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Chirurgie de rattrapage pour les carcinomes du canal anal


Bulletin du Cancer. Volume 91, Numéro 11, 839-44, Novembre 2004, Dossier thématique


Résumé   Summary  

Auteur(s) : Lucas Sideris, Philippe Lasser, Dominique Elias, Marc Pocard , Département de chirurgie carcinologique, Institut Gustave-Roussy, 39, rue Camille-Desmoulins, 94805 Villejuif Cedex.

Résumé : Le traitement standard des carcinomes épidermoïdes du canal anal est réalisé par la radiothérapie, associée ou non à une chimiothérapie. La chirurgie de rattrapage des échecs locaux repose sur l’amputation abdominopérinéale et permet une survie à 5 ans avoisinant les 50 %. Cependant, la morbidité de cette chirurgie est importante et concerne principalement les retards de guérison de la plaie périnéale. De nouvelles approches de reconstructions périnéales offrent une solution intéressante pour limiter cette morbidité. Ainsi, l’utilisation de lambeaux musculocutanés permet de combler le vide périnéal et, dans certains cas, de reconstruire en partie le vagin. De façon moins connue, la réalisation d’une colostomie périnéale pseudocontinente permet pour certains patients d’éviter la colostomie iliaque. L’exérèse chirurgicale des métastases ganglionnaires inguinales, suivie d’une radiothérapie, est une alternative à la radiothérapie inguinale seule. Elle peut également être effectuée après échec de la radiothérapie, au prix d’une morbidité plus élevée.

Mots-clés : cancer, canal anal, épidermoïde, chirurgie, rattrapage

Illustrations

ARTICLE

Auteur(s) :, Lucas Sideris, Philippe Lasser, Dominique Elias, Marc Pocard*

Département de chirurgie carcinologique, Institut Gustave-Roussy, 39, rue Camille-Desmoulins, 94805 Villejuif Cedex

L’essentiel du traitement des carcinomes épidermoïdes du canal anal repose sur la radiothérapie, associée ou non à une chimiothérapie. En effet, alors que la survie à 5 ans du traitement chirurgical seul (amputation abdominopérinéale) variait de 40 à 70 %, il a été démontré il y a plus de vingt ans que le traitement non chirurgical était associé à une survie à 5 ans au moins égale sinon supérieure [1, 2]. Les traitements combinés permettent actuellement une survie de 70 à 80 % à 5 ans [2]. Un des objectifs majeurs de cette prise en charge non chirurgicale reste la possibilité de conserver un anus fonctionnel.Pourtant, malgré un traitement conservateur optimal, environ un tiers des patients présenteront des échecs locorégionaux, témoignant du caractère localement agressif de cette pathologie [3]. Dans cette situation, le traitement recommandé repose sur l’amputation abdominopérinéale (AAP) de rattrapage [1]. Il faut cependant mentionner qu’il s’agit d’une chirurgie mutilante, avec sacrifice de l’appareil sphinctérien de l’anus et mise en place d’une colostomie terminale permanente. De plus, celle-ci est effectuée dans un territoire irradié, avec toute la morbidité que cela peut entraîner. Néanmoins, en cas d’échec initial, hormis une équipe qui a proposé un rattrapage reposant sur la radiothérapie et une nouvelle chimiothérapie, l’AAP est la seule option thérapeutique permettant une survie prolongée [4].Cette mise au point a pour objectif principal de définir la place de la chirurgie, ses résultats et les moyens proposés pour tenter d’en diminuer la morbidité.

Place de la chirurgie d’exérèse dans les échecs locaux

Amputation abdominopérinéale

L’AAP reste le traitement standard de rattrapage des échecs locaux [1]. Elle repose sur une exérèse large de la peau périnéale, de l’anus et de son appareil sphinctérien, du rectum et de la totalité du mésorectum [5]. Chez la femme, elle peut également s’accompagner d’une colpectomie postérieure. Ce traitement peut s’appliquer dans diverses situations.

