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Le cycle de division cellulaire et sa régulation


Bulletin du Cancer. Volume 93, 41-53, Numéro hors-série, Avril 2006, Formation SFC


Résumé   Summary  

Auteur(s) : Laurent Meijer , Equipe Cycle Cellulaire, CNRS, Station Biologique, place G. Teissier, 29680 Roscoff.

Résumé : Le cycle cellulaire comprend la succession des événements qui conduisent de l’existence d’une cellule mère à deux cellules filles, événements qui se distribuent en une phase G1, post-mitotique, une phase S de synthèse d’ADN, une phase G2 et une phase mitotique M, elle-même subdivisée en une suite d’étapes morphologiques et biochimiques. De nombreuses protéines contrôlent l’entrée des cellules dans les phases du cycle et leur progression dans ces phases. Les kinases cycline-dépendantes sont à l’origine des phosphorylations requises pour l’activation des protéines responsables de l’exécution de l’avancée dans le cycle, mais le rôle des phosphatases, des systèmes de protéolyse, des translocations nucléaires est également primordial. De nombreuses altérations oncogéniques sont rencontrées dans les systèmes de régulation du cycle cellulaire, offrant par là même autant de cibles thérapeutiques potentielles.

Mots-clés : synthèse de l’ADN, mitose, cycline, kinase cycline-dépendante

Illustrations

ARTICLE

Auteur(s) : Laurent Meijer

Equipe Cycle Cellulaire, CNRS, Station Biologique, place G. Teissier, 29680 Roscoff

La division cellulaire est le processus fondamental par lequel une cellule mère donne deux cellules filles identiques entre elles et à la cellule dont elles dérivent. Le cycle cellulaire est essentiellement constitué de l’interphase, au cours de laquelle les chromosomes sont répliqués, et de la mitose, au cours de laquelle les chromosomes se répartissent entre les deux cellules filles. À côté de ce cycle de division chromosomique, il existe un cycle cytoplasmique, un cycle centrosomique, un cycle nucléolaire, un cycle de l’appareil de Golgi. Tous ces événements sont interdépendants et parfaitement couplés [1-3].La division cellulaire est un processus essentiel au développement embryonnaire mais également vital pendant toute la vie de l’organisme adulte. Tous les jours, un milliard de cellules doivent être renouvelées – soit près de 20 millions de divisions cellulaires par seconde – pour remplacer les cellules qui sont perdues de façon continue. Ce mécanisme de division cellulaire, extrêmement complexe, est régulé par un grand nombre de protéines intervenant très transitoirement et dans un ordre défini, permettant ainsi la succession précise des différentes étapes du cycle cellulaire. Il arrive occasionnellement qu’une anomalie de régulation de la division apparaisse, apparition favorisée par les produits cancérigènes. La cellule devient alors cancéreuse et va se développer librement en une tumeur qui, par métastase, va quitter son tissu de départ et essaimer dans tout l’organisme, entraînant des conséquences dramatiques pour tout l’organisme. On comprend alors l’intérêt d’étudier les régulateurs de la division cellulaire, dont les anomalies sont souvent à l’origine des cancers.La division cellulaire a été décrite il y a plus de 150 ans et a fait l’objet de très nombreuses études en raison de son caractère fondamental. En revanche, sa régulation intracellulaire n’est connue que depuis quelques décennies, grâce à des travaux entrepris sur des modèles biologiques très variés. La complémentarité d’approche et la convergence des résultats ont finalement abouti à un modèle général de contrôle intracellulaire de la division. Ces travaux ont été couronnés par l’attribution, en octobre 2001, du prix Nobel de physiologie et de médecine à trois acteurs essentiels du décryptage des mécanismes régulant le cycle cellulaire, Tim Hunt, Paul Nurse et Leyland Hartwell.Le cycle cellulaire reste un grand sujet d’études en biologie cellulaire et moléculaire comme en témoignent la dizaine d’articles publiés chaque jour dans ce domaine, les multiples applications possibles de la compréhension de la division cellulaire et l’intérêt croissant de l’industrie pharmaceutique.

Phases du cycle de division cellulaire

Lorsqu’elles ne se divisent pas, les cellules sont dites en quiescence ou en phase G0. Sous l’effet de signaux mitogènes, elles entament un cycle de division (( figure 1 )). Le cycle cellulaire est classiquement divisé en quatre phases, G1, S, G2, M. Au cours de la phase G1 (de gap = intervalle), les cellules passent par le point de restriction, une sorte de point de non-retour à partir duquel le cycle est irréversiblement engagé et l’entrée en division ne dépend plus de la présence des facteurs mitogènes. La phase G1 est préparatrice à la phase S au cours de laquelle l’ADN est répliqué. La phase G2 précède la phase M, ou mitose, au cours de laquelle les chromosomes dédoublés sont répartis dans les deux cellules filles, grâce au fuseau de division. Cette phase M est classiquement découpée en cinq périodes : la prophase, la prométaphase, la métaphase, l’anaphase et la télophase. La cytokinèse achève la division de la cellule. Lorsque les cellules cessent toute prolifération, sous l’effet de signaux antimitogènes ou suite à la disparition des agents mitogènes, elles quittent le cycle cellulaire et retournent en phase de quiescence. Les quatre phases s’enchaînent de façon coordonnée, chaque phase ne pouvant commencer que lorsque la précédente s’est déroulée correctement. En effet de nombreux mécanismes de contrôle (checkpoints) assurent une sorte de « contrôle qualité » à chaque étape et bloquent le déroulement du cycle lorsqu’une anomalie est détectée (endommagement de l’ADN, ADN non complètement répliqué, chromosomes non attachés au fuseau mitotique) [4, 5].

