ARTICLE
207
Mise en place d’une gestion des coûts pharmaceutiques d’un essai
clinique
Flanzy V1, De Crozals F1, Lortal
B1, Fons S2, Bonhomme C2, Alaux
B3, Canal P1
1Pharmacie, 2Contrôle de gestion,
3Bureau des essais cliniques, Institut Claudius-Regaud,
Toulouse
Dans le cadre de la gestion pharmaceutique des essais cliniques
(EC), le pharmacien hospitalier est confronté à des exigences de
plus en plus grandes de la part des laboratoires promoteurs. La
pharmacie de l’Institut Claudius-Regaud à Toulouse a décidé de
revoir son forfait de gestion pharmaceutique des EC dans le but de
rationaliser le temps passé ainsi que les coûts induits par cette
activité.
Grâce à une collaboration entre le bureau des essais cliniques, le
contrôle de gestion et de la pharmacie, nous avons répertorié les
différentes activités pharmaceutiques liées à la gestion d’EC, puis
estimé un temps et affecté un coût horaire. Nous avons ainsi
identifié des frais fixes (frais d’ouverture, de clôture et
d’archivage des documents de l’EC) et des frais variables (frais
administratifs et frais de dispensation).
À partir de ces données, un classeur Excel® a été créé
avec les différentes activités pharmaceutiques affectées d’un coût
et pondérées d’un coefficient multiplicateur variant en fonction du
nombre de fois où l’activité pharmaceutique est répétée ; ceci
permettant une étude de coût propre à chaque EC.
Ce travail nous permet désormais de faire lors des
pré-study une estimation des coûts, qui est ensuite proposée
dans la convention et de réaliser une facturation trimestrielle au
laboratoire promoteur de l’EC. Ainsi, nous sommes capables de
suivre et analyser de façon précise les surcoûts pharmaceutiques
liés aux EC.
208
Évaluation du programme de dépistage du cancer du sein français
2003
Ancelle-Park R1, Séradour B2 Paty
AC1, Julien M1, Bloch J et les coordonnateurs
départementaux
1Institut de veille sanitaire ;
2Arcades, Marseille
Un nouveau cahier des charges du programme de dépistage organisé
du cancer du sein a été mis en place en 2002 et généralisé à tout
le territoire français en 2003-2004. Il propose, tous les deux ans,
une mammographie comportant deux clichés par sein et un examen
clinique systématique à toutes les femmes de 50 à 74 ans. Nous
présentons les résultats des indicateurs d’impact, de qualité et
d’efficacité de ce nouveau programme pour l’année 2003.
Les structures de gestion départementales invitent les femmes et
recueillent les données qui sont transmises à l’Institut de veille
sanitaire annuellement pour l’évaluation. L’évaluation porte sur
les indicateurs d’impact (participation) de qualité et
d’efficacité. Ils sont basés sur le référentiel européen et sur les
besoins du nouveau cahier des charges. Le nouveau protocole :
deux clichés par sein tous les 2 ans, un examen clinique
systématique, un bilan complémentaire immédiat effectué pour les
femmes ayant une mammographie anormale et une double lecture pour
tous les clichés normaux. Les données sont présentées pour les
départements ayant plus de 4 mois d’activité. Les
anciens départements ont débuté avant septembre 2002 et
les nouveaux entre octobre 2002 et 2003. Les taux de
participation sont calculés au prorata du nombre de mois d’activité
dans l’année.
Un total de 84 départements avait débuté en 2003 et
59 avaient plus de 4 mois d’activité. Le taux global de
participation était de 33 %. Il est de 34 anciens
départements et 32 % pour les 25 nouveaux. En 2003,
12 % des femmes ont eu un bilan diagnostique immédiat après la
première lecture (L1) et seules 4 % des anomalies ont été
confirmées par le bilan diagnostique immédiat. L’examen clinique a
identifié une anomalie non visible à la mammographie chez
0,3 % des femmes dépistées. Le taux de mammographies positives
peut paraître élevé mais les nouvelles modalités ont réduit le
pourcentage de femmes rappelées après la deuxième lecture (L2) de
7,9 % en 2002 (ancien programme) à 1,8 % en 2003. Le taux
de biopsies chirurgicales est de 0,8 % et 84 % de ces
biopsies ont montré un cancer. Le taux de cancers détectés par le
dépistage était de 6,3 ‰, dont 8,3 % ont été détectés par
le seul L2. Globalement ces taux sont plus élevés que ceux de
l’ancien programme (5,2 ‰ en 2001). Ils restent plus élevés
lorsque la classe d’âge 70 à 74 ans est supprimée (5,7 ‰
en 2003 versus 4,9 ‰ en 2001). Les pourcentages de
petits cancers de bon pronostic étaient pour les cancers canalaires
in situ de 13 %, pour les cancers invasifs ≤
10 mm de 37 % et pour les cancers invasifs ≤
10 mm sans envahissement ganglionnaire, de 31 %.
Les indicateurs d’efficacité et de qualité, sont en moyenne,
conformes aux références européennes et les taux de cancers
semblent plus élevés avec ce nouveau protocole. La participation en
2003 est en hausse par rapport à 2002, mais de nombreux
départements avaient une activité encore trop récente. Ces taux
devront encore progresser pour atteindre la référence européenne de
70.
209
Les difficultés de prescriptions de trastuzumab
(Herceptin®) :
évaluation des non-conformités
Deville L1, Desrayaud-Jourdan N1,
Vignot S2, Faure P1, LeMaignan C2,
Misset JL2, Madelaine-Chambrin I1 et le
comité du médicament
1Services de Pharmacie et 2d’Oncologie
Médicale, Hôpital Saint-Louis, 1, avenue Claude-Vellefaux,
75475 Paris Cedex 10
Le protocole temporaire de traitement de trastuzumab diffusé
depuis octobre 2005 élargit son utilisation aux
situations adjuvantes dans le cancer du sein. L’application de ces
recommandations a été anticipée dès mai 2005 dans notre
établissement suite aux résultats de l’Asco. Nous avons alors
cherché à évaluer les indications et posologies dans ce CHU
spécialisé en cancérologie.
Toutes les patientes ayant débuté un traitement par trastuzumab
entre mai 2005 et février 2006 ont été considérées.
Chaque dossier a été comparé aux ordonnances type
« tarification à l’activité (T2A) » comportant des
libellés d’indication à cocher. Les critères vérifiés sont la
recherche du CerbB2, l’indication et le schéma thérapeutique
(posologie et intervalles entre les injections).
Trente-six dossiers cliniques et 209 ordonnances ont été
analysés. Les traitements étaient de type adjuvant (39 %),
première (25 %) ou énième (33 %) ligne métastatique et
néoadjuvante (3 %). Le rythme d’administration défini était
hebdomadaire (14 %), de 1 fois toutes les 3 semaines
(83 %) et de 1 fois toutes les 2 semaines
(3 %). Toutes les patientes étaient CerbB2 positif. Concernant
l’indication mentionnée, 58,4 % des ordonnances T2A
(n = 122) n’étaient pas conformes à la situation
clinique : 94 % (n = 115) comportaient des
erreurs majeures portant sur le groupe d’indication ou une absence
de traitement associé et 6 % (n = 7) des erreurs
mineures avec un traitement associé mentionné incorrect. 25 %
des patientes (n = 9) présentaient un schéma posologique
erroné : dose administrée toutes les 3 semaines minorée
(n = 3), uniquement des doses de charge avec un
intervalle de cure allongé (n = 1), 2 doses de
charge successives (n = 1), inversion de la dose de
charge avec la dose d’entretien (n = 1), ou absence de
doses de charge (n = 3), erreur considérée comme mineure.
L’intervalle entre les injections a été inadapté pour
10 patientes (diminué pour 4 et augmenté pour 6).
Le nombre important de prescriptions portant une indication
erronée, en partie en rapport avec une modification des indications
jugées pertinentes, souligne la nécessité d’une actualisation
rapide des supports de prescription et remet en cause les
ordonnances type boîte à cocher. Le développement de
l’informatisation de la prescription en réseau avec la pharmacie
aiderait à la validation du schéma thérapeutique. À court terme, la
pharmacie va remettre en place une fiche de suivi
personnalisée.
210
Facteurs de risque des cancers de l’ovaire
Delort L1,3,4, Chalabi N1,3,4, Satih
S1,3,4, Rongère V1,3,4, Bignon
YJ1,2,3,4, Bernard-Gallon DJ1,3,4
1Département d’oncogénétique, Centre Jean-Perrin,
BP392, 63011 Clermont-Ferrand Cedex ; 2Univ
Clermont 1, 28 place Henri-Dunant,
63001 Clermont-Ferrand Cedex ; 3CRNH,
58 rue Montalembert, 63009 Clermont-Ferrand Cedex ;
4Inserm UMR 484, rue Montalembert,
63005 Clermont-Ferrand Cedex
Le cancer de l’ovaire représente environ 4 % de l’ensemble
des nouveaux cancers chez la femme avec plus de 4400 nouveaux
cas par an en France et 3500 décès. En 2000, l’âge moyen au
diagnostic était de 65 ans. Le taux d’incidence augmente
régulièrement avec l’âge pour atteindre le taux de
43 pour 100 000 femmes par an à 74 ans,
puis il diminue à 36 après l’âge de 85 ans. Le taux de
mortalité, quant à lui, ne cesse d’augmenter avec l’âge. Ainsi
l’âge est un facteur de risque majeur. Mais d’autres facteurs ont
été identifiés. Il s’agit des antécédents personnels de cancers du
côlon, du sein et de l’endomètre ainsi qu’une histoire familiale de
cancers de l’ovaire.
