péritonéal est parfois très important, avec
en particulier un volumineux « gâteau » épiploïque, une
agglutination des anses au centre de l’abdomen et une abondante
ascite (figure
1) ;
- – de leur localisation : les masses péritonéales sont
plus faciles à individualiser au niveau des espaces sous-phréniques
[10], des gouttières pariétocoliques, du grand épiploon et des
replis pariétaux du pelvis. Les localisations du hile
splénique, du petit épiploon et du mésentère sont plus difficiles à
objectiver ;
- – de leur forme et de leur taille.Les limitations les
plus importantes sont la petite taille des implants.
La sensibilité du scanner pour détecter des lésions de 2 cm
est de 85 à 93 % mais passe de 25 à 50 % pour des lésions de
1 cm ou moins [9].
Une miliaire avec atteinte micronodulaire ou des implants de
petite taille inférieurs à 1 cm ou en galette en particulier
autour des structures digestives sont souvent indétectables [9,
11].
Ces miliaires autour du côlon et surtout du grêle rendent
souvent impossible une chirurgie optimale.
L’atteinte péritonéale se traduit fréquemment par des lésions
discrètes : zones d’épaississement en plaque du péritoine pariétal
ou viscéral, diffuses ou localisées, infiltrats hétérogènes de
l’atmosphère adipeuse péridigestive et épiploïque, épaississement
localisé des parois digestives ou distorsion de l’intestin
grêle.
Il faut garder à l’esprit qu’il existe des stades III et IV sans
ascite ni anomalie tomodensitométrique.
L’appréciation d’un envahissement digestif ou hépatique aide à
prévoir la lourdeur du geste chirurgical.
La différenciation entre simple accolement et infiltration des
parois digestives est souvent impossible en l’absence de critères
d’infiltration pariétale patents [12, 13] (figure 2).
Il en est de même pour les implants périhépatiques. Il faut
retenir, en faveur de l’infiltration du parenchyme : une protrusion
de la masse au sein du parenchyme hépatique avec contours
irréguliers, mal limités [11]. Cette atteinte hépatique de
contiguïté est beaucoup plus fréquente que les lésions
intrahépatiques résultant d’une dissémination hématogène.
L’atteinte de contiguïté du muscle diaphragmatique est également
difficile à affirmer, en particulier si l’ascite est peu
abondante.
Les reconstructions multiplannaires améliorent l’analyse des
lésions de surface au niveau du foie, de la rate et des lésions
péridigestives [14].
Au niveau pelvien, des anses grêles peuvent être englobées par
la masse ovarienne.
Une atteinte rectosigmoïdienne de contiguïté est à rechercher.
Elle est suspectée si la masse ovarienne est accolée à la paroi
sigmoïdienne, sans liseré graisseux. Elle devient évidente si la
paroi sigmoïdienne est infiltrée.
Outre l’exploration de la cavité péritonéale, il faudra bien sûr
aussi rechercher des adénomégalies inguinales, iliaques et
lomboaortiques, en particulier en suprarénal, qui peuvent limiter
les possibilités chirurgicales s’il s’agit d’une coulée
ganglionnaire.
L’exploration TDM doit également rechercher des métastases, en
particulier thoraciques et hépatiques, faisant passer la maladie en
stade IV (figure
3).
Plusieurs études ont proposé des modèles d’analyse TDM pour
prévoir la résécabilité et évaluer si une chirurgie optimale est
réalisable.
Elles retiennent pour la plupart, comme déterminantes pour la
décision thérapeutique, des lésions de plus de 2 cm dans
certains sites critiques pour la chirurgie.
Dans la littérature, les sites radiologiques rendant une
chirurgie complète improbable sont : le hile hépatique (figure 4), le petit
épiploon, le ligament gastrosplénique, le mésentère, les coupoles
diaphragmatiques, le parenchyme hépatique, la région para-aortique,
les bases thoraciques (péricarde, poumons ou plèvre), la paroi
abdominopelvienne [15-20].