Chirurgie programmée

Il s’agit d’une situation au cours de laquelle la chirurgie est prévue d’emblée, avant tout traitement. Une seule situation exige une AAP d’emblée : lorsqu’il y a une contre-indication à une radiothérapie pelvienne en raison des antécédents du patient (cancer pelvien antérieurement irradié, en particulier cancer du col chez la femme) [6].

Chirurgie programmable

La chirurgie programmable n’est décidée qu’après avoir effectué la radio et/ou la chimiothérapie et en fonction de la réponse au traitement initial. Cette situation s’applique aux patients porteurs de grosses tumeurs T3 ou T4 (envahissant les structures pelviennes), en cas de destruction tumorale du sphincter anal ou en cas de fistule (type rectovaginale). Cette chirurgie programmable se discute 6 semaines après une radiothérapie ayant délivré 45 Grays associant ou non une chimiothérapie. Cette situation est complexe et nécessite une évaluation de la réponse qui doit être effectuée par le chirurgien et le radiothérapeute qui avaient initialement examiné le patient. En cas de probable échec, il faut envisager une AAP car il ne faut pas surdoser inutilement une tumeur radiorésistante. Une AAP est plus difficile après 65 Gy et la morbidité est plus importante [6-8]. En revanche, il est possible de voir se fermer des fistules, comme il est possible de voir des patients continents alors que la quasi-totalité de leur sphincter est détruit.

Chirurgie de rattrapage des échecs locaux

Il s’agit de l’indication chirurgicale d’AAP la plus fréquente en cas d’échec. Cette chirurgie n’est finalement pas toujours réalisée, soit devant une maladie déjà multimétastatique, soit du fait de l’état général de patients souvent âgés, soit parce qu’elle est inutile devant l’importance du redox local car l’exérèse serait à l’évidence incomplète (tableau 1)( Tableau 1 ). Les échecs locaux comprennent les poursuites évolutives et les récidives locales survenant après éradication initialement complète de la tumeur. Une majorité d’auteurs définissent une poursuite évolutive comme une non-stérilisation de la tumeur dans les 6 mois suivant le traitement de radiothérapie ou de radiochimiothérapie, alors qu’une récidive tumorale ne surviendrait qu’après 6 mois [6, 8-10, 14, 18]. Quoique non reconnue par tous [16, 21], cette démarcation à 6 mois tient compte du fait que l’évaluation clinique de la région irradiée peut s’avérer très difficile durant les premiers mois post-radiothérapie en raison des remaniements tissulaires locaux. Cette évaluation clinique doit être effectuée conjointement avec le radiothérapeute et il faut à tout prix éviter les biopsies itératives qui risquent de causer une non-cicatrisation ou une nécrose tissulaire.

La plupart des séries ont cependant rapporté les résultats de survie après chirurgie de rattrapage en combinant les poursuites évolutives et les récidives locales. Cette chirurgie de rattrapage donne des taux de survie variant de 33 à 69,5 % à 5 ans selon les séries publiées (tableau 1). Quelques auteurs se sont toutefois attachés à distinguer ces deux types d’échec (tableau 2)( Tableau 2 ). Une majorité d’auteurs rapportent une meilleure survie pour les patients avec tumeur récidivante plutôt qu’en poursuite évolutive, bien qu’aucune étude ne soit statistiquement significative, probablement en raison des faibles effectifs de chaque bras [6, 8, 19, 22]. Les différences de survie entre les deux groupes pourraient s’expliquer par la moins bonne radiosensibilité des tumeurs non stérilisées, que ce soit à cause de leur stade initial plus avancé (tumeurs plus grosses) ou à cause de leurs propriétés biologiques propres, associées à une plus grande agressivité [8]. Néanmoins, Pocard et al. [14] ont rapporté des résultats opposés, mais là aussi pour une série peu importante.

