ARTICLE
Auteur(s) : Mahmut Ozsahin, Oscar
Matzinger, Michel Zimmermann, Abderrahim Zouhair
Service de radio-oncologie, Centre hospitalier universitaire
vaudois (CHUV), Bugnon 46, CH-1011 Lausanne, Suisse
Article reçu le 2 Avril 2007, accepté le 25 Mai 2007
Les carcinomes épidermoïdes des voies aérodigestives supérieures
sont des néoplasies dont le contrôle locorégional est primordial,
compte tenu de leur possibilité de rechute [1]. Leur traitement
repose en général sur la chirurgie ou la radiothérapie externe pour
les cancers de stade précoce. Les tumeurs localement avancées sont
traitées, selon l’expertise des centres, par une chirurgie suivie
d’une combinaison de radiochimiothérapie ou par une
radiochimiothérapie exclusive [2, 3].La prise en charge des
patients atteints d’un cancer ORL localement avancé est encore un
grand défi pour le clinicien, en raison de la persistance d’un taux
d’échec non négligeable, aussi bien localement qu’à distance
[4].Plusieurs travaux menés ces dernières années ont prouvé
l’implication dans la prolifération cellulaire et l’oncogenèse de
certaines protéines transmembranaires dotées d’une activité
effectrice de type tyrosine kinase [5, 6]. L’accroissement de
l’activité du récepteur à l’EGF (epidermal growth factor) a été
associé à la progression tumorale et à la réduction de la survie
chez de nombreux patients atteints de tumeurs solides, y compris au
niveau de la sphère ORL.Les thérapies ciblées comme nouveaux
traitements anticancéreux, parmi lesquelles les inhibiteurs des
récepteurs à l’EGF, viennent désormais occuper une place dans le
choix thérapeutique. La plupart de ces agents pharmacologiques ont
été étudiés en phase I-II et récemment en phase III combinant la
radiothérapie et le cetuximab avec des résultats préliminaires très
prometteurs [7].La concertation pluridisciplinaire reste un atout
capital dans les décisions en raison de la possibilité de combiner
plusieurs options thérapeutiques.Nous allons passer en revue le
rationnel de combiner la radiochimiothérapie à un inhibiteur de
l’EGFR et les résultats de certains travaux cliniques publiés
récemment dans la littérature.
Récepteur de l’EGF, radiothérapie et chimiothérapie
Le récepteur de l’EGF est une glycoprotéine transmembranaire de
170 kDa, codée au niveau du chromosome 7p12 [8] ; l’EGFR
fait partie de la famille des récepteurs ErbB (EGFR ou Her1, Her2,
Her3 et Her4). L’interaction du domaine extracellulaire de l’EGFR
avec ses ligands spécifiques (EGF ou TGFα) aboutit à son
homodimérisation (ou à son hétérodimérisation avec d’autres
récepteurs ErbB, en particulier Her2), prélude à l’autoactivation
de la tyrosine kinase au niveau des deux domaines intracellulaires
du récepteur. Ce processus va enclencher une cascade de
signalisations intracellulaires, entraînant au final une inhibition
de l’apoptose, une activation de la prolifération cellulaire et de
l’angiogenèse, ainsi qu’une augmentation du potentiel métastatique
[9].
Un fait expérimental capital est la capacité démontrée de
l’irradiation d’activer précocement la voie de transduction du
signal de l’EGFR par la libération radio-induite de TGFα [10].
Cette activation peut être considérée, au moins partiellement,
comme responsable du phénomène de repopulation cellulaire
post-radique, caractéristique de l’échappement à l’effet
cytotoxique induit par l’irradiation.
L’inhibition de l’activation post-radique de la voie de
signalisation de l’EGFR est l’un des facteurs explicatifs de la
synergie observée entre irradiation et anti-EGFR ; une
augmentation de la radiosensibilité par cette approche a été mise
en évidence sur le plan expérimental [11, 12]. De même,
l’association d’une chimiothérapie à base de platine et de
cetuximab a été démontrée efficace, sans problème pharmacocinétique
de coadministration, chez les patients présentant des cancers de
stades localement avancés, en récidive ou métastatiques [13].
