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Peut-on s’abstenir d’un curage axillaire systématique pour les cancers du sein de plus de 30 millimètres sans atteinte ganglionnaire sentinelle ?


Bulletin du Cancer. Volume 91, Numéro 4, 221-5, Avril 2004, Synthèse


Résumé   Summary  

Auteur(s) : Gilles Houvenaeghel, Marc Martino, Max Buttarelli, Vincent Moutardier, Emmanuelle Charaffe Jaufret, Isabelle Rossi, Carole Tarpin, Agnès Tallet, Patrice Viens, Jocelyne Jacquemier , Départements de chirurgie,, d’anatomopathologie,, de médecine nucléaire,, d’oncologie médicale,, de radiothérapie, Institut Paoli-Calmettes, 232 bd Sainte-Marguerite, 13006 Marseille Cedex 9.

Résumé : Le bénéfice de la technique du ganglion sentinelle (GS) peut se résumer par une meilleure analyse anatomopathologique et par une diminution significative des séquelles en l’absence de curage axillaire. Le but de cette étude a été d’évaluer la fiabilité de cette technique sur de grosses tumeurs. De mars 1999 à décembre 2003, 663 patientes ont été opérées d’un cancer du sein par la technique du GS et toutes celles présentant une métastase des GS ou une tumeur ≥ 30 mm ont subi un curage axillaire \; 116 (17,5 %) présentaient une tumeur ≥ 30 mm et ont subi un curage axillaire. Le taux d’identification des GS a été de 94 % (109/116). Parmi les 43 cas où les GS étaient indemnes d’envahissement, le curage axillaire était indemne 39 fois (90,7 %). Un ganglion palpable par l’incision chirurgicale, non sentinelle, prélevé lors de la procédure était envahi 4 fois. Dans un cas, la scintigraphie décelait un seul ganglion très peu fixant : un curage axillaire a été réalisé considérant la qualité de l’identification insuffisante. Le taux de faux négatifs du GS a été de 1,4 % (1/72), parmi les 72 cas avec une atteinte ganglionnaire. Le curage axillaire complémentaire a été réalisé 66 fois dans le même temps opératoire que le prélèvement des GS (60,5 %). Le curage complémentaire comportait une atteinte ganglionnaire 30 fois (30/72, 41,7 %) : 5 fois parmi 24 cas de micrométastases (20,8 %) et 25 fois parmi 48 cas de macrométastases (52 %). Les résultats obtenus dans cette population permettent d’envisager de se dispenser de curage axillaire pour des tumeurs qui mesureront jusqu’à 50 mm en anatomopathologie et en l’absence d’atteinte des GS, chez des patientes pour qui la technique a été indiquée car la taille de la tumeur était de 30 mm au plus.

Mots-clés : cancer du sein, ganglion sentinelle, grosse tumeur

ARTICLE

Auteur(s) :, Gilles Houvenaeghel1, Marc Martino1, Max Buttarelli1, Vincent Moutardier1, Emmanuelle Charaffe Jaufret2, Isabelle Rossi3, Carole Tarpin4, Agnès Tallet4, Patrice Viens4, Jocelyne Jacquemier2

1Départements de chirurgie,
2d’anatomopathologie,
3de médecine nucléaire,
4d’oncologie médicale,
5de radiothérapie, Institut Paoli-Calmettes, 232 bd Sainte-Marguerite, 13006 Marseille Cedex 9

Depuis l’apparition du concept de premier relais ganglionnaire sentinelle appliqué pour les cancers de la verge [1] puis pour les mélanomes malins cutanés [2], l’utilisation de cette technique pour les cancers du sein a été largement étudiée et appliquée aux cancers de petite taille et sans atteinte ganglionnaire cliniques [3, 4]. Les conférences de consensus ont recommandé une période d’apprentissage d’au moins 30 cas avec atteinte ganglionnaire, avec des taux d’identification et de faux négatifs respectivement de plus de 90 % et de moins de 5 % [5], avant de pratiquer cette technique sans réaliser de curage axillaire systématique. La validité de ce procédé a pu être établie par de nombreuses études monocentriques et multicentriques [6], ainsi que par une récente étude randomisée monocentrique [7]. Son bénéfice peut se résumer par une meilleure analyse anatomopathologique de quelques ganglions, non réalisable sur l’ensemble des ganglions d’un curage axillaire, et par une diminution significative des séquelles secondaires au geste ganglionnaire en l’absence de curage axillaire [8-15].Le but de cette étude a été d’évaluer la fiabilité de cette technique sur de grosses tumeurs afin de se dispenser de curage axillaire complémentaire systématique dans une population à définir.

