|
|
Placebo |
|
|
55 |
Crossover
Score BF = – 42 % placebo
Score BF = – 47 % clonidine
(p = 0,2) |
|
Pandya [28] |
Clonidine 0,1 mg/j |
Étude randomisée |
Score de bouffées de chaleur |
99 |
↓ score BF = 45 %
↓ fréquence BF = 38 %
(p < 0,05) |
Trouble sommeil 41 %
Pas d’effet sur TA
Trouble sommeil 21 % |
|
|
Placebo |
|
|
99 |
↓ score BF = 27 %
↓ fréquence BF = 14 % |
|
Loprinzi [38] |
Acétate mégestrol 40 mg/j |
Double aveugle randomisée avec crossover |
Score de bouffées de chaleur |
48 |
Score BF = – 83 % acétate mégestrol
Score BF = – 27 % placebo
p < 0,001) |
↑ métrorragie acétate mégestrol |
|
|
Placebo |
|
|
49 |
Fréquence BF = – 83 % acétate mégestrol
Fréquence BF = – 27 % placebo
(p < 0,001) |
|
Bertelli [40] |
Acétate mégestrol 40 mg/j |
Étude randomisée |
Score de bouffées de chaleur |
34 |
Score BF = – 89 %
Fréquence BF = – 85 % |
6 arrêts (2 dyspnées, 2 éruptions, 1 HTA,
1 épigastralgie)
|
|
|
Médroxyprogestérone
IM 500 mg J1-J14-J28 |
|
|
37 |
Score BF = – 89 %
Fréquence BF = – 85 % |
Aucun arrêt |
Inhibiteurs de la recapture de la sérotonine
D’un point de vue physiopathologique, l’utilisation des
inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (IRS) est fondée sur
le rôle de la sérotonine dans la thermorégulation et la modulation
des récepteurs sérotoninergiques par les œstroprogestatifs. Leur
utilité a été initialement évoquée devant la constatation d’une
amélioration des bouffées de chaleur de certaines femmes traitées
pour dépression par IRS (tableau 3)
Tableau 3. Études sur les
inhibiteurs de la recapture de la sérotonine
|
Auteurs |
Molécule |
Type étude |
Critères de jugement |
Nombre de patientes |
Résultats |
Effets secondaires |
|
Weitzer [30] |
Paroxétine 20 mg/j |
Ouverte phase II |
Intensité des bouffées de chaleur |
13 |
↓ intensité BF de 42 % |
Pas
d’effet secondaire notable |
|
Stearns [31] |
Paroxétine 20 mg/j |
Ouverte phase II |
Score de bouffées de chaleur |
27 |
↓ fréquence BF de 67 %
↓ score BF de 75 % |
2 arrêts pour somnolence
1 ↓ posologie pour somnolence
1 arrêt pour anxiété |
|
Loprinzi [32] |
Venlafaxine 25 mg |
Ouverte phase II |
Score de bouffées de chaleur |
23 |
↓ BF invalidantes
de 1,4 à 0,1/j
↓ score BF de 55 % |
↓ trouble du sommeil
↓ asthénie |
|
Loprinzi [33] |
Venlafaxine 37,5 mg |
Double aveugle randomisée |
Score de bouffées de chaleur |
49 |
↓ score BF = 37 %
↓ fréquence BF = 30 % |
↑ xérostomie |
|
|
Venlafaxine 75 mg |
|
|
43 |
↓ score BF = 46 %
↓ fréquence BF = 61 % |
↑ xérostomie, ↑ nausée
↓ appétit |
|
|
Venlafaxine 150 mg |
|
|
49 |
↓ score BF = 58 %
↓ fréquence BF = 61 % |
↑ xérostomie, ↑ nausée
↓ appétit, ↑ constipation |
|
|
Placebo |
|
|
50 |
↓ score BF = 19 %
↓ fréquence BF = 27 % |
|
|
Loprinzi [35] |
Fluoxétine 20 mg/j |
Double aveugle randomisée avec crossover |
Score de bouffées de chaleur |
41 |
1re phase traitement
Score BF = – 6,4 fluoxétine
Score BF = – 4,7
placebo (p = 0, 35) |
↑ NS xérostomie fluoxétine
