Ces dernières décennies, des avancées significatives ont été
réalisées dans le domaine de la recherche fondamentale concernant
les mécanismes impliqués dans les processus d'acquisition d'un
phénotype malin par une cellule normale du sein. Des cibles
thérapeutiques potentielles ont ainsi été identifiées. Des
molécules dirigées contre ces cibles thérapeutiques on été
développées par la recherche académique et industrielle. Un certain
nombre de ces agents cytostatiques biologiques sont en cours
d'évaluation clinique. Dans cet exposé, nous nous intéresserons aux
molécules en développement dans le cancer du sein qui inhibent la
transduction du signal au sein de la cellule néoplasique.
Le passage d'une cellule eucaryote de la phase quiescente (G0) à
la phase de mitose (M), en réponse à des stimuli extérieurs, est un
processus multi-étape. Il requiert la transduction de signaux
divers (prolifération, migration, différenciation) et l'activation
de protéines intracellulaires. Ce processus finement régulé est
altéré au sein des cellules néoplasiques, engendrant une
prolifération, une migration et une différenciation cellulaires non
contrôlées. Cette communication inter et intracellulaire peut être
schématiquement divisée en deux étapes : la fixation sur un
récepteur transmembranaire d'un signal extracellulaire, puis
l'activation de seconds messagers intracellulaires entraînant
l'activation de facteurs de transcription qui vont pouvoir agir
directement sur la transcription de gènes impliqués dans les
processus de prolifération, de migration et de différenciation
cellulaires. Six familles (tableau 1) de
récepteurs à tyrosine kinase sont actuellement décrites se
différenciant par leur ligand et leur structure chimique et sept
récepteurs dit « orphelins » [1] :
– un domaine extracellulaire, site de fixation du ligand
(partie N terminale de la molécule) ;
– un domaine intracellulaire, site d'ancrage dans la membrane
cytoplasmique ;
– un domaine intracellulaire riche en résidu tyrosine, possédant
une activité tyrosine kinase (figure 1).
| Classe I |
Classe II |
Classe III |
Classe IV |
Classe V |
Classe VI |
|
EGF |
FGF |
HGF |
Insuline |
Neurotrophines |
PDGF |
| Ligand |
EGF, TGF,
AR,
HB-EGF, SDGF,
heréguline,
bétacelluline |
FGF1 à 8 |
HGF |
Insuline,
IGF1
IGF2 |
NGF
BDNF
NT3 à 5 |
PDGF-A et
B
VEGF
CSF1
SCF
PIGF |
| Récepteur |
HER1
HER2
HER3
HER4 |
FGFR1
FGFR2
FGFR3
FGFR4 |
MET |
IR
IGFI-R |
TRKA
TRKB
TRKC |
PDGFR α et
β
CSF-1R
SCFR
FLT
KDR |
Récepteurs transmembranaires de la famille HER
Cette famille comprend quatre membres dénommés : R-EGF ou
HER1, cErb2 ou HER2, cErb3 ou HER3 et cErb4 ou HER4 [2].
Fonction physiologique
Le mécanisme d'action est des plus classiques. Le ligand se fixe
à son récepteur, ce qui induit une dimérisation et une
auto-activation des résidus tyrosine du domaine C terminal (figure 2). Des
molécules adaptatrices possédant un domaine d'homologie Src (SH2
domaine) et un domaine de fixation à tyrosine sont à leur tour
activées. Deux grandes voies de la transduction du signal sont
privilégiées, la voie Ras/Raf/MAKK-MEK/ERK et la voie des
phospho-inositol/PI3Kinase/AKT, mais aussi les voies passant par la
phospholipase C et la voie STATS (PAK-JNKK-JNK). Elles vont induire
la phosphorylation de facteurs de transcription (Jun, Fos, myc,
cycline D1 [3]) ainsi que la transcription de protéines impliquées
dans les mécanismes de prolifération cellulaire, d'angiogenèse, de
migration, de différenciation cellulaire ou bien encore dans la
survie cellulaire. Il est à noter que, en fonction de tel ou tel
ligand, les récepteurs formeront des homodimères ou des
hétérodimères [4]. La protéine HER3 a perdu son activité tyrosine
kinase et, à ce jour, aucun ligand spécifique de HER2 n'est connu
[2].
Altération des récepteurs de la famille HER2 dans le cancer du
sein
Plusieurs mécanismes peuvent expliquer leur propriété
oncogénique et leur implication dans le processus de cancérogenèse
[4] :
– réarrangement du gène induisant la synthèse d'une protéine
oncogénique de fusion avec le site catalytique et le site de
dimérisation/activation ;
– gain de fonction par une mutation ou une délétion du gène au
niveau du site de régulation ;
– surexpression de la protéine par amplification du
gène ;
– perte du mécanisme de régulation de l'activité
d'auto-phosphorylation.
Les anomalies décrites dans le cancer du sein [5] sont des
mutations ou des amplification géniques : HER1 (37 %),
HER2 (25 à 30 %), HER3 (25 à 71 %), HER4 (49 à
60 %). Dans le cancer du sein, HER1 et HER2 sont fréquemment
co-exprimées (50 % des cas). HER3 est surexprimée dans plus de
50 % des cas du cancer du sein et elle est fréquemment
co-exprimée avec HER2 laissant supposer qu'elle joue un rôle
prépondérant dans le processus de cancérogenèse.
Stratégies thérapeutiques développées pour bloquer le récepteur
et son activité
Différentes stratégies ont été développées ces dernières années
afin de bloquer l'activité du récepteur [6] :
– l'immunothérapie vise à empêcher le signal induit par la
fixation du ligand à son récepteur en bloquant directement le
domaine extracellulaire du récepteur ou en neutralisant le
ligand ;
– l'immunoconjugué : anticorps qui reconnaît la cible
cellulaire couplée à une toxine (Pseudomonas), à un agent
cytotoxique ou à un élément radioactif ;
– l'inhibition de l'activité intracellulaire tyrosine kinase par
des molécules agissant directement sur le domaine intracellulaire à
activité tyrosine kinase (TK) ;
– l'inhibition de la traduction de l'ARNm par des sondes
oligonucléotidique anti-messager ;
– la destruction de l'ARNm via les ribozymes ;
– la dégradation de la protéine synthétisée via la voie
d'ubiquitination : analogue de l'ansamycine.
L'inhibition de la l'activité tyrosine kinase par des anticorps
dirigés contre le domaine extracellulaire ou inhibant le domaine
intracellulaire est en cours d'évaluation clinique avec des
résultats encourageants (tableau 2).
Tableau 2. Agents thérapeutiques
et leurs cibles
|
Agent thérapeutique |
Cibles thérapeutiques |
Effets secondaires |
|
Anticorps monoclonal |
|
|
| •
Trastuzumab (Herceptine®) |
HER2 |
Cardiotoxicité, réaction immuno-allergique |
| •
MDX-H210 |
Bispécifique HER2 et Fc Gamma1 |
Réaction au point de perfusion |
| •
C225-cétuximab |
HER1 |
Réaction cutanée et immuno-allergique |
| •
MDX-447 |
Bispécifique HER1 et Fc gamma 1 |
Hypotension |
|
Inhibiteurs tyrosine kinase |
|
|
| •
ZD1839 (Iressa®) |
HER1 |
Rash, diarrhée, nausée et vomissement |
| •
OSI-774 (Tarceva®) |
HER1 |
Fatigue, maux de tête, rash cutané, nausée et vomissement,
diarrhée |
| •
CI1033 |
HER1, 2, 3 et 4 |
Rash cutané, diarrhée, thrombopénie |
| •
PKI166 |
HER1 |
En
cours d'étude |
• Agents dirigés contre le domaine extracellulaire :
anticorps monoclonal
Le trastuzumab est un anticorps monoclonal recombinant de type
IgG1 humanisé dirigé contre le récepteur transmembranaire HER2.
Cette protéine est codée par l'oncogène cerb-2, qui est dans 25 à
30 % des cas surexprimé à la surface des cellules
néoplasiques. Cette surexpression induit une prolifération
anarchique des cellules. Les modèles précliniques démontrent que
cet anticorps possède des propriétés cytostatiques et qu'il a, en
association avec certains agents cytotoxiques (sels de platine et
taxanes), une action synergique ou additive [7]. Son activité
cytotoxique observée in vitro est confirmée par des études
cliniques de phase II en monothérapie et en association aux agents
cytotoxiques (cisplatine, taxanes, vinorelbine) [8-13].
Deux études de phase II ont été rapportées avec le trastuzumab en
monothérapie.
La première étude, de Baselga et al. [14], a porté sur
46 patientes présentant un cancer du sein métastatique,
surexprimant l'oncogène cerbB2 (63 % avaient déjà bénéficié
d'au moins deux lignes de chimiothérapie pour maladie
métastatique). Le trastuzumab était administré selon un schéma
hebdomadaire pour une durée de 10 semaines (dose de charge de
250 mg puis de 100 mg). Le taux de réponse était de
11,6 % (1 réponse clinique et 4 réponses partielles)
et 37,2 % des patientes présentaient une réponse mineure ou
stable. Le temps médian jusqu'à progression était de 5,1 mois.
Aucune toxicité sévère n'est rapportée par les auteurs.
La deuxième étude de phase II est rapportée par Cobleigh et
al. [15]. Cette étude prospective multicentrique regroupant
54 centres, internationale (Amérique du Nord, Europe et
Australie), avait inclus 222 patientes (213 traitées)
présentant un cancer du sein métastatique en progression après une
première ou une deuxième ligne de chimiothérapie et surexprimant
l'oncogène cerbB2 (22 % : 2 + et
78 % : 3 +, anticorps 4D5 et CB11). La plupart des
patientes avaient bénéficié d'au moins deux lignes de
chimiothérapie pour maladie métastatique (68 %).