La plupart des études précliniques et cliniques ont démontré un
faible contrôle local après radiothérapie des tumeurs surexprimant
l’EGFR [14]. Une étude récente [15] a revu de façon rétrospective
l’expression de l’EGFR chez 155 patients avec des cancers ORL de
stades III-IV, inclus dans le bras témoin de l’étude RTOG9003 et
ayant bénéficié d’une radiothérapie conventionnelle exclusive
(70 Gy en 7 semaines). Une expression détectable de
l’EGFR a été retrouvée chez 148 des 155 patients (95 %),
avec une très grande variabilité interindividuelle. L’expression de
l’EGFR était indépendante du stade tumoral ou du degré de
l’atteinte ganglionnaire initiale ; en analyse multivariée,
elle s’est révélée être par contre un facteur pronostique
indépendant de la survie globale (p = 0,006), ainsi que de la
survie sans récidive de la maladie (p = 0,003), de même qu’un
robuste facteur prédictif de récidive locorégionale (p = 0,002),
mais pas à distance (p = 0,50).
Deux approches thérapeutiques complémentaires ont été
développées. La première cible le domaine extracellulaire du
récepteur avec des anticorps monoclonaux anti-EGFR, la seconde le
domaine intracellulaire avec de petites molécules inhibant la
tyrosine kinase.
Malgré un nombre considérable de travaux, leur utilisation en
monothérapie dans le traitement de plusieurs types de tumeurs
solides n’a pas donné les résultats escomptés avec, le plus
souvent, l’obtention d’un effet cytostatique plutôt que cytotoxique
[16].
Rationnel pour une radiothérapie externe et une chimiothérapie
en postopératoire
Les patients présentant un cancer localement avancé de la sphère
ORL auront deux propositions thérapeutiques selon l’expérience du
centre : une chirurgie radicale suivie d’une radio, voire
d’une radiochimiothérapie adjuvante, ou une radiochimiothérapie
exclusive.
Le rationnel d’une radiothérapie externe (RTE) postopératoire
est de réduire la fréquence des rechutes locorégionales [17]. Le
concept de combiner une chirurgie radicale à la RTE postopératoire
est fondé empiriquement sur le fait que chaque modalité
thérapeutique employée séparément donne un faible contrôle
oncologique locorégional. Cependant, aucun essai randomisé n’a
démontré à ce jour la supériorité du traitement combiné vis-à-vis
de la chirurgie seule. Néanmoins, les différents travaux
rétrospectifs ont mis l’accent sur l’amélioration évidente du
contrôle locorégional grâce à la radiothérapie adjuvante [18-20].
Certains chercheurs ont développé dans les années 1990 une
stratégie comportant une RT préopératoire. Cette dernière a été
vite abandonnée après la publication d’un essai randomisé de phase
III du Radiation Treatment Oncology Group (RTOG), comparant une RTE
pré versus postopératoire dans les carcinomes laryngés
supraglottiques et hypopharyngés. Cette étude concluait à la
supériorité du traitement postopératoire pour le contrôle
locorégional [21]. L’intérêt d’une RTE postopératoire
comparativement à un traitement préopératoire est la possibilité
d’identifier des groupes de patients à risque de rechute
locorégionale en se basant sur les résultats anatomopathologiques
de leur pièce opératoire non altérée par un traitement néoadjuvant
[22]. Actuellement, l’association d’une radiochimiothérapie
préopératoire, ou exclusive en fonction de la réponse tumorale, est
d’usage en vue d’une préservation du larynx [23,24].
La radiochimiothérapie concomitante permet un effet antitumoral
locorégional synergique entre les deux thérapeutiques par rapport à
leur utilisation séquentielle. La coopération spatiale semble moins
prouvée car il n’existe pas de diminution des métastases à distance
par leur association, au moins en cas de radiochimiothérapie
exclusive [25].
