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Imagerie conventionnelle « péritonéale » des cancers de l’ovaire (scanner, IRM)


Bulletin du Cancer. Volume 96, Numéro 12, 1155-62, décembre 2009, Synthèse

DOI : 10.1684/bdc.2009.0981

Résumé   Summary  

Auteur(s) : C Bailly, A Bailly-Glatre, A Alfidja, C Vincent, J Dauplat, C Pomel , Centre de lutte contre le cancer d’Auvergne Jean-Perrin, Service de radiologie, 58, rue Montalembert, BP 392, 63011 Clermont-Ferrand cedex 01, France, Centre de lutte contre le cancer d’auvergne Jean-Perrin, Service de chirurgie oncologique, 58, rue Montalembert, BP 392, 63011 Clermont-Ferrand cedex 01, France.

Résumé : Les cancers de l’ovaire sont diagnostiqués dans la majorité des cas à un stade avancé. Leur particularité est un mode de dissémination par voie péritonéale souvent précoce. L’imagerie a un rôle important dans le bilan d’extension pour apprécier en préthérapeutique l’extension péritonéale. Certaines localisations rendent une chirurgie optimale illusoire (atteinte du pédicule hépatique, du confluent cavo-sus-hépatique, du mésentère avec infiltration des tuniques du grêle) et peuvent orienter vers une chimiothérapie néoadjuvante. L’examen TDM apparaît actuellement le plus adapté, mais l’IRM en complément peut être utile dans certains cas particuliers. Il faut toutefois connaître les limites de ce bilan d’imagerie qui ne remplace pas l’exploration chirurgicale.

Mots-clés : cancers ovariens, tomodensitométrie, imagerie par résonance magnétique, carcinose péritonéale

Illustrations

ARTICLE

Auteur(s) : C Bailly1, A Bailly-Glatre1, A Alfidja1, C Vincent1, J Dauplat2, C Pomel2

1Centre de lutte contre le cancer d’Auvergne Jean-Perrin, Service de radiologie, 58, rue Montalembert, BP 392, 63011 Clermont-Ferrand cedex 01, France
2Centre de lutte contre le cancer d’auvergne Jean-Perrin, Service de chirurgie oncologique, 58, rue Montalembert, BP 392, 63011 Clermont-Ferrand cedex 01, France

Article reçu le 1 Octobre 2009, accepté le 13 Octobre 2009

Introduction

Les cancers ovariens sont dans la très grande majorité des cas des tumeurs épithéliales ayant pour point de départ l’épithélium de surface en continuité avec la séreuse péritonéale, expliquant une dissémination péritonéale précoce.

Du fait d’une symptomatologie initiale peu évocatrice, ils sont découverts deux fois sur trois à un stade avancé avec extension péritonéale au-delà du pelvis.

L’échographie est le premier examen à réaliser devant la découverte d’une masse pelvienne. Elle va rechercher en premier lieu des critères orientant vers la malignité. Ceux-ci seront évidents s’il existe une ascite et a fortiori une atteinte péritonéale visible.

Si un cancer ovarien est suspecté sur les données cliniques, échographiques et le taux de CA 125, un examen d’imagerie en coupe devra être réalisé. Le scanner est l’examen actuellement le plus adapté pour effectuer ce bilan d’extension.

Le but de ce bilan préthérapeutique sera de rechercher des localisations secondaires et des implants péritonéaux localisés dans des sites rendant une chirurgie optimale improbable.

Les performances du scanner sont variables en fonction de la localisation de l’atteinte péritonéale, de sa taille et de la présence ou non d’une ascite. Malgré les apports indéniables de la technique, cet examen a des limites dont il faut avoir conscience.

Ce bilan d’imagerie ne peut prétendre remplacer le staging chirurgical, mais permet de mieux planifier la chirurgie lorsqu’elle paraît possible et de sélectionner les candidates à une chimiothérapie néoadjuvante.

Modalités d’extension péritonéale

La particularité des cancers de l’ovaire est leur mode de dissémination par voie péritonéale.

L’extension péritonéale se produit tôt dans le développement de la maladie.

Le liquide péritonéal n’est pas statique et suit une circulation dynamique en rapport avec les mouvements diaphragmatiques [1]. La répartition des implants péritonéaux est donc liée à cette cinétique des fluides intrapéritonéaux. Sa connaissance permet de mieux comprendre les sites de greffe préférentielle et d’accroître les performances et la rentabilité des examens d’imagerie.

