ARTICLE
Auteur(s) : Henriette Gourdeau*, Jacques Jolivet*
* Shire BioChem Inc., 275, boulevard Armand-Frappier,
Québec Canada, H7V 4A7
Article reçu le 23 juin 2003, accepté le 3 octobre
2003
Structure et mécanisme d’action
La troxacitabine est un analogue de la désoxycytidine qui a une
activité antinéoplasique dans plusieurs modèles de cancers
expérimentaux [1-5]. Sa structure chimique s’apparente à celle de
la lamivudine, un médicament employé dans la thérapie associative
de l’infection à VIH et le traitement de l’hépatite B [6-9].
Contrairement aux nucléosides naturels et à d’autres analogues de
la désoxycytidine utilisés en clinique, telles la gemcitabine
(2’,2’-difluoro-2’-déoxycytidine, ou dFdC) et la cytarabine (araC),
qui sont dans la configuration β-D, la troxacitabine est dans une
configuration énantiomérique opposée, β-L (figure 1). Elle utilise les
mêmes voies d’activation intracellulaire que l’araC et la
gemcitabine : l’étape d’activation métabolique clé de tous ces
analogues est la phosphorylation initiale en leur dérivé
5’-monophosphate. Cette réaction est contrôlée par la
désoxycytidine kinase (dCK) [1, 10]. La formation de la
troxacitabine triphosphate (TP) à partir du diphosphate (DP) se
fait cependant par l’intermédiaire de la phosphoglycérate kinase et
non par la nucléoside diphosphate kinase, comme c’est le cas pour
les nucléosides de configuration naturelle [10, 11]. La forme
intracellulaire finale active, la troxacitabine triphosphate (TP),
est un substrat des différentes polymérases qui agit par
compétition avec le dCTP endogène pour s’incorporer à l’ADN, ce qui
est à l’origine de son activité antinéoplasique [12, 13]. La
troxacitabine TP n’ayant pas de groupement OH en position 3’ ne
permet pas la formation de la liaison phosphodiester 5’-3’ (figure 2) lors de la
synthèse de l’ADN. Son incorporation empêche donc immédiatement
l’élongation de l’ADN. Cette propriété contraste avec celles des
dFdCTP et de l’araCTP qui, eux, sont suivis de l’addition d’un ou
de plusieurs nucléotides supplémentaires avant l’arrêt de la
réplication de l’ADN [14, 15]. L’endonucléase humaine APE1 excise
la troxacitabine monophosphate de l’ADN [16] tandis que la
gemcitabine et l’araC sont excisées par une exonucléase
cytoplasmique 3’ → 5’ [17]. La troxacitabine diffère aussi de la
gemcitabine et de l’araC en n’étant pas inactivée par la cytidine
déaminase [1]. Une autre caractéristique unique est qu’elle
franchit les membranes cellulaires par diffusion passive sans
emprunter les transporteurs de nucléosides comme la gemcitabine et
l’araC [18]. Ainsi, des cellules cancéreuses avec des transporteurs
de nucléosides anormaux sont réfractaires à l’araC et à la
gemcitabine mais demeurent sensibles à la troxacitabine [18].
Études précliniques
La troxacitabine a un large spectre d’activité antitumorale
préclinique (tableau 1). Elle est
active dans des modèles de xénogreffes de cancers prostatiques et
rénaux humains [2] et dans le modèle de xénogreffe de cancer
colorectal HT29, une tumeur expérimentale peu sensible à la
chimiothérapie [19]. Son effet antitumoral est cependant moins
prononcé dans des xénogreffes de cancer pulmonaire. Dans un modèle
d’hépatocarcinome, elle s’est avérée aussi efficace après
administration orale qu’après administration intrapéritonéale
tandis que l’araC était inefficace [1]. Des études
pharmacocinétiques chez le rat ont en effet démontré qu’elle était
absorbée per os avec une biodisponibilité moyenne de
37 ± 25 % [20]. Elle s’est avérée plus active que la
gemcitabine dans la xénogreffe de cancer pancréatique Panc-01 et a
démontré une activité modérée dans le modèle MiaPaCa, réfractaire à
la gemcitabine [4]. Nous avons également comparé son effet
antileucémique à celui de l’araC dans deux modèles de leucémies
humaines xénogreffées : la leucémie promyélocytaire HL60 et la
leucémie aiguë lymphoblastique CCRF-CEM. L’araC était peu active
dans le modèle HL60 car ces cellules ont une activité de
cytidine déaminase élevée tandis que la troxacitabine a démontré un
effet antileucémique prononcé puisqu’elle n’est pas catabolisée par
cette enzyme [5]. Les deux nucléosides ont eu une activité
antileucémique comparable dans la lignée CCRF-CEM qui exprime peu
la cytidine déaminase. Nos résultats suggèrent donc un avantage
thérapeutique de la troxacitabine dans les cellules cancéreuses
porteuses d’une activité accrue de cytidine déaminase.
