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Expression de la p56lck par les tumeurs du côlon : un marqueur de leur potentiel invasif ?


Bulletin du Cancer. Volume 91, Numéro 12, 928-40, Décembre 2004, Synthèse


Résumé   Summary  

Auteur(s) : Evelyne Rouer , Inserm U536, 17 rue du Fer-à-Moulin, 75005 Paris..

Résumé : Depuis la découverte de la p56lck (lymphocyte cellular kinase) en 1982 dans des thymomes murins, il a été montré que cette tyrosine kinase joue un rôle clé à la fois dans la maturation des thymocytes et dans l’activation et la prolifération des lymphocytes T périphériques. L’analyse de sa séquence a révélé une grande homologie avec celle de l’oncogène p60c-src et l’organisation de son gène en exons et introns a suggéré l’hypothèse de sa formation par recrutement d’exons du gène ancestral Src. Cependant, et malgré cette parenté avec un oncogène fréquemment impliqué dans les tumeurs humaines, la p56lck semble être impliquée dans aucune pathologie lymphoproliférative, que ce soit par surexpression ou par mutations activatrices. Par contre, elle est présente dans diverses tumeurs solides (côlon, poumon et sein), à un niveau égalant parfois celui des lignées T lymphoblastiques. Ces observations surprenantes sont restées longtemps énigmatiques. Les recherches menées ces dernières années sur les facteurs de transcription ainsi que l’analyse d’un nombre croissant de tumeurs permettent maintenant d’apporter quelques éclaircissements quant aux mécanismes qui conduisent à l’expression ectopique de cette protéine lymphocytaire. Nous présentons ces principaux résultats et discutons des voies de signalisation que la p56lck (illégitimement exprimée dans ces cellules épithéliales) pourraient perturber. Ces analyses suggèrent en particulier son implication dans le développement des métastases, par facilitation de la perte d’adhésion des cellules épithéliales tumorales.

Mots-clés : tumeur colique, métastase, p56lck

Illustrations

ARTICLE

Auteur(s) :, Evelyne Rouer*

Inserm U536, 17 rue du Fer-à-Moulin, 75005 Paris.

Article reçu le 2 Juin 2004, accepté le 30 Septembre 2004

La p56lck (lymphocyte cellular kinase) est une protéine tyrosine kinase (PTK) essentielle à la fois aux thymocytes pour leur maturation et aux lymphocytes CD4+/CD8+ périphériques pour l’expression de leur fonction auxiliaire/cytolytique [1]. C’est en effet la PTK qui induit la cascade de phosphorylation des protéines cytosoliques qui relayent jusqu’au noyau le signal d’activation déclenché par l’interaction du complexe antigène-CMH de la cellule présentatrice avec le récepteur T spécifique (TcR) et les co-récepteurs CD4/CD8. C’est une PTK non-récepteur mais ancrée à la face interne de la membrane plasmique par les acides gras myristique et palmitique ajoutés sur la glycine 2 et les cystéines 3-5 par des réactions co- et post-traductionnelles [2].Toutefois, c’est par son interaction avec le domaine intracellulaire des co-récepteurs CD4/CD8α (via ses cystéines 20 et 23) que la p56lck se trouve impliquée dans la transduction du signal [3]. Ces interactions initiales sont renforcées par la diffusion latérale de partenaires transmembranaires puis complétées par le recrutement de protéines cytoplasmiques aux fonctions adaptatrices (SLP76, Grab2, Shc, Vav,…) ou enzymatiques (phospholipase Cγ, PKC, PI3K, Zap70…) ( (figure 1) ). Ces régions hautement spécialisées au sein de la membrane du lymphocyte T en regard de la cellule présentatrice de l’antigène constituent les synapses immunes [4].Ces complexes multimoléculaires s’organisent dans la membrane des lymphocytes dans un microenvironement particulier, enrichi en glycéro- et sphingo-lipides, les GEM (glycolipid enriched microdomains) stabilisés par la présence de cholestérol, d’où l’insolubilité relative constatée au cours de leur isolement et leur autre dénomination, DIG (detergent insoluble glycolipid domain) mais plus connus sous le nom de radeaux lipidiques [5]. Certaines protéines sont constitutives des microdomaines et forment un précomplexe dans les lymphocytes au repos [6]. C’est le cas de CD4 et des adaptateurs palmitoylés LAT (linker for activated T-cells) et Cbp (Csk binding protein) ainsi que de certaines protéines liant le GTP. Il en est de même pour les tyrosines kinases p56lck et p59fyn et pour leur kinase inhibitrice p50Csk (C-terminal specific kinase) mais leur phosphatase régulatrice CD45 en est exclue. Toutes ces protéines ne sont pas uniformément réparties entre les GEM et il a été suggéré que l’hétérogénéité des GEM correspondrait à une compartimentalisation des effecteurs de la transduction. Cette séparation physique des différents effecteurs serait un des mécanismes permettant l’existence de l’état de quiescence cellulaire [7]. Dans les cellules stimulées, on trouve en plus, dans les GEM, les chaînes zéta (complexe CD3) phosphorylées ainsi que les adaptateurs et enzymes (PLCγ1, PKCτ,…) phosphorylés et associés aux domaines SH2 des protéines résidentes [8]. La coalescence des GEM se réalise sous l’impulsion des interactions récepteurs T-antigène et co-récepteurs/ligands (CD4/CMH, CD28/CD80, CD2/CD58) [9]. Leur fusion est sélective (elle s’effectue en fonction des co-récepteurs engagés) et aboutit à l’activation spécifique de quelques voies de signalisation.L’activité enzymatique de la p56lck (comme celle de la p60src, oncogène éponyme de cette famille de PTK) est régulée par la phosphorylation de deux résidus Tyr de son domaine catalytique, la Tyr 394 (site d’autophosphorylation et de régulation positive) et la Tyr 505 (site de régulation négative, phosphorylé par la p50csk) [9]. Dans les cellules au repos, la p56lck est peu active du fait de l’interaction de sa Tyr 505 phosphorylée avec son propre domaine SH2 (Src homology domain) et de la compaction de la protéine qui en résulte. Dans cette conformation dite « fermée », le site catalytique de la p56lck (constitué de la Lys 273 et du motif GXGXXG d’ancrage de l’ATP) est inaccessible aux substrats. La stimulation des lymphocytes par le complexe antigène-CMH induit l’activation de la phosphatase membranaire CD45 qui déphosphoryle la Tyr 505 et libère le site actif de l’enzyme [10]. Dans cette conformation « ouverte », la p56lck peut être activée, à la fois par phosphorylation de résidus Ser et Thr de sa région N-terminale (par les PKA, PKC et/ou MAP kinases) et par autophosphorylation de sa Tyr 394 (par un mécanisme intra- ou intermoléculaire). Les analyses par rayons X de la structure des protéines p60src et p56lck cristallisées ont confirmé l’existence de ces conformations [11] qui avaient été émises uniquement sur la base des interactions biochimiques observées. Récemment, il a été montré que seule la conformation ouverte interagit avec la protéine LAT dans les GEM [12]. Cela pourrait constituer un mécanisme supplémentaire de contrôle de l’activité de la p56lck et de l’activation cellulaire.Dès son activation, la p56lck phosphoryle les tyrosines conservées des motifs ITAM (immunoreceptor tyrosine-based activation motif) des chaînes γ, δ, ε et ζ du complexe CD3. La chaîne ζ phosphorylée interagit avec les domaines SH2 de la kinase Zap70 et de l’adaptateur Shc qui lui-même interagit avec Grb2 constitutivement lié à Sos (facteur d’échange de GDP) et conduit à l’activation de la p21Ras et des MAPK [13]. La kinase Zap70, complexée à la chaîne ζ phosphorylée, s’autophosphoryle et recrute la phospholipase Cγ (PLCγ) qui est à son tour activée par la p56lck. La PLCγ hydrolyse les phospholipides PIP2 membranaires en DAG (diacylglycérol) et IP3 (inositol triphosphate), seconds messagers responsables respectivement de l’activation de la PKC et de l’augmentation du Ca++ intracellulaire. Celui-ci active la calcineurine (phosphatase dépendante du Ca++) et permet à la sous-unité NF-ATc (cytosolique) déphosphorylée de migrer dans le noyau où elle s’associe à la sous-unité NF-ATn (nucléaire) pour constituer un facteur de transcription actif. La p56lck est également impliquée dans la signalisation par les récepteurs des cytokines (IL2 et IL7) et par les molécules de co-stimulation (CD28, CD2...). C’est donc une enzyme-clé de la transduction de l’activation des lymphocytes T, comme le prouve l’inactivation de son gène par recombinaison homologue. Chez ces souris lck-/-, la différenciation des thymocytes immatures est bloquée à un stade très précoce DN (double négatif, CD4-CD8-). Les lymphocytes périphériques sont quasiment absents et les réponses immunes sont par conséquent très altérées [14].La p56lck doit sa découverte à sa surexpression et à son activité kinase dérégulée dans le thymome murin LSTRA induit par le virus de Moloney [15]. Elle fut dès lors suspectée d’activité oncogénique d’autant que la forte homologie de séquence de son gène ainsi que son organisation en exon-intron l’apparentaient à l’oncogène p60src [16], lui-même découvert dans un virus de sarcome aviaire. C’est donc très logiquement que des modifications de son expression ont été recherchées dans les cellules de patients atteints de leucémies.