Le trajet du liquide péritonéal se fait du pelvis vers les gouttières pariétocoliques puis les régions sous-diaphragmatiques. Du côté droit, le liquide passe de la gouttière pariétocolique à l’espace sous-hépatique antérieur avant de gagner les espaces sus-hépatiques droits. Du côté gauche, le liquide remontant dans la gouttière pariétocolique est arrêté par le ligament phrénicocolique gauche qui limite son passage vers les espaces périspléniques. Le ligament falciforme constitue également une barrière anatomique à la progression du liquide des espaces sous-diaphragmatiques droits vers les espaces périspléniques. L’atteinte sous-diaphragmatique est donc plus fréquente du côté droit que du côté gauche.

Les plexus lymphatiques, situés de part et d’autre du diaphragme, se comportent comme de véritables capteurs de cellules tumorales circulant dans la cavité péritonéale [2]. Ces phénomènes expliquent la fréquence des localisations péridiaphragmatiques droites ainsi que la fréquence de l’extension pleurale droite. Le grand épiploon est également atteint en priorité.

Les masses péritonéales sont à rechercher aux points déclives. Le cul-de-sac de Douglas, les gouttières pariétocoliques, les espaces sous-phréniques et sous-hépatiques droits sont les plus fréquemment atteints.

Les ganglions phréniques, sus-diaphragmatiques assurent le drainage du péritoine diaphragmatique et sont donc à explorer avec attention. Ils semblent être un facteur indépendant de mauvais pronostic [3, 4].

Une infiltration de contiguïté des capsules hépatique ou splénique est possible. Les structures digestives peuvent comme dans le pelvis être comprimées ou envahies par les masses péritonéales.

Au niveau pelvien, en sous-péritonéal, l’atteinte utérine peut se faire par contiguïté avec atteinte séreuse puis myométriale ou par métastase au niveau de l’endocol ou de l’endomètre. Une atteinte rectosigmoïdienne est fréquente. L’extension latéropelvienne avec atteinte des paramètres, de l’uretère avec compression des voies excrétrices et éventuellement de la paroi pelvienne est plus tardive.

Parallèlement à l’atteinte péritonéale, l’atteinte lymphatique est fréquente avec trois voies de drainage : lomboaortique, iliaque et inguinale. Cette extension lymphatique peut se faire de façon bilatérale aussi bien au niveau pelvien que directement au niveau lomboaortique. Les ganglions sont atteints dans 10 à 15 % des stades limités aux ovaires et dans 55 à 75 % des stades III et IV [5].

Techniques d’exploration du péritoine et performances

Échographie

L’échographie abdominale et pelvienne va détecter et apprécier l’abondance d’une éventuelle ascite.

Les nodules péritonéaux ne sont pas bien visualisés surtout s’ils sont de petite taille, inférieure à 2 cm, et si l’ascite est peu abondante. En revanche, l’échographie est performante pour détecter des métastases hépatiques ou spléniques.

Elle recherche un épanchement pleural et une dilatation des cavités rénales et des uretères par compression.

L’échographie peut donc poser le diagnostic de forme avancée mais ne permet pas d’effectuer un bilan d’extension précis, en particulier pour les implants péritonéaux siégeant en sus-mésocolique [6].

L’extension pelvienne et notamment digestive ainsi que le bilan ganglionnaire ne sont pas non plus précisément évalués par cette technique [7, 8].

Tomodensitométrie (TDM)

Le scanner est actuellement l’examen d’imagerie le plus adapté au bilan d’extension, car il permet une exploration fine de toute la cavité abdominopelvienne, en apnée, en s’affranchissant de la mobilité intestinale. Son but est d’apprécier les possibilités de résection tumorale complète et de prévoir, si l’indication opératoire est retenue, la lourdeur du geste chirurgical.

Depuis quelques années, les scanners matriciels permettent des acquisitions volumiques en coupes 0,75 à 1 mm avec possibilités de reconstructions multiplanaires rapides et maniables. La détection et la localisation des lésions péritonéales ont donc été améliorées.

Si la lésion pelvienne est isolée à l’échographie, une exploration tomodensitométrique abdominopelvienne peut être suffisante.

En revanche, en cas de suspicion d’atteinte péritonéale ou d’épanchement pleural, il faudra réaliser dans le même temps un scanner thoracique à la recherche de lésions secondaires thoraciques et en particulier des masses pleurales, d’adénomégalies médiastinales ou phréniques.

