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La nouvelle génération des études cliniques sur le cancer du sein : la bonne drogue et la bonne cible


Bulletin du Cancer. Volume 95, Numéro 3, 352-7, mars 2008, Synthèse

DOI : 10.1684/bdc.2008.0587

Résumé   Summary  

Auteur(s) : Evandro de Azambuja, Fatima Cardoso, Livia Meirsman, Carolyn Straehle, Stella Dolci, Kris Vantongelen, Martine Piccart-Gebhart , Institut Jules Bordet et l’Université Libre de Bruxelles (ULB), Service de Médecine, boulevard de Waterloo 125, B-1000 Bruxelles.

Résumé : Le Breast International Group (Big), Transbig, et le Breast European Adjuvant Study Team (Breast), situés à l’Institut Jules Bordet, ont pour mission première de faciliter et d’accélérer la mise en œuvre d’études cliniques complexes dans le domaine du cancer du sein. Leur travail complémentaire repose sur la collaboration étroite entre groupes de recherche clinique, scientifiques, médecins et autres collaborateurs issus du monde académique et de la recherche translationnelle. Un exemple éloquent de cette collaboration est l’étude Hera (Herceptin Adjuvant trastuzumab in HER2 positive early breast cancer) qui a contribué à améliorer de manière significative la prise en charge et le pronostic des patientes atteintes d’un cancer du sein HER2-positif. Ces réseaux sont également à l’origine d’études appartenant à l’ère de l’oncologie moléculaire telles que l’étude Mindact, qui évalue l’utilisation de la technologie des micropuces comme outil de décision dans le cadre du traitement adjuvant, ou les études Altto et Neo-Altto qui testent plusieurs stratégies d’incorporation du lapatinib – un inhibiteur des tyrosine kinases des récepteurs HER1 et HER2 – au traitement adjuvant du cancer du sein HER2-positif et visent, grâce à une recherche translationnelle poussée, à définir le profil tumoral pour lequel ce médicament apportera un bénéfice par rapport à l’usage du trastuzumab seul.

Mots-clés : cancer du sein, trastuzumab, lapatinib, Mindact, Altto, Neo-Altto

Illustrations

ARTICLE

Auteur(s) : Evandro de Azambuja, Fatima Cardoso, Livia Meirsman, Carolyn Straehle, Stella Dolci, Kris Vantongelen, Martine Piccart-Gebhart

Institut Jules Bordet et l’Université Libre de Bruxelles (ULB), Service de Médecine, boulevard de Waterloo 125, B-1000 Bruxelles

Article reçu le 9 Juillet 2007, accepté le 25 Juillet 2007

Le Big et le Transbig

Le Breast International Group (Big), association internationale sans but lucratif située à l’Institut Jules Bordet à Bruxelles, est composé de plusieurs groupes de recherche clinique universitaires spécialisés dans la recherche du cancer du sein dans le monde. Il a été créé dans le but de mettre fin à la fragmentation existante dans ce domaine en développant un vaste réseau qui faciliterait la coopération internationale. Une collaboration avec l’industrie pharmaceutique, qui veille néanmoins à préserver la liberté académique, lui permet de mettre en œuvre des études cliniques internationales complexes sur le cancer du sein et de réduire ainsi le nombre de doublons en matière de recherche.

Le réseau Big comprend actuellement 41 membres, qui sont des groupes coopérateurs établis en Europe, au Canada, en Amérique latine, en Australie, en Nouvelle Zélande et en Asie. Ces entités de recherche, qui coordonnent les études du Big, sont à leur tour liées à quelque 3 000 hôpitaux et centres de recherche dans le monde entier. Le Big collabore également de plus en plus étroitement avec des groupes de coopération nord-américains regroupés sur l’égide du Breast Cancer Intergroup of North America (TBCI), du National Surgical Adjuvant Breast and Bowel Project (NSABP) et du Radiation Therapy Oncology Group (RTOG). Fort de ses études cliniques dont le recrutement dépasse les 75 000 patientes, le Big représente une force d’intégration considérable dans le monde de la recherche sur le cancer du sein.

