ARTICLE
87
Observatoire lillois : ostéonécrose des maxillaires : à
propos de 13 cas
Vieillard MH1, Maes JM2, Penel
G3, Delfosse C3, Facon T4, Magro
L4, Bonneterre J5, Ferri J2,
Cortet B1
1Service de rhumatologie CHRU Lille ;
2Service de stomatologie, CHRU, Lille ;
3Faculté de chirurgie dentaire ;
4Service des maladies du sang, CHRU, Lille ;
5Service de sénologie, Centre Oscar-Lambret,
Lille
Les indications des bisphosphonates (BP) sont croissantes et
jusqu’alors leurs effets secondaires étaient connus. Notre
expérience récente ainsi que les données de la littérature font
cependant état d’ostéonécroses de la mâchoire (ONM) potentiellement
imputables aux BP et notamment aux aminobisphosphonates surtout
administrés par voie intraveineuse. Nous décrivons ici nos
13 observations.
Notre série comporte 13 patients : un homme et
12 femmes, l’âge moyen est de 62,6 ans. Les BP ont été
administrés dans 7 cas (54 %) pour métastases osseuses,
dans 5 cas (38,5 %) pour myélome et dans un cas pour une
ostéoporose. Dans tous les cas les BP ont été administrés IV, sauf
dans le cas de l’ostéoporose (alendronate). Six patients recevaient
uniquement du zolédronate, une patiente recevait du pamidronate
seul, une patiente avait reçu du clodronate puis du zolédronate,
une patiente avait reçu du clodronate puis du zolédronate, et
3 patients avaient reçu successivement du clodronate, du
pamidronate et du zoledronate. La durée moyenne de traitement était
de 27 mois [15-60 mois] avant l’apparition des signes
cliniques d’ONM. 8 patients (61,5 %) recevaient ou
avaient reçu une corticothérapie, 10 (77 %) une chimiothérapie
et 5 (38,5 %) une radiothérapie mais aucun n’avaient été
irradié directement sur la mâchoire. 60 % des patients
présentaient une carence en vitamine D (25 OH
vit < 20 ng/l) et 80 % une carence calcique
(calciurie des 24 heures < 100 mg). Huit
patients (69 %) présentaient des antécédents
cardiovasculaires.
Concernant l’ONM, 11 patients (84,6 %) avaient subi une
extraction dentaire. Dans tous les cas, la mandibule était atteinte
et dans 3 cas une atteinte du maxillaire supérieur était
associée. 9 patients ont reçu une antibiothérapie, 11 ont
nécessité un acte dentaire local et une patiente un geste
chirurgical étendu. L’étiologie de cette pathologie est encore
obscure mais l’intervention de cofacteurs n’est pas exclue :
la circulation terminale de la mandibule, une porte d’entrée
infectieuse, la prise de corticoïdes, ou les traitements par
chimiothérapie pourraient favoriser le développement des ONM.
L’évolution de ces ONM est le plus souvent défavorable malgré
l’arrêt du BP et les traitements proposés sont décevants.
La multiplication des observations concernant cet effet secondaire
nécessite d’informer les patients et de prendre des précautions
avant l’instauration d’un traitement par BP au long court avec
notamment examen et traitement bucco-dentaire. Il convient d’éviter
les extractions dentaires pendant toute la durée du traitement et
de maintenir une bonne hygiène bucco-dentaire. Les traitements
endodontiques doivent être privilégiés. Sur la base des données
actuelles et de nos observations, nous avons essayé d’établir une
classification dont l’intérêt pronostique et thérapeutique reste à
déterminer.
88
Réponse à la chimiothérapie (CT) néoadjuvante des tumeurs du sein
inflammatoires (TIS) : étude critique des classifications de
Sataloff et Chevallier
Baranzelli MC, Cabaret V, Giard S, Bergogne K, Bertin D,
Braquez C, Laguilliez A, Pennel C, Vanlemmens L, Mailliez A,
Bonneterre J
Centre Oscar-Lambret, Lille
Le but de cette étude est de comparer les deux classifications
histopathologiques les plus utilisées pour évaluer la réponse à la
chimiothérapie des TIS.
Quatre-vingt-cinq TIS survenus entre février 1985 et
novembre 1995 ont été revus. Pour 52 patientes, la pièce
de mastectomie post-CT était évaluable, pour 49 la biopsie
initiale et pour 16 les deux. Le type histologique, le grade,
l’index de prolifération évalué par le Ki67, le statut hormonal et
le statut Her2 ont été évalués avant et ou après CT dans la mesure
du possible. Parmi 49 patientes avec biopsie initiale,
1 avait un carcinome intracanalaire de haut grade et
48 un carcinome invasif (42 canalaires, 5 lobulaires
et 1 mucineux) ; 27 (56 %) carcinomes infiltrant
étaient de grade 3 et 21 (44 %) de grade 2. Aucune n’était de
grade 1. La valeur médiane de l’index de prolifération était
de 23 %. Les récepteurs hormonaux évaluables pour
46 patientes étaient négatifs pour 28 (61 %). 13
(29 %) des 45 patientes évaluables pour le statut Her2
étaient Her2-3+. La réponse à la CT a été évaluée selon les
classifications de Chevallier et Sataloff pour les
52 patientes secondairement opérées. Selon la classification
de Chevallier, aucun grade 1 (disparition macroscopique et
microscopique de toute tumeur) ou 2 (présence de carcinome in situ
dans le sein sans tumeur dans les ganglions) n’a été observé ;
44 (85 %) étaient de grade 3 (présence de carcinome invasif
avec altérations stromales telles la sclérose ou la fibrose) et 8
de grade 4 (pas ou peu de modifications de la tumeur
initiale) ; ainsi aucune réponse complète n’était observée.
Selon la classification de Sataloff 4 étaient de grade TA
(effet thérapeutique total ou quasi total), 15 (29 %) TB
(effet thérapeutique jugé subjectivement supérieur à 50 %), 23
(44 %) TC (effet thérapeutique jugé subjectivement inférieur à
50 % mais présent), 10 TD (pas d’effet
thérapeutique) ; ainsi 4 patientes parmi les 52
(8 %) avaient une réponse complète. Selon la classification de
l’OMS il y avait 5 réponses complètes (RC), 37 réponses
partielles (RP) et 10 tumeurs stables (ST). Parmi les
4 patients en rémission complète selon la classification de
Sataloff, 2 étaient en RC et 2 en RP selon l’OMS.
Dans notre expérience la corrélation entre les deux
classifications histopathologiques et entre les classifications
histopathologiques et les classifications cliniques est mauvaise.
Ceci peut s’expliquer en partie par le manque de critères
pathologiques quantitatifs d’évolutivité tumorale d’autant qu’une
tumeur cliniquement palpable peut correspondre à une lésion
essentiellement scléreuse.
89
Étude descriptive des tumeurs cérébrales dans l’ouest
algérien
Youcef K1, 2 Sahraoui T1,
Bouchakour M2, El Kébir FZ1
1Laboratoire de biologie de développement et de
différenciation, Université d’Oran Es-Senia ;
2Service de neurochirurgie centre
hospitalo-universitaire d’Oran
Les tumeurs apparaissant dans le système nerveux sont
généralement constituées de tissus méningés ou de cellules gliales.
Il existe plusieurs formes : les méningiomes, les
glioblastomes et les astrocytomes.
Une étude rétrospective a été menée dans le but de déterminer des
cas héréditaires chez les patients atteints de ces pathologies à
travers l’ouest algérien. L’étude épidémiologique a été réalisée au
service de neurochirurgie du CHU d’Oran de 1998 à 2006.
L’échantillonnage comporte 299 cas de tumeurs cérébrales avec
établissement d’arbres généalogiques pour 110 patients
atteints de tumeurs gliales. La répartition de ces tumeurs selon le
sexe est de 53 % chez les hommes et de 47 % chez les
femmes avec une moyenne d’âge de 34 ± 21 avec un âge
minimum de 2 ans et un maximum de 79 ans.
Les résultats montrent une fréquence de 6 % de cas
héréditaires chez les deux sexes (2 % pour les femmes,
4 % pour les hommes).
Sur la base de ces résultats, des stratégies diagnostiques sont
mises en place telle que la cytogénétique et seront développées
telle que la biologie moléculaire afin de démontrer les facteurs
héréditaires dans le but de contribuer à l’installation d’un
conseil génétique.
90
Les tumeurs malignes chez l’enfant : étude épidémiologique
1997-2002
Terki K1, Meguenni K2, Mokhtari
L3, Tedjeddine A1
1EHS Canastel Oran ; 2Semep, CHU
Tlemcen ; 3Semep, CHU Oran
Le cancer des enfants, moins de 15 ans, est rare. Il
représente moins de 1 % de tous les cancers dans les pays
industrialisés. Néanmoins, il représente la première cause de décès
par maladie avant l’âge de 15 ans. Certains types de cancer se
rencontrent pratiquement uniquement dans l’enfance alors que, à
l’opposé, les carcinomes sont essentiellement vus chez l’adulte.
Notre travail entre dans le cadre du registre des cancers de
Tlemcen dont l’objectif est de donner le profil épidémiologique de
cette pathologie, chez l’enfant, dans notre wilaya. C’est une étude
épidémiologique, descriptive de type rétrospective sur dossiers
médicaux des enfants hospitalisés pour tumeurs malignes au niveau
des différents services du CHU Tlemcen, depuis le
1er janvier 1997 au 31 décembre 2002. La
collecte a été réalisée selon un questionnaire standard comportant
trois parties : identification du malade, topographie et
siège, diagnostic et suivi.
Pour cette période d’étude, 4 528 cas de cancers ont été
recensés dont 145 cas sont des enfants. Presque la même
fréquence annuelle est enregistrée. Les cancers de l’enfant
représenteraient 3,2 % de tous les cancers enregistrés. On
enregistre un mode chez les enfants âgés moins de 10 ans dont
l’âge moyen est de 9,6 ± 0,33. On note une prédominance
du sexe masculin avec un sex ratio de 1,6. Ce sont surtout
les cancers du sang qui sont les plus retrouvés, plus
particulièrement les leucémies lymphoïdes chroniques qui occupent
la première place (13 %) suivi par la maladie de Hodgkin
(7 %). Le cancer du cerveau et du système nerveux est
fréquent, il représente les 6 % de l’ensemble des cancers chez
l’enfant et occupe la deuxième position, et les tumeurs de la peau
sont aussi présentes chez l’enfant. On enregistre plusieurs cas de
tumeurs malignes de la glande mammaires chez la fillette
(3,6 %).
Le pronostic du cancer est bon chez l’enfant contrairement à
l’adulte ; on parle de guérison chez les 75 % des enfants
atteints. Notre but est d’établir un profil épidémiologique de la
maladie cancéreuse chez l’enfant et la création d’un registre
hospitalier des cancers chez l’enfant qui constituera non seulement
une banque de données pour la planification sanitaire et la gestion
des programmes de prévention et de lutte contre ce fléau et surtout
pour faire un suivi des cancers et apprécier le taux de survie chez
les enfants atteints de la maladie.