Matériel et méthodes

De mars 1999 à décembre 2003, 663 patientes ont été opérées d’un cancer du sein en utilisant la technique du ganglion sentinelle à l’institut Paoli-Calmettes.

L’identification et le prélèvement ganglionnaire sentinelle étaient indiqués chez les patientes présentant un cancer du sein établi sur une biopsie percutanée dans la majorité des cas, de 30 mm au plus et sans adénopathie axillaire palpable (T0, T1, T2 ≤ 30 mm et N0), incluant les micro-invasions et les carcinomes intracanalaires diffus [16, 17].

Les caractéristiques des patientes (âge, statut hormonal), de la tumeur (localisation, stade TNM), de la chirurgie (initiale ou après biopsie chirurgicale première, curage axillaire dans le même temps que le ganglion sentinelle ou différé), des résultats anatomopathologiques (type histologique, taille, grade, emboles, récepteurs hormonaux, analyse des ganglions) ont été enregistrées de manière prospective.

L’identification des ganglions sentinelles a été réalisée par une méthode combinée associant l’injection du colorant, une scintigraphie préopératoire après injection isotopique la veille de l’intervention et une détection peropératoire à l’aide d’une sonde gamma [16, 17].

Une analyse anatomopathologique extemporanée a été pratiquée afin : 1) de confirmer le diagnostic de malignité, 2) de préciser l’atteinte ou non du ou des ganglions sentinelles par apposition et/ou grattage, 3) de préciser la taille approximative de la tumeur.

Toutes les patientes présentant une métastase du ou des ganglions sentinelles, une micrométastase ou une tumeur de 30 mm ou plus ont subi un curage axillaire complémentaire systématique soit dans le même temps opératoire, soit de manière différée après les résultats anatomopathologiques définitifs. Dans les autres cas, le curage axillaire n’a pas été pratiqué.

L’analyse anatomopathologique du ou des ganglions sentinelles a été pratiquée en précisant le nombre de ganglions sentinelles et, pour chacun d’eux, l’intensité de coloration (de + à +++), et celle de fixation isotopique, leur localisation, les résultats de l’analyse extemporanée, des coupes sériées et de l’immunohistochimie, en précisant le cas échéant la taille des micrométastases. L’espacement des coupes était de 150 μm et le nombre de coupes analysées était au minimum de six.

L’analyse anatomopathologique des ganglions du curage axillaire a été réalisée selon une méthode standard après fixation par hématoxyline et éosine.

Cette étude a été réalisée sur la population des tumeurs de 30 mm ou plus en anatomopathologie et ayant eu un curage axillaire systématique.

Résultats

Parmi les 663 patientes étudiées, 116 (17,5 %) présentaient une tumeur de taille au moins égale à 30 mm et ont subi un curage axillaire complémentaire. Le taux d’identification du ou des ganglions sentinelles a été de 94 % (109/116), un échec d’identification pour ces grosses tumeurs ayant été observé sept fois. Les caractéristiques des 109 patientes avec identification de ganglion sentinelle sont rapportées dans le tableau 1( Tableau 1 ).

Parmi les 43 cas où le ou les ganglions sentinelles étaient indemnes d’envahissement, le curage axillaire complémentaire était indemne 39 fois (90,7 %). Un ganglion palpable par l’incision chirurgicale, non sentinelle car non coloré et non fixant, prélevé lors de la procédure, était envahi 4 fois (avec dans 2 de ces cas un curage complémentaire indemne d’envahissement). Un faux négatif du ganglion sentinelle a été observé une fois. Dans un cas, la lymphoscintigraphie décelait un seul ganglion très peu fixant après deux injections d’isotope, retrouvé en peropératoire non coloré et très peu fixant : un curage axillaire a donc été réalisé en considérant que la qualité de l’identification était insuffisante, avec une atteinte de deux ganglions. Les caractéristiques de ces 6 cas sont précisées dans le tableau 2( Tableau 2 ).