Kinases cycline-dépendantes

L’une des découvertes majeures dans le domaine du cycle cellulaire a été l’identification des kinases cyclines-dépendantes (cyclin-dependent kinases, CDK). Ces protéines kinases jouent en effet un rôle essentiel dans le déclenchement, le contrôle et la succession harmonieuse des différentes phases du cycle. Elles sont actives uniquement sous forme d’un complexe entre une sous-unité catalytique (CDK) et une sous-unité régulatrice (cycline). Schématiquement (( figure 2 )), CDK4 et CDK6, associées à des cyclines de type D, régulent le déroulement de la phase G1. Puis CDK2-cycline E prend le relais pour assurer la transition G1/S, suivie par CDK2-cycline A qui assure le contrôle de la phase S. CDK1-cycline A intervient en G2, CDK1-cycline B régule la transition G2/M et l’entrée en mitose.

Quatre niveaux de régulation contribuent à l’activité transitoire de ces CDK :

  • - l’assemblage transitoire des complexes CDK-cyclines, lié à une durée de vie des cyclines généralement courte ;
  • des modifications post-traductionnelles, phosphorylations et déphosphorylations, conduisant à l’activation ou à l’inactivation des CDK. Ainsi les CDK sont phosphorylées sur deux résidus adjacents (Thr14 et Tyr15 pour CDK1) situés au bord de la poche de fixation de l’ATP. Cette phosphorylation inhibitrice est levée par une famille de phosphatases très particulières, les phosphatases CDC25 A, B ou C. En revanche, la phosphorylation, par CDK7-cycline H-Mat1, d’un résidu situé sur la boucle T (Thr161 pour CDK1), est essentielle à l’activation des CDK ;
  • une association transitoire avec des inhibiteurs protéiques. Il en existe deux types, la famille INK4, dont les membres interfèrent avec la fixation de la cycline de type D sur la CDK, et la famille CIP/KIP, dont les membres se fixent sur les complexes CDK-cyclines et les inactivent [6]. De façon surprenante, p21CIP1 et p27KIP1 se fixent sur CDK4 sans en inhiber l’activité kinase, ils sont en fait nécessaires pour l’assemblage du complexe CDK4-cycline D et sa translocation dans le noyau. En revanche, ces deux protéines sont d’excellents inhibiteurs de CDK2-cycline E. L’apparition de p21CIP1 et p27KIP1 permet donc la formation des complexes CDK4-cyclines D, tout en retardant l’activation des complexes CDK2-cycline E. Enfin, CDK2-cycline E, en phosphorylant p27KIP1, conduit à son ubiquitinylation par Skp1/Skp2 et à sa destruction par le protéasome [7]. Cette élimination de p27KIP1 contribue à l’entrée en phase S ;
  • des changements très importants de localisation intracellulaire, en général également régulée par phosphorylations et déphosphorylations.

Transition G0/G1

Il existe une grande variété de facteurs mitogènes, dont la description dépasse le cadre de cet article [8]. Ces facteurs agissent, en général, par l’intermédiaire de récepteurs transmembranaires de type tyrosine kinases ou encore couplés à des protéines G. Les protéines G de type Rho, Ras sont souvent modifiées de façon post-traductionnelle par prénylation du côté C-terminal. Ces prénylations, catalysées par une farnésyltransférase et une géranylgéranyl transférase, sont essentielles pour le fonctionnement de la voie de signalisation. Suit alors l’activation d’une cascade de protéine kinases, de type MAPKKK/MAPKK/MAPK, telle Raf/MEK1/Erk1/2 ou PI3K/PDK1/AKT (( figure 3 )). En général, ces cascades conduisent à la stimulation de la transcription de gènes essentiels pour l’entrée en division (en particulier cyclines D, CDK). Une autre voie importante, également impliquée dans l’entrée en division, est celle de l’oncogène Myc. Myc forme un dimère avec la protéine Max, dimère qui active la transcription des gènes de cyclines D et E, CDC25A, CDK4, E2F [9].

Progression en G1

Le début du cycle cellulaire nécessite la transcription d’un certain nombre de gènes, tels que les cyclines D et E, p21CIP1, p27KIP1 et des gènes sous le contrôle des facteurs de transcription de la famille E2F, comme la cycline E (( figure 4 )). Les cellules sont maintenues en G1 grâce aux protéines de la famille du rétinoblastome, pRb, p107 et p130 (pocket proteins). Ces suppresseurs de tumeur bloquent le cycle cellulaire en s’associant à E2F. En effet, en complexe avec pRb, les facteurs E2F, associés au cofacteur de transcription DP, restent inactifs : pRb et p107, p130 maintiennent donc la cellule en G1.