L’objectif de cette étude a été de mettre en évidence le rôle
d’autres facteurs tels que les facteurs de la vie reproductive, les
facteurs anthropométriques, dans l’étiologie des cancers de
l’ovaire.
Une étude cas-témoins constituée de 55 cas de cancers de
l’ovaire et de 857 témoins a été menée. La participation à
l’étude pour l’ensemble des volontaires comprenait un prélèvement
sanguin et un questionnaire portant sur les caractéristiques
anthropométriques, les facteurs hormonaux et environnementaux.
Des analyses univariées et multivariées ont permis de mettre en
évidence une augmentation du risque de cancer de l’ovaire avec le
tour de taille des patientes ainsi qu’avec le BMI (indice de masse
corporelle). Au contraire, la prise de contraceptifs semblerait
exercer un effet protecteur sur le risque de développer cette
pathologie. L’ensemble des autres paramètres étudiés (âge des
règles, nombre d’enfants, allaitement, tabagisme, alcool)
n’auraient pas d’effets significatifs.
211
Relations entre certains antécédents, certaines transactions et la
progression de la maladie à 3 mois, chez des patients atteints
de cancers du rein métastatiques, traités par immunothérapie
Giraud V1, Rascle N1, Ravaud
A2
1Laboratoire de psychologie de la santé, EA 3662,
3 ter place de la Victoire, Université de Bordeaux 2,
33076 Bordeaux Cedex ; 2Service d’oncologie
médicale et de radiothérapie, Hôpital Saint-André, CHU Bordeaux, 1,
rue Jean-Burguet, 33075 Bordeaux Cedex Nous remercions
l’Inserm U394, la Fondation de France et la Ligue nationale de
lutte contre le cancer
Le principal objectif de cette étude a été de mettre en évidence
des relations entre certains antécédents, certaines transactions et
la progression de la maladie à 3 mois.
Soixante-six patients traités par immunothérapie
(interleukine 2 et/ou interféron-alpha) ont été inclus dans
cette étude. Notre hypothèse a été mise à l’épreuve grâce à une
analyse en pistes causales (Lisrel). Pour nous situer véritablement
dans une perspective transactionnelle, nous avons souhaité mettre
en évidence des effets médiateurs éventuels, des variables
transactionnelles entre les antécédents et le critère à prédire, la
progression de la maladie à 3 mois. Des analyses de
régressions multiples, nous ont permis de sélectionner « les
antécédents » : âge, situation familiale, statut
socioéconomique et les troubles neuropsychiatriques antérieurs à la
maladie (DSM-IV). Nous précisons que nous avons entré en premier
dans l’équation des transactions, la variable « perception de
la disponibilité du soutien social » puis « degré de
satisfaction du soutien social » ensuite les variables :
stress, anxiété état, « coping centré sur le problème,
centré sur l’émotion et centré sur la recherche de soutien
social ». La progression de la maladie était évaluée à
3 mois à partir des comptes rendus radiologiques des scanners,
à l’aide d’un item coté de 1 (régression de la taille et du nombre
des métastases) à 5 (progression de la taille et du nombre de
métastases). Les valeurs d’adéquation de ce modèle à nos données
sont très satisfaisantes puisque le GFI est > 0,90 (et
significatif à p < 0,018), le RMR est de 0,044 (donc
inférieur à 0,05) et le rapport X²/ddl = 3,36
(significatif à p = 0,018).
Plus les patients sont jeunes, plus ils utilisent la stratégie de
coping centrée sur le problème. Plus les revenus des
patients sont élevés, plus ils utilisent la stratégie de
coping centrée sur le problème, et plus leurs revenus sont
faibles plus ils utilisent la stratégie de coping centrée
sur l’émotion. Plus les patients ont eu de troubles
neuropsychiatriques antérieurs à leur maladie, plus ils sont
stressés et plus leur anxiété-état est intense. Les patients mariés
ont une progression de la maladie plus importante à 3 mois,
c’est-à-dire une progression de la taille et du nombre de
métastases. Ici, le fait d’être marié n’apparaît pas comme
protecteur, ce qui est surprenant. Les patients ayant un soutien
social perçu important (disponibilité) et ceux qui utilisent une
stratégie de coping centrée sur la recherche de soutien
social ont une progression de la maladie plus importante à M3, en
taille et en nombre de métastases. Ces résultats sont
contre-intuitifs. On pourrait penser que le soutien social et le
réseau de soutien social effectif protègent les patients.
La progression de la maladie est prédite par le fait d’être marié
plutôt que célibataire, et par deux variables transactionnelles,
une forte disponibilité perçue du soutien social et le recours à
une stratégie de coping centrée sur la recherche de soutien
social. Pour surprenant qu’ils soient, ces résultats sont cependant
cohérents entre eux. Notons une corrélation de + 0,22
(significative à p = 0,05) entre la situation familiale
et l’âge (les patients mariés sont plus âgés que les célibataires).
Il pourrait y avoir un léger effet parasite de l’âge sur la gravité
de la maladie. Mais il faut noter aussi que le système immunitaire
est moins performant chez les sujets les plus âgés. À part le fait
qu’ils soient plus souvent mariés (ce qui reste à vérifier sur une
population plus étendue), les sujets les plus malades semblent plus
que les autres rechercher et apprécier le soutien qu’ils
reçoivent.
212
Profils d’utilisation et coûts du trastuzumab dans la prise en
charge du cancer du sein métastatique
Gigou L1, Levêque D1, Eichler
F2, Alcaide RM2, Bieber S2, Giron
C2, Serra S2, Beretz L1, Bergerat
JP2
1Pharmacie, 2Département d’oncologie et
d’hématologie, Hôpital Hautepierre, avenue Molière,
67000 Strasbourg
Le trastuzumab est un anticorps monoclonal utilisé seul ou en
association dans le traitement du cancer du sein métastatique
surexprimant (3+) HER2. Peu de données sont disponibles concernant
son utilisation et son coût en pratique clinique courante. Le but
de notre étude était d’évaluer rétrospectivement l’utilisation du
trastuzumab dans notre établissement depuis son référencement
(disponible initialement dans le cadre d’une autorisation
temporaire d’utilisation nominative, ATU).
Toutes les patientes atteintes d’un cancer du sein métastatique
surexprimant (3+) HER2 et traitées par trastuzumab dans notre
établissement entre août 1999 et
juillet 2005 étaient éligibles. Les données concernant le
protocole d’utilisation, les modifications de traitement, les
effets indésirables imputables au trastuzumab, le coût
d’acquisition étaient relevées à partir des ordonnances et des
dossiers médicaux.
Cinquante et une patientes (âge moyen 53 ans, ET : 12)
atteintes d’un cancer du sein métastatique ont été traitées par
trastuzumab. Au 31 juillet 2005 (suivi médian 42 mois),
27 poursuivaient le traitement et 11 étaient décédées. Le
trastuzumab a été utilisé en première ligne chez 24 (47 %), en
deuxième ligne chez 11 (21 %), en troisième ligne chez 8
(16 %) et en quatrième ligne et plus chez 8 (16 %). Au
début du traitement, le trastuzumab était administré seul chez 20
(39 %) patientes et en association chez les 31 autres. Le
traitement a été modifié chez 35 (68 %). La maladie a
progressé chez 26 (51 %) patientes mais le trastuzumab a été
maintenu chez 16 (31 %). La durée médiane de traitement par
trastuzumab est de 126 semaines. Chez les patientes
(n = 24) qui ont arrêté le trastuzumab, elle est de
65 semaines (écarts 1-131). Les arrêts de traitement étaient
liés à la progression de la maladie (12 patientes), à des
effets indésirables (4) ou à d’autres raisons (8). Des effets
indésirables cardiaques imputables au trastuzumab ont été observés
chez 5 (9,8 %) patientes entraînant l’arrêt du traitement chez
4 d’entre elles. Le coût de traitement médian par trastuzumab
(n’incluant pas les autres agents anticancéreux) pour une patiente
atteinte d’un cancer du sein métastatique (65 semaines) est de
42 669 €.
Notre étude a porté sur les profils d’utilisation du trastuzumab
depuis son introduction dans notre établissement. Sans surprise, le
trastuzumab est principalement utilisé en première ligne et en
association. En revanche, la durée médiane de traitement
(65 semaines) est presque deux fois plus longue que celle
observée dans l’essai de phase III (37 semaines). Ceci est en
partie lié au fait que deux tiers des patientes qui progressent
sous trastuzumab restent traitées par l’anticorps monoclonal. En
corollaire, le coût de traitement médian est plus important que
celui anticipé.