La technique doit être rigoureuse. L’exploration abdominopelvienne doit débuter au niveau des bases thoraciques afin d’inclure largement les coupoles et descendre jusqu’au périnée.

Un balisage digestif aide à la distinction entre structures digestives et implants péritonéaux : au minimum 1 L de produit opaque, dont l’absorption doit débuter une heure avant l’examen.

Il faut réaliser des coupes millimétriques ou inframillimétriques, sans injection au niveau du foie puis après injection d’un produit iodé en bolus (120 à 150 cc à 2 à 3 cc/s) au niveau de l’abdomen et du pelvis.

L’injection de produit de contraste iodé est fondamentale, car elle permet de mieux individualiser les parois digestives et les axes vasculaires et d’objectiver le rehaussement des épaississements péritonéaux. Les reconstructions sagittales et coronales sont systématiques.

Les performances du scanner dans la détection de l’atteinte péritonéale sont variables selon les séries [6, 9].

Il faut insister sur le fait que ces études ont été réalisées pour la majorité avec des scanners effectués en coupes épaisses (de 5 à 10 mm), et que les performances actuelles des acquisitions matricielles en coupes fines sont très certainement supérieures.

Les implants péritonéaux peuvent être disséminés au niveau de toute la cavité péritonéale.

Ils sont de morphologie variée : nodules tissulaires plus ou moins réguliers de taille variable, lésions mixtes plus rarement purement kystiques. Il faut alors rechercher de petits nodules intrakystiques mieux vus après injection et signant la nature tumorale.

Certains peuvent être calcifiés en particulier lorsqu’il s’agit de formes séreuses.

La visualisation des implants péritonéaux dépend :

  • de la présence d’une ascite : elle est considérée comme abondante si elle est visible sur deux coupes sur trois. Le volume tumoral péritonéal est parfois très important, avec en particulier un volumineux « gâteau » épiploïque, une agglutination des anses au centre de l’abdomen et une abondante ascite (figure 1) ;
  • de leur localisation : les masses péritonéales sont plus faciles à individualiser au niveau des espaces sous-phréniques [10], des gouttières pariétocoliques, du grand épiploon et des replis pariétaux du pelvis. Les localisations du hile splénique, du petit épiploon et du mésentère sont plus difficiles à objectiver ;
  • de leur forme et de leur taille.Les limitations les plus importantes sont la petite taille des implants.

La sensibilité du scanner pour détecter des lésions de 2 cm est de 85 à 93 % mais passe de 25 à 50 % pour des lésions de 1 cm ou moins [9].

Une miliaire avec atteinte micronodulaire ou des implants de petite taille inférieurs à 1 cm ou en galette en particulier autour des structures digestives sont souvent indétectables [9, 11].

Ces miliaires autour du côlon et surtout du grêle rendent souvent impossible une chirurgie optimale.

L’atteinte péritonéale se traduit fréquemment par des lésions discrètes : zones d’épaississement en plaque du péritoine pariétal ou viscéral, diffuses ou localisées, infiltrats hétérogènes de l’atmosphère adipeuse péridigestive et épiploïque, épaississement localisé des parois digestives ou distorsion de l’intestin grêle.

Il faut garder à l’esprit qu’il existe des stades III et IV sans ascite ni anomalie tomodensitométrique.

L’appréciation d’un envahissement digestif ou hépatique aide à prévoir la lourdeur du geste chirurgical.

La différenciation entre simple accolement et infiltration des parois digestives est souvent impossible en l’absence de critères d’infiltration pariétale patents [12, 13] (figure 2).

Il en est de même pour les implants périhépatiques. Il faut retenir, en faveur de l’infiltration du parenchyme : une protrusion de la masse au sein du parenchyme hépatique avec contours irréguliers, mal limités [11]. Cette atteinte hépatique de contiguïté est beaucoup plus fréquente que les lésions intrahépatiques résultant d’une dissémination hématogène. L’atteinte de contiguïté du muscle diaphragmatique est également difficile à affirmer, en particulier si l’ascite est peu abondante.

Les reconstructions multiplannaires améliorent l’analyse des lésions de surface au niveau du foie, de la rate et des lésions péridigestives [14].

Au niveau pelvien, des anses grêles peuvent être englobées par la masse ovarienne.