Au cours de G1, les CDK phosphorylent pRb, ce qui conduit à la dissociation du complexe Rb-E2F, et donc à la libération de facteurs E2F actifs. Il semblerait que CDK4-6, associée aux cyclines D, induise le processus et permette une activation transcriptionnelle partielle. Une phosphorylation supplémentaire de pRb par CDK2-cycline E permet la libération complète des facteurs E2F.

La famille E2F régule l’expression de gènes impliqués dans la transition G1/S, mais aussi de gènes codant des protéines contrôlant la réplication (MCM, cdc6), des enzymes nécessaires à la synthèse d’ADN. On comprend pourquoi les inhibiteurs naturels de CDK, des familles INK4 et CIP1/KIP, en maintenant pRb sous forme hypophosphorylée, donc liée à E2F, constituent des inhibiteurs puissants du cycle cellulaire. L’inactivation de ces inhibiteurs permet la progression de la cellule à travers la phase G1 et la transition G1/S.

Transition G1/S

La préparation à la transition G1/S commence tout d’abord par l’assemblage d’un complexe préréplicatif (pré-RC) (( figure 5 )). L’ORC (origin recognition complex), un complexe de six sous-unités (Orc1-6), lie l’adénosine triphosphate (ATP), puis se fixe sur l’ADN au niveau des origines de réplication. L’ORC recrute ensuite deux facteurs essentiels, cdc6, une ATPase, et Cdt1, un facteur de transcription. Ces deux facteurs essentiels interviennent ultérieurement pour permettre l’accrochage des six protéines (MCM2-7) du complexe MCM (mini-chromosome maintenance).

Plusieurs protéines et complexes protéiques doivent s’associer aux complexes préréplicatifs afin que la synthèse d’ADN puisse commencer (( figure 5 )). La protéine Mcm10/Dna43 se fixe tout d’abord au complexe préréplicatif. La kinase cdc7 commence par activer ce complexe en fin de phase G1. La kinase CDK2-cycline E intervient ensuite et le complexe peut alors fixer cdc45, un facteur essentiel qui permettra l’accrochage de l’ADN polymérase α. L’activité CDK2 est indispensable pour l’association de cdc45 à la chromatine. Une ADN hélicase est alors activée au niveau des fourches de réplication et les ADN polymérases peuvent commencer à agir. La topologie de l’ADN est maintenue par l’activité de plusieurs topo-isomérases [10].

L’assemblage de la machinerie de synthèse de l’ADN et l’induction de son activité sont donc contrôlés par deux kinases, cdc7 et CDK2. L’activité de cdc7 dépend de la présence transitoire de Dbf4, comme l’activité des CDK dépend de la présence transitoire des cyclines. Le niveau de Dbf4 est maximal en phase S et est la résultante des activités de synthèse protéique et de destruction protéolytique. Cette régulation de cdc7/Dbf4 explique qu’on lui donne parfois le nom de DDK (Dbf4-dependent kinase) [11]. Cdc7/Dbf4 phosphoryle essentiellement les protéines MCM, en particulier MCM2. L’activité des CDK est indispensable à la réplication de l’ADN, mais la plupart des substrats qui doivent être phosphorylés restent encore inconnus. CDK2-cycline E phosphoryle p27KIP1, ce qui stimule son ubiquitination par Skp1/Skp2 et conduit à sa destruction par le protéasome, contribuant à la transition G1/S [4].

Phase S

Les mécanismes moléculaires de la réplication de l’ADN sont complexes et dépassent le cadre de cet article. Nous ne les décrirons que très brièvement [12]. La réplication de l’ADN est catalysée par l’ADN polymérase, une enzyme qui utilise un brin d’ADN comme base de synthèse (template) de l’autre brin par additions successives, sur l’extrémité 3’, de nucléotides complémentaires fournis par les précurseurs dATP, dTTP, dGTP et dCTP. L’élongation de la chaîne d’ADN se fait donc dans le sens 5’ → 3’. Dans la cellule, la réplication de la molécule d’ADN double brin se fait dans une structure en forme de Y, la fourche de réplication (replication fork). Celle-ci progresse graduellement le long de la double hélice parentale, générant deux doubles hélices filles derrière elle, formant les deux bras du Y. Chacune avance dans une direction chimique différente, 3’ → 5’ et 5’ → 3’. L’ADN polymérase ne fonctionne que sur un des brins, dans le sens 5’ → 3’ (leading strand). La synthèse de l’ADN sur l’autre brin (3’ → 5’, lagging strand) fait donc appel à un autre mécanisme. En effet, sur ce brin, l’ADN polymérase produit de longues séries de fragments, les fragments d’Okazaki , qui sont ensuite reliés les uns aux autres par une ADN ligase. Parmi les nombreuses protéines qui interviennent (au moins 27 au niveau de la fourche de réplication), mentionnons simplement l’ADN hélicase, qui déploie la double hélice et l’ADN primase qui produit les amorces pour les fragments d’Okazaki.