Quatre-vingt-quatorze pour cent des patientes avaient reçu des
anthracyclines et 67 % des taxanes. Le taux de réponse
objectif était de 15 % (4 réponses cliniques et
26 réponses partielles). La durée médiane de réponse était de
9,1 mois et la médiane jusqu'à progression était de
3,1 mois. Les auteurs constatent que les patientes qui
présentaient une surexpression de l'oncogène HER2 en
immunohistochimie à 3 + avaient un taux de réponse plus
important que les patientes 2 + (18 versus
6 %, p = 0,06). La tolérance, tout comme dans
l'étude de Baselga, était satisfaisante. Dix patientes ont présenté
une toxicité cardiaque (4,7 %). Parmi ces 10 patientes,
9 avaient reçu une dose cumulative de doxorubicine supérieure
à 400 mg/m2. Une patiente est décédée d'une
arythmie ventriculaire après la dernière injection de
trastuzumab.
En monothérapie, le trastuzumab induit un taux de réponses chez
des patientes lourdement prétraitées, en échec des anthracyclines
et/ou des taxanes, comparable, voire même supérieur, à certains
agents cytotoxiques. Il n'existe pas de dose-réponse avec le
trastuzumab comme tend à le démontrer l'étude de Vogel et
al. [16], un essai de phase III chez des patientes non
prétraitées par une chimiothérapie pour maladie métastatique et
surexprimant cerb2. Deux schémas ont été comparés, dose de charge
de 4 mg/kg puis dose d'entretien de 2 mg/kg contre dose
de charge de 8 mg/kg puis dose d'entretien de 4 mg/kg. Le
taux de réponse en première ligne est de 26 % pour toute les
patientes incluses dans l'essai. Il n'existe aucune différence
entre les deux bras en termes de réponse objective, de temps
jusqu'à progression et de survie globale.
Concernant l'association du trastuzumab à des agents cytotoxiques,
Salmon et al. [17] ont rapporté les résultats d'une étude de
phase III internationale, multicentrique, prospective, conduite
chez 469 patientes présentant un cancer du sein métastatique,
en première ligne, et surexprimant l'oncogène cerbB2 (en
immunohistochimie, 2 + et 3 + à
l'Herceptest®). Les patientes étaient randomisées entre
chimiothérapie seule et chimiothérapie plus trastuzumab. Celles qui
avaient reçu une chimiothérapie par anthracycline recevaient le
paclitaxel (175 mg/m2 à J1 et J21), les autres une
associationanthracyclines, doxorubicine 60 mg/m2 ou
épirubicine 75 mg/m2, + cyclophosphamide
600 mg/m2.
Les résultats de cette étude, en termes de réponse objective
(50 versus 32 %, p < 0,001), en durée
de réponse (9,1 versus 6,1 mois,
p < 0,001) et en survie (25,4 versus
20,3 mois, p = 0,046), étaient en faveur de
l'association chimiothérapie-trastuzumab quel que soit le régime de
chimiothérapie (paclitaxel ou anthracyclines/cyclophosphamide).
Cependant, le taux d'insuffisance cardiaque congestive était plus
élevé dans le bras anthracycline + trastuzumab (16 %
de grades 3-4) que dans le bras paclitaxel + trastuzumab.
L'association paclitaxel + trastuzumab est actuellement
recommandée pour les patientes en situation métastatique. D'autres
études sont actuellement en cours, avec d'autres agents
cytotoxiques (docétaxel, capécitabine, gemcitabine, vinorelbine),
en situation métastatique, néo-adjuvante ou adjuvante.
Le MDX-H210 est un anticorps bivalent dirigé contre le récepteur
HER2 et le récepteur Fc [18]. Les premiers résultats de phase I
[19] semblent démontrer que ses effets secondaires sont modérés.
Les auteurs rapportent des stabilisations. À noter que, à notre
connaissance, aucun essai clinique de phase II dans le cancer du
sein n'a commencé.
Le C225 ou cétuximab est un anticorps chimérique (partie variable
d'origine murine et partie constante d'origine humaine). Les
données précliniques démontrent qu'il possède une grande affinité
pour le récepteur HER1, en inhibant son autophosphorylation [20].
Il induit un arrêt du cycle cellulaire [21] en favorisant la
synthèse de la protéine p27 (inhibiteur de cycline) et entraîne une
diminution du taux circulant du facteur angiogénique, VGEF
[22].
Sur les modèles de xénogreffe, le cétuximab semble être actif
contre les tumeurs malignes épidermoïdes, de la prostate, du rein
et du côlon [23, 24]. En association aux agents cytotoxiques, on
constate une réponse dose-dépendante et additive [25]. En
association à la radiothérapie, son action est synergique [26].
Les études de phase I ont été réalisées selon un schéma
hebdomadaire en monothérapie [27] ou en association avec le
cisplatine hebdomadaire [27, 28]. Elles ont inclus
52 patientes. Il n'est rapporté aucune réponse objective en
monothérapie. En association avec le cisplatine, les auteurs
rapportent 4 réponses partielles (tête et cou) et
2 réponses complètes (tête et cou et côlon). Les données de
pharmacologie démontrent qu'il existe une saturation des récepteurs
à une dose supérieure à 200 mg/m2. Chez
1 patient, les auteurs rapportent la détection d'anticorps
anti-C225. Les effets secondaires rapportés sont de type
immunoallergique (rash cutané, fièvre et frisson), asthénie et
élévation transitoire des transaminases. En association avec le
cisplatine, le cétuximab n'a aucune interférence pharmacologique.
Les auteurs rapportent comme dose limitante toxique (DLT) :
diarrhée, glottite, dyspnée, choc anaphylactique de grade 3-4. Des
résultats encourageants ont été rapportés en association avec la
radiothérapie dans les cancers de la tête et du cou avec un taux de
réponse de 87 %. À notre connaissance, aucune étude dans le
cancer du sein n'est en cours.
Le MDX-447, anticorps monoclonal bivalent dirigé contre HER1, est
en cours d'évaluation. Il induit notamment des phénomènes
d'hypotension de grade 3 [29].
• Agents dirigés contre le domaine intracellulaire :
inhibiteurs de l'activité tyrosine kinase
Nous avons vu que, pour que ces récepteurs soient fonctionnels,
il faut que le ligand se fixe au domaine extracellulaire du
récepteur pour induire une dimérisation et une
autophosphorylisation des résidus tyrosine du domaine
intracellulaire. De petites molécules capables d'inhiber cette
activité tyrosine kinase (TK) en inhibant la phosphorylation du
récepteur ont été développées [30].
Le ZD1839 (Iressa®) appartient à la famille des
anilinoquinazolines [31]. Actif par voie orale, il inhibe de
manière réversible l'activité TK de HER1. Les données précliniques
démontrent qu'il induit une diminution des capacités de la cellule
tumorale en termes de migration, d'adhésion, de prolifération
cellulaire, d'angiogenèse [3]. Dans les modèles de xénogreffe, il
diminue la croissance tumorale de manière dose-dépendante [32]. Il
existe une potentialisation, additive et synergique, en association
avec les agents cytotoxiques (taxanes, sels de platine,
anthracyclines, étoposide, topotécan), la radiothérapie et le
trastuzumab [5].
Cinq études de phase I ont été rapportées portant sur
254 patients [33-37]. Elles ont étudié deux schémas
d'administration par voie orale en une seule prise :
–14 jours on et 14 jours off puis reprise
[33-35] ;
– prise continue sur 28 jours [33, 36, 37].
Les paliers de doses étaient compris entre 50 et
1 000 mg/j. Quel que soit le schéma d'administration, il
s'agit d'une drogue bien tolérée. Des réactions cutanées (acné et
rash cutané) et des diarrhées de grades 1-2 ont été décrites [33].
Les toxicités de grades 3-4 ont été rapportées sur la population de
patients japonais [34] comprenant une élévation transitoire de
transaminases et des diarrhées à la dose de 700 mg/j avec le
schéma discontinue et à la dose de 1 000 mg avec le
schéma continu. Les données de pharmacologie ont démontré qu'une
seule prise quotidienne était validée [35]. La demi-vie est de
46 heures et le plateau plasmatique est atteint en
7 jours. Des réponses ont été rapportées chez des patients
présentant des cancers de l'ovaire, du côlon, de la prostate
(hormono-réfractaire), bronchopulmonaire non à petites cellules
[33, 35, 36].
Des études d'association du ZD 1839 avec le paclitaxel et le
carboplatine ont été menées avec une tolérance acceptable chez des
patients présentant un cancer du poumon non à petites cellules à un
stade avancé non prétraité [38]. Des cas de fibrose pulmonaire,
essentiellement au Japon chez des patients présentant un cancer
bronchopulmonaire, ont été rapportés.
Actuellement, des essais dans le cancer du sein en situation
métastatique sont conduits en monothérapie (500 mg/j en une
prise quotidienne en continu) ou en association au trastuzumab.
L'ECOG [39] rapporte des résultats préliminaires d'une étude de
phase II d'association ZD1839 et trastuzumab chez des patients
(hommes et femmes) présentant un cancer du sein métastatique et
surexprimant HER2 (Dako 3 + ou FISH +). L'objectif
de cette étude était de déterminer la survie sans progression. Le
trastuzumab était administré de manière hebdomadaire
(2 mg/kg/semaine après une dose de charge de 4 mg/kg) et
le ZD1839 à la dose de 500 mg/j jusqu'à progression. Chez les
patients ayant reçu une chimiothérapie préalable, le taux de
réponse est de 20 % et le temps jusqu'à progression est de
3 mois. Chez ceux qui n'ont pas reçu de chimiothérapie, ce
taux est de 35 % et le temps jusqu'à progression est de
6 mois. Albain et al. [40] ont rapporté les résultats
préliminaires d'une étude de phase II en monothérapie chez
63 patientes présentant un cancer du sein localement avancé ou
métastatique. Les auteurs rapportent 1 réponse partielle et
2 SD. Robertson et al. [41] rapportent les résultats
d'une étude clinique de phase II portant sur 22 patientes
(16 patientes récepteurs hormonaux négatifs et
6 patientes RH + mais résistantes au tamoxifène).