↓ trouble sommeil fluoxétine |
|
|
Placebo |
|
|
40 |
Crossover
Score BF = – 1,5 placebo
Score BF = – 3,1 fluoxétine
(p = 0,01) |
|
Kimmick [36] |
Sertraline 20 mg/j |
Double aveugle randomisée avec crossover |
Score de bouffées de chaleur |
25 |
Réduction BF > 50 % = 36 %
Score BF non précisé
NS |
Non précisés |
|
|
Placebo |
|
|
22 |
Réduction BF > 50 % = 27 %
Score BF non précisé |
La paroxétine (Deroxat®) a été testée dans deux
petites études ouvertes non randomisées. Le premier travail portant
sur 13 patientes montre une diminution significative de
42 % de l’intensité des bouffées de chaleur, sans effet
secondaire et avec amélioration des échelles de dépression, de
sommeil et de qualité de vie [30]. La seconde série de
27 patientes enregistre une diminution moyenne de la fréquence
et du score de bouffées de chaleur de 67 % et 75 % au
prix d’une toxicité non négligeable ayant conduit à l’arrêt du
traitement dans trois cas (2 pour somnolence et 1 pour anxiété) et
à la diminution des doses dans un cas [31].
La venlafaxine (Effexor®) semble également efficace
dans les bouffées de chaleur. Dans une étude pilote de phase II,
23 femmes ont été traitées par venlafaxine 25 mg/j [32].
L’incidence des bouffées de chaleur invalidantes passe de 1,4 à
0,1/j et le score de bouffées est diminué de 55 % par rapport
au début du traitement (p < 0,002). Il n’y pas de
groupe placebo mais ces résultats apparaissent pour les auteurs
supérieurs à ceux obtenus antérieurement dans les études ayant
testé contre placebo la clonidine et la vitamine E [32]. Ces
données préliminaires sont confirmées par une étude randomisée en
double aveugle comparant, chez 229 patientes, la venlafaxine
37,5, 75 et 150 mg à un placebo [33]. Le score et la fréquence
des bouffées de chaleur sont diminués dans les trois groupes
traités mais il n’y a pas de différence significative d’efficacité
entre les doses de 75 et 150 mg/j. Les auteurs préconisent la
dose de 75 mg/j de venlafaxine qui apportent le meilleur
rapport efficacité/effet secondaire car, à cette posologie, les
nausées sont non invalidantes et la xérostomie comparable à celle
observée avec 37,5 mg [33]. Il existe une diminution du score
de dépression dans les groupes venlafaxine non corrélée à
l’amélioration des bouffées de chaleur [33]. Après levée du double
aveugle, 102 patientes ont choisi de continuer à prendre la
venlafaxine à la dose optimale pour obtenir le maximum d’efficacité
pour une toxicité minimale [34]. L’auto-titration effectuée par ces
patientes aboutit à une dose journalière moyenne de 75 mg/j,
quelle que soit la posologie initiale (nulle, 37,5, 75 ou
150 mg). Cette dose quotidienne de venlafaxine améliore les
scores de bouffées de chaleur de 60 à 68 %. Les effets
secondaires sont identiques à ceux rencontrés durant la phase de
double aveugle avec cependant des nausées maximales à la deuxième
semaine qui s’estompent après 3 semaines de traitement
[34].