Transitions G2/M et prophase/métaphase

La phase G2 est souvent présentée comme une phase de préparation à la mitose, mais ces mots masquent davantage notre méconnaissance de cette partie du cycle cellulaire. Elle est marquée par le début de la condensation des chromosomes. La kinase CDK1-cycline A est active en G2, mais ses fonctions demeurent inconnues.

La transition prophase/métaphase, souvent abusivement nommée transition G2/M, est contrôlée par la kinase CDK1-cycline B. En G2-début de prophase, CDK1 est présente sous forme monomérique inactive. Puis, au fur et à mesure de la synthèse de cycline B, le complexe CDK1-cycline B s’accumule pour atteindre un niveau maximal en prophase. À ce stade, il est encore inactif car les résidus Thr14 et Tyr15 sont phosphorylés par les kinases Wee1 et Myt1. En revanche, la Thr161, dont la phosphorylation est indispensable à l’activité de la kinase, est phosphorylée par CDK7-cycline H-Mat1.

Quatre mécanismes sont responsables de l’activation de CDK1-cycline B lorsque la cellule est prête à entrer en phase M (( figure 6 )) :

  • les kinases inhibitrices Wee1 et Myt1 sont inactivées par phosphorylation par les kinases PKB/AKT et p90RSK. De plus, Tome1 (trigger of mitotic entry), associé à Skp1, est responsable de la dégradation rapide de Wee1 par protéolyse en fin de G2 ;
  • parallèlement, les résidus inhibiteurs, Thr14 et Tyr15, sont déphosphorylés par les phosphatases CDC25. Les fonctions respectives de chacune des trois CDC25 n’ont pas encore été clairement établies. Il semblerait que CDC25B amorce l’activation de CDK1-cycline B. CDC25C est ensuite activée par phosphorylation par, d’une part, CDK1-cycline B, générant ainsi un système d’auto-amplification, et, d’autre part, PLK1. CDC25A est stabilisée par phosphorylation par CDK1-cycline B ;
  • la cycline B est phosphorylée par diverses kinases, ce qui est indispensable à l’interaction entre CDC25 et CDK1, donc à l’activation de la kinase ;
  • le complexe CDK1-cycline B migre dans le noyau, où il trouve la plupart de ses substrats (lamines, nucléoline, condensine, par exemple). Les interactions de la cycline B1 avec la cycline F et l’importine β régulent la localisation nucléaire du complexe CDK1-cycline B.

Phase M, généralités

La phase M comporte des phases décrites, il y a plus de cent ans, essentiellement sur la base de la morphologie des chromosomes et de l’enveloppe nucléaire (( figure 7 )) :
  • la prophase, fin de condensation des chromosomes, rupture de l’enveloppe nucléaire,
  • la prométaphase, période de formation du fuseau et du début d’alignement des chromosomes,
  • la métaphase, phase d’alignement des chromosomes dans le fuseau,
  • l’anaphase, disjonction des chromosomes,
  • la télophase, mouvement des chromosomes vers les pôles, disparition du fuseau, décondensation des chromosomes et début de la cytokinèse.

Une nouvelle nomenclature, s’appuyant également sur les événements moléculaires qui contrôlent et accompagnent ces événements morphologiques, a été proposée récemment [13] (( figure 7 )). Elle comporte cinq transitions, chacune étant caractérisée par l’activité de protéine kinases bien particulières et par la succession de destructions protéolytiques de certains substrats :

  • la transition 1 chevauche la fin de G2 et la plus grande partie de la prophase ; elle est caractérisée par l’activité des kinases CDK-cycline A, Plk1, Aurora A. Pendant cette période, CDK1-cycline B est inactive et cytoplasmique ;
  • la transition 2 est caractérisée par l’activation de CDK1-cycline B par CDC25 et sa translocation vers le noyau, suivie par la rupture de l’enveloppe nucléaire ;
  • la transition 3 correspond bien à la prométaphase. Un certain nombre de critères comme l’attachement des kinétochores au fuseau, l’activation de l’anaphase promoting complex (APC/cdc20) modulé par l’attachement des microtubules au kinétochore), doivent être satisfaits pour que la mitose se termine. La cycline A est détruite à ce stade, alors que la cycline B reste présente ;
  • la transition 4. Au cours de cette phase, les kinétochores étant tous reliés à des microtubules, cdc20 n’est plus inhibée par MAD2 et peut donc activer complètement l’activité APC. APC peut donc s’attaquer d’une part à la sécurine, conduisant à la disjonction des chromatides et, d’autre part, à la cycline B, permettant l’entrée en télophase [14] ;
  • la transition 5 est caractérisée par le fait que, la cycline B étant détruite, la CDK1 est inactivée et une nouvelle enveloppe nucléaire peut se reformer. La cytokinèse a lieu et la cellule se retrouve en interphase. Cdc20 est dégradée et remplacée par cdh1 (ou hct1, fizzy-related protein) qui se lie à l’APC, permettant la dégradation de nouvelles protéines, telles Aurora A et Tome1. APC/cdh1 reste présent dans la cellule jusqu’à l’entrée dans le prochain cycle de division.