Les résultats préliminaires montrent que le taux de réponse à
4 semaines est de 9 % (2 réponses partielles) et le temps
médian sans progression de 2 mois.
L'OSI-774 ou Tarceva® est un dérivé quinazoline qui
possède une activité inhibitrice TK réversible sur HER1 par voie
orale [3, 4]. Il induit un arrêt du cycle cellulaire en G1 avec une
accumulation de la protéine p27, inhibitrice de cycline, et une
entrée des cellules tumorales en apoptose [3, 4]. En association
avec le cisplatine, son action est potentialisée [3].
Deux études de phase I ont été conduites avec deux schémas
d'administration différents, une prise orale une fois par semaine
pendant 3 semaines sur 4 puis pendant 3 jours
consécutifs pendant 3 semaines [42] ou une prise orale
continue quotidienne pendant 3 semaines [43]. Les paliers de
doses variaient de 100 à 1 600 mg/j. La dose maximale
tolérée (DMT) était de 1 600 mg par semaine [44]. Il
s'agit d'une drogue bien tolérée.
Des toxicités de grades 1-2, de type éruption cutanée ou diarrhée
[43], ont été décrites. Les données de pharmacologie montrent qu'il
existe une variabilité inter-patient et intra-patient [42, 43]. Les
études de phase II sont en cours dans le CPNPC et le cancer de
l'ovaire.
En 2002, ont été rapportés les résultats d'un essai de phase I
d'association OSI774 (prise orale continue) et docétaxel (perfusion
de 1 heure toutes les 3 semaines),
paclitaxel-carboplatine et gemcitabine-cisplatine. En association
avec le docétaxel [44], les doses toxiques limitantes (DLT)
rapportées sont des neutropénies fébriles. Les auteurs rapportent
une réponse complète (cancer du nasopharynx).
L'association OSI774-gencitabine-cisplatine est mal tolérée [45].
Au premier palier de dose (OSI774 de J1 à J28 à la dose de
100 mg/j, cisplatine 100 mg/m2 à J1,
gemcitabine 100 mg/m2 à J1 et J8), les auteur
rapportent un décès toxique (sepsis sur neutropénie de grade 4),
une toxicité rénale de grade 3 et un allongement du temps de
prothrombine (grade 3). Le protocole a été amendé, l'OSI774 n'est
donnée que de J1 à J21, la dose de gemcitabine reste inchangée mais
celle du platine n'est plus que de 60 mg/m2.
L'essai se poursuit. Quant à l'étude d'association avec le
carboplatine (AUC = 6) et le paclitaxel
(225 mg/m2) au premier palier de dose,
l'OSI774 était donné à la dose de 100 mg/j [46]. Les
auteurs rapportent 2 DLT sur les 6 patients inclus
(neutropénie et thrombopénie de grade 3) et, au palier
150 mg/j, une DLT sur les 3 patients inclus (rash cutané
de grade 3). L'essai se poursuit.
Le PKI-166 est un dérivé pyrrolo-pyrimidine qui inhibe de manière
réversible l'activité TK de HER1 [47, 48]. Les résultats de trois
essais de phase I ont été présentés à l'Asco 2002 [49-51].
Le premier [51] a étudié un schéma de prise orale en continue
(paliers variant de 50 à 600 mg/j) incluant 32 patients.
Les toxicités décrites sont des diarrhées, rash cutanés, asthénies
et élévations de la pression artérielle. Le deuxième essai a testé
un schéma de prise orale trois fois par semaine incluant
16 patients [50]. La DLT rapportée par les auteurs est une
élévation de la pression artérielle à la dose de 400 mg/j.
Le troisième essai [49] a étudié un schéma de prise orale continue
sur 2 semaines suivi de 2 semaine off
(25 patients inclus). Comme pour la précédente étude, la
toxicité limitante est une hypertension artérielle de grade 3 à la
dose de 900 mg/j.
Le CI-1033 est un dérivé quinazoline qui possède une action
inhibitrice de l'activité TK [52] de HER1, 2, 4 et EGFR-vIII (forme
mutée de HER1) mais aucune sur HER3 (pas de site TK). Il peut aussi
inhiber d'autres récepteurs TK comme le FGF-R et le PDGF-R. Il
aurait une synergie d'action avec le cisplatine. Il inhiberait les
capacités de la cellule à réparer les dommages induits sur l'ADN
par le cisplatine [52].
Dans l'essai de phase I, le schéma d'administration était le
suivant : une prise quotidienne par voie orale pendant
7 jours toutes les 3 semaines, avec des doses variant
entre 50 et 750 mg/j [53], chez 53 patients, dont
2 présentant un cancer du sein en échappement thérapeutique.
Les événements indésirables de grades 1-2 rapportés par les
auteurs sont cutanés (rash urticarien) et digestifs (nausée,
vomissements, diarrhée, mucite). À la dose de 650 mg/j, les
auteurs rapportent une thrombopénie de grade 4 et une réaction
d'hypersensibilité de grade 3 à la dose de 560 mg/j. Ils
considèrent que la DLT est de 750 mg/j. Ils constatent une
réponse partielle et 18 stabilisations dont une chez une
patiente présentant un cancer du sein. Une étude de l'inhibition de
la phosphorylation de HER1 par technique de western-blot
était réalisée sur des biopsies avant et 7 jours après le
traitement. Les auteurs ont détecté cette inhibition de l'activité
TK dans au moins 50 % des cas et une absence de
dose-réponse.
Parmi les inhibiteurs des récepteurs transmembranaires,
actuellement, seul le trastuzumab a fait la preuve de son
efficacité, les autres sont en cours d'évaluation.
Transduction du signal : les seconds messagers
Voie Ras/Raf/MEK/MAPK-ERK
Le récepteur transmembranaire activé va induire une cascade
d'événements. Une molécule adaptatrice va se fixer sur son site
phosphorylé via un domaine d'homologie SH2. Cette molécule
Shc activée va activer à son tour une protéine G
intracytoplasmique, qui va recruter une protéine « d'échange
de guanine nucléotide », SOS1. Cette dernière est nécessaire à
l'activation de Ras. La protéine Ras-GDP devient active sous la
forme Ras-GTP permettant l'activation de facteur en aval, notamment
les voies :
– Raf/mitogen activated phosphoryled kinase
kinase : MAPKK ou MEK/MAPK ou ERK qui vont activer des
facteurs de transcription comme fos, c-jun, c-myc ;
– Rho/Rac impliquée dans la réorganisation du cytosquelette :
invasion et adhésion cellulaire ;
– PI3K (phospho-inositol triphosphate kinase)/AKT : impliquée
dans la survie cellulaire et l'initiation de la traduction
protéique.
• Molécules agissant sur RAS
Les protéines de la famille Ras sont mutées dans 30 % des
cancers humains mais uniquement dans 5 % des cancers du
sein.
Il est décrit trois proto-oncogènes Ras : H-Ras, K-Ras et
N-Ras qui codent pour quatre protéines de 21 kD : H-Ras,
N-Ras, K-Ras-4A et K-Ras-4B. Le gène Ras code pour une protéine de
21 kDa constituée de 188 à 189 acide aminés. Pour être
active, cette protéine doit être localisée à la face interne de la
membrane cytoplasmique. Les quatre derniers acides aminés en
position C-terminale jouent un rôle primordial : il s'agit de
la séquence CAAX (C représente un résidu cystéine, AA un acide
aminé aliphatique et X une méthionine ou une sérine).
Cette protéine est synthétisée sous la forme d'un pro-peptide qui
va nécessiter des modifications post-traductionnelles sur sa partie
C-terminale pour augmenter son hydrophobie et ainsi permettre son
ancrage à la face interne de la membrane cytoplasmique [54-56].
Les processus post-transcriptionnels sont [54-56] :
– la farnésylation : l'adjonction d'un résidu d'isoprène
à 15 carbones, groupement farnésyl, à l'extrémité C-terminale
de la protéine (figure
3). Cette réaction est catalysée par une enzyme nommée
farnésyl transférase (FT). La protéine K-Ras - 4B possède
la propriété de pouvoir être prénylée aussi par un groupement
géranylgéranyl via une géranylgéranyltransférase. La forme
génranylgéranyl est plus hydrophobe que la forme farnylée. La
protéine K-Ras peut même être palmytolée ;
– le clivage par une protéase après le C terminal :
AAX ;
– la carboxy-méthylation sur le nouveau C terminal, réaction
catalysée par une carboxyl-méthylase.
• Stratégie thérapeutique
Différentes stratégies [55, 56] sont actuellement développées
afin de bloquer l'activité de Ras en agissant soit directement
(action spécifique) sur cette dernière via l'utilisation de
sonde anti-messager, soit indirectement en utilisant le fait que,
pour être active, Ras doit être fixée sur la face interne de la
membrane cellulaire via l'action de la farnésyl transférase
(action peu spécifique). Il a été démontré sur des données
expérimentales que les FTI pouvaient avoir d'autres cibles
potentielles. La protéine Rho est une protéine de 21 kDa
impliquée dans l'organisation du cytosquelette activée par Ras. Rho
induit par ailleurs une inhibition de p21 (inhibiteur de cycline),
une entrée de la cellule dans le cycle cellulaire (G1/S) et un
signal de survie cellulaire. L'inhibition de la farnésylation de
Rho entraîne une accumulation de la forme géranylée induisant une
inhibition de la prolifération cellulaire et une entrée en apoptose
de la cellule [57].
En agissant sur la voie PI3kinase/AKT, les FTI bloquent la
traduction protéique en inhibant la protéine ribosomiale S6 kinase
(p70S6K) et la phosphorylation de Bad, induisant une
hétérodimérisation bad/bcl-xl favorisant l'apoptose [58]. Ils
inhibent aussi la prénylation des protéines centromèriques, CENP-E
et CENP-F, bloquant ainsi l'organisation des centromères au décours
de la mitose cellulaire [59].