213
Alimentation et risque de cancer du sein
Bessaoud F1, Daurès JP1, Gerber
M2
1Laboratoire d’épidémiologie et biostatistiques,
Institut universitaire de recherche clinique, 361 avenue du
Doyen Gaston-Giraud, 34093 Montpellier Cedex ;
2Centre de recherche en cancérologie, Centre régional de
lutte contre le cancer Val d’Aurelle- Paul Lamarque,
Montpellier
Le lien entre l’alimentation et le risque de cancer du sein
n’est pas encore clairement établi. Nous avons donc examiné dans
une étude cas-témoins conduite dans l’Hérault, l’impact de
l’alimentation sur la survenue du cancer du sein. 437 cas et
922 témoins appariés selon l’âge et la ville de résidence ont
été interrogés. L’alimentation a été mesurée à partir d’un
questionnaire alimentaire validé. La consommation de fruits et de
légumes crus n’est pas associée au risque de cancer du sein. On
retrouve cependant qu’une consommation de légumes cuits est
associée à une diminution non significative du risque de cancer du
sein (OR associé à une consommation supérieure à 105 g/j
versus une consommation inférieure à 105 g/j est de
0,86 [0,60 ; 1,24]). Le risque de cancer du sein diminue
linéairement avec la consommation de légumineuses, cependant cette
diminution n’est pas significative (pour une augmentation de
consommation de 100 g/j de légumineuse
OR = 0,59 [0,29 ; 1,20]). Le risque de cancer
du sein associé à une consommation de céréales supérieure à
44 g/j est diminué de 70 % par rapport au risque associé
à une consommation inférieure à ce seuil
(OR = 0,29 [0,15 ; 0,55]). Le risque de cancer
du sein augmente linéairement avec la consommation de viande :
Une augmentation de consommation de 100 g/j double le risque
de cancer du sein (OR = 1,95 [1,08 ; 3,53]).
Aucun lien n’a pu être établi entre les produits laitiers et le
risque de cancer du sein. Une consommation supérieure à 23 g/j
de poisson diminue le risque de cancer du sein
(OR = 0,77 [0,61 ; 0,98]). Cependant,
l’ajustement par les acides gras EPA-DHA atténue cette association
suggérant que le lien entre le poisson et le risque de cancer du
sein serait imputable aux acides gras oméga 3 du type EPA-DHA. Par
ailleurs, l’ajustement par les facteurs de risque connus du cancer
du sein, diminue l’association. Une consommation inférieure à
20 g/j d’huile d’olive diminue significativement le risque de
cancer du sein.
En conclusion, nos résultats soutiennent l’hypothèse d’une
augmentation de risque associée à une forte consommation de viande
et d’une diminution de risque associée à la consommation de
céréales et d’huile d’olive. Une diminution non significative a été
associée à une consommation de légumes cuits, légumineuses et de
poissons. La consommation de fruits, de légume crus et de produits
laitiers ne semble pas être associée au risque de cancer du sein.
Il serait intéressant dans les futures recherches de déterminer les
profils alimentaires pouvant être liés à la maladie afin de
promouvoir ceux associés à un effet protecteur.
214
Étude par immunohistochimie de l’expression des récepteurs aux
œstrogènes, à l’acide rétinoïque et à la connexine 43 dans des
cellules mammaires humaines en lignée continue traitées par le
lycopène de la tomate
Chalabi N1,4,5, Delort L1,4,5, Satih
S1,4,5, Rongère V1,4,5, Déchelotte
P2,3, Bignon YJ1,2,4,5, Bernard-Gallon
DJ1,4,5
1Département d’oncogénétique, Centre Jean-Perrin,
58 rue Montalembert, BP 392,
63011 Clermont-Ferrand ; 2Université
d’Auvergne, 28 place Henri-Dunant, BP38,
63001 Clermont-Ferrand 1 ; 3Service
d’anatomopathologie, Hôtel-Dieu, boulevard Léon-Malfreyt,
63058 Clermont-Ferrand ; 4Centre de recherche
en nutrition humaine (CRNH), 58 rue Montalembert, BP321,
63009 Clermont-Ferrand ; 5Inserm UMR 484, rue
Montalembert, BP184, 63005 Clermont-Ferrand Cedex
Avec plus 40 000 nouveaux cas par an, le cancer du
sein est la première cause de mortalité de la femme en France. Il
s’agit d’une pathologie importante particulièrement représentée
dans les pays à fort accroissement économique. Ces constatations
ont permis de mettre en évidence le rôle majeur de l’alimentation
dans la genèse de ce cancer. Ainsi, un apport riche en fruits et
légumes aurait un rôle préventif dans les cancers du sein. C’est
pourquoi, nous nous sommes intéressés au micronutriment majeur de
la tomate, le lycopène. Puissant anti-oxydant, il agirait comme un
analogue de l’acide rétinoïque lui permettant de se fixer sur son
récepteur, le RAR (récepteur à l’acide rétinoïque). De plus, le
lycopène serait capable d’induire la synthèse de la connexine 43 et
de restaurer les communications intercellulaires de type gap,
indicateur précoce de malignité.
L’objectif de ce travail a été de déterminer si le lycopène
pouvait agir via les récepteurs de type RE (récepteurs aux
œstrogènes) et RAR ainsi que sur la connexine 43. Pour cela, une
étude par immunohistochimie a été réalisée sur deux lignées
continues mammaires tumorales MCF7, MDA-MB231 ainsi que sur
des cellules issues d’une dystrophie fibrokystique après un
traitement 10 μm de lycopène pendant 48 heures Des coupes
en paraffine à partir des cellules traitées comparées aux cellules
non traitées ont été réalisées puis incubées avec 5 anticorps
polyclonaux REα, REβ, RARα, RARβ et Cx43.
Les résultats ont montré une localisation nucléaire des récepteurs
REα et REβ accentuées après traitement par le lycopène dans les
trois lignées continues. Pour les récepteurs à l’acide rétinoïque
RARα et RARβ, les coupes concernant les cellules traitées au
lycopène mettent en évidence l’apparition de grains dans le
cytoplasme des cellules. Enfin, le lycopène semble renforcer la
localisation intercellulaire de la connexine 43 dans les trois
lignées continues.
215
Polymorphsimes des gènes cyclooxygénase 2 (cox2) et nitric oxyde
synthase3 (nos3) et risque de cancer du nasopharynx en Tunisie
Douik H1, Mamoghli T1, Ghanem
A1, Harzallah L1, Baatout H2,
Guemira F1
1Service de biologie clinique, Institut
Salah-Azaiez, Tunis, Tunisie ; 2Département des
sciences de base A, Faculté de Médecine, Tunis, Tunisie.
La cox2 est une enzyme inductible responsable de la production
des prostaglandines à partir de l’acide arachidonique. Sa
surexpression, suite à une induction par divers facteurs (facteurs
de croissance, cytokines…) a été associée à divers types de cancer
(côlon, sein, poumons…). Les nitric oxyde synthase, enzymes
produisant l’oxyde d’azote (NO), induisent l’expression de la cox2
et modulent son activité via NO et ses dérivés.
Nous nous sommes intéressés aux effets conjugués des
polymorphismes T8473C de la région 3’non traduite (3’UTR) du gène
cox2 et G894T de nos3 (NOS endothéliale) dans un type de cancer
fréquent en Tunisie : le cancer du nasopharynx. Les
polymorphismes cox2 et nos3 ont été étudiés par PCR/RFLP chez
96 patients atteints d’un cancer du nasopharynx de type UCNT
et 163 témoins sains, non apparentés. Les différences de
répartitions alléliques entre patients et témoins ont été mises en
évidence par le test Xhi2 au seuil de 5 %. L’analyse des
répartitions génotypiques et alléliques des gènes cox2 et nos3 n’a
pas montré de différence significative entre les patients et les
témoins. Cependant la présence simultanée de l’allèle C8473 de cox2
et T894 de nos3 est associée de manière significative aux témoins
(χ2 = 4,796, p < 0,05). La
présence de l’allèle T894 de nos3 (Asp), corrélé à une diminution
de la production de NO et à une augmentation des dérivés NOX
(NO2- et NO3-), favorise l’activation de la
cox2. Par ailleurs le polymorphisme T8473C de cox2 touche la
stabilité de l’ARNm et par conséquent l’expression de l’enzyme.
La présence simultanée des deux variants mutés nos3 et cox2 semble
jouer un rôle protecteur face au cancer du nasopharynx en Tunisie
(OR = 0,529), comme si la déstabilisation de l’ARNm de la
cox2 (variant C8473) annulait l’effet activateur et procarcinogène
des NOX (variant T894 de nos3).