Condensation des chromosomes

La condensation des chromosomes est parmi les premiers événements morphologiques de la division à avoir été décrits. La condensine, un complexe constitué de 5 sous-unités, est le principal responsable du phénomène de condensation chromosomique. Ces sous-unités sont très bien conservées chez les eucaryotes et ont une nomenclature complexe [2]. La condensine conduit une seule réaction : le super-enroulement, ATP-dépendant, de la molécule d’ADN dans des conditions topologiques définies. L’activité CDK1-cycline B est indispensable pour le fonctionnement de la condensine et pour sa modification post-traductionnelle par sumoylation. L’interaction topo-isomérase II-CDK1 semble également être impliquée dans la condensation des chromosomes sans nécessiter pour autant l’activité catalytique de CDK1. Enfin, la phosphorylation de l’histone H3 (et de CENP-A, son variant au niveau des centromères) par la kinase Aurora B est également directement impliquée dans la condensation chromosomique. La déphosphorylation de l’histone H3 commence dès la sortie de métaphase et s’achève en télophase, juste avant la décondensation visible de la chromatine.

Fuseau mitotique

Les microtubules sont des assemblages non covalents d’hétérodimères de tubuline α et β. En fin de prophase, on assiste à une redistribution spectaculaire de la tubuline intracellulaire qui s’organise en un fuseau de microtubules orientés perpendiculairement au futur plan de clivage. Les sous-unités des microtubules sont en fait dans un état d’instabilité dynamique, c’est-à-dire constamment en polymérisation (plus end) et dépolymérisation (minus end). Ces deux états dépendent d’un grand nombre de facteurs (GTP/GDP, magnésium, température) et de protéines régulatrices. On distingue les protéines qui stabilisent les microtubules et celles qui les déstabilisent. Parmi les protéines motrices, Eg5, Klp2, Mklp1, CENP-E sont des kinésines actives du côté « plus » des microtubules, alors que HSET et la dynéine cytoplasmique sont des protéines motrices situées du côté « moins ». Les microtubules sont la cible d’un grand nombre de produits antimitotiques qui agissent soit en stabilisant, soit en déstabilisant les microtubules [2].

Les microtubules se répartissent en un fuseau mitotique sous le contrôle des centrosomes dupliqués. Les chromosomes établissent une connexion avec les microtubules qui émanent des pôles du fuseau. Cette connexion se fait au cours de la rencontre entre les microtubules et une structure associée au chromosome appelée kinétochore. Tous les chromosomes doivent être attachés et correctement alignés avant de pouvoir être répartis en deux lots identiques. Les chromosomes s’organisent au centre du fuseau en une plaque métaphasique caractéristique. Puis, tirés par chacun des pôles du fuseau, les chromatides vont se diriger vers les pôles du fuseau et se répartir en deux lots identiques.

Séparation des chromatides et transition métaphase/anaphase

Après la réplication, les deux copies homologues du génome, les chromatides, restent associées grâce à des complexes protéiques connus sous le nom de cohésines (( figure 8 )). En métaphase, la cohésine est phosphorylée par Plk1, elle devient alors sensible à la dégradation protéolytique. En début d’anaphase, la cohésine est détruite par une caspase particulière, la séparase, elle-même phosphorylée, permettant ainsi la séparation des chromatides. Celles-ci sont tirées vers les pôles du fuseau par les microtubules, au niveau des kinétochores.

Comment se fait l’activation de la séparase (( figure 8 )) ? La séparase est en fait maintenue sous forme inactive par association avec une autre protéine, la sécurine. L’APC (anaphase promoting complex) ou cyclosome, un complexe d’au moins 11 sous-unités, présente une activité ubiquitine ligase lorsqu’il s’associe avec cdc20 [15]. Le complexe APC-cdc20 induit l’ubiquitinylation de la sécurine, conduisant à sa destruction par le protéasome. C’est donc la destruction de la sécurine par le protéasome qui conduit à l’activation de la séparase. Une séparase active est ainsi libérée. Cela conduit à la dissociation du complexe cohésine et à la séparation des chromatides.

Plusieurs phosphorylations essentielles sont impliquées dans ce processus de séparation des chromosomes (( figure 8 )). Ainsi la phosphorylation de la cohésine (sous-unité Scc1) par la kinase Plk1 la rend particulièrement sensible à la séparase. La phosphorylation de l’APC et de la séparase par CDK1-cycline B contribue à leur activation.

L’APC-cdc20 est également en partie responsable de la destruction de la cycline B, un événement qui a plusieurs conséquences physiologiques importantes, dépendant toutes directement de la chute de l’activité CDK1 : la disparition du fuseau, le déclenchement de la cytokinèse, la transition vers la phase G1 [14]. La destruction de la cycline B en anaphase suffit aussi à restaurer la transcription d’ADNr (localisé au niveau nucléolaire), inactivée par la CDK1-cycline B en phase M.