Deux grands essais randomisés ont été conduits, l’un par le
groupe EORTC (European Organisation for Research and Treatment of
Cancer) et l’autre par le groupe américain RTOG, qui posent la même
question, à savoir le rôle du platine administré de façon
concomitante à la RTE en postopératoire [26,27]. L’essai EORTC22931
a randomisé 334 patients atteints d’un carcinome épidermoïde
localement avancé de la sphère ORL entre une RTE associée à une
chimiothérapie à base de platine et une RTE seule. La
chimiothérapie est loin d’être bien tolérée, comme en témoignent
les pourcentages d’administration des 3 cycles prévus dans l’essai
(88, 66 et de 49 % respectivement). Cela est expliqué par la
majoration des toxicités au niveau des muqueuses. L’incidence des
mucites fonctionnelles de grades 3-4 est significativement élevée
d’un facteur 2 dans le bras expérimental (p = 0,008). Les résultats
carcinologiques à 5 ans démontrent clairement un meilleur
contrôle locorégional et une meilleure survie (sans rechute et
globale) en faveur du traitement combiné. En revanche, la
chimiothérapie n’a pas eu d’impact sur l’apparition de
métastases.
L’étude RTOG9501 a porté sur un collectif de 459 patients
atteints de carcinomes épidermoïdes de la sphère ORL opérés et
présentant un haut risque de rechute. La dose du cisplatine ainsi
que l’intervalle d’administration sont identiques à ceux de l’étude
de l’EORTC. Les toxicités aiguës sont significativement majorées
dans le bras du traitement combiné. Les résultats carcinologiques
montrent un contrôle locorégional et une survie sans récidive
statistiquement supérieurs dans le bras expérimental. Cela ne se
traduit pas en gain de survie globale. Il n’y a pas non plus
d’impact de la chimiothérapie sur l’apparition de métastases.
L’analyse poolée du RTOG9501 et de l’EORTC22931 récemment
publiée [28] semble retrouver un sous-groupe de mauvais pronostic
(marges positives et/ou ruptures capsulaires) qui bénéficierait, en
termes de contrôle local, de survie sans récidive et de survie
globale, de l’intensification thérapeutique par l’adjonction de la
chimiothérapie. Ces deux travaux démontrent la supériorité du
traitement combiné en postopératoire par rapport à la radiothérapie
adjuvante seule.
Malgré la positivité des deux essais randomisés en
postopératoire, la chimiothérapie n’est pas retenue [29] chez
certains patients, en raison de leur âge ou des comorbidités.
L’apport d’un traitement par un anticorps anti-EGFR est
actuellement évalué dans l’essai RTOG0234.
Rationnel pour une radiochimiothérapie exclusive
Plus de 60 % des cancers ORL sont diagnostiqués avec un stade
localement avancé (III ou IV). Une chirurgie à visée curative n’est
pas toujours possible d’emblée chez ces patients ou alors elle
risque d’être mutilante.
Les options thérapeutiques comprenaient classiquement une
radiothérapie exclusive ou une chimiothérapie suivie d’une
irradiation. La radiothérapie seule donne une survie à 5 ans
de seulement 10-30 %. Ce résultat peut être amélioré par
l’application d’un schéma hyperfractionné et/ou accéléré [15].
Le concept d’associer une chimiothérapie à la radiothérapie se
fonde sur le principe d’une radiosensibilisation afin de contrer
une radiorésistance des tumeurs solides ainsi qu’un effet sur
d’éventuelles micrométastases. Ces deux effets devraient contribuer
à diminuer le taux de rechute locorégionale et à distance.
De multiples études ont prouvé le bénéfice de l’adjonction d’une
chimiothérapie concomitante à la radiothérapie, démontrant un
avantage en termes de contrôle local ainsi qu’une incidence sur la
survie. Ces résultats sont confirmés dans différentes
méta-analyses, malgré une grande hétérogénéité des schémas de
traitement. Dans une première méta-analyse, Pignon observe un
avantage en termes de survie d’environ 4 % à 5 ans
favorisant les traitements combinés [30]. Une autre méta-analyse
confirme un gain en survie grâce à l’adjonction d’une
chimiothérapie concomitante à une radiothérapie avec ou sans
modification du fractionnement [31].
Les agents de chimiothérapie les mieux étudiés en monothérapie
sont la mytomycine-C, le méthotrexate, le cisplatine et le
carboplatine. Le standard actuel est le cisplatine
(100 mg/m2 à J1, J22 et J43 de la
radiothérapie) [32]. Le problème posé par ce régime réside
toutefois dans la mucite aiguë associée.
