ARTICLE
Auteur(s) : Véronique Dieras, Véronique
Girre, Marie-Noëlle Guilhaume, Valérie Laurence, Laurent Mignot
Département d’oncologie médicale, Institut Curie, 26, rue d’Ulm,
75248 Paris Cedex 05
Les cancers de l’ovaire représentent la pathologie gynécologique la
plus létale. La plupart des femmes présentant un cancer de l’ovaire
sont diagnostiquées à un stade avancé (Figo III ou IV) [1].
Ces dernières années, l’association cisplatine ou carboplatine avec
le paclitaxel est devenue la référence de traitement de première
ligne dans les cancers de l’ovaire [2]. Cependant, plus de
80 % des patientes vont rechuter, nécessitant la reprise d’une
chimiothérapie. Le même traitement par l’association cisplatine ou
carboplatine et taxol est souvent prescrit si la maladie est
considérée comme potentiellement sensible au platine, avec des taux
de réponse d’environ 30 %, bien que le pronostic soit meilleur
chez les femmes ayant un intervalle libre long [3]. La plupart des
patientes vont développer une résistance aux sels de platine,
rendant ce traitement de seconde ligne moins efficace qu’en
première ligne [4]. Les taux de réponse objective chez les
patientes dont la maladie est résistante au cisplatine ou au
carboplatine sont inférieurs à 20 % pour la plupart des agents
testés et, souvent, la réponse est de courte durée [5, 6]. Les
nouveaux agents présentant des mécanismes d’action différents et
une meilleure tolérance sont à développer dans cette
situation.L’oxaliplatine (trans-1-oxalato-diaminocyclohexane
platinum, Eloxatin®), un analogue diaminocyclohexane du
cisplatine, présente un mécanisme d’action similaire à celui des
sels de platine [7]. In vitro, il est plus puissant que le
cisplatine, nécessitant moins d’adduits de platine pour obtenir un
niveau égal de cytotoxicité [8]. De plus, c’est le sel de platine
le plus actif dans les études précliniques dans les modèles de
lignées cellulaires incluant des lignées de cancer de l’ovaire
résistantes au cisplatine [9]. Les premières études cliniques dans
les cancers de l’ovaire résistants au cisplatine ont montré des
taux de réponse encourageants, incitant au développement d’études
cliniques de première ligne et d’associations dans cette
pathologie. Cette revue a pour but d’exposer une synthèse des
résultats actuels de l’oxaliplatine dans les cancers de l’ovaire.
Oxaliplatine en monothérapie chez les patientes
prétraitées
Trois études principales publiées mettent en évidence l’apport de
l’oxaliplatine dans les traitements de seconde ligne, y compris
chez des patientes lourdement prétraitées par cisplatine +/-
paclitaxel dans les cancers de l’ovaire [10–12]. Les taux de
réponse objective sont compris entre 16,5 et 29 % avec des
survies sans progression comprises entre 2,8 et 5,25 mois et
des survies globales entre 9,7 et 15 mois (tableau 1( Tableau 1 )).
Le premier rapport concerne une étude compassionnelle
monocentrique chez des patientes non éligibles pour des essais de
phase II [10]. Dans cette population lourdement prétraitée, le
taux de réponse de 29 % est encourageant. La seconde étude est
un essai de phase II avec définition des critères de
chimiosensibilité selon Markman [3]. Elle s’adressait à des cancers
de l’ovaire traités en seconde ou troisième ligne [11].
Quarante-huit patientes ont été incluses, 18 (43 %) étaient
résistantes au platine et 11 (26 %) au paclitaxel. Le taux de
réponse objective est de 26 % (IC95% = 14-42), 42 %
(IC95% = 22-63) dans la population sensible au platine et 5,6%
(IC95% = 6,6-11,8) dans la population résistante. La durée médiane
de réponse est de 9,2 mois (6,6-11,8 mois) avec une
survie sans progression (SSP) et une survie globale de
respectivement 4,3 (3-5,7) et 15 mois (11,1-18,8).
Deux études de phase II randomisées ont confirmé cette activité
en monothérapie. Dans la première, conduite par l’EORTC, les
patientes étaient randomisées entre paclitaxel ou oxaliplatine
[12]. Le taux de réponse est de 17 % (IC95% = 7-32) avec le
paclitaxel et de 16 % (IC95% = 7-29) avec l’oxaliplatine. Dans
la seconde, les patientes prétraitées par sels de platine
recevaient en deuxième ou troisième ligne soit l’oxaliplatine
(130 mg/m2), soit le topotecan
(1,5 mg/m2 de J1 à J5), toutes les 3 semaines.