Un réseau complémentaire de recherche translationnelle, appelé Transbig, a été créé il y a 3 ans, qui reçoit le soutien de la Commission européenne. Il est également coordonné par le Big à partir de Bruxelles et associe 39 partenaires dont l’expertise s’étend des technologies biomédicales de pointe à la défense des droits des patientes. Le premier projet mis en œuvre par ce réseau est l’étude clinique Mindact (Microarray in Node negative Disease may Avoid Chemotherapy Trial) [EORTC Protocol 10041/Big 3-04] dont le schéma général est illustré par la figure 1.

L’étude Mindact : l’avenir du microarray dans la clinique journalière

Cette étude, menée conjointement par les réseaux Big et Transbig [1], compare une signature pronostique, Mammaprint™, basée sur l’analyse de l’expression plus au moins forte de 70 gènes de la tumeur à l’aide de la technologie des micropuces (microarray), aux méthodes cliniques et anatomopathologiques classiques afin d’évaluer le risque de réapparition du cancer du sein chez les patientes dont les ganglions lymphatiques ne sont pas envahis. Son objectif principal est de démontrer que les femmes avec un risque faible, basé sur la signature des 70 gènes, mais un risque élevé sur la base des critères classiques peuvent renoncer à la chimiothérapie adjuvante et se voir épargner des effets secondaires sans que leurs chances de survie ne soient compromises.

Si cette hypothèse s’avère exacte, le taux de prescription de chimiothérapie adjuvante baissera de 10 à 15 % chez les patientes présentant des ganglions lymphatiques négatifs, ce qui représentera une économie certaine en termes de coûts de santé publique, à la fois directs et indirects. L’étude Mindact tentera également d’identifier des signatures moléculaires permettant à l’avenir de sélectionner les chimiothérapies et hormonothérapies adjuvantes les plus efficaces et/ou les moins toxiques à long terme sur une base individuelle. La randomisation de la chimiothérapie permettra la comparaison entre une association à base de docétaxel et de capécitabine et un régime à base d’anthracyclines. La randomisation d’hormonothérapie permettra de comparer pendant 7 ans d’un inhibiteur d’aromatase à une séquence basée sur 2 ans d’administration de tamoxifène suivie de 5 ans d’un inhibiteur.

Enfin, l’étude Mindact permettra la collecte prospective et systématique d’échantillons de tumeurs (paraffinés et congelés) et de sérum et leur stockage dans une banque de tumeurs située à Bruxelles et gérée de manière transparente et indépendante par le réseau Transbig. Cette bio-banque rendra possible de nombreux projets dans le domaine de la recherche génomique et protéomique du futur.

Après 3 ans de préparation minutieuse liée au souhait du consortium de valider la signature des 70 gènes dans le cadre d’une étude indépendante internationale [2], l’étude Mindact a débuté en février 2007 en Belgique, aux Pays-Bas, puis en Espagne. La France et l’Italie devraient leur emboîter le pas dans les mois à venir. Lorsqu’elle aura atteint sa vitesse de croisière, elle concernera plus de 250 centres à travers le monde.

La mission du Transbig met également l’accent sur la formation de médecins et la communication aux patientes. Ainsi, pour l’étude Mindact, Transbig a produit un DVD (Digital Video Disc) interactif destiné aux équipes soignantes, qui peuvent l’utiliser comme support pour expliquer l’étude à la patiente dans le cadre d’une consultation, et aux patientes elles-mêmes, qui pourront en recevoir une copie. Ce DVD, disponible en 15 langues, propose en première partie de l’information générale sur le cancer du sein, la chimiothérapie, les facteurs de risque et la technologie des micropuces, alors que la deuxième partie guide la patiente à travers les différentes étapes de l’étude Mindact. Ce projet plutôt innovateur a nécessité la participation de nombreux membres du réseau Transbig dont le groupe Europa Donna, association européenne de patientes, et d’experts indépendants, et du précieux support financier de la Susan Komen for the Cure.