Globalement, ce sont les implants localisés en sus-mésocolique
ainsi qu’au niveau du mésentère qui limitent les possibilités de
chirurgie complète.
Certains auteurs prennent en compte l’abondance de l’ascite [18,
21] ainsi que l’existence d’un épaississement péritonéal diffus
[20, 22].
La fiabilité pour prédire une chirurgie complète ou optimale
varie selon les séries de 60 à 96 % [15, 17-19, 22].
Certains auteurs ont appliqué à leur population plusieurs
modèles avec des résultats différents de ceux des études initiales
[20, 22], et ces différents modèles d’analyse des examens TDM ne
paraissent pas reproductibles d’une série à l’autre.
Les résultats sont donc inhomogènes et non strictement
comparables, en effet :
- – selon les séries, les critères d’analyse pour prédire
la résécabilité sont variés et diversement associés ;
- – la taille minimale des lésions péritonéales retenues
comme pathologiques est variable : 1 cm [18, 20, 22] ou
2 cm [15-17, 19] ;
- – les critères de chirurgie optimale sont différents
selon les équipes : 2 cm [15, 19] ou 1 cm [17, 18].Il est
maintenant admis qu’une chirurgie optimale se définit par un résidu
tumoral de moins de 1 cm ;
- – les taux de chirurgie optimale sont également
variables, fonction de l’expérience et de l’agressivité du
chirurgien : 33 à 88 % [23].
Du fait des progrès dans l’expertise chirurgicale (chirurgie
diaphragmatique, splénectomies, pancréatectomies et résections
hépatiques), le taux de chirurgie optimale a progressé de façon
nette au cours des années [24, 25].
Plusieurs études ont souligné l’existence d’une variabilité
interlecteur [11, 12, 26] liée à l’expérience du radiologue.
La qualité de l’examen influe également sur les résultats, en
particulier pour l’analyse de la région sus-mésocolique. Cela
souligne l’importance d’une préparation digestive et de l’injection
d’un produit iodé.
En pratique
- – Pour une prise en charge optimale, les résultats du
scanner sont à confronter à l’état clinique (âge, performance
status) et aux données biologiques (taux de CA 125) ;
- – l’appréciation de l’envahissement de contiguïté
hépatique et digestif permet de prévoir la lourdeur du geste
opératoire ;
- – s’il existe une ascite abondante et un volume tumoral
péritonéal important, les chances de résection optimales sont
faibles [18, 27] ;
- – certaines localisations dans des zones critiques sont
à détecter avec attention, car elles limitent les chances de
chirurgie complète.
Trois sites sont particulièrement limitants [28] :
- – l’atteinte mésentérique, avec en particulier atteinte
diffuse des tuniques du grêle parfois indétectable au scanner.
Il faut pouvoir sauvegarder le maximum d’intestin grêle ainsi
que l’essentiel du cadre colique. La perspective d’une stomie
définitive ou d’un grêle court oriente vers une chimiothérapie
néoadjuvante ;
- – l’envahissement du pédicule hépatique : son
infiltration en particulier au niveau du tronc porte contre-indique
une chirurgie radicale ;
- – l’atteinte du confluent cavo-sus-hépatique : dans
certaines carcinoses infiltrantes ou rétractiles, la dissection de
cette région peut s’avérer impossible.
Même si les différents critères TDM pour prédire la résécabilité
restent insuffisants, ce bilan préthérapeutique permet d’évaluer
l’importance de l’extension péritonéale et d’évaluer le volume
tumoral, élément essentiel de la sélection des patientes pour la
décision thérapeutique : chirurgie ou chimiothérapie première
surtout si la patiente est âgée et en mauvais état général. Dans
ces cas, la TDM peut éventuellement guider une biopsie
diagnostique.
Imagerie par résonance magnétique (IRM)
L’IRM est actuellement un examen déterminant dans la
caractérisation des tumeurs ovariennes. Mais en ce qui concerne
l’étude du péritoine, ses performances sont équivalentes à celles
du scanner [6, 8, 13, 19].