91
Tumeurs osseuses primitives non ostéosarcomateuses de
l’adulte : analyse rétrospective d’une série de
53 patients traités à l’lnstitut Curie
Guilhaume MN1, Hajage D2, Goubet
J2, Tomeno B3, Larousserie F4,
Alapetite C5, Laurence V1, Anract
P3, Piperno-Neumann S1
1Oncologie médicale Institut Curie ;
2Biostatistiques, Institut Curie ;
5Radiothérapie, Institut Curie ;
3Orthopédie, Hôpital Cochin ;
4Anatomopathologie, hôpital Cochin, Paris
Les tumeurs osseuses primitives sont rares (< 0,5 %
des cancers) ; les plus fréquentes sont les ostéosarcomes. Peu
de données existent sur la place de la chimiothérapie dans le
traitement des tumeurs osseuses non ostéosarcomateuses.
Cinquante-trois patients traités à l’Institut Curie
entre 1986 et 2002 pour une tumeur osseuse primitive non
ostéosarcomateuse. Cette étude rétrospective décrit les
caractéristiques cliniques, anatomopathologiques, thérapeutiques et
évolutives ; les courbes de survie sont estimées par la
méthode de Kaplan-Meier et comparées par le test du Logrank.
40 tumeurs siègent au niveau des membres et 13 sont axiales
(hauteur osseuse médiane : 10,5 cm). 38 % des
tumeurs sont des histyocytofibrosarcomes, 21 % des sarcomes
indifférenciés et 41 % autres (chondrosarcomes dédifférenciés,
léiomyosarcomes, fibrosarcomes) ; 53 % sont de haut
grade. L’âge médian est de 43 ans (18-75). 87 % des
patients ont bénéficié d’une chimiothérapie néoadjuvante et/ou
adjuvante de type ostéosarcome (adriamycine, cisplatine, ifosfamide
ou cyclophosphamide, méthotrexate). 49 (92 %) patients ont été
opérés : 40 d’entre eux ont bénéficié d’une chirurgie
conservatrice dont 36 après chimiothérapie néoadjuvante. Les
toxicités de grade 3-4 sont hématologique, infectieuse et digestive
chez 17 patients traités en préopératoire et 19 en
postopératoire.
Trente-quatre (94 %) sont évaluables pour la réponse
histologique : 11 (32 %) présentent une nécrose
tumorale > 95 % (bons répondeurs). Cinq patients
étaient métastatiques d’emblée et 14 ont développé des métastases
sur la période de l’étude. Douze patients ont récidivé localement.
Le suivi médian est de 5,2 années (0,4-16,5). La survie
globale à 5 ans est de 70 % [58-86]. La survie globale à
5 ans des patients avec chimiothérapie néoadjuvante n’est
statistiquement pas différente de celle des patients sans
chimiothérapie néoadjuvante : respectivement 69 % [54-87]
et 76 % [55-100]. La survie globale à 5 ans des patients
bons répondeurs à la chimiothérapie néoadjuvante est égale à
89 % [71-100] versus 61 % [42-87] chez les mauvais
répondeurs.
Comme pour les ostéosarcomes, la chimiothérapie semble importante
dans la prise en charge multidisciplinaire des tumeurs osseuses non
ostéosarcomateuses, en favorisant la chirurgie conservatrice et en
améliorant le pronostic des bons répondeurs histologiques.
92
Analyse rétrospective de la réponse au trastuzumab d’une série de
patientes atteintes de carcinomes mammaires métastatiques et
HER2++/ amplifiés
Henry S1, Girre V1, Mignot
L1, Diéras V 1, Pierga JY1, Lae
M1, Couturier J1, Vincent-Salomon
A1
Institut Curie, Paris
Dans environ 15 à 20 % des cancers du sein, l’oncogène
HER2 est amplifié, ce qui se traduit par une surexpression
membranaire de la protéine HER2 dans les cellules carcinomateuses.
La protéine HER2 est la cible du trastuzumab. Le taux de réponse
rapporté dans la littérature au trastuzumab chez des patientes HER2
positives, en première ligne métastatique, est de 65 %. La
réponse au trastuzumab des patientes atteintes de tumeurs
présentant une surexpression modérée de HER2++ et amplifié par FISH
est moins bien documentée. Nous rapportons les résultats de
l’évaluation de la réponse clinique au trastuzumab d’une série de
34 patientes présentant un carcinome mammaire métastatique
avec surexpression de la protéine HER2, d’intensité modérée (++)
avec amplification du gène HER2, traitées entre
juin 2001 et août 2005 à l’Institut Curie.
Nous utilisons de première intention, l’immunohistochimie (IHC)
(statut de la protéine HER2) calibrée grâce à l’hybridation in situ
en fluorescence (FISH) (statut du gène HER2) pour déterminer
le statut HER2. Le cut-off de 60 % de cellules
positives pour la protéine HER2 a été établi pour définir les
tumeurs positives pour HER2 (> 60 % et intensité
modérée ++ et > 60 % avec intensité
forte +++). Un résultat HER2++ est systématiquement confirmé
par FISH.
De juin 2001 à août 2005, 324 adénocarcinomes
mammaires HER2++ parmi les 4 700 adénocarcinomes testés
durant cette période, ont été identifiés. La vérification du statut
du gène par FISH a permis de retrouver 122 cas avec
amplification (122/324 ; 37 %). De 6 à 20 copies du
gène HER2 étaient observées par noyau avec, en moyenne,
13 copies. Parmi ces 122 cas, 21 patientes étaient
non évaluables (perdues de vue ou patientes traitées en dehors de
l’Institut), 46 correspondaient à des patientes prises en
charge par chimiothérapie en adjuvant, 6 à des patientes traitées
en néoadjuvant et 39 patientes en évolution métastatique parmi
lesquelles 34 avaient bénéficié d’un traitement associant une
chimiothérapie au trastuzumab.
Nous nous sommes intéressés au statut HER2, aux modalités de
traitement et à l’évolution clinique de ces 34 patientes
métastatiques traitées par trastuzumab. Les tumeurs de ces
patientes présentaient de 10 à 20 copies du gène HER2 avec en
moyenne 14 copies par noyau. Le trastuzumab était associé à la
chimiothérapie le plus souvent au moment de la 2e ligne
(de la 1re à la 6e ligne). Ce traitement
était conservé pendant 2 lignes de chimiothérapie (1 à 5) sur
un total de 3 lignes de chimiothérapie au total (1 à 8). Le
taux de réponse en première ligne utilisant le trastuzumab était de
97 % (1 progression, 9 stabilisations,
18 réponses partielles et 6 réponses complètes). La durée
moyenne de la première ligne utilisant le trastuzumab était de
10 mois. La survie globale des patientes était de
49 mois, survie comparable à celles des données de la
littérature.
Cette série bien que limitée, montre un excellent taux de réponse
de ces patientes porteuses de tumeurs HER2++ et amplifiées et
souligne l’importance du ciblage adéquat par une immunohistochimie
calibrée, des patientes pouvant bénéficier du trastuzumab.
93
La cinétique du taux sérique du domaine extracellulaire de HER2
est un facteur pronostique pour la survie des cancers du sein
métastatiques surexprimant HER2 recevant du trastuzumab
Blot E1, Dinocca S2,
Laberge-Le-Couteulx S3, Menard JF4, Guillemet
C1, Veyret C1, Basuyau JP2
1Département d’oncologie médicale ;
2Laboratoire de biologie ; 3Service
d’anatomie et cytologie pathologiques, Centre Henri-Becquerel, rue
d’Amiens, 76038 Rouen Cedex ; 4Service de
neurophysiologie, Centre hospitalo-universitaire, rue de Germont,
76000 Rouen
Cette étude a mesuré la cinétique du taux sérique du domaine
extracellulaire de HER2 avant et au cours du traitement par
trastuzumab + chimiothérapie de patientes présentant un
cancer du sein métastatique surexprimant HER2 en immunohistochimie.
Les résultats ont été rapportés à l’évolution sous traitement.
Toutes les patientes traitées par trastuzumab et chimiothérapie
entre avril 2000 et juin 2005 au centre-Henri Becquerel
pour un cancer du sein métastatique surexprimant HER2 ont été
incluses dans cette étude rétrospective. L’hyperexpression de HER2
était étudiée sur la tumeur initiale par immunohistochimie et
confirmée par méthode FISH si besoin. Le taux circulant de HER2
sérique était mesuré par méthode Elisa sur du sérum congelé avant
et environ tous les deux mois au cours du traitement. Le dosage
sérique de HER2 était fait par méthode Elisa en utilisant un kit
commercialisé (Oncogene Science, Cambridge, MA). Un dosage
inférieur à 15 μg/l était considéré comme normal, selon les
indications du fabricant du kit validées par la FDA.
Du sérum congelé était disponible pour 52 patientes ayant un
cancer du sein métastatique surexprimant HER2 en immunohistochimie.
Le dosage sérique était élevé chez 38 (73 %) des patientes
avant ou pendant le traitement. Le dosage sérique préthérapeutique
n’était pas lié à la réponse ou à la survie. En revanche, parmi les
38 patientes ayant un taux élevé, la décroissance du taux
sérique, d’au moins 50 % ou en dessous de la valeur seuil de
15 μg/l, était fortement liée à la réponse au traitement et à
la survie globale (p ≤ 0,001).
Ces résultats nécessitent une validation dans le cadre d’une
évaluation prospective. La confirmation du rôle prédictif de la
cinétique du HER2 circulant dans les cancers du sein métastatiques
surexprimant HER2 sur la réponse à la chimiothérapie associée au
trastuzumab et sur la survie pourrait faire envisager l’utilisation
de ce dosage simple pour étudier la durée optimale d’utilisation du
trastuzumab.
94
Détermination prospective du statut HER2 dans les cancers du sein
au diagnostic
Magnin D1, Treilleux I2, Bonadona
V1, Penault-Llorca F3, Lasset
C1
1Département de santé publique, Centre Léon
Bérard, 28 rue Laennec, 69340 Lyon Cedex 08 ;
2Service d’anatomopathologie, Centre Léon Bérard,
69340 Lyon cedex 08 ; 3Service
d’anatomopathologie, Centre Jean-Perrin, 68 rue Montalembert,
63000 Clermont-Ferrand
L’apparition du trastuzumab dans le traitement adjuvant et
néoadjuvant du cancer du sein met au premier plan l’importance de
la détermination du récepteur (Rc) HER2 au diagnostic. Les
techniques utilisées sont l’IHC et le FISH. La stratégie actuelle
est une 2e IHC (IHC2) pour une 1re IHC (IHC1)
à 2+ et un FISH pour les IHC2 à 2+, l’indication du traitement
reposant sur une IHC à 3+ ou un FISH amplifié. Nous avons déterminé
dans une série de cancers du sein, la prévalence de la présence de
ce récepteur et évalué les performances des deux IHC afin de
déterminer la meilleure stratégie diagnostique.
Une étude prospective a réuni 8 centres hospitaliers des
régions Rhône-Alpes et Auvergne entre avril 2002 et
avril 2004 et a inclus tous les cancers du sein infiltrants
incidents. L’IHC1 a été réalisée dans tous les centres et l’IHC2 et
le FISH dans deux centres référents. Toutes les IHC1 à 2 ou 3+ et
10 % (tirés au sort) des 0/1+ étaient relues par un des
centres référents. Toutes les IHC2 à 2+ et 3+ et 70 % des IHC2
à 0/1+ ont eu une technique FISH par le même centre référent. La
technique FISH a été considérée comme le gold standard et le
seuil d’amplification positive a été retenu à 6 copies.