Les résultats encourageants des études de phase II ont conduit à
plusieurs essais de phase III comparant une radiothérapie à
fractionnement standard ou modifié avec ou sans chimiothérapie
[33-36]. Toutes ces études montrent un net avantage en taux de
survie, qui se situe entre 40 et 60 % à 4 ans, en faveur
de l’adjonction de la chimiothérapie. La limitation de ce type de
prise en charge reste toutefois la toxicité aiguë (principalement
la mucite).
Malgré la supériorité du traitement combiné, certains patients
ne sont pas candidats à la chimiothérapie (refus, toxicité ou
multiples comorbidités). Cela mérite de considérer le schéma
thérapeutique récemment publié par Bonner et al. [7].
Résultats des essais cliniques combinant l’inhibiteur à l’EGFR
et la radiochimiothérapie
Le cetuximab combiné à l’irradiation a été testé par Robert [37]
chez des patients présentant des cancers de stades localement
avancés de la sphère ORL. Cette association a été bien tolérée et
la plupart des patients évalués ont eu une réponse partielle ou
complète.
Bonner et al. [7] ont publié les résultats d’une étude de phase
III portant sur 424 patients atteints d’un carcinome
épidermoïde localement avancé de la sphère ORL. La randomisation
s’est faite entre un bras de radiothérapie exclusive (RTE) et un
bras appliquant la même radiothérapie combinée à l’administration
hebdomadaire de cetuximab. La RTE a été délivrée de façon
monofractionnée à la dose totale de 70 Gy, de façon bifractionnée
de 72-76.8 Gy ou en boost concomitant à la dose de 72 Gy. Une
première injection de cetuximab est administrée à la dose de
400 mg/m2 une semaine avant le début de
l’irradiation puis hebdomadaire à la dose de
250 mg/m2 durant le traitement actinique. La durée
médiane de survie globale dans le bras RT exclusive s’établit à
29 mois, contre 49 dans le bras combinant RT et cetuximab
(p = 0,03). La durée médiane du contrôle locorégional a été de
24 mois dans le bras du traitement combiné et seulement de
15 mois dans le bras RT seule. La RTE et le cetuximab
prolongent significativement la survie sans progression
(p = 0,006). Un peu plus de la moitié des patients ont présenté une
mucite de grades 3-5, sans différence significative entre les deux
groupes (p = 0,44). Les réactions cutanées acnéiformes de grades
3-5 ont été plus fréquentes dans le bras comportant le cetuximab
(17 %) que dans le bras RTE (1 %), cette différence étant
statistiquement très significative (p < 0,001).
Il s’agit de la première étude qui démontre l’amélioration du
contrôle locorégional, la réduction de la mortalité sans majoration
de la toxicité habituelle après irradiation chez les patients
présentant des tumeurs de stade localement avancé de la sphère ORL
traités par l’administration combinée d’un anti-EGFR (cetuximab) et
d’une radiothérapie. Ces patients n’ont toutefois pas reçu de
chimiothérapie, ce qui est considéré comme une faiblesse de cette
étude. Le bénéfice thérapeutique obtenu dans l’étude de Bonner et
al. est équivalent à l’apport de la chimiothérapie concomitante
constaté dans les différentes méta-analyses.
Une étude pilote du Memorial a associé la RTE de type boost
concomitant au cisplatine et au cetuximab dans un collectif de
22 patients avec des cancers ORL de stade localement avancé
[38]. L’étude a été fermée en raison de la survenue de deux décès
toxiques considérés comme étant non liés au cetuximab. En revanche,
l’efficacité de cette association est encourageante. Les auteurs ne
recommandent cette combinaison que dans le cadre d’un essai
clinique. La phase III du groupe RTOG (0522), qui compare une
radiothérapie accélérée associée au cisplatine à la même
combinaison plus du cetuximab, est considérée comme le bras de
traitement intensifié issu de la phase pilote du Memorial. Une
autre option est de commencer par une chimiothérapie d’induction
moderne [39, 40] suivie d’une radiochimiothérapie ou RTE et
cetuximab (Gortec 2005-01) [41].
