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La mammographie de dépistage des femmes ayant une prédisposition héréditaire du cancer du sein


Bulletin du Cancer. Volume 91, Numéro 7, Juillet - Août 2004, TRIBUNE LIBRE



Auteur(s) : Alain Noël, P. Heid, A. Tardivon, Marie‐Hélène Dilhuydy, S. Haber, Béatrice Séradour, pour le Groupe technique national sur le dépistage du cancer du sein ,  Centre Alexis Vautrin, Vandœuvre‐lès‐Nancy  Arcades, Marseille  Institut Curie, Paris  Institut Bergonié, Bordeaux  Radiologue, Fédération nationale des médecins radiologues .

ARTICLE

Auteur(s) : Alain Noël1, P. Heid2, A. Tardivon3, Marie-Hélène Dilhuydy4, S. Haber5, Béatrice Séradour2
pour le Groupe technique national sur le dépistage du cancer du sein

1 Centre Alexis Vautrin, Vandœuvre-lès-Nancy
2 Arcades, Marseille
3
Institut Curie, Paris
4 Institut Bergonié, Bordeaux
5 Radiologue, Fédération nationale des médecins radiologues

Les recommandations concernant la prise en charge des femmes ayant une prédisposition héréditaire de cancer du sein et de l’ovaire, rédigées par un groupe d’experts à la demande du ministère de la Santé, ont été publiées dans le Bulletin du Cancer de mars 2004 [1].
Le Groupe technique national, en charge du programme de dépistage des cancers du sein, a jugé nécessaire de communiquer une mise au point à propos du contrôle de qualité de la pratique mammographique.
Dans le cadre du programme national de dépistage des cancers du sein, l’accent a été mis depuis plusieurs années sur l’amélioration de la qualité des matériels. L’optimisation qualité-dose doit privilégier la qualité en maîtrisant la dose délivrée à un niveau le plus faible possible. Le niveau de dose imposée dans le cadre de la campagne de dépistage permet de garantir, avec une probabilité raisonnable, un bénéfice très largement supérieur au risque, à la fois pour l’ensemble de la population cible et pour une femme prise individuellement. Le contrôle de qualité obligatoire des installations de mammographie analogique permet de garantir le respect de cette condition.
Du fait du risque potentiellement élevé de cancers radio-induits, le dépistage mammographique du cancer du sein des femmes présentant une prédisposition génétique nécessite une attention particulière, d’autant plus que le dépistage commence à un âge jeune et que les examens vont se répéter régulièrement. Dans ce cas, l’optimisation qualité-dose privilégie la recherche d’une dose minimale en maîtrisant la qualité à un niveau acceptable afin de minimiser, pour chaque femme, le risque de cancer radio-induit. Les femmes avec un risque génétique devraient être examinées dans des centres spécialisés où la dose moyenne glandulaire est rigoureusement contrôlée.
Aujourd’hui, en situation clinique, l’utilisation d’un mammographe numérique n’apporte pas une garantie absolue de réduction de dose, même si des études réalisées en Allemagne sur fantômes [2] ou en Italie [3] ont démontré qu’il était possible de réduire la dose. Si, potentiellement, la mammographie numérique le permet, elle autorise aussi techniquement le fonctionnement à dose élevée du fait de la dynamique des capteurs utilisés. Cela est d’autant plus vrai en l’absence de contrôle de qualité strict des installations numériques, comme c’est le cas aujourd’hui en France. Une étude de l’ACRIN (American College of Radiology Imaging Network) est en cours conjointement aux États-Unis et au Canada dans 35 centres de radiologie. Une population de 49 500 femmes volontaires a été retenue. Un double examen a été pratiqué au même moment et dans le même centre sur un mammographe analogique et un mammographe numérique. Les premiers résultats ont été présentés durant le congrès du RSNA (Radiology Society of North America) en décembre 2003 [4]. La dose glandulaire moyenne a été calculée sur les deux techniques. En fonction de l’appareil utilisé, la dose moyenne délivrée est soit équivalente, soit plus faible pour la mammographie numérique, mais la technologie numérique a entraîné une augmentation de 10 à 15 % du nombre de clichés à réaliser.
Au total, on ne peut encore conclure aujourd’hui à une diminution significative de la dose en pratique clinique grâce à la mammographie numérique, surtout en l’absence de contrôle de qualité. Les résultats du DMIST (Digital Mammographic Imaging Screening Trial) seront certainement connus d’ici 2005. ▼

Références

1. Eisinger F, Bressac F, Castaigne D, Cottu PH, Lansac J, Lefranc JP, et al. Identification et prise en charge des prédispositions héréditaires aux cancers du sein et de l’ovaire. Bull Cancer 2004 ; 91 : 219-37.

2. Hermann KP, Fisher U, Obenauer S, Grabbe E. Optimizing radiation quality in full-field digital mammography for reducing the patient doses in comparison to screen-film mammography. Abstract, B-0296, ECR 2001.

3. Gennaro G, Di Maggio C, Bellan E. Full-field digital mammography and patient dose reduction. Abstract, B-0335, ECR 2002.

4. Hendrick RE, Pisano ED, Yaffe MJ, Moran C, Berns EA, Gatsonis C. Technical performance in digital and screen-film mammography : results from 31 ACRIN DMIST sites. Abstract, G01-537, RSNA 2003.


 

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