p56lck, leucémies et immunodéficience

L’analyse de la transcription du gène lck a montré l’existence de deux promoteurs bien distincts (éloignés de plus de 30 kb dans le génome humain), actifs suivant l’état de différenciation des cellules : le promoteur proximal (type I), actif préférentiellement dans les thymocytes immatures, et le promoteur distal (type II), actif principalement dans les lymphocytes T matures [17]. Cependant, du fait de l’existence de sites cryptiques d’épissages, des transcrits alternatifs sont produits à partir de chacun des promoteurs. Nous avons montré qu’au total cinq ARNm lck sont exprimés dans des proportions constantes, dans les lymphocytes de donneurs sains [18]. Chez les patients atteints de leucémie myéloïde aiguë, nous avons observé une modification de ces proportions, due à l’augmentation spécifique du transcrit IB. Cette augmentation est corrélée avec le phénotype immature des cellules (LAM-0 et LAM-1) et disparaît chez les patients en complète rémission.

La surexpression du gène lck n’a été rapportée que dans deux lignées T établies indépendamment à partir des cellules d’un patient atteint de leucémie aiguë lymphoblastique (LAL-T). Il a été montré que ce sont des translocations t(1;7) (p34;q34) qui, par juxtaposition de l’enhancer du gène β du récepteur T en amont du promoteur lck proximal (pour la lignée HSB-2) ou distal (pour la lignée SUP-12), sont responsables de la surexpression du gène lck (respectivement 7 et 80 fois le niveau d’ARNlck mesuré dans les lymphocytes normaux) [19]. L’analyse de la séquence lck de la lignée HSB-2 a mis en évidence quatre mutations ayant pour conséquence une insertion de trois acides aminés (Glu-Lys-Pro) entre les domaines SH2 et kinase et trois substitutions : Val28Leu (près du motif de liaison à CD4), Ala352Val et Pro447Leu (dans le domaine kinase). Par transfection dans les fibroblastes, cette séquence lck s’est révélée capable d’induire la formation de foyers de cellules transformées.

Dans une étude sur 51 patients, nous n’avons observé qu’un cas de surexpression du gène lck (15 fois le niveau normal) dans un lymphome T, en l’absence de tout réarrangement détectable du gène [20]. Donc le gène lck, malgré sa localisation en un site (1p32-35) où de fréquentes anomalies chromosomiques ont été observées dans les lymphomes humains [21], ne semble pas être lui-même la cible de remaniements fréquents conduisant à sa surexpression.

La situation inverse, le défaut d’expression de la p56lck se traduisant par une immunodéficience est aussi peu fréquente. Un cas de SCID dû à une déficience en p56lck a cependant été rapporté [22]. Chez un jeune patient (hospitalisé dès l’âge de 2 mois pour des infections diverses et troubles intestinaux retardant sa croissance), le SCID se caractérise par une lymphopénie spécifique des CD4+, un défaut d’expression de CD28 sur les CD8+ (5 % contre plus de 80 % dans les CD8+ de donneurs sains) et une expression réduite de la p56lck (10 % du niveau normal). L’analyse de l’ARNm des lymphocytes de ce patient a révélé l’absence de transcrit lck complet mais la présence d’un transcrit délété de l’exon 7 (Δ7). Il correspond très probablement à celui initialement décrit dans la lignée mutante humaine JCaM1.6. Nous avons montré que le transcrit lck Δ7 ne peut être considéré comme un transcrit anormal (spécifique de cette lignée mutante) JCaM1.6 puisqu’il est également présent dans les lymphocytes de donneurs sains et qu’il résulte en fait du mécanisme général de l’épissage alternatif [23]. Ce transcrit lck Δ7 est peu abondant mais nous avons pu détecter l’expression de la protéine correspondante (isoforme de la p56lck) et estimer son expression dans la lignée parentale Jurkat à 10-15 % de l’expression totale de protéine Lck. Son activité kinase est très réduite du fait de l’absence du motif d’ancrage de la molécule d’ATP (motif GXGXXG codé par l’exon 7). Elle explique le faible niveau de phosphorylation des protéines des lymphocytes du jeune patient SCID et par conséquent leur défaut d’activation. Quant au rôle physiologique de cette isoforme exprimée conjointement avec la p56lck, nous avons pu observer, par transfection dans les cellules Jurkat, que sa surexpression induit une inhibition de la prolifération des cellules. Cela suggère qu’elle pourrait par compétition être un modulateur de la signalisation transduite par la p56lck et donc être un régulateur naturel de l’activation cellulaire. Elle pourrait aussi être impliquée dans la transduction de signaux inhibiteurs reçus par CD4 (tels que ceux déclenchés par l’interaction de l’IL16 et qui aboutissent à la désensibilisation du récepteur CXCR4) car ils sont indépendants de l’activité kinase de la p56lck mais dépendants de ses domaines SH2 et SH3 [24].