Contrôle de l’attachement des chromatides aux microtubules

Un système de contrôle (spindle assembly checkpoint ou mitotic checkpoint) permet la vérification de l’attachement des chromosomes au fuseau et empêche la cellule d’entrer en anaphase tant que tous les chromosomes ne sont pas correctement orientés en une plaque métaphasique [16]. Le mécanisme fonctionne, même lorsqu’un seul chromosome n’est pas à sa place. Ce système de contrôle couple les kinétochores non attachés à l’APC, le complexe responsable de l’achèvement de la mitose. En résumé, Mad2, un élément sensible à l’attachement des microtubules au kinétochore, a pour propriété principale de séquestrer cdc20, la sous-unité adaptatrice de l’APC. L’interaction Mad2-cdc20 est régulée par les kinases des familles Bub, Plk1 et Aurora, sans que les détails de ces régulations soient bien connus. Dès que tous les kinétochores sont attachés aux microtubules, cdc20 est libéré de Mad2 et peut donc activer APC. L’entrée en anaphase peut alors avoir lieu.

Cytokinèse

La cytokinèse est l’étape finale de la division qui conduit à l’individualisation des deux cellules filles [17]. Elle est caractérisée par la mise en place d’un anneau contractile contenant de l’actine, de la myosine et d’autres protéines. L’anneau se contracte au niveau équatorial du fuseau mitotique en une zone dense (mid-body) où se chevauchent les microtubules émanant des deux pôles du fuseau. Il se referme ensuite entre les deux cellules filles. L’anneau d’actomyosine se met en place au niveau du cortex équatorial de la cellule. La myosine constitue son moteur. Parmi les protéines associées à l’anneau contractile, on trouve les septines, des protéines à domaine FCH de type cdc15, les protéines de la famille IQGAP et des GTPases des familles Rho, Rac et cdc42, la kinase citron. Leurs fonctions, leur régulation, l’ordre de succession de leur intervention et leur interdépendance restent encore très mal connus. De toute évidence, la cytokinèse doit être parfaitement synchronisée avec le cycle nucléaire. Elle n’est possible que lorsque les deux lots de chromosomes sont répartis de façon symétrique entre les deux futures cellules filles. Trois familles de kinases participent à ce contrôle, les CDK, la kinase Plk1 et la kinase citron. L’inactivation de CDK1 est indispensable au déclenchement de la cytokinèse, car CDK1 inhibe la myosine en phosphorylant la chaîne légère de la myosine (MRLC, myosin regulatory light chain), mais probablement aussi d’autres substrats. Plk1 pourrait contribuer au déclenchement de la cytokinèse en participant à la destruction de la cycline B et donc à l’inactivation de CDK1. Le mécanisme d’action précis de la kinase citron n’est pas encore connu.

Certaines protéines migrent des centromères au centre du fuseau (midzone) en début d’anaphase. Collectivement appelées chromosomal passenger proteins, elles comportent la protéine INCENP (inner centromere protein), les kinases Aurora B et Plk1, la survivine et les kinésines, protéines motrices des microtubules. Ces protéines sont indispensables au déroulement de la cytokinèse.

Cycle des centrosomes

Le centrosome est un organite organisateur des microtubules qui assure la formation du fuseau mitotique et joue également un rôle dans la transition G1/S. Le centrosome est une structure complexe constituée de deux centrioles disposés perpendiculairement l’un à l’autre et entourés de matériel péricentriolaire.

Parallèlement à la réplication de son génome, la cellule doit, avant chaque division, assurer la duplication de son centrosome (( figure 9 )) [18, 19]. Celle-ci a lieu en phase S, au moment de la réplication de l’ADN. Comme le génome, les centrosomes sont répartis dans chaque cellule fille à l’issue de la mitose. Ce cycle des centrosomes est bien décrit sur le plan morphologique, mais nous n’avons qu’une connaissance très parcellaire des mécanismes moléculaires de sa régulation.

La réplication du centrosome passe par plusieurs phases (duplication, élongation, maturation, séparation, ségrégation), hautement régulées par des protéines spécifiques. Ce mécanisme est couplé au cycle de réplication des chromosomes. Parmi les régulateurs essentiels de la duplication, on trouve CDK2-cycline E-A. Les CDK phosphorylent la nucléophosmine, ce qui déclenche sa dissociation des centrosomes, et la protéine CP110. CDK2-cycline E phosphoryle et active, en la stabilisant, une autre kinase essentielle à la duplication du centrosome, Mps1, dont les substrats n’ont pas été identifiés. La dépendance du cycle de réplication des centrosomes vis-à-vis de l’activité des CDK contribue ainsi à coupler celui-ci au cycle de division nucléaire.

La kinase Plk1 est localisée au niveau du centrosome en interphase, puis elle s’associe aux pôles du fuseau en mitose. Elle semble plutôt impliquée dans la maturation. Elle pourrait agir indirectement en participant à l’activation de CDK1-cycline B, qui phosphoryle et active la kinésine Eg5, impliquée dans la séparation des centrosomes.

La séparation des centrosomes dupliqués, en fin de G2, paraît dépendre de la phosphorylation de la protéine C-Nap1 par la kinase NEK2 (NimA). La centrine est fortement phosphorylée en fin de G2. La kinase Aurora A jouerait également un rôle important dans les fonctions des centrosomes en phase M, mais ses substrats ne sont pas connus. En plus des diverses kinases mentionnées ci-dessus, la protéolyse ubiquitine-dépendante est indispensable au cycle de duplication des centrosomes.