Le lancement d’un projet de recherche clinique d’une telle envergure démontre la force d’intégration, de synergie du réseau Transbig et sa motivation pour la recherche translationnelle en matière de cancer du sein.

Le cancer du sein HER2-positif au stade précoce : la révolution apportée par l’étude Hera et les nouveaux esprits de l’étude l’Altto

Ces dernières années, les recherches se sont concentrées sur des médicaments ciblant différents mécanismes moléculaires impliqués dans le développement du cancer du sein. L’impact considérable des thérapies ciblées sur l’histoire naturelle de la maladie a été compris grâce au succès du tamoxifène (un agent hormonal bloquant la liaison des œstrogènes avec leur récepteur) et capable d’augmenter de 8 % les chances de survie sans rechute à 15 ans du diagnostic lorsqu’il est prescrit pendant 5 ans pour des cancers du sein porteurs de récepteurs d’œstrogènes. Le trastuzumab, un anticorps monoclonal humanisé dirigé contre le domaine extracellulaire du récepteur HER2, est le deuxième médicament ciblé avec un effet thérapeutique hors norme cette fois pour le cancer du sein présentant une surexpression du récepteur HER2. HER2 est un récepteur transmembranaire qui fait partie de la famille du récepteur épidermique du facteur de croissance (EGFR ou epidermal growth factor receptor) et qui est surexprimé dans 25 à 30 % des cancers du sein. Cette surexpression du récepteur (mesurée par immunohistochimie) ou l’amplification du gène correspondant (mesurée par FISH ou CISH) se traduit par une réduction de la survie sans récidive de maladie et de la survie globale [3, 4]. En outre, le cancer du sein HER2-positif présente un risque élevé de métastases à distance, en particulier des métastases dans le système nerveux central [3].

Le trastuzumab (Herceptin®, Genentech Inc., San Francisco, CA) est un anticorps monoclonal recombinant qui bloque la portion extracellulaire de la protéine HER2. Ce nouveau médicament a été approuvé par l’US Food and Drug administration (FDA) en septembre 1998 et par l’European Medicines Agency (EMEA) en septembre 2000 dans le traitement du cancer du sein métastatique HER2-positif. En 2006, les deux agences ont approuvé l’utilisation du trastuzumab chez les femmes avec un cancer du sein précoce HER2-positif.

En bref, une très importante révolution thérapeutique dans le traitement du cancer du sein précoce HER2-positif a changé le pronostic de ces femmes depuis 2005. Aujourd’hui, le trastuzumab est considéré comme le traitement standard et cela est, en grande partie, dû à l’étude Hera (Herceptin Adjuvant trial) [Big 1-01/BO16348E]. Cette étude a été coordonnée à partir de la Belgique, par le Breast Data Centre et par le Big [5].

L’étude Hera est une étude internationale de phase III qui a randomisé dans ses trois bras [observation (pas de trastuzumab), 1 ou 2 ans de trastuzumab] 5 102 femmes ayant terminé leur traitement (néo)adjuvant (chimiothérapie et radiothérapie si nécessaire). Les résultats publiés se réfèrent aux bras observation (1 698 patientes) et 1 an (1 703 patientes) (figure 2). La comparaison de 1 versus 2 ans de trastuzumab est toujours en attente.

Après un suivi moyen de 23,5 mois, le traitement avec trastuzumab (administré toutes les 3 semaines) a conduit à une augmentation absolue de 6,3 % de la survie sans progression de maladie [hazard ratio (HR) = 0,64 (95 % intervalle de confiance, 0,54 à 0,76 ; p < 0,0001)] et de 2,7 % en survie globale [HR = 0,66 (95 % intervalle de confiance, 0,47 à 0,91 ; p < 0,0115)] [6]. Ce bénéfice est présent dans tous les sous-groupes analysés et son amplitude justifie le risque d’insuffisance cardiaque documenté : dans l’étude Hera, 0,6 % des patientes traitées dans le bras 1 an de trastuzumab ont développé une insuffisance cardiaque congestive (ICC) sévère contre 0 % dans le bras observation. Une ICC symptomatique (incluant les cas sévères) a été diagnostiquée chez 2,1 % des patientes du bras trastuzumab contre 0,1 % dans le bras observation. Une chute significative de la fraction d’éjection du ventricule gauche a aussi été confirmée pour 3 % des patientes dans le bras trastuzumab contre 0,5 % dans le bras observation [6] (tableau 1).

