|
|
 |
 |
| |
Version imprimable |
Théories neurotrophiques du stress et neurobiologie des antidépresseurs : applications en psycho-oncologie |
Bulletin du Cancer. Volume 94, Numéro 5, 431-8, Mai 2007, Synthèse
|
Article gratuit
Summary
|
Auteur(s) : Alain Ronson |
Résumé : Depuis quelques années, le modèle du stress s’impose comme un cadre de référence pour l’étude des perturbations de l’adaptation psychologique au cancer. Ce concept implique l’existence d’un état de « tension » physiologique et psychologique résultant de l’interaction entre un individu et son environnement. Les conséquences délétères du stress chronique comprennent des altérations, fonctionnelles mais aussi structurelles, du système nerveux central, qu’il paraît essentiel de comprendre pour proposer des stratégies efficaces de traitement des réactions psychopathologiques observées chez de nombreux patients cancéreux. Cliniquement, les manifestations du stress se traduisent par des symptômes anxieux et dépressifs pouvant atteindre une intensité pathologique sous la forme de la dépression majeure ou du syndrome de stress post-traumatique. La dépression constitue par ailleurs un type de syndrome de stress post-traumatique. Ces entités cliniques justifient le recours à des traitements antidépresseurs. Or, pour diverses raisons, les études évaluant l’utilisation et l’efficacité des antidépresseurs en oncologie restent extrêmement rares. De plus, il persiste de nombreuses zones d’ombre sur les mécanismes fins de l’action des antidépresseurs, dont résultent des difficultés de gestion de situations cliniques rebelles au traitement. Dès lors, un examen approfondi de ces mécanismes s’impose, afin de préciser les bases neurobiologiques de la physiopathologie du stress et les applications de ces connaissances au traitement de la dépression en oncologie. Les enjeux de cette démarche apparaissent d’autant plus importants que la littérature récente apporte un soutien croissant au rôle potentiel de variables psychologiques dans l’évolution des affections cancéreuses. Au cours de cet article, nous retracerons l’historique des théories relatives à l’action des antidépresseurs, depuis l’hypothèse monoaminergique, qui avait révélé le rôle de la sérotonine et de la noradrénaline dans la physiopathologie de la dépression. Nous concentrerons notre attention sur les cascades de transduction de signal conduisant à l’expression de gènes de facteurs de transcription et de croissance (CREB et BDNF). L’importance des processus d’atrophie neuronale dans la physiopathologie du stress et de neurogenèse dans l’action des antidépresseurs sera mise en exergue. La discussion s’achèvera par la présentation de l’hypothèse du traitement de l’information, qui offre un soutien sans équivoque à l’utilisation de stratégies combinées, associant psychothérapie et approche pharmacologique, dans la prise en charge de la dépression sévère en oncologie. |
Mots-clés : cancer, stress psychologique, neurogenèse, antidépresseurs, traitement de l’information |
|