ARTICLE
Auteur(s) : Maya
Gutierrez1, Fatma Ben Abid1, Amale
Ousbane1, Anas Gazzah1, Marc
Debled2, Véronique Girre3, Etienne GC
Brain1
1Département d’oncologie médicale, Centre
René-Huguenin, 35, rue Dailly, 92210 Saint-Cloud et Programme
d’action concertée Gerico de la Fédération nationale des centres de
lutte contre le cancer, 101, rue de Tolbiac, 75654 Paris Cedex
13
2Département d’oncologie médicale, Institut Bergonié,
180, rue de Saint-Genès, 33076 Bordeaux Cedex
3Département d’oncologie médicale, Institut Curie, 26,
rue d’Ulm, 75231 Paris Cedex 05
Article reçu le 9 Octobre 2007, accepté le 28 Novembre 2007
Le cancer du sein n’échappe ni aux conséquences du
vieillissement de notre société [1] sur la cancérogenèse, ni aux
carences de données spécifiques pour organiser sa prise en charge.
Près de 50 % d’entre eux surviennent déjà chez des femmes de
65 ans ou plus, et plus de 40 % surviendront bientôt
au-delà de 70 ans si l’on tient compte des projections pour
les dix prochaines années [2]. Les recommandations thérapeutiques
reposent plus souvent sur l’extension aux strates plus âgées des
standards établis chez les sujets plus jeunes que sur de réelles
démonstrations scientifiques. Les données disponibles dérivent
généralement d’essais multicentriques ayant étendu l’âge limite
supérieur d’inclusion à 65 ou 70 ans, sans pour autant
disposer d’effectifs importants dans cette strate âgée alors très
sélectionnée, ou encore de bases de données nationales ou de
groupes coopérateurs. Les traitements suivent en pratique rarement
des standards cohérents [3] et le sous-traitement qui en résulte
est souvent responsable d’un impact défavorable injustifié sur la
survie [4, 5].
Biologie, présentation clinique et screening
L’âge influence peu le pronostic général du cancer du sein [6],
probablement du fait de caractéristiques biologiques plus
favorables chez les sujets âgés qui compensent à la fois
l’espérance de vie décroissante et l’incidence croissante des
comorbidités avec l’âge. L’expression des récepteurs hormonaux (RH)
qui augmente en fonction de l’âge en est l’illustration la mieux
connue. Les phénotypes agressifs (triples négatifs, prolifération
élevée, surexpression de HER2) ne représentent généralement que 10
à 15 % des sujets de plus de 65 ans [7]. Cette biologie
favorable compense aussi la présentation initiale à un stade
métastatique décrite comme plus fréquente après 75 ans [8].
C’est un argument indirect en faveur du dépistage au-delà de
75 ans défendu par certains [9] car il n’existe aucune raison
biologique pour affirmer que la mammographie de dépistage est moins
performante après 70 ans. Au contraire, la densité
radiologique de la glande mammaire y est très favorable, la vraie
question demeurant l’intérêt d’un tel dépistage face à l’espérance
de vie individuelle qui varie surtout avec les comorbidités [10].
Traitements
Face à une patiente âgée présentant un cancer du sein, chaque volet
thérapeutique peut être discuté : traitement locorégional,
hormonothérapie, chimiothérapie, traitements ciblés.
Traitement locorégional
Compte tenu des progrès de l’anesthésie, le taux de mortalité liée
à la chirurgie mammaire chez les sujets âgés est très faible (≤
0,3 %), contre-indiquant exceptionnellement le geste local
[11]. On peut donc considérer inadéquates les stratégies
d’hormonothérapie première prolongée avec report de la chirurgie
jusqu’à progression tumorale chez les femmes âgées en bon état
général puisque les résultats carcinologiques sont alors inférieurs
à ceux d’une chirurgie classique initiale [12]. Par contre, la
moindre morbidité du ganglion sentinelle prend toute sa valeur dans
cette population pour qui l’autonomie doit être au mieux préservée
[13, 14].
Si les indications de radiothérapie épousent généralement celles
posées pour les femmes plus jeunes, la présence de comorbidités
sévères responsables d’une espérance de vie inférieure à 5 ans
peut faire discuter l’irradiation classique postchirurgie
conservatrice après 70 ans [15]. Il est donc important de
poursuivre l’exploration d’approches innovantes de radiothérapie
limitée, hypofractionnée ou partielle par curiethérapie
interstitielle comme dans l’essai 03 du Programme d’action
concertée d’oncogériatrie (PAC Gerico) de la Fédération nationale
des centres de lutte contre le cancer.