L’exploration abdominale peut être réalisée en complément de
l’exploration pelvienne, en particulier s’il existe une ascite ou
une carcinose pelvienne, mais, malgré l’utilisation de séquences
rapides, elle rallonge notablement le temps d’examen.
Il faut réaliser au minimum des coupes axiales transverses sur
la totalité de l’abdomen et du pelvis avec au minimum sur ces deux
régions des séquences pondérées T2 en saturation de graisse, T1
sans injection et T1 après injection de gadolinium en saturation de
graisse [29]. Le plan axial transverse sera complété de coupes
sagittales ou coronales en fonction des anomalies mises en
évidence.
La réalisation de séquences 3D, de séquences rapides en apnée et
de séquences de diffusion [30] améliore les performances de
détection.
L’injection de gadolinium est indispensable.
L’utilisation d’un antispasmodique type glucagon réduit les
artefacts liés au péristaltisme digestif. L’opacification digestive
n’est pas utilisée en routine dans la plupart des centres, mais un
contraste oral permet de visualiser et de distendre les structures
digestives.
La technique est donc moins standardisée qu’au scanner.
La limite principale est la petite taille des lésions [31].
Les lésions calcifiées sont moins bien visualisées qu’au
scanner.
Les implants péritonéaux sont parfois difficiles à différencier
de l’ascite sur les séquences pondérées T2 et T1 sans injection.
Ils prennent le contraste souvent progressivement et sont
mieux visibles au temps tardif de l’injection (cinq minutes) sur
les séquences en saturation de graisse.
L’utilisation d’un contraste oral et d’une injection de
gadolinium augmente les performances de l’IRM pour la détection des
petits implants péridigestifs qui sont, comme au scanner,
difficiles à différencier du rehaussement pariétal normal des
structures digestives [19, 32].
La résolution en contraste étant meilleure qu’au scanner, l’IRM
paraît supérieure pour l’analyse des régions diaphragmatiques et
pour la détection des petits implants péridigestifs [13, 29,
32].
Pour le bilan ganglionnaire, les performances sont
identiques.
Du fait de l’accès limité aux machines, l’IRM ne peut
raisonnablement être proposée actuellement dans le bilan
d’extension initial.
Elle est recommandée en cas d’allergie aux produits iodés,
limitant les performances du scanner, ou en cas de grossesse, car
il s’agit d’un examen non irradiant.
Mais elle peut être utile en deuxième intention, en complément
du scanner pour aider au diagnostic différentiel de certaines
lésions hépatiques, pour préciser une éventuelle infiltration
hépatique, splénique ou diaphragmatique ou si le bilan pelvien
devient déterminant. En effet, elle est plus performante que le
scanner dans le bilan d’extension pelvien, en particulier pour
apprécier une extension sigmoïdienne [13] (figure 5).
Conclusion
L’examen TDM paraît actuellement l’examen le plus adapté pour
explorer la cavité péritonéale, et il n’y a pas d’indication
actuelle de l’IRM en première intention.
Ce bilan préthérapeutique permet de programmer l’étendue du
geste et ainsi d’en informer la patiente.
Si la chirurgie paraît trop extensive, il peut orienter, en
fonction de l’état général de la patiente, vers une chimiothérapie
première.
Il est toutefois important d’avoir conscience des performances
et des limites de la technique et des critères utilisés.
Il faut en particulier se méfier des faux-positifs pouvant faire
récuser à tort une chirurgie optimale [33]. À l’inverse, l’absence
de masse péritonéale de plus de 1 ou 2 cm n’exclut pas une
infiltration péritonéale non résécable dans certains sites.
Aucune technique d’imagerie ne permet actuellement de prédire si
le chirurgien trouvera un plan de clivage [34], et l’impression du
scanner doit être confirmée par une vision chirurgicale qui
permettra un staging précis.
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