2463 cancers du sein ont été inclus d’age moyen :
63 ans (SD : 12,5 ans), de stade T1 (67 %), T2
(28 %), T3 (5 %), d’histologie canalaire (77 %),
lobulaire (13 %), mixtes (3 %), autres (7 %), de
grade SBR1 (53 %), SBR2 (23 %), SBR3 (24 %), avec
RE+ (81,3 %), RP+ (64 %), de statut
N+ (46 %). Les résultats de l’IHC1 sont :
0/1+ (85 %), 2+ (5 %), 3+ (10 %). La
présence du Rc HER2 (IHC1 à 3+) est associée, en analyse
multivariée, à un grade SBR2 (OR 5) et SBR3 (OR 13) versus
SBR1, un statut N+ (OR 1,8) versus N-, un type
canalaire (OR 0,5) versus autres, des RE+ (OR 0,5)
versus RE- et RP+ (OR 0,6) versus RP-. Le FISH
est amplifié dans 36 % des cas. Le taux de concordance global
entre IHC1 et IHC2 est de 74 %, soit un indice Kappa à 0,6.
74,5 % des discordances consistent en une surcotation de
l’IHC1 par rapport à l’IHC2. Les sensibilité et spécificité sont
respectivement de 98,6 et 69,0 % pour l’IHC1, 100 et
69,1 % pour l’IHC2. Selon la stratégie utilisée, il y a
15,9 % (11-20 %) de faux positifs (IHC1 à 3+ FISH
négatif) parmi les 3+ correspondant à des patientes traitées à tort
et 1,4 % (0-3 %) de faux négatifs (IHC1 à 0/1+ FISH
positif) parmi les 0/1+ correspondant à des patientes non traitées
à tort.
La technique FISH, malgré son coût, pourrait peut-être être
réalisée pour les IHC1 à 3+ pour éviter certains traitements par
trastuzumab capable d’induire des effets secondaires cardiaques et
un coût élevé. Une IHC2 est nécessaire si on souhaite éviter tout
faux négatif.
95
Les complications de la CHL : étude rétrospective à propos de
100 patientes
Khomsi F1, Bouzaine H1, Ben Bachouche
W1, Chargui R1, Ben Hassouna J1,
Dhiab T1, Hechiche M1, Boussen H2,
Benna F3, Gamoudi A4, Rahal
K1
1Service de chirurgie carcinologique ;
2Service de carcinologie médicale ;
3Service de radiothérapie ; 4Service
d’immuno-histo-cytologie, Institut Salah-Azaïz, boulevard 9-Avril,
1006 Tunis, Tunisie
L’opération de Wertheim (colpohystérectomie élargie avec
lymphadénectomie pelvienne) a un double but thérapeutique et
pronostique. Cette intervention chirurgicale est lourde, dotée
d’une morbidité élevée et d’une mortalité faible. L’objectif de ce
travail est d’étudier les complications de cette chirurgie avec une
revue de la littérature.
Nous rapportons une étude rétrospective des complications de
100 CHL (opération de Wertheim) pour cancer du col ou de
l’endomètre. La population étudiée avait un âge moyen de
49 ans avec des extrêmes allant de 26 à 75 ans. Trente et
une malades ont eu une radiothérapie externe de 20 Gy
préopératoire et 94 ont eu une curiethérapie utérovaginale
préopératoire. La durée moyenne de la CHL était de 210 mn. On
dénombre 14 % de transfusions sanguines dues à la difficulté
du geste chirurgical lui-même et au terrain (malade obèse et pelvis
profond). Dans notre série, la mortalité était nulle. De même, en
peropératoire, on ne rapportait pas de plaies vasculaire,
urétérale, vésicale ou nerveuse. Dans notre série, la morbidité
immédiate était de 4 % avec un cas d’hémopéritoine, un cas
d’infection urinaire et 2 cas de phlébite. Les complications
urinaires tardives constituaient les principales complications de
cette chirurgie. Dans notre série la morbidité tardive était
de 13 % ; sept cas de lymphocèles symptomatiques ;
cinq cas de phlébites qui ont bien évolué sous traitement médical
et un cas d’occlusion du grêle au dixième jour en rapport avec une
bride. Dans notre série, la survie globale à 5 ans était de
84 % et descendait à 47 % en cas d’envahissement
ganglionnaire.
L’amélioration du pronostic de la maladie passe par le recours
facile et systématique du FCV pour dépister des états précancéreux
qui nécessitent des moyens thérapeutiques peu coûteux et plus
efficaces.
96
Place de la tomographie par émission de positons avec scanner
intégré (TEP/CT) dans la détection des récidives locorégionales et
métastatiques des cancers différenciés de la thyroïde et
l’évaluation de leur traitement
Carlier S, Bonichon F.
Service de médecine nucléaire, Institut Bergonié, 229, cours
de l’Argonne, 33000 Bordeaux
Les cancers différenciés de la thyroïde (CDT) ont en général un
excellent pronostic en termes de survie mais les rechutes
locorégionales et métastatiques doivent être détectées précocement
pour mise en place d’un traitement efficace, en particulier
chirurgical lorsque ces lésions ne sont pas iodofixantes. Après
traitement ablatif par chirurgie et par iode 131, l’augmentation de
la thyroglobuline (Tg) est souvent un signe précoce de récidive.
Lorsque l’imagerie conventionnelle et la scintigraphie corps entier
à l’iode 131 ne permettent pas de détecter la récidive, la
tomographie par émission de positons au 18F-FDG (TEP) est une
indication standard dans le document Standards Options
Recommandations (SOR) mis à jour en novembre 2003.
L’objectif est double : d’une part de faire une revue de la
littérature permettant d’actualiser le document SOR, d’autre part
de faire le point de notre expérience utilisant un appareil TEP
couplé à un scanner X (TEP/CT) pour détecter les récidives de CDT
et évaluer la réponse thérapeutique des traitements mis en
œuvre.
Il s’agit d’une étude rétrospective portant sur 39 examens
TEP/CT consécutifs pratiqués entre novembre 2004 et
avril 2006 chez 28 patients suivis à l’Institut
Bergonié pour un CDT. Ces patients ont tous été thyroïdectomisés et
ont été traités par doses ablatives d’iode 131. 39 examens TEP
ont été réalisés (examens répétés chez 7 patients) soit devant
une thyroglobuline élevée et l’absence de fixation sur la
scintigraphie corps entier à l’iode, soit pour évaluer l’efficacité
thérapeutique. Chez 4 de ces patients, l’examen a été réalisé sous
stimulation par la TSH recombinante. Une revue systématique de la
littérature a été retrouvée dans Pubmed.
Le scanner associé à la TEP nous a permis dans tous les cas de
mieux localiser les lésions positives. Dix-huit examens sont
positifs (dont 1 sous TSH recombinante), 10 sont négatifs (dont 3
sous TSH recombinante). Il existe une liaison significative entre
un taux de thyroglobuline supérieur à 10 ng/ml et un résultat
positif de la TEP (p = 0,03). Dans les histologies
défavorables (oncocytaires, insulaires, folliculaires à cellules
claires, papillaires à cellules hautes, sclérosant diffus) les
examens sont plus souvent positifs (p = 0,06). Les
valeurs de SUV sont particulièrement élevées pour les carcinomes
oncocytaires (> 30).
Les résultats de l’examen TEP ont modifié la stratégie
thérapeutique dans 15 cas : 6 patients ont été
opérés (l’histologie a confirmé la récidive dans 4 cas), un
acte chirurgical a été suivi de radiothérapie externe,
3 patients ont été traités par radiothérapie externe
exclusive, 1 par cimentoplastie vertébrale (les carottes de biopsie
n’étaient pas en faveur de récidive, cependant, nous pensons à un
faux négatif de l’histologie du fait d’une insuffisance du
matériel), 3 par ablathermie par radiofréquence, 1 par embolisation
artérielle osseuse suivie par chimiothérapie per os. Pour le
dernier cas, une chirurgie est envisagée. Pour 7 patients, la
TEP a été utilisée pour l’évaluation de l’efficacité de différents
traitements : radiothérapie externe, radiofréquence
pulmonaire, cimentoplastie, thérapeutiques ciblées ; dans tous
les cas, on a observé une diminution de la taille et/ou du SUV.
Revue de la littérature : depuis l’actualisation des SOR,
4 nouveaux articles traitant de l’utilité de la stimulation
pas la TSH recombinante sont parus dont une étude randomisée de
petite taille à confirmer. La revue de la littérature ne fait pas
émerger par ailleurs de nouvelle indication.
La revue de la littérature et notre étude confirment l’intérêt de
la TEP pour la détection des récidives non iodofixantes, en
particulier dans les histologies défavorables et quand la Tg est
supérieure à 10. D’autres indications telles que l’évaluation du
pronostic pour sélection des malades à inclure dans les essais et
l’évaluation de la réponse aux nouveaux traitements semblent
intéressantes mais devront être confirmées par des études de
plus grande taille ainsi que l’utilisation de sondes de détection
peropératoire du FDG pour guider au mieux le geste chirurgical.
97
Cancer du sein de la femme de moins de 35 ans et
chimiothérapie postopératoire immédiate à propos de
608 cas
Chetibi W, Bendib A
Service de sénologie, Centre Pierre et Marie Curie, Alger,
Algérie
En Europe, le cancer du sein de la femme de moins de 35 ans
est caractérisé par sa rareté (03 %) et le nombre élevé de son
taux de récidives (15,4 %).
En 10 ans (1995-2004), 608 (12,4 %) cancers du sein de
moins de 35 ans ont été traités dans le service. 213
(35 %) patientes ont été opérées secondairement (122 Tx,
19 T4d, 34 néoadjuvantes, 18 N2, 11M1 et
9 formes bilatérales). 395 patientes (64,9 %) ont
été opérées d’emblée. L’âge moyen était de 30,2 ans (22- 34).
161 patientes (40,8 %) étaient nulligestes.