La fluoxétine (Prozac®), étudiée en double aveugle de
manière randomisée avec crossover chez 81 patientes,
apporte un bénéfice modeste sur le score de bouffées de chaleur
(fluoxétine = – 6,4 ;
placebo = – 4,7) mais 24 % des patientes
traitées par fluoxétine contre 11 % sous le placebo ont une
baisse du score de plus de 75 % [35]. L’amélioration
n’apparaît pas pendant la première phase de 4 semaines, elle
ne devient significative qu’après le crossover, cela
indépendamment des autres facteurs de risque (âge, tamoxifène) et
du score de dépression [35]. La fluoxétine entraîne un peu plus de
xérostomie (p = 0,07) mais améliore les troubles du
sommeil. Ce travail comporte un quart de perdues de vue car
seulement 66 des 81 patientes incluses sont évaluables après
le crossover. De plus, il n’est pas précisé si l’évaluation
de l’efficacité est faite en intention de traiter [35].
Parmi les autres IRS, la sertraline (Zoloft®) n’a pas
montré de bénéfice dans une étude de phase III en double aveugle
ayant inclus 62 patientes. Elle n’apparaît pas statistiquement
supérieure au placebo dans la réduction de la fréquence et du score
de bouffées de chaleur même si, après crossover, les
patientes émettent nettement une préférence pour la sertraline
[36].
Les IRS apparaissent donc comme la classe thérapeutique la plus
prometteuse mais aucune donnée ne permet de dire actuellement
lequel est le plus efficace. Plusieurs autres IRS sont en cours
d’étude. Sur de petits effectifs, la mirtazapine
(n = 13), le citalopram (n = 14) et la
néfazadone (n = 6) diminuent le score de bouffées de
chaleur respectivement de 62, 60 et 63 %, résultats
superposables à ceux obtenus dans une étude pilote sur la
venlafaxine (53 % d’amélioration sur 47 sujets) [37].
Progestatifs
L’acétate de mégestrol (20 mg 2 fois par jour) a été
comparé au placebo dans un travail randomisé en double aveugle avec
crossover [38]. Quatre-vingt-dix-sept femmes ont été
incluses. Durant la première phase thérapeutique, l’acétate de
mégestrol se montre nettement supérieur avec 83 % de réduction
du score de bouffées de chaleur contre 27 % pour le placebo.
L’effet thérapeutique obtenu en 2 à 3 semaines persiste
pendant la prise de placebo. À l’inverse, les patientes
initialement sous placebo voient leur score de bouffées de chaleur
s’effondrer d’environ 80 % avec les progestatifs. Chez les
femmes traitées par tamoxifène, une augmentation inexpliquée et
transitoire des bouffées de chaleur est notée au début du
traitement par acétate de mégestrol. Le seul effet secondaire
favorisé par l’acétate de mégestrol est l’apparition de
métrorragies. La prise de poids, les thromboses veineuses
profondes, les modifications du profil lipidique ne sont pas plus
fréquentes, peut-être à cause des petites doses de progestatifs
employées, plus vraisemblablement en raison de la durée de
traitement limitée à 4 semaines. Ces données sont confirmées
par le suivi à long terme des patientes ayant continué l’acétate de
mégestrol après la levée du double aveugle [39]. Ainsi, les
progestatifs doivent être arrêtés chez deux femmes sur trois pour
métrorragie et prise de poids. Chez les sujets ayant pu continuer
le traitement, la dose d’acétate de mégestrol doit de plus être
diminuée dans 75 % des cas. Malgré ces posologies adaptées,
l’acétate de mégestrol est responsable d’une fréquence non
négligeable de frissons (17 %), de prise de poids (27 %
dont la moitié supérieure à 5 kg) et de métrorragie
(28 %). Aucun accident thromboembolique n’est noté sur ce
suivi.
