Auteur(s) : A De Pauw, D Stoppa-Lyonnet, N Andrieu, B Asselain , Service de génétique oncologique, Institut Curie-hôpital, 26, rue d’Ulm, 75248 Paris cedex 05, France, Inserm U830, Institut Curie, centre de recherches, 26, rue d’Ulm, 75248 Paris cedex 05, France, Université Paris-Descartes, 12, rue de l’École-de-Médecine, 75006 Paris, France, École des mines de Paris, ParisTech, 35, rue Saint-Honoré, 77305 Fontainebleau cedex, France, Service de biostatistiques, Institut Curie-hôpital, 26, rue d’Ulm, 75248 Paris cedex 05, France, Inserm U900, Institut Curie, centre de recherches, 26, rue d’Ulm, 75248 Paris cedex 05, France.
Résumé : Depuis une vingtaine d’années, plusieurs modèles ont été développés pour estimer le risque de cancer du sein ou de l’ovaire. Tous ces modèles intègrent le poids de l’histoire familiale mais le modélisent différemment. Le modèle de Gail, développé en 1989, prend seulement en compte le nombre d’apparentés atteints (0, 1, ≥ 2) ainsi que plusieurs facteurs de risque individuels. En 1990, le modèle de Claus était le premier à intégrer un mode de transmission génétique, en faisant l’hypothèse d’un gène majeur à transmission autosomique dominante dont les mutations sont rares dans la population générale. Le modèle BRCAPRO, postérieur à l’identification de BRCA1 et BRCA2, prend en compte une composante génétique limitée à ces deux gènes de transmission autosomique dominante. Le modèle BOADICEA (breast and ovarian analysis of disease incidence and carrier estimation algorithm) ajoute à l’effet de BRCA1 et BRCA2 l’effet d’une composante polygénique pour expliquer les risques génétiques résiduels. Enfin, le modèle IBIS (International Breast Intervention Study) fait l’hypothèse d’un troisième gène, lui aussi à transmission autosomique dominante, pour expliquer ces risques résiduels. Il intègre de plus des facteurs de risque individuels. Nous avons appliqué les modèles de Claus, BRCAPRO, BOADICEA et IBIS à quatre situations cliniques correspondant à des histoires familiales plus ou moins sévères, afin d’étudier la cohérence des estimations proposées. Les trois modèles les plus récents (BRCAPRO, BOADICEA et IBIS) fournissent des estimations proches. Leur utilisation pourrait être utile en pratique clinique face à des histoires familiales de cancer du sein et/ou de l’ovaire complexes d’analyse.
Mots-clés : calcul de risque, cancer du sein, modèles prédictifs, BRCA1, BRCA2
Illustrations
Figure 1 Arbres généalogiques pour lesquels les
risques de cancer du sein ont été calculés. La proposante est
symbolisée par une flèche. Un carré représente un homme, un rond
une femme. En bleu sont schématisées les patientes atteintes de
néoplasie : KS = cancer du sein, KO = cancer de l’ovaire.
Le chiffre sous chaque apparenté correspond à l’âge courant ou
à l’âge au décès pour les individus barrés. Le chiffre
positionné à côté des KS ou KO correspond à l’âge au
diagnostic.
Figure 2 Calcul des risques de cancer du sein pour
les quatre proposantes selon les modèles de Claus, BRCAPRO,
BOADICEA et IBIS. Les risques estimés sont les risques cumulés
entre l’âge de 35 et 79 ans pour le modèle de Claus, entre 35
et 85 ans pour le modèle BRCAPRO, entre 35 et 80 ans pour
le modèle BOADICEA et entre 35 et 75 ans pour le modèle IBIS
(sans prise en compte des risques individuels).
Figure 3 Calcul des risques de cancer du sein pour
les quatre proposantes selon le modèle IBIS. Les risques
estimés sont les risques cumulés entre l’âge de 35 et 75 ans.
En bleu ne sont pris en compte que les éléments de l’histoire
familiale (HF), en violet sont pris en compte les éléments de l’HF
et de l’histoire personnelle (HP) : IMC = 27,3 – premières règles à
11 ans – nullipare – pas d’examen histologique.