Dans les 66 cas où le ou les ganglions sentinelles étaient envahis, le curage complémentaire comportait une atteinte ganglionnaire 26 fois (39,4 %).

Le taux de faux négatifs du ganglion sentinelle a donc été de 1,4 % (1/72), parmi les 72 cas avec une atteinte ganglionnaire correspondant aux 66 cas d’atteinte du ganglion sentinelle et aux 6 cas détaillés dans le tableau 2.

Le curage axillaire complémentaire a été réalisé 66 fois dans le même temps opératoire que le prélèvement ganglionnaire sentinelle (60,5 %) et 43 fois dans un deuxième temps opératoire. Il comportait une atteinte ganglionnaire 30 fois parmi les 72 cas avec une atteinte ganglionnaire (41,7 %) : 5 fois parmi 24 cas de micrométastases du ganglion sentinelle (20,8 %) et 25 fois parmi les 48 cas de macrométastase du ganglion sentinelle (52 %).

La fiabilité de la biopsie extemporanée pour prédire une tumeur de taille supérieure à 30 mm n’a été que de 33,7 %. La biopsie extemporanée du ou des ganglions sentinelles a pu prédire une atteinte ganglionnaire dans 52,3 % des cas (34/65 cas étudiés en biopsie extemporanée), permettant de réaliser un curage axillaire dans le même temps opératoire. Parmi les 31 cas de ganglions sentinelles négatifs en biopsie extemporanée et envahis en anatomopathologie, une micrométastase a été retrouvée 24 fois (77,4 %). La valeur prédictive positive de la biopsie extemporanée pour prédire l’atteinte du ganglion sentinelle en cas de macrométastase a donc été de 82,9 % (34/41).

Une chimiothérapie adjuvante a été réalisée 93 fois, commencée en moyenne 35 jours après le prélèvement ganglionnaire sentinelle (médiane 34 jours, écart type 12, extrêmes 12–71), respectivement 32 jours en cas de curage axillaire réalisé dans le même temps opératoire que le prélèvement ganglionnaire sentinelle (médiane 30, ET 12, E 12–71) et 41 jours en cas de curage axillaire différé (médiane 41, ET 9, E 22-65).

En l’absence de curage axillaire systématique pour les tumeurs de taille inférieure ou égale à 50 mm, le curage axillaire aurait pu être évité 29 fois parmi 109 cas (26,6 %) et parmi les 37 tumeurs sans atteinte ganglionnaire dans 78,4 % (les 8 autres cas correspondaient à des tumeurs de taille supérieure à 50 mm).
Tableau 1 Caractéristiques des patientes

Moyenne

Médiane

Ecart-type

Extrêmes

Age

56,9

56

11

32–86

pT (mm)

51,25

41

24

30–170

Nombre de GS

2,1

2

1

1–5

Nombre total de ganglions

13

13

5

5–37


Tableau 2 Echecs de la procédure d’identification du ganglion sentinelle : ganglion non sentinelle palpable envahi (n° 1 à 4), faux négatif (n° 5), identification insuffisante (n° 6)

Cas

N° 1

N° 2

N° 3

N° 4

N° 5

N° 6a

Nb GS < 0

2

1

2

2

3

1

Nb non GS+

1

1

1

1

0

0

Curage Nb N+ / Nb N

7/12

0/16

11/23

0/6

1/11

2/12

pT infiltrant (mm)

45

35

44

70

50

30

Taille globale (mm)

100

35

46

155

50

30

Type tumeur

CCI

CCI

CCI

CCI

Mixte

CCI

Grade

3

1

2

2

2

1

Emboles

+

+

+

RO/RP

0/0

80/20

100/100

100/30

40/60

50/0

Ganglions (nb)

15

20

26

9

14

13

Moment du curage

I

I

I

II

II

I

aFaible intensité de fixation d’un ganglion après 2 injections d’isotope en scintigraphie préopératoire et en peropératoire, non coloré en bleu. Cas considéré en échec ou mauvaise identification : curage axillaire immédiat.