Conclusion
Les traitements de radiothérapie et de chimiothérapie actuels ayant
atteint leurs limites, avec peu de progrès supplémentaires à
attendre en l’état, la recherche se dirige aujourd’hui
principalement vers le développement de nouveaux traitements
anticancéreux et l’intégration de nouvelles thérapeutiques ciblées
dans la pratique clinique.
Dans les cancers ORL, l’EGFR s’est révélé être non seulement un
marqueur pronostique important, mais également une cible
thérapeutique de premier choix. La démonstration récente d’un gain
de survie important en combinant le cetuximab à la radiothérapie
constitue une percée majeure dans la prise en charge de ces
néoplasies. Le bénéfice thérapeutique de cette association pourrait
ne pas tarder à se vérifier également dans d’autres types de
tumeurs solides surexprimant l’EGFR.
Références
1 Zouhair A, Azria D, Pasche P, Stupp R,
Chevalier J, Betz M, et al. Accelerated
postoperative radiotherapy with weekly concomitant boost in
patients with locally advanced head and neck cancer. Radiother
Oncol 2004 ; 70 : 183-8.
2 Amdur RJ, Parson JT, Mendenhall WM,
Million RR, Stringer SP, Cassisi NJ. Postoperative
irradiation for squamous cell carcinoma of the head and neck :
an analysis of treatment results and complications. Int J Radiat
Oncol Biol Phys 1989 ; 16 : 25-36.
3 Licitra L, Locati LD, Bossi P. Head and neck
cancer. Ann Oncol 2004 ; 15 : 267-73.
4 Azria D, Zouhair A, Serre A, Lemanski C,
Rouanet P, Ychou M, et al. Anémie et cancers des
voies aérodigestives supérieures. Bull Cancer 2005 ; 92 :
445-51.
5 Felice G, Horwath AR, Kellie S. Tyrosine kinase
activities and neoplastic transformation. Biochem Soc Trans
1990 ; 18 : 69-72.
6 Ullrich A, Schlessinger J. Signal transduction by
receptors with tyrosine kinase activity. Cell 1990 ; 61 :
203-12.
7 Bonner JA, Harari PM, Giralt J, Azarnia N,
Shin DM, Cohen RB, et al. Radiotherapy plus
cetuximab for squamous cell carcinoma of the head and neck. N Engl
J Med 2006 ; 354 : 567-78.
8 Davis RL, Grosse VA, Kucherlapati R. Genetic
analysis of epidermal growth factor action : assignment of
human epidermal growth factor receptor gene to chromosome 7. Proc
Natl Acad Sci USA 1980 ; 77 : 4188-92.
9 Penault-Llorca F, Etessami A, Bourhis J.
Principales utilisations thérapeutiques des anticorps monoclonaux
en cancérologie. Cancer Radiother 2002 ; 6 : 24S-28S.
10 Dent P, Reardon DB, Jong Sung Park, Bowers G,
Logsdon C, Valerie K, et al. Radiation-induced
release of transforming growth factor α activates the
epidermal growth factor receptor and mitogen-activated protein
kinase pathway in carcinoma cells, leading to increased
proliferation and protection from radiation-induced cell death. Mol
Biol Cell 1999 ; 10 : 2493-506.
11 Tofilon PJ, Saxman S, Coleman CN. Molecular
targets for radiation therapy : bringing preclinical data into
clinical trials. Clin Cancer Res 2003 ; 9 : 3518-20.
12 Grandis J, Tweardy D. Elevated levels of
transforming growth factor α and epidermal growth factor
receptor messenger RNA are early markers of carcinogenesis in head
and neck cancer. Cancer Res 1993 ; 53 : 3579-84.
13 Baselga J, Pfister D, Cooper MR, Cohen R,
Burtness B, Bos M, et al. Phase I studies of
anti-epidermal growth factor receptor chimeric antibody C225 alone
and in combination with cisplatin. J Clin Oncol 2000 ;
18 : 904-14.
