ARTICLE
Auteur(s) : Georges NOËL1, Sophie NOËL5, Loïc FEUVRET1, Charles-Ambroise VALERY2, Philippe CORNU2, Gilbert BOISSERIE1, Dominique HASBOUN3, Bernadette TEP1, Jean-Yves DELATTRE4, François
BAILLET1, Jean-Jacques
MAZERON1
1 Service des tumeurs,
2 Service de neurochirurgie,
3 Service de neuroradiologie,
4 Service de neurologie, Groupe Pitié-Salpêtrière,
AP-HP, 47-83, bd de l'hôpital, 75651 Paris Cedex 13
5 Service de gériatrie, hôpital des Abondances, rue des
Abondances, 92200 Boulogne-Billancourt
Article reçu le 24 mars 2003, accepté le 15 juillet
2003
Les métastases cérébrales sont très fréquentes puisqu'elles se
développent chez 20 à 40 % des patients au cours de la maladie
cancéreuse [1, 2]. Elles révèlent la maladie tumorale dans 10 à
30 % des cas [3]. Lors du diagnostic, près de 60 % des
patients ont des métastases multiples [4]. Plus de 60 % des
patients atteints de métastases cérébrales ont entre 50 et
70 ans. La fréquence de ces métastases décroît fortement après
70 ans [5]. Leur incidence est cependant croissante du fait de
l'augmentation de vie des patients traités pour une tumeur maligne
et de l'accès plus facile aux moyens neurodiagnostiques. Le cerveau
a été décrit comme un sanctuaire métastatique parce que les
chimiothérapies passeraient mal la barrière hémato-céphalique. Les
cancers qui disséminent le plus souvent dans l'encéphale sont ceux
des bronches et du sein.
En l'absence de traitement, la survie des patients est de
quelques semaines. Elle est de 1,3 mois avec la
corticothérapie [6]. La radiothérapie externe a été proposée dès
1954 pour traiter les métastases cérébrales [7]. Il s'agit dès lors
d'une irradiation de l'encéphale en totalité selon des schémas
variables. Les taux de réponse et de survie des patients ne
dépendent pas de la dose [8]. Cette irradiation a pour objectifs de
stériliser les métastases macroscopiques et microscopiques [9]. La
durée médiane de survie des patients atteints de métastases
cérébrales irradiées est de 3 à 5 mois [6, 10-12].
Une autre option thérapeutique est l'exérèse chirurgicale des
lésions. Elle est la technique de choix lorsque le diagnostic de
cancer n'a pas été confirmé par une examen anatomo-pathologique ou
quand le pronostic vital est engagé à court terme. Les possibilités
de la chirurgie sont toutefois limitées chez les patients atteints
de multiples métastases ou de métastases profondes. Le taux de
mortalité postopératoire est de 0 à 10 % avec une moyenne de
4 % [13, 14]. Ce risque a diminué avec le développement de la
microchirurgie [15]. Cependant, les taux de récidive dans le lit
opératoire peuvent atteindre 20 à 30 % des cas [14, 15]. La
durée médiane de survie après chirurgie seule est de 8 à
10 mois [16-18].
Deux essais randomisés ont montré que l'association d'une
chirurgie et d'une irradiation adjuvante induisait de meilleurs
taux de survie que l'irradiation seule [16, 18]. Cependant, en
associant la radiothérapie à la chirurgie, bien qu'il ait été
démontré une diminution du taux de récidive in situ ainsi
qu'un allongement de la durée de rémission, l'impact sur la survie
n'a pas été clairement démontré [16, 19, 20].
Quel que soit le traitement, l'âge est un facteur pronostique
important de la survie et certains auteurs ne conseillent pas la
chirurgie pour les patients de plus de 60 ans [13]. Après
irradiation, l'âge, en particulier au-delà de 70 ans, est un
facteur pronostique indépendant de la survie [6, 21]. Cependant, il
a été clairement démontré que l'irradiation encéphalique en
totalité pouvait entraîner des complications neuropsychiques à
relativement court terme [22], ce qui peut en limiter les
indications, principalement chez les patients âgés [23, 24].
La radiochirurgie stéréotaxique ou radiothérapie en conditions
stéréotaxiques (RCS) est une méthode de traitement qui permet
l'irradiation très sélective, en une seule séance, d'un ou de
plusieurs volumes lésionnels intracérébraux par des minifaisceaux
convergeant au centre de la cible. Elle est soit le seul traitement
possible, soit une alternative à l'abord chirurgical de certaines
lésions cérébrales.
Cette technique a été en outre développée pour le traitement des
malformations artério-veineuses (MAV) [25], des neurinomes de
l'acoustique [26], de certains méningiomes de la base du crâne [27]
et des métastases intracrâniennes [28, 29]. La RCS est un
traitement ambulatoire, peu invasif, efficace, qui peut être répété
et entraîne peu de complications.