Les agents inhibant les FT (tableau 3)
peuvent être classés de la manière suivante :
Tableau 3. Les quatre classes
d'inhibiteur de FT
|
Peptidomimétique |
L778-123 |
| Diphosphate
analogue |
Acide
α-hydroxyfarnésylphosphonic |
| Bi-substrat
inhibiteur |
BMS186511 |
| Inhibiteurs non
peptidomimétiques |
R115777
(Zarnestra), SCH66336 |
– utilisation de substrats qui vont entrer en compétition avec
le substrat naturel de la FT : farnésyl diphosphate
analogue ;
– utilisation de tétrapeptides contenant la région CAAX box :
les peptidomimétiques (substitution des acides aminés aliphatiques
par des acides aminés aromatiques, modification de la réaction de
méthylation en C-terminal) ;
– utilisation d'un bi-substrat analogue qui possède à la fois un
groupement farnésyl diphosphate et une séquence CAAX box ;
– des agents inhibiteurs non peptidomimétiques.
Certains de ces agents sont actuellement en cours
d'évaluation.
Le R115777 ou Zarnestra est un inhibiteur non peptidomimétique
actif sur les lignées cellulaires Ras non muté ou bien présentant
une mutation de H-Ras ou N-Ras mais peu sur les lignées K-Ras. Les
résultats in vivo semblent démontrer que cet agent a des
propriétés anti-angiogéniques et inhibe la prolifération cellulaire
[60].
Les études de phases I ont été conduites selon deux schémas
d'administration différents :
– deux prises orales quotidiennes en continue [61],
– deux prises orales quotidiennes pendant 5 jours reprise à
J1 [62],
– deux prises orales quotidiennes pendant 21 jours et reprise
à J28 [63],
– deux prises orales quotidiennes pendant 28 jours et arrêt
de J35 à J42 [64].
Selon le schéma, la DMT varie entre 600 et 1 000 mg/j.
Les doses limitantes toxique [61, 62] sont des toxicités
hématologiques (myélosuppression) et neurologiques (déficit
neuromoteur et neurosensoriel, polyneuropathie). Il est aussi
décrit des toxicités non limitantes cutanées [61]. Des réponses
cliniques [61] sont rapportées (cancer bronchopulmonaire, cancer
colorectal, cancer du pancréas).
En association, des études ont été conduites avec la gemcitabine,
le topotécan, le docétaxel, la capécitabine, le trastuzumab et
l'association 5-fluoro-uracil-acide folinique [64-72]. La dose
maximale recommandée varie entre 200 et 400 mg × 2/j et
les DLT rapportées sont essentiellement myélotoxiques.
Une réponse complète et une réponse partielle ont été rapportées
en association avec le docétaxel (Zarnestra de J1 à J14) et une
réponse partielle avec la capécitabine (tableau
4). Nous disposons actuellement des résultats d'une étude
de phase II chez 76 patientes présentant un cancer du sein
métastatique en 1re ou 2e ligne de
traitement. Deux cohortes ont été définies selon le schéma
d'administration [73].
Tableau 4. Étude de phase I
d'association avec le Zarnestra
|
Étude en combinaison |
Schéma et DMT |
Dose toxique limitante |
Réponses dans cancer du sein |
|
Docetaxel [71] |
FTI : 200 à 300 mg × 2/j de J1 à J14/J21
Doxorubicine : 75 mg/m2 J1/J21
Non obtenue |
Asthénie, diarrhées, myalgies, mucites, neurotoxicité |
1 RC et 1 RP |
|
Trastuzumab [68] |
FTI : 200 à 300 mg × 2/j de J1 à J14/J21
TRZ 4 mg/kg puis 2 mg/kg
DMT : 400 mg × 2/j |
Neutropénie, thrombopénie, nausées, vomissements, céphalées,
asthénie |
|
|
Capécitabine [72] |
FTI : 100 à 300 mg × 2/j de J1 à J14, reprise à
J21
Capécitabine : 2 000 à 2 500 mg/m2
de J1
à J14/J21
DMT : 300/2 250 |
Diarrhées, syndrome main-pied, nausées, mucite, neutropénie,
thrombopénie |
1 RP |
DMT : dose maximale tolérée
La première cohorte comportait 41 patientes dont 69 %
avaient reçu une première ligne hormonale pour maladie métastatique
et 49 % une première ligne de chimiothérapie. Le Zarnestra
était pris en continu à la dose initiale de
400 mg × 2/j puis à 300 mg × 2/j.
Les auteurs rapportent 10 % de réponse partielle et 15 %
de stabilisations. La deuxième cohorte a inclus 35 patientes
(83 % avaient bénéficié d'une première ligne hormonale et
68 % d'une première ligne de chimiothérapie) selon un schéma
de prise quotidienne à la dose de 300 mg × 2/j
pendant 21 jours puis 7 jours d'arrêt. Il a été observé
11 % de réponse partielle et 11 % de stabilisations. Les
toxicités rapportées sont hématologiques et neurologiques. Il
semble que la tolérance soit meilleure avec le schéma de prise en
discontinu.
Le BMS186511 est un bi-substrat analogue dérivé imidazolé [74] qui
peut être administré per os, en IV ou en intrapéritonéal. En
essai de phase I, il a été administré par voie orale [75] et par
voie IV [76-79] en monothérapie. L'administration orale était
biquotidienne et précédait d'une semaine l'administration IV.
L'étude de biodisponibilité comparant la voie orale et la voie IV
n'a pas démontré de différence significative entre ces deux voies.
Cependant, la voie orale a été abandonnée à cause d'une toxicité
digestive importante : nausée, vomissements (DLT), diarrhées,
crampes abdominales, fièvre et asthénie [75].
Par voie IV, trois schémas ont été testés : perfusion de
1 heure toutes les 3 semaines [76], perfusion de
1 heure hebdomadaire [78, 79] ou perfusion de 24 heures
hebdomadaire [77]. Les DLT décrites sont des nausées, vomissements,
crampes abdominales, diarrhées, anorexie, asthénie, insuffisance
rénale, élévation des transaminases, fièvre et neutropénie. La MTD
est de 278 mg/m2 en perfusion hebdomadaire de
1 heure, la dose recommandée de 245 mg/m2. Les
auteurs rapportent une réponse mineure. Les études d'association
sont en cours, notamment avec le cisplatine [80] et le paclitaxel
[81].
Le SCH66336 est un inhibiteur non peptidomimétique tricyclique
[82]. Les données in vitro et in vitro démontrent
qu'il est actif sur des lignées cellulaires présentant ou non une
mutation de Ras (H-Ras, K-Ras) mais aussi sur des lignées
cellulaires qui présentent une surexpression du récepteur à l'EGF
(REGF) [83, 84] ou la protéine de fusion bcl-abr [85]. Dans les
modèles de xénogreffe il existe une synergie d'action avec le
cyclophosphamide, la vincristine, les taxanes, les sels de platines
et le 5 fluoro-uracile.
Deux études ont été conduites en phase I par voie orale [86, 87].
La première a porté sur un schéma d'administration de deux prises
quotidiennes pendant 7 jours puis reprise à J21 [86]. La DMT
est de 800 mg/j et la dose recommandée est de
350 mg × 2/j. Les toxicités limitantes sont d'ordre
digestif : nausées, vomissements, diarrhées. Les auteurs ont
rapporté une corrélation entre la réponse clinique et la diminution
de la farnélysation de la prélamine A. La deuxième étude a évalué
la prise orale biquotidienne en continue [87]. La DMT est de
300 mg × 2/j et la dose recommandée de 200 mg ×
2/j. Les toxicités décrites sont d'ordre hématologique (neutropénie
et thrombopénie de grade 4) ainsi que des troubles neurologiques
centraux à type de confusion et de désorientation
temporo-spatiale.
Des études d'association ont été menées avec la gemcitabine et le
paclitaxel. Avec la gemcitabine [88] administrée à J1, J8 et
J15 reprise à J28 associée au SCH66366 en deux prises
quotidiennes en continue, la DMT est de
1 000 mg/m2 pour la gemcitabine et de 100 à
150 × 2/j pour le FTI. Les DLT sont d'ordre digestif et
hématologique (lignée granulocytaire). En association avec le
paclitaxel, la DMT est 175 mg/m2 pour le paclitaxel
et de 100 mg × 2/j pour le FTI [89, 90]. Les DLT
rapportées sont déshydratation, fièvre, neutropénie fébrile,
élévation de la bilirubine. À notre connaissance, aucun essai n'a
débuté dans le cancer du sein.
Le L778-123 est un peptidomimétique [56]. Deux études de phase I
en monothérapie [91, 92] et une phase I en association avec le
paclitaxel [93] ont été conduites. La première a testé un schéma
d'administration d'une perfusion continue sur 7 jours reprise
à J21. Aucune toxicité de grade 3-4 n'a été rapportée [91]. La
seconde a porté sur une administration continue sur 2 et
4 semaines. Pour une administration sur 2 semaines, la
dose recommandée est de 560 mg/m2/j [92]. Les
toxicités limitantes décrites sont une neutropénie de grade 4 et un
allongement de l'espace de QT supérieur à 0,49 ms. Pour une
administration de 4 semaines en continu, la dose recommandée
n'a pas été définie.
En association avec le paclitaxel [93], le L778-123 a été
administré pendant 7 jours en perfusion continue. L'escalade
de dose n'a pas été possible au-delà du premier palier de dose
(paclitaxel : 175 mg/m2 et L778-123 :
280 mg/m2/j) compte tenu des toxicités
rapportées : neutropénie de grade 4 avec sepsis, neuropathie
neuro-sensorielle de grade 3, dyspnée de grade 3, asthénie de grade
3. Quatre patients ont présenté un allongement modéré de l'espace
QT. Il semblerait que cette molécule ne fasse plus l'objet d'étude
clinique en raison des toxicité rencontrées.