Tableau 1. Spectre d’activité
antitumorale de la troxacitabine dans des xénogreffes humains
|
Lignées tumorales humaines |
Fin de l’expérience (jours)1 |
T/C %2 |
Référence |
|
Prostate, DU145 |
25 |
7 |
[1] |
|
Prostate, PC3 |
60 |
4 |
|
|
Rénale, CAKI1 |
61 |
16 |
[2] |
|
Rénale, A498 |
56 |
27 |
[2] |
|
Rénale, RXF393 |
34 |
13 |
[2] |
|
Rénale, SN12C |
44 |
8 |
[2] |
|
Côlon, HT29 |
46 |
53 |
|
|
Poumon non à petites cellules, A549 |
67 |
41 |
|
|
Poumon non à petites cellules, NCI-H460 |
27 |
46 |
|
|
Poumon non à petites cellules, NCI-H322M |
58 |
62 |
|
|
Hépatocarcinome, HepG2 |
10 |
38 |
[1] |
|
Hépatocarcinome, HepG2 |
10 |
264 |
[1] |
|
Pancréatique, Panc-01 |
29 |
165,6 |
[4] |
|
Pancréatique, MiaPaCa |
32 |
775,6 |
[4] |
|
Leucémie promyélocytaire, HL60 |
98 |
3226,7 |
[5] |
|
Leucémie aiguë lymphoblastique, CCRF-CEM |
87 |
516,7 |
[5] |
|
Leucémie promyélocytaire résistante à la doxorubicine
(Pgp+ve), HL60/R10 |
63 |
1466,7 |
[21] |
|
Leucémie promyélocytaire résistante à la doxorubicine
(Pgp–ve), HL60/ADR |
63 |
626,7 |
[21] |
|
Leucémie aiguë lymphoblastique résistante à la vinblastine,
CCRF-CEM |
60 |
326,7,8 |
[21] |
|
Carcinome épidermoïde résistant à la vinblastine, KBV |
39 |
19 |
[21] |
1 La troxacitabine a été administrée par voie
intrapéritonéale à une concentration de 25 mg/kg 2 fois par
jour (6 h d’intervalle) pendant 5 jours consécutifs.
2 Le volume tumoral est mesuré en largeur et en
longueur à l’aide d’un caliper et les mesures sont
converties en masse tumorale selon la formule suivante : poids
(mg) = [largeur (mm2) × longueur
(mm2)]/2. Le T/C exprimé en pourcentage est une mesure
de l’efficacité antitumorale où T représente les animaux du groupe
traité et C représente les animaux du groupe témoin. Critère
NCI : si T/C < 42 %, le produit est actif
[42, 43].
3 Deux cycles ont été administrés.
4 La troxacitabine a été administrée par gavage
(per os).
5 La troxacitabine a été administrée par voie
intraveineuse.
6 Une seule administration par jour pendant
5 jours consécutifs.
7 Pour les études de leucémies, l’efficacité
antitumorale a été évaluée par l’augmentation du temps de survie
(ATS). L’ATS exprimée en pourcentage est une mesure de l’efficacité
antitumorale où T est le jour médian du décès des souris traitées
et C le jour médian du décès des souris témoins. Il est calculé
selon la formule suivante : %ATS = [(T-C)/C] x
100. Critère NCI : si T/C > 25 %, le produit
est actif [43].