Hormonothérapie
Que ce soit en contexte adjuvant ou métastatique, l’hormonothérapie
est certainement le volet thérapeutique le moins débattu en raison
de sa tolérance affirmée excellente et de l’hormonosensibilité
fréquente et croissante du cancer du sein avec l’âge [7]. En
adjuvant, les méta-analyses successives du Early Breast Cancer
Trialists’ Collaborative Group (EBCTCG) ont montré clairement le
bénéfice croissant en fonction de l’âge de l’hormonothérapie sur la
survie sans rechute (SSR) et la survie globale (SG) des patientes
RH+ [16]. Cependant, les questions de tolérance ne doivent pas être
occultées car certains effets secondaires peuvent influencer
notablement l’observance des thérapies orales et minimiser par
conséquent l’intérêt facilement formulé de la moindre contrainte de
l’hormonothérapie en comparaison à la chimiothérapie. Prescrit
depuis plus de 30 ans, le tamoxifène présente des effets
secondaires parfaitement décrits (carcinome de l’endomètre,
saignements gynécologiques, bouffées de chaleur, troubles
thromboemboliques et cérébrovasculaires) croissants avec l’âge [17,
18] comparé aux composés plus récents que sont les anti-aromatases.
L’adoption large de ces dernières en adjuvant doit donc être
réfléchie avec leur risque ostéoporotique, les éventuels troubles
cognitifs [19] et l’absence quasi constante de données spécifiques
sur leur efficacité en fonction de l’âge, ou parfois avec des
résultats inattendus comme la disparition du bénéfice significatif
de l’anti-aromatase au-delà de 60 ans dans l’essai MA17 [20].
En effet, malgré l’absence d’âge limite à l’inclusion dans la
plupart des grands essais adjuvants menés sur les anti-aromatases
(près de 30 000 femmes incluses au total), on peut regretter que
l’âge médian des populations d’étude soit resté souvent inférieur à
65 ans, gênant la solidité des extrapolations habituelles.
En contexte métastatique, seul le létrozole a fait l’objet d’une
analyse spécifique d’efficacité selon l’âge, ne montrant un
meilleur taux de réponse objective par rapport au tamoxifène que
chez les sujets de plus de 70 ans, avec une amélioration du
temps jusqu’à progression, grâce à l’anti-aromatase, plus
importante chez les sujets âgés par rapport aux autres [21].
Un suivi à long terme reste donc nécessaire pour bien apprécier
le ratio bénéfice/risque de ces agents dans la population de plus
de 70-75 ans. Comme suggéré dans une petite étude
pharmacodynamique randomisée [22], le « trentenaire »
tamoxifène pourrait encore faire l’objet de travaux sur des doses
plus faibles, générant moins de troubles vasculaires, garantissant
un bénéfice antitumoral identique, en conservant la protection
contre l’ostéoporose qu’accentuent les anti-aromatases. Enfin, les
nouveaux composés comme le fulvestrant sont particulièrement
attractifs en raison des faibles taux de toxicité rapportés [23,
24]. Ils doivent faire l’objet d’évaluation précise dans la
population âgée.
Chimiothérapie
Bien que plusieurs groupes aient suggéré que l’âge n’influait pas
ou peu sur la réponse et la tolérance à la chimiothérapie [25-27],
celle-ci reste considérée comme potentiellement plus à risque chez
le sujet âgé du fait des modifications pharmacocinétiques et
pharmacodynamiques accompagnant le vieillissement, incluant le
déclin fonctionnel de plusieurs organes clés et l’incidence
croissante des comorbidités [28-30].
Les anthracyclines opposent leur efficacité reconnue historique
à leur cardiotoxicité. Les données pharmacocinétiques sont en fait
contradictoires, certaines ne montrant pas de variations selon
l’âge [31], d’autres au contraire décrivant une clairance précoce
réduite et des pics plasmatiques augmentant avec l’âge [32, 33].
Certes les données cliniques du MD Anderson n’identifient pas de
facteur d’influence « âge » [34] mais elles souffrent des
biais méthodologiques habituels des travaux rétrospectifs. Une dose
cumulée de 400 mg/m2 de doxorubicine demeure un
facteur de risque important et durable dans la survenue d’une
insuffisance cardiaque congestive chez les sujets de plus de
65 ans [35, 36]. En l’absence de recommandation officielle,
des doses de doxorubicine inférieures ou égales à
50 mg/m2 sont généralement préférées chez les
sujets âgés [30]. L’augmentation du nombre de cycles avec de plus
faibles doses, le recours à l’épirubicine et aux formes liposomales
associées à une moindre cardiotoxicité [37-39] constituent autant
de pistes utiles de recherche.
Le cyclophosphamide, la capécitabine, les taxanes, la
gemcitabine ou la vinorelbine ont été étudiés dans certains
programmes spécifiques pour les sujets âgés, avec des ratios
thérapeutiques variables, conduisant généralement à des
recommandations spécifiques de doses [40]. L’efficacité de la
combinaison cyclophosphamide, méthotrexate et 5-fluoro-uracile ne
semble pas varier avec l’âge dès lors que les doses de
cyclophosphamide sont adaptées à la fonction rénale [41].
