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Dénutrition en cancérologie : symptôme fréquent, insuffisamment détecté et pris en charge


Bulletin du Cancer. Volume 96, Numéro 6, juin 2009, Éditorial

DOI : 10.1684/bdc.2009.0903


Auteur(s) : Sami Antoun , Responsable du Comité liaison alimentation nutrition, Institut Gustave-Roussy, VilleJuif.

ARTICLE

Auteur(s) : Sami Antoun

Responsable du Comité liaison alimentation nutrition, Institut Gustave-Roussy, VilleJuif

La présence d’une dénutrition en cancérologie peut être qualifiée de situation paradoxale. C’est un des symptômes les plus fréquemment associé au cancer et un de ceux les moins bien détectés et traités. La place difficile à définir de la nutrition/alimentation entre soins de base et médicaments n’explique pas à elle seule le nombre limité de prise en charge. Cette situation est surtout le fait de données de la littérature peu nombreuses, notamment en ce qui concerne les conséquences de la dénutrition ou bien l’efficacité des différentes modalités thérapeutiques.

Malgré la connaissance depuis plusieurs années des conséquences de la dénutrition sur la morbidité et la mortalité postopératoires, les mesures thérapeutiques sont rarement mises en place, et un réel effort doit être fait dans ce domaine. L’article de W. Kaikani et P. Bachmann met l’accent sur les conséquences de la dénutrition dans des domaines jusque-là peu explorés tels que la diminution des paramètres de qualité de vie, le risque plus élevé de complications infectieuses ou bien la toxicité plus importante de la chimiothérapie ou de la radiothérapie. La présence d’une toxicité importante entraîne une diminution, un report ou un arrêt du traitement, avec comme conséquence une posologie reçue inférieure à celle prévue et peut-être « une perte de chance » associée. Cette relation semble être liée plus à la perte musculaire qu’à celle du tissu adipeux. La difficulté dans l’avenir va être, étant donné l’augmentation dans la population des personnes en surcharge pondérale de détecter cette déplétion protéique masquée par le tissu adipeux. L’élément qui va peut-être favoriser une meilleure prise en charge, est d’ordre économique. En effet, comme il est bien rapporté dans l’article de W. Kaikani et P. Bachmann, il existe une relation entre certains paramètres économiques (durée de séjour, coût des traitements) et la dénutrition. Le traitement de cette dernière permet de diminuer la durée d’hospitalisation et de réduire les coûts.

Il est difficile de dégager un consensus concernant la prise en charge de la dénutrition dans l’évolution des tumeurs solides. Les données de la littérature ne sont pas concluantes et sont peu nombreuses. La problématique vient du fait que la dénutrition n’est pas seulement liée à une diminution des apports, et donc réversible par leur augmentation, mais au caractère inflammatoire de certaines pathologies tumorales. Le traitement est probablement mixte, comme le souligne l’article de C. Demoor-Goldschmidt et B. Raynard, associant des apports nutritionnels et un traitement médicamenteux. La place respective de chacune de ces classes thérapeutiques reste à définir et va sûrement dépendre du type de tumeur ainsi que du stade évolutif.


 

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