216
Évaluation des pratiques médicales et de leurs conséquences
concernant la prise en charge des sarcomes, en région
Rhône-Alpes
Lurkin A1-2, Ducimetiere F1-2, Bergeron
C1, Biron P1-3, Cellier D4, Farsi
F3, Gilly F5-6, De Laroche G7,
Philip T1-2-3, Ranchère-Vince D1, Ringeisen
F8-9, Scoazec JY10, Castel P3,
Cautela N6, Blay JY10, Ray-Coquard
I1-2
1Centre Léon-Bérard, 28 rue Laennec,
69373 Lyon Cedex 08 ; 2Gresac-LASS, CNRS
FRE2747, Centre Léon-Bérard, 28 rue Laennec, 69373 Lyon
Cedex 08 ; 3Réseau Oncora, Centre-Léon Bérard,
28 rue Laennec, 69373 Lyon Cedex 08 ;
4Laboratoire Merck-Santé, 28 rue Saint-Romain,
69008 Lyon ; 5CHU Lyon-Sud,
69310 Pierre-Bénite ; 6Réseau Concorde,
162 avenue Lacassagne, 69324 Lyon Cedex 03 ;
7Institut de cancérologie de la Loire,
42270 Saint-Priest-en-Jarez ; 8CHU Michallon,
38043 Grenoble ; 9Réseau Arc Alpin, CHU
Michallon, BP217, 38043 Grenoble ; 10CHU
Edouard-Herriot, 5 place d’Arsonval, 69003 Lyon
Les sarcomes représentent une pathologie rare en cancérologie
(environ 1 % des tumeurs malignes de l’adulte) nécessitant une
prise en charge multidisciplinaire dès le diagnostic initial. Or,
une étude rétrospective, réalisée en 2002, nous a permis de montrer
que la prise en charge initiale des patients dans de la région
Rhône-Alpes n’était conforme aux recommandations des Standards,
Options et Recommandations (SOR) que dans un tiers des cas
[Ray-Coquard, Ann Oncol 2004]. Ces observations sont
semblables à d’autres études internationales. Il semble que les
recommandations nationales diffusées n’ont pas permis d’obtenir un
niveau « acceptable » de prise en charge en adéquation
avec les DAS (données actuelle de la science). En revanche, la mise
en place de concertations multidisciplinaires semble augmenter le
taux de conformité des pratiques aux recommandations nationales et
suggère une amélioration de la survie sans rechute des patients.
Cette dernière hypothèse, particulièrement intéressante devra être
confirmée. nous avons décidé de conduire une étude prospective et
exhaustive de tous les sarcomes diagnostiqués en région Rhône Alpes
(RA) en 2005. L’association des trois grands réseaux de
cancérologie de la région avec le soutien de divers partenaires
(Laboratoire Merck santé, Ligues départementales de lutte contre le
cancer) a permis la mise en place et la diffusion de ce projet. Les
anatomopathologistes ont été placés au centre de ce projet
permettant une très large participation des cabinets de pathologie
de la région. Ils sont régulièrement informés des procédures et de
l’état d’avancement du projet par une réunion annuelle et des
newsletters. L’exhaustivité des cas de sarcome au niveau
régional est alors assurée par la déclaration tous leurs cas
nouvellement diagnostiqués. Ces informations sont alors croisées
avec les déclarations de cliniciens régionaux, avec les avis
demandés aux référents sarcome de la région, avec les dossiers
présentés au comité Sarcome du centre Léon-Bérard (RCP). Un bloc de
tumeur est également demandé en vue d’établir une base
clinicobiologique de diagnostic moléculaire associé (la faisabilité
de la mise en place de ces bases ainsi que leurs freins seront
évalués). Chaque dossier, répondant aux critères d’inclusion, sera
évalué par la méthode de l’audit clinique des décisions médicales
(après avis favorable du clinicien en charge). Ainsi pour chaque
parcours de soins, une mesure des écarts des pratiques cliniques,
par rapport au thésaurus régional, aux données actuelles de la
science, sera établie. En parallèle, une étude économique analysant
l’impact de la conformité de la prise en charge des sarcomes aux
RCP sur les coûts, ainsi qu’une partie sociologique sous forme
d’entretien individuel avec les différents acteurs de cette prise
en charge seront réalisées. En fonction de ces analyses, des
recommandations concernant la prise en charge la plus
« coût/efficace » seront proposées pour la région RA. À
ce jour, 510 cas de sarcome ont été évalués et 400 sont inclus
dans le projet soit 2,5 fois plus que l’incidence attendue
(150/an).
217
Coût/efficacité de la chimioprévention du cancer colorectal par
l’aspirine associée ou non à une surveillance coloscopique
Francesconi C1, Benamouzig R2,3,
Launois R1
1REES France, 28 rue d’Assas,
75006 Paris ; 2Service
d’hépato-gastro-entérologie, Hôpital Avicenne, 125 route de
Stalingrad, 93009 Bobigny ; 3UFR-SMBH
Université Paris 13, 74 rue Marcel-Cachin,
93017 Bobigny
Actuellement, l’identification et la résection des adénomes
coliques constituent la seule approche permettant de diminuer
l’incidence du cancer colorectal. De nombreuses études ont par
ailleurs montré que la consommation régulière d’aspirine et/ou
d’anti-inflammatoires non stéroïdiens est associée à une diminution
du risque de cancers et de polypes rectocoliques. L’objectif de
cette étude est de comparer les conséquences économiques et
médicales de quatre stratégies potentielles de prévention du cancer
colorectal (CCR) en France : 1) aucune intervention, 2)
chimioprévention par aspirine par une dose quotidienne de
325 mg, 3) surveillance coloscopique, 4) association des deux
dernières stratégies.
Un modèle de Markov a été construit. Il permet de suivre, sur une
période de 30 ans, une cohorte fictive de
100 000 personnes âgées de 50 ans au début de
l’étude et ayant un risque moyen de CCR. Les diverses probabilités
de transition sont obtenues à partir de données de la littérature.
Seuls les coûts directs ont été considérés. Il s’agit des coûts de
la coloscopie (diagnostique ou thérapeutique), du traitement par
aspirine, du traitement du cancer et du suivi de celui-ci. Les
éventuels coûts des effets secondaires liés à l’aspirine et ceux
des complications survenant à la suite d’une coloscopie ont
également été intégrés. L’impact de l’efficacité des diverses
stratégies considérées, de l’observance à la surveillance
coloscopique et des divers coûts a également été évalué à travers
des analyses de sensibilité.
Sous l’hypothèse que la surveillance coloscopique et la prise
régulière d’aspirine diminuent respectivement de 80 et 25 % la
probabilité annuelle de développer un cancer colorectal, les trois
stratégies de prévention et de surveillance sont efficientes. La
stratégie la plus efficace est l’association d’une chimioprévention
et d’une surveillance coloscopique : alors que
6 710 cancers sont
attendus pour 100 000 personnes au sein d’une
population sans aucune intervention, 5 730 peuvent être
évités par cette association, 5 060 par la surveillance seule,
et 2 210 par la chimioprévention seule. Le coût total de la
prise en charge d’un patient pour ces quatre stratégies s’élève
respectivement à 918, 1 963, 1 732 et 1 004 .
Dans les stratégies avec surveillance coloscopique, plus de
80 % des coûts sont dus aux différentes coloscopies réalisées.
La mise en place d’une chimioprévention auprès d’une population qui
ne bénéficiait d’aucune intervention entraîne un coût
supplémentaire de 1 230par année de vie sauvée. Parmi une
population qui serait déjà sous surveillance coloscopique, l’ajout
d’une chimioprévention augmente les coûts de 13 625par année
de vie sauvée.
Les diverses stratégies de prévention et de dépistage étudiées
apparaissent économiquement supportables par rapport aux standards
internationaux. Bien que la chimioprévention soit moins efficace
qu’une surveillance coloscopique, cette stratégie est intéressante
puisque, dans une population qui ne bénéficie d’aucun moyen de
prévention ou de dépistage, l’ajout d’un traitement par aspirine
permet de diminuer le nombre de cancers pour un coût relativement
faible. De plus, sa mise en place au sein d’une population qui
serait déjà sous surveillance coloscopique entraîne un surcoût
acceptable par année de vie sauvée.
218
Évaluation de la satisfaction des médecins généralistes (MG) d’un
compte rendu standardisé de réunion de concertation
pluridisciplinaire (RCP) en cancérologie
Valentin F1, Giscard S2, Dewas
S1, Clisant S3, Vanseymortier M3,
Penel N1
1Département de cancérologie générale ;
2Service assurance qualité ; 3Unité
de recherche clinique, Centre Oscar-Lambret, 3 rue Combemale,
BP307, 59020 Lille Cedex
Les moyens de communication entre médecins généralistes et
cancérologues ont été assez peu étudiés. La généralisation de la
diffusion aux différents correspondants des comptes rendus de RCP
nous a permis d’envisager une enquête de perception auprès des
MG.
Un compte rendu standardisé comprenant (description clinique,
diagnostic histologique, classification TNM, inclusion potentielle
dans une étude clinique et description de l’étude, synthèse et
orientation du patient) est envoyé systématiquement après RCP aux
correspondants depuis janvier 2001. Un questionnaire
standardisé (18 questions fermées/2 questions ouvertes
évaluant sur le fond et la forme le compte rendu) a été validé puis
envoyé par courrier à 110 MG de la région Nord-Pas-de-Calais
ayant adressé des patients au centre Oscar-Lambret pour prise en
charge de sarcomes (78 cas), mélanomes (21) ou maladies
métastatiques inaugurales (11), soit en situation curative (42)
soit palliative (68). À chaque questionnaire était joint pour
chaque MG le compte rendu de RCP correspondant à son patient ainsi
qu’une lettre explicative de l’étude.