Après la présentation des premiers résultats de cette étude à l’Asco 2005 (American Society of Clinical Oncology), les 1 253 patientes randomisées dans le bras observation ont pu opter pour rester dans ce bras (28 %) ou recevoir 1 an de trastuzumab (30 %) ou être randomisées de nouveau pour 1 ou 2 ans de trastuzumab (42 %). Leur suivi est toujours en cours.

L’étude Hera est une des cinq études cliniques ayant exploré le bénéfice du trastuzumab en situation adjuvante. Trois études américaines (BCIRG 006, NCCTG N9831 et NSABP B31) et une étude finlandaise (FinHer) ont produit des résultats tout aussi remarquables [7-9].

Malgré ces résultats impressionnants, toutes les patientes ne bénéficient pas du trastuzumab. Par conséquent, de nouveaux agents sont clairement nécessaires. L’un d’entre eux, le lapatinib (Tykerb®, Glaxo-SmithKline, Research Triangle Park, NC) est en développement clinique avancé. Il s’agit d’une petite molécule administrée oralement, inhibiteur de la tyrosine kinase du récepteur du facteur de croissance épidermique (EGFR) et du récepteur HER2. Il a démontré une activité antitumorale intéressante chez des patientes présentant un cancer du sein résistant ou réfractaire au trastuzumab [10]. Des résultats prometteurs ont également été obtenus chez des patientes non exposées au trastuzumab et chez des patientes avec métastases cérébrales. En outre, son faible potentiel cardiotoxique double cette activité clinique intéressante et est encourageant pour l’évaluation de son efficacité dans le traitement du cancer du sein HER2-positif au stade précoce.

L’étude Altto (Adjuvant Lapatinib and/or Trastuzumab Treatment Optimisation) [Big 2-06/N063D/EGF106708] est une vaste étude mondiale randomisée, multicentrique, de phase III qui compare le lapatinib, le trastuzumab, leur séquence et/ou leur combinaison chez les patientes ayant un cancer du sein HER2-positif au stade précoce [11]. Elle est le fruit d’une collaboration étroite entre le Big, le TBCI (qui est l’un des intergroupes américains en charge des études adjuvantes dans le cancer du sein) et le NCI (National Cancer Institute) et son centre de coordination se situe à Bruxelles.

L’objectif principal d’Altto est d’étudier la survie libre de la maladie. Pour cela, 8 000 patientes seront randomisées dans l’un des quatre bras de traitement (tous comprenant une thérapie ciblée) selon les deux schémas (figures 3 et 4), et ce dans plus de 1 300 centres à travers le monde. Grâce aux deux schémas, les médecins peuvent choisir entre l’administration d’un taxane avant la thérapie ciblée (schéma 1) ou en parallèle avec la thérapie ciblée (schéma 2) ; dans le second cas, seul le paclitaxel pourra être utilisé initialement car il n’existe pas de données suffisantes sur la faisabilité de la combinaison docetaxel et lapatinib. La première patiente a été randomisée le 5 juin 2007.

Signalons qu’avant randomisation, les 8 000 patientes de l’étude auront une révision pathologique centrale de la tumeur primaire, y compris la réévaluation des récepteurs à l’œstrogène (RO) et à la progestérone (RPg) ainsi que du statut de HER2. Dans tous les cas, ce statut sera évalué par immunohistochimie et par FISH et dictera l’éligibilité de la patiente selon les nouveaux critères définis par l’Asco et la société des pathologues américains. Selon cette nouvelle classification, une tumeur est considérée HER2-positif si, par immunohistochimie, au moins 30 % des cellules montrent un marquage membranaire intense ou si, par FISH, le rapport entre le nombre de copies du gène HER2 et du centromère du chromosome 17 est supérieur à 2,2 [12]. Les récepteurs hormonaux, la chimiothérapie et le statut ganglionnaire seront les facteurs de « stratification ».