Globalement, il existe deux types d'appareil pouvant permettre la
radiothérapie en conditions stéréotaxiques. Le Gamma Unit et le
Gamma Knife, créé par le neurochirurgien suédois Leksell, sont des
machines dédiées à la RCS dotées de 201 sources de cobalt
60 dont les faisceaux convergent vers un foyer unique.
Secondairement, la RCS a été réalisée sur des accélérateurs
linéaires utilisés pour la radiothérapie classique. Cependant, il
faut un développement de matériel spécifique.
La RCS s'est développée en particulier pour les métastases
cérébrales profondes ou situées dans des zones fonctionnelles
(« parlantes ») du cerveau, inaccessibles à la chirurgie.
Devant les résultats obtenus, les indications se sont élargies à
toutes les localisations cérébrales. Cependant, il est
classiquement conseillé de limiter ce traitement aux patients
atteints de moins de 3 métastases de moins de 3 cm de
diamètre. En fait, devant la facilité de mise en œuvre, les
indications se sont élargies. Le patient doit avoir un indice de
Karnofsky égal ou supérieur à 50 et ne doit pas être agité.
La RCS est donc un traitement potentiellement intéressant pour les
patients les plus âgés, car il est efficace, ambulatoire, rapide et
répétable. Nous présentons les résultats obtenus dans une série de
53 patients âgés de plus de 70 ans.
Résultats
La durée médiane de surveillance était de 8 mois (1-33).
Les dossiers de 10 patients atteints au total de
22 métastases n'étaient pas évaluables pour la réponse à la
RCS ni pour l'évolution métastatique après RCS du fait du décès
avant le premier contrôle.
Les doses médianes délivrées à la périphérie et au centre du
volume tumoral macroscopique étaient respectivement de 16,4
(6,5-20,5) et 20,4 Gy (13,2-41,9). La dose médiane minimale
délivrée à la périphérie du volume cible anatomoclinique
(1 mm) était de 14,4 Gy (6,5-19,4).
Survie globale
Lors de l'évaluation, 33 patients étaient décédés. Neuf
patients sont décédés de métastases extracérébrales, 6 de cause
tumorale neurologique, 2 de maladie intercurrente et 16 de cause
inconnue. La durée médiane de survie globale était de 9 mois.
Les taux de survie à 3, 6, 12 et 18 mois étaient
respectivement de 85,6 ± 5 %,
65,2 ± 7,1 %, 35,5 ± 7,8 % et
26,6 ± 8 % (figure 1, A).
En analyse monofactorielle, l'absence de cancer en dehors de
l'encéphale était un facteur pronostique de la survie globale
puisque la durée médiane de survie des patients avec une maladie
extracrânienne contrôlée était de 11 mois contre 8 mois
pour les patients dont la maladie extracrânienne n'était pas
contrôlée (p = 0,043). En fonction de la classification
effectuée pour les patients âgés, les durées médianes de survie
pour les groupes de patients RPA Ia, RPA IIa et RPA IIIa étaient
respectivement de 25, 8 et 3 mois (p = 0,016). Aucun
autre facteur pronostique potentiel n'était statistiquement
significatif.
Cependant, il est intéressant de noter que la durée médiane de
survie des patients institutionnalisés était de 20 mois contre
9 mois pour ceux qui ne l'étaient pas, mais le faible nombre
de patients dans le premier groupe ne permet pas d'avoir une
puissance statistique suffisante pour mettre en évidence une
différence statistiquement significative (p = 0,55).
Pour les patients traités en rattrapage d'une IET (irradiation
encéphalique en totalité) antérieure, la médiane de survie était de
17 mois comparativement à 9 et 8 mois pour les patients
qui avaient eu, respectivement, seulement la RCS et la RCS et une
IET dans le même temps (p = 0,6).
Les données concernant les classes pronostiques IK, RPA et SIR se
sont avérées intéressantes. En effet, même si les différences
n'étaient pas statistiquement significatives, ces classifications
conservaient une orientation. Les patients qui avaient un IK
inférieur à 70 avaient une durée médiane de survie de
5 mois contre 9 pour ceux qui avaient un IK égal ou supérieur
à 70 (p = 0,06) ; pour les RPA II et III, les
valeurs étaient respectivement de 9 mois et 5 mois
(p = 0,07) et, pour les scores SIR1, 2 et 3, elles
étaient respectivement de 5 mois, 9 mois et non atteint
(p = 0,17).
En analyse multifactorielle incluant le score RPAa, seul ce
dernier était un facteur pronostique indépendant
(p = 0,019, RR = 0,89, intervalle de confiance 95 %
= [0,017-0,47]).