Cent cinquante-six patientes ont été incluses avec un intervalle
libre sans progression après platine inférieur à 12 mois. Le
taux de réponse est de 11,4 % avec oxaliplatine versus
8,9 % avec topotecan. Dans cette étude, l’oxaliplatine
apparaît mieux toléré et semble plus actif [13].
Dans une étude de phase II s’adressant à des patientes
résistantes ou réfractaires aux sels de platine (rechute avec un
intervalle libre de moins de 6 mois ou progression sous
traitement par sels de platine), l’oxaliplatine présente une faible
activité avec un taux de réponse inférieur à 5 et 39 % de
maladies stables d’une durée médiane de 5,6 mois (1,8-13,1)
[14].
Tableau 1 Oxaliplatine en monothérapie dans les cancers
de l’ovaire prétraités
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Étude
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Schéma
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- Survie sans progression médiane
- (mois)
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- Survie globale médiane
- (mois)
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- Données de tolérance
- (% patients)
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- Chollet P. [10]
- Phase II protocole compassionnel
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- Oxa
- 100 mg/m2
- cycle 3 sem.
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29 %
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ND
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12 (range 2-54+)
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Toxicité grade 3 (4) (OMS)
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- anémie 6 (6) %
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13 platine-S*
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46 % platine-S*
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- thrombopénie 9 (0) %
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18 platine-R*
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17 % platine-R*
|
- nausées, vomissements 13 (0) %
|
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- diarrhées 9 (0)
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- neuropathies 3 (1)
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- Piccart [12]
- Phase II randomisée multicentrique
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86
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Toxicité grade 3-4 (NCIC)
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- neurologique
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Oxa 45
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Oxa 12 sem
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Oxa 4 sem
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- pacli 175 mg/m2
- (IV 3 h)
- cycle 3 sem.
|
Pacli 41
|
|
Pacli 14 sem
|
Pacli 37 sem
|
- - hématologique
- neutropénie
- Paclitaxel 22%
- thrombopénie
- Oxa 4%
|
- Dieras V. [11]
- Phase II multicentrique
|
Oxa 130 mg/m2 (IV 2 h) cycle 3 sem.
|
- 48
- 42 évaluables dont platine-S 24
- platine-R 18
- taxanes-R 11
- Suivi médian
- 20 mois
- (range 10-33)
|
- 26 %
- IC95% = 14-42
- Platine-S 42 %
- IC95% = 22-63
- Platine-R 5,6 %
- IC95% = 0-27
|
- 4,3
- IC95% = 3-5,7
- Platine-S 7,3
- Platine-R 3
- Taxanes-R 4,3
|
- 15,0
- IC95% = 11,1-18,8
- Platine-S 20,2
- Platine-R 9,7
- Taxanes-R 9,7
|
- Toxicité grade 3 -4 (NCIC)
- Diarrhée grade 4: 2%
- Thrombopénie grade 3-4: 15 %
- Neurotoxicité grade 3: 23 %
- Neutropénie grade 3 : 4 %
- Vomissements grade 3 : 8 %
|
Associations avec l’oxaliplatine
Dans les rechutes de cancer de l’ovaire, différentes drogues ont
montré une activité antitumorale telles que la doxorubicine
liposomale, le topotecan, l’hexaméthylmélamine, la gemcitabine,
l’étoposide oral et le docetaxel. Dans cette situation, différentes
études d’association ont été développées [15].
Oxaliplatine et sels de platine
Compte tenu de la résistance croisée incomplète observée dans les
modèles précliniques entre cisplatine et oxaliplatine,
l’association de ces deux sels de platine a été développée [16].
Chez 25 patientes lourdement prétraitées (nombre moyen de
3 lignes thérapeutiques), l’association oxaliplatine
130 mg/m2 + cisplatine 100 mg/m2
toutes les 3 semaines donne des résultats intéressants avec un
taux de réponse objective de 40 % (tableau 2( Tableau 2 )).
Tableau 2 Association oxaliplatine (oxa) et cisplatine
(cispla)
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Etude
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Schéma
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- Survie sans progression médiane
- (mois)
|
- Survie globale médiane
- (mois)
|
- Données de tolérance
- (grade 3-4 OMS)
|
- Soulié [16]
- Protocole compassionnel
|
Oxa 130 mg/m2 (IV 2h) +
cispla 100 mg/m2 (IV 2 h) cycle 3
sem.