Cycle cellulaire, un cycle de destructions protéolytiques ?

À plusieurs reprises, nous avons vu l’importance des destructions spécifiques de certains régulateurs du cycle dans la succession des phases de la division cellulaire. On peut en effet voir le cycle cellulaire comme un cycle coordonné de synthèses, d’activations transitoires et de destructions protéolytiques (( figure 10 )) [20].

La dégradation spécifique se fait par le protéasome, un complexe macromoléculaire d’au moins 44 sous-unités protéiques [2]. Pour être pris en charge par les protéases du protéasome, la cible protéique à dégrader doit être ubiquitinylée. Cette modification post-traductionnelle consiste en une fixation covalente, sur la chaîne latérale de certaines lysines de la protéine cible, de plusieurs molécules d’ubiquitine, un peptide signal de 8 kDa. Le processus d’ubiquitinylation fait intervenir une succession d’enzymes (E1, ubiquitin-activating enzyme ; E2, ubiquitin-conjugating enzyme ; E3, ubiquitin ligase).

Deux types d’ubiquitine ligase E3 interviennent dans le cycle cellulaire, le complexe SCF (Skp1-cullin-F-box), activé par la F-box protein Skp2 [20], et le complexe APC-cyclosome (activé par cdc20 ou par cdh1) [15]. Ces deux complexes sont constitués de multiples sous-unités (( figure 10 )). L’APC est actif de la fin de la phase G2 au milieu de la phase G1. Le complexe SCF est actif du milieu de la phase G1 jusqu’au début de la phase G2. Les principaux substrats qu’ils ubiquitinylent, et donc conduisent à la destruction, sont indiqués dans la ( figure 10 ). La destruction de ces substrats est indispensable pour la progression du cycle. Ainsi par exemple, la p27KIP1 est détruite en fin de G1, permettant l’activation de CDK2. Plus tard, dans le cycle, la destruction de la kinase Wee1, par l’intermédiaire de Tome1, contribue à l’activation de CDK1-cycline B. Plus tard encore, la destruction de Tome1, en fin de phase M, permet la réapparition de Wee1 et donc l’accumulation en G1 de CDK2 inactive. Nous avons vu l’importance, dans la transition métaphase/anaphase, de la destruction de la sécurine, qui permet la libération de la séparase et la destruction du complexe cohésine. Nous avons vu également l’importance de la destruction de la cycline B, qui permet l’inactivation de CDK1 et la poursuite du cycle cellulaire au-delà de la métaphase. La cytokinèse semble également régulée par la destruction protéolytique, APC-dépendante, mais aussi sans doute SCF-dépendante, de substrats encore non identifiés.

Contrôle de l’état de l’ADN

Lorsque l’ADN est endommagé, des mécanismes complexes sont activés. Ils conduisent à un arrêt du cycle cellulaire et permettent à la cellule soit de réparer cet ADN endommagé, soit, si les dommages sont trop importants, d’enclencher un programme de mort cellulaire [21]. Plusieurs niveaux d’arrêts sont possibles. On parle ainsi des G1/S checkpoint lorsque l’entrée en phase S est bloquée jusqu’à réparation de l’ADN endommagé (blocage de CDK2) et de G2 DNA damage checkpoint, lorsque l’arrêt a lieu avant l’entrée en phase M (blocage de CDK1). Ces mécanismes régulateurs sont schématisés dans les figures 11 et 12. Ils impliquent deux kinases appartenant à la famille des phosphatidylinositol 3-kinase-like kinases (PIKK) : ATM (ataxia telangiectasia mutated) et ATR (ATM- and Rad3-related). La kinase ATM [22] est activée en réponse aux radiations ionisantes et aux coupures double brin, alors que les UV et les erreurs de réplication activent plutôt la kinase ATR.

Schématiquement, les kinases ATM et ATR ont au moins deux types d’effet. Tout d’abord (( figure 11 )), elles phosphorylent et activent les kinases Chk2 et Chk1 qui, elles, phosphorylent et inactivent les phosphatases CDC25A et CDC25C. En conséquence, CDK2 et CDK1 restent inactives et le cycle cellulaire est arrêté, respectivement, en G1/S et en G2/M.

Par ailleurs, ATM agit également par la voie p53-dépendante (( figure 12 )). Le suppresseur de tumeur p53 est un facteur de transcription activé sous l’effet de multiples facteurs (endommagement de l’ADN, hypoxie, choc thermique, par exemple). Il est responsable de l’induction d’un grand nombre de gènes conduisant à des réponses multiples, en particulier à un arrêt du cycle cellulaire ou au déclenchement de l’apoptose. Dans les conditions normales, p53 se fixe au facteur MDM2 (murine double minute 2), ce qui conduit à sa dégradation et explique la faible abondance de p53 dans les cellules en bon état. En revanche, lorsque l’ADN est endommagé, trois mécanismes contribuent à une stabilisation très marquée de p53 et, en conséquence, à une forte augmentation de son activité transcriptionnelle :

  • la kinase ATM est activée et phosphoryle MDM2, inhibant l’interaction MDM2/p53, ce qui libère et stabilise ainsi p53.
  • ATM phosphoryle p53 (directement ou indirectement, par Chk2), renforçant sa stabilité.
  • p53 induit la transcription du locus ARF du locus INK4A. La protéine p14ARF se fixe sur MDM2 et induit sa dégradation rapide, renforçant encore davantage l’accumulation de p53.