Discussion

La technique du ganglion sentinelle sans curage axillaire systématique a progressivement été reconnue comme une alternative au curage axillaire sur les données de nombreuses études monocentriques et multicentriques [6] ayant abouti à des conférences de consensus [5] et, plus récemment, sur les données d’une étude randomisée monocentrique [7].

Les indications habituellement retenues reposent sur la taille clinique et paraclinique des tumeurs du sein après un diagnostic de malignité et sans adénopathie palpable. La taille des tumeurs est égale ou supérieure à 20 ou 30 mm selon les équipes [5, 7, 18].

L’absence de bonne corrélation entre la taille clinique d’une tumeur et la taille anatomopathologique est connue, en particulier pour les cancers lobulaires infiltrants et les carcinomes canalaires infiltrants à prédominance endocanalaire.

La validité de la technique pour les grosses tumeurs n’a pas été clairement établie avec actuellement peu de données dans la littérature [19-23]. Les grosses tumeurs après chimiothérapie néoadjuvante sont actuellement en cours d’étude ou ont fait l’objet d’études de faisabilité [24]. De plus, l’intérêt et le rapport coût/bénéfice semblent se limiter aux tumeurs de petite taille et éventuellement jusqu’à 45, voire 50 mm [25]. En effet, la fréquence de l’envahissement ganglionnaire augmente avec la taille de la tumeur, et avec d’autres facteurs indépendants (emboles, grade, âge) [26-34]. Dans cette population de tumeurs de plus de 30 mm, l’atteinte des ganglions non sentinelles en cas de micrométastase du ou des ganglions sentinelles est plus fréquente (20,8 %) que ce qui est habituellement observé (13 à 18 %) [6, 26]. Par contre, en cas de macrométastase du ou des ganglions sentinelles, un envahissement ganglionnaire est observé dans un cas sur deux, comme pour l’ensemble des autres cas avec une tumeur de moins de 30 mm, même si certains retrouvent des taux sensiblement inférieurs (39 %) [18]. Cela est superposable aux constatations de Bedrosian et al. [23] avec un taux de 37,5 % (3/8, IC 95 % = 8,5–75,5 %) d’envahissement au curage ganglionnaire en cas de micrométastase du (des) ganglions sentinelles et de 95,5 % (21/22, IC 95 % = 77-100 %) en cas de macrométastase du ou des ganglions sentinelles pour des tumeurs de plus de 30 mm.

Certaines tumeurs de moins de 30 mm à l’examen clinique auront une taille anatomopathologique supérieure à 30 mm (17,5 % dans notre expérience). Nous avons donc retenu dans ces cas une indication systématique de curage axillaire, même en l’absence d’atteinte des ganglions sentinelles. Cependant, cette attitude n’est pas univoque. Ce curage axillaire systématique nous a permis d’évaluer la validité de la technique sur les tumeurs de plus de 30 mm en anatomopathologie, tout en instaurant un processus de contrôle des résultats quand il n’est pas réalisé en l’absence d’atteinte du ou des ganglions sentinelles pour les tumeurs de moins de 30 mm en anatomopathologie.

Le nombre de cas sur lesquels cette évaluation a été réalisée est conforme aux recommandations habituellement émises pour la période d’apprentissage [5], c’est-à-dire un nombre supérieur à 30 cas avec atteinte ganglionnaire, permettant le calcul du taux de faux négatifs. Les taux d’identification de 94 % et de faux négatif de 1,4 % pour ces grosses tumeurs s’inscrivent dans les recommandations des résultats d’apprentissage avant la pratique du ganglion sentinelle sans curage systématique. Les résultats rapportés par Bedrosian et al. [23] sont similaires avec des taux de 97 % (34/35) d’identification et de 3 % (1/34) de faux négatifs pour les 56 tumeurs de plus de 30 mm.