Les taux de récidive locale ou systémique post-AAP sont rapportés dans le tableau 1 et varient de 0 à 89 %. Quelques auteurs ont tenté de mettre en évidence des facteurs pronostiques de survie ou de récidive post-traitement de rattrapage chirurgical. Les facteurs les plus prédictifs d’échec sont la taille tumorale [18], le statut ganglionnaire positif au diagnostic initial, l’envahissement de la graisse périrectale sur la pièce et la fixation à la paroi pelvienne [3]. L’âge [3, 8], le sexe [3], le stade T au diagnostic initial [3, 8], le grade [18], les marges microscopiques positives [18] et la présence de ganglions périrectaux [24] n’ont pas d’influence sur le taux de récidive post-AAP de rattrapage. Cependant, il faut noter que ces séries sont de petite taille et qu’elles manquent probablement de puissance pour faire ressortir des facteurs pronostiques en analyse multivariée.
Tableau 1 Études publiées avec résultats de survie après amputation abdominopérinéale (AAP) de rattrapage suivant un traitement par radiothérapie ou radiochimiothérapie pour carcinome épidermoïde du canal anal

Auteurs

Année

Nombre d’AAP

AAP réalisées/ échecs locaux (%)

Suivi moyen ou médian (mois)

Récidives post-AAP (%)

Vivants (%)

Survie à 5 ans (%)

Salmon et al. [9]

1985

24

57

50

Zelnick et al. [10]

1992

9

100

20

89

< 10

Tanum [11]

1993

9

82

36

11

67

Lasser [7]

1993

14

36

50

50

Ellenhorn et al. [3]

1994

38

47

60

44

Longo et al. [12]

1994

14

18

57

Touboul et al. [13]

1995

31

56

77

58

57

Pocard et al. [14]

1998

21

40

38

48

33

Klas et al. [15]

1999

13

32

62

Allal et al. [16]

1999

26 a

96

21,5

58

46

44,5

Faynsod et al. [17]

2000

5

71

35

0

100

Smith et al. [5]

2001

22

> 60

82

18

Van der Wal et al. [18]

2001

13

53

62

46

47

Nilsson et al. [8]

2002

35

90

33

43

43

52

Ghouti et al. [19]

2003

36

52,5

55

69,5

Bai et al. [20]

2004

16 b

120

56

43

a23 AAP, 3 exérèses locales.

b14 AAP, 2 exérèses locales.


Tableau 2 Études publiées avec résultats de survie après amputation abdominopérinéale (AAP) de rattrapage selon le type d’échec local

Auteurs

Année

Nombre d’AAP

Suivi moyen ou médian (mois)

Vivants (%)

Survie à 5 ans (%) *

Lasser [7]

1993

PE

4

24

25

RL

10

36

60

Touboul et al. [22]

1994

PE

26

56

RL

16

67

Pocard et al. [14]

1998

PE

11

74

64

60

RL

10

25

40

0

Nilsson et al. [8]

2002

PE

21

33

33

RL

14

82

Ghouti et al. [19]

2003

PE

15

52,5

61

RL

21

81

Deniaud-Alexandre et al. [23]

2003

PE

27

103

77

RL

20

74,6

Complications de cette chirurgie et solutions possibles

Le tableau 3( Tableau 3 ) donne les taux de complication de cette chirurgie de rattrapage selon différents auteurs. Malgré un taux de mortalité péri-opératoire très faible, le taux de morbidité est très élevé et lié, dans la majorité des cas, à des difficultés de cicatrisation de la plaie périnéale. En raison de l’exérèse large de la peau périnéale, une fermeture primaire de tissus ayant perdu de leur souplesse à cause de la radiothérapie entraîne inévitablement une tension. Le taux d’abcédation et de désunion avoisine les 40 % et la cicatrisation secondaire peut prendre plusieurs mois. C’est pourquoi certains chirurgiens préfèrent laisser d’emblée la peau ouverte et combler la cavité avec un Mikulicz pour cicatrisation lente de seconde intention. Ces inconvénients majeurs ont entraîné le développement de diverses techniques chirurgicales pour tenter d’améliorer le devenir de ces patients. Ces techniques consistent à combler le plus possible la cavité laissée par la chirurgie d’exérèse avec du tissu bien vascularisé de façon à accélérer sa guérison et, pour certaines, à chercher à reconstruire le périnée.

L’épiplooplastie consiste à descendre le grand épiploon pédiculisé sur les vaisseaux gastro-épiploïques gauches dans le pelvis. La réalisation de cette technique demande un peu plus de temps opératoire, mais on peut tenter la fermeture primitive du périnée sans drainage ouvert par Mikulicz.