8 La troxacitabine a été administrée par voie
intrapéritonéale à une concentration de 10 mg/kg 1 fois par
semaine pendant 3 semaines.
Conséquemment à l’activité antileucémique préclinique de la
troxacitabine, nous avons étudié les associations
troxacitabine-araC et troxacitabine-imatinib mésylate
(Glivec®). L’administration de la troxacitabine en
combinaison avec l’araC a permis une augmentation du temps de
survie des animaux xénogreffés comparativement à une monothérapie à
l’araC ou à la troxacitabine [21]. Des études suggèrent que l’effet
additif de ces deux analogues de désoxynucléosides est dû à un
retard dans la réparation de l’ADN et non à une interaction
métabolique ou pharmacocinétique [21]. En association avec
l’imatinib mésylate, la troxacitabine a significativement prolongé
le temps de survie des souris xénogreffées avec des cellules de
leucémie myéloïde chronique humaines, produisant des guérisons
complètes à des doses où l’imitinib mésylate était inactif
administré en monothérapie [22].
Le phénotype de résistance multiple aux médicaments cytotoxiques
(MDR) est un phénomène observé aussi bien dans les tumeurs solides
que dans les leucémies humaines. Le profil MDR typique est associé
à l’expression du gène mdr1 qui encode un transporteur
membranaire, la P-glycoprotéine (Pgp). Dans plusieurs types de
tumeurs incluant les leucémies, une corrélation a été établie entre
l’expression de la Pgp et la résistance envers divers médicaments
anticancéreux, dont les anthracyclines et les alcaloïdes de la
vinca [23, 24]. Puisque le transport transmembranaire de la
troxacitabine se fait par diffusion passive, nous avons évalué son
activité dans des tumeurs surexprimant la Pgp. La troxacitabine a
induit des régressions complètes dans des xénogreffes de carcinomes
épidermoïdes résistantes à la vinblastine (KBV) et de leucémies
promyélocytaires résistantes à la doxorubicine (HL60/R10 et
HLR/ADR) confirmant qu’elle n’est pas un substrat pour la Pgp
[25].
La troxacitabine n’induit pas de toxicité significative chez la
souris et le rat, même à doses élevées. En revanche, le singe est
beaucoup plus sensible à ses effets toxiques avec une dose maximale
tolérée 1 000 fois plus faible que celle tolérée par les
rongeurs (la dose maximum chez le singe et le rat est
respectivement de 1 mg/kg et supérieure à
2 000 mg/kg). Les toxicités observées sont hématologiques
et gastro-intestinales avec en plus des mucites et des réactions
cutanées.
Essais cliniques
Tumeurs solides
Trois études de phase I ont été complétées chez des patients
atteints de tumeurs solides réfractaires à la chimiothérapie.
L’administration de troxacitabine par voie intraveineuse toutes les
3 semaines en perfusion de 30 minutes a permis de déterminer
que la neutropénie était dose-limitante avec une dose recommandée
de 10 mg/m2 [26]. Dans une deuxième étude, la
troxacitabine a été administrée pendant 5 jours consécutifs
toutes les 3 à 4 semaines en perfusions de 30 minutes.
Les toxicités dose-limitantes étaient la neutropénie et les
éruptions cutanées et les doses recommandées de
1,5 mg/m2/j pour les patients ayant antérieurement
reçu une chimiothérapie peu myéloablative et de
1,2 mg/m2/j pour les patients lourdement prétraités
[27]. Dans une troisième étude, la troxacitabine a été administrée
une fois par semaine pendant 3 semaines en perfusion de
30 minutes toutes les 4 semaines. La myélosuppression
prolongée s’est avérée dose-limitante avec une dose recommandée de
3,2 mg/m2/semaine [28].
Les paramètres pharmacocinétiques de la troxacitabine étaient
linéaires à des doses s’étalant de 0,72 à 10 mg/m2
et étaient semblables dans les trois études de phase I.
Quarante-huit heures après son administration, 77 % de la
troxacitabine avait été éliminée sous forme inchangée dans les
urines. Aucun de ses métabolites n’a pu être identifié dans le
plasma ou les urines de patients traités. Sa clairance systémique
diminue de 20 % suite à une administration de 5 jours
consécutifs [27].