L’étude Altto offre également l’opportunité de mener des projets de recherche translationnelle approfondie. Une banque de tissus sous forme de tissue microarray (TMA) sera constituée au départ des blocs de tumeurs primaires paraffinés. D’une façon prospective, le protocole prévoit l’évaluation de l’amplification du gène c-Myc, de l’expression de p95HER2 (un récepteur HER2 tronqué, sans domaine extracellulaire et auquel le trastuzumab ne peut donc se lier, alors que le lapatinib garde cette possibilité), de la protéine PTEN (marqueur probable de résistance au trastuzumab mais pas au lapatinib), ainsi que l’amplification du gène codant l’enzyme topo-isomérase II alpha. En outre, une banque d’échantillons tumoraux congelés provenant d’environ 2 000 patientes recrutées dans une quarantaine de centres en Europe et 17 aux Etats-Unis sera également constituée. Elle servira pour des recherches translationnelles futures. Ces 2 000 patientes donneront également des échantillons de sang échelonnés dans le temps pour l’analyse protéomique et la recherche sur les cellules tumorales circulantes.

L’étude Neo-Altto (Neo-Adjuvant Lapatinib and/or Trastuzumab Treatment Optimisation) [Big 1-06/Solti/EGF106903] (figure 5) vient compléter élégamment l’étude Altto. Elle teste le lapatinib comme thérapie néoadjuvante (avant la chirurgie). Son objectif principal est d’analyser le taux de réponse pathologique complète (pCR) obtenu avec le lapatinib seul, le trastuzumab seul ou la combinaison des deux agents après 18 semaines de traitement, dont 12 en combinaison avec le paclitaxel. Ses objectifs secondaires incluent la comparaison des effets secondaires et de la tolérance, du taux de réponse clinique objectif de la tumeur, de la survie libre de maladie (DFS), de la survie globale (OS), du taux de conversion en chirurgie conservatrice et de l’identification des caractéristiques moléculaires des tumeurs liées au succès ou à l’échec du traitement. L’étude incluera au total 450 femmes à travers le monde et sera coordonnée par le Big et le groupe Solti (Grupo Español de Estudio en Tumores Sólidos de Tratamiento y Otras Estrategias Experimentales).

Tableau 1 Toxicité cardiaque dans l’étude Hera

Observation (n = 1 708)

1 an de trastuzumab (n = 1 678)

Valeur de p

Mort cardiaque

1 (0.1 %)

0

  • ICC sévère
  • (NYHA de classe III et IV)


0

10 (0.6 %)

< 0,0001

ICC symptomatique

2 (0.1 %)

36 (2 %)

< 0,0001

Réduction de la FEVG

9 (0.5 %)

51 (3 %)

< 0,0001

Arrêt du trastuzumab suite à des problèmes cardiaques

NA

72 (4 %)

< 0,0001

Conclusion

L’oncologie moléculaire et translationnelle est un outil essentiel pour l’obtention de réponses aux deux questions fondamentales liées au traitement du cancer du sein à un stade précoce. Quelle patiente nécessite un traitement adjuvant ? Quel est le traitement adjuvant le plus efficace pour une patiente donnée ? L’étude Mindact, en partie, espère répondre à la première question en améliorant l’identification des patientes ne nécessitant pas de chimiothérapie adjuvante. Les études Altto et Neo-Altto devraient permettre de répondre à la deuxième question pour le cancer du sein HER2-positif. Les efforts considérables de recherche translationnelle incorporés à ces deux études devraient permettre la découverte et/ou la validation de marqueurs de réponse ou de résistance aux thérapies moléculaires anti-HER2 et, de ce fait, conduire à une meilleure individualisation du traitement adjuvant en matière de cancer du sein.