14 Baumann M, Krause M. Targeting the epidermal growth
factor receptor in radiotherapy : radiobiological mechanisms,
preclinical and clinical results. Radiother Oncol 2004 ;
72 : 257-66.
15 Ang KK, Brian A, Berkey BA, Xiaoyu T,
Zhang HZ, Katz R, et al. Impact of epidermal growth
factor receptor expression on survival and pattern of relapse in
patients with advanced head and neck carcinoma. Cancer Res
2002 ; 62 : 7350-6.
16 Raben D, Biano C, Milas K, Ang KK.
Targeted therapies and radiation for the treatment of head and neck
cancer : are we making progress? Seminars in Rad Oncol
2004 ; 14 : 139-52.
17 Pfreundner L, Willner J, Marx A, Hoppe F,
Beckmann G, Flentje M. The influence of the radicality of
resection and dose of postoperative radiation therapy on local
control and survival in carcinomas of the upper aerodigestive
tract. Int J Radiat Oncol Biol Phys 2000 ; 47 :
1287-97.
18 Barkley HT, Fletcher GH, Jesse RH,
Lindberg RD. Management of cervical lymph node metastases in
squamous cell carcinoma of the tonsillar fossa, base of tongue,
supraglottic larynx, and hypopharynx. Am J Surg 1972 ;
124 : 462-7.
19 Bartelink H, Breur K, Hart G, Annyas B,
van Slooten E, Snow G. The value of postoperative
radiotherapy as an adjuvant to radical neck dissection. Cancer
1983 ; 52 : 1008-13.
20 Cachin Y, Eschwege F. Combination of radiotherapy
and surgery in the treatment of head and neck cancers. Cancer Treat
Rev 1975 ; 2 : 177-91.
21 Tupchong L, Scott CB, Blitzer PH,
Marcial VA, Lowry LD, Jacobs JR, et al.
Randomized study of preoperative versus postoperative radiation
therapy in advanced head and neck carcinoma : long-term
follow-up of RTOG study 73-03. Int J Radiat Oncol Biol Phys
1991 ; 20 : 21-8.
22 Barkley HT, Fletcher GH, Jesse RH,
Lindberg RD. Management of cervical lymph node metastases in
squamous cell carcinoma of the tonsillar fossa, base of tongue,
supraglottic larynx, and hypopharynx. Am J Surg 1972 ;
124 : 462-7.
23 Forastiere AA, Goefert H, Maor M,
Pajak TF, Weber R, Morrison W, et al.
Concurrent chemotherapy and radiotherapy for organ preservation in
advanced laryngeal cancer. N Engl J Med 2003 ; 349 :
2091-8.
24 Lefebvre JL, Chevalier D, Luboinski B,
Kirkpatrick A, Collette L, Sahmoud T. Larynx
preservation in pyriform sinus cancer : preliminary results of
a European Organization for Research and Treatment of Cancer Phase
III trial-EORTC Head and Neck Cancer Cooperative Group. J Natl
Cancer Inst 1996 ; 88 : 890-9.
25 Wendt TG, Grabenbauer GG, Rodel CM,
Thiel HJ, Aydin H, Rohloff R, et al.
Simultaneous radiochemotherapy versus radiotherapy alone in
advanced head and neck cancer : a randomized multicenter
study. J Clin Oncol 1998 ; 16 : 1318-24.
26 Cooper JS, Pajak TF, Forastiere AA,
Jacobs J, Campbell BH, Saxman SB, et al.
Postoperative concurrent radiotherapy and chemotherapy for
high-risk squamous-cell carcinoma of the head and neck. N Engl J
Med 2004 ; 350 : 1937-44.
27 Bernier J, Domenge C, Ozsahin M,
Matuszewska K, Lefebvre JL, Greiner RH, et al.
Postoperative irradiation with or without chemotherapy for locally
advanced head and neck cancer. N Engl J Med 2004 ; 350 :
1945-52.
28 Bernier J, Cooper JS, Pajak TF, van
Glabbeke M, Bourhis J, Forastiere A, et al.
Defining risk levels in locally advanced head and neck
cancers : a comparative analysis of concurrent postoperative
radiation plus chemotherapy trials of the EORTC (22931) and RTOG
(9501). Head Neck 2005 ; 27 : 843-50.