L’acétate de mégestrol per os (40 mg/j pendant
6 semaines) a ensuite été comparé à l’acétate de
médroxyprogestérone (MPA) intramusculaire (500 mg IM à J1, J14
et J28). Leurs efficacités sur le nombre de bouffées de chaleur
(– 86 % pour chaque groupe) et le score de bouffées de
chaleur (– 89 % pour chaque traitement) sont
remarquablement superposables [40]. L’injection de progestatif
retard a une efficacité prolongée supérieure à celle de la voie
orale avec 89 % de réponses durables pour la MPA contre
seulement 45 % avec l’acétate de mégestrol. Les effets
secondaires classiques des progestatifs sont comparables dans les
deux groupes ; il existe cependant plus d’arrêts de l’acétate
de mégestrol (17 %) pour d’autres causes (éruption cutanée,
dyspnée, HTA et épigastralgies) [40].
L’emploi des progestatifs au long cours reste discuté. Bien que
les progestatifs soient employés en cas de cancer du sein
métastatique hormonodépendant [41], il n’existe aucune donnée
concluante quant à leur rôle sur la mortalité en cas de prise
prolongée à plus faible dose chez les patientes en rémission
complète. Certaines données expérimentales in vitro semblent
même suggérer qu’ils pourraient stimuler la croissance des cellules
mammaires des femmes ménopausées [42].
Place des œstrogènes et du traitement hormonal substitutif
Initialement individualisé par une quarantaine d’études
réalisées dans les trente dernières années [43, 44], le bénéfice
cardiovasculaire du traitement hormonal substitutif (THS) est
actuellement fortement remis en cause. En prévention secondaire,
l’étude HERS [45] montre une augmentation du risque d’événement
coronarien. En prévention primaire, la méta-analyse de 1997 [46] ne
retrouve pas de bénéfice sur les événements cardiovasculaires alors
que l’étude WHI [47] met en évidence une augmentation des infarctus
(RR = 1,32 ; 1,02-1,72) et des accidents vasculaires
cérébraux non mortels (RR = 1,5 ; 1,08-2,08).
Tableau 4. Études concernant le
traitement hormonal substitutif après cancer du sein
| Référence |
Type d’étude |
Traitement |
Nombre
de patientes |
Nombre
de RO+ |
Nombre
de N+ |
Délai cancer- THS
(mois) |
Durée THS
(mois) |
Nombre
de récidives
|
Délai
THS-récidive
(mois) |
Autre |
| Wile [53] |
Rétrospective |
0,625 mg conjugué équin + 50 mg
MPA |
25 |
13 (42 %) |
2 (4 %) |
26 |
35 |
3 (12 %) |
36 |
|
| Powles [54] |
Rétrospective |
0,625 mg conjugué équin + 20 mg
tamoxifène |
35 |
NF |
10 (28 %) |
31 |
14 |
2 (5 %) |
28 |
|
| DiSaia [55] |
Rétrospective |
THS
|
77 |
28 (36 %) |
58 (75 %) |
24 |
27 |
7 (9 %) |
45 |
|
|
|
conjugué équin + progestatif |
64 |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
autre traitement NP |
13 |
|
|
|
|
|
|
|
| Peters [56] |
Rétrospective |
conjugué équin ou estradiol patch ou contraception
OP |
56 |
24 (43 %) |
0 |
57 |
37 |
0 |
NP |
|
| Decker [57] |
Rétrospective |
THS
|
61 |
19 (31 %) |
22 (36 %) |
44 |
26 |
6 (2M + 4L) (10 %) |
NP |
|
|
|
œstrogène seul PO |
26 |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
œstroprogestatif PO |
32 |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
œstrogène vaginal |
3 |
|
|
|
|
|
|
|
| Espie [58] |
Rétrospective |
œstroprogestatif PO |
120 |
80 (67 %) |
48 (40 %) |
96 |
29 |
5 (2M + 3L) (4 %) |
53 |
|
| Bluming [59] |
Prospective
non contrôlée |
THS non précisé |
211 |
NP |
31 (15 %) |
57 |
63 |
28 (18L + 10M) (13 %) |
NP |
|
| Dew [60] |
Rétrospective |
THS
|
167 |
104 (62 %) |
27 (16 %) |
36 |
19 |
RR = 0,4-2,47 |
NP |
|
|
|
0,625 mg conjugué équin associés à 50 mg
MPA |
152 |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
pas de THS
|
1 305 |
718 (55 %) |