Une atteinte rectosigmoïdienne de contiguïté est à rechercher. Elle est suspectée si la masse ovarienne est accolée à la paroi sigmoïdienne, sans liseré graisseux. Elle devient évidente si la paroi sigmoïdienne est infiltrée.

Outre l’exploration de la cavité péritonéale, il faudra bien sûr aussi rechercher des adénomégalies inguinales, iliaques et lomboaortiques, en particulier en suprarénal, qui peuvent limiter les possibilités chirurgicales s’il s’agit d’une coulée ganglionnaire.

L’exploration TDM doit également rechercher des métastases, en particulier thoraciques et hépatiques, faisant passer la maladie en stade IV (figure 3).

Plusieurs études ont proposé des modèles d’analyse TDM pour prévoir la résécabilité et évaluer si une chirurgie optimale est réalisable.

Elles retiennent pour la plupart, comme déterminantes pour la décision thérapeutique, des lésions de plus de 2 cm dans certains sites critiques pour la chirurgie.

Dans la littérature, les sites radiologiques rendant une chirurgie complète improbable sont : le hile hépatique (figure 4), le petit épiploon, le ligament gastrosplénique, le mésentère, les coupoles diaphragmatiques, le parenchyme hépatique, la région para-aortique, les bases thoraciques (péricarde, poumons ou plèvre), la paroi abdominopelvienne [15-20].

Globalement, ce sont les implants localisés en sus-mésocolique ainsi qu’au niveau du mésentère qui limitent les possibilités de chirurgie complète.

Certains auteurs prennent en compte l’abondance de l’ascite [18, 21] ainsi que l’existence d’un épaississement péritonéal diffus [20, 22].

La fiabilité pour prédire une chirurgie complète ou optimale varie selon les séries de 60 à 96 % [15, 17-19, 22].

Certains auteurs ont appliqué à leur population plusieurs modèles avec des résultats différents de ceux des études initiales [20, 22], et ces différents modèles d’analyse des examens TDM ne paraissent pas reproductibles d’une série à l’autre.

Les résultats sont donc inhomogènes et non strictement comparables, en effet :

  • selon les séries, les critères d’analyse pour prédire la résécabilité sont variés et diversement associés ;
  • la taille minimale des lésions péritonéales retenues comme pathologiques est variable : 1 cm [18, 20, 22] ou 2 cm [15-17, 19] ;
  • les critères de chirurgie optimale sont différents selon les équipes : 2 cm [15, 19] ou 1 cm [17, 18].Il est maintenant admis qu’une chirurgie optimale se définit par un résidu tumoral de moins de 1 cm ;
  • les taux de chirurgie optimale sont également variables, fonction de l’expérience et de l’agressivité du chirurgien : 33 à 88 % [23].

Du fait des progrès dans l’expertise chirurgicale (chirurgie diaphragmatique, splénectomies, pancréatectomies et résections hépatiques), le taux de chirurgie optimale a progressé de façon nette au cours des années [24, 25].

Plusieurs études ont souligné l’existence d’une variabilité interlecteur [11, 12, 26] liée à l’expérience du radiologue.

La qualité de l’examen influe également sur les résultats, en particulier pour l’analyse de la région sus-mésocolique. Cela souligne l’importance d’une préparation digestive et de l’injection d’un produit iodé.

En pratique

  • Pour une prise en charge optimale, les résultats du scanner sont à confronter à l’état clinique (âge, performance status) et aux données biologiques (taux de CA 125) ;
  • l’appréciation de l’envahissement de contiguïté hépatique et digestif permet de prévoir la lourdeur du geste opératoire ;
  • s’il existe une ascite abondante et un volume tumoral péritonéal important, les chances de résection optimales sont faibles [18, 27] ;
  • certaines localisations dans des zones critiques sont à détecter avec attention, car elles limitent les chances de chirurgie complète.

Trois sites sont particulièrement limitants [28] :

  • l’atteinte mésentérique, avec en particulier atteinte diffuse des tuniques du grêle parfois indétectable au scanner. Il faut pouvoir sauvegarder le maximum d’intestin grêle ainsi que l’essentiel du cadre colique. La perspective d’une stomie définitive ou d’un grêle court oriente vers une chimiothérapie néoadjuvante ;
  • l’envahissement du pédicule hépatique : son infiltration en particulier au niveau du tronc porte contre-indique une chirurgie radicale ;
  • l’atteinte du confluent cavo-sus-hépatique : dans certaines carcinoses infiltrantes ou rétractiles, la dissection de cette région peut s’avérer impossible.