29 Ang KK, Trotti A, Brown BW, Garden AS,
Foote RL, Morrison WH, et al. Randomized trial
addressing risk features and time factors of surgery plus
radiotherapy in advanced head-and-neck cancer. Int J Radiat Oncol
Biol Phys 2001 ; 51 : 571-8.
30 Pignon JP, Bourhis J, Domenge C,
Designe L. Chemotherapy added to locoregional treatment for
head and neck squamous-cell carcinoma : three meta-analyses of
updated individual data. Lancet 2000 ; 355 : 949-55.
31 Budach W, Hehr T, Budach V, Belka C,
Dietz K. A meta-analysis of hyperfractionated and accelerated
radiotherapy and combined chemotherapy and radiotherapy regimens in
unresected locally advanced squamous cell carcinoma of the head and
neck. BMC Cancer 2006.
32 Forastiere A, Koch W, Trotti A,
Sidransky D. Head and neck cancer. N Engl J Med 2001 ;
345 : 1890-900.
33 Jeremic B, Shibamoto Y, Milicic B,
Nikolic N, Dagovic A, Aleksandrovic J, et al.
Hyperfractionated radiation therapy with or without concurrent
low-dose daily cisplatin in locally advanced squamous cell
carcinoma of the head and neck : a prospective randomized
trial. J Clin Oncol 2000 ; 18 : 1458-64.
34 Staar S, Rudat V, Stuetzer H, Dietz A,
Volling P, Schroeder M, et al. Intensified
hyperfractionated accelerated radiotherapy limits the additional
benefit of simultaneous chemotherapy : results of a
multicentric randomized German trial in advanced head and neck
cancer. Int J Radiat Oncol Biol Phys 2001 ; 50 :
1161-71.
35 Brizel DM, Albers ME, Fisher SR,
Scher RL, Richtsmeier WJ, Hars V, et al.
Hyperfractionated irradiation with or without concurrent
chemotherapy for locally advanced head and neck cancer. N Engl J
Med 1998 ; 338 : 1798-804.
36 Budach V, Stuschke M, Budach W,
Baumann M, Geismar D, Grabenbauer G, et al.
Hyperfractionated accelerated chemoradiation with concurrent
fluorouracil-mitomycin is more effective than dose-escalated
hyperfractionated accelerated radiation therapy alone in locally
advanced head and neck cancer : final results of the
Radiotherapy Cooperative Clinical Trials Group of the German Cancer
Society 95-06 prospective randomized trial. J Clin Oncol
2005 ; 23 : 1125-35.
37 Robert F, Ezekiel MP, Spencer SA,
Meredith RF, Bonner JA, Khazaeli MB, et al.
Phase I study of anti-epidermal growth factor receptor antibody
cetuximab in combination with radiation therapy in patients with
advanced head and neck cancer. J Clin Oncol 2001 ; 19 :
3234-43.
38 Pfister DG, Su YB, Kraus DH, Wolden SL,
Lis E, Aliff TB, et al. Concurrent cetuximab,
cisplatin, and concomitant boost radiotherapy for locoregionally
advanced, squamous cell head and neck cancer : a pilot phase
II study of a new combined-modality paradigm. J Clin Oncol
2006 ; 24 : 1072-8.
39 Vermorken JB, Remenar E, van Herpen C, Germa
Lluch J, Stewart S, Gorlia T, et al. Standard
cisplatin/infusional 5-fluorouracil vs docetaxel plus PF as
neoadjuvant chemotherapy for nonresectable locally advanced
squamous cell carcinoma of the head and neck : a phase III
trial of the EORTC Head and Neck Cancer Group (EORTC24971). J Clin
Oncol 2004 ; 22(Suppl) : 490s.
40 Posner MR, Herschock D, Le-Lann L,
Devlin PM, Haddad RI. Docetaxel added to induction
therapy in head and neck cancer. J Clin Oncol 2006 ;
24(Suppl) ; (abstr).
41 Bourhis J, Guigay J, Temam S, Pignon JP.
Chemo-radiotherapy in head and neck cancer. Ann Oncol 2006 ;
17 : 39-41.
|