587 (45 %) |
|
|
|
|
|
| Eden [61] |
Cas-témoins |
THS
|
90 |
22 (24 %) |
NP |
60 |
36 |
6 (7 %) |
NP |
|
|
|
0,625 mg conjugué équin associés à 50 mg
MPA |
82 |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
pas de THS
|
180 |
42 (23 %) |
NP |
|
|
30 (16 %) |
|
|
| Beckmann [62] |
Cas-témoins |
THS non précisé |
64 |
31 (48 %) |
20 (31 %) |
0 |
15 |
6 (9 %) |
|
|
| Ursic-Vrscaj [63] |
Cas-témoins |
THS
|
21 |
5 (24 %) |
7 (33 %) |
62 |
28 |
n = 4 (19 %) |
41 |
DCD = 0 |
|
| estradiol + progestatif PO |
20 |
|
|
|
|
|
|
|
|
| estradiol seul PO |
1 |
|
|
|
|
|
|
|
|
pas de THS
|
42 |
18 (43 %) |
14 (33 %) |
|
|
5 (12 %) |
|
DCD = 1 |
Vassilopoulou-
Sellin [64] |
Cas-témoins |
0,625 mg conjugué équin |
39 |
RO
inconnu > 10 ans = 15
RO < 0 = 24 |
23 (59 %) |
114 |
55 |
1 (3 %) |
27 |
|
|
|
pas de THS |
280 |
RO
inconnu > 10 ans = 87
RO < 0 = 193 |
106 (38 %) |
114 |
36 |
14 (12L + 2M) (5 %) |
26 |
|
| O’Meara [65] |
Cas-témoins |
THS |
174 |
84 (48 %) |
31 (18 %) |
NP |
15 |
SR = 0,30-0,85 |
NP |
Survie globale |
|
|
THS oral |
71 |
|
|
|
|
|
|
RR = 0,29-0,78 |
|
|
THS vaginal |
75 |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
THS oral + vaginal |
28 |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
pas de THS |
695 |
409 (59 %) |
175 (25 %) |
NP |
|
|
NP |
|
La prévention de l’ostéoporose est le bénéfice des œstrogènes le
plus clairement démontré mais il ne persiste que durant la période
de traitement [43, 44]. Le risque de cancer de l’endomètre est le
fait des œstrogènes employés seuls ; la survenue de thrombose
veineuse est multiplié par 2,7 [43, 44]. L’augmentation par
1,4 du risque de cancer du sein ne devient significative que pour
une utilisation de plus de 5 ans des œstrogènes [43, 44].
En dehors de ces actions préventives, les œstrogènes restent dans
la population générale le traitement de référence des symptômes de
la ménopause car ils entraînent une disparition des bouffées de
chaleur dans 90 % des cas et permettent également d’avoir un
effet symptomatique net sur les troubles trophiques vaginaux, les
céphalées et l’incontinence urinaire [43, 48].
Leur rôle après cancer du sein reste controversé et fondé sur des
données indirectes. Les arguments avancés pour et contre l’emploi
des œstrogènes sont résumés dans l’encadré [49] :
Pour ou contre l’emploi des œstrogènes
Arguments contre l’emploi des œstrogènes
• Stimulation de la croissance de certaines lignées cellulaires
de cancer du sein par l’œstradiol
• Augmentation de la survie globale et sans récidive par la
suppression ovarienne (induite ou non par chimiothérapie) et la
prescription de tamoxifène
• Corrélation entre le risque de développer un cancer du sein et
l’âge de survenue des règles et de la ménopause
• L’arrêt du THS peut entraîner la régression de certains cancers
du sein
• L’emploi prolongé d’œstrogènes augmente le risque de cancer du
sein
• Les taux sériques d’œstradiol sont prédictifs de risque de cancer
du sein
Arguments pour l’absence de rôle délétère du THS
après cancer du sein
• Les taux tissulaires mammaires d’œstradiol avant et après
ménopause sont 20 fois plus élevés que les taux sériques
• Les taux tissulaires et sériques d’œstradiol ne sont pas
corrélés
• Le tissu adipeux péritumoral produit beaucoup plus d’œstradiol
que le reste du tissu adipeux mammaire
• Les catécholœstrogènes produits in situ se lient de
manière réversible aux récepteurs œstrogéniques mais les activent
de manière permanente
• Le silbestrol à haute dose a une action antitumorale sur le
cancer du sein
• La grossesse n’a que peu ou pas d’effet sur le risque de récidive
de cancer du sein.