Malheureusement, cette considération est loin d’être appliquée en
routine, avec un index thérapeutique défavorable chez les sujets de
plus de 65 ans en comparaison des plus jeunes [42].
L’observance et la tolérance de la capécitabine sont meilleures à
une dose de 1 000 mg/m2 biquotidienne deux semaines
sur trois [43]. Les taxanes nécessitent des ajustements de doses
comme avec le paclitaxel hebdomadaire [44].
En contexte adjuvant, l’importance des données de tolérance est
amplifiée compte tenu du bénéfice attendu à long terme, souvent de
taille modeste en valeur absolue, et à confronter avec l’espérance
de vie si difficile à apprécier [10]. Les méta-analyses de l’EBCTCG
sont classiquement considérées « incompétentes » pour
répondre au rôle de la chimiothérapie adjuvante après 70 ans
du fait d’effectifs disponibles très réduits pour cette population
spécifique [16]. Le seul essai publié et ayant exploré le rôle de
la chimiothérapie spécifiquement au-delà de 65 ans est à
mettre sur le compte d’une initiative française conduite sur près
de 10 ans : il a randomisé un peu plus de 300 sujets
entre tamoxifène seul pendant 3 ans et tamoxifène associé à
6 cycles d’un schéma hebdomadaire inhabituel d’anthracyclines,
épirubicine 30 mg à J1, J8 et J15 toutes les 4 semaines
[45]. Malgré des résultats sur la SSR discrètement améliorée en cas
d’association de la chimiothérapie à l’hormonothérapie, il
n’existait aucun impact sur la SG, peut-être en conséquence d’une
population mélangée avec 20 % de sujets RH- ou de statut
inconnu, et d’un traitement concomitant hormonothérapie et
chimiothérapie. Trois séries récentes de travaux ont cependant
modifié cette vision timide ou négative de la chimiothérapie
adjuvante du cancer du sein du sujet âgé.
L’analyse rétrospective de quatre essais randomisés de l’Eastern
Cooperative Oncology Group a démontré que les sujets âgés pouvaient
tirer le même bénéfice (SSR et SG) de la chimiothérapie adjuvante
« innovante » (explorant les concepts de dose-intensité
par exemple) que les plus jeunes, avec les réserves de l’effectif
faible des sujets de plus de 70 ans (159/6487 sujets) et d’un
taux élevé de décès toxiques rapporté après 65 ans
(1,5 %) [46].
Deux séries américaines ont utilisé la base Surveillance,
Epidemiology and End Results (SEER) du National Cancer Institute
(NCI) pour étudier le bénéfice potentiel de la chimiothérapie
adjuvante après 65 ans en cas de cancer du sein avec
envahissement ganglionnaire (pN+) ou sans envahissement
ganglionnaire (pN-) et avec [47] et/ou sans expression des RH [47,
48]. La réduction relative et significative du risque de mortalité
de l’ordre de 15-25 % (selon le statut ganglionnaire)
n’existait que pour la population RH- [47, 48], en miroir du
repositionnement de la chimiothérapie dans la population générale
RH- [49]. Plus illustratif, ce bénéfice était aussi significatif
après 70 ans, avec le même impact, même chez les patientes de
statut pN- [47].
Ces travaux rouvrent donc le débat sur la chimiothérapie
adjuvante chez les sujets âgés dont la biologie tumorale est
agressive. Trois essais thérapeutiques européens explorent
actuellement cette stratégie pour cette population spécifique RH-
hormonorésistante (tableau 1).
L’intégration de schémas avec taxanes reste une voie d’étude car
la toxicité potentielle de ceux-ci ajoutés aux anthracyclines en
séquentiel ou en association est à risque et peut compromettre le
bénéfice final de la chimiothérapie. Ces combinaisons
taxanes-anthracyclines sont donc à réserver aux patientes dont le
phénotype tumoral est agressif (RH-, prolifération élevée, HER2+).
Les taxanes pourraient aussi se substituer aux anthracyclines pour
en contourner la cardiotoxicité, comme suggéré par l’étude récente
US Oncology Research qui a comparé favorablement l’association
docetaxel-cyclophosphamide à la combinaison classique
doxorubicine-cyclophosphamide [50].