27 cancers du sein (6,8 %) étaient associés à la
grossesse. Le cancer évoluait en moyenne depuis 5,5 mois
(1-48) avec une taille clinique moyenne de 4,4 cm (1-15). La
tumeur a été classée T0 dans 02 cas (0,5 %), T1 dans
39 cas (9,8 %), T2 dans 165 cas (41,7 %), T3
dans 54 cas (13,6 %) et T4 dans 134 cas
(33,9 %). Le creux axillaire a été classé N0 dans 119 cas
(30,1 %) et N1 dans 276 cas (69,8 %). La
stadification a retrouvé 3 stades 0 (0,7 %),
26 stades I (6,5 %), 196 stades II (49,6 %),
36 stades IIIA (9,1 %) et 134 stades IIIB
(33,9 %). 331 patientes (83,7 %) ont bénéficié d’un
Patey et 63 (15,9 %) d’un traitement conservateur. L’étude
histologique a révélé 335 (84,8 %) carcinomes canalaires
infiltrants, 8 (2 %) carcinomes intracanalaires, 8 (2 %)
carcinomes micro-infiltants et 44 (11,1 %) formes
particulières. La taille histologique moyenne était de 3,7 cm
(0,2-16). 278 patientes (70,9 %) présentaient un
envahissement ganglionnaire, inférieur ou égal à 03 dans
134 cas (34,2 %) et supérieur à 03 dans 144 cas
(36,7 %). Le grading de SBR était de grade I dans
14 cas (3,8 %), de grade II dans 231 cas
(62,9 %) et de grade III dans 122 cas (33,2 %). Les
récepteurs hormonaux étaient positifs dans 155 cas
(51,6 %). 73 patientes sur 105 (69,5 %) surexpriment
l’HER2. 368 patientes (93,2 %) ont bénéficié d’un
traitement adjuvant à base de chimiothérapie (FAC, CMF, TAC, FEC,
AC) administrée en postopératoire immédiat entre J0 et J4 dans
268 cas (77,7 %). 151 patientes ont bénéficié d’une
ovariolyse chimique dans 134 cas (88,7 %) et radique dans
17 cas (11,2 %). La survie réelle à 5 ans sans
rechute est de 67,6 %. Le taux de récidive locale est de
5,1 % après Patey, de 7,9 % après traitement conservateur
et de 22,2 % dans le cancer du sein associé à la
grossesse.
En Algérie, le cancer du sein de la femme de moins de 35 ans
est caractérisé par une fréquence élevée (12 %), touchant
40 % de nulligestes, 6,8 % de femmes enceintes. La
surexpression de l’HER2 est retrouvée dans 69,5 %. Le taux de
récidives locales est particulièrement élevé dans les formes
associées à la grossesse (22,2 %). 17 récidives sur 22
(77,2 %) étaient corrélées avec l’infiltration des berges.
98
Chimiothérapie adjuvante de type TAC en postopératoire immédiat
dans le cancer du sein
Abdelouahab A1, Bendib A1, Haddam
N1, Sami S2, Bouzid K2
1Service de sénologie ; 2Service
d’oncologie médicale, centre Pierre et Marie Curie, Alger,
Algérie
De mai 2002 à février 2004, soit en 22 mois,
132 patientes atteintes d’un cancer du sein ont bénéficié d’un
TAC adjuvant en postopératoire immédiat. L’âge moyen était de
41,9 ans (25-64). L’évolution moyenne avant traitement était
de 5,1 mois (1-36). La taille clinique moyenne de la tumeur
était de 3,7 cm (1-18). La tumeur était classée 9 fois T1
(6,8 %), 80 fois T2 (60,6), 23 fois T3 (17,4 %)
et 18 fois T4 (13,6).112 patientes (84’8 %) étaient
en activité génitale. Il y avait 3 stades I (2,3 %),
85 stades IIA (64,4 %), 24 stades IIIA
(18,2 %), 16 stades IIIB (12 %), 2 stades IV et
2 stades X. 92 patientes ont bénéficié d’un Patey
(72 %) et 37 d’un traitement conservateur (28 %).
L’histologie a retrouvé 105 carcinomes canalaires infiltrants
(79,5 %), 9 carcinomes mixtes (6 %),
8 carcinomes lobulaires infiltrants (6 %),
7 carcinomes papillaires infiltrants (5,3 %) et
3 formes particulières. La taille histologique moyenne était
de 3,4 cm (1-17). Le curage axillaire était négatif dans
45 cas (34,6 %) et positif dans 85 cas (65,4 %)
avec N+ ≤ 3 dans 48 cas (36,9 %) et
N+ > 3 dans 37 cas (28,5 %). La tumeur était
de grade I dans 7 cas (5,5 %), de grade II dans
73 cas (57,5 %) et de grade III dans 47 cas
(37 %). Les récepteurs hormonaux précisés dans 123 cas
étaient positifs dans 77 cas (62,6 %). Le traitement a
consisté en l’administration de 75 mg/m2 de
docetaxel, de 50 mg/m2 de doxorubicine et de
500 mg/m2 de cyclophosphamide. L’intervalle entre
la 1re et la 6e cure était en moyenne de
112 jours (105-134). Les 132 cas ont bénéficié de
6 cures de TAC à raison de 1 cure tous les 21 jours
précédée chacune de corticoïdes, et suivie d’antibiotiques pendant
10 jours. La première cure a été réalisée à J0 dans
62 cas (49 %), à J1 dans 42 cas (31 %), à J2
dans 3 cas (2,3 %), à J3 dans 15 cas (11,4 %),
à J4 dans 7 cas (5,4 %), à J6 dans 3 cas
(2,3 %). Aucun décès n’a été observé. La toxicité a été
hématologique avec une leucopénie tous grades dans 90,7 %,
sévère dans 38 %, avec neutropénie fébrile dans 31,7 %
des cas. L’anémie tous grades a été de 45,5 %, sévère dans
3,6 %. La thrombopénie tous grades a été de 3,1 %. La
toxicité digestive, notamment nausées et vomissements ont été
retrouvés dans 96,2 % des cas, sévère dans 6,4 %.
L’alopécie a été retrouvée dans 90,7 %. L’infection de la
plaie et le retard de cicatrisation retrouvés dans 12,5 % des
cas, l’altération des ongles dans 3 % et l’asthénie dans
98,9 %. On note 5 métastases, une controlatéralisation et
un décès par coma diabétique. En conclusion, la première cure
concomitante de la chirurgie réduit le coût de ce protocole. Le TAC
en adjuvant est gérable et prometteur, d’autant plus que sa
toxicité semble atténuée en postopératoire immédiat par l’effet de
l’anesthésie et l’adjonction d’antibiotiques.
99
Mutations génétiques dans le cancer du sein en Algérie :
résultats et analyse clinique, à propos de 63 cas
Bendib A1, Bignon JY2, Abdelouahab
A1, Urhammer N2
1Service de sénologie, centre Pierre et Marie
Curie, Alger ; 2Unité d’oncogénétique, centre
Jean-Perrin, Clermont-Ferrand
Le cancer du sein (CS) de l’algérienne touche une femme plus
jeune âgée en moyenne de 48 ans. Près de 10 % sont des
cancers familiaux (CF) 43 C. S (38 F et 5 H) et
20 apparentés (11 F et 9 H) ont bénéficié d’une
recherche de mutations génétiques (MG).63 analyses ont
retrouvé un total de 19 mg
(15 F + 4 H = 30,2 %). Soit
13 mg (7 BRCA1 + 6 BRCA2 = 30,2 %)
dans les cancers familiaux (9 malades et 4 apparentés de
6 familles) et 6 mg de 6 familles (4 BRCA1
+ 2 BRCA2 = 20 %) dans les cancers sporadiques.
L’âge moyen des mutés est de 35 ans (25-65 ans).
73,3 % des malades ont moins de 40 ans. La période
d’évolution avant tout traitement semble plus longue. Huit tumeurs
(53,3 %) sont classées T1, T2 avec un diamètre clinique moyen
de 4,6 cm et un diamètre histologique de 3,9 cm. Neuf CS
(61,5 %) sont des formes canalaires et 1 cas (7,7 %)
est un médullaire. Sept CS sont N- (46,7 %) et 8 CS
(53,3 %) sont de grade III. Les emboles vasculaires ont été
retrouvés dans 9 cas (60 %). Les récepteurs hormonaux
(RH) étaient négatifs dans 9 cas (60 %). Aucune
surexpression de l’HER2 n’a été retrouvée dans les 12 cas de
cancers mutés analysés. Les 15 malades ont été opérés
(11 Patey et 4 traitements conservateurs) et ont tous
bénéficié d’une chimiothérapie adjuvante (10 FAC, 3 TAC,
2CMF) et d’une radiothérapie postopératoire. Six patientes
seulement ont bénéficié d’une hormonothérapie.
En conclusion, bien que plus de 70 % des patientes ont moins
de 40 ans, plus de 46 % sont des T3-T4, plus de 53 %
sont N +, plus de 50 % sont de grade III avec 60 %
de RH négatifs, une seule patiente sur 15 a rechuté. 60 % des
patientes ont un recul entre 4 et 16 ans et ont donc une
évolution favorable malgré une controlatéralisation à la
3e, 5e et 7e année. Sept patientes
sont vivantes entre la 6e et la 15e année,
8 patientes sont vivantes entre 2 et 5 ans d’évolution.
La présence de MG associée à une absence de surexpression de l’HER2
semble le seul élément prédictif de l’évolution favorable de ces
formes.
100
Le cancer du sein inflammatoire : expérience du Centre
d’oncologie Ibn Rochd de Casablanca
Benchakroun N, Maazouzi A, Jouhadi H, Tawfiq N, Sahraoui
S, Benider A
Centre d’oncologie Ibn-Rochd, Casablanca, Maroc
Le Cancer du sein inflammatoire est une forme rare et très
agressive de cancer du sein caractérisée par une évolution rapide
et un pronostic sévère. Cinquante cas ont été diagnostiqués au
centre d’oncologie Ibn-Rochd de Casablanca
entre 2000 et 2003 représentant 3 % des
cancers du sein colligés durant cette période. La moyenne d’âge
était de 47 ans (27-70) avec une exclusivité du sexe féminin
et un délai moyen de consultation de 4 mois (1-6). La tumeur
siégeait à gauche dans 57 %, à droite dans 34 % et
bilatérale dans 9 %. Le T4d N1-2 était prédominant dans
82 % des cas et 25 % des malades étaient métastatiques au
moment du diagnostic. Seule une patiente a bénéficié d’une
hormonothérapie néoadjuvante avec une réponse partielle de moins de
50 %. 45 patientes ont bénéficié d’une chimiothérapie
néoadjuvante avec une disparition de l’inflammation dans tous les
cas. Sept patientes ont été perdues de vue et 30 ont bénéficié d’un
Patey suivi d’une radiothérapie locorégionale et 2 d’une
radiothérapie exclusive. L’analyse de la pièce opératoire a
retrouvé un résidu tumoral macroscopique dans 76 % des cas et
une rémission histologique complète dans 17 %. Le grade III
SBR était le plus fréquent (56 %). Le curage ganglionnaire
axillaire était positif dans 72,5 % dont
65 % ≥ 4 et 70 % en rupture capsulaire. L’étude
des récepteurs hormonaux a été faite dans 17 cas dont
65 % négatifs. Seuls 39 malades étaient évaluables après
un recul de 2 ans. Les malades non métastatiques étaient en
rémission complète maintenue dans 54 %, en récidives
locorégionales dans 13 et 33 % métastatiques. Toutes les
malades métastatiques d’emblée étaient décédées. La survie sans
récidive à 2 ans était de 41 % et la survie globale de
46 %.