On comprend tout l’intérêt de rechercher des inhibiteurs de l’interaction MDM2-p53, qui devraient conduire à une stabilisation de p53, avec pour conséquence l’arrêt de la prolifération cellulaire ou l’apoptose des cellules soumises à un stress [23]. L’arrêt de prolifération cellulaire en G1 ou en G2 provient essentiellement d’une induction de p21CIP1 et donc de l’inhibition de CDK2 ou de CDK1, respectivement. Signalons, enfin, l’existence de deux autres protéines, p63 et p73, partageant une grande similarité de structure et de fonction avec p53.

Inhibiteurs pharmacologiques du cycle cellulaire

La découverte des mécanismes régulant la division cellulaire a été suivie par la recherche de composés antimitotiques utiles en chimiothérapie du cancer. Ainsi, on peut classer les produits anticancéreux classiques en quatre grandes catégories :
  • les agents alkylants, qui altèrent l’ADN et bloquent ainsi la réplication (tels les nitroso-urées, les moutardes à l’azote) ;
  • les antimétabolites, qui se substituent aux précurseurs de la synthèse d’acide nucléique et bloquent la réplication d’ADN (hydroxy-urée, 5-fluoro-uracile) ;
  • les agents qui bloquent les topo-isomérases I (camptothécine) et II (doxorubicine, mitoxanthrone) ;
  • les « poisons » du fuseau mitotique, qui agissent en inhibant soit la polymérisation (par ex. le taxol, le taxotère et les autres molécules soulignées dans la ( figure 13 )), soit la dépolymérisation de la tubuline (par ex. la vinblastine et les autres molécules marquées d’un astérisque) [24].

L’efficacité thérapeutique des premiers produits antimitotiques a fortement suscité la recherche de composés capables d’inhiber la prolifération de cellules en culture [2]. La plupart des produits utilisés en chimiothérapie du cancer proviennent de cette approche. Plus récemment, la recherche de produits antimitotiques à des fins thérapeutiques s’est appuyée davantage sur l’utilisation directe de régulateurs du cycle comme cibles de criblage moléculaire [2, 4, 5].

Quelques exemples de cibles (dont certaines sont encore potentielles) et d’inhibiteurs identifiés sont présentés dans la ( figure 13 ). Les inhibiteurs sont à des stades très divers de développement, depuis le stade préclinique jusqu’à la commercialisation. Certains produits agissent à un stade très spécifique du cycle, d’autres à plusieurs étapes.

Conclusion

Ces dernières décennies ont vu des progrès spectaculaires dans notre compréhension des mécanismes moléculaires qui régulent le cycle de division cellulaire. Ces mécanismes ont été extrêmement bien conservés au cours de l’évolution, signe d’une importance primordiale dans la vie cellulaire. Les recherches fondamentales sur la régulation du cycle cellulaire ont certes permis d’identifier les grands régulateurs de ce processus vital, mais ont aussi fourni des outils pour aborder de grandes maladies sous un aspect moléculaire. Nous nous rendons compte à l’heure actuelle que la plupart des cancers proviennent d’anomalies de régulation de la division cellulaire et/ou de l’apoptose. Nombreux sont les exemples, dans les tumeurs humaines, de surexpressions de cyclines, de mutations de CDK, de mutations ou même de délétions des inhibiteurs naturels [13]. Ces observations conduisent maintenant à considérer les régulateurs du cycle cellulaire comme des cibles privilégiées d’inhibiteurs sélectifs et puissants. Ces inhibiteurs pourraient compenser pharmacologiquement les anomalies associées aux cancers et apporter ainsi de nouveaux traitements anticancéreux.

Références

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2 Meijer L, Jezequel A, Roberge M. Cell cycle regulators as therapeutic targets. In : Progress in cell cycle research. Vol. 5. Roscoff : Editions Life in Progress, 2003.

3 Meijer L, Jezequel A, Ducommun B. In : Progress in cell cycle research. Vol. 4. New York : Plenum Press, 2000.

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21 Friedberg EC. DNA damage and repair. Nature 2003 ; 421 : 436-40.

22 Shiloh Y. ATM and related protein kinases : safeguarding genome integrity. Nat Rev Cancer 2003 ; 3 : 155-68.

23 Chène P. Inhibiting the p53-MDM2 interaction : an important target for cancer therapy. Nat Rev Cancer 2003 ; 3 : 102-9.

24 Peterson JR, Mitchison TJ. Small molecules, big impact : a history of chemical inhibitors and the cytoskeleton. Chem Biol 2002 ; 9 : 1275-85.


 

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