La plupart de ces études de phase I n'ont pas établi de
corrélation entre la dose recommandée et la dose biologique
efficace.
• Inhibiteurs de l'activité kinase intracellulaire :
inhibiteurs des séronine thréonine kinases
Raf peut être activé par Ras mais aussi via la protéine
kinase C et la protéine anti-apoptotique Bcl2. Raf est impliqué
dans les mécanismes de chimiorésistance médiée par la P-gp.
Les modèles précliniques ont montré que l'Isis 5132 était
hépatotoxique et pouvait activer le complément, induisant des
syndromes hémorragiques. Cet agent est une sonde anti-messager qui
inhibe la traduction au niveau des ribosomes de l'ARNm de Raf. Il a
fait l'objet de trois études de phase I [94-96]. La première a été
conduite sur 31 patients avec une administration trois fois
par semaine, pendant 3 semaines, en une perfusion de
2 heures [94]. Aucune DLT n'a été rapportée. Les effets
secondaires décrits sont un syndrome fébrile (non dose-dépendante),
une anémie et une asthénie. La deuxième étude a porté sur
34 patients [95]. L'Isis 5132 était administré en
perfusion continue sur 21 jours. Les auteurs rapportent un
syndrome fébrile associé à une hypotension (grade 3), une
thrombopénie (grade 3) et une cytolyse hépatique (grade 3).
Dans la troisième étude de phase I [96], les auteurs ont
administré l'Isis 5132 en une perfusion de 24 heures toutes
les semaines. Chez les 14 premiers patients inclus, la DMT
n'était pas atteinte, la DLT était de grade 3 chez un patient.
Ce patient a présenté une activation du complément associée à un
allongement du temps de la thromboplastine sans manifestation
clinique. L'essai se poursuit.
La sonde anti-messager Isis 3521 est dirigée contre l'ARNm de la
PKC : les essais sont en cours.
Au congrès de l'Asco 2002 ont été rapportés les résultats des
essais de phase I concernant les inhibiteurs de MEK1 et 2 : le
CI1040. Le CI1040 est administré par voie orale, en deux prises
pendant 21 jours, avec reprise après 7 jours d'arrêt
[97]. Sa dose recommandée est de 800 mg × 2/j par voie
orale. Ses effets secondaires décrits sont : diarrhée,
asthénie, nausées, rash, vomissements, œdèmes périphériques.
Il existe une corrélation entre la dose et l'inhibition de
l'activité MAPK sur les cellules mononucléées sanguines, avec une
inhibition de 100 % pour une concentration plasmatique du
CI1040 à 200 ng/ml. Dans la deuxième étude de phase I, le
CI1040 a été administré en continu pendant 21 jours avec
reprise au jour 28 du cycle [98]. La dose recommandée était, comme
pour le première étude de phase I, de 800 mg × 2/j.
Aucune DLT n'a été rapportée. Une réponse partielle a été observée
chez un patient présentant un cancer du pancréas. Les essais se
poursuivent.
Voie PI3K/PTEN/AKT/mTor
Les lipides transmembranaires jouent un rôle important dans la
transduction de second messager. Ils sont riches en résidu
phosphatidyl-inositol (PtdIns). Le
4,5-phosphatidyl-inositol-diphosphate est transformé sous l'action
de la phospholipase C en deux seconds messagers, le diacylglycerol
et l'inositol-triphosphate [99]. Ces phospholipides peuvent être
activés par des réactions de phosphorylation en position 3' par une
phospho-inositol-3-kinase (PI3K). Il s'agit d'une famille
enzymatique constituée d'une sous-unité catalytique, p110, et d'une
sous-unité régulatrice, p85 [99]. Sur des modèles cellulaires,
une surexpression de la sous-unité catalytique peut induire des
tumeurs et une mutation de la sous-unité régulatrice peut induire
des lymphomes chez la souris athymique [99]. En fonction de la
spécificité du substrat, des sous-unités catalytiques et
régulatrices, trois classes de PI3K sont décrites. L'activation de
ces phospholipides par la PI3K permet d'activer un certain nombre
d'effecteurs en amont impliqués dans les processus d'invasion, de
métastase, d'angiogenèse, de prolifération, de différenciation, de
survie cellulaire et d'organisation du cytosquelette [99]. Le
principal effecteur est la kinase AKT qui existe sous trois
isoformes (AKT1, 2, 3), possède un domaine kinase central, un
domaine PH-pleckstrine nécessaire aux interactions
protéine-protéine ou protéine-lipide en position N-terminale et un
domaine riche en proline (région hydrophobe) et un domaine Tail en
position C-terminale. Pour être active, cette enzyme va subir un
certain nombre de modifications post-traductionnelles. Les seconds
messagers engendrés par la PI3K vont se fixer au domaine PH de AKT,
entraînant une délocalisation de l'enzyme du cytoplasme à la face
interne de la membrane cellulaire.
La fixation du complexe kinase PDK1-PRK2
(3 phospho-inosotide dependant proteine kinase)
engendre une modification de conformation de l'AKT et, par la
suite, une phosphorylation (résidu sérine et thréonine) par la PDK1
seule. AKT activée va phosphoryler un certain nombre de protéines
impliquées dans le processus apoptotique : Bad, facteur de
transcription forkhead, caspase 9, IKB. AKT favorise la
phosphorylation de Bad. Bad phosphorylée va devenir inactive et
s'associer, dans le cytoplasme, à la protéine chaperon 14-3-3. Le
complexe Bad/Bcl-Xl est dissocié de la face interne de la
mitochondrie et Bcl-Xl peut ainsi s'opposer à l'entrée en apoptose
de la cellule. AKT va moduler l'expression de gènes impliqués dans
l'exécution de l'apoptose en neutralisant les membres de la famille
de transcription forkhead (FKHR). FKHR une fois phosphorylé
est séquestré dans le cytoplasme par la protéine 14-3-3. AKT va
dissocier le complexe IKB/NFκB en activant la kinase IKKB. IKB va
être dégradé par le protéosone (ubiquination) et le facteur de
transcription NFκB va pouvoir induire la transcription de gènes
impliqués dans la survie cellulaire (protéine de la famille bcl2 et
inhibiteur des caspases IAP).
AKT peut être aussi activé par la voie médiée par la protéine
kinase A (PKA). La PKA va augmenter la concentration
intracellulaire du calcium. Le calcium va se fixer au complexe
calcium-calmoduline qui va activer une kinase
(calcium/calmoduline/kinase-kinase) qui, à son tour, va pouvoir
activer AKT [99].
L'activité oncogénique de PI3K est contrebalancée par une protéine
suppresseur de tumeur dénommée PTEN [100] pour phosphatase and
tensin homologue deleted on chromosome ten (figure 4). Il s'agit d'une
enzyme qui déphosphoryle les groupements 3' hydroxyinositol des
phospholipides membranaires, et notamment des composées PtdIns.
Dans le cancer du sein, cet anti-oncogène peut être inactivé de
différentes manières. Il est décrit des mutations germinales
responsables du syndrome de Cowden (association de tumeurs bénignes
et malignes, cancer du sein bilatéral chez les sujets jeunes)
[101], des mutations somatiques responsables de cas sporadiques ou
de délétions hétérozygotes sur le chromosome 10 (LOH10q23) et
d'inactivations du gène par inactivation de son site promoteur
[100].
PI3K contrebalance l'action de la PI3-kinase. L'activation de
cette protéine de 55 kd induit un arrêt du cycle cellulaire en
G1 avec accumulation de la protéine p27 inhibitrice des
cyclines A, D et de la kinase CDK2. Elle induit une entrée en
apoptose des cellules et un arrêt de la traduction protéique.
Actuellement, les travaux de recherche portant sur l'inhibition de
cette voie comportent trois axes [99].
Inhibition de la PI3-kinase
Nous disposons de deux composées inhibiteurs de la PI3-kinase.
La wortmannin [102] est un métabolite d'un champignon qui se fixe
sur le site ATP de la PI3K de manière covalente, irréversible et
non compétitive. Le deuxième composé, un dérivé du quercertin, est
un inhibiteur réversible qui se fixe sur le même site que la
wortmannin [103]. Ces deux agents ne sont actuellement pas en
expérimentation clinique. D'autres pistes sont à l'étude. Elles
portent sur la neutralisation de la sous-unité catalytique en
agissant sur son domaine Sh2 par les molécules IRS-1 ou bien sur la
sous-unité régulatrice en favorisant sa déphosphorylation par
l'action d'une phosphatase.
Restauration de la fonction du gène PTEN
Des modèles cellulaires visant à réintroduire le gène PTEN par
thérapie cellulaire sont à l'étude.
Neutralisation d'une des voies terminales de la transduction de
ce signal, la voie mTor
Si, à ce jour, nous ne pouvons disposer de molécules agissant
sur PI3K ou sur PTEN, nous disposons d'agents capables d'agir sur
une des voies terminales de cette cascade. En effet la rapamycine
et ses dérivés (CCI-779) inhibent la voie médiée par mTor
(mammaliam target of rapamycine aussi appelé FRAP, RAFT1,
RAPT1) [104]. Il appartient à une famille de kinase : PI3
kinase-kinase. Cette kinase joue un rôle prépondérant dans la
transduction de signaux de prolifération [104, 105] via la
voie PI3K/AKT régulant l'initiation de la transduction protéique en
activant, par phosphorylation, la protéine 4E-BP1 (eucaryote
initiation factor 4 E-binding protein) et la protéine
p70-S6K (p70 kDa S3 kinase). La protéine 4E-BP sous sa forme
non phosphorylée est associée à son inhibiteur eIF-4E (ARNm cap
binding sub-unit of the eucaryote initiation factor 4).
La phosphorylation du complexe induit sa dissociation et la
protéine 4EB-BP va déclencher la traduction de la protéine cycline
D1 et de l'ornithine décarboxylase [104]. La protéine
p70 phosphorylée induit la constitution du complexe
ribosomique 40S-protéineS6 permettant la traduction [104].
