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Consentement éclairé ou choix informé ? Un dilemme éthique en pratique quotidienne


Bulletin du Cancer. Volume 94, Numéro 5, 453-9, Mai 2007, Synthèse

Article gratuit   Summary  

Auteur(s) : Philippe Vennin

Résumé : Comment articuler l’information, la pratique pluridisciplinaire, le choix du traitement et la décision de l’appliquer dans une bonne relation médecin-malade, c’est-à-dire une relation conforme à l’éthique ? Le médecin est l’expert qui détient l’information (les patients ont de plus en plus d’autres sources d’information). Le choix du traitement (ou de l’absence de traitement) dépend des faits (l’évidence) et des valeurs personnelles (les préférences). La sélection entre les options thérapeutiques (il y a le plus souvent plusieurs options) peut être le fait du médecin, ou des médecins dans le cadre d’un exercice pluridisciplinaire (RCP), en présence ou non du patient. La décision de faire ou non le traitement appartient au patient (qui n’en a pas toujours conscience). Le partage initial de l’information entre médecin et patient peut permettre au patient de choisir lui-même l’option qui lui convient le mieux. Plus le partage est total, plus le patient peut faire un choix « libre » (du moins non influencé par le médecin). Il est souvent possible (oncogénétique, prévention, dépistage, traitements adjuvants) de partager la totalité de l’information disponible (tout en connaissant sa relativité et ses limites). En cancérologie, il n’est cependant pas toujours réaliste, ni souhaité par les patients, de partager toute l’information. Il reste néanmoins possible de parvenir progressivement, sans a priori de la part du médecin, avec le patient, à un choix préférentiel grâce à un processus délibératif, une co-construction du choix et de la décision. Mais, souvent, le médecin se réfère à un protocole préétabli, élaboré par les médecins, représentant le choix majoritaire (des médecins et/ou des patients) dans la « même » situation et présente au patient une seule solution thérapeutique en lui demandant son consentement. L’information vient ici expliquer le choix thérapeutique déjà effectué. Cette attitude de type paternaliste est très efficace, confortable et ne nuit pas à la satisfaction de la majorité des patients, elle limite cependant leur liberté qui n’est plus de choisir entre toutes les options possibles puisqu’elle se résume à accepter ou à refuser le choix fait par les médecins. Compte tenu de l’extrême variabilité des situations, il serait cependant illusoire de vouloir défendre une attitude unique, il reste au praticien conscient de ces problèmes éthiques à essayer de s’adapter, sans a priori, à chaque situation.

Mots-clés : consentement éclairé, patient, éthique

 

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