|
- 25
- 22 évaluables pour l’efficacité
- platine-S 12
- platine-R 13
- (critères de Marksmann) [3]
|
- (ITT) 40 %
- IC95% = 21-61
- Complète 8 %
- Partielle 32 %
- Platine-S 58 %
- IC95% = 28-85
- Platine-R = 23%
- IC95% = 5-54
|
4 (range 1-15+)
|
11 (range 1-20)
|
- Neutropénies 39 % des cycles
- Neutropénies fébriles 15 % des cycles
- Thrombopénies
- 34 % des cycles
|
Oxaliplatine et taxanes
Une étude compassionnelle associant oxaliplatine et paclitaxel chez
des patientes prétraitées par sels de platine retrouve un taux de
réponse objective de 48 % (IC95% = 31-66) avec un temps médian
jusqu’à progression de 9 mois (7-12) et une survie globale de
25,2 mois (12-39) [17]. Cette association a ensuite été
évaluée dans un essai de phase II incluant 45 patientes
prétraitées par sels de platine [18]. Les résultats montrent un
taux de réponse objective de 81 % , une SSP de 12 mois
avec un profil de tolérance acceptable.
Les résultats préliminaires de deux études évaluant
l’association docetaxel-oxaliplatine apparaissent encourageants
(tableau 3( Tableau 3 )) [19,20].
Tableau 3 Association docetaxel (doce) et oxaliplatine
(oxa)
|
Etude
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Schéma
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|
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- Survie sans progression médiane
- (mois)
|
- Survie globale médiane
- (mois)
|
- Données de tolérance
- (grade 3-4 OMS par cycles)
|
- Ferrandina G [19]
- Phase II patientes prétraitées non résistantes aux sels de
platine
|
- Doce 75 mg/m2
- J1 suivi de oxa 100mg/m2 J1
- Toutes 3 semaines
|
|
|
16 sem (6-31)
|
ND
|
- Hématologique :
- Neutropénie 33 %
- Non hématologique :
- Neuropathie 4,9 %
- Pas de thrombopénie sévère
|
|
- Docelox: Doce 75 mg/m2 J1 Cycles suivant
8 mg/m2 Si non-toxicité grade 3-4 Oxa 130
mg/m2 J1
- Toutes 3 semaines
|
- 29 incluses
- 26 évaluables
- 22 en 1re ligne
- 4 en 2e ligne
|
38 %
|
ND
|
ND
|
- Neutropénie : grades 3-4 12 % par cycle à 75
- 38 % à 85
- Neuropathie : 2 patientes grade 2 et 1 grade
3
|
Oxaliplatine et antimétabolites
- - Oxaliplatine et 5-fluorouracile/leucovorine. Compte
tenu de la synergie entre le 5-fluoro-uracile (5FU) et
l’oxaliplatine observée dans les cancers coliques, cette
association a été évaluée également dans les cancers de l’ovaire.
Chez des patientes en rechute de cancer ovarien après une ou
plusieurs lignes de chimiothérapie comportant des sels de platine,
elle montre des résultats encourageants compte tenu des facteurs de
pronostic péjoratifs de la population (tableau 4) [21]. Le
protocole Folfox4 a été également évalué chez 38 patientes
présentant une tumeur de l’ovaire résistante aux sels de platine,
prétraitées par taxanes [22]. Le taux de réponse objective est de
29 % avec un temps médian à progression de 4,8 mois
(2,5-17) et une survie médiane de 10 mois (0,2-36). Une
neurotoxicité de grade 3-4 est observée chez 16 % des
patientes ayant régressé après l’arrêt du traitement.
- – Oxaliplatine et gemcitabine. L’association gemcitabine
(1000 mg/m2 à J1 et J8) et oxaliplatine (130
mg/m2) a été administrée chez 20 patientes [23]. Le
taux de réponse est de 26 % (9-51) mais avec une toxicité
hématologique de grade 3-4 limitante (thrombopénie 70 %,
neutropénie 40 %). Le groupe Gineco a mené une étude de
phase II avec Gemox (oxaliplatine 130 mg/m2 à J1 et
gemcitabine 1000 mg/m2 à J1 et J8) chez 50
patientes en récidive précoce (< 6 mois) d’un cancer de
l’ovaire préalablement traitées par sels de platine et taxanes
[24]. Le taux de réponse est de 38 %, suggérant une synergie
des deux drogues dans cette situation de résistance.
Oxaliplatine et doxorubicine liposomale
( Tableau 4 )La doxorubicine liposomale
pégylée a été évaluée dans les cancers de l’ovaire et a obtenu une
autorisation de mise sur le marché. Son association avec
l’oxaliplatine a été évaluée dans un essai de phase II chez
46 patientes en seconde ligne thérapeutique après sels de
platine [25]. Le taux de réponse objective est de 54 % dans la
population évaluable et respectivement de 69 et 29 % dans la
population sensible ou résistante aux sels de platine. Le temps
jusqu’à progression est de 7,3 mois avec une survie médiane de
15,8 mois. De façon attendue, la neutropénie représente la
toxicité la plus importante.