L'inhibition de la voie mTor abolit les signaux transduits par la
voie PI3K/AKT engendrant un arrêt du cycle cellulaire en G1 et une
entrée en apoptose de la cellule.
Des agents ont été développés pour inhiber la voie mTor comme la
rapamycine.
La rapamycine est un macrolide qui dérive d'un champignon,
Streptomyces hydroscopius, qui possède des propriétés
immunosuppressives, antimicrobiennes et antitumorales [105]. Les
modèles précliniques ont démontré qu'elle agissait sur la
croissance tumorale en inhibant l'initiation de la
traduction : passage G1/S. Sa cible protéique est un complexe
intracellulaire dénommé FKBP [106].
Un certain nombre de dérivés, tout particulièrement le CCI779, ont
une activité tumorale supérieure à celle de la rapamycine [106].
Les essais thérapeutiques avec le CCI779 ont été réalisés aux
États-Unis, perfusion de J1 à J5 en IV toutes les 2 semaines
[107] et en Europe [108] selon un schéma hebdomadaire (tableau 5).
Tableau 5. Résultats des essais de
phase I avec le CCI779
|
Nombre de patients |
Étude |
Schéma de l'étude |
DMT |
DLT |
Activité |
|
63 |
[Hidalgo 107] |
Perfusion IV de 30 min de J1
à J5 toutes les 2 semaines |
•
MTD1 = 15 mg/m2 chimiothérapie au
préalable
• MTD2 = 19 mg/m2,
sans chimiothérapie
au préalable |
Grade 3 : hypocalcémie élévation des transaminases,
thrombopénie |
RP,
bronchopulmonaire non à petite cellule |
|
18 |
[Raymond 108] |
Perfusion IV hebdomadaire de 30 min |
Non
atteint |
Grade 3 : mucite |
RP,
sein, rein, tumeur neuro-endocrine |
DLT : dose toxique limitante ; DMT : dose maximale
tolérée
Les DLT observées sont des rashs cutanés, mucites, neutropénies,
thrombopénies, réactions d'hypersensibilité, hyperlipidémies. Il a
été rapporté des réponses cliniques à tous les paliers de doses,
dont une patiente présentant un cancer du sein en réponse
partielle. Des associations avec la gemcitabine et le 5FU-LV2 sont
en cours.
Un essai thérapeutique de phase II dans le cancer du sein à la
dose de 75 et 250 mg toutes les deux semaines est en cours
[109].
Les résultats sur les 16 premiers patients ont été présentés
à l'Asco 2002 (85 inclusions sur les 110 prévues). Les
auteurs rapportent une réponse partielle dans chaque groupe. Les
toxicités de grade 3-4 décrites sont des leucopénies,
infections, mucites, diarrhées, élévations des γGT, hypokaliémie,
syndromes dépressifs, hyperglycémie. L'étude se poursuit. Une
seconde étude est en cours chez des patientes récepteurs hormonaux
positifs, présentant une maladie localement avancée ou
métastatique. Elle compare le létrozole seul à une association
létrozole plus CCI (75 mg/j de J1 à J5 reprise à J14 ou prise
continue à la dose de 25 mg/j).
Conclusion
Nos connaissances ces dernières années en sciences fondamentales
nous ont permis de mieux connaître les étapes de la transduction du
signal depuis la fixation d'un ligand à son récepteur jusqu'à la
transcription de gènes impliqués dans la prolifération, la
différenciation, l'invasion et l'angiogenèse cellulaire. La
collaboration entre les chercheurs et les cliniciens a permis de
mettre au point de nouveaux agents thérapeutiques biologiques. Un
certain nombre de ces agents sont en cours d'évaluation.
Actuellement, dans le cancer du sein métastatique, seul le
trastuzumab a démontré son impact sur la survie des patientes et
les essais en adjuvant débutent tout juste. Cependant, de nombreux
points d'ombre restent à clarifier.
Dans un certain nombre de localisations, ces nouveaux agents ne
semblent pas donner en phase III les résultats tant espérés sur la
survie : c'est le cas de l'Iressa® dans les cancers
bronchopulmonaires non à petites cellules ou des
anti-métalloprotéases, même au prix d'une toxicité accrue vis-à-vis
du bras chimiothérapie seule. Cela doit nous conduire à nous
interroger sur nos méthodes d'investigations. Ces agents sont
dirigés contre une cible parfaitement identifiée in vitro et
in vivo mais dont on ne tient pas forcément compte dans les
études cliniques. Cela tient à plusieurs raisons à notre avis. Les
modèles précliniques sont-ils le reflet de la réalité ? Une
tumeur est constituée de différentes populations cellulaires avec
une carte génomique différente. Dans les études de phase I,
actuellement, ces agents biologiques sont développés comme des
agents cytotoxiques. Les études de phase I déterminent la dose
maximale tolérée mais en aucune manière la dose biologique
maximale. Nous avons vu que, pour le CCI779, les auteurs rapportent
des réponses à tous les paliers de doses. Les essais de phase I
conduits actuellement ne sont pas adaptés à ces nouveaux agents. Il
faut définir des marqueurs de la réponse biologique.
Il est actuellement difficile, pour des raisons techniques et
éthiques, de réaliser des prélèvements tissulaires avant tout
traitement et après traitement de la tumeur des patients pour
étudier la réponse en fonction de la dose. Des tests indirects
(cellules mononucléées sanguines, prélèvement de cellules de la
cavité buccale) ont été développés pour certaines de ces drogues
mais il n'existe pas forcément de corrélation entre la
neutralisation de ces marqueurs et la réponse biologique au sein de
la tumeur. Des études devront être conduites pour valider la
corrélation entre les données de pharmacogénomique, du TEP
(corrélation entre la dose de STI et la réponse au TEP réalisé au
5e jour), de l'IRM fonctionnelle (corrélation entre IRM
de perfusion et réponse à la combrastatine). Nous disposons à ce
jour de l'Herceptest® mais surtout du FISH, pour définir
la probabilité de réponse au trastuzumab. Concernant les autres
agents biologiques, nous ne disposons pas de technique diagnostique
fiable (mise en évidence de la cible) et de test prédictif de
réponse. Nous avons vu que l'association entre inhibiteur de
tyrosine kinase et agents cytotoxiques s'accompagnait d'une
toxicité accrue. Il est fort probable qu'un traitement séquentiel
serait préférable pour ces agents et que la sélection des patients
n'est pas rationnelle dans ces études. Ces nombreuses questions
vont demander un renforcement de la collaboration entre la
recherche fondamentale et la clinique. Nous sommes devant un
tournant de notre discipline avec la création d'une spécialité de
transition entre les sciences fondamentale et la clinique : la
biologie de transfert.
Références
1. Tronick SR, Aaronson SA. Growth factor and
signal transduction : molecular basis of Cancer.
Mendelsohn, Howley, Israel, Liotta: Eds Saunders, 1995 :
117-140.
2. Sedlacek HH. Kinase inhibitors in cancer
therapy : a look ahead. Drugs 2000 ; 59 :
435-76.
3. Ciardiello F, Tortora G. A novel approach in the
treatment of cancer : targeting the epidermal growth factor
receptor. Clin Cancer Res 2001 ; 7 : 2958-70.
4. Slichenmyer WJ, Fry DW. Anticancer therapy
targeting the ErbB family receptor tyrosine kinases. Sem
Oncol 2001 ; 28 : 67-79.
5. Bacus SS, Zelnick CR, Plowman G, Yanden Y.
Expression of the erbB-2 family of growth factor receptors and
their ligands in breast cancer cancer : implication for tumor
biology and clinical behavior. Am J Clin Pathol 1994 ;
102 : S13-24.
6. Arteaga CL. The epidermal growth factor
receptor : from mutant oncogene in nonhuman cancers to
therapeutic targets in human neoplasia. J Clin Oncol
2001 ; 19 : S32-42.
7. Baselga J, Norton L, Albanel J, Kim YM,
Mendelsohn J. Recombinant humanized anti-HER2 antibody (Herceptin)
enhances the antitumor activity of paclitaxel and doxorubicine
against HER2/neu overexpressing human breast cancer xenografts.
Cancer Res 1998 ; 58 : 2825-31.
8. Pegram MD, Lipton A, Hayes DF, Weber BL, Baselga
J, Tripathy D, et al. Phase II study of receptor-enhanced
chemosensitivity using recombinant humanized
anti-p185HER2/neu monoclonal antibody plus cisplatin in
patients with HER2/neu-overexpressing metastatic breast cancer
refractory to chemotherapy treatment. J Clin Oncol
1998 ; 16 : 2659-71.
9. Seidman AD, Fornier MN, Esteva FJ, Tan L, Kaptain
S, Bach A, et al. Weekly trastuzumab and paclitaxel therapy
for metastatic breast cancer with analysis of efficacy by HER2
immunophenotype and gene amplification. J Clin Oncol
2001 ; 19 : 2587-95.
10. Burris III HA. Docetaxel (Taxotere) plus
trastuzumab (Herceptin) in breast cancer. Sem Oncol
2001 ; 28 (suppl. 3) : 38-44.
11. Esteva FJ, Valero V, Booser D, Guerra LT, Murray
JL, Pustai L, et al. Phase II study weekly docetaxel and
trastuzumab for patients with HER2-overexpressing metastatic breast
cancer. J Clin Oncol 2002 ; 20 : 1800-8.
12. Nabholtz JM, Pienkowski T, Nothfelt D, Eirman W,
Quan E, Fumoleau P, et al. Results of two open label
multicentre phase II pilot studies with Herceptin in combination
with docetaxel and platinum salts (cis or carboplatin) (TCH) as
therapy for advanced breast cancer (ABC) in women with tumors
overexpressing the HER2-neu proto-oncogene. Eur J Cancer
2001 ; 37 (suppl. 6) : 695a.