Les réseaux du Big et du Transbig, aidés du Data Centre Breast, sont les bras de levier de ces recherches ambitieuses et constituent un facteur d’intégration important pour la recherche clinique mondiale. Leur but est de faire gagner de précieuses années aux avancées dans le traitement de cette maladie encore très meurtrière.

Références

1 Bogaerts J, Cardoso F, Buyse M, Braga S, Loi S, Harrison J, et al. Gene signature evaluation as a prognostic tool : challenges in the design of the Mindact trial. Nat Clin Pract Oncol 2006 ; 3 : 540-51.

2 Buyse M, Loi S, van’t Veer L, Viale G, Delorenzi M, Glas A, et al. Independent validation and clinical utility of a 70-gene prognostic signature for patients with node-negative breast cancer. J Nat Cancer Inst 2006 ; 98 : 1183-92.

3 Slamon DJ, Clark GM, Wong SG, Levin WJ, Ullrich A, McGuire WL. Human breast cancer : correlation of relapse and survival with amplification of the HER-2/neu oncogene. Science 1987 ; 235 : 177-82.

4 Slamon DJ, Godolphin W, Jones LA, Holt JA, Wong SJ, Keith DE, et al. Studies of the HER-2/neu proto-oncogene in human breast and ovarian cancer. Science 1989 ; 244 : 707-12.

5 Piccart-Gebhart MJ, Procter M, Leyland-Jones B, Goldhirsch A, Untch M, Smith I, et al. Trastuzumab after adjuvant chemotherapy in HER2-positive breast cancer. N Engl J Med 2005 ; 353 : 1659-72.

6 Smith I, Procter M, Gelber RD, Guillaume S, Feyereislova A, Dowsett M, et al. 2 year follow-up of trastuzumab after adjuvant chemotherapy in HER-2 positive breast cancer : a randomized controlled trial. Lancet 2007 ; 369 : 29-36.

7 Slamon D, Eiermann W, Robert N, Pienkowski T, Martin M, Pawlicki M, et al. BCIRG 006 : 2nd interim analysis phase III randomized trial comparing doxorubicin and cyclophosphamide followed by docetaxel (ACT) with doxorubicin and cyclophosphamide followed by docetaxel and trastuzumab (ACTH) with docetaxel, carboplatin and trastuzumab (TCH) in Her2neu positive early breast cancer patients. Breast Cancer Res Treat 2006 : 100 ; (abstract 52).

8 Romond EH, Perez EA, Bryant J, Suman VJ, Geyer CE, Davidson NE, et al. Trastuzumab plus adjuvant chemotherapy for operable HER2-positive breast cancer. N Engl J Med 2005 ; 353 : 1673-84.

9 Joensuu H, Kellokumpu-Lehtinen PL, Bono P, Alanko T, Kataja V, Asola R, et al. Adjuvant docetaxel or vinorelbine with or without trastuzumab for breast cancer. N Engl J Med 2006 ; 354 : 809-20.

10 Moy B, Goss PE. Lapatinib : Current Status and Future Directions in Breast Cancer. Oncologist 2006 ; 11 : 1047-57.

11 Piccart-Gebhart MJ, Perez EA, Baselga J, Gelber RD, Rosa D, Azambuja E, et al. Altto (Adjuvant Lapatinib and/or Trastuzumab Treatment Optimisation) study [BIG 2-06/N063D/EGF106708] : a phase III study for HER2 overexpressing early breast cancer. Breast 2007 ; 16(suppl 1) : S46 ; (abstract P118).

12 Wolff AC, Hammond EH, Schwartz JN, Hagerty KL, Allred DC, Cote RJ, et al. American Society of Clinical Oncology/College of American Pathologists Guideline Recommendations for Human Epidermal Growth Receptor 2 Testing in Breast Cancer. J Clin Oncol 2007 ; 25 : 118-45.


 

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