Dans une étude portant sur 74 patients dont 38 ont eu une épiplooplastie, le taux de guérison primaire de la plaie périnéale est passé de 41 à 61 % [25]. Cependant, son efficacité a été plutôt limitée dans la série de van der Wal et al. où il a été rapporté un taux d’infection périnéale similaire à celui des pelvis non comblés [18].

Des lambeaux musculaires ou musculocutanés ont été associés aux AAP pour reconstruire le périnée. Il s’agit de lambeaux pédiculés de droit interne de la cuisse et de grand droit abdominal. Le lambeau musculaire de droit interne (gracilis) est prélevé à la face interne de la cuisse et amené au périnée. Il a donné de bons résultats : dans une série de 16 patients avec lambeau comparés à 24 n’en ayant pas eu, le taux d’infection est passé de 46 à 12 % (p = 0,028) [26]. Cependant, ce lambeau a une vascularisation précaire, le volume de comblement peut s’avérer insuffisant, surtout s’il n’est prélevé que d’un côté, et la technique chirurgicale est délicate [27]. Voilà pourquoi d’autres chirurgiens préfèrent le lambeau de grand droit abdominal ( (figure 1) )[27, 28]. Ce lambeau musculocutané est prélevé sur l’abdomen et descendu dans le pelvis via l’incision médiane. Ses principaux avantages sont son excellente vascularisation par l’épigastrique inférieure, la possibilité de combler une grande cavité par une grande quantité de tissu, sa grande mobilité et la possibilité de reconstruire la paroi postérieure du vagin lorsqu’elle a été excisée ( (figure 2) ). Le taux de guérison primaire du périnée est de 100 % dans deux séries publiées récemment [27, 28]. Ses principaux désavantages sont un temps opératoire allongé et, surtout, l’affaiblissement de la paroi abdominale avec risque d’éventration (36 % dans la série de Tei et al. [27]).

La colostomie périnéale pseudo-continente représente une autre alternative intéressante [29, 30]. Elle consiste à abaisser le côlon gauche sain dans le pelvis pour l’aboucher sur le périnée. En plus de combler une grande partie de la cavité d’exérèse avec du tissu sain, cette technique permet une meilleure préservation de l’image corporelle en évitant la colostomie iliaque. En outre, grâce à un manchon musculaire prélevé sur le sigmoïde réséqué et greffé sur l’extrémité du côlon abaissé, une pseudo-continence (aux selles solides mais pas aux gaz) est réalisée. Les patients évacuent leurs selles par des irrigations toutes les 48 heures [29, 30]. Une alternative à cette technique consiste à se servir du gracilis (muscle de la face interne de la cuisse) pour construire ce manchon [31]. Offrir aux patients la possibilité de réaliser une de ces techniques de reconstruction pelvienne est importante car, pour certains, il est très difficile d’accepter l’idée d’une AAP alors qu’un des buts principaux du traitement qui vient de finir était justement de l’éviter.
Tableau 3 Morbidité de l’amputation abdominopérinéale (AAP) de rattrapage

Auteurs

Année

Nombre d’AAP

Mortalité (%)

Infection du périnée (%)

Désunion du périnée (%)

Autre morbidité (%)

Ellenhorn et al. [3]

1994

38

0

33

32

Pocard et al. [14]

1998

21

0

24

Allal et al. [16]

1999

23

0

26

Van der Wal et al. [18]

2001

17

0

47

36

Smith et al. [5]

2001

22

0

Nilsson et al. [8]

2002

35

0

37

37

Ghouti et al. [19]

2003

36

0

58

Bai et al. [20]

2004

14

0

36

Exérèses locales

Une exérèse locale après échec du traitement non chirurgical est possible dans des cas très sélectionnés de tumeurs de petite taille ou pour des patients ne pouvant pas supporter une AAP [16, 20]. Cette exérèse sera suivie d’un traitement adjuvant de radiothérapie ou de radiochimiothérapie si la dose initiale n’a pas été optimale. Les principaux avantages de cette approche sont une faible morbidité et une conservation de la fonction sphinctérienne. Cependant, un tel traitement est très rarement possible.

Place de la chirurgie d’exérèse dans les échecs régionaux

Curages inguinaux

La présence de ganglions inguinaux métastatiques n’est plus synonyme de décès rapide, puisque la survie à 5 ans varie actuellement de 30 à 66 %. Cependant, il s’agit tout de même d’un facteur de mauvais pronostic car, en l’absence de telles métastases, la survie à 5 ans avoisine les 70 % [24].

En présence d’aires ganglionnaires inguinales indemnes lors de la présentation initiale, une majorité d’auteurs procèdent à une irradiation prophylactique des aires inguinales [13, 32-34], avec des taux de récidive ganglionnaire inférieurs à 5 % [33]. Il s’agit cependant d’une approche controversée [2]. Lorsqu’une récidive se produit, le seul traitement possible est chirurgical et consiste en un curage ganglionnaire inguinal. Cette chirurgie est cependant difficile en raison des tissus irradiés et du possible envahissement des vaisseaux fémoraux. De plus, elle expose au risque de lymphœdème du membre inférieur, de caractère définitif et de traitement très difficile.

C’est pourquoi d’autres auteurs préconisent une attitude initialement conservatrice avec de bons résultats également. Dans une série de 61 patients sans atteinte ganglionnaire et n’ayant reçu de la radiothérapie que sur la tumeur primitive, seulement 5 patients ont présenté une récidive inguinale. Tous ces patients ont été rattrapés par une chirurgie ou une radiothérapie [35]. Gerard et al. [24] ont également rapporté de bons résultats avec cette approche. Parmi 270 patients traités par radiothérapie locale à but curatif, 19 (7,8 %) ont présenté des métastases inguinales métachrones. Ces patients ont été traités par chirurgie suivie de radiothérapie, avec une survie globale à 5 ans de 41,4 %.

En présence d’un envahissement ganglionnaire inguinal lors de la présentation initiale (métastases synchrones), une majorité d’auteurs procèdent également à une irradiation inguinale [7]. Toutefois, un reliquat ganglionnaire après irradiation impose un curage ganglionnaire inguinal, avec tous les risques mentionnés précédemment. Gerard et al. [24] ont également rapporté leurs résultats d’une approche d’emblée chirurgicale suivie d’une radiothérapie pour 27 patients atteints de ganglions inguinaux positifs synchrones (10 % de la série) : la survie à 5 ans a été de 54,4 %.

Curages iliaques

Les ganglions iliaques externes et iliaques primitifs sont inclus dans les champs d’irradiation pelvienne. En cas d’atteinte métastatique de ces ganglions, seule une exérèse chirurgicale est possible. Les problèmes techniques principaux sont liés aux séquelles de l’irradiation, avec la morbidité qui lui est rattachée (lymphœdème, lymphorrhée). Cependant, aucune étude publiée n’a démontré d’avantage sur la survie d’une telle approche [7].

Curages lombo-aortiques

Ces curages sont anecdotiques puisqu’une maladie atteignant les ganglions lombo-aortiques est considérée comme étant métastatique à distance. Seul un traitement systémique semble envisageable.

Conclusion

Le traitement standard des carcinomes épidermoïdes du canal anal repose sur la radiothérapie, associée ou non à une chimiothérapie. La chirurgie de rattrapage dans les échecs locorégionaux est réalisable pour des patients sélectionnés et permet une survie à 5 ans avoisinant les 50 %. Il faut cependant bien tenir compte de la morbidité non négligeable de ces chirurgies. De nouvelles approches de reconstructions périnéales offrent une solution intéressante pour limiter cette morbidité, soit par des lambeaux de reconstruction, soit par la réalisation de colostomies périnéales.

Références

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22 Touboul E, Schlienger M, Buffat L, Lefkopoulos D, Pène F, Parc R, et al. Epidermoid carcinoma of the anal canal. Results of curative-intent radiation therapy in a series of 270 patients. Cancer 1994 ; 73 : 1569-79.

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