|
En dehors de ces arguments indirects, peu de données objectives
sont exploitables car la réalisation d’essais se heurte à des
problèmes éthiques et à des difficultés de recrutement. En effet,
parmi les candidates potentielles à un tel essai, un tiers est
catégoriquement opposé à la prise d’œstrogènes, 20 à 25 %
seraient prêtes à prendre un THS pour diminuer les bouffées de
chaleur, 10 % voulant à tout prix le THS et refusant le
placebo [50, 51]. Ainsi, jusqu’en 1997, faute de données, une
conférence de consensus nord-américaine concluait que le THS devait
être évité autant que possible chez les femmes en rémission
complète d’un cancer du sein [52].
L’ensemble des travaux disponibles semble au contraire montrer
l’absence d’augmentation du risque de récidive de cancer du sein
après THS. L’évaluation initiale provient de séries rétrospectives
(résumées dans le tableau 4) où la
fréquence des récidives sous THS varie de 2 à 13 % [50,
53-60]. Ces chiffres ne font l’objet d’aucune étude statistique
mais les différents auteurs les jugent comparables à ceux observés
chez les patientes traitées pour cancer du sein mais n’ayant pas de
THS à la ménopause. La plus importante série rétrospective de
211 patientes met en évidence un risque de récidive croissant
avec le stade initial du cancer du sein : 6 % pour les
tumeurs T0-1 N0 contre 18 % pour les tumeurs T2-3 ou
N+ [59]. Sur de plus petits effectifs, Wile et al. [53]
notent que le risque de rechute sous THS est le fait des patientes
traitées moins de 24 mois après le diagnostic de cancer du
sein. L’efficacité sur les bouffées de chaleur et le risque de
rechute ne semblent pas modifiés lorsque le THS est associé au
tamoxifène [54].
Les cinq études cas-témoins disponibles, résumées dans le tableau 4, estiment le risque de récidive
après THS entre 3 et 19 % [61-65]. Dans chaque série, les
patientes sont appariées avec des sujets témoins ayant les mêmes
facteurs de rechute de cancer du sein. Même si les modalités de
prescription du THS sont extrêmement variables au sein de chaque
série et entre les différentes études, aucun travail ne retrouve
d’augmentation significative du risque de rechute du cancer du sein
en cas de THS. Au contraire, l’équipe de O’Meara [65] retrouve une
diminution significative à la fois du risque de récidive
(RR = 0,50 ; 0,30-0,85), de la mortalité par cancer
du sein (RR = 0,34 ; 0,13-0,91) et de la mortalité
globale (RR = 0,48 ; 0,29-0,78). Cette différence
persiste en analyse multivariée après ajustement sur le type et la
durée du traitement hormonal substitutif et sur les différents
facteurs pronostiques, dont la chimiothérapie et le tamoxifène qui
sont moins employés chez les patientes sous THS. Une analyse par
sous-groupe montre même un gain bien plus net sur les récidives et
la mortalité globale et spécifique en cas de THS chez les patientes
ayant des récepteurs œstrogéniques positifs.