Tableau 4 Association oxaliplatine – 5-fluoro-uracile
et leucovorine
|
Etude
|
Schéma
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|
- Survie sans progression médiane
- (mois)
|
- Survie globale médiane
- (mois)
|
Données de tolérance
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|
- Oxa 85 mg/m2 J1
- 5FU 370 mg/m2 J1, J8
- Leuco 30 mg J1, J8
- Cycles de 2 sem.
|
- 27
- 20 évaluables pour efficacité
- platine-S 6
- platine-R 14
|
- 30 %
- IC95% = 15-52
- Platine-S 50 %
- Platine-R 25 %
|
ND
|
10
|
- Toxicités NCIC
- Neutropénies grade 3-4 15 %
- Thrombopénies grade 3-4 11 %
- Neuropathies
- Grade 3-4 8 %
|
Oxaliplatine en première ligne thérapeutique
Oxaliplatine et cyclophosphamide
Dans le cadre du traitement de première ligne de 177 patientes
présentant un cancer de l’ovaire avancé, une étude de phases II-III
a comparé l’association oxaliplatine 130 mg/m2 +
cyclophosphamide 1000 mg/m2 toutes les 3 semaines
(Oxac) versus cisplatine 100 mg/m2 + cyclophosphamide
1000 mg/m2 toutes les 3 semaines (CPC), qui
représentait l’association de référence au moment de la mise en
place de l’étude [26]. Les principales toxicités de grades 3-4 sont
dans le bras Oxac : leucopénies (37 % des patients versus
56 %), anémies (7 versus 32 %) ; 10 % seulement des
patientes traitées par l’oxaliplatine présentent une neurotoxicité
au maximum de grade 2 (versus 4 % de grade 2 et
1 % de grades 3-4 dans le bras cisplatine). Dans le bras Oxac,
64 % des patientes évaluables chirurgicalement et 33 %
des patientes évaluables cliniquement présentent une réponse
objective et respectivement 67 et 42 % dans le bras CPC. Dans
les bras Oxac et CPC, les médianes de survie sans progression sont
respectivement de 13 et 13,3 mois et les médianes de survie
globale de respectivement 36 et 21,5 mois. Il n’y a pas de
différence significative entre les paramètres d’efficacité (réponse
clinique ou chirurgicale, survie sans progression et survie
globale). Le profil de tolérance est en faveur du bras oxaliplatine
avec seulement 2 % des patientes interrompant le traitement
pour toxicité dans ce bras contre 19 % dans le bras
cisplatine. Il n’y a pas de neuropathie périphérique sévère
rapportée dans le bras oxaliplatine [26].
Oxaliplatine et paclitaxel
Les résultats préliminaires d’une étude de phase II, utilisant
paclitaxel (175 mg/m2 en perfusion de
3 heures) et oxaliplatine (130 mg/m2) toutes
les 3 semaines pour un maximum de 6 cycles, suivis d’une
chirurgie secondaire, ont été présentés [27]. Quatorze patientes
ayant un cancer de l’ovaire de stades IIc ou IIIa à IIIc ont
été traitées. Sur les 13 évaluables pour la réponse
histologique, 8 (62 %) présentent une réponse complète et
5 une stabilisation de la maladie. La médiane de survie sans
progression est de 14 mois (5-22). On note 7 % de
neutropénies fébriles et 21 % de neurotoxicités de grade
supérieur ou égal à 2 (échelle spécifique). Ces résultats
préliminaires associés aux données de l’étude de phase II en
deuxième ligne justifient la poursuite de l’évaluation de cette
association en première ligne.
Les associations à base d’oxaliplatine semblent donc
intéressantes dans la recherche d’une association active réalisable
en ambulatoire sans augmentation de l’hématotoxicité. Cela peut
être pertinent en cas d’hématotoxicité de l’association
taxol-carboplatine et du fait de la bonne tolérance de
l’association taxol-oxaliplatine.
Conclusion
Tant en monothérapie qu’en association, l’oxaliplatine démontre une
activité antitumorale dans les cancers de l’ovaire. Cette activité
antitumorale est mise en évidence aussi bien en première ligne que
chez des patientes lourdement prétraitées par des sels de platine
et pour certaines résistantes à ces agents. De nombreux essais sont
en cours pour étayer les résultats déjà disponibles, affiner ses
modalités d’utilisation et déterminer les associations les plus
appropriées. Les associations paclitaxel-oxaliplatine et
gemcitabine-oxaliplatine paraissent les plus intéressantes. De
plus, dans un avenir proche, les études biologiques pourront
permettre d’identifier les profils tumoraux susceptibles de mieux
répondre aux différents sels de platine [28, 29].
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