Un caryotype anormal est détecté dans 65 % des cas de leucémies et plus de 300 types de translocations ont été observés [25]. Leur analyse a montré que ce sont essentiellement des gènes de facteurs de transcription ou de protéines associées au complexe transcriptionnel (Tal1, Hox11, LMO) qui sont affectés par les remaniements chromosomiques dans les LAL-T. Ces leucémies se caractérisent par la surexpression d’une protéine structuralement correcte, identique à la protéine normale contrairement aux leucémies, LAL-B, LAP (pro-myélocytaire) et LAM (myélo-monocytaire) qui se caractérisent par la (sur)expression d’une protéine anormale, chimère résultant de la fusion entre les deux gènes impliqués dans la translocation. Dans ces pathologies, les deux tiers des gènes affectés correspondent à des facteurs de transcription (ou à leurs régulateurs) et un tiers à des tyrosine kinases intracellulaires (ABL, ARG, JAK2 et SYK) ou à des récepteurs de facteurs de croissance (PDGFβ-R et FGF-1R). Cette vaste étude confirme l’absence de prolifération lymphoïde impliquant une altération (niveau d’expression ou mutation) de la p56lck.

De façon paradoxale, c’est dans les tumeurs non lymphoïdes que la p56lck pourrait jouer un rôle oncogénique réel puisqu’elle y est anormalement exprimée et parfois à un niveau très élevé, égalant celui des lignées T.

p56lck dans les tumeurs solides

L’oncogène p60src étant apparu ubiquiste, des études ont été menées dans divers types de tumeurs solides afin de déterminer son niveau d’expression et, de là, son éventuelle implication dans leur étiologie. C’est dans le cadre de ces études (donc fortuitement) que Veillette et al. [26] ont observé une expression de la p56lck dans diverses lignées cellulaires établies à partir de carcinomes (primaires ou métastatiques) du côlon et du poumon. Le niveau d’ARN lck (analysé par northern-blot) semble très variable parmi ces lignées : pour deux d’entre elles (Colo201 et Colo205), il est comparable à celui des lignées lymphoblastiques T (Molt4 et Cem). Pour la lignée SCLC209 (issue d’un carcinome pulmonaire à petites cellules), il correspond à 50 % de ce niveau et il semble inférieur ou égal à 10 % dans les autres lignées (tableau 1)( Tableau 1 ). Pour les lignées issues de mélanomes, de sarcomes et de cancers du sein et des ovaires, une légère expression d’ARN lck peut être détectée alors qu’aucun signal n’est détecté dans les cellules normales de la muqueuse du côlon (CLL239). En ce qui concerne les lignées Colo201 et Colo205, une corrélation a pu être faite entre les niveaux d’ARN lck et de protéine p56lck [26]. Dans cette étude, il est également rapporté que le niveau d’ARN lck est plus élevé dans les lignées établies à partir de cellules de métastases ganglionnaires (ou d’ascites) que celles établies à partir de cellules de tumeurs primaires. Cela suggère l’implication de la p56lck dans la progression des tumeurs. La corrélation entre le niveau d’ARN lck et le potentiel tumorigénique et métastatique des cellules (SW620, 480R2, 480, 480E8) observée après leur injection chez la souris nude conforte cette hypothèse [27].

Il a été montré qu’aucun réarrangement du gène lck (amplification ou translocation) n’est à l’origine de son expression anormale dans ces lignées [26] mais celle-ci résulte de l’activation du promoteur proximal (type I) [28]. Cette observation a permis l’analyse plus sélective (grâce à la méthode de RT-PCR) de l’expression du gène lck dans les cellules tumorales en excluant (quasiment) l’expression par les lymphocytes T infiltrants qui est principalement d’origine distale. Cette étude a confirmé l’expression du gène lck par les cellules tumorales de cancers primaires du côlon (à des niveaux variant entre 10 et 60 fois le niveau de lck dans le tissu sain adjacent) [29]. Dans une analyse plus récente et plus détaillée des ARN lck de type I dans ces tumeurs, il a été noté une accumulation particulière du transcrit IB [30], comme nous l’avions initialement décrit dans les LAM les plus immatures [18]. En outre, l’analyse par histo-immunochimie a montré clairement la présence de protéine p56lck dans les cellules tumorales et son absence dans les cellules du tissu sain adjacent [27].

L’expression ectopique de la p56lck dans les tumeurs solides, par rapport à son « silence » dans les cellules saines du même tissu, implique donc une dérégulation du promoteur proximal. Celle-ci peut résulter de l’activation d’un site par un facteur de transcription illégitimement exprimé et /ou d’une déficience de la répression.

(tableau 2)( Tableau 2 )
Tableau 1 Niveau d’expression de l’ARNlck dans les lignées issues de différentes tumeurs solides

Lignées cellulaires issues des tumeurs

Niveau de l’ARN lck comparé à celui des lignées CEM, Molt4

Carcinomes du côlon

Colo201, Colo205,

Comparable 100 %

SW480, SW620,

10 % à 20 %

HTB39, LS180,

1 % à 2 %

LS174T,Lovo

1 %

Cellules de la muqueuse normale de côlon

CCL510

0 %

Carcinomes à petites cellules du poumon

SCLC209

50 %

SCLC358

20 %

SCLC592, SCLC510

1 % à 5 %

H526 (b)

5 % à 10 %

Carcinomes de l’ovaire

OVCAR, 2780

1 %

Carcinomes mammaires

< 1 %

Mélanomes, sarcomas

< 1 %


Tableau 2 Fonctions cellulaires potentiellement altérées dans les cellules tumorales par l’expression ectopique de la p56lck

Fonctions cellulaires

Protéine(s) altérée(s)

Références

Cohésion des jonctions adhérentes

(Tyr) Phosphorylation différentielle de la E-cadhérine et de la β-caténine

[51, 52, 53]

Organisation du cytosquelette

Connexion des fibres d’actine, par (Tyr) phosphorylation de la filamine

[72]

CD44/RhoA/Ankyrine

75, 76, 78

Cohésion de la matrice extracellulaire

Activation de protéases spécifiques (ex : uPA/uPAR par activation de NFκβ, via la (Tyr) phosphorylation de IKK)

[59, 61, 62, 63]

Transduction par les récepteurs de facteurs de croissance

EGF-R et neu/Her2/c-erb2

[64]

c-kit

[65]

Régulation du promoteur proximal lck

L’étude par délétions successives du promoteur proximal a permis de délimiter à la portion -584/+37 la région essentielle au contrôle de la spécificité tissulaire et développementale de l’expression du gène lck chez la souris. Deux sites de liaison pour des protéines nucléaires spécifiques aux thymocytes normaux et/ou thymomes (complexes A1 et B) ainsi qu’un site pour une protéine non thymique (complexe A2) ont été décrits [31]( (figure 2) ). Une protéine du complexe B2 localisé sur un site riche en G (-365/-328) a été récemment identifiée par le groupe de Perlmutter [32]. Il s’agit d’une protéine de 86 kDa, à doigts de zinc de type Krüppel. Cette protéine mtβ (et son homologue htβ chez l’homme), primitivement clonée comme une protéine de liaison à l’enhancer du gène CD3ε, s’est révélée capable de liaison aux régions régulatrices de gènes codant pour le récepteur T (promoteur Vβ8.1, répresseur Vα et enhancer pTα). Ce gène pTα code la préchaîne α du récepteur T exprimée par les thymocytes très immatures TN (triple négatif, CD3-CD4-CD8-). Il est intéressant de noter que son expression s’éteint dans les thymocytes un peu plus matures DP (double positif, CD4+CD8+) alors que l’activité du promoteur proximal du gène lck elle-même décline. Cela suggère une co-régulation des deux gènes dont la protéine m(h)tβ pourrait être responsable. Cette protéine n’est cependant pas restreinte aux cellules T, elle est exprimée à un niveau comparable dans les lignées B matures (BALB), pro-B (BaF3) ainsi que dans divers tissus non lymphoïdes mais, c’est uniquement dans les cellules T que la protéine mtβ endogène est capable d’activer un gène rapporteur flanqué du promoteur mtβminimal (site de liaison + boîte TATA). Cela indique bien que mtβ n’est qu’un élément du complexe B2 et que la spécificité thymique du promoteur proximal est probablement conférée par une autre protéine du complexe.