Le cancer inflammatoire du sein est caractérisé par une
progression rapide et un pronostic sévère nécessitant une approche
thérapeutique multidisciplinaire. L’introduction de la
chimiothérapie a bouleversé son pronostic et le taux de survie à
5 ans varie en fonction des traitements de 30 à 50 %. Le
diagnostic précoce, l’introduction des nouveaux protocoles de
chimiothérapie et les essais cliniques sont nécessaires pour
optimiser la prise en charge
101
Les tumeurs épithéliales de l’ovaire chez la femme jeune
Mazouzi A, Benchakroun N, Tawfiq N, Jouhadi H, Sahraoui S,
Benider A
Centre d’oncologie Ibn-Rochd, Casablanca, Maroc
Les tumeurs épithéliales malignes de l’ovaire constituent
l’entité la plus fréquente de l’ensemble des cancers ovariens
(80 %). Cependant, la femme jeune est rarement touchée
(5-10 %). Nous rapportons une série de 34 patientes âgées
de moins de 40 ans suivies au COIR pour tumeur épithéliale
maligne de l’ovaire sur une période de 6 ans entre
janvier 1997 et décembre 2002. Le but de notre travail
est d’analyser les aspects épidémiocliniques, thérapeutiques et
évolutifs.
La moyenne d’âge était de 35 ans (22-40). Nos patientes
étaient nulli ou paucipares dans 13 cas (38,5 %) et
célibataires dans 14 cas (41,5 %). Les signes révélateurs
étaient dominés par la douleur pelvienne et la masse
abdominopelvienne. L’échographie abdominopelvienne était pratiquée
chez la majorité des patientes alors que le scanner abdominopelvien
n’était réalisé que dans la moitié des cas. Le kyste ovarien était
le principal diagnostique différentiel. Toutes nos patientes
étaient opérées. Il s’agissait d’une hystérectomie totale sans
conservation annexielle dans 26 cas (76 %), d’une
annexectomie dans 4 cas (12 %), d’une chirurgie
cytoréductrice dans un cas (3 %) ou une simple biopsie dans
3 cas (9 %). Selon la classification de la FIGO,
35,5 % des patientes étaient classées I et II contre
64,5 % classées III et IV. La chimiothérapie a été réalisée
dans 30 cas selon le protocole CP essentiellement
(cyclophosphamide et sels de platine). À la fin du traitement,
seulement 26 patientes étaient évaluables (76,5 %) dont
18 rémissions complètes (69,5 %) et 8 échecs
(30,5 %). L’évolution était marquée par l’apparition d’une
rechute locorégionale et/ou métastatique dans 3 cas
(17 %) après un recul moyen de 10 mois (6-12). Douze
patientes (67 %) étaient en rémission complète maintenue après
un recul moyen de 5 ans (2-9). Trois sont perdues de vue
(17 %).
Malgré le petit échantillon de notre série, l’hétérogénéité de la
prise en charge et les perdues de vue, le pronostic des tumeurs
épithéliales de l’ovaire semble meilleur chez la femme jeune. Un
diagnostic précoce et une prise en charge multidisciplinaire
peuvent l’améliorer
102
Facteurs pronostiques du cancer du sein chez la femme jeune
tunisienne
Chargui R1, Damak T1, Ben Bachouche
W1, Khomsi F1, Ammara A1, Ben
Hassouna J1, Gamoudi A2, Héchiche
M1, Rahal K1
1Service de chirurgie carcinologique ;
2Service d’immuno-histo-cytologie, Institut Salah-Azaïz,
boulevard 9-Avril, 1006 Tunis, Tunisie.
Le cancer du sein survenant chez la femme très jeune est rare et
son diagnostic et sa prise en charge sont parfois difficiles.
L’objectif de l’étude était d’en analyser les caractéristiques
épidémiologiques et clinicopathologiques et surtout d’évaluer les
facteurs pronostiques.
Il s’agit d’une étude rétrospective portant sur 220 patientes
âgées de 35 ans ou moins traitées pour cancer du sein
entre 1990 et 2000 à l’Institut Salah-Azaïz. Le taux des
femmes jeunes représentait 10 % de l’ensemble des patientes
traitées durant la même période pour cancer du sein. L’âge moyen de
nos patientes était de 30,5 ans avec des extrêmes allant de 14
à 35 ans. Douze patientes (5,5 %) avaient un antécédent
familial de cancer mammaire. Dans 74,5 % des cas, le signe
révélateur était un nodule cliniquement palpable, de taille moyenne
de 5,54 cm. L’atteinte était bilatérale chez 6 patientes.
53 cancers ont été découverts au décours d’une grossesse. 40
de nos patientes étaient métastatiques au moment du diagnostic. Une
chimiothérapie néoadjuvante a été prescrite chez 46 patientes.
Sur 152 patientes traitées chirurgicalement le sein a pu être
conservé dans 30 cas (19,74 %). Il s’agissait d’un
carcinome canalaire infiltrant dans 137 cas (62,3 %). Une
atteinte ganglionnaire axillaire a été retrouvée chez
167 patientes (75,9 %). Les récepteurs œstrogéniques
étaient positifs dans 70/120 cas. Après un suivi
post-thérapeutique médian de 5 ans, on a constaté
27 récidives locales (12,3 %). Le taux de survie globale
à 5 ans était de 46,25 %. Les facteurs statiquement
influençant la survie étaient le mauvais niveau socio-économique
(p = 0,02), l’association à une grossesse
(p = 0,01), la bilatéralité
(p < 10-4), la taille
clinique > 30 mm (p = 0,0003), le stade
T ≥ 3 (p < 10-4), la présence
d’adénopathies axillaires (p = 0,001), le caractère
M + (p < 10-4), la taille
histologique > 20 mm (p = 0,03), le
grade SBR ≥ 2 (p = 0,01) et la survenue de
récidive locorégionale (p = 0,0001).
Ces résultats soulignent le pronostic défavorable du cancer du
sein chez les femmes très jeune et incitent à adapter en fonction
de l’ensemble des facteurs pronostiques les indications des
thérapeutiques locales et des traitements adjuvants systémiques et
hormonaux.
103
Carcinomes nasopharyngés localement évolués et/ou
métastatiques : facteurs pronostiques et résultats
thérapeutiques à propos de 131 cas
Chafai R1, Landolsi A1, Fatma
L1, Cherif N1, Limem S1, Chabchoub
I1, Garbi O1, Mokni M2, Ahmed
B1
1Service de médecine carcinologique ;
2Service d’anatomopathologie, CHU Farhat-Hached, Sousse,
Tunisie
Les tumeurs malignes du cavum représentent la 1re néoplasie de
la sphère ORL en Tunisie, elles sont surtout représentées par
le NCP (nasopharyngial carinoma), l’entité histoclinique la
plus fréquente est l’UCNT (carcinome indifférencié). Du fait du
diagnostic tardif, les formes localement évoluées ou métastatiques
sont assez fréquentes, le traitement repose sur la chimiothérapie
et la radiothérapie. Le but de notre travail est d’évaluer les
résultats thérapeutiques et d’analyser les facteurs pronostiques
des carcinomes nasopharyngés dans notre région.
Nous avons réalisé une étude rétrospective de 131 cas de
carcinomes du nasopharynx localement évolués et/ou métastatiques
colligés dans notre service sur une période de 11 ans
(1994-2004). Il s’agissait de 95 patients de sexe masculin et
de 36 de sexe féminin avec un âge moyen de 42 ans. Le type
histologique le plus fréquent était l’UCNT (96 % des cas), le
reste était représenté par des carcinomes bien différenciés. Selon
la classification de l’UICC 1997, 72 % des patients avaient
une tumeur étendue en dehors du cavum (T3-T4), 82 % avaient un
envahissement ganglionnaire (N2-N3) et 11 % avaient des
métastases. Une chimiothérapie première, par doxorubicine et
cisplatine a été administrée chez 110 patients (84 %). Le
taux de réponse complète au niveau ganglionnaire était de
48 %, et de réponse partielle 45 %. La radiothérapie
externe a été réalisée chez 94 % des patients. La survie
globale à 5 ans était de 38 % ; la taille des
ganglions < 6 cm (p < 0,01),
l’absence de métastases (p < 0,0001), une réponse
objective ganglionnaire ou tumorale à la chimiothérapie
(p < 0,001), une réponse objective tumorale ou
ganglionnaire en fin de traitement (p < 0,001), un
délai de rechute > 6 mois
(p < 0,01), une rechute locorégionale
(p < 0,05) et l’état général PS < 2
(p < 0,001) influencent significativement la survie.
Le carcinome du nasopharynx garde un mauvais pronostic du fait du
diagnostic assez tardif. L’amélioration des réponses thérapeutiques
passe par un diagnostic précoce, et par l’introduction de nouvelles
stratégies thérapeutiques tels des nouvelles drogues de
chimiothérapie et les associations de radiochimiothérapie.
104
Résultats de la chimiothérapie néoadjuvante dans le cancer du sein
localement évolué : à propos d’une série de
130 patientes
Limem S1, Landolsi A1, Fatma
L1, Cherif N1, Frikha A1, Chaafi
R1, Chabchoub I1, Khairi H2,
Yaacoubi MT3, Ahmed S1
1Service de médecine carcinologique ;
2Service de gynécologie ; 3Laboratoire
d’anatomopathologie, CHU Farhat-Hached, Sousse
Le diagnostic du cancer du sein se fait encore à un stade avancé
en Tunisie, le pronostic de ces tumeurs est alors réservé. La
chimiothérapie néoadjuvante occupe une place prépondérante dans la
prise en charge des cancers localement évolués. Nous avons mené une
étude rétrospective concernant 130 patientes atteintes de
cancer du sein, confirmé à l’histologie, localement avancé (T3, T4)
et non métastatique au diagnostic. Toutes les patientes étaient
traitées par chimiothérapie première (1999-2005). Le but de notre
travail est d’évaluer les résultats de la chimiothérapie
néoadjuvante et les facteurs pronostiques de ces cancers. L’âge
médian des patientes était de 48 ans, 37 % d’entre elles
étaient ménopausées. Le délai moyen de consultation était de
3 mois [0-48]. La taille moyenne de la tumeur était de
7 cm [2-14], 24 % des tumeurs étaient classées T3,
76 % T4 (26 % T4d), un envahissement ganglionnaire
clinique était présent dans73 % des cas. Le carcinome
canalaire infiltrant était retrouvé dans 92 % des cas, de
grade SBR III dans 36 % des cas les récepteurs hormonaux
positifs dans 53 % des cas. Les patientes ont reçu en moyenne
4 cycles de chimiothérapie première [2-5], le taux de réponse
objective clinique était de 53 % dont 11 % réponse
complète. Douze patientes étaient inopérables et 118 ont été
opérées. La radiothérapie locorégionale a été faite chez 54 %
des patientes et l’hormonothérapie chez 51 %. Le taux de
réponse histologique complète était de 7,7 %. La survie
médiane de nos patientes était de 40 mois avec une survie à
5 ans de 25 %. Les deux facteurs qui améliorent
significativement la survie étaient l’hormonosensibilité et la
radiothérapie adjuvante (p < 0,0001). La moitié des
patientes opérées ont rechuté. Les facteurs prédictifs de la
rechute étaient le grade SBR II-III (p < 0,02), le
stade T4d (p < 0,01), l’envahissement ganglionnaire
histologique massif (≥ 5 ; p = 0,04), la faible
dose d’anthracycline (< 100 mg/m2 de
farmorubicine) (p < 0,01) et la réponse (maladie
stable ou progression) à la chimiothérapie
(p < 0,01).
Le pronostic de ces formes évoluées des cancers du sein reste
réservé, son amélioration passe par la meilleure connaissance des
protocoles de chimiothérapie et surtout par le diagnostic
précoce.