Les conséquences fonctionnelles du curage axillaire sont connues, avec des variations de fréquence des symptômes observés en fonction du type d’étude, des délais d’évaluation par rapport au geste chirurgical et des critères retenus pour la quantification des séquelles, en particulier du lymphœdème [27] : lymphœdème (10 à 41 %), paresthésies (58 à 81 %), douleur et fatigabilité (10 à 40 %), restriction de la mobilité du membre supérieur (17 à 32 %) [35-38].

En l’absence de curage axillaire après prélèvement ganglionnaire sentinelle, les taux de morbidité et les différents symptômes sont très significativement plus faibles que si un curage a dû être réalisé [8-15]. Cependant, la réalisation d’un curage axillaire après prélèvement ganglionnaire sentinelle est fréquemment plus difficile que celle d’un curage immédiat du fait de la réaction inflammatoire cicatricielle liée au prélèvement des ganglions sentinelles. Cependant, la morbidité de ces curages réalisés dans un deuxième temps n’apparaît pas supérieure à celle des curages réalisés de manière immédiate [27].

La réalisation d’une biopsie extemporanée du ou des ganglions sentinelles reste intéressante, quand elle est possible (ganglions de plus de 5 mm), afin de réduire le nombre de réinterventions pour un curage axillaire différé, d’autant que la valeur prédictive positive en cas de macrométastase est de 83 %. Les avantages et inconvénients des deux techniques d’analyse extemporanée, cytologique par apposition ou grattage et coupes à congélation, sont connus et ont été synthétisés dans une revue récente de la littérature [6]. Les résultats des deux méthodes sont comparables avec des taux de fiabilité et de faux négatifs respectivement de 79 à 98 % et de 9 à 52 % pour les coupes à congélation, de 77 à 99 % et de 5 à 70 % pour les techniques cytologiques [6]. La sensibilité de détection des micrométastases reste toutefois faible [39]. Cela doit également permettre de raccourcir les délais avant de débuter la chimiothérapie adjuvante, dans les cas où une réintervention n’a pas été indiquée pour réaliser une exérèse complémentaire mammaire du fait de marges non saines ou insuffisantes, conduisant fréquemment dans cette situation à pratiquer une mastectomie. Dans notre série, le délai moyen entre le prélèvement ganglionnaire sentinelle et le début de la chimiothérapie était de 32 jours, si un curage complémentaire était effectué dans le même, temps et de 41 jours, si ce curage était réalisé de façon secondaire. Les délais optimum ont pu être estimés à 20 jours [40].

Conclusion

Les résultats satisfaisants obtenus dans cette population permettent de suggérer raisonnablement de se dispenser de curage axillaire pour des tumeurs qui mesurent jusqu’à 50 mm en anatomopathologie et en l’absence d’atteinte des ganglions sentinelles, quand la technique du ganglion sentinelle a été indiquée pour une taille clinique de 30 mm au plus. Cela permettrait d’éviter un curage axillaire « inutile » chez un peu plus d’un quart des patientes ayant une tumeur de plus de 30 mm et chez près de 80 % de celles ayant une tumeur de plus de 30 mm et sans atteinte ganglionnaire. L’extension des indications à des tumeurs cliniques de 30 à 40 mm peut également se discuter.

Il est cependant important de rappeler que la palpation du creux axillaire par l’incision réalisée pour le prélèvement du ganglion sentinelle doit être systématique et que tout ganglion palpable induré et/ou augmenté de volume doit faire l’objet d’une exérèse [6, 19]. En effet, il est reconnu qu’un blocage lymphatique par envahissement massif peut être responsable de l’absence de coloration et de fixation isotopique des premiers relais ganglionnaires avec alors une identification d’autres ganglions. De même, une fixation mauvaise ou de faible intensité doit amener à la prudence, sachant que, dans ces cas, un envahissement ganglionnaire est fréquent [16].

Néanmoins, pour ces grosses tumeurs, une période d’apprentissage spécifique à ces tailles peut être proposée sinon recommandée et des études complémentaires sont indispensables pour évaluer la reproductibilité de ces résultats sur des effectifs plus larges avant de se passer de curage axillaire en l’absence d’atteinte des ganglions sentinelles.

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