Même si les différents critères TDM pour prédire la résécabilité restent insuffisants, ce bilan préthérapeutique permet d’évaluer l’importance de l’extension péritonéale et d’évaluer le volume tumoral, élément essentiel de la sélection des patientes pour la décision thérapeutique : chirurgie ou chimiothérapie première surtout si la patiente est âgée et en mauvais état général. Dans ces cas, la TDM peut éventuellement guider une biopsie diagnostique.

Imagerie par résonance magnétique (IRM)

L’IRM est actuellement un examen déterminant dans la caractérisation des tumeurs ovariennes. Mais en ce qui concerne l’étude du péritoine, ses performances sont équivalentes à celles du scanner [6, 8, 13, 19].

L’exploration abdominale peut être réalisée en complément de l’exploration pelvienne, en particulier s’il existe une ascite ou une carcinose pelvienne, mais, malgré l’utilisation de séquences rapides, elle rallonge notablement le temps d’examen.

Il faut réaliser au minimum des coupes axiales transverses sur la totalité de l’abdomen et du pelvis avec au minimum sur ces deux régions des séquences pondérées T2 en saturation de graisse, T1 sans injection et T1 après injection de gadolinium en saturation de graisse [29]. Le plan axial transverse sera complété de coupes sagittales ou coronales en fonction des anomalies mises en évidence.

La réalisation de séquences 3D, de séquences rapides en apnée et de séquences de diffusion [30] améliore les performances de détection.

L’injection de gadolinium est indispensable.

L’utilisation d’un antispasmodique type glucagon réduit les artefacts liés au péristaltisme digestif. L’opacification digestive n’est pas utilisée en routine dans la plupart des centres, mais un contraste oral permet de visualiser et de distendre les structures digestives.

La technique est donc moins standardisée qu’au scanner.

La limite principale est la petite taille des lésions [31].

Les lésions calcifiées sont moins bien visualisées qu’au scanner.

Les implants péritonéaux sont parfois difficiles à différencier de l’ascite sur les séquences pondérées T2 et T1 sans injection. Ils prennent le contraste souvent progressivement et sont mieux visibles au temps tardif de l’injection (cinq minutes) sur les séquences en saturation de graisse.

L’utilisation d’un contraste oral et d’une injection de gadolinium augmente les performances de l’IRM pour la détection des petits implants péridigestifs qui sont, comme au scanner, difficiles à différencier du rehaussement pariétal normal des structures digestives [19, 32].

La résolution en contraste étant meilleure qu’au scanner, l’IRM paraît supérieure pour l’analyse des régions diaphragmatiques et pour la détection des petits implants péridigestifs [13, 29, 32].

Pour le bilan ganglionnaire, les performances sont identiques.

Du fait de l’accès limité aux machines, l’IRM ne peut raisonnablement être proposée actuellement dans le bilan d’extension initial.

Elle est recommandée en cas d’allergie aux produits iodés, limitant les performances du scanner, ou en cas de grossesse, car il s’agit d’un examen non irradiant.

Mais elle peut être utile en deuxième intention, en complément du scanner pour aider au diagnostic différentiel de certaines lésions hépatiques, pour préciser une éventuelle infiltration hépatique, splénique ou diaphragmatique ou si le bilan pelvien devient déterminant. En effet, elle est plus performante que le scanner dans le bilan d’extension pelvien, en particulier pour apprécier une extension sigmoïdienne [13] (figure 5).

Conclusion

L’examen TDM paraît actuellement l’examen le plus adapté pour explorer la cavité péritonéale, et il n’y a pas d’indication actuelle de l’IRM en première intention.

Ce bilan préthérapeutique permet de programmer l’étendue du geste et ainsi d’en informer la patiente.

Si la chirurgie paraît trop extensive, il peut orienter, en fonction de l’état général de la patiente, vers une chimiothérapie première.

Il est toutefois important d’avoir conscience des performances et des limites de la technique et des critères utilisés.

Il faut en particulier se méfier des faux-positifs pouvant faire récuser à tort une chirurgie optimale [33]. À l’inverse, l’absence de masse péritonéale de plus de 1 ou 2 cm n’exclut pas une infiltration péritonéale non résécable dans certains sites.

Aucune technique d’imagerie ne permet actuellement de prédire si le chirurgien trouvera un plan de clivage [34], et l’impression du scanner doit être confirmée par une vision chirurgicale qui permettra un staging précis.

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