105
Les lymphomes primitifs du tube digestif (LPTD) : étude
anatomoclinique, facteurs pronostiques et résultats thérapeutiques,
à propos de 117 cas
Frikha A1, Landolsi A1, Fatma
L1, Gharbi O1, Ajmi S2, Ben Jazia
I3, Korbi S4, Ahmed S1
1Service de médecine carcinologique ;
2Service de gastroentérologie ; 3Service
de médecine interne ; 4Laboratoire
d’anatomopathologie, CHU Farhat-Hached, Sousse
Les LPTD représentent la première localisation
extraganglionnaire des lymphomes non hodgkiniens. La stratégie
thérapeutique demeure encore non consensuelle quand à la place
respective de la chirurgie et de la chimiothérapie. Un intérêt
croissant leur été voué ces dernières décennies depuis l’avènement
du concept du MALT et la découverte du rôle d’Helicobacter
pylori dans son étiopathogénie. Nous avons mené une étude
rétrospective sur 117 patients adultes atteints de LPTD
traités et suivis sur une période de 8 ans (1994-2002) dans le
service d’oncologie médicale de Sousse. L’âge moyen de nos patients
était de 51 ans, et le sex ratio de 1,8. Les
principales localisations étaient gastriques (65 %) puis
grêliques (24 %), gastro-intestinales multiples (7 %) et
4 % de localisations colorectales. La douleur abdominale
(85 %) et les vomissements (42 %) étaient les signes les
plus fréquents. Initialement, 11,3 % des malades présentaient
une hémorragie digestive. La majorité (80 %) avait un
performans status (PS) < 2. Le diagnostic
positif est fait sur des biopsies endoscopiques dans 80 % des
cas et seulement dans 18 % des cas sur pièces opératoires. Sur
le plan histologique 68 % présentaient un lymphome de haut
grade de malignité, 41 % de phénotype B. Les lésions de type
MALT étaient notées dans 49 % des cas (36 % au niveau
gastrique), le lymphome de type méditerranéen représente seulement
4 % des cas. L’Helicobacter pylori était retrouvé dans
51 % des cas. Environ 53 % de nos patients avaient un
LPTD de stade IE, 90 % ont eu une chimiothérapie avec un taux
de réponse complète (RC) de 53 %. Seuls 37 patients ont
été opérés (32 % pour une complication, 27 % pour un
résidu après chimiothérapie et 41 % à visée diagnostic). Le
recul médian est de 78 mois, la survie globale à 5 ans
est de 62 % ; le taux de survie était significativement
meilleur chez les patients ayant un PS < 2, un taux
d’hémoglobine > 12 g %, une tumeur non
bourgeonnante, un faible grade de malignité histologique, un stade
localisé, une chimiothérapie à base d’anthracycline et une RC à la
chimiothérapie. Les facteurs pronostiques modifiant
significativement la survie à l’étude multivariée étaient la
réponse à la chimiothérapie d’induction (p < 0,001) et
la rechute (p = 0,02). Les LPTD de localisation gastrique
prédominent actuellement dans notre région par rapport aux
localisations grêliques, le type méditerranéen est devenu rare.
Avec les progrès actuels de la chimiothérapie la place de la
chirurgie dans la prise en charge thérapeutique peut se limiter aux
complications digestives chirurgicales et aux résidus post
chimiothérapie.
106
Les tumeurs épithéliales malignes évoluées de l’ovaire dans le
centre tunisien : étude anatomoclinique, résultats
thérapeutiques et facteurs pronostiques à propos de
104 cas
Chabchoub I1, Ben fatma L1, Gharbi
O1, Landolsi A1, Chérif N1,
Hochlef M1 Limem S1, Chafi R1,
Bouguizene S2, Yacoubi T3, Khairi
H2, Ben Ahmed S1
1Service de médecine carcinologique ;
2Service de gynécologie ; 3Service
d’anatomopathologie CHU F Hached, Sousse, Tunisie
Les tumeurs épithéliales malignes (TEM) de l’ovaire sont parmi
les tumeurs solides les plus chimiosensibles. Paradoxalement leur
pronostic est sombre. Elles sont responsables de 0,4 % de tous
les décès féminins dans le monde et la survie à 5 ans n’est
qu’aux alentours de 30 % avec une médiane de 3 ans. Ce
mauvais pronostic est essentiellement dû aux difficultés de
diagnostiquer la maladie à des stades précoces. En effet dans
75 % des cas ces tumeurs sont découvertes aux stades III ou IV
de la FIGO.
Dans le but d’évaluer les caractéristiques anatomocliniques ainsi
que les résultats thérapeutiques et les facteurs pronostiques de
ces tumeurs dans le centre tunisien, nous avons réalisé une étude
rétrospective sur une période de 11 ans (de janvier 1994
à décembre 2004) portant sur 104 patientes suivies dans
le service d’oncologie médicale au CHU F. Hached de Sousse
(Tunisie) pour une TEM de l’ovaire prouvée histologiquement et
classée stade III ou IV (FIGO). Le recul médian était de
86 mois. Nos patientes avaient un âge moyen de 54 ans (20
à 77 ans), 62,7 % étaient ménopausées. Le signe clinique
révélateur le plus fréquent était les douleurs abdominales
(71 %). 78 % des patientes étaient classées stade III et
22 % stade IV. La chirurgie initiale était optimale dans
42,3 % des cas. Elle était suivie d’une chimiothérapie
adjuvante à base de sel de platine. La chimiothérapie néoadjuvante
a été administrée chez 47 patientes (45,2 %).
28 patientes avaient bénéficié d’une chirurgie d’intervalle
qui était optimale dans 64,3 % des cas. La rechute a été
documentée chez 27 patientes dans un délai moyen de
11,7 mois. La survie médiane était de 27 mois (38,4 et
16,8 mois respectivement pour les stades III et IV). La survie
globale à 5 ans était de 27 % avec 31,4 et 11,4 %
respectivement pour les stades III et IV. Les facteurs pronostiques
significatifs retenus pour une meilleure survie étaient :
l’âge < 40 ans (p < 0,05),
normalisation du taux du CA125 en fin de chimiothérapie
(p < 0,01), le stade III (p < 0,01), la
chirurgie initiale optimale (p < 0,02), la survenue de
rechute 6 mois après la fin du traitement
(p < 0,0001) et le traitement par chimiothérapie de la
rechute (< 0,02). Nos résultats sont conformes à ceux de la
littérature
La prise en charge des TEM de l’ovaire a beaucoup évolué ces
dernières années mais il faut attendre encore d’immenses
progrès, notamment dans le diagnostic précoce.
107
Résultats carcinologiques et fertilité après traitement
conservateur pour tumeur ovarienne
Bouzid T1, Ben Dhiab T1, Ben Hassouna
J1, Slimane M1, Mtaallah MH1,
Daldoul O2, Gamoudi A3, Hechiche
M1, Bousse M2, Rahal K1
1Service de chirurgie carcinologique ;
2Service de carcinologie
médicale 3Service d’immunohistochimie, Institut
Salah-Azaïz, 1006 Bab Saadoun, Tunis, Tunisie
Le traitement chirurgical de référence chez les patientes ayant
un cancer de l’ovaire de stade limité est radical et comprend
l’hystérectomie avec l’annexectomie bilatérale. Néanmoins, chez les
patientes jeunes traitées pour une tumeur non épithéliale de
l’ovaire maligne unilatérale, le traitement conservateur est
possible et il permet de maintenir une fertilité ultérieure. Dans
les tumeurs épithéliales à la limite de la malignité de l’ovaire,
le traitement peut lui aussi être conservateur même lorsqu’il y a
des lésions péritonéales sous réserve qu’il s’agisse d’implants non
invasifs.
Nous rapportons une série de 32 traitements conservateurs
pour tumeurs épithéliales ovariennes réalisés à l’Institut
Salah-Azaïz entre 1995 et 2001. Au cours de cette même
période, 285 patientes ont été traitées pour une tumeur
ovarienne, soit un taux de conservation de 11,2 %.
L’âge moyen de nos malades était de 33 ans. La stadification
FIGO était : 23 stades IA (grade 1,
n = 10 ; grade 2, n = 8 ; grade 3,
n = 2) ; quatre stades IC ; trois stades II et
deux stades III (tumeurs borderline avec implants
péritonéaux non invasifs). Neuf patients ont présenté au moins une
récidive dont cinq sur l’ovaire conservé, 3 récidives
péritonéales et une récidive appendiculaire. Aucune récidive n’est
apparue chez les patientes porteuses d’une tumeur stade IA,
grade = 1. Les survies globales à 2 ans et à
5 ans étaient, respectivement, de 88 et 77 %.
Cinq grossesses, avec 4 naissances vivantes, chez
3 patientes ont été observées. Une chirurgie de totalisation a
été réalisée chez deux patientes.
La chirurgie conservatrice des cancers épithéliaux de l’ovaire ne
doit être proposée, qu’aux patientes jeunes, souhaitant préserver
leur fertilité ultérieure et ayant une tumeur de stade IA grade 1,
voire grade 2, et aux patientes porteuses de tumeurs
borderline limitées ou avec des implants péritonéaux non
invasifs. On note, également, que les résultats obstétricaux sont
décevants malgré le recours à la stimulation ovarienne qui est
contesté par beaucoup d’auteurs.
108
Étude descriptive des tumeurs primitives du système nerveux
central recensées en France en 2004 et 2005
Pallusseau L1, Bauchet L2, Rigau
V3, Mathieu-Daudé H1 et le groupe de
Neuro-oncologie du Languedoc-Roussillon, sous l’égide de la Société
française de neurochirurgie, l’Association des neuro-oncologues
d’expression française et la Société française de
neuropathologie
1Registre des tumeurs de l’Hérault, CRLC Val
d’Aurelle, 34298 Montpellier Cedex 5 ;
2Service de neurochirurgie, hôpital Gui-de-Chauliac,
Montpellier ; 3Service d’anatomie pathologie,
hôpital Gui-de-Chauliac, Montpellier
8 100 nouveaux cas de tumeurs primitives du système
nerveux central (TPSNC) prouvés histologiquement ont été
enregistrés dans le cadre du recensement national mis en place en
2004 par les neurochirurgiens et les anatomopathologistes. Cette
base de données non exhaustive mais constituée par
50 établissements répartis dans toute la France permet de
mieux connaître la répartition de ces tumeurs selon différents
critères et facilite les études cliniques et l’harmonisation de la
prise en charge des patients.
Le bilan des 2 années de recueil (2004 et 2005) dénombre
3 750 hommes (46,3 %) et 4 350 femmes
(53,7 %) pour une moyenne d’âge de 53 ans (médiane
56 ans). Les principaux signes cliniques associés à ces TPSNC
sont les déficits neurologiques (32,7 %), les céphalées
(24,9 %) et l’épilepsie (21,8 %). La topographie est le
plus souvent sus-tentorielle (78,6 %) et la chirurgie
pratiquée est l’exérèse dans 75,5 % des cas. L’histologie se
répartit en gliomes (49,5 %), méningiomes (31,2 %),
neurinomes (8,7 %), autres tumeurs neuroépithéliales
(3,7 %), lymphomes (2,9 %), autres (4 %). La
répartition par sexe montre une prédominance des gliomes chez
l’homme (56,4 %) et des méningiomes chez la femme (74 %).