Des études pilotes de phase II ont été effectuées en administrant
la troxacitabine à une dose de 10 mg/m2 toutes les
3 semaines à des patients atteints d’un cancer avancé de la
prostate, du côlon, du pancréas, du rein, du poumon non à petites
cellules [29] et de mélanomes. Deux réponses partielles ont été
observées chez 33 patients évaluables dans l’étude du cancer
du rein [30]. Vingt et un patients ont eu une maladie stable (durée
médiane 4,4 mois) dont 8 de plus de 6 mois. L’analyse des
données selon les critères pronostiques de Motzer et al.
[31] suggère que la troxacitabine pourrait avoir un effet
thérapeutique dans le cancer du rein puisque la médiane de survie
était de 18 mois dans le groupe à risque intermédiaire et de
8 mois dans le groupe à risque élevé comparativement à 10 et
4 mois dans l’étude rétrospective de Motzer. Une étude de
phase III serait nécessaire pour confirmer ces observations.
Une réponse partielle a été observée suite à l’administration de
10 mg/m2 de troxacitabine toutes les
3 semaines chez 6 patients porteurs d’un cancer du
pancréas qui n’avaient pas antérieurement reçu de chimiothérapie.
Aucun des 9 autres patients préalablement traités n’a répondu au
traitement. La troxacitabine a été par la suite réévaluée dans le
cancer du pancréas à une dose de 1,5 mg/m2 en
perfusion intraveineuse pendant 5 jours consécutifs toutes les
4 semaines chez 54 patients préalablement non traités par
chimiothérapie [32]. Les résultats préliminaires indiquent une
diminution des taux sériques du marqueur tumoral CA19-9 chez
21 patients (39 %), dont 6 (11 %) ont vu leurs taux
chuter de plus de 50 %. Bien que 25 patients aient
présenté une stabilisation tumorale, aucune réponse objective
(partielle ou complète) n’a été enregistrée. La médiane de survie
était de 5,4 mois. Ces résultats ne peuvent pas être
directement comparés à ceux obtenus avec la gemcitabine [33] mais
suggèrent que la troxacitabine pourrait avoir un effet
anticancéreux dans cette néoplasie.
Les toxicités dose-limitantes observées dans les études de phase
II ont été principalement hématologiques et cutanées :
neutropénie (parfois fébrile), stomatite, éruptions cutanées et
syndrome mains-pieds. Les effets secondaires les plus fréquents
(≥ 10 % dans chaque étude) ont été cutanés (éruptions,
démangeaisons, alopécie, sécheresse de la peau, syndrome
mains-pieds, pigmentation anormale, décoloration,
photosensibilité), gastro-intestinaux (nausées, anorexie,
vomissements) et fatigue. Les éruptions cutanées sont fréquentes
mais leur sévérité semble amoindrie par un traitement
prophylactique de prednisone qui suivent les 5 à 7 premiers jours
suite à l’administration de la troxacitabine.
Une synergie in vitro a récemment été démontrée entre la
troxacitabine et la gemcitabine dans quatre lignées cellulaires
pancréatiques humaines et un effet additif noté in vivo dans
une xénogreffe établie à partir d’une de ces lignées [34]. Les
résultats préliminaires d’un essai clinique de phase I récemment
complété démontrent que la troxacitabine et la gemcitabine peuvent
être combinées sans toxicités excessives [35]. Les doses
recommandées de la combinaison sont 8 mg/m2 de
troxacitabine le jour 1 et 1 000 mg/m2 de
gemcitabine les jours 1 et 8 pour un cycle de 3 semaines.
Leucémies aiguës
Une étude de phase I-II a évalué la troxacitabine administrée
pendant 5 jours consécutifs toutes les 4 semaines par
perfusion intraveineuse de 30 minutes chez des patients
souffrant de leucémies aiguës réfractaires. Les toxicités
dose-limitantes ont été la stomatite et le syndrome mains-pieds et
la dose recommandée était de 8 mg/m2/j [36]. Trois
réponses complètes et une réponse partielle ont été observées chez
30 patients atteints d’une leucémie aiguë myéloblastique. Un
patient atteint d’un syndrome myélodysplasique a eu une réponse
complète mais sans normalisation de sa thrombopénie et la seule
leucémie myéloïde chronique en crise blastique s’est retransformé
en phase chronique. Dans la phase II de cette étude,
42 patients ont été traités à la dose recommandée :
2 réponses complètes et 1 réponse partielle (18 %)
ont été observées chez 16 patients porteurs d’une leucémie
aiguë myéloblastique récidivante. Aucun des 16 patients
atteints d’une leucémie aiguë lymphoblastique n’a répondu au
traitement et 6 (37 %) des 16 leucémies myéloïdes en
crise blastique se sont retransformés en phase chronique [37]. Dans
une étude de phase II subséquente, 4 des 31 patients en crise
blastique dont 29 avaient progressé malgré un traitement à
l’imatinib mésylate ont eu une réponse à la troxacitabine
administrée à une dose de 8 mg/m2/jour pendant
5 jours [38].
Dans une autre étude de phase I-II, la troxacitabine a été
associée avec l’araC, l’idarubicine ou le topotécan [39]. Des
31 patients porteurs d’une leucémie aiguë myéloblastique
traités avec l’association araC-troxacitabine, 4 réponses
complètes et 4 autres sans normalisation du décompte
plaquettaire ont été enregistrées pour un taux de réponse global de
26 %. Les réponses complètes ont été respectivement de 2/14 et
1/17 pour les associations idarubicine-troxacitabine et
topotécan-troxacitabine [39]. Ces réponses positives suggèrent que
la troxacitabine pourrait faire partie du traitement actuellement
utilisé chez les patients adultes en rechute atteints d’une
leucémie aiguë myéloïde [40].
Dans une étude récemment publiée, les taux de réponse complète à
l’araC-idarubicine (bras témoin), araC-troxacitabine et
troxacitabine-idarubicine en première ligne ont été comparés chez
des patients atteints de leucémie myéloïde aiguë âgés d’au moins
50 ans et ayant un caryotype de mauvais pronostic [41]. Les
patients ont été randomisés selon une méthode adaptative :
initialement, la randomisation était équilibrée entre les trois
bras mais, au fur et à mesure que les réponses complètes étaient
observées, les probabilités de randomisation étaient modifiées en
faveur des bras thérapeutiques avec le plus de réponses initiales.
Les taux de réponses complètes ont été de 10/18 (55 %) dans le
bras témoin araC-idarubicine, 5-11 (45 %) avec
troxacitabine-araC et 1/5 (20 %) pour le groupe
troxacitabine-idarubicine. Les durées de rémission et de survie ont
été les mêmes dans les trois groupes. Cependant, le groupe témoin
contenait plus de patients avec une cytogénétique favorable et
moins de patients avec une atteinte hématologique précédant le
diagnostic de leucémie comparativement aux groupes expérimentaux.
Il y avait trop peu de patients pour évaluer l’impact de ces
variables sur les résultats observés. L’étude s’est terminée
lorsqu’il a été déterminé qu’il était improbable que le bras
troxacitabine-araC soit supérieur au bras témoin dans le traitement
de cette population de patients leucémiques.
Conclusion
La troxacitabine est un analogue de la désoxycytidine avec une
configuration stéréochimique non naturelle qui a des
caractéristiques pharmacologiques différentes de celles des
analogues naturels telles l’araC et la gemcitabine. Elle n’est pas
transportée par les transporteurs des nucléosides, n’est pas
inactivée par la cytidine déaminase et n’est pas excisée de l’ADN
par les mêmes enzymes. Elle s’est avérée efficace dans plusieurs
modèles tumoraux, y compris des modèles de résistance multiple
envers les médicaments (MDR) et des modèles peu chimiosensibles
comme le HT29. Son activité préclinique notable a permis de
démarrer son développement clinique. Cet antinéoplasique a déjà été
administré à plus de 600 patients dans des essais de phases I
et II. Des signes d’activité anticancéreuse prometteurs ont été
observés à cette date chez des patients atteints de leucémie aiguë
myéloblastique, de leucémie myeloïde chronique en phase blastique,
de cancer du rein et du pancréas. Les essais cliniques de la
troxacitabine sont appelés à se poursuivre dans les prochaines
années. n
Références
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