13. Burstein H, Kuter I, Richardson P, Campos S,
Parker L, Matulonis U, et al. Herceptin and vinorelbine for
HER2 positive metastatic breast cancer : a phase II study.
Proc Am Soc Clin Oncol 2000 ; 19 : 392a.
14. Baselga J, Tripathy D, Mendelsohn J, Baughman S,
Benz CC, Dantis L, et al. Phase II study of weekly
intravenous recombinant humanized anti-p185HER2
monoclonal antibody in patients with HER2/neu-overexpressing
metastatic breast cancer. J Clin Oncol 1996 ; 14 :
737-44.
15. Cobleigh MA, Vogel CL, Tripathy D, Robert NJ,
Scholl S, Fehrenbacher L, et al. Multinational study of the
efficacy and safety of humanized anti-HER2 monoclonal antibody in
women who have HER2-overexpressing metastatic breast cancer that
has progressed after chemotherapy for metastatic disease. J Clin
Oncol 1999 ; 17 : 2639-48.
16. Vogel CL, Cobleigh MA, Tripathy D, Gutheil JC,
Harris LN, Fehrenbacher L, et al. First-line Herceptin
monotherapy in metastatic breast cancer. J Clin Oncol
2002 ; 20 : 719-26.
17. Salmon DJ, Leyland-Jones B, Shak S, Fuchs H,
Paton V, Bajamonde A, et al. Use of chemotherapy plus a
monoclonal antibody against HER2 for metastatic breast cancer that
overexpresses HER2. N Engl J Med 2001 ; 344 :
783-92.
18. Valone FH, Kaufman PA, Guyre PM, Lewis LD,
Memoli V, Ernstoff MS, et al. Clinical trials of bispecific
antibody MDX-210 in women with advanced breast cancer or
ovarian cancer that overexpresses HER-2/neu. J Hematother
1995 ; 4 : 471-5.
19. Posey JA, Raspet R, Verma U, Deo YM, Keller T,
Marshall JL, et al. A pilot trial of GM-CSF and
MDX-H210 in patients with erbB positive advanced malignancies.
J Immunother 1999 ; 22 : 371-9.
20. Mendelsohn J. Jeremiah Metzger Lecture. Targeted
cancer therapy. Trans Am Clin Climatol Assoc 2000 ;
111 : 95-111.
21. Wu X, Rubin M, Fan Z, DeBlasio T, Soos T, Koff
A, Mendelsohn J. Involvement of p27 KIP1 in G1 arrest mediated
by an anti-epidermal growth factor receptor monoclonal antibody.
Oncogene 1996 ; 12 : 1397-403.
22. Perrotte P, Matsumoto T, Inoue K, Kuniyasu H,
Eve BY, Hicklin DJ, et al. Anti-epidermal growth factor
receptor antibody C225 inhibits angiogenesis in human
transitional cell carcinoma growing in nude mice. Clin Cancer
Res 1999 ; 5 : 257-65.
23. Goldstein NI, Prewett M, Zuklys K, Rockwell P,
Mendelsohn J. Biological efficacy of a chimeric antibody to the
epidermal growth factor receptor in human tumor xenograft model.
Clin Cancer Res 1995 ; 1 : 1311-8.
24. Fan Z, Lu Y, Wu X, Mendelsohn J.
Antibody-induced epidermal growth factor receptor dimerization
mediates inhibition of autocrine proliferation of
A431 squamous carcinoma cells. J Biol Chem 1994 ;
269 : 27595-602.
25. Bruns CJ, Harbison MT, Davis DW, Portera CA,
Tsan R, McConkey DJ, et al. Epidermal growth factor receptor
blockade with C225 plus gemcitabine results in regression of
human pancreatic carcinoma growing orthopically in nude mice by
antiangiogenic mechanisms. Clin Cancer Res 2000 ;
6 : 1936-48.
26. Milas L, Mason K, Hunter N, Petersen S, Yamakawa
M, Ang K, et al. In vivo enhancement of tumor radioresponse
by C225 antiepidermal growth factor receptor antibody. Clin
Cancer Res 2000 ; 6 : 701-6.
27. Baselga J, Pfister D, Cooper MR, Cohen R,
Burtness B, Bos M, et al. Phase I studies of anti-epidermal
growth factor receptor chimeric antibody C225 alone and in
combination with cisplatin. J Clin Oncol 2000 ;
18 : 904-14.
28. Shin DM, Donato NJ, Perez-Soler R, Shin HJ, Wu
JY, Zhang P, et al. Epidermal growth factor
receptor-targered therapy with C225 and cisplatin in patients
with head and neck cancer. Clin Cancer Res 2001 ;
7 : 1204-13.
29. Pfister DG, Lipton A, Belt R, Motzer RJ, Winston
C, Metz EM, et al. A phase I trial of the epidermal growth
factor receptor (EGFR) directed bispecific antibody (BsAB)
MDX-447 in patients with solid tumors. Proc Am Soc Clin
Oncol 1999 ; 18 : 1667.
30. Klohs WD, Fry DW, Kraker AJ. Inhibitors of
tyrosine kinase. Curr Opin Oncol 1997 ; 9 :
562-8.
31. Woodburn JR, Barker AJ. 4-anilinoquinazolines-a
potentiel new therapy for major human solid tumors overexpressing
the EGF receptor. Br J Cancer 1997 ; 74 :
213-68.
32. Nicholson RI, Gee JMW, Barrow D, Pammment JS,
Knowlden JM, McClelland. Endocrine resistant in breast cancer can
involve a switch towards EGFR signalling pathways and a gain of
sensitivity to an EGFR-selective tyrosine kinase inhibitor, ZD1839.
Proc AACR-NCI-Meeting, Washington, DC, 7, 1999.
33. Kris MG, Herbst R, Rischin D, LoRusso P, Baselga
J, Hammond L, et al. Objective regressions in non-small cell
lung cancer patients treated in phase I trials of oral ZD1839
(Iressa), a selective tyrosine inhibitor that blocks the epidermal
growth factor receptor (EGFR). Lung Cancer 2000 ;
29 : 72.
34. Tamura T, Nakagawa K, Fukuoka M, Kudoch S,
Yoshimura N, Negoro S, et al. A phase I intermittent
dose-escalation trial of ZD 1839 (Iressa) in Japanese patients with
solid malignant tumors. Lung Cancer 2000 ; 29 :
71.
35. Ferry D, Hammond L, Ranson M, Kris M, Miller V,
Murray P, et al. Intermittent oral ZD 1839 (Iressa) a novel
epidermal growth factor receptor tyrosine kinase inhibitor
(EGFR-TKI) in patients with five selected tumors type :
evidence of activity and tolerability. Proc Am Soc Clin
Oncol 2000 ; 19 : 5E.
36. Baselga J, Herbst R, LoRusso P, Rischin D,
Ranson M, Plummer R, et al. Continuous administration of ZD
1839 (Iressa), a novel oral epidermal growth factor receptor
tyrosine kinase inhibitor (EGFR-TKI), in patients with selected
tumors types : evidence of activity and good tolerability.
Proc Am Soc Clin Oncol 2000 ; 19 : 686.
37. Goss G, Hirte H, Lorimer I, Miller W, Stewart D,
Batist G, et al. Final results of the dose-escalation phase
of a phase I, dose escalation, pharmacokinetics (PK) and
pharmacology study of ZD1839 : NCIC CTG IND.122. Proc Am
Soc Clin Oncol 2001 ; 21 : 335.
38. Miller VA, Johnson D, Heelan R, Johnson D,
Heelan RT, Pizo BA, et al. A pilot trial demonstrates the
safety of ZD 1839 (Iressa) an oral epidermal growth factor receptor
kinase inhibitor (EGFR-TKI) in combination with carboplatin (C) and
paclitaxel (P) in previously untreated advanced non small lung
cancer (NSLC). Proc Am Soc Clin Oncol 2001 ; 21 :
1301.
39. Arteaga CL, Moulder SL, Yakes FM. HER (erbB)
tyrosine kinase inhibitors in the treatment of breast cancer.
Semin Oncol 2002 ; 3 (suppl. 11) : 4-10.
40. Albain K, Elledge R, Gradishar WJ, Rowinsky E,
Hudis C, Pusztai L, et al. Open-label, phase II, multicenter
trial of ZD1839 (Iressa) in patients with advanced breast cancer.
Breast Cancer Res Treat 2002 ; 76 (suppl. 1) :
S33.
41. Robertson JFR, Gutteridge E, Cheung KL, Owers R,
Koehler M, Hamilton L. A phase II study of ZD1839 (Iressa) in
tamoxifen-resistant ER-positive and endocrine-insensitive
(ER-negative) breast cancer. Breast Cancer Res Treat
2002 ; 76 (suppl. 1) : S96.
42. Karp DD, Silberman SL, Csudae R, Wirth F, Gaynes
L, Posner M, et al. Phase I escalation study of epidermal
growth factor receptor (EGFR) tyrosine kinase (TK) inhibitor
CP-358,774 in patients with advanced solid tumors. Proc Am
Soc Clin Oncol 1999 ; 18 : 1499.
43. Siu LL, Hidalgo M, Nemunaitis J, Rizzo J,
Moczygemba J, Eckhardt SG, et al. Dose and schedule-duration
escalation of the epidermal growth factor receptor (EGFR) tyrosine
kinase (TK) inhibitor CP-358,774 : a phase I and
pharmacokinetic (PK) study. Proc Am Soc Clin Oncol
1999 ; 18 : 1498.
44. Forouzesh B, Hidalgo M, Takimoto C, de Bono JS,
Forero L, Beeram M, et al. Phase I, pharmacokinetic (PK),
and biological studies of the epidermal growth factor-tyrosine
kinase (EGFR-TK) inhibitor OSI-774 in combination with
docetaxel. Proc Am Soc Clin Oncol 2002 ; 21 :
81.