Par ailleurs, une transcription accrue du gène rapporteur dans le thymus de souris transgéniques avait été observée, en l’absence de la région -584/-433. Cela suggérait l’existence de site(s) répresseurs dans cette région du promoteur proximal [31]. L’analyse comparative des complexes ADN-protéines, réalisés avec des extraits nucléaires de différentes origines tissulaires, a confirmé cette hypothèse. Ainsi la formation du complexe A2 (-477/-460) est observée avec des extraits nucléaires de tissus n’exprimant pas le gène lck (foie et rein) ou l’exprimant via le promoteur distal (rate) mais il ne l’est pas en présence d’extraits nucléaires de thymus. Ces observations complémentaires démontrent bien l’existence d’un site répresseur destiné à réprimer l’activité du promoteur proximal dans les tissus autres que thymiques [31]. Dans une région équivalente du promoteur proximal humain (-474/-466), la formation d’un complexe a aussi été observée avec des extraits nucléaires de lignées n’exprimant pas le gène lck (Hela, HT29, T84) ou l’exprimant peu (lignée SW620) [32]. De même, l’absence de formation de complexe avec des extraits nucléaires de lignées exprimant fortement le gène lck via le promoteur proximal (lignées Cem et Colo205) a été rapportée [33]. Une séquence de 9 bp (TTTCATCAG) a été identifiée comme site de liaison pour le complexe répresseur. Elle présente une homologie partielle avec le site composite liant les facteurs NF-AT et Fos/Jun dans le promoteur du gène IL2. Le complexe semble être constitué de deux protéines de 35 et 75 kDa mais leur identité n’a pas été rapportée [34].

La forte expression du gène lck dans la lignée Colo205 semble donc résulter d’une absence de répression du promoteur proximal, par absence des protéines nucléaires se liant au site (-474/-466) chez l’homme. Ces protéines, détectées dans le foie, le rein et les lignées Hela (tumeur de l’utérus) et HT29 (tumeur du côlon) pourraient donc correspondre à des protéines ubiquistes, impliquées dans la régulation générale des gènes. Leur absence dans la lignée Colo205 pourrait, par conséquent, être aussi responsable de l’expression anormale d’autres gènes.

Dans le promoteur proximal humain, les régions -179/-155 et -128/-63 ont aussi révélé contenir des sites nécessaires à son activation dans les lignées T et dans celles issues de carcinomes coliques : un site pour un facteur spécifique aux cellules T (LYF1) [34], pour un membre de la famille Ets (-97/-90), pour une protéine HMG (-76/-70) et pour le facteur c-Myb (-59/-54) ont été décrits [35,36]( (figure 3) ). Par co-transfection dans les cellules Hela, il a été montré que les facteurs c-Myb et Ets ont un effet synergique sur l’activité du promoteur proximal. Cette synergie fonctionnelle a été retrouvée dans les cellules T mais elle est inexistante dans les cellules tumorales de côlon (par absence de c-Myb). Il avait été rapporté que c-Myb est plus abondant dans les thymocytes immatures (du cortex) que dans les thymocytes matures (medulla), mais il s’avère que c-Myb est aussi exprimé par l’ensemble des cellules hématopoïétiques, de même que Ets2 (tandis que Ets1 est présent à la fois dans les lymphocytes T et B). Aucun de ces deux facteurs ne peut donc être responsable de la spécificité d’expression dans les thymocytes. Le site -76/-70 pourrait conférer cette spécificité car il a été décrit comme un site potentiel de liaison pour un facteur T-spécifique (TCF1, LEF1 ou Sox4) de la famille des proteines HMG (high mobility group) qui interviennent dans l’organisation architecturale du complexe de transcription. Une forte expression du facteur TCF1 dans les lignées Colo201 et 205, comparable à celle de la lignée Jurkat et, plus modeste dans les lignées SW620 et SW480, a effectivement été mise en évidence par northern-blot et confirmée au niveau protéique par western-blot [37]. Par le jeu d’épissages alternatifs d’exons codants, ce facteur est généralement exprimé avec une grande hétérogénéité d’isoformes (1A, 1B…. 1G), mais dans les lignées issues de carcinomes métastatiques (Colo201 et 205) une expression plus sélective des isoformes TCF1A, 1G et 1F a été rapportée [37]. Les autres facteurs (LEF1 et Sox4) n’apparaissant que faiblement exprimés et sans corrélation avec le caractère invasif des tumeurs, TCF1 semble être le facteur le plus approprié pour ce site.

Cependant, dans une autre étude utilisant comme approche expérimentale la liaison des protéines recombinantes TCF1, LEF1 et Sox4 au motif AACAAAG (-76/-70) en présence d’oligonucléotides compétiteurs mutés, c’est Sox4 qui semble le meilleur candidat pour le site [27]. Il a ainsi été montré que l’oligonucléotide muté inhibant spécifiquement la liaison de la protéine recombinante Sox4 est aussi celui qui inhibe complètement la formation du complexe (formes J1 et J2) sur le site, par les protéines nucléaires de la lignée SW620. Il n’inhibe que partiellement la formation du complexe (forme J1 seulement) par les protéines de la lignée Jurkat et n’a pas été testé avec les protéines des autres lignées de cellules tumorales de côlon.

Les conclusions de ces deux études ne sont pas absolument contradictoires, le facteur HMG (ou son isoforme) impliqué pouvant être différent suivant le type de tumeur. L’analyse par southern-blot de l’ADN des lignées Colo201, 205, SW620 et 480 n’a révélé aucune amplification génique ni réarrangement dans la région 5’ du gène TCF1 qui pourrait expliquer son expression anormale [37]. Il s’agit donc maintenant d’identifier le mécanisme qui induit l’expression dans les tumeurs solides d’un facteur de transcription normalement restreint aux thymocytes immatures et spécifique du promoteur proximal du gène lck.

Facteurs thymiques dans les tumeurs du côlon

La maturation des progéniteurs thymiques entrants se réalise selon un programme interne d’expression de gènes dont le déclenchement dépend de signaux environnementaux délivrés par les cellules stromales. Les facteurs de transcription TCF1/LEF1, impliqués dans la transition des thymocytes DN en DP puis dans la sélection en SP, font partie de la voie de signalisation par les protéines Wnt (wingless) et les récepteurs Fz (frizzled). C’est en particulier l’isoforme Wnt4, secrétée par les cellules épithéliales thymiques, qui interagit avec les récepteurs Fz6 et Fz5 exprimés successivement par les thymocytes DN et DP [38]. Cette interaction Wnt/Fz a pour conséquence la stimulation de la protéine dsh (disheveled) qui inactive la kinase GSK3β et de ce fait inhibe les phosphorylations (sérine) conjointes de la β-caténine et de la protéine APC (adenomatous polyposis coli), régulateur du trafic intracellulaire de la β-caténine. La β-caténine non-(Ser) phosphorylée ne peut être ubiquitinylée et dégradée par le protéasome. Elle s’accumule dans le cytoplasme puis est transloquée dans le noyau où elle interagit avec un membre de la famille TCF. Korinek et al. ont mis en évidence l’expression spécifique de TCF1 dans la lignée Jurkat et celle de TCF4 dans l’épithélium normal et néoplasique du côlon [39]. Dans les lignées SW480 et 620 (entre autres), une association stable de la β-caténine avec TCF4 a été observée. Elle résulte de mutations qui affectent la protéine APC ou la β-caténine, perturbant leur interaction ainsi que la dégradation subséquente de la β-caténine [40]. Cette voie de signalisation (activée dans plus de 70 % des tumeurs du côlon) aboutit à l’activation des gènes c-Myc et cycline D1, acteurs du cycle cellulaire. C’est le niveau de cycline D1 qui contrôle le passage à travers la phase G1 du cycle, par conséquent l’activation constitutive de cette voie peut être responsable (ou en partie) de la prolifération incontrôlée des cellules malignes. Tetsu et McCornick [41] ont montré que l’expression (par transfection) d’un mutant négatif dominant de TCF4E dans les cellules tumorales SW480 et HCT116 réduit le niveau d’expression de la cycline D1 et bloque sévèrement leur croissance. Par ailleurs, il a été rapporté que la déplétion en protéine TCF4 par inactivation de son gène (gène tcf7/2) conduit chez la souris -/- à un épithélium intestinal uniquement composé de cellules différenciées [42]. La protéine TCF4 semble donc nécessaire pour maintenir un contingent de cellules souches dans les cryptes. La stabilisation anormale du complexe β-caténine/TCF4E, par mutation de l’une ou l’autre des protéines, pourrait conduire à l’activation constitutive de la cycline D1 et, par conséquent, contribuer à la transformation maligne en favorisant la prolifération de cellules immatures [43].

Cela impliquerait la participation de CD44 qui est aussi un gène cible du complexe β-caténine/TCF4. La forme la plus simple (standard) CD44s est ubiquiste mais il existe de nombreux variants dont certains sont associés à un mauvais pronostic dans les cancers du côlon. L’expression de CD44 dans la muqueuse intestinale normale est confinée dans les cryptes où elle joue un rôle dans le renouvellement des cellules épithéliales [44]. L’interaction de CD44 avec certains facteurs de croissance (MIP1β, FGF, HB-EGF) était bien connue mais ce n’est que récemment qu’un mécanisme cellulaire a été proposé pour expliquer ce rôle physiologique. En particulier dans les cellules épithéliales de l’AER (apical ectodermal ridge), il a été rapporté que l’isoforme CD44v3 interagit avec le facteur FGF pour le présenter à son récepteur FGF-R exprimé par les cellules mésenchymateuses sous-jacentes [44]. Dans les cellules tumorales, c’est l’interaction du variant CD44v6 avec c-Met, récepteur du facteur HGF/SF (scatter factor) qui a été mise en évidence [45]. Dans les cancers du côlon, c-Met est souvent muté ou surexprimé et CD44 pourrait alors jouer le rôle de promoteur de tumeur, par dérégulation de la prolifération des cellules souches de l’intestin, dotées d’une grande longévité et d’un fort pouvoir de division. Par ailleurs, la relation inverse entre l’expression de CD44 et celle de la E-cadhérine observée dans certaines tumeurs suggérait l’existence, dans les cellules normales, d’une régulation négative de la fonction de CD44 par la E-cadhérine. Récemment, il a été montré que la ré-expression de la E-cadhérine (par transfection) dans les cellules TA3 de rat (carcinome mammaire déficitaire en E-cadhérine) bloque leur étalement sur couche d’acide hyaluronique (constituant de la matrice extracellulaire et ligand de CD44) et réduit leur potentiel invasif [46]. Une modification de l’affinité de liaison de CD44 à son ligand HA serait à l’origine de ces effets. En outre, CD44 subit une palmitoylation de résidus cystéine de son domaine cytoplasmique [47] qui pourrait favoriser son recrutement dans les GEM. Dans les cellules TA3 (transfectées par la E-cadhérine), on observe peu de molécules CD44 dans les GEM et l’hypothèse a été émise que les molécules CD44 hors GEM ne pourraient effectuer de déplacement latéral dans la membrane. Elles ne pourraient donc pas se rassembler dans les filopodes, interagir avec le substratum HA et provoquer la motilité des cellules. La palmitoylation étant une modification réversible, le regroupement des molécules CD44 palmitoylées dans les microdomaines de la membrane serait un moyen de réguler leur fonction, dont l’interaction (par sa partie cytoplasmique) avec les protéines ERM (ezrine, radixine, moesine) qui relient les fibres d’actine entre elles. L’inhibition de la croissance cellulaire par contact cellule-cellule résulte de l’activation de la merline (produit du gène NF2) et de son interférence avec les protéines ERM.

Les facteurs de transcription thymiques LEF1 et TCF1 sont eux-mêmes les cibles des complexes β-caténine/TCF. Le gène LEF1 n’est pas exprimé dans le côlon adulte normal mais il l’est dans certaines tumeurs du côlon, sous la forme de la protéine entière correspondant au facteur de transcription. L’activation du gène LEF1 implique spécifiquement les facteurs TCF4E et 1E dont l’extrémité C-terminale de type E renferme des motifs de liaison pour la protéine CtBP1, répresseur de la voie Wnt. Or, dans les lignées coliques de nombreuses mutations affectent le cadre de lecture de l’exon 17 de TCF4 et conduisent à des isoformes de TCF4E raccourcies ou non codantes, donc non régulables par le répresseur [48]. Il en résulte une expression constitutive du gène LEF1 et une activation permanente de la voie Wnt qui contribue à la prolifération anormale des cellules. Par ailleurs Roose et al. [49] ont montré que TCF4 est aussi capable d’activer la transcription du gène TCF1. Or TCF1, initialement rapporté par Allen et al. [31] comme pouvant être un facteur d’activation du promoteur proximal lck dans les cellules T (Jurkat), a clairement été mis en évidence dans ces cellules T par les travaux récents de Korinek et al. [39]. On peut donc penser que, dans les tumeurs du côlon exprimant TCF-4E, l’expression de la p56lck résulte de l’activation transcriptionnelle des gènes LEF1 et TCF1 par les isoformes TCF4E puis de la liaison de ces facteurs thymiques sur leur site HMG en -76/-70 du promoteur proximal du gène lck ( (figure 2) ).

Rôles des PTK endogènes des cellules épithéliales

La β-caténine a été isolée initialement comme une protéine associée à la région cytoplasmique de la E-cadhérine (protéine d’adhésion homophilique dépendante du Ca++). Le complexe E-cadhérine/β-caténine est relié aux filaments d’actine par la vinculine et/ou l’α-actinine. Cette association avec le cytosquelette contribue à renforcer les interactions entre cellules épithéliales car il est maintenant clair que le défaut d’expression de E-cadhérine observé dans certaines tumeurs du côlon conduit à leur dislocation et permet la dissémination des cellules cancéreuses [50]. Ce défaut d’expression ne résulte pas (dans la majorité des cas) de mutations du gène (CDH1) affectant l’intégrité structurale (et donc fonctionnelle) de la E-cadhérine, mais d’une répression de la transcription du gène par un facteur à doigts de zinc (Snail/Slug et éventuellement δEF1,SIP1,E12/E47) se fixant sur les boîtes E du promoteur proximal. L’expression du gène Slug (contrairement à celle du gène Snail) est régulée par le complexe β-caténine/TCF4 [51]. Dans l’épithélium normal, la E-cadhérine est localisée au niveau des jonctions adhérentes (JA), complexée à la β-caténine. Elle séquestre ainsi la β-caténine dans le cytoplasme et empêche l’activation transcriptionnelle de son répresseur Slug. La cohésion des jonctions adhérentes est régulée par le niveau de phosphorylation de résidus tyrosine de la E-cadhérine et de la β-caténine [52]. Ce processus implique principalement les PTK de la famille Src (p60c-src, p59c-yes et p58lyn) dont l’accumulation au niveau de ces jonctions a été observée dans de nombreux tissus [53] ainsi que des phosphatases dont LAR (CD45). Il a été montré, entre autres, que la transfection de la lignée fibroblastique de rat (3Y1) par v-src lui confère un potentiel métastatique et s’accompagne d’une phosphorylation importante de tyrosine de la β-caténine mais aussi d’une réduction des tyrosines phosphorylées de la E-cadhérine aux adhésions focales [54]. Deux tyrosines (Y86 et Y654) de la β-caténine phosphorylées par p60src ont été identifiées, mais seul l’état de la Tyr654 semble être important pour l’interaction avec la E-cadhérine [55]. Ces phosphorylations inverses du couple E-cadhérine-β-caténine ont également été observées dans les cellules épithéliales NBT-II de rat induites à la dispersion par la présence de facteurs de croissance [56]. La colocalisation de la phosphatase CD45 avec les complexes E-cadhérine- β-caténine ainsi que la réduction du pool de β-caténine (tyrosine) phosphorylée ont été rapportées conjointement à l’inhibition de la migration des cellules et de la formation des tumeurs [56]. Sa présence aux jonctions adhérentes comme aux adhésions focales indique que CD45 régule l’adhésion cellulaire, qu’elle soit cellule-cellule ou cellule-substratum. En outre, l’injection dans les cellules NBT-II de mutants kinases inactifs (SrcK- ou Fynk-) ou du mutant dominant négatif N17Ras annule la dispersion des cellules induite par l’EGF, mais celle du mutant SrcK- n’altère ni la phosphorylation (Tyr) de Shc, ni son association avec Grb2, ni l’activation des MAP kinases. Cela indique que deux voies distinctes de signalisation participent aux processus d’adhésion/dispersion. La voie Src agit directement sur l’organisation corticale du cytosquelette, sans modification du niveau d’expression de gènes, contrairement à la voie Ras [57]. Ces travaux ont aussi montré que la dispersion des cellules ne résulte pas d’un processus passif (du à l’absence de signalisation d’adhésion) mais implique une signalisation particulière [58].

Dans les tumeurs, les métalloprotéinases sont souvent surexprimées (en particulier MMP7 dans les tumeurs du côlon). Leur activité conduit à la destruction des interactions E-cadhérine/matrice extracellulaire ainsi qu’à la réduction des interactions E-cadhérine-β-caténine. La β-caténine libérée peut activer le gène Slug et instituer une boucle de répression de l’expression de la E-cadhérine ainsi qu’un état permanent de dispersion cellulaire dans lequel la p60src est activée [58]. La voie particulière de signalisation conduisant à la dispersion cellulaire peut donc être induite par la p60src mais les protéines relais impliquées dans cette voie sont inconnues. Parmi les protéases agissant sur la matrice extracellulaire, l’uPA (urokinase type plasminogen activator) joue un rôle important dans la croissance des tumeurs et la survenue des métastases. De plus, son expression et celle de son récepteur (uPAR) sont souvent élevées dans les tumeurs et associées à un mauvais pronostic. Cette enzyme catalyse la conversion du plasminogène en plasmine qui réalise directement ou indirectement la dégradation de la fibronectine, de la laminine et du collagène de type IV. L’expression du gène uPA est régulée, en particulier, par le facteur de transcription ΝFκΒ dont la présence dans le noyau résulte de la perte d’interaction avec l’inhibiteur IκBα. Dans les lignées tumorales mammaires MDA-MB231 et MCF7, il a récemment été montré que c’est la p56lck qui phosphoryle IκBα et libère ΝFκβ de son interaction [59]. Le rôle de la p56lck sur l’activation de ΝFκβ avait été initialement décrit dans les lymphocytes T (les CD4+ infectés par le VIH) [60] où il avait été observé que les phosphorylations de résidus tyrosine et sérine (par l’IK kinase pour ce résidu) avaient pour conséquence d’exposer ΝFκβ à l’ubiquitination et à la dégradation par le protéasome. Par ailleurs, le facteur ΝFκβ et la p56lck sont sensibles aux conditions redox de la cellule [61]. L’incubation de cellules T (HPB-MLT) en présence d’H2O2 conduit à l’activation de la p56lck par phosphorylation de son site d’autophosphorylation (tyrosine 394) par un mécanisme autre que l’autophosphorylation [62]. Dans les lignées tumorales mammaires, il a aussi été montré que l’addition d’H2O2 ou l’incubation des cellules dans une atmosphère pauvre en oxygène conduit à la phosphorylation de la tyrosine 394 de la p56lck [61]. Dans les tumeurs, le pH extracellulaire est généralement faible, il y a accumulation de lactate et la tension en oxygène est plus faible. Ces conditions in vivo peuvent donc conduire à l’hyperactivation de la p56lck et contribuer (via l’activation de l’uPA) à la dispersion des cellules tumorales. Dans ces lignées tumorales, les auteurs ont montré que la p56lck est responsable de la phosphorylation du récepteur EGF qui, en condition d’hypoxie, est suivie par celle des kinases MEK1 et ERK1 [63]. La potentialisation par la p60src de l’oncogenèse transduite par l’EGF-R (et les récepteurs mutés neu/Her2/c-erb2) était connue depuis longtemps [64]. Maintenant, on peut donc aussi parler de la coopération de la p56lck à l’oncogenèse de certaines tumeurs mammaires. De même, on peut penser que, dans la lignée pulmonaire tumorale à petites cellules (H526 SCLC), la p56lck, exprimée et activée par c-kit, participe à l’oncogenèse induite par ce récepteur et son ligand SCF [65].

p56lck et cytosquelette des lymphocytes et cellules tumorales

Dans le tissu hématopoïétique, les lymphocytes périphériques constituent un système de surveillance immunitaire. Ils assurent cette fonction grâce à leurs capacités de migration et d’adhésion aux sites inflammatoires/infectieux. Ce système est fondé sur la re-circulation continue d’un petit contingent de lymphocytes entre le sang, les tissus périphériques et les organes lymphoïdes secondaires. L’extravasation des lymphocytes hors du compartiment vasculaire se réalise par une cascade de processus d’adhérence entre les lymphocytes et les cellules endothéliales. Le roulement et le ralentissement des lymphocytes dans le flux sanguin sont réalisés d’abord par l’adhérence (faible) entre la sélectine lymphocytaire (CD62-L) et les adressines endothéliales. Cela permet aux chimiokines présentées par le glycocalix de l’endothélium d’interagir avec leurs récepteurs lymphocytaires et de conduire à l’activation des intégrines (LFA-1,VLA-4,α4β7). Celles-ci interagissent avec leurs ligands (ICAM1, VCAM1, MAdCAM1) sur les cellules endothéliales en développant une forte adhérence qui stoppe les lymphocytes et permet leur diapédèse.

Chacune de ces interactions déclenche une signalisation intracellulaire dans laquelle la p56lck est impliquée. Ainsi l’activation de la voie ras par l’adhésion de la L-sélectine aux adressines dépend de la phosphorylation initiale de la sélectine par la p56lck [66]. Cette tyrosine phosphorylée permet à la L-sélectine de lier le complexe Grb2/Sos et d’amener Sos (facteur d’échange de GDP/GTP, donc activateur de la p21ras) à proximité de la protéine, ancrée à la membrane par farnésylation de son extrémité. Mais la p56lck intervient également plus en aval dans cette voie pour en réguler l’activité, par phosphorylation alternative des deux régulateurs antagonistes de la p21ras, que sont la p120GAP (GTPase-acting protein) et la p95vav (facteur d’échange des Rho GTPases) [67]. Quant au chimiotactisme (en particulier celui induit par SDF1 sur les lymphocytes exprimant les récepteurs CXCR4), il implique également la p56lck et l’activation des kinases Zap70 et PI3K. L’interaction entre le récepteur CXCR4 et la p56lck n’est pas directe, une protéine (β-arrestine ou la sous-unité Gαi) recrutée par le domaine SH3 de la p56lck réaliserait la connexion [68]. Enfin la forte adhérence des intégrines à leurs récepteurs se développe grâce à des modifications d’affinité et/ou d’avidité qui impliquent aussi la p56lck. Les cellules JCam1.6 (déficientes en p56lck) sont dépourvues de molécules VLA-4 de forte affinité. L’effet de la p56lck serait indirect puisque la phosphorylation de tyrosine de la partie cytoplasmique de VLA4 ne modifie pas l’affinité de VLA4 mais son interaction avec le cytosquelette. L’effet résulterait de la phosphorylation de Ser/Thr par la PKC activée [69]. La p21ras et les MAPK sont impliquées dans la régulation de l’intégrine LFA1. L’étude de l’adhérence (réduite) des cellules JCam1.6 sur le ligand ICAM1 immobilisé a mis en évidence l’existence d’un second mécanisme de régulation. L’analyse par cytométrie de flux a révélé une plus faible expression des molécules LFA1 matures à la surface de ces cellules et montré que la retransfection du gène lck corrige le défaut. LFA1 est un hétérodimère, CD11a/CD18, dont les chaînes sont synthétisées séparément puis glycosylées dans l’appareil de Golgi après leur réunion. Dans les cellules JCam1.6, c’est la forme immature, non glycosylée de CD18 qui prédomine [70]. Cela implique donc la p56lck dans la régulation d’un nouveau type de voie, celui de la maturation et trafic vers la membrane de molécules de surface néosynthétisées.

Ces phosphorylations initiales déclenchées par l’interaction des intégrines ont pour première conséquence la réorganisation du cytosquelette qui aboutit au renforcement des interactions. Cela s’effectue par le rassemblement aux points de contact (situés au pôle migrateur des lymphocytes T circulantes) de certains composants du cytosquelette, différents suivant le type de contact réalisé (cellule-cellule, cellule-matrice). La morphologie bipolaire des lymphocytes T (caractérisée par un uropode traînant à l’opposé du pôle migrateur) résulte déjà d’une organisation particulière du cytosquelette avec, en outre, une localisation prédominante des intégrines au pôle migrateur. Dans ces cellules, l’interaction directe de la sous-unité β2 (CD18) des intégrines à la protéine ABP-280 (actin-binding protein)/filamine a été observée aux points de contact [71]. Cette association membrane-cytosquelette pourrait être impliquée dans l’extension des lamellipodes au pôle migrateur de la cellule. Par ailleurs l’association de la p56lck avec la filamine et la phosphorylation de celle-ci ont été observées in vivo ; aussi la formation des protrusions permettant la locomotion des cellules pourrait être contrôlée par la p56lck. Un changement de conformation entre les formes non phosphorylées et Tyr-phosphorylées de la filamine régulerait les interactions corticales entre le cytosquelette et les protéines membranaires [72].

La glycoprotéine CD44, récepteur de l’acide hyaluronique, est abondamment exprimée dans les lymphocytes T, essentiellement sous la forme CD44s (CD44H) dans les cellules au repos. Des variants, v6 et v9, sont produits de façon transitoire par les cellules activées. Le variant v3 est présent dans les cellules au repos mais son expression est fortement induite par l’activation. L’inclusion de l’exon 3 (le seul à contenir le site de liaison à l’héparine sulfate) lui confère des propriétés uniques d’interaction avec les facteurs bFGF, HGF/SF et MIP1b [73]. L’expression de variants particuliers a aussi été observée dans les leucémies et les lymphomes [74]. En plus de son rôle dans l’adhésion cellulaire, CD44 induit une signalisation intracellulaire, ce qui fait de lui un co-récepteur de l’activation des lymphocytes T. Des anticorps anti-CD44 sont capables d’activer (partiellement) des cellules T au repos et de renforcer la prolifération (et la sécrétion d’IL2) des cellules induites par des anti-CD3. Ces stimulations par anti-CD44 conduisent à la phosphorylation de tyrosine de protéines cellulaires, dont la p56lck et la kinase Zap70 [75]. L’association de la p56lck avec CD44 a été observée dans les GEM [76]. Cette localisation stabiliserait l’interaction avec le cytosquelette. La distribution du complexe p56lck-CD44 dans les GEM est variable selon l’état de la cellule et semble régulée par la phosphatase CD45. Dans les cellules T CD45- (lymphome BW5147), il y a deux fois plus de complexe dans les GEM que dans les mêmes cellules CD45+[77]. De plus, il a été observé que l’étalement des cellules CD45- sur couche d’anticorps anti-CD44 induit une morphologie différente de celle des cellules CD45+. Cependant, pour le moment, seules des phosphorylations de résidus sérine ont été impliquées dans la régulation de l’interaction de CD44 avec les protéines ERM. La dissociation de cette interaction au cours de l’activation implique la phosphorylation de la Ser291 (par la PKC activée) conjointement à la déphosphorylation de la Ser325. La phosphorylation de la Ser291 est aussi requise pour la migration directionnelle des cellules [78]. CD44 peut également induire des réarrangements du cytosquelette par interaction directe avec les GTPases, leurs facteurs d’échange et leurs molécules adaptateurs. Son interaction avec RhoA lui permet d’interagir avec l’ankyrine, autre protéine de liaison au cytosquelette.

Conclusion et perspectives

La protéine tyrosine kinase p56lck, ancrée à la face interne des cellules T joue un rôle-clé dans la transduction intracellulaire des signaux antigéniques d’activation. Cette enzyme étant potentiellement oncogénique [79], il est surprenant qu’il n’existe pas de désordres lymphoprolifératifs attribuables à une anomalie récurrente (génétique) de la p56lck. Par contre, son expression a souvent été observée dans diverses tumeurs solides. Cette excentricité des cellules épithéliales est restée longtemps sans explication.

Les études de ces dernières années ont tout d’abord montré qu’elle était le fait d’une activation illégitime du promoteur proximal du gène lck. Puis il est apparu que les deux mécanismes de régulation du promoteur proximal du gène lck pouvaient être altérés dans les carcinomes de côlon : 1 par défaut d’expression d’un répresseur ciblant le promoteur proximal (normalement produit par les cellules autres que les thymocytes) et 2 par expression illégitime de facteurs lymphoïdes TCF1/LEF1 spécifiques de ce promoteur. Toutefois, les données concernant le répresseur (son identité, sa famille, son mode d’action) sont encore trop peu nombreuses pour que l’on puisse proposer un mécanisme d’inhibition de la transcription du gène lck et apprécier le poids de son absence dans certaines tumeurs par rapport aux facteurs transactivateurs TCF1/LEF1 présents. Cependant on remarque que, dans la lignée Colo205 qui exprime fortement le gène lck (tableau 1), il y a absence du répresseur et le facteur TCF1 est fortement exprimé [37]. Inversement, dans la lignée SW620 qui exprime peu le gène lck (tableau 1), le répresseur est présent et le facteur TCF1 est peu exprimé [37]. Par ailleurs, l’hypométhylation de l’ADN étant une altération très fréquemment observée dans les tumeurs, en particulier celles du côlon [80], il serait intéressant de connaître l’état de méthylation des régions promotrices du gène lck dans la lignée Colo205. En ce qui concerne la transactivation, nous proposons la séquence TCF4 → TCF1/LEF1 → Lck, comme séquence d’événements pouvant conduire (dans certaines tumeurs du côlon) à l’expression du gène lymphoïde lck ( (figure 3) ). Les isoformes particulières (non régulables) de TCF4E exprimées par les cellules tumorales du côlon ainsi que la stabilité de leur interaction avec la β-caténine pourraient expliquer l’activation anormale des facteurs TCF1/LEF1. La non-régulation du complexe TCF-4E/β-caténine pourrait aussi résulter d’anomalies d’expression de la E-cadhérine ou des constituants du complexe de dégradation de la β-caténine (APC, axine/conductine, claudine, etc.). Beaucoup de ces anomalies résultent à la fois de mutations héritées et acquises par le malade (telles que perte de l’hétérozygotie) ; par conséquent, l’activation du gène lck ne peut être considérée comme un événement contribuant de façon précoce à l’oncogenèse des cellules épithéliales mais plutôt comme une conséquence. En outre, la corrélation observée entre l’expression du gène lck et la capacité de certains carcinomes coliques à produire des métastases (observée après injection de cellules tumorales dans les souris nude) suggère également une implication de la p56lck dans le développement du caractère invasif des cellules tumorales. Par ailleurs, la capacité à métastaser des thymomes induits par la surexpression de la p56lck normale a été rapportée depuis longtemps [79]. La vérification de ce rôle potentiel de la p56lck peut maintenant être aisément réalisée par la technique d’ARN interférence, aux moyens de siARN introduits dans les différentes lignées de tumeurs coliques (SW620, etc) puis injectées aux souris nude.

Les données rapportées dans cette revue sur les cibles de la p56lck dans les lymphocytes T, bien que non exhaustives, montrent néanmoins le caractère pléiotropique de l’activité de cette kinase, qui intervient à la fois dans les processus morphogéniques rapides (remodelage du cytosquelette) et dans les processus plus lents de différenciation cellulaire et prolifération. Bon nombre des constituants (ou régulateurs) du cytosquelette sont ubiquistes ou représentés soit par un membre parent, soit par une isoforme, spécifique du type cellulaire. On peut donc supposer que la p56lck exprimée dans les tumeurs du côlon intervient de même sur ces protéines. Par ailleurs, du fait de l’implication de Src (mais aussi de Lyn, Fyn, Hck et Yes) dans certaines étapes de l’adhésion des cellules épithéliales et de l’activité redondante des membres de cette famille de PTK, la p56lck exprimée dans les carcinomes pourrait aussi phosphoryler les partenaires de ces Src kinases. L’exacerbation des phosphorylations cellulaires pourrait contribuer à la perte du contrôle de l’organisation du cytosquelette et de l’adhésion cellulaire. L’existence de ces interactions protéine-protéine (p56lck-cibles épithéliales dans les carcinomes) pourrait être vérifiée par des expériences de co-immunoprécipitation.

L’utilisation d’inhibiteurs spécifiques anti-Lck pourrait être envisagée. Parmi les inhibiteurs des protéines tyrosine kinases, les polyphénols dérivés de plantes semblent présenter la meilleure spécificité vis-à-vis de la p56lck. Le curcumin a déjà montré un effet inhibiteur sur la croissance des cellules (induction de l’apoptose) de la lignée colique Lovo [81]. Ces cellules expriment peu de p56lck ; aussi, l’effet inhibiteur pourrait être encore plus spectaculaire avec les cellules Colo201 et 205 exprimant plus de p56lck. Récemment, les effets d’un autre de ces composés, l’acide rosmarinique (RosA), métabolite secondaire de Rosmarinus officialis, ont été rapportés [82]. Cet inhibiteur semble bien spécifique de la p56lck puisqu’il n’a aucune activité sur les cellules dépourvues de p56lck telles que les cellules T de la lignée JCaM1.6, les cellules B et les monocytes qui pourtant expriment d’autres PTK de la famille Src (src lui-même, Fyn ,Lyn, Hck respectivement). De plus, il n’est actif que sur les cellules proliférant très activement. Cela en fait donc un candidat très intéressant à tester sur les lignées coliques Colo201, 205. Ces inhibiteurs de la p56lck pourraient venir en complément des inhibiteurs de la farnésyltransférase et de ceux inhibant l’adhésion (tels que la tropomyosine, la forme soluble de la E-sélectine, la forme tronquée VECad5D), en attendant la « révolution thérapeutique » que pourrait constituer les « siRNA médicaments » [83].

Remerciements

L’auteur remercie C. Boucheix et F. Le Naour pour la relecture de ce manuscrit et leurs commentaires.

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