Résumé : Il existe un faisceau d’arguments épidémiologiques et expérimentaux montrant que les formes héréditaires de cancer du sein, telles que celles impliquant une mutation des gènes BRCA1 et 2, pourraient être sensibles aux œstrogènes. Sur le plan biologique, de multiples interactions entre le gène BRCA1 et les œstrogènes ont été mises en évidence. Ainsi, l’expression de BRCA1 peut être induite par les œstrogènes dans des modèles expérimentaux. Parallèlement, BRCA1 inhibe l’activation transcriptionnelle par les œstrogènes de gènes cibles de la prolifération cellulaire. Sur le plan clinique, les situations d’hyperœstrogénie endogène ou exogène, telles que la prise de contraceptifs oraux ou de traitements hormonaux de la ménopause, pourraient augmenter le risque de cancer du sein chez les femmes génétiquement prédisposées. À l’opposé, l’ovariectomie ou les traitements anti‐œstrogéniques diminueraient ce risque. Des études prospectives sont nécessaires pour connaître la place éventuelle des thérapeutiques de suppression hormonale en prévention des cancers du sein héréditaires. En l’absence de données complémentaires spécifiques, les indications de traitements œstrogéniques contraceptifs ou de la ménopause paraissent devoir être réservées.
Mots-clés : cancer du sein héréditaire, estrogène, tamoxifène, BRCA1
Illustrations
Figure 1. Rôle de BRCA1 dans le contrôle de la
prolifération cellulaire œstrogénodépendante.
CO : contraception orale ; THM : traitement hormonal de la
ménopause ; E2 : œstradiol ; RE : récepteurs des œstrogènes.
Figure 2. Hypothèse mécanistique du rôle des mutations de
BRCA1 dans la progression tumorale hormonodépendante.