Tableau 1 Essais ouverts aux inclusions de
chimiothérapie adjuvante pour les sujets âgés présentant un cancer
du sein non hormonosensible
|
Essai/groupe
|
Caractéristiques
|
Objectifs (primaire, secondaires)
|
Design
|
Patients (nb)
|
Contact information
|
|
- > 65 ans
- pN+ et pN- haut risque
- RH- ne relevant pas d’anthracyclines
|
|
- Phase III
- Doxorubicine liposomale (Caelyx®)
- versus nil ou cyclophosphamide méthotrexate
|
1 296
|
casa@ibcsg.org
|
|
- > 70 ans
- pN+ et pN- haut risque
- RH-
|
- ADL
- Toxicité QoL, SSR, SG, acceptabilité
|
- Phase II
- Doxorubicine liposomale (Myocet®)
- + cyclophosphamide x 4 cycles
|
40
|
- f-gouttenoire@fnclcc.fr
- www.fnclcc.fr
|
|
Actiona
|
- > 70 ans
- haut risque RH-
- ou RH + faibles
|
|
- Doxorubicine cyclophosphamide
- ou épirubicine cyclophosphamide
- x 4 toutes les 2 semaines [+ G-CSF]
- versus toutes les 3 semaines
- versus nil si RH- ou TAM si RH + faibles
|
ND
|
ND
|
aAction : adjuvant Cytotoxic Chemotherapy in Older
Women.
Traitements ciblés
Les nouveaux traitements ciblés visant des anomalies moléculaires
spécifiques comme l’oncogène c-erbB2 ou HER2 pour l’anticorps
monoclonal trastuzumab, l’inhibiteur tyrosine kinase lapatinib ou
le vascular endothelial growth factor (VEGF) pour le bevacizumab,
incarnent de nouvelles voies de recherche particulièrement
intéressantes pour la population âgée du fait de leurs spectres de
toxicités très différents de celui de la chimiothérapie. Leur
activité a généralement été démontrée en situation métastatique en
combinaison à des agents cytotoxiques, mais sur des effectifs
réduits et très sélectionnés, empêchant de tirer des conclusions
fermes pratiques [51, 52]. Le meilleur exemple est incarné par le
trastuzumab. Dans l’essai pivot d’enregistrement, moins de
25 % des sujets étaient âgés de plus de 60 ans alors
qu’ils présentaient deux fois plus d’effets secondaires cardiaques
[53]. Dans l’essai adjuvant HERA, le bénéfice significatif du
trastuzumab sur la SSR est maintenu dans le sous-groupe des sujets
de plus de 60 ans aux effectifs limités (< 16% de la
population totale) mais avec un intervalle de confiance beaucoup
plus lâche et un rapport de chance inférieur [54]. Une certaine
prudence reste donc nécessaire pour l’adoption du trastuzumab chez
le sujet de plus de 60 ans et a fortiori au-delà de
70 ans en l’absence de données plus spécifiques, tout
spécialement après administration d’anthracyclines. Des données
complémentaires sur la population âgée sont hautement souhaitables,
ce d’autant plus que plusieurs travaux soulignent les enjeux des
voies croisées de signalisation entre RH et récepteurs tyrosine
kinases pour contourner les mécanismes d’hormonorésistance [55].
Traitements de support et autres
Le bénéfice établi des biphosphonates dans le cancer du sein
métastatique sur le plan osseux existe aussi dans la population
âgée sous réserve d’une vigilance à l’égard de la fonction rénale à
chaque séance afin d’adapter les doses si nécessaires [56]. Un âge
de plus de 65 ans est considéré comme un facteur de risque
supplémentaire de neutropénie fébrile ; il peut faire discuter
la prescription d’une prophylaxie primaire par facteur de
croissance hématopoïétiques pour des schémas de chimiothérapie
générant des taux de neutropénie fébrile inférieurs à 20 %
[57, 58]. Cependant, il ne peut à lui seul emporter cette
indication surtout à la lecture des données récentes suggérant le
risque d’hémopathies malignes accru sous granulocyte-colony
stimulating factor [58, 59].
Conclusion
Les traitements utilisés pour le cancer du sein peuvent avoir des
répercussions fonctionnelles importantes sur la population âgée.
Les oncologues doivent apprendre à intégrer bénéfice absolu,
espérance de vie et tolérance, trois volets essentiels pour
abandonner la discrimination ancienne reposant sur l’âge, inadaptée
à l’évolution de nos moyens et pratiques. La prise en charge du
cancer du sein s’intègre parfaitement dans ces dispositions. La
population âgée a trop longtemps été exclue des essais
thérapeutiques [60-62]. L’effort doit être poursuivi pour
développer des stratégies spécifiques et réalistes, évitant les
recrutement sur de longues années comme autrefois [45] alors même
que le désir de participer à un essai adjuvant pour le cancer du
sein ne semble pas varier selon l’âge mais plutôt subjectivement en
fonction de la perception de l’âge par le clinicien et de son
anticipation de la tolérance [62, 63]. Le couplage de l’évaluation
gériatrique approfondie ou comprehensive geriatric assessment à un
index prédictif de toxicité des traitements comme le MAX2 pour la
chimiothérapie [64, 65] nous permettra peut-être de mieux
individualiser les traitements dans le futur.
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