L’ensemble des données disponibles, à l’exception de celles de
l’étude de O’Meara, a été colligé par Col et al. [66]. Il
s’agit dans la majorité des cas de patientes atteintes d’un
carcinome mammaire invasif, le plus souvent sans atteinte
ganglionnaire, ayant bénéficié d’un THS en moyenne 5 ans après
le diagnostic initial pour des bouffées de chaleur rebelles aux
autres traitements. Pour les sept séries rétrospectives, des
groupes témoins ont été construits a posteriori et appariés
sur le statut ganglionnaire et sur la durée d’évolution au moment
de la prescription du THS. Le risque de récidive n’est pas
augmenté ; il est estimé à 0,82 (0,58-1,15) pour les séries
rétrospectives et à 0,64 (0,36-1,15) pour les études cas-témoins
pour des durées de traitement hormonal substitutif respectivement
de 30 et 22 mois. Le risque de développer une récidive est
cependant inversement proportionnel au délai de mise en route du
THS après cancer du sein. L’influence de la positivité des
récepteurs hormonaux n’est pas étudiée. Les auteurs recommandent
d’interpréter ces résultats avec prudence : la durée de
traitement est courte et il est possible que seules les patientes
de bon pronostic aient bénéficié de THS. Les essais randomisés
actuellement en cours (Habits, Ecog, Tibolone), dont les résultats
seront disponibles dans quelques années, permettront de mieux
estimer les risques réels et surtout de mieux préciser quelles
patientes pourraient bénéficier d’un THS après cancer du sein.
Dans les dernières recommandations du comité canadien pour la
prise en charge et le traitement du cancer du sein, ces éléments ne
justifient cependant pas la prescription d’un THS après cancer du
sein [67]. Néanmoins, après discussion et information des risques
potentiels, il apparaît possible de prescrire, pour lutter contre
les bouffées de chaleur invalidantes, un traitement hormonal
substitutif en cas d’échec des autres thérapeutiques [67]. Au vu
des résultats précédemment mentionnés, ce THS ne devrait pas
excéder 2 ans et pourrait s’appliquer à des patientes en
rémission complète depuis plus de 5 ans d’un cancer du sein
invasif T1-2 N0, cela indépendamment de la positivité des
récepteurs hormonaux.
Conclusion
Avec l’augmentation de la chimiothérapie adjuvante, les bouffées
de chaleur vont devenir de plus en plus fréquentes et concerner des
patientes de plus en plus jeunes. Leur prise en charge
thérapeutique (figure
2) repose sur une évaluation de leur répercussion grâce au
score de bouffées de chaleur afin de déterminer les indications
thérapeutiques. De nombreuses molécules sont disponibles mais le
choix repose avant tout sur une estimation du rapport bénéfice
attendu/effets secondaires. Il faut ainsi toujours rappeler les
règles hygiéno-diététiques. Les inhibiteurs de la recapture de la
sérotonine semblent la classe thérapeutique la plus prometteuse. La
classique clonidine voit son emploi limité par ses effets
secondaires. À défaut d’efficacité prouvée, les phyto-œstrogènes et
la vitamine E ont l’avantage de leur excellente tolérance tout en
s’avérant utiles chez un tiers des patientes par leur effet
placebo. En cas d’échec, le traitement hormonal substitutif est une
alternative à discuter avec les patientes après estimation de la
gêne fonctionnelle due aux bouffées de chaleur et des facteurs de
risque de récidive de cancer du sein. n
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|
Auteurs |
Molécule |
Type étude |
Critères de jugement |
Nombre de patientes |
Résultats |
Effets secondaires |
|
Golberg [27] |
Clonidine patch 0,1 mg/j |
Double aveugle randomisée avec crossover |
Score de bouffées de chaleur |
55 |
1re phase traitement
Score BF = – 56 % clonidine
Score BF = – 30 % placebo
(p = 0,04) |
↑ xérostomie clonidine
↑ constipation clonidine
↑ somnolence clonidine
|