Pour les enfants les tumeurs les plus fréquentes sont les
astrocytomes pilocytiques (25 %), les médulloblastomes
(14 %), et les épendymomes (8 %). Les deux
classifications anatomopathologiques utilisées pour les tumeurs
astrocytaires et/ou oligodendrocytaires ont été comparées en tenant
compte des critères d’imagerie associés (prise de contraste) et la
concordance est de 78 %.
Le recensement national des TPSNC continue en 2006 avec plusieurs
nouveaux centres participants. Une étude est en cours sur l’état
des lieux des pratiques chirurgicales, radiothérapiques et
chimiothérapiques dans la prise en charge des glioblastomes en
France en 2004 (760 cas).
109
La stratégie conservatrice dans les tumeurs germinales malignes de
l’ovaire
Elghissassi I, M’rabti H, Taleb A, Bensouda Y, Kaikani W,
Ismaili N, Mellas N, Hassani K, Boutayeb S, Elmesbahi O, Erriahni
H
Institut national d’oncologie Sidi Mohamed Ben Abdellah,
avenue Allal El Fassi, BP 6542, Rabat
Les tumeurs germinales malignes de l’ovaire (TGMO) représentent
moins de 5 % des tumeurs ovariennes. Ce sont des tumeurs
hautement curables, survenant souvent chez des femmes jeunes et
dont la prise en charge doit tenter de préserver la fonction
reproductrice. L’objectif de cette étude est d’analyser l’impact du
traitement conservateur dans ces tumeurs sur le pronostic.
Cette étude rétrospective sur 11 années (1995-2005) porte sur
les TGMO prises en charge à l’Institut national d’oncologie de
Rabat. Les critères d’inclusion sont : TGMO histologiquement
confirmée et stadification selon la FIGO établie après exploration
chirurgicale. Les cas exclus : tumeurs ovariennes
épithéliales, du mésenchyme et cordons sexuels ainsi que les
tumeurs germinales bénignes (tératome mature).
Vingt-neuf cas de TGMO ont été colligés, avec un âge médian de
28,4 ans (extrêmes 12-67). Douleur et masse abdominale étaient
les symptômes les plus fréquents. 18 patientes avaient un
stade I de la FIGO, 9 un stade III et 2 un stade IV.
Histologiquement, il a été retrouvé 11 dysgerminomes et
18 tumeurs non dysgerminomateuses dominées par les tératomes
immatures. Le traitement chirurgical était conservateur dans
18 cas, radical dans 4 cas, 4 patientes n’ont eu
qu’une cytoréduction tumorale préservant les 2 ovaires alors
qu’une patiente n’a pas bénéficié d’intervention. 19 patientes
ont reçu une chimiothérapie à base de Vp16 et cisplatine (médiane
de 4 cycles). Celle-ci était adjuvante dans 12 cas, avec
résidu tumoral en fin d’intervention dans 7 cas dont
6 réponses complètes et une progression. Une radiothérapie
exclusive a été réalisée chez deux patientes présentant un
dysgerminome stade I. Avec un recul médian de 30 mois (7-
132 mois), 3 récidives ont été notées dont un cas classé
stade III : tératome immature et 2 classés stade I
n’ayant pas reçu de chimiothérapie : carcinome embryonnaire de
traitement conservateur et tumeur vitelline de traitement radical.
Les 2 décès notés concernent le dernier cas et celui d’un
dysgerminome stade IV ayant progressé après chimiothérapie. Aucun
événement n’a été noté parmi toutes les patientes classées stade I
et ayant bénéficié d’une chirurgie conservatrice avec
chimiothérapie adjuvante.
Les résultats de cette étude suggèrent que le traitement
conservateur avec chimiothérapie adjuvante est une option
raisonnable dans les TGMO, notamment dans les stades précoces.
D’autres études à plus grand effectif sont nécessaires pour
déterminer les indications et les modalités thérapeutiques exactes
dans ces tumeurs rares
110
Le carcinome mucineux du sein (à propos de 23 cas)
Jennani A, Bayla A, Jouhadi H, Benchekroun N, Tawfiq N,
Sahraoui S, Benider A
Centre d’oncologie Ibn Rochd, Casablanca
Le carcinome mucineux du sein est une forme histologique rare
qui représente 1 à 7 % de l’ensemble des cancers du sein. Il
est rencontré fréquemment chez la femme âgée. La survie à
5 ans est de l’ordre de 90 %.
Le but de ce travail est d’analyser à travers une étude
rétrospective menée au centre d’oncologie Ibn-Rochd entre
janvier 1998 et décembre 2005 et une revue de la
littérature les principales caractéristiques de ces tumeurs.
23 cas ont été colligés dont 22 femmes et un homme. La
moyenne d’âge a été de 53 ans et le délai moyen de
consultation de 11 mois. Le siège le plus fréquent était le
QSE. La moitié des malades avaient une taille tumorale comprise
entre 2 et 5 cm. Le carcinome colloïde était pur dans
18 cas et mixte dans 5 cas. Le stade T2 N0 M0 était le
plus fréquent. tous les patients de notre série ont été
opérés : Patey dans 17 cas, tumorectomie dans 5 et
Halshted chez le patient de sexe masculin). La radiothérapie a été
pratiquée dans 19 cas et la chimiothérapie dans 16 cas.
Au cours de l’évolution, 4 patients ont été perdus de vue, 2
ont développé des récidives locorégionales. la survie à 5 ans
pour les malades évaluables est de 100 %.
Le carcinome mucineux du sein est de bon pronostic
111
Les mélanomes muqueux primitifs : étude rétrospective de
20 cas
Kaikani W1, Elmesbahi O1, Mesbah
L2, Taleb A1, Errihani H1
1Service d’oncologie médicale ;
2Service de radiothérapie, Institut national
d’oncologie, avenue Allal El Fassi, BP6542, Rabat, Maroc
Les mélanomes muqueux primitifs sont rares, ce sont
des tumeurs très agressives, de traitement complexe et d’évolution
défavorable. Le but de notre travail est de dresser le profil
clinique, thérapeutique et évolutif des mélanomes muqueux
primitifs.
Il s’agit d’une étude rétrospective de mélanomes muqueux
histologiquement confirmés colligés à l’institut national
d’oncologie de Rabat durant la période allant de janvier 1998
à décembre 2003. Vingt cas ont été colligés, ont été
notés : le site anatomique primitif, les signes de découverte
cliniques, le délai avant consultation, le stade (classification de
AJCC pour les localisations au niveau de la tête et du cou et de la
FIGO pour la sphère génitale), les différentes thérapeutiques et
l’évolution, la survie était mesurée selon la méthode de
Kaplan-Meir.
Résultats : six femmes, 14 hommes ont été colligés, la
médiane d’âge est de 53 ans (32-80). Les autres résultats sont
détaillés dont le tableau ci-dessous (tableau
1) :
Tableau 1.
| Localisation |
Délai médian avant consultation (mois) |
Symptôme principal de découverte |
Stade |
Thérapeutiques reçues |
Médiane de suivi (mois) |
Évolution |
| Cavités nasosinusiennes (n = 8) |
6 |
Épistaxis |
I : 7
II : 1 |
Chirurgie + radiothérapie : 4
Chirurgie seule : 1 Radiothérapie seule : 1 Abstention
thérapeutique : 2 |
14 |
Récidive locale : 4 Métastases à
distance : 1 Décès : 1 |
| Cavité buccale (n = 3) |
12 |
Masse endobuccale |
I : 2
III : 1 |
Chirurgie + radiothérapie : 2
Radiothérapie + chimiothérapie palliatives : 1 |
6 |
Récidive locale : 1 Décès : 1 |
| Anorectale (n = 6) |
6 |
Rectorrhagie |
I : 2
II : 3
III : 1 |
Chirurgie : 1 Chimiothérapie
palliative : 1 Abstention thérapeutique : 3 Décès avant
traitement : 1 |
2 |
Récidive locorégionale : 1 Décès :
2 |
Génitale
– col (n = 1)
– vagin (n = 2) |
6 mois |
Métrorrhagie |
II : 1
IV : 2 |
Chirurgie : 1 Abstention
thérapeutique : 2 |
2 |
Récidive locale + métastases à
distance : 1 |
Le mélanome malin muqueux peut toucher toutes les localisations,
malgré les avancés thérapeutiques, le pronostic reste mauvais.
112
Le cancer du sein chez la femme de 30 ans et moins
El Morjani T, Benchakroun N, Jouhadi H, Tawfiq N, Sahraoui S,
Benider A
Centre d’Oncologie Ibn-Rochd, Casablanca
Le cancer du sein survenant chez la femme très jeune est rare et
son diagnostic et sa prise en charge sont parfois difficiles.
L’objectif de l’étude est d’analyser les caractéristiques
épidémiologiques et clinicopathologiques et surtout d’évaluer les
résultats thérapeutiques instaurés.
Les dossiers de 42 patientes âgées de 30 ans ou moins,
chez qui un diagnostic de cancer invasif du sein a été porté
entre 1999 et 2003, ont fait l’objet d’une étude rétrospective
dans le Centre d’oncologie Ibn-Rochd de Casablanca. L’âge moyen des
patientes est de 28 ans avec un minimum de 24 ans. Cinq
patientes (12 %) avaient un antécédent familial de cancer
mammaire. Dans 88 % des cas, le signe révélateur était un
nodule du sein cliniquement palpable, de taille moyenne de
4,8 cm. Il s’agissait dans 14 cas du stade I, 15 cas
de stade II, 10 cas de stade III et 3 cas de stade IV.
Trois cancers ont été découverts au décours d’une grossesse ou
après allaitement. Une chimiothérapie à base de doxorubicine et de
cyclophosphamide a été prescrite chez 12 patientes en
néoadjuvant et chez 30 patientes en adjuvant. Un traitement
conservateur a été effectué dans 16 cas. Toutes les patientes
ont été irradiées, l’irradiation de la totalité de la glande
mammaire a été complétée par une curiethérapie du lit tumoral dans
10 cas. Il s’agissait d’un carcinome canalaire infiltrant de
grade SBR III dans 19/37 cas ; accompagné d’une atteinte
ganglionnaire axillaire dans 28/42 cas. Les récepteurs
hormonaux étaient négatifs dans 13/28 cas. Après un recul
moyen de 45 mois avec des extrêmes de 60 et 36 mois, on a
constaté 5 récidives locales, soit 12 % ;
15 patientes (35 %) ont développé des métastases, 10 ont
été perdues de vue et seulement 12 (28 %) sont en rémission
maintenue.
Les données de la littérature qui soulignent le pronostic
défavorable du cancer du sein chez les femmes très jeunes,
coïncident avec nos résultats et incitent à adapter en fonction de
l’ensemble des facteurs pronostiques, les indications des
thérapeutiques locales et des traitements adjuvants
systémiques.