Survie sans récidive cérébrale
Au moment de l'analyse, 18 patients (34 %) avaient
souffert d'une récidive cérébrale. Pour 14 de ces patients
(78 %), la rechute s'est faite uniquement sous la forme de
nouvelles métastases, pour 2 d'entre eux uniquement de
méningite carcinomateuse et 2 autres, de nouvelles métastases
et d'une méningite carcinomateuse. Les délais de rechutes variaient
entre 1 et 25 mois. Trois patients ont eu une irradiation
encéphalique en totalité 6, 10 et 26 mois après la RCS pour
cette récidive cérébrale. La durée médiane de survie sans rechute
cérébrale était de 12 mois. Les taux de survie sans rechute
cérébrale à 3, 6, 12 et 18 mois étaient respectivement de
81,5 ± 6,4 %, 68,7 ± 8 %,
47,2 ± 9,9 % et 35,4 ± 12,6 % (figure 1, B).
Aucun facteur pronostique de la survie sans récidive cérébrale
n'était statistiquement significatif. Cependant, la durée médiane
de survie sans récidive était plus longue pour les patients avec un
cancer extracrânien contrôlé que pour ceux qui avaient un cancer
évolutif en dehors de l'encéphale, respectivement, 18 et
7 mois (p = 0,25). Pour les patients traités en
rattrapage d'une IET antérieure, la durée médiane de survie sans
récidive cérébrale était de 17 mois comparativement à 8 et
5 mois pour les patients qui avaient eu, respectivement,
seulement la RCS et la RCS et une IET dans le même temps
(p = 0,3). Bien que non statistiquement significative,
une différence de durée médiane de survie sans récidive a été notée
pour les patients institutionnalisés et ceux qui ne l'étaient pas,
respectivement non atteinte et 12 mois
(p = 0,88).
L'analyse a aussi montré l'orientation pronostique des facteurs
IK, RPA et SIR. En effet, les patients avec un IK inférieur à
70 avaient une durée médiane de survie sans récidive de
7 mois contre 12 pour ceux qui avaient un IK égal ou supérieur
à 70 (p = 0,48) ; pour les RPA II et III, les
valeurs étaient respectivement de 18 et 7 mois
(p = 0,45) et, pour les scores SIR1, 2 et 3, elles
étaient respectivement de 5, 8 mois et 18 mois
(p = 0,49). L'analyse en fonction des classes RPAa a
donné des durées médianes de survie sans récidive cérébrale de 18,
8 et 7 mois respectivement pour les classes Ia, IIa et IIIa
(p = 0,4).
Contrôle local et réponse clinique
Le taux de contrôle brut était de 97 %. Les taux de
contrôle local à 6 et 12 mois étaient respectivement de
98,6 ± 1,4 % et 88,5 ± 7,6 % (figure 1,C). Sur les
83 lésions évaluables, 3 lésions ont augmenté de volume
chez 2 patients. Cette évolution a été confirmée par un second
examen à au moins 3 mois d'intervalle. Une réponse complète a
été observée pour 18 lésions (22 %), une réponse
partielle pour 22 (26,5 %) et une stabilité pour 40
(48 %). Du fait du faible nombre d'échecs, une analyse de
facteur pronostique n'était pas envisageable.
Les deux patients qui ont eu une poursuite évolutive de métastases
traitées avaient un cancer évolutif en dehors de l'encéphale lors
de la RCS. Dans un cas, il s'agissait d'un carcinome épidermoïde
bronchique et, dans le second cas, d'un carcinome rénal à cellules
claires, tumeur considérée classiquement comme radiorésistante. Le
premier patient a été traité pour une seule métastase, le second
pour 3, dont 2 ont augmenté de volume et 1 a diminué de taille
après RCS. Ces trois métastases étaient sus-tentorielles. Les doses
délivrées à ces métastases étaient protocolaires. À noter que ces
deux patients ont eu de nouvelles métastases cérébrales après la
RCS.
Sur les 34 patients qui souffraient de signes cliniques avant
l'irradiation, les dossiers de 6 n'étaient pas évaluables pour
la réponse clinique. Un patient a souffert d'une aggravation de son
état neurologique alors que les lésions étaient stables, qu'il n'y
avait pas de nouvelle métastase et qu'aucune complication de
l'irradiation n'a été mise en évidence sur l'imagerie. Neuf
patients (26,5 %) ont eu une réponse complète des signes
cliniques, sans séquelles, 13 une réponse partielle
(38 %) et 5 une stabilisation (15 %).
Complications
Quatre patients ont souffert d'une complication. Un patient a eu
une crise convulsive généralisée avec déficit post-critique
quelques heures après l'irradiation d'une métastase d'un mélanome.
La scanographie a montré un saignement intratumoral avec un œdème
réactionnel. Le patient a alors reçu des corticoïdes et des
anti-épileptiques. Il a récupéré complètement de son déficit et n'a
plus souffert de crise convulsive. Le saignement s'est
progressivement résorbé. Une radionécrose a été mise en évidence
chez 3 patients, dont 2 asymptomatiques. Le troisième patient
a progressivement souffert de troubles de la mémoire et d'un
syndrome dépressif marqué. L'IRM a nettement montré la radionécrose
avec leuco-encéphalopathie diffuse, mise sur le compte d'une IET
délivrée 32 mois avant la RCS et qui avait délivré 35 Gy
en 14 fractions. À noter qu'une alopécie totale n'a été
rapportée que chez les patients qui ont eu une IET et une alopécie
localisée chez 3 patients qui n'ont eu que la RCS.
Discussion
Dans la plupart des pays industrialisés, la population de plus
de 65 ans augmente. Soixante pour cent des cancers se
développent chez des patients de plus de 65 ans. Plus de la
moitié ont plus de 70 ans et un quart plus de 80 ans
[30]. Le nombre de publications concernant les personnes âgées
atteintes de cancer n'a fait que croître ces dernières années à
l'instar des colloques, congrès ou réunions sur ce thème. Si la
prise de conscience des difficultés des différents traitements chez
la personne âgée est réelle, force est de constater la pauvreté des
données cliniques disponibles.
Les personnes de plus de 65 ans ont souvent été écartées des
essais cliniques prospectifs. Ainsi, une étude récente a repris les
16 396 patients inclus dans 164 essais randomisés
conduits par le Southwest Oncology Group entre 1993 et 1996. Les
auteurs ont constaté que seulement 25 % des patients avaient
65 ans ou plus alors qu'ils représentaient, durant la même
période, 65 % des nouveaux cas enregistrés [31]. Cette
sous-représentation et la rareté des études spécifiques font que, à
de rares exceptions près, il est impossible de confirmer que les
« standards » thérapeutiques proposés à la population
générale sont adaptés aux patients âgés. Dans les faits, les
personnes âgées sont souvent traitées différemment des autres,
empiriquement. La tendance au sous-traitement est une donnée
générale mais n'est que rarement explicitement justifiée [32].
Les patients âgés ne reçoivent souvent pas le traitement adéquat
pour des raisons variées incluant les maladies synchrones
(comorbidités) qui augmentent avec l'âge [33], la peur de la
iatrogénicité, le déclin des fonctions mentales et, parfois, le
manque de soutien familial ou social. Cependant, il faut rappeler
que, en l'absence de cancer, la plupart des personnes autonomes de
plus de 75 ans ont une espérance de vie de 10 à 15 ans
[34]. Dans une étude qui a inclus 936 femmes atteintes d'un
cancer du sein, il a été montré que la présence de 3 maladies
synchrones ou plus entraînait un risque de mortalité non lié au
cancer de 20 fois supérieur à celui des femmes qui en avaient
moins de 3 [35]. En ce qui concerne la toxicité des
traitements, certaines études ont clairement montré que la
tolérance de tous les traitements anticancéreux était identique,
quel que soit l'âge des patients [30, 36]. Ainsi, si les
antécédents médicaux jouent probablement un rôle important dans la
mortalité des patients âgés atteints d'un cancer, cela n'est a
priori pas une raison pour expliquer un sous-traitement puisque
la tolérance de ces patients n'est pas plus faible que celle des
patients plus jeunes. Dans notre étude, la moitié des patients sont
décédés de l'évolution du cancer systémique et deux seulement de
causes intercurrentes liées à des comorbidités.
Notre série est à ce jour la seule qui présente les cas de
patients âgés de plus de 70 ans. Ces patients représentaient
12,6 % de l'ensemble de la population prise en charge dans le
service de radiothérapie pour une indication de RCS. Dans une large
série de 1292 patients traités pour des métastases cérébrales,
Lagerwaard et al. [6] ont retrouvé 19 % de patients de
70 ans et plus.
L'âge a souvent été considéré comme un facteur pronostique de la
survie des patients traités pour des métastases cérébrales.
Lagerwaard et al. [6] ont retrouvé une médiane de survie de
2,6 mois pour les patients de plus de 70 ans et de 3,3 et
3,9 mois respectivement pour les patients âgés de 60 à
69 ans et de 17 à 59 ans (p < 0,0001). Dans
une série de 62 patients atteints de métastase unique,
Noordijk et al. [18] ont conclu qu'un traitement associant
une exérèse chirurgicale et une radiothérapie devait être réservé
aux patients qui n'avaient pas un cancer évolutif en dehors de
l'encéphale et dont l'âge était inférieur à 60 ans. Gaspar
et al. [21] et Weltman et al. [37] ont construit des
classes pronostiques de survie globale en intégrant l'âge,
respectivement 65 et 60 ans, qui étaient des âges au-delà
desquels le pronostic se dégradait. L'analyse de deux séries de
patients traités par RCS a montré une diminution statistiquement
significative de la durée de survie liée à l'âge [28, 38]. Dans
l'étude de Shu et al. [38], il a été noté une diminution des
taux de survie globale après RCS pour les patients de plus de
60 ans avec un risque relatif de 1,18 par décennie. Cependant,
seule la survie globale était prise en compte et cela ne permet
donc pas de différencier les décès de cause intercurrente de ceux
secondaires à une évolution tumorale. C'est pourquoi, dans notre
étude, aucun patient n'avait a priori un pronostic favorable
de survie. Cependant, cela était en contradiction avec la durée
médiane de survie de 9 mois qui rejoint celle des séries de
RCS dans lesquelles les patients n'étaient pas aussi sélectionnés
et qui variaient de 6 à 12 mois [28, 39-41]. En supprimant
l'âge de la classification RPA et en intégrant uniquement l'indice
de Karnofsky et le caractère contrôlé de la maladie, nous obtenons
un facteur pronostique de la survie indépendant et statistiquement
significatif. Cela permet de conclure que, indépendamment de l'âge,
ces deux facteurs regroupés permettraient de mieux préciser les
indications de la RCS.
Le taux de décès d'origine neurologique de 19 %, représentant
6 patients sur 32, était identique à ceux retrouvés dans des
séries de patients qui ont eu une RCS et qui variaient de 5 à
34 % [40, 42-44]. Il en est de même pour le taux de récidive
cérébrale après irradiation de 34 % comparable aux taux
variant de 20 à 63 % dans les séries de patients qui ont eu
une RCS seule ou associée à une IET [40, 42, 44, 45]. Il est à
noter que tous les patients traités pour une récidive après IET ont
eu un contrôle de la maladie. Cela est en accord avec une
publication antérieure qui souligne la persistance de la
radiosensibilité des métastases après IET [46].
Le taux de réponse des métastases à l'irradiation était identique
à ceux qui ont été rapportés dans des séries ne tenant pas compte
de l'âge des patients et variait de 47 à 95 % [43, 47-50].
L'âge ne paraît donc pas être un facteur de radiorésistance des
métastases. L'analyse a montré une durée médiane de survie plus
longue pour les patients traités en rattrapage que pour les autres
alors que les groupes étaient comparables. Cependant, il y avait
plus de patients avec une maladie extracrânienne contrôlée dans le
groupe de ceux traités en rattrapage (5/6) que dans celui avec
uniquement une RCS ou une association immédiate avec une IET
(15/41) (p = 0,073). De plus, une durée médiane de survie
plus longue a aussi été constatée chez les patients
institutionnalisés par rapport à ceux qui ne l'étaient pas. Le seul
facteur statistiquement différent entre les deux groupes était le
contrôle de la maladie extracrânienne, respectivement
7 patients sur 9 et 15 patients sur 41
(p = 0,03).
Ces résultats confirment l'intérêt de la RCS. Dans le cas des
patients âgés, ce traitement a de multiples avantages sur la
radiothérapie classique qui intéresse l'ensemble de l'encéphale. Le
risque de complications est faible et un risque de démence
secondaire à une leucoencéphalopathie n'a pas été décrit
contrairement à l'irradiation encéphalique en totalité [22-24, 51].
L'article de Asai et al. [51] a rapporté les effets
secondaires psychomoteurs chez 91 patients après une
irradiation focalisée (irradiation par faisceaux de taille réduite
à la zone de l'encéphale considérée comme suspecte sans pour autant
n'irradier que la métastase) pour une tumeur cérébrale primitive ou
encéphalique en totalité pour des métastases cérébrales. L'atrophie
cérébrale constatée n'était pas localisée uniquement au site
d'irradiation mais était beaucoup plus diffuse. Le taux d'atrophie
cérébrale était de 73 % chez les patients de plus de
50 ans et de 39 % chez les patients âgés de moins de
50 ans (p < 0,005). Cette atrophie apparaissait
dans les 2 à 3 mois après l'irradiation, s'aggravait dans les
6 à 9 mois pour se stabiliser ensuite. Soixante pour cent des
patients qui avaient une atrophie ont souffert d'une démence contre
29 % de ceux qui n'avaient pas d'atrophie
(p < 0,001). L'âge moyen des patients atteints de
démence était de 60 ans contre 43 pour ceux qui n'en avaient
pas. S'il n'y avait pas de différence d'incidence d'atrophie en
fonction de la dose, il y avait une nette corrélation entre le
risque de démence et le volume irradié. Outre le risque de
complications, l'irradiation a d'autres inconvénients par rapport à
la RCS : un nombre plus grand de séances, accompagné d'autant
de déplacements, et l'impossibilité de la répéter. De plus, après
IET, une alopécie totale est quasi inéluctable alors que, si elle
apparaît parfois après RCH, elle reste limitée en surface.
L'ensemble de ces facteurs peut grever de façon importante la
qualité de vie des patients.
Au total, l'irradiation en conditions stéréotaxiques est faisable
et efficace chez les patients de 70 ans et plus. La médiane de
survie à 9 mois est encourageante comparativement aux quelques
mois qui ont été rapportés avec l'irradiation encéphalique en
totalité. Ce traitement ambulatoire est peu contraignant pour les
patients. Le risque de complication est faible et doit être
considéré comme le traitement de choix, d'autant plus si les
patients appartiennent au groupe de pronostic relativement
favorable précédemment décrit.
Patients et méthode
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De janvier 1994 à janvier 2002, 420 patients avec un total
de 882 métastases cérébrales ont une RCS dans le service de
radiothérapie de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Parmi eux, 53
(12,6 %) avaient plus de 70 ans à la date du traitement
et ont été irradiés pour 105 métastases cérébrales
(11,7 %).
Les caractéristiques des patients sont présentées dans le tableau 1. Il y avait 26 femmes et
27 hommes. L'âge médian était de 73 ans (70-86).
L'intervalle médian entre le diagnostic initial de la maladie et
celui des métastases cérébrales était de 18 mois (0-216).
Lors de la RCS, 9 patients étaient institutionnalisés dans
une structure médicalisée et 43 vivaient à domicile ;
pour 1 patient, les données étaient incomplètes. Les
métastases cérébrales ont été diagnostiquées à la suite de
l'apparition de signes cliniques chez 34 patients
(64,1 %). Il s'agissait de troubles sensitivomoteurs dans
22 cas, de troubles de l'équilibre dans 8 cas, de
céphalées dans 4 cas, de crises d'épilepsie dans 4 cas,
de diplopie dans 3 cas, de troubles mnésiques dans 2 cas
et d'aphasie dans 2 autres cas.
Trente-huit patients avaient des métastases uniquement
sus-tentorielles (71,7 %), 8 patients des métastases
sous-tentorielles (15,1 %) et 7 avaient les deux
(13,2 %).
Vingt-six patients étaient atteints d'un adénocarcinome
(50 %), 5 d'un mélanome (9,5 %), 17 d'un
carcinome (32 %) et, pour 5 autres, l'examen
anatomopathologique n'a pas pu conclure au type précis de cancer
(9,5 %). Au moment de la RCS, 29 patients n'avaient pas
de maladie cancéreuse extracérébrale évolutive (55 %),
22 avaient soit une évolution de la maladie primitive, soit
des métastases extracérébrales (41 %) et, pour
2 patients, les données étaient incomplètes (4 %).
Les patients étaient globalement en bon état général, avec un
indice de Karnofsky (IK) de 50 à 90. Quarante-sept patients
(89 %) avaient un IK supérieur ou égal à 70. En fonction de la
classification RPA (recursive partitioning analysis, tableau 2, [21]), 46 patients étaient de
classe II (87 %) et 6 de classe III (11 %),
1 patient n'était pas classable. En fonction de la
classification SIR (score index for radiosurgery in brain
metastases, tableau 3, [37]),
7 patients avaient un SIR1 (13 %), 35 un SIR2
(66 %), 5 un SIR3 (9 %) et 6 n'ont pas pu être
classés.
Les patients ont été traités pour 1 à 6 métastases.
Vingt-neuf patients (55 %) ont été irradiés pour une seule
métastase. Le diamètre médian des métastases était de 24 mm
(5-74,9) et le volume médian de 2,1 cc (0,02-71,3).
Quatre-vingt-trois étaient sus-tentorielles (79 %) et
22 sous-tentorielles (21 %).
Quarante-cinq patients (85 %) ont eu une seule procédure de
RCS et 8 ont eu deux procédures pour de nouvelles métastases, avec
des intervalles entre les deux procédures de 0,6 à 27 mois
(médiane 10 mois). Quarante patients ont eu une RCS exclusive.
Sept patients (13,2 %) ont eu une RCS pour une récidive après
une irradiation encéphalique en totalité effectuée entre 2 et
32 mois avant (médiane 10 mois). Trois patients ont eu
une irradiation encéphalique en totalité (IET) dans le même temps
que la RCS. Trois patients ont eu une IET après la RCS pour
récidive. Les doses d'irradiation encéphalique en totalité étaient
comprises entre 20 et 39,6 Gy par fraction de 1,8 à
5 Gy.
La radiothérapie en conditions stéréotaxiques a été effectuée avec
un accélérateur linéaire modifié de 10 MV (Saturne, General
ElectricTM) utilisant une technique déjà décrite et brièvement
rappelée [39, 46, 52]. Toute la procédure dure 8 heures. Le
matin, sous anesthésie locale, le neurochirurgien pose un cadre de
stéréotaxie, grâce à 4 pointes qui s'appuient à force égale
sur la boite crânienne. Puis le patient a, avec son cadre, une IRM
avec injection de produit de contraste (coupes de 1,5 mm
d'épaisseur). L'ensemble des images obtenues dans le service de
neuroradiologie est transféré dans le service de radiothérapie
via le réseau informatique interne et capturé par le
programme de dosimétrie Isis 3D (technologie diffusion TM1997).
Un radiothérapeute, avec le neurochirurgien et un
neuroradiologue, délimite la métastase et les organes critiques par
lesquels les faisceaux ne doivent pas passer (les deux nerfs
optiques, le chiasma, le tronc cérébral).
Le volume tumoral est délimité par la prise contraste jusqu'en
août 1995 et par cette prise de contraste plus une marge de
1 mm par la suite. La dosimétrie consiste alors à choisir des
faisceaux qui vont concourir dans la lésion, afin de délivrer une
dose de 20 Gy au centre et de 14 Gy (70 %) à la
périphérie du volume tumoral délimité. Cette décroissance de dose
extrêmement rapide sur une distance de quelques millimètres est
possible du fait de la multiplication des minifaisceaux
d'irradiation. En fait, l'irradiation est une arcthérapie,
c'est-à-dire que la tête de l'accélérateur linéaire tourne autour
de celle du patient lors de l'irradiation. Le choix de 5 à
6 arcs espacés et concourrant dans la lésion permet encore de
diminuer la dose dans chaque volume de tissus traversé. De plus,
cette technique utilise des collimateurs additionnels dont la
surface est ronde et dont les diamètres sont de 10 à 50 mm,
avec des paliers de 2,5 mm, ce qui permet de s'adapter aux
différentes conformations de la tumeur. Un ou plusieurs
collimateurs peuvent être utilisés. Dans cette série,
94 lésions ont été traitées avec 1 collimateur,
8 lésions avec 2 collimateurs et 3 avec
3 collimateurs. Le diamètre médian des collimateurs utilisés
était de 22,5 mm (10-47,5).
Tableau
1. Caractéristiques des 53 patients de
70 ans et plus qui ont reçu une RCS
|
Caractéristiques
|
Nombre de patients |
|
Hommes |
27 (51 %) |
|
Femmes |
26 (49 %) |
|
Patients institutionnalisés |
|
| •
Oui |
9 (17 %) |
| •
Non |
43 (81 %) |
| •
Non précisé |
1 (2 %) |
|
Signes cliniques |
|
| •
Oui |
34 (64 %) |
| •
Non |
15 (28) |
| •
Non précisé |
4 (8 %) |
|
Site de la tumeur primitive |
|
| •
Mélanome |
5 (9 %) |
| •
Digestif |
8 (15 %) |
| •
Bronchique |
20 (38 %) |
| •
Rein |
6 (11 %) |
| •
Sein |
4 (8 %) |
| •
Autres (endomètre, vessie, thyroïde, ovaire, non précisé) |
10 (19 %) |
|
Type anatomo-pathologique |
|
| •
Adénocarcinome |
26 (49 %) |
| •
Carcinome |
17 (32 %) |
| •
Mélanome |
5 (9,5 %) |
| •
Non précisé |
5 (9,5 %) |
|
Cancer contrôlé en dehors de l'encéphale |
|
| •
Oui |
22 (41 %) |
| •
Non |
29 (55 %) |
| •
Non précisé |
2 (4 %) |
|
Indice de Karnofsky |
|
| •
50 |
2 (4 %) |
| •
60 |
4 (7 %) |
| •
70 |
26 (49 %) |
| •
80 |
12 (23 %) |
| •
90 |
9 (17 %) |
|
Nombre de métastases |
|
| •
1 |
29 (55 %) |
| •
2 |
9 (17 %) |
| •
3 |
7 (13 %) |
| •
≥ 4 |
8 (15 %) |
|
Site des métastases |
|
| •
Sus-tentoriel |
38 (72 %) |
| •
Sous-tentoriel |
8 (15 %) |
| •
Mixte |
7 (13 %) |
|
Classification RPA |
|
| •
II |
46 (87 %) |
| •
III |
6 (11 %) |
| •
Non calculable |
1 |
|
Classification RPAa |
|
| •
Ia |
19 (36,5 %) |
| •
IIa |
27 (52 %) |
| •
IIIa |
6 (11,5 %) |
| •
Non calculable |
1 |
|
Score SIR |
|
| •
1 |
7 (13 %) |
| •
2 |
35 (67 %) |
| •
3 |
5 (9 %) |
| •
Non calculable |
6 (11 %) |
|
Irradiation de l'encéphale en totalité (IET) |
|
| •
Oui |
13 (24,5 %) |
| -
avant la RCS |
7 |
| -
au moment de la RCS |
3 |
| -
après la RCS |
3 |
| •
Non |
40 (75,5 %) |
Tableau 2. Variables
pronostiques permettant de construire les classes RPA. D'après
Gaspar et al. [21]
| RPA
I |
Maladie primitive contrôlée et absence de métastase extracrânienne
et âge < 65 ans et indice de
Karnofsky ≥ 70 |
| RPA
II |
Autres cas |
| RPA
III |
Indice de Karnofsky < 70 |
Tableau 3. Variables
pronostiques permettant de construire les scores SIR. D'après
Weltman et al. [37]
|
|
0 |
1 |
2 |
| Àge
(ans) |
≥ 60 |
51-59 |
≤ 50 |
|
Indice Karnofsky |
≤ 50 |
60-70 |
> 70 |
|
Statut de la maladie systémique |
Progression |
Stabilité ou rémission partielle |
Réponse complète ou absence de maladie évolutive |
Volume de la lésion
la plus grosse (cm3) |
> 13 |
5-13 |
< 5 |
|
Nombre de lésions |
≥ 3 |
2 |
1 |
Les scores SIR sont calculés par la somme de
valeurs des différents paramètres qui prennent donc des valeurs de
0 à 10 correspondant à SIR1 : 0-3 ; SIR2 :
4-7 ; SIR3 : 8-10.
Une fois la distribution de dose obtenue, le
patient est installé dans la salle de traitement, couché sur la
table de traitement, la tête fixée, grâce au cadre
(précision < 1 mm), sur une potence, elle-même
solidement ancrée au sol. La séance dure de 30 minutes à
2 heures en fonction du nombre de lésions traitées. Tous les
patients ont reçu avant le traitement une injection de corticoïdes
et d'antalgiques par voie intraveineuse afin de prévenir un
éventuel œdème réactionnel à l'irradiation. L'irradiation terminée,
le cadre de stéréotaxie est immédiatement déposé sans
anesthésie.
Statistiques
Les probabilités de survie globale et de rechute
cérébrale ont été calculées à partir de la date de RCS selon la
méthode de Kaplan et Meier. Le test du log-rang a été utilisé pour
comparer les courbes de survie. Pour l'analyse des survies, globale
et sans récidive cérébrale, les critères suivants ont été
étudiés : le sexe, l'âge, l'institutionnalisation (moyen et
long séjour), la présence de signes cliniques, le délai
d'apparition des métastases par rapport au diagnostic du cancer, la
localisation de la tumeur primitive (bronche versus autres),
le type anatomo-pathologique (adénocarcinome versus autres),
l'indice de Karnofsky
(< 70 versus ≥ 70), le score SIR, la
classe RPA, le caractère contrôlé ou non de la maladie
extracrânienne, le fait d'avoir eu ou non une irradiation
encéphalique en totalité, le nombre de métastase
(1 versus 2 et plus et 1-2 versus 3 et
plus), leur siège (au moins 1 métastase sous-tentorielle
versus seulement sus-tentorielle).
Pour l'analyse du contrôle local, les critères suivants ont été
pris en considération : le diamètre, le volume de la
métastase, la localisation (sous-tentorielle versus
sus-tentorielle), les doses minimales et maximales délivrées.
Les analyses multifactorielles ont été effectuées
en incorporant les facteurs pronostiques informatifs après analyse
monofactorielle ou en incorporant des facteurs classiquement
décrits dans la littérature en utilisant le modèle de régression de
Cox. Une valeur de p inférieure à 0,05 a été considérée comme
statistiquement significative. Les critères de réponse des lésions
traitées ont été évalués sur le dernier examen radiologique
cérébral effectué (IRM ou scanographie) et définis comme une
réponse complète lors de la disparition complète de toute prise de
contraste, une réponse partielle si la réduction du produit de deux
diamètres était supérieure à 50 % et une stabilité si ce
produit était diminué de moins de 50 % ou augmenté de moins de
25 %. Une poursuite évolutive a été définie comme une
augmentation de plus de 25 %. Le contrôle local correspond à
une réponse complète, partielle ou stable. Le contrôle cérébral est
défini comme l'absence de nouvelle lésion dans l'encéphale et au
minimum la stabilité des métastases irradiées.
Puisque la classification RPA I intègre le facteur âge inférieur à
65 ans, aucun des patients de cette série ne pouvait entrer
dans la catégorie RPA I. Nous avons donc envisagé une
classification adaptée aux patients âgés en supprimant le caractère
de l'âge. La classification RPAa (Recursive Partitioning
Analysis patient âgé) est donc définie ainsi : RPAIa
(patients avec un IK ≥ 70 et un cancer primitif contrôlé
et sans métastases hors de l'encéphale), RPAIIa (patients avec un
IK ≥ 70 et un cancer primitif et/ou métastatique hors
l'encéphale non contrôlée), RPA IIIa (patients avec un
IK < 70). n
|
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