Cinquante-deux questionnaires ont été retournés complétés par les
MG (47 %, IC95 % = 38-56). Les MG sont
intéressés par ce compte rendu dans 50 cas/52 (96 %,
IC95 % = 93-100). Le compte rendu de RCP répond aux
attentes des MG dans 42 cas/50 (84 %,
IC95 % = 73-94). Les patients ont consulté les MG
juste après la RCP dans 41 cas/51 (80 %,
IC95 % = 69-91), et les MG ont trouvé dans la RCP
une aide pour cette consultation suivant la RCP dans 34 cas/48
(70 %, IC95 % = 57-83). Dans les questions
ouvertes, les MG ont exprimé un manque de clarté sur le pronostic
3 fois, un besoin d’informations complémentaires concernant
les effets secondaires liés à une chimiothérapie dans 15 cas
et ont fait remarquer que ce compte rendu leur apparaissait tardif
dans la démarche de soins dans 5 cas.
En apportant les éléments de réponse relatifs à la clarté sur le
pronostic et aux informations sur les effets secondaires le compte
rendu standardisé de RCP sera un outil de communication utile et
apprécié des MG.
219
Analyse des données d’incidence dans le cadre d’une étude
régionale concernant les sarcomes de l’adulte
Ducimetière F1-2, Lurkin A1-2,
Ranchère-Vince D1, Chalabreysse P3, Istier
L4, Denier JF5, Ciapa A6, Peoc’h
M7, Salameire D8, Hervé-Nicollet
C9, Isaac S10, Terdjman P11,
Claret-Tournier C12, Blay JY 13, Ray-Coquard
I1-2
1Centre Léon-Bérard, Lyon ;
2Gresac-LASS, CNRS FRE2747, Centre Léon-Bérard,
Lyon ; 3Cabinet médical de pathologie, Lyon ;
4Laboratoire d’anatomie et de cytologie pathologiques,
Argonay ; 5Cabinet d’anatomie et cytologie
pathologiques, Limonest ; 6Cabinet de pathologie
médicale, Grenoble ; 7Service d’anatomie et
cytologie pathologique, CHU, Saint-Étienne ;
8Département d’anatomie et cytologie pathologiques, CHU
Grenoble ; 9Groupe d’anatomie pathologique et de
cytologie, Saint-Étienne ; 10Service d’anatomie
pathologique, Centre hospitalier Lyon Sud, Pierre-Bénite ;
11Cabinet d’anatomie pathologique et de cytologie,
Valence Cedex ; 12Cabinet de pathologie, Le
Polygone, Chambéry ; 13CHU Edouard-Herriot, Lyon
Support financier : Merck KGaA, la Ligue, réseau européen
Conticanet
Les sarcomes sont des tumeurs malignes rares (1 % des
cancers de l’adulte), représentées par de multiples sous-types
histologiques et dont le diagnostic anatomopathologique est parfois
difficile. Il a été observé une hétérogénéité des pratiques
médicales dans la prise en charge des sarcomes. Ces pratiques sont
non conformes aux données scientifiques dans 70 % des cas,
augmentant le risque de rechute [Ray-Coquard, Ann Oncol
2004]. La littérature estime l’incidence des sarcomes proche de
150 nouveaux cas par an pour une région comme Rhône-Alpes
(10 % de la population française). Alors qu’il n’existe pas de
registre régional ou national répertoriant les sarcomes, ce projet
consiste à collecter, de manière prospective et exhaustive, les
données anatomopathologiques et cliniques des patients atteints de
sarcome en région Rhône-Alpes. Une fois la base de données
clinicobiologiques établie, l’objectif principal est de démontrer
le lien entre pratiques médicales, prise en charge optimale et
survie des patients. L’objectif secondaire est de donner une
incidence réelle de cette pathologie peu évaluée et non répertoriée
de façon exhaustive.
Les anatomopathologistes de Rhône-Alpes nous ont déclarés
prospectivement tous leurs cas de sarcomes diagnostiqués durant une
année complète. Les critères d’inclusion étaient les
suivants : diagnostic de sarcome,
âge > 15 ans, prise en charge initiale. Les
critères d’exclusion : age < 15 ans,
récidive, prise en charge en dehors de la région Rhône-Alpes.
571 cas de sarcome nous ont été déclarés. 400 cas
correspondant aux critères d’inclusion seront analysés pour évaluer
les pratiques médicales. 57 % des cas ont été déclarés
spontanément par les anatomopathologistes et 43 % ont été
sollicités (suite à différents contrôles d’exhaustivité mis en
place auprès du pathologiste référent sarcome régional effectuant
les relectures, des consultations d’oncologues médicaux, de
réunions de concertation pluridisciplinaires). Les histologies les
plus fréquemment rencontrées sont les GIST (16,5 %), les
liposarcomes (15 %), les léiomyosarcomes (11,8 %), les
ostéosarcomes (7,8 %) et les sarcomes fusocellulaires
(7,5 %). Nous avons pu constater que la majorité (72 %)
des diagnostics de sarcome est effectuée dans les cabinets
d’anatomopathologie du secteur privé. L’incidence observée dans
cette région pour les sarcomes est 2,7 fois plus importante
que l’incidence attendue évaluée par les données de registre des
tumeurs. Sur les premiers résultats, la fréquence observée des sous
types histologiques est différente de celle rapportée dans la
littérature. Ces données sont surprenantes et méritent d’être
rapportées et publiées mais aussi d’être validées. Pour cela, nous
avons décidé de compléter cette première année de recueil par une
seconde période de recueil exhaustif, dans la région Rhône-Alpes
dans un premier temps puis au niveau d’une autre région européenne
dans un deuxième temps, qui a débuté il y a deux mois. Elle nous
permettra également de réaliser une évaluation des pratiques plus
précise par sous-type histologique. Les résultats d’incidence et de
répartition géographique seront détaillés lors de l’exposition
complète des résultats.
Cette première étude prospective et exhaustive des sarcomes de la
région Rhône Alpes révèle que ces tumeurs mal connues sont plus
fréquentes que prévu. Elles se déclinent selon différentes entités
histologiques dont la répartition est contradictoire à celles
rapportées précédemment dans les études thérapeutiques de la
littérature scientifique.
220
Approche épidémiologique, anatomopathologique et clinique des
tumeurs du cavum : à propos de 2105 cas
Djekkoun R, Filali T, Bali MS, Ferdi N, Boudaoud K, Brihmat
A
Centre anticancéreux du CHU Benbadis, Constantine,
25000 Algérie
Les carcinomes du cavum sont d’origine épidermoïde et
représentent environ 90 % des tumeurs malignes du
rhinopharynx ; en l’absence d’un registre national, on a
essayé de situer ce cancer par rapport à la pathologie cancéreuse
en général traité au sein de notre centre qui draine la majorité
des patients de l’Est algérien.
De janvier 1990 à décembre 2005, 2105 patients
atteints d’un cancer du cavum avaient reçu un traitement par
radiothérapie et/ou chimiothérapie. Ce cancer occupe le premier
rang des cancers ORL avec un taux de 46,1 % et la troisième
localisation cancéreuse de l’ensemble des cancers traités, avec un
taux de 10,2 %. Une incidence annuelle moyenne de
131 nouveaux cas par an avec une prédominance masculine de
68,2 % et un taux de 31,8 % pour le sexe féminin ;
le sex-ratio tout âge confondu (H/F : 2,1). Ce cancer
se voit à tous les âges (3-90 ans) avec un taux de 12,5 %
entre (10-19 ans) et deux pics à 19,8 % et 19,3 %
entre 40-49 et 50-59 ans. Au-delà de 70 ans, le taux est
de 5,1 %. Sur le plan histopathologique, le carcinome
indifférencié (UCNT) de type III de l’OMS 1182 cas, soit
56,2 %. Il est retrouvé dans toutes les tranches d’âges de
8-80 ans. Le carcinome peu différencié (CEPD) de type II
783 cas, soit 37,2 %, se voit chez les sujets âgés entre
30-60 ans. Les carcinomes bien différenciés (CEBD) de type
I 35 cas, soit 1,7 %, type le plus rare. Les
lymphomes malins non hodgkiniens : 90 cas, soit
4,3 %. 10 cas de rhabdomysarcome chez des enfants et
5 d’adénocarcinome. Sur le plan clinique, c’est une
adénopathie cervicale associée ou non à des signes rhinologiques,
otologiques ou neurologiques qui était la circonstance de
découverte la plus fréquente 1716 cas, soit 81,7 %. Les
signes rhinologiques étaient présents dans 1526 cas, soit
72,5 % essentiellement une obstruction nasale avec des
épistaxis (33,1 %). Les signes otologiques dans 51,1 %,
l’hypoacousie était le signe le plus fréquent (26,6 %).
L’atteinte des paires crâniennes dans 27 % des cas. Le délai
moyen de consultation était de 9,7 mois
[1-48 mois] ; 31,2 % ont consulté dans un délai de 4
à 6 mois. Selon la classification UICC/AJC 1986 et après bilan
d’extension radio du thorax, échographie abdominale (100 %),
TDM cavaire dans 74,1 % (1560 cas) et scintigraphie
osseuse dans 54,7 % (1152 cas) : 80,4 %, soit
1692 cas T3-T4, et 71,5 %, soit 1505 N2-N3 et
10 % (210 cas métastatiques d’emblée).
Les carcinomes du cavum représentent la première localisation des
cancers de la sphère ORL avec prédominance des types II et III de
l’OMS avec distribution bimodale chez l’adolescent et l’adulte
jeune. Des formes localement évoluées voire métastatiques sont
fréquentes. La présence d’une adénopathie cervicale dans notre
contexte doit faire évoquer une lésion cavaire.
221
Prédispositions génétiques aux cancers de l’enfant : état des
lieux et perspectives
Gachi F1, Benlahreche ZB1, Hadjam
F1, Berkane K2, Bouzid K1
1Unité d’oncologie pédiatrique, Laboratoire
d’oncologie moléculaire fondamentale et appliquée ;
2Service d’oncologie médicale, Centre Pierre et Marie
Curie, Alger, Algérie
Un grand nombre des tumeurs de l’enfant sont biologiquement
différentes des tumeurs de l’adulte. Elles ressemblent,
morphologiquement, souvent à des précurseurs embryonnaires, sont
très invasives et métastasent rapidement. En outre, elles sont
souvent très sensibles aux différentes chimiothérapies. Le plus
souvent, on ne retrouve pas de facteur cancérigène dans
l’environnement, et fréquemment les tumeurs sont accompagnées de
malformations variées. De nombreuses mutations génétiques sont
observées.
Les buts et objectifs sont de contribuer à une meilleure
connaissance de l’épidémiologie descriptive des cancers de l’enfant
afin de soulever une réflexion sur une politique de dépistage ciblé
et de prévention.
Étude rétrospective par analyse portant sur
1 120 enfants porteurs de tumeurs solides pris en charge
au sein de l’unité, sur une période de 10 ans allant de
janvier 1995 à décembre 2004. 83 dossiers parmi
1 120 (7,4 %) ont été colligés, sexe : 52 G et
31 F (sex ratio 1,6), âge moyen 6,5 ans
(5 mois à 18 ans), 56 enfants/1 120 (5 %)
avait une notion de cancer familial, 27 enfants/1 120
(2,3 %) portaient un état prédisposant
Vingt-sept cas de prédispositions patentes :
12 neurofibromatoses, 1 Sd de Gorlin, 1 trisomie 21,
13 Xeroderma pigmentosum. Cancers familiaux :
20 rétinoblastomes, 2 Sd de Turcot, 34 agrégations
familiales, pathologies : sarcome d’Ewing 3, UCNT 2,
ostéosarcome 1, chondrosarcomatose 1, synovialosarcome 1,
médulloépithéliome 1, Xeroderma pigmentosum 1, rhabdomyosarcome 1,
tumeur du sac vitellin 1.
Étude épidémiologique unicentrique descriptive de type
rétrospectif souffrant de l’absence d’étude génétique moléculaire,
néanmoins elle montre bien l’existence d’agrégation familiale qui
n’est pas le fait du hasard. En dehors des rétinoblastomes et des
deux cas de Sd de Turcot, les agrégations familiales pourraient
fort bien correspondre à d’authentiques syndromes de Li-Fraumeni.
Les états prédisposant aux cancers sans anomalies associées sont
une réalité, ils surviennent à la faveur d’une agrégation familiale
de néoplasies dans le jeune âge constatée cliniquement ou d’états
prédisposant. La mise en place d’une organisation efficace
favoriserait le diagnostic précoce. Actuellement, mis à part des
prédispositions aux cancers du côlon de l’adulte, il n’existe pas
de caractéristique des cellules tumorales permettant de repérer les
cancers liés à une prédisposition génétique. Il est probable que
dans l’avenir les études de haut débit sur puces à ADN et ARN
permettent d’établir la carte d’identité des tumeurs et de repérer
les tumeurs liées à une prédisposition génétique. En attendant, la
présentation clinique de la maladie tumorale est d’un apport
essentiel pour dépister une prédisposition génétique sous-jacente.
Aujourd’hui, quatre types d’arguments conduisent à évoquer une
prédisposition : 1) l’existence d’une histoire familiale, 2)
la survenue précoce d’une tumeur, 3) la multifocalité des tumeurs
primitives et 4) l’existence d’une maladie sous-jacente. Il est à
noter qu’il s’agit d’arguments d’orientation et qu’aucun de ces
critères n’est suffisant ou indispensable au diagnostic de
prédisposition. On retient par principe de proposer le diagnostic
d’une prédisposition génétique chez un enfant atteint,
essentiellement lorsque son identification peut modifier sa prise
en charge ou lorsque le résultat du test peut modifier la prise en
charge de sa fratrie, voire de ses parents. La recherche d’une
prédisposition génétique chez un enfant s’effectue dans le cadre
d’une consultation médicale s’intégrant dans une prise en charge
pluridisciplinaire, pédiatrique, génétique, psychologique,
oncologique et spécialiste (ophtalmologique, radiologique,
orthopédique…)
Réfléchir tous sur une politique de dépistage ciblé basé sur
l’ouverture d’un registre des cancers familiaux, le recensement de
toutes les maladies prédisposantes à travers un registre, ainsi que
l’organisation d’une surveillance spécialisée dans le cadre d’une
consultation d’oncogénétique pédiatrique.
222
Création d’une interface ville-hôpital : une nécessité pour
le suivi des patients traités par chimiothérapie, et un moyen de
développer des indicateurs de qualité
Martin I1, Rigo C1, Lemare
F2, Montheil V1, Pajadon M1,
Staudt V1, Durand JP1, Goldwasser
F1
1Unité d’oncologie, 2Pharmacie, hôpital
Cochin, Cancer Ouest, 27 rue du faubourg Saint-Jacques,
75 679 Paris Cedex 14
La majorité des complications médicales des chimiothérapies
surviennent durant la période de retour à domicile. Créer un lien,
entre l’hôpital et le patient de retour au domicile, est crucial
pour la continuité du soin.
Lors de la première venue à l’hôpital de jour, le patient a une
consultation infirmière d’éducation thérapeutique suivie d’une
rencontre avec le médecin de l’hôpital de jour, la psychologue, la
diététicienne, et avec le médecin d’interface ville-hôpital.
Celui-ci fixe deux rendez-vous téléphoniques avec le patient, à
J + 2 et J + 8 en cas de traitement sur un jour
toutes les deux semaines. L’entretien téléphonique a pour objet de
répondre aux questions, de détecter des effets secondaires
nécessitant un examen clinique et de donner des conseils
thérapeutiques simples.
Entre janvier 2005 et avril 2006, 320 patients ont
été inclus. L’âge médian était de 65 ans (extr. : 15-88).
La tumeur primitive était un cancer gastro-intestinal (86,
27 %), mammaire ou gynécologique (67, 21 %), urologique
(51, 16 %), hépatobiliaire (45, 14 %), pulmonaire (42,
13 %), une tumeur rare sarcomateuse ou endocrine (29,
9 %). Les chimiothérapies se répartissaient en
36 protocoles. Elles étaient hautement (25/36, 69 %),
modérément (9/36, 25 %) ou faiblement (2/36, 6 %)
émétisantes. Le risque théorique de neutropénie de grade
3-4 était < 50 % (2/36, 6 %),
50-75 % (17/36, 47 %), > 75 % (17/36,
47 %), selon les protocoles. La prestation a été appréciée par
318/320 patients. Un médecin généraliste s’est plaint de la
démarche. L’impact de notre approche a été mesuré en rapportant
annuellement le nombre de recours aux urgences au nombre de séances
de chimiothérapie : 76/3 900 (1,9 % des traitements)
en 2005 contre 110/2 200 (5 % des traitements) en
2002, soit une réduction de 62 % du recours aux urgences.
La création d’une interface ville-hôpital est appréciée des
patients, et réduit le recours aux urgences. L’évaluation de
l’éducation thérapeutique est en cours. Des indicateurs de qualité
simples rendant compte des évènements toxiques peuvent être
construits et suivis par la cellule d’interface ainsi créée.
223
Statut hormonal, obésité, âge et risque de cancer du sein :
étude cas-témoins sur une population de l’ouest algérien
Senhadji R, Sahraoui T, El Kébir FZ
Université Es-Sénia Oran, Faculté des Sciences, Département
de biologie, Laboratoire de biologie du développement et de la
différenciation. BP16 Es-Sénia, Oran 31100, Algérie. ANDRS
Oran Algérie.
Non seulement les informations concernant les facteurs de risque
font jusqu’à présent l’objet de controverses et que seules des
enquêtes bien menées devraient permettre de lever mais aussi le
manque d’informations sur l’étiologie du cancer du sein en Algérie
nous a amenés à entreprendre une étude épidémiologique dans le but
de mettre en évidence les facteurs liés à cette maladie. L’étude
cas-témoins a porté sur 484 femmes atteintes d’un cancer du
sein et 222 femmes témoins de la région ouest de l’Algérie. Il
ressort de cette étude que 35,7 % des patientes ont moins de
50 ans, 33,7 % ont moins de 39 ans, 16,3 %
entre 50 et 59 ans et seulement 14,3 % ont plus de
60 ans. 76,4 % des patientes présentent un carcinome
canalaire infiltrant : 42,6 % de grade III (SBR),
54,5 % de grade II et 2,9 % de grade I. L’analyse de
régression logistique univariée a montré des facteurs liés à
l’activité hormonale, à l’indice de masse corporelle et à
l’hérédité, impliqués dans le développement du risque du cancer du
sein. Les odds ratio (OR) calculés ont révélé que certains facteurs
sont significativement liés au cancer mammaire. Parmi les facteurs
hormonaux, l’âge à la ménarche semble très lié à la pathologie
(OR = 1,62, IC95 % = 1,09-2,42) pour une
ménarche avant 12 ans. Les femmes qui se marient après
30 ans sont plus vulnérables (OR = 2,73 ;
IC95 % = 1,19-6,28). Le risque du cancer du sein
augmente quand la première grossesse à terme parvient après l’âge
de 30 ans (OR = 1,49,
IC95 % = 0,85-2,61). La nulliparité semble jouer un
rôle important dans la cancérogenèse mammaire (OR = 2,24,
IC95 % = 1,22-4,09). La nature des cycles menstruels
agit significativement sur le cancer du sein (OR = 1,99,
IC95 % = 1,24-3,17). Les résultats montrent
également, qu’une femme post-ménopausée est exposée à un risque
égal à 1,36 (IC95 % = 0,95-1,95). L’utilisation de
contraceptifs oraux semble aussi liée au risque du cancer du sein
(OR = 1,33, IC95 % = 0,96-1,83). L’obésité
estimée par l’indice de masse corporelle (IMC) semble agir très
significativement sur le développement du cancer mammaire. Par
rapport à la limite normale, les patientes en surpoids ont un
risque élevé (OR = 2,46,
IC95 % = 1,74-3,48) et évolue pour atteindre 2,66
(IC95 % = 1,09-6,48) chez les femmes obèses. Il
ressort de l’analyse multivariée, qu’il existe une interaction
entre l’âge, la prise de contraceptifs oraux, l’IMC et la nature
des cycles menstruels. En ajustant sur le paramètre IMC, l’âge
semble très lié au cancer du sein avec un risque significatif
(OR = 1,85, IC95 % = 1,04-3,29) pour les
femmes âgées entre 50 et 59 ans. L’effet inverse est retrouvé
en cas de contraception orale. Les femmes qui n’ont jamais pris de
pilules anti-gestatives ont significativement moins de risque
(OR = 0,47, IC95 % = 0,31-0,70). En
étudiant le facteur « âge », il semble que l’âge tardif
après 40 ans augmente le taux de risque de tous les facteurs
sélectionnés. L’obésité aggrave ce risque de développer un cancer
du sein (OR = 6,01, IC95 % = 1,79-20,25)
alors qu’une femme obèse âgée de moins de 40 ans ne court
aucun risque relatif à l’obésité (OR 0,41, IC95 %
0,09-1,77).
Nous estimons que les résultats préliminaires sont importants et
encourageants mais doivent faire l’objet d’une étude avec un
échantillonnage plus important pour démontrer l’effet tangible de
chaque facteur étudié. La connaissance des facteurs de risque du
cancer du sein est cependant encore trop imprécise pour que des
mesures préventives puissent être proposées actuellement. Ainsi,
malgré les progrès réalisés dans le dépistage et le traitement de
la maladie, ce type de cancer constitue jusqu’à présent un problème
de santé publique majeur dans notre pays.
224
Histoire familiale et hérédité du cancer mammaire dans une
population de l’ouest algérien
Mesli Taleb-bendiab F, Belghar A, Senhadji R &
El-Kébir FZ
Université Es-Sénia Oran, Faculté des Sciences, Département
de Biologie, Laboratoire de Biologie du Développement et de la
Différenciation. BP16 Es-Sénia, Oran 31100, Algérie. ANDRS
Oran Algérie
Le caractère héréditaire de certains cancers du sein se
manifeste par une transmission autosomique dominante. Il faut
distinguer cancer du sein à caractère héréditaire et les familles à
cancers du sein. Une enquête épidémiologique prospective a été
réalisée au niveau de la région ouest de l’Algérie dans le but de
faire ressortir le facteur de risque héréditaire. Les résultats
obtenus montrent que sur une population de 998 patientes
atteintes de différents cancers mammaires, 26.3 % des
patientes présentent un cancer mammaire héréditaire. Les résultats
de la détermination des antécédents familiaux montrent que les
membres du premier degré sont majoritaires avec une fréquence de
46,9 % suivis de ceux du second degré (25 %) ; les
autres membres présentent une fréquence de 28,1 %. La mère
constitue le membre prédominant (40,4 %) par rapport à la sœur
(12,3 %), à la tante (21,1 %), à la cousine (19,3 %)
et finalement à la grand-mère avec un taux plus faible
(7 %).
Une autre étude a été réalisée dans le but de discerner entre
cancer héréditaire et histoire familiale de cancer. Des arbres
généalogiques ont été établis sur cette fraction de patientes. Nous
avons constaté que, parmi les cas héréditaires répertoriés, le mode
de transmission est autosomique dominant alors que les cas
présentant une histoire familiale liée à une autre localisation de
cancer présentent plusieurs formes de transmission parmi lesquelles
nous citons le syndrome de Li-Frauméni.
En conclusion, nos résultats montrent que la population de l’ouest
algérien présente une forte composante héréditaire par rapport aux
données internationales qui mentionnent un taux n’excédant pas les
10 %. Au vu des données il y a urgence ! Cet état de
fait, apporte des arguments indiscutables de la nécessité
d’instaurer une prise en charge efficace par la création d’un
conseil génétique ; le rôle de la santé ne doit pas se limiter
aux soins.
225
L’envahissement axillaire dans le cancer du sein : un modèle
de marche aléatoire
Vinh-Hung V, Storme G
Oncologisch Centrum, AZ-VUB, 101 Laarbeeklaan,
1090 Jette, Belgique
L’objectif de l’étude est d’établir un modèle concis
représentatif de la relation entre l’envahissement ganglionnaire
axillaire et le risque global de décès dans le cancer du sein.
Les données proviennent du Surveillance, Epidemiology, and End
Results (SEER). Les patientes sélectionnées présentent un carcinome
mammaire primitif unilatéral diagnostiqué entre 1988
et 1997, stade T1-T2 (tumeur < 5 cm),
ganglion(s) axillaire(s) positif(s), non métastasé,
âge > 50 et < 65 ans, traitées par
mastectomie sans radiothérapie. Nous mesurons le degré
d’envahissement axillaire par le pourcentage de ganglions envahis
(PGE = nombre de ganglions positifs/nombre total de
ganglions réséqués, en %). Les hazard ratios du risque
de décès sont calculés pour chaque PGE en tenant compte de :
année du diagnostic, registre géographique, race, statut marital,
âge, histologie, grade, récepteurs hormonaux, localisation et
taille tumorale. Les hazard ratios successifs sont ensuite
modélisés en examinant leurs corrélations sérielles. Le choix du
modèle se base sur la statistique de Box-Ljung (rejet si les
résidus sériels diffèrent significativement d’un bruit blanc). La
relation entre le risque de décès et l’envahissement ganglionnaire
est exprimée comme un modèle de marche aléatoire avec
dérive :
Ht - Ht-1 = μ + a
t, où t est le pourcentage de ganglions envahis,
Ht est le hazard-ratio correspondant au
pourcentage t, μ est une constante et at est un bruit blanc. La
constante μ était estimée à 0,020, c’est-à-dire correspondant à un
incrément de 2 % du risque relatif de décès pour chaque
incrément de 1 % d’envahissement ganglionnaire. La variance de
at était estimée à 0,004. Le modèle était considéré acceptable par
le test de Box-Ljung, avec p = 0,205 pour les
observations successives.
Le modèle indique que la mortalité observée à chaque pourcentage
de ganglions envahis est une sommation de tous les risques de
mortalité antérieurs, augmentée par un incrément μ. En d’autres
termes, chaque pourcentage augmente en soi le risque de mortalité,
en plus du risque cumulatif causé par tous les pourcentages qui le
précédaient. C’est un modèle concis représentant l’impact de la
charge tumorale. Il exprime directement la mortalité en fonction de
l’envahissement ganglionnaire sans devoir faire appel à des
hypothèses sur le mécanisme de cet envahissement.
226
Marqueurs viraux et profil immunogénétique des carcinomes
nasopharyngés (NPC) en Tunisie
Mokni-Baizig N, Uueslati Z, Gamoudi A, Boussen H, Ladgham A,
El May A
Institut Salah-Azaiez, Tunis, Tunisie
La relation entre le virus d’Epstein-Barr (EBV) et l’association
du système HLA avec le NPC a été confirmée dans les zones à haut
risque. En Tunisie, cette néoplasie est caractérisée par une
incidence intermédiaire et une répartition bimodale.
Le dosage et la détection des marqueurs viraux sériques et
tumoraux d’une part et la comparaison des profils HLA-A,-B, DRB1
des patients par rapport aux témoins d’autre part, ont été l’objet
de notre étude. Les taux d’anticorps anti-EA, anti-VCA et anti-EBNA
sont très élevés chez les patients par rapport aux témoins et les
concentrations en IgG anti-VCA corrèlent avec la taille tumorale et
l’atteinte ganglionnaire avec respectivement X2 = 84,
p < 0,001 et X2 = 168, p < 0,001. La
recherche de l’empreinte virale dans le tissu lymphoépithélial a
révélé l’expression de LMP1 dans les lymphocytes et dans les
cellules épithéliales. L’hybridation in situ avec les sondes
PNA EBER a confirmé la présence du virus latent dans toutes les
cellules épithéliales malignes.
La comparaison des profils antigéniques HLA-A,-B et alléliques
HLA-DRB1 des patients par rapport aux témoins a montré une
augmentation de la fréquence phénotypique de B13
(15,5 versus 4 %), des fréquences alléliques de
DRB1*03 (26,4 versus 11,5 %) et DRB1*15
(14,5 versus 6,5 %) et une diminution de la
fréquence phénotypique de A23 (0 versus 18 %) et
allélique de DRB1*11 (5,5 versus 14 %). Ces
différences sont statistiquement significatives suggérant une
association de ces spécificités HLA avec le NPC en Tunisie.
Nos résultats confirment une association de l’EBV et du système
HLA avec le NPC en Tunisie.
227
Le profil psychosocial des patients suivis au service d’oncologie
médicale de Rabat (Maroc)
Boutayeb S, Ahbeddou N, El Ghissassi, Bensouda Y, El Mesbahi
O, Errihani H
Service d’oncologie médicale, Institut national d’oncologie,
quartier Irfane, Rabat, Maroc
Au Maroc, le niveau socioéconomique des patients est un
paramètre influant dans la prise en charge des patients surtout en
oncologie en raison du coût élevé du traitement et de la faiblesse
de la couverture sociale. Le but de ce travail est de cerner les
caractéristiques sociales, économiques et psychologiques des
patients suivis en oncologie médicale
Notre étude a intéressé les patients hospitalisés au service
d’oncologie médicale de l’institut entre juin et
septembre 2004. Un questionnaire a été établi en concertation
avec une équipe de psychiatres et psychologues, puis a été
proposé à tous les patients hospitalisés au service durant cette
période.
Le nombre de patients ayant répondu au questionnaire est de 124
sur un total de 127 hospitalisés. Les patients de sexe féminin
représentent près de 60 % de l’effectif, la médiane d’âge
autour de 49 ans. Concernant le volet culturel, les deux tiers
(65 %) des malades sont analphabètes, seulement 2 %
possèdent un niveau d’instruction supérieur. Pour accéder au soin
au sein de notre formation, le kilométrage médian parcouru par les
patients est de 350 km. Le tiers des patients reconnaît avoir
recours à des pratiques paramédicales (herboristerie,
charlatanisme) dans le but de guérir le cancer ou pour réduire la
douleur, avec près de 10 % ayant consulté d’abord ces
« guérisseurs » avant le corps médical. La grande
majorité des patients sont indigents (90 %), seulement
10 % bénéficient d’une couverture sociale. En dehors des
mutualistes, la prise en charge de la pathologie cancéreuse est
source d’endettement chez 90 % des ménages. La contraction des
dettes se fait en majorité (93 %) auprès de la famille ou des
proches amis ; néanmoins dans 5 % des cas, elle
s’effectue auprès d’usuriers et exceptionnellement les créanciers
sont les organismes de crédits (moins de 2 %). Le financement
du traitement est cité par 40 % des patients comme étant la
première problématique posée par leur pathologie juste derrière le
souci de guérison (55 %). Les difficultés financières sont la
principale justification avancée par les malades indisciplinés pour
justifier leur retard à la réalisation des bilans et aux cures de
chimiothérapie (67 %)
La connaissance du profil psychosocial des patients cancéreux est
un prélude nécessaire à l’adaptation de la prise en charge des
malades en fonction des particularités propres au Maroc. La
poursuite de l’étude avec un recrutement plus important pourrait
rendre plus intéressant l’analyse des données recueillies.
228
Cancer et rapports sociaux de genre : des enjeux de
prévention à l’adhésion aux soins
Meidani A
Laboratoire du Cirus/CERS (Centre d’étude des rationalités et
des savoirs), UMR 5193, CNRS, Université de Toulouse II, Maison de
la Recherche, 5, allée Antonio Machado, 31058 Toulouse Cedex
1
Dans l’ensemble des pathologies cancéreuses enregistrées en
France, la population masculine est plus touchée que celle des
femmes. En effet, on signale 150 000 nouveaux cas
d’hommes par an, contre 110 000 pour les femmes (CIRC, base de
données Globocan) ; tandis que, par ailleurs, sur
150 000 décès du cancer par an, 60 000 sont le fait
de femmes et 90 000 d’hommes [Bataille et Pujol, 2003].
Les données chiffrées interrogent traçant les contours de cette
proposition de communication. Basé sur un contrat de
recherche sociologique post-doctorale, financé par l’INCA, ce
papier ne cherche pas à constituer des typologies par pathologies
ou par degré de gravité, mais à examiner comment le genre
intervient dans l’histoire de la maladie.
D’un point de vue méthodologique et à un niveau macrosociologique,
une analyse par Alceste est proposée sur un corpus issu de
48 articles de presse et un ensemble d’émissions télévisées
(enregistrés et retranscrits) traitant le cancer. L’analyse de ces
codes représentationnels collectifs en matière de pathologies
cancéreuses ne laisse aucune place à une différenciation par genre.
Et pourtant plusieurs études anglo-saxonnes [Connell, 1995 ;
Schofield, 2000 ; Sabo et Gordon, 1995 ; Sabo,
2000 ; Payne, 2001 ; Pollard et Hyatt 1999 ;
Nicholas 2000] démentissent la rhétorique médiatique montrant que
la maladie chronique peut être en partie conçue comme le résultat
d’une socialisation sexuée [Harrison, 1978]. À un niveau,
microsociologique, nos séances d’observation dans le département de
l’oncologie de l’Institut Claudius-Regaud de Toulouse, une série
d’entretiens semi-directifs (n = 60 ciblant
30 hommes et 30 femmes atteints de la maladie) et un
questionnaire diffusé auprès de 400 malades, confirment, à
leur tour ce constat soulignant l’impact du genre sur l’histoire de
la maladie.
À titre indicatif, nous pourrions avancer quelques résultats
concernant la population féminine. De l’accouchement à la ménopause
en passant par les expériences de menstruation, de reproduction, de
sexualité et de poids médicalement recommandés, les corps des
femmes sont placés sous l’examen minutieux de la profession
médicale [Scully, 1980 ; Riessman, 1992 ; Leopold
1999 ; Hallowell, 2000 ; Ferguson, 2000]. En outre la
large médicalisation des problèmes esthétiques [Jacobson,
2000 ; Shanner, 1990 ; Lowrey, 1990 ; Parker, 1995]
promeut le champ médical comme l’emplacement le plus évident de la
féminité [Yalom, 1997 ; Saywell, et al. 2000 ;
Lupton, 1994]. En parallèle, il convient de constater qu’il existe
une histoire particulière des femmes avec une présence permanente
dans la sphère privée de la vie familiale dès qu’il s’agit des
soins d’une maladie ou de la gestion de la mort. L’asymétrie de ces
pratiques quotidiennes de santé reste si forte que cette
femme-objet serait davantage prédisposée à adopter le rôle du
sujet-malade, à l’opposé d’un homme-sujet qui ne saurait agir
autrement que se réduire à l’état d’un objet-malade, résumant
l’action de soins à sa dimension curative la plus élémentaire
[Meidani, 2005].
Quant aux relations patient-médecin, au sein des pathologies
cancéreuses, « soigner » n’est pas équivalent de guérir.
Particularité supplémentaire : soigner rend malade. Mal gérée
tant par les soignants que par les malades, cette difficulté
aboutit, en certaines circonstances, à un comportement de
résistance au soin et parfois même à des extrémités, tel le refus
de se faire soigner après l’entrée dans un protocole thérapeutique.
Comprendre ces résistances de la part des patients revient à
s’interroger sur le degré de dominance qui marque l’interaction
médecin-patient contribuant, à leur tour, à éclairer l’enjeu d’une
approche par genre du processus thérapeutique. En accord avec des
études récentes [Schmid Mast 2004 ; Molinier et al.,
2002] nos premiers résultats montrent que les femmes médecins
semblent avoir une préférence pour des interactions médicales
organisées autour des hiérarchies plates. Dans ce sens les patients
sont aussi impliqués que les médecins dans le diagnostic et le
traitement. À l’opposé de ce mode de conduite participatif, les
hommes médecins optent pour une attitude plutôt directive
s’inscrivant dans un modèle de soin davantage
« paternaliste », sans pour autant contester le principe
de la décision partagée. Dans les limites de ce modèle, le médecin
fixe les objectifs de la visite et participe de manière beaucoup
plus active à la prise des décisions finales. Quant aux préférences
du patient pour le traitement, elles ne sont pas forcément
explorées.
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