113
Récidives locorégionales des cancers du sein
Bourezgui H, Bourhaleb Z, Benchakroun N, Jouhadi H,
Tawfiq N, Sahraoui S, Benider A
Centre d’Oncologie Ibn-Rochd, Casablanca
Les récidives locorégionales du cancer du sein peuvent être
source de métastases. La radiothérapie améliore significativement
le contrôle local, qu’elle soit faite avec ou sans
chimiothérapie.
Le but de ce travail est d’analyser les rechutes pariétales en
fonction des facteurs pronostiques à travers une étude de
458 cas colligés au centre d’oncologie Ibn-Rochd
entre 1988 et 2002. Les critères d’inclusion ont été un
cancer du sein sans métastase synchrone traité par chirurgie
radicale avec une rémission complète supérieure au moins à
6 mois. La moyenne d’âge des patientes était de 46 ans,
extrêmes (22-95). Plus de la moitié de nos patientes étaient en
période d’activité génitale. Selon la classification TNM, nous
avons noté que T1 + T2 représentaient 44 % des cas et T3
+ T4 (50 %), le N1 était prédominant dans 45 % des
cas. Le traitement a consisté en une chirurgie première suivie
d’une chimiothérapie dans 76 % des cas, une radiothérapie
locorégionale a été faite dans 90 % des cas. 40 % de nos
malades ont bénéficié d’une hormonothérapie. Nous avons noté des
récidives locales chez 25 % des patientes, dont 20 % sont
des rechutes locales et 5 % des rechutes ganglionnaires. Les
facteurs pronostiques pris en considération pour l’analyse des
rechutes sont : l’âge, le statut hormonal, le T, le N, le type
histologique, le grade SBR et les facteurs thérapeutiques à savoir
la radiothérapie et la chimiothérapie.
114
Cancer du sein et grossesse chez la femme jeune : étude à
propos de 53 cas
Chargui R1, Damak T1, Ben Bachouche
W1, Khomsi F1, Ammara A1, Ben
Hassouna J1, Gamoudi A2, Héchiche
M1, Rahal K1
1Service de chirurgie carcinologique ;
2Service d’immuno-histo-cytologie, Institut Salah-Azaïz,
boulevard 9-Avril, 1006 Tunis, Tunisie
L’association cancer du sein et grossesse est un événement rare,
défini par la survenue d’un cancer du sein durant la grossesse ou
durant l’année suivant l’accouchement. Il s’agit d’une entité
caractérisée par une fréquence majorée de forme évoluée
essentiellement ganglionnaire mettant en jeu le pronostic maternel
et fœtal. L’objectif de l’étude était d’en analyser les
caractéristiques épidémiologiques et clinicopathologiques et
surtout d’évaluer les facteurs pronostiques. Il s’agit d’une étude
rétrospective portant sur 53 patientes âgées de 35 ans ou
moins traitées pour cancer du sein associé à une grossesse
entre 1990 et 2000 à l’Institut Salah-Azaïz (ISA).
L’association cancer du sein et grossesse chez la femme jeune
représente 24,1 % des cancers du sein survenus chez les femmes
jeunes et pris en charge à l’ISA au cours de la même période. L’âge
moyen de nos patientes était de 30,04 ans avec des extrêmes
allant de 17 à 34 ans. Cinq patientes (9,6 %) avaient un
antécédent familial de cancer mammaire. Dans 90,4 % des cas,
le signe révélateur était un nodule cliniquement palpable, de
taille moyenne de 6,18 cm. La découverte est faite en cours de
grossesse chez 63,5 % des patientes et au cours de l’année
suivant la grossesse chez 36,5 % des patientes. Onze de nos
patientes étaient métastatiques au moment du diagnostic. Sur
35 patientes traitées chirurgicalement le sein a pu être
conservé dans 4 cas (11,43 %). Il s’agissait d’un
carcinome canalaire infiltrant dans 44 cas (84,6 %). Une
atteinte ganglionnaire axillaire a été retrouvée chez 82,7 %
des patientes. Le taux de survie globale à 5 ans était de
35,17 %. Les facteurs statiquement influençant la survie était
le mauvais niveau, le stade T ≥ 3
(p < 10-4), le caractère
M + (p < 0,15), et la survenue de récidive
locorégionale (p = 0,02).
Ces résultats soulignent le pronostic défavorable de l’association
cancer du sein et grossesse notamment chez la femme jeune et
incitent à adapter en fonction de l’ensemble des facteurs
pronostiques les indications des thérapeutiques locales et des
traitements adjuvants systémiques et hormonaux.
115
Carcinomes du nasopharynx chez l’enfant tunisien : résultats
à long terme du traitement combiné par radiochimiothérapie, étude
rétrospective à propos de 95 cas traités à l’institut
Salah-Azaiz
Daldoul O1, Lejri N1, Allani
B1, Oueslati Z2, Touati S2, Benna
F3, Gamoudi A4, Maalej M3, Ladgham
A2, Khalfallah S1, Rais H1,
Boussen H1
1Services de carcinologie médicale ;
2Chirurgie ORL carcinologique ;
3Radiothérapie et 4Anatomopathologie,
Institut Salah-Azaiz, Tunis, Tunisie
L’objectif est d’évaluer les résultats thérapeutiques, les
facteurs pronostiques et les séquelles tardives du traitement
combiné par radiothérapie locorégionale et chimiothérapie première
ou adjuvante dans les carcinomes du nasopharynx chez l’enfant
tunisien.
Notre étude rétrospective menée de 1969 à 1995 a concerné les
enfants (< 16 ans) traités à l’ISA pour carcinome du
nasopharynx histologiquement confirmé. 60 enfants ont eu une
radiothérapie, adjuvante dans 40 cas (dont 20 sans
cisplatine), néoadjuvante dans 8 cas et pour métastases dans
11 cas. La radiothérapie locorégionale comme pour les adultes
a été faite à la dose de 70-75 Gy sur le nasopharynx et 50 à
70 Gy sur les adénopathies cervicales. Nous avons calculé la
survie actuarielle globale et sans maladie et effectué une analyse
uni et multivariée pour l’étude des facteurs pronostiques.
La série comportait 95 enfants (62 g/33 F,
SR = 1,9) avec un âge moyen de 13 ans (5 à 15) et
une histologie de type UCNT dans 92,6 % des cas. La tumeur
était T3-T4 dans 75,8 % des cas avec une atteinte
ganglionnaire N2-N3 dans 85 % des cas, 11,5 % ayant des
métastases inaugurales, principalement osseuses. Pour les
67 enfants non métastatiques, 25 ont eu une radiothérapie
seule, 34 avec chimiothérapie adjuvante et 8 néoadjuvante. Le
taux de réponses objectives après radiothérapie était de 89 %.
Après chimiothérapie première le taux de réponses était de
87 % (dont 50 % de réponses complètes). Les survies
globales et sans maladie à 5/10 ans sont de 61/54,1 % et
58/53 % avec un impact du T (0,04), mais non du sexe, de l’âge
ou du N. En uni comme en multivarié, l’adjonction de la
chimiothérapie adjuvante avait un impact positif sur les survies
globales et sans maladie (0,03 et 0,05).
Notre série de 95 patients représente la plus imposante
rapportée pour des CNP de l’enfant, particularité épidémiologique
en Afrique du nord. Le traitement combiné par chimioradiothérapie a
très probablement amélioré les survies globale/sans maladie des CNP
de l’adulte, mais également de l’enfant avec un bénéfice majeur
pour les lésions volumineuses locales (T4) et N (2b ou 3). Les
séquelles à long terme du traitement combiné ne doivent pas être
sous-estimées chez l’enfant
116
Place de la biopsie médullaire dans la pathologie tumorale maligne
(à propos de 1025 cas)
Beddar L, Mokrani N, Benahsene K, Tamranet K, Tebbi
Z
Laboratoire d’anatomiepathologie, CHU Ibn-Badis Constantine,
Algérie
L’étude de la moelle hématopoïétique joue un rôle important dans
le diagnostic, le bilan et la surveillance des affections
hématologiques.
Notre étude a porté sur une évaluation de 1025 cas de
biopsies médullaires réparties sur une tranche de 5 ans allant
de 2000 au 2004. Les prélèvements reçus sont fixés dans le liquide
de Bouin ; les prélèvements de grande taille subissent une
décalcification au préalable par de l’acide nitrique à 5 %.
Une première lecture est effectuée sur une coloration de routine
hemalin-éosine. Des colorations spéciales sont réalisées selon les
pathologies rencontrées. Nous avons colligés en 5 ans
1025 biopsies qui se répartissent comme suit 488 biopsies
ont concernées le sexe féminin et 537, le sexe masculin. Sur
1025 prélèvements étudiés sur 5 ans, on a obtenu les
résultats suivants : 428 biopsies ont concerné des
moelles riches et équilibrées ce qui représente à peu près
50 % de notre recrutement en BM, 527 moelles
pathologiques dont 262 sont tumorales, ce qui représente 25 %
de notre recrutement. Ces dernières se répartissent comme
suit : les LMNH et les LLC arrivent en première position avec
(106 cas), suivis des syndromes myéloprolifératifs
(78 cas), des plasmocytomes et des métastases (25 cas
chacun). Les autres affections sont rares à part la maladie de
Hodgkin dans sa localisation secondaire.
Au terme de cette étude nous constatons que la biopsie médullaire
est d’un grand intérêt diagnostic surtout en pathologie tumorale
car elle permet de préciser le diagnostic quand la clinique s’avère
insuffisante, par ailleurs elle trouve son indication dans le bilan
d’extension des localisations secondaires.
117
La chimiothérapie adjuvante dans le cancer vésiculaire : quel
apport ?
Berkane S, Ali Benamara F, Bennani A, Abid L
Service de chirurgie viscérale, Hôpital de Bologhine,
Alger
La chirurgie radicale du cancer vésiculaire invasif reste
décevante (survie à 5 ans inférieure à 5 %). La
chimiothérapie adjuvante est une thérapeutique pouvant consolider
l’action de la chirurgie.
Nous avons systématiquement associé une chimiothérapie systémique
à la chirurgie radicale du cancer vésiculaire invasif (T2, T3 et
T4). La chirurgie d’exérèse est une des segments IV et V associée à
une lymphadénectomie extensive. Cette exérèse est élargie selon les
besoins. Ont été inclus dans cette analyse les patients ayant
survécu à la chirurgie et ont bénéficié d’une chimiothérapie
complète (toutes les cures).
Nous avons colligé 20 cas sur 47 exérèses radicales. Les
patients se répartissent en 17 femmes et 03 hommes, d’un
âge moyen est de 57 ans (26-70 ans). Il s’agit de
1 stade II, de 7 stades III et 12 stades IV. Les
protocoles de chimiothérapie ont été les suivants :
17 fois l’association 5FU-cisplatine, 1 fois
5FU-adriamycine, 02 fois gemcitabine-cisplatine. Nous
déplorons un décès à 6 mois suite à une aplasie médullaire,
une crise d’angor (arrêt de la chimiothérapie) et une aplasie
médullaire (évolution favorable) 50 % des patients ont
présenté des complications digestives, hématologiques et cutanées
de grade I et II. La survie à 3 ans et à 5 ans est
respectivement de 50 et 25 %.
Ces résultats nous incitent à poursuivre l’utilisation de cette
association thérapeutique afin de mieux contrôler cette maladie qui
reste encore grave sous nos climats.
|