45. Ratain MJ, George CM, Janisch L, Kindler HL,
Ryan C, Wood DL, et al. Phase I trial of erlotinib (OSI-774)
in combination with gemcitabine (G) and cisplatin (P) in patients
with advanced solid tumors. Proc Am Soc Clin Oncol
2002 ; 21 : 2115.
46. Forouzesh B, Hidalgo M, Takimoto C, de Bono JS,
Forero L, et al. Phase I, pharmacokinetic (PK) and biologic
study of OSI-774, a selective epidermal growth factor receptor
(EGFR) tyrosine kinase (TK) inhibitor in combination with
paclitaxel and carboplatin. Proc Am Soc Clin Oncol
2002 ; 21 : 1908.
47. Traxder P, Buchdunger E, Furet P, Gschwind HP,
Ho P, Mett H, et al. Preclinical profile of PKI166-a novel
and potent EGFR tyrosine kinase inhibitor for clinical development.
Clin Cancer Res 1999 ; 5 : 22.
48. Bruns CJ, Solorzano CC, Harbison MT, Ozawa S,
Tsan R, Fan D, et al. Blockade of the epidermal growth
factor receptor signalling by a novel tyrosine kinase inhibitor
leads to apoptosis of endothelial cells and therapy of human
pancreatic carcinoma. Cancer Res 2000 ; 60 :
2926-35.
49. Hoesktra R, Dumez H, von Oosterom AT, Sizer KC,
Ravera C, Vaidyanathan S, et al. A phase I and
pharmacological study of PKI-166, an epidermal growth factor (EGFR)
tyrosine kinase inhibitor, administered orally in a two weeks on,
and two weeks off scheme to patients with advanced cancers. Proc
Am Soc Cancer Oncol 2002 ; 21 : 340.
50. Dumez H, Hoesktra R, Eskens F, Sizer KC,
Vaidyanathan S, Ravera C, et al. A phase I and
pharmacological study of PIK-116, an epidermal receptor (EGFR)
tyrosine inhibitor, administered orally 3 times a week to
patients with advanced cancer. Proc Am Soc Cancer Oncol
2002 ; 21 : 341.
51. Murren JR, Papadimitritrakopoulou VA, Sizer KC,
Vaidyanathan S, Ravera C, Abbruzzese JL. A phase I dose-escalating
study to evaluate the biological activity and pharmacokinetics of
PIK-166, a novel tyrosine kinase inhibitor, in patients with
advanced cancers. Proc Am Soc Cancer Oncol 2002 ;
21 : 377.
52. Allen LF, Lenehan PF, Eiseman IA, Elliot WL, Fry
DW. Potential benefits of the reversible Pan-erbB Inhibitor,
CI-1033, in the treatment of breast cancer. Semin Oncol
2002 ; 3 : 11-21.
53. Shin DM, Nemunaitis J, Zinner RG, Donato NJ,
shin HC, Myers JN, et al. A phase I clinical and biomaker
study of CI-1033, a novel pan-erbB tyrosine kinase inhibitor in
patients with solid tumors. Proc Am Soc Cancer Oncol
2001 ; 20 : 324.
54. Perrin D, Halazy S, Hill B. Inhibitors of Ras
farneselylation : tomorrow's anticancer agents ? Bull
Cancer 1997 ; 84 : 635-42.
55. Rowinsky EK, Windle JJ, Von Hoff D. Ras protein
farnesyltransferase : a strategic target for anticancer
therapeutic development. J Clin Oncol 1999 ; 11 :
3631-52.
56. Haluska P, Dy GK, Adjei AA. Farnesyl transferase
inhibitor as anticancer agents. Eur J Cancer 2002 ;
38 : 1685-700.
57. Olson MF, Paterson HF, Marshalla CJ. Signals
from Ras and Rho GTPases interact to regulate expression of
p21Waf1/Cip1. Nature 1998 ; 394 : 295-9.
58. Law BK, Norgaard P, Moses HL.
Farnesyltransferase inhibitor induces rapid growth arrest and
blocks p70s6K activation by multiple stimuli. J Biol Chem
2000 ; 275 : 10796-801.
59. Ashar HR, James L, Gray K, Carr D, Black S,
Armstrong L, et al. Farnesyl transferase inhibitors block
the farnesylation of CENP-E and CENP-F and alter the association of
CENP-E with microtubules. J Biol Chem 2000 ; 275 :
30451-7.
60. End DW, Smets G, Todd AV, Applegate TL, Fuery
CJ, Angibaud P, et al. Characterization of the antitumor
effects of the selective farnesyl protein transferase inhibitor
R115777 in vivo and in vitro. Cancer Res
2001 ; 61 : 131-7.
61. Schellens J, de Klerk G, Swart M, Palmer P, Bol
C, van't Veer L, et al. Phase I pharmacologic study with the
novel farnesyl transferase inhibitor (FTI) R115777. Proc Am Soc
Clin Oncol 2000 ; 19 : 715.
62. Zujewski J, Horak ID, Bol CJ, Woestenborghs R,
Bowden C, End DW, et al. Phase I and pharmacokinetic study
of farnesyl protein transferase inhibitor R115777 in advanced
cancer. J Clin Oncol 2000 ; 18 : 927-41.
63. Nakagawa K, Yamamoto N, Nishio K, Ohashi Y, End
D, Bol K, et al. A phase I, pharmacokinetic (PK) and
pharmacodynamic (PD) study of the farnesyl transferase inhibitor
(FTI) R115777 in Japaness patients with advanced
non-hematological malignancies. Proc Am Soc Clin Oncol
2001 ; 20 : 317.
64. Punt CJ, van Maanen L, Bol CJ, Seifert WF,
Wagener DJ. Phase I and pharmacokinetic study of the orally
administered farnesyl transferase inhibitor R115777 in
patients with advanced solid tumors. Anticancer Drug
2001 ; 12 : 193-7.
65. Patnaik A, Eckhardt S, Izbicka E, Hildalgo M,
McCreery H, Mori M, et al. A phase I and pharmacokinetic
study of the farnesyltransferase inhibitor, R115777 in
combination with gemcitabine. Proc Am Soc Clin Oncol
2000 ; 19 : 689.
66. Liebes L, Hochster H, Speyer J, Chachoua A,
Hamilton A, Oratz R, et al. Enhanced myelosuppression of
topotecan when combined with farnesyl transferase inhibitor
R15777 : a phase I and pharmacodynamic study. Proc Am Soc
Clin Oncol 2001 ; 20 : 321.
67. Verweij J, Kehrer DF, Planting AS, de Jonge M,
Eskens F, Klaren A, et al. Phase I trial of irinotecan in
combination with the farnesyl transferase inhibitor (FTI) R115777.
Proc Am Soc Clin Oncol 2001 ; 20 : 319.
68. Schwartz G, Rowinsky EK, Rha SY, Hammond LA,
Smith L, Patnaik A, et al. A phase I, pharmacokinetic, and
biologic correlative study of R115777 and trastuzumab
(Herceptin) in patients with advanced cancer. Proc Am Soc Clin
Oncol 2001 ; 20 : 322.
69. Versyle C, Van Steenbergen W, Humblet Y, Marsé
H, De Vis J, Palmer P, et al. Phase I trial of 5-FU/LV in
combination with farnesyltransferase inhibitor (FTI) R115777.
Proc Am Soc Clin Oncol 2001 ; 20 : 681.
70. Adjei AA, Bruzek LM, Erlichman C, Marks R,
Croghan G, Sloan J, et al. Combination studies with the
farnesyl protein transferase inhibitor R115777 and
chemotherapy agents. Eur J Cancer 2001 ; 37 (suppl.
6) : 792.
71. Piccart-Gebhart MJ, Branle D, De Valeriola M,
Dubuisson M, Hennebert P, Gil T, et al. A phase I, clinical
and pharmacokinetic (PK) trial of the farnesyl transferase
inhibitor (FTI) R115777 + docetaxel : a promising
combination in patients (PTS) with solid tumors. Proc Am Soc
Clin Oncol 2001 ; 20 : 318.
72. Holden SN, Eckhardt SG, Fisher S, Persky M,
Mikule C, O'Bryant CL, et al. A phase I parmacokinetic (PK)
and biological study of the farnesyl transferase inhibitor (FTI)
R115777 and capecitabine in patients (PTS) with advanced solid
malignancies. Proc Am Soc Clin Oncol 2001 ; 20 :
316.
73. Johnston SDR, Hickish T, Houston S, Ellis PA,
Howes J, Thibault A. Efficacy and tolerability of two dosing
regimens of R115777 (Zarnestra), a farnesyl protein transferase
inhibitor in patients with advanced breast cancer. Proc Am Soc
Cancer Oncol 2002 ; 21 : 138.
74. Hunt JT, Ding CZ, Batorsky R, Bednarz M, Bhide
R, Cho Y, et al. Discovery of
(R)-7-cyano2,3,4,5-tetrahydro-1-(1H-imidazol-4-ylmethyl)-3-(phenylmethyl)-4-(2-thienylsulfonyl)-1H-1,4-benzodiazepine
(BMS-214662) a farnesyltransferase inhibitor with potent
preclinical antitumor activity. J Med Chem 2000 ;
43 : 3587-95.
75. Camacho LH, Soignet SL, Pezzuli S, Canales C,
Aghajanian C, Spriggs DS, et al. Dose escalation study of
oral farnesyl transferase inhibitor BMS-214662 in patients
with solid tumors. Proc Am Soc Clin Oncol 2001 ;
20 : 311.
76. Ryan D, Eder J, Supko J, Lynch T, Amrein P,
Fuchs C, et al. Phase I clinical trial of the
farnesyltransferase (FT) inhibitor BMS-214662 in patients with
solid tumors. Proc Am Soc Clin Oncol 2000 ; 19 :
720.
77. Kim KB, Shin DM, Summey CC, Kurie JM, Fossella
FV, Lee JS, et al. Phase I study of farnesyl transferase
inhibitor BMS-214662 in solid tumors. Proc Am Soc Clin
Oncol 2001 ; 20 : 313.
78. Tabernero J, Sonