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Irradiation en conditions stéréotaxiques des métastases cérébrales chez les patients âgés


Bulletin du Cancer. Volume 90, Numéro 10, 896-904, Octobre 2003, Article original


Résumé   Summary  

Auteur(s) : Georges NOËL, Sophie NOËL, Loïc FEUVRET, Charles‐Ambroise VALERY, Philippe CORNU, Gilbert BOISSERIE, Dominique HASBOUN, Bernadette TEP, Jean‐Yves DELATTRE, François BAILLET, Jean‐Jacques MAZERON , Service des tumeurs, Service de neurochirurgie, Service de neuroradiologie, Service de neurologie, Groupe Pitié‐Salpêtrière, AP‐HP, 47‐83, bd de l‘hôpital, 75651 Paris Cedex 13 Service de gériatrie, hôpital des Abondances, rue des Abondances, 92200 Boulogne‐Billancourt .

Résumé : Objectifs. Analyse des résultats de l‘irradiation en conditions stéréotaxiques (RCS) chez des patients de plus de 70 ans atteints de métastases de l‘encéphale. Patients et méthodes. De janvier 1994 à janvier 2002, 53 patients, 26 femmes et 27 hommes, d‘âge médian de 73 ans (70‐86) ont eu une RCS pour 105 métastases cérébrales. L‘intervalle libre médian entre le diagnostic de la maladie initiale et celui des métastases cérébrales était de 18 mois (0‐216). Les métastases cérébrales ont été diagnostiquées à la suite de l‘apparition de signes cliniques chez 34 patients (64,1 %). Les patients ont été traités pour 1 à 6 métastases. Vingt‐neuf patients (54,7 %) ont été irradiés pour une seule métastase. Le diamètre médian des métastases était de 24 mm (5‐74,9) et le volume médian de 2,1 cc (0,02‐71,3). Quatre‐vingt‐trois métastases étaient sus‐tentorielles (79 %) et 22 sous‐tentorielles (21 %). Quarante‐cinq patients (85 %) ont eu une seule procédure de RCS et 8 patients ont eu seconde procédure pour une ou plusieurs nouvelles métastases. Parmi les premiers, 7 ont eu une RCS pour une récidive après une irradiation de l‘encéphale en totalité. De plus, 3 patients ont eu une irradiation encéphalique en totalité dans le même temps que la RCS et 3 ont eu une irradiation encéphalique en totalité 6, 10 et 26 mois après la RCS pour une récidive cérébrale. Résultats. La durée médiane de surveillance était de 8 mois (1‐33). Les doses médianes minimales et maximales délivrées aux métastases étaient respectivement de 16,42 (6,5‐20,5) et 20,36 Gy (13,2‐41,9). La durée médiane de survie globale était de 9 mois. Les taux de survie à 3, 6, 12 et 18 mois étaient respectivement de 85,6 ± 5 %, 65,2 ± 7,1 %, 35,5 ± 7,8 % et 26,6 ± 8 %. En analyse monofactorielle, l‘existence ou non d‘une dissémination métastatique extracérébrale ainsi que la classification associant l‘indice de Karnofsky et le statut de la maladie extracrânienne étaient des facteurs pronostiques de la survie globale, respectivement p ∓ 0,043 et p ∓ 0,016. En analyse multifactorielle, le stade de la classification était un facteur pronostique indépendant (p ∓ 0,019, RR ∓ 0,89, intervalle de confiance 95 % ∓ [0,017‐0,47]). La durée médiane de survie sans rechute cérébrale était de 12 mois. Les taux de survie sans rechute cérébrale à 3, 6, 12 et 18 mois étaient respectivement de 81,5 ± 6,4 %, 68,7 ± 8 %, 47,2 ± 9,9 % et 35,4 ± 12,6 %. Aucun facteur pronostique de la survie sans récidive cérébrale ne s‘est révélé statistiquement significatif. Le taux de contrôle brut était de 97 %. Les taux de contrôle local à 6 et 12 mois étaient respectivement de 98,6 ± 1,4 % et 88,5 ± 7,6 %. Sur les 34 patients qui souffraient de signes cliniques avant l‘irradiation, 1 a vu son état neurologique s‘aggraver, 9 (26,5 %) ont eu une réponse complète, 13 une réponse partielle (38,2 %) et 5 une stabilisation (14,7 %), 6 n‘étant pas évaluables. Quatre patients ont souffert de complication, dont 3 de radionécrose (2 de grade 2 et 1 de grade 3) et 1 de crise convulsive secondaire au saignement de la métastase traitée. Conclusion. La radiothérapie en conditions stéréotaxiques chez les patients de plus de 70 ans s‘est avérée efficace, sans complication majeure. L‘âge des patients n‘est pas une raison pour ne pas proposer une irradiation en conditions stéréotaxiques. ▴ 1

Mots-clés : radiothérapie en conditions stéréotaxiques, radiochirurgie, âge, métastases cérébrales

Illustrations

ARTICLE

Auteur(s) : Georges NOËL1, Sophie NOËL5, Loïc FEUVRET1, Charles-Ambroise VALERY2, Philippe CORNU2, Gilbert BOISSERIE1, Dominique HASBOUN3, Bernadette TEP1, Jean-Yves DELATTRE4, François BAILLET1, Jean-Jacques MAZERON1

1 Service des tumeurs,
2 Service de neurochirurgie,
3 Service de neuroradiologie,
4 Service de neurologie, Groupe Pitié-Salpêtrière, AP-HP, 47-83, bd de l'hôpital, 75651 Paris Cedex 13
5 Service de gériatrie, hôpital des Abondances, rue des Abondances, 92200 Boulogne-Billancourt

Article reçu le 24 mars 2003, accepté le 15 juillet 2003

Les métastases cérébrales sont très fréquentes puisqu'elles se développent chez 20 à 40 % des patients au cours de la maladie cancéreuse [1, 2]. Elles révèlent la maladie tumorale dans 10 à 30 % des cas [3]. Lors du diagnostic, près de 60 % des patients ont des métastases multiples [4]. Plus de 60 % des patients atteints de métastases cérébrales ont entre 50 et 70 ans. La fréquence de ces métastases décroît fortement après 70 ans [5]. Leur incidence est cependant croissante du fait de l'augmentation de vie des patients traités pour une tumeur maligne et de l'accès plus facile aux moyens neurodiagnostiques. Le cerveau a été décrit comme un sanctuaire métastatique parce que les chimiothérapies passeraient mal la barrière hémato-céphalique. Les cancers qui disséminent le plus souvent dans l'encéphale sont ceux des bronches et du sein.

En l'absence de traitement, la survie des patients est de quelques semaines. Elle est de 1,3 mois avec la corticothérapie [6]. La radiothérapie externe a été proposée dès 1954 pour traiter les métastases cérébrales [7]. Il s'agit dès lors d'une irradiation de l'encéphale en totalité selon des schémas variables. Les taux de réponse et de survie des patients ne dépendent pas de la dose [8]. Cette irradiation a pour objectifs de stériliser les métastases macroscopiques et microscopiques [9]. La durée médiane de survie des patients atteints de métastases cérébrales irradiées est de 3 à 5 mois [6, 10-12]. 

Une autre option thérapeutique est l'exérèse chirurgicale des lésions. Elle est la technique de choix lorsque le diagnostic de cancer n'a pas été confirmé par une examen anatomo-pathologique ou quand le pronostic vital est engagé à court terme. Les possibilités de la chirurgie sont toutefois limitées chez les patients atteints de multiples métastases ou de métastases profondes. Le taux de mortalité postopératoire est de 0 à 10 % avec une moyenne de 4 % [13, 14]. Ce risque a diminué avec le développement de la microchirurgie [15]. Cependant, les taux de récidive dans le lit opératoire peuvent atteindre 20 à 30 % des cas [14, 15]. La durée médiane de survie après chirurgie seule est de 8 à 10 mois [16-18].

Deux essais randomisés ont montré que l'association d'une chirurgie et d'une irradiation adjuvante induisait de meilleurs taux de survie que l'irradiation seule [16, 18]. Cependant, en associant la radiothérapie à la chirurgie, bien qu'il ait été démontré une diminution du taux de récidive in situ ainsi qu'un allongement de la durée de rémission, l'impact sur la survie n'a pas été clairement démontré [16, 19, 20].

Quel que soit le traitement, l'âge est un facteur pronostique important de la survie et certains auteurs ne conseillent pas la chirurgie pour les patients de plus de 60 ans [13]. Après irradiation, l'âge, en particulier au-delà de 70 ans, est un facteur pronostique indépendant de la survie [6, 21]. Cependant, il a été clairement démontré que l'irradiation encéphalique en totalité pouvait entraîner des complications neuropsychiques à relativement court terme [22], ce qui peut en limiter les indications, principalement chez les patients âgés [23, 24].
La radiochirurgie stéréotaxique ou radiothérapie en conditions stéréotaxiques (RCS) est une méthode de traitement qui permet l'irradiation très sélective, en une seule séance, d'un ou de plusieurs volumes lésionnels intracérébraux par des minifaisceaux convergeant au centre de la cible. Elle est soit le seul traitement possible, soit une alternative à l'abord chirurgical de certaines lésions cérébrales.
Cette technique a été en outre développée pour le traitement des malformations artério-veineuses (MAV) [25], des neurinomes de l'acoustique [26], de certains méningiomes de la base du crâne [27] et des métastases intracrâniennes [28, 29]. La RCS est un traitement ambulatoire, peu invasif, efficace, qui peut être répété et entraîne peu de complications.
Globalement, il existe deux types d'appareil pouvant permettre la radiothérapie en conditions stéréotaxiques. Le Gamma Unit et le Gamma Knife, créé par le neurochirurgien suédois Leksell, sont des machines dédiées à la RCS dotées de 201 sources de cobalt 60 dont les faisceaux convergent vers un foyer unique. Secondairement, la RCS a été réalisée sur des accélérateurs linéaires utilisés pour la radiothérapie classique. Cependant, il faut un développement de matériel spécifique.
La RCS s'est développée en particulier pour les métastases cérébrales profondes ou situées dans des zones fonctionnelles (« parlantes ») du cerveau, inaccessibles à la chirurgie. Devant les résultats obtenus, les indications se sont élargies à toutes les localisations cérébrales. Cependant, il est classiquement conseillé de limiter ce traitement aux patients atteints de moins de 3 métastases de moins de 3 cm de diamètre. En fait, devant la facilité de mise en œuvre, les indications se sont élargies. Le patient doit avoir un indice de Karnofsky égal ou supérieur à 50 et ne doit pas être agité.
La RCS est donc un traitement potentiellement intéressant pour les patients les plus âgés, car il est efficace, ambulatoire, rapide et répétable. Nous présentons les résultats obtenus dans une série de 53 patients âgés de plus de 70 ans.

Résultats

La durée médiane de surveillance était de 8 mois (1-33). Les dossiers de 10 patients atteints au total de 22 métastases n'étaient pas évaluables pour la réponse à la RCS ni pour l'évolution métastatique après RCS du fait du décès avant le premier contrôle.
Les doses médianes délivrées à la périphérie et au centre du volume tumoral macroscopique étaient respectivement de 16,4 (6,5-20,5) et 20,4 Gy (13,2-41,9). La dose médiane minimale délivrée à la périphérie du volume cible anatomoclinique (1 mm) était de 14,4 Gy (6,5-19,4).

Survie globale

Lors de l'évaluation, 33 patients étaient décédés. Neuf patients sont décédés de métastases extracérébrales, 6 de cause tumorale neurologique, 2 de maladie intercurrente et 16 de cause inconnue. La durée médiane de survie globale était de 9 mois. Les taux de survie à 3, 6, 12 et 18 mois étaient respectivement de 85,6 ± 5 %, 65,2 ± 7,1 %, 35,5 ± 7,8 % et 26,6 ± 8 % (figure 1, A).
En analyse monofactorielle, l'absence de cancer en dehors de l'encéphale était un facteur pronostique de la survie globale puisque la durée médiane de survie des patients avec une maladie extracrânienne contrôlée était de 11 mois contre 8 mois pour les patients dont la maladie extracrânienne n'était pas contrôlée (p = 0,043). En fonction de la classification effectuée pour les patients âgés, les durées médianes de survie pour les groupes de patients RPA Ia, RPA IIa et RPA IIIa étaient respectivement de 25, 8 et 3 mois (p = 0,016). Aucun autre facteur pronostique potentiel n'était statistiquement significatif.
Cependant, il est intéressant de noter que la durée médiane de survie des patients institutionnalisés était de 20 mois contre 9 mois pour ceux qui ne l'étaient pas, mais le faible nombre de patients dans le premier groupe ne permet pas d'avoir une puissance statistique suffisante pour mettre en évidence une différence statistiquement significative (p = 0,55).
Pour les patients traités en rattrapage d'une IET (irradiation encéphalique en totalité) antérieure, la médiane de survie était de 17 mois comparativement à 9 et 8 mois pour les patients qui avaient eu, respectivement, seulement la RCS et la RCS et une IET dans le même temps (p = 0,6).
Les données concernant les classes pronostiques IK, RPA et SIR se sont avérées intéressantes. En effet, même si les différences n'étaient pas statistiquement significatives, ces classifications conservaient une orientation. Les patients qui avaient un IK inférieur à 70 avaient une durée médiane de survie de 5 mois contre 9 pour ceux qui avaient un IK égal ou supérieur à 70 (p = 0,06) ; pour les RPA II et III, les valeurs étaient respectivement de 9 mois et 5 mois (p = 0,07) et, pour les scores SIR1, 2 et 3, elles étaient respectivement de 5 mois, 9 mois et non atteint (p = 0,17).
En analyse multifactorielle incluant le score RPAa, seul ce dernier était un facteur pronostique indépendant (p = 0,019, RR = 0,89, intervalle de confiance 95 % = [0,017-0,47]).

Survie sans récidive cérébrale

Au moment de l'analyse, 18 patients (34 %) avaient souffert d'une récidive cérébrale. Pour 14 de ces patients (78 %), la rechute s'est faite uniquement sous la forme de nouvelles métastases, pour 2 d'entre eux uniquement de méningite carcinomateuse et 2 autres, de nouvelles métastases et d'une méningite carcinomateuse. Les délais de rechutes variaient entre 1 et 25 mois. Trois patients ont eu une irradiation encéphalique en totalité 6, 10 et 26 mois après la RCS pour cette récidive cérébrale. La durée médiane de survie sans rechute cérébrale était de 12 mois. Les taux de survie sans rechute cérébrale à 3, 6, 12 et 18 mois étaient respectivement de 81,5 ± 6,4 %, 68,7 ± 8 %, 47,2 ± 9,9 % et 35,4 ± 12,6 % (figure 1, B).
Aucun facteur pronostique de la survie sans récidive cérébrale n'était statistiquement significatif. Cependant, la durée médiane de survie sans récidive était plus longue pour les patients avec un cancer extracrânien contrôlé que pour ceux qui avaient un cancer évolutif en dehors de l'encéphale, respectivement, 18 et 7 mois (p = 0,25). Pour les patients traités en rattrapage d'une IET antérieure, la durée médiane de survie sans récidive cérébrale était de 17 mois comparativement à 8 et 5 mois pour les patients qui avaient eu, respectivement, seulement la RCS et la RCS et une IET dans le même temps (p = 0,3). Bien que non statistiquement significative, une différence de durée médiane de survie sans récidive a été notée pour les patients institutionnalisés et ceux qui ne l'étaient pas, respectivement non atteinte et 12 mois (p = 0,88).
L'analyse a aussi montré l'orientation pronostique des facteurs IK, RPA et SIR. En effet, les patients avec un IK inférieur à 70 avaient une durée médiane de survie sans récidive de 7 mois contre 12 pour ceux qui avaient un IK égal ou supérieur à 70 (p = 0,48) ; pour les RPA II et III, les valeurs étaient respectivement de 18 et 7 mois (p = 0,45) et, pour les scores SIR1, 2 et 3, elles étaient respectivement de 5, 8 mois et 18 mois (p = 0,49). L'analyse en fonction des classes RPAa a donné des durées médianes de survie sans récidive cérébrale de 18, 8 et 7 mois respectivement pour les classes Ia, IIa et IIIa (p = 0,4).

Contrôle local et réponse clinique

Le taux de contrôle brut était de 97 %. Les taux de contrôle local à 6 et 12 mois étaient respectivement de 98,6 ± 1,4 % et 88,5 ± 7,6 % (figure 1,C). Sur les 83 lésions évaluables, 3 lésions ont augmenté de volume chez 2 patients. Cette évolution a été confirmée par un second examen à au moins 3 mois d'intervalle. Une réponse complète a été observée pour 18 lésions (22 %), une réponse partielle pour 22 (26,5 %) et une stabilité pour 40 (48 %). Du fait du faible nombre d'échecs, une analyse de facteur pronostique n'était pas envisageable.
Les deux patients qui ont eu une poursuite évolutive de métastases traitées avaient un cancer évolutif en dehors de l'encéphale lors de la RCS. Dans un cas, il s'agissait d'un carcinome épidermoïde bronchique et, dans le second cas, d'un carcinome rénal à cellules claires, tumeur considérée classiquement comme radiorésistante. Le premier patient a été traité pour une seule métastase, le second pour 3, dont 2 ont augmenté de volume et 1 a diminué de taille après RCS. Ces trois métastases étaient sus-tentorielles. Les doses délivrées à ces métastases étaient protocolaires. À noter que ces deux patients ont eu de nouvelles métastases cérébrales après la RCS.
Sur les 34 patients qui souffraient de signes cliniques avant l'irradiation, les dossiers de 6 n'étaient pas évaluables pour la réponse clinique. Un patient a souffert d'une aggravation de son état neurologique alors que les lésions étaient stables, qu'il n'y avait pas de nouvelle métastase et qu'aucune complication de l'irradiation n'a été mise en évidence sur l'imagerie. Neuf patients (26,5 %) ont eu une réponse complète des signes cliniques, sans séquelles, 13 une réponse partielle (38 %) et 5 une stabilisation (15 %).

Complications

Quatre patients ont souffert d'une complication. Un patient a eu une crise convulsive généralisée avec déficit post-critique quelques heures après l'irradiation d'une métastase d'un mélanome. La scanographie a montré un saignement intratumoral avec un œdème réactionnel. Le patient a alors reçu des corticoïdes et des anti-épileptiques. Il a récupéré complètement de son déficit et n'a plus souffert de crise convulsive. Le saignement s'est progressivement résorbé. Une radionécrose a été mise en évidence chez 3 patients, dont 2 asymptomatiques. Le troisième patient a progressivement souffert de troubles de la mémoire et d'un syndrome dépressif marqué. L'IRM a nettement montré la radionécrose avec leuco-encéphalopathie diffuse, mise sur le compte d'une IET délivrée 32 mois avant la RCS et qui avait délivré 35 Gy en 14 fractions. À noter qu'une alopécie totale n'a été rapportée que chez les patients qui ont eu une IET et une alopécie localisée chez 3 patients qui n'ont eu que la RCS.

Discussion

Dans la plupart des pays industrialisés, la population de plus de 65 ans augmente. Soixante pour cent des cancers se développent chez des patients de plus de 65 ans. Plus de la moitié ont plus de 70 ans et un quart plus de 80 ans [30]. Le nombre de publications concernant les personnes âgées atteintes de cancer n'a fait que croître ces dernières années à l'instar des colloques, congrès ou réunions sur ce thème. Si la prise de conscience des difficultés des différents traitements chez la personne âgée est réelle, force est de constater la pauvreté des données cliniques disponibles.
Les personnes de plus de 65 ans ont souvent été écartées des essais cliniques prospectifs. Ainsi, une étude récente a repris les 16 396 patients inclus dans 164 essais randomisés conduits par le Southwest Oncology Group entre 1993 et 1996. Les auteurs ont constaté que seulement 25 % des patients avaient 65 ans ou plus alors qu'ils représentaient, durant la même période, 65 % des nouveaux cas enregistrés [31]. Cette sous-représentation et la rareté des études spécifiques font que, à de rares exceptions près, il est impossible de confirmer que les « standards » thérapeutiques proposés à la population générale sont adaptés aux patients âgés. Dans les faits, les personnes âgées sont souvent traitées différemment des autres, empiriquement. La tendance au sous-traitement est une donnée générale mais n'est que rarement explicitement justifiée [32].
Les patients âgés ne reçoivent souvent pas le traitement adéquat pour des raisons variées incluant les maladies synchrones (comorbidités) qui augmentent avec l'âge [33], la peur de la iatrogénicité, le déclin des fonctions mentales et, parfois, le manque de soutien familial ou social. Cependant, il faut rappeler que, en l'absence de cancer, la plupart des personnes autonomes de plus de 75 ans ont une espérance de vie de 10 à 15 ans [34]. Dans une étude qui a inclus 936 femmes atteintes d'un cancer du sein, il a été montré que la présence de 3 maladies synchrones ou plus entraînait un risque de mortalité non lié au cancer de 20 fois supérieur à celui des femmes qui en avaient moins de 3 [35]. En ce qui concerne la toxicité des traitements, certaines études ont clairement montré que la tolérance de tous les traitements anticancéreux était identique, quel que soit l'âge des patients [30, 36]. Ainsi, si les antécédents médicaux jouent probablement un rôle important dans la mortalité des patients âgés atteints d'un cancer, cela n'est a priori pas une raison pour expliquer un sous-traitement puisque la tolérance de ces patients n'est pas plus faible que celle des patients plus jeunes. Dans notre étude, la moitié des patients sont décédés de l'évolution du cancer systémique et deux seulement de causes intercurrentes liées à des comorbidités.
Notre série est à ce jour la seule qui présente les cas de patients âgés de plus de 70 ans. Ces patients représentaient 12,6 % de l'ensemble de la population prise en charge dans le service de radiothérapie pour une indication de RCS. Dans une large série de 1292 patients traités pour des métastases cérébrales, Lagerwaard et al. [6] ont retrouvé 19 % de patients de 70 ans et plus.
L'âge a souvent été considéré comme un facteur pronostique de la survie des patients traités pour des métastases cérébrales. Lagerwaard et al. [6] ont retrouvé une médiane de survie de 2,6 mois pour les patients de plus de 70 ans et de 3,3 et 3,9 mois respectivement pour les patients âgés de 60 à 69 ans et de 17 à 59 ans (p < 0,0001). Dans une série de 62 patients atteints de métastase unique, Noordijk et al. [18] ont conclu qu'un traitement associant une exérèse chirurgicale et une radiothérapie devait être réservé aux patients qui n'avaient pas un cancer évolutif en dehors de l'encéphale et dont l'âge était inférieur à 60 ans. Gaspar et al. [21] et Weltman et al. [37] ont construit des classes pronostiques de survie globale en intégrant l'âge, respectivement 65 et 60 ans, qui étaient des âges au-delà desquels le pronostic se dégradait. L'analyse de deux séries de patients traités par RCS a montré une diminution statistiquement significative de la durée de survie liée à l'âge [28, 38]. Dans l'étude de Shu et al. [38], il a été noté une diminution des taux de survie globale après RCS pour les patients de plus de 60 ans avec un risque relatif de 1,18 par décennie. Cependant, seule la survie globale était prise en compte et cela ne permet donc pas de différencier les décès de cause intercurrente de ceux secondaires à une évolution tumorale. C'est pourquoi, dans notre étude, aucun patient n'avait a priori un pronostic favorable de survie. Cependant, cela était en contradiction avec la durée médiane de survie de 9 mois qui rejoint celle des séries de RCS dans lesquelles les patients n'étaient pas aussi sélectionnés et qui variaient de 6 à 12 mois [28, 39-41]. En supprimant l'âge de la classification RPA et en intégrant uniquement l'indice de Karnofsky et le caractère contrôlé de la maladie, nous obtenons un facteur pronostique de la survie indépendant et statistiquement significatif. Cela permet de conclure que, indépendamment de l'âge, ces deux facteurs regroupés permettraient de mieux préciser les indications de la RCS.
Le taux de décès d'origine neurologique de 19 %, représentant 6 patients sur 32, était identique à ceux retrouvés dans des séries de patients qui ont eu une RCS et qui variaient de 5 à 34 % [40, 42-44]. Il en est de même pour le taux de récidive cérébrale après irradiation de 34 % comparable aux taux variant de 20 à 63 % dans les séries de patients qui ont eu une RCS seule ou associée à une IET [40, 42, 44, 45]. Il est à noter que tous les patients traités pour une récidive après IET ont eu un contrôle de la maladie. Cela est en accord avec une publication antérieure qui souligne la persistance de la radiosensibilité des métastases après IET [46].
Le taux de réponse des métastases à l'irradiation était identique à ceux qui ont été rapportés dans des séries ne tenant pas compte de l'âge des patients et variait de 47 à 95 % [43, 47-50]. L'âge ne paraît donc pas être un facteur de radiorésistance des métastases. L'analyse a montré une durée médiane de survie plus longue pour les patients traités en rattrapage que pour les autres alors que les groupes étaient comparables. Cependant, il y avait plus de patients avec une maladie extracrânienne contrôlée dans le groupe de ceux traités en rattrapage (5/6) que dans celui avec uniquement une RCS ou une association immédiate avec une IET (15/41) (p = 0,073). De plus, une durée médiane de survie plus longue a aussi été constatée chez les patients institutionnalisés par rapport à ceux qui ne l'étaient pas. Le seul facteur statistiquement différent entre les deux groupes était le contrôle de la maladie extracrânienne, respectivement 7 patients sur 9 et 15 patients sur 41 (p = 0,03).
Ces résultats confirment l'intérêt de la RCS. Dans le cas des patients âgés, ce traitement a de multiples avantages sur la radiothérapie classique qui intéresse l'ensemble de l'encéphale. Le risque de complications est faible et un risque de démence secondaire à une leucoencéphalopathie n'a pas été décrit contrairement à l'irradiation encéphalique en totalité [22-24, 51]. L'article de Asai et al. [51] a rapporté les effets secondaires psychomoteurs chez 91 patients après une irradiation focalisée (irradiation par faisceaux de taille réduite à la zone de l'encéphale considérée comme suspecte sans pour autant n'irradier que la métastase) pour une tumeur cérébrale primitive ou encéphalique en totalité pour des métastases cérébrales. L'atrophie cérébrale constatée n'était pas localisée uniquement au site d'irradiation mais était beaucoup plus diffuse. Le taux d'atrophie cérébrale était de 73 % chez les patients de plus de 50 ans et de 39 % chez les patients âgés de moins de 50 ans (p < 0,005). Cette atrophie apparaissait dans les 2 à 3 mois après l'irradiation, s'aggravait dans les 6 à 9 mois pour se stabiliser ensuite. Soixante pour cent des patients qui avaient une atrophie ont souffert d'une démence contre 29 % de ceux qui n'avaient pas d'atrophie (p < 0,001). L'âge moyen des patients atteints de démence était de 60 ans contre 43 pour ceux qui n'en avaient pas. S'il n'y avait pas de différence d'incidence d'atrophie en fonction de la dose, il y avait une nette corrélation entre le risque de démence et le volume irradié. Outre le risque de complications, l'irradiation a d'autres inconvénients par rapport à la RCS : un nombre plus grand de séances, accompagné d'autant de déplacements, et l'impossibilité de la répéter. De plus, après IET, une alopécie totale est quasi inéluctable alors que, si elle apparaît parfois après RCH, elle reste limitée en surface. L'ensemble de ces facteurs peut grever de façon importante la qualité de vie des patients.
Au total, l'irradiation en conditions stéréotaxiques est faisable et efficace chez les patients de 70 ans et plus. La médiane de survie à 9 mois est encourageante comparativement aux quelques mois qui ont été rapportés avec l'irradiation encéphalique en totalité. Ce traitement ambulatoire est peu contraignant pour les patients. Le risque de complication est faible et doit être considéré comme le traitement de choix, d'autant plus si les patients appartiennent au groupe de pronostic relativement favorable précédemment décrit.

Patients et méthode

De janvier 1994 à janvier 2002, 420 patients avec un total de 882 métastases cérébrales ont une RCS dans le service de radiothérapie de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Parmi eux, 53 (12,6 %) avaient plus de 70 ans à la date du traitement et ont été irradiés pour 105 métastases cérébrales (11,7 %).
Les caractéristiques des patients sont présentées dans le tableau 1. Il y avait 26 femmes et 27 hommes. L'âge médian était de 73 ans (70-86). L'intervalle médian entre le diagnostic initial de la maladie et celui des métastases cérébrales était de 18 mois (0-216).
Lors de la RCS, 9 patients étaient institutionnalisés dans une structure médicalisée et 43 vivaient à domicile ; pour 1 patient, les données étaient incomplètes. Les métastases cérébrales ont été diagnostiquées à la suite de l'apparition de signes cliniques chez 34 patients (64,1 %). Il s'agissait de troubles sensitivomoteurs dans 22 cas, de troubles de l'équilibre dans 8 cas, de céphalées dans 4 cas, de crises d'épilepsie dans 4 cas, de diplopie dans 3 cas, de troubles mnésiques dans 2 cas et d'aphasie dans 2 autres cas.
Trente-huit patients avaient des métastases uniquement sus-tentorielles (71,7 %), 8 patients des métastases sous-tentorielles (15,1 %) et 7 avaient les deux (13,2 %).
Vingt-six patients étaient atteints d'un adénocarcinome (50 %), 5 d'un mélanome (9,5 %), 17 d'un carcinome (32 %) et, pour 5 autres, l'examen anatomopathologique n'a pas pu conclure au type précis de cancer (9,5 %). Au moment de la RCS, 29 patients n'avaient pas de maladie cancéreuse extracérébrale évolutive (55 %), 22 avaient soit une évolution de la maladie primitive, soit des métastases extracérébrales (41 %) et, pour 2 patients, les données étaient incomplètes (4 %).
Les patients étaient globalement en bon état général, avec un indice de Karnofsky (IK) de 50 à 90. Quarante-sept patients (89 %) avaient un IK supérieur ou égal à 70. En fonction de la classification RPA (recursive partitioning analysis, tableau 2, [21]), 46 patients étaient de classe II (87 %) et 6 de classe III (11 %), 1 patient n'était pas classable. En fonction de la classification SIR (score index for radiosurgery in brain metastases, tableau 3, [37]), 7 patients avaient un SIR1 (13 %), 35 un SIR2 (66 %), 5 un SIR3 (9 %) et 6 n'ont pas pu être classés.
Les patients ont été traités pour 1 à 6 métastases. Vingt-neuf patients (55 %) ont été irradiés pour une seule métastase. Le diamètre médian des métastases était de 24 mm (5-74,9) et le volume médian de 2,1 cc (0,02-71,3). Quatre-vingt-trois étaient sus-tentorielles (79 %) et 22 sous-tentorielles (21 %).
Quarante-cinq patients (85 %) ont eu une seule procédure de RCS et 8 ont eu deux procédures pour de nouvelles métastases, avec des intervalles entre les deux procédures de 0,6 à 27 mois (médiane 10 mois). Quarante patients ont eu une RCS exclusive. Sept patients (13,2 %) ont eu une RCS pour une récidive après une irradiation encéphalique en totalité effectuée entre 2 et 32 mois avant (médiane 10 mois). Trois patients ont eu une irradiation encéphalique en totalité (IET) dans le même temps que la RCS. Trois patients ont eu une IET après la RCS pour récidive. Les doses d'irradiation encéphalique en totalité étaient comprises entre 20 et 39,6 Gy par fraction de 1,8 à 5 Gy.
La radiothérapie en conditions stéréotaxiques a été effectuée avec un accélérateur linéaire modifié de 10 MV (Saturne, General ElectricTM) utilisant une technique déjà décrite et brièvement rappelée [39, 46, 52]. Toute la procédure dure 8 heures. Le matin, sous anesthésie locale, le neurochirurgien pose un cadre de stéréotaxie, grâce à 4 pointes qui s'appuient à force égale sur la boite crânienne. Puis le patient a, avec son cadre, une IRM avec injection de produit de contraste (coupes de 1,5 mm d'épaisseur). L'ensemble des images obtenues dans le service de neuroradiologie est transféré dans le service de radiothérapie via le réseau informatique interne et capturé par le programme de dosimétrie Isis 3D (technologie diffusion TM1997).

Un radiothérapeute, avec le neurochirurgien et un neuroradiologue, délimite la métastase et les organes critiques par lesquels les faisceaux ne doivent pas passer (les deux nerfs optiques, le chiasma, le tronc cérébral).
Le volume tumoral est délimité par la prise contraste jusqu'en août 1995 et par cette prise de contraste plus une marge de 1 mm par la suite. La dosimétrie consiste alors à choisir des faisceaux qui vont concourir dans la lésion, afin de délivrer une dose de 20 Gy au centre et de 14 Gy (70 %) à la périphérie du volume tumoral délimité. Cette décroissance de dose extrêmement rapide sur une distance de quelques millimètres est possible du fait de la multiplication des minifaisceaux d'irradiation. En fait, l'irradiation est une arcthérapie, c'est-à-dire que la tête de l'accélérateur linéaire tourne autour de celle du patient lors de l'irradiation. Le choix de 5 à 6 arcs espacés et concourrant dans la lésion permet encore de diminuer la dose dans chaque volume de tissus traversé. De plus, cette technique utilise des collimateurs additionnels dont la surface est ronde et dont les diamètres sont de 10 à 50 mm, avec des paliers de 2,5 mm, ce qui permet de s'adapter aux différentes conformations de la tumeur. Un ou plusieurs collimateurs peuvent être utilisés. Dans cette série, 94 lésions ont été traitées avec 1 collimateur, 8 lésions avec 2 collimateurs et 3 avec 3 collimateurs. Le diamètre médian des collimateurs utilisés était de 22,5 mm (10-47,5).

Tableau 1. Caractéristiques des 53 patients de 70 ans et plus qui ont reçu une RCS

Caractéristiques

Nombre de patients
Hommes 27 (51 %)
Femmes 26 (49 %)
Patients institutionnalisés  
• Oui  9 (17 %)
• Non 43 (81 %)
• Non précisé  1 (2 %)
Signes cliniques  
• Oui 34 (64 %)
• Non 15 (28)
• Non précisé  4 (8 %)
Site de la tumeur primitive  
• Mélanome  5 (9 %)
• Digestif  8 (15 %)
• Bronchique 20 (38 %)
• Rein  6 (11 %)
• Sein  4 (8 %)
• Autres (endomètre, vessie, thyroïde, ovaire, non précisé) 10 (19 %)
Type anatomo-pathologique
• Adénocarcinome 26 (49 %)
• Carcinome 17 (32 %)
• Mélanome  5 (9,5 %)
• Non précisé  5 (9,5 %)
Cancer contrôlé en dehors de l'encéphale
• Oui 22 (41 %)
• Non 29 (55 %)
• Non précisé  2 (4 %)
Indice de Karnofsky
• 50  2 (4 %)
• 60  4 (7 %)
• 70 26 (49 %)
• 80 12 (23 %)
• 90  9 (17 %)
Nombre de métastases
• 1 29 (55 %)
• 2  9 (17 %)
• 3  7 (13 %)
• ≥ 4  8 (15 %)
Site des métastases
• Sus-tentoriel 38 (72 %)
• Sous-tentoriel  8 (15 %)
• Mixte  7 (13 %)
Classification RPA
• II 46 (87 %)
• III  6 (11 %)
• Non calculable  1
Classification RPAa
• Ia 19 (36,5 %)
• IIa 27 (52 %)
• IIIa  6 (11,5 %)
• Non calculable  1
Score SIR
• 1  7 (13 %)
• 2 35 (67 %)
• 3  5 (9 %)
• Non calculable  6 (11 %)
Irradiation de l'encéphale en totalité (IET)
• Oui 13 (24,5 %)
- avant la RCS  7
- au moment de la RCS  3
- après la RCS  3
• Non 40 (75,5 %)

Tableau 2. Variables pronostiques permettant de construire les classes RPA. D'après Gaspar et al. [21]

RPA I Maladie primitive contrôlée et absence de métastase extracrânienne et âge < 65 ans et indice de Karnofsky ≥ 70
RPA II Autres cas
RPA III Indice de Karnofsky < 70

Tableau 3. Variables pronostiques permettant de construire les scores SIR. D'après Weltman et al. [37]

0 1 2
Àge (ans)  ≥ 60 51-59 ≤ 50
Indice Karnofsky  ≤ 50 60-70  > 70
Statut de la maladie systémique Progression Stabilité ou rémission partielle Réponse complète ou absence de maladie évolutive
Volume de la lésion
la plus grosse (cm3)
 > 13 5-13  < 5
Nombre de lésions  ≥ 3 2 1

Les scores SIR sont calculés par la somme de valeurs des différents paramètres qui prennent donc des valeurs de 0 à 10 correspondant à SIR1 : 0-3 ; SIR2 : 4-7 ; SIR3 : 8-10.

Une fois la distribution de dose obtenue, le patient est installé dans la salle de traitement, couché sur la table de traitement, la tête fixée, grâce au cadre (précision < 1 mm), sur une potence, elle-même solidement ancrée au sol. La séance dure de 30 minutes à 2 heures en fonction du nombre de lésions traitées. Tous les patients ont reçu avant le traitement une injection de corticoïdes et d'antalgiques par voie intraveineuse afin de prévenir un éventuel œdème réactionnel à l'irradiation. L'irradiation terminée, le cadre de stéréotaxie est immédiatement déposé sans anesthésie.

Statistiques

Les probabilités de survie globale et de rechute cérébrale ont été calculées à partir de la date de RCS selon la méthode de Kaplan et Meier. Le test du log-rang a été utilisé pour comparer les courbes de survie. Pour l'analyse des survies, globale et sans récidive cérébrale, les critères suivants ont été étudiés : le sexe, l'âge, l'institutionnalisation (moyen et long séjour), la présence de signes cliniques, le délai d'apparition des métastases par rapport au diagnostic du cancer, la localisation de la tumeur primitive (bronche versus autres), le type anatomo-pathologique (adénocarcinome versus autres), l'indice de Karnofsky (< 70 versus ≥ 70), le score SIR, la classe RPA, le caractère contrôlé ou non de la maladie extracrânienne, le fait d'avoir eu ou non une irradiation encéphalique en totalité, le nombre de métastase (1 versus 2 et plus et 1-2 versus 3 et plus), leur siège (au moins 1 métastase sous-tentorielle versus seulement sus-tentorielle).
Pour l'analyse du contrôle local, les critères suivants ont été pris en considération : le diamètre, le volume de la métastase, la localisation (sous-tentorielle versus sus-tentorielle), les doses minimales et maximales délivrées.

Les analyses multifactorielles ont été effectuées en incorporant les facteurs pronostiques informatifs après analyse monofactorielle ou en incorporant des facteurs classiquement décrits dans la littérature en utilisant le modèle de régression de Cox. Une valeur de p inférieure à 0,05 a été considérée comme statistiquement significative. Les critères de réponse des lésions traitées ont été évalués sur le dernier examen radiologique cérébral effectué (IRM ou scanographie) et définis comme une réponse complète lors de la disparition complète de toute prise de contraste, une réponse partielle si la réduction du produit de deux diamètres était supérieure à 50 % et une stabilité si ce produit était diminué de moins de 50 % ou augmenté de moins de 25 %. Une poursuite évolutive a été définie comme une augmentation de plus de 25 %. Le contrôle local correspond à une réponse complète, partielle ou stable. Le contrôle cérébral est défini comme l'absence de nouvelle lésion dans l'encéphale et au minimum la stabilité des métastases irradiées.
Puisque la classification RPA I intègre le facteur âge inférieur à 65 ans, aucun des patients de cette série ne pouvait entrer dans la catégorie RPA I. Nous avons donc envisagé une classification adaptée aux patients âgés en supprimant le caractère de l'âge. La classification RPAa (Recursive Partitioning Analysis patient âgé) est donc définie ainsi : RPAIa (patients avec un IK ≥ 70 et un cancer primitif contrôlé et sans métastases hors de l'encéphale), RPAIIa (patients avec un IK ≥ 70 et un cancer primitif et/ou métastatique hors l'encéphale non contrôlée), RPA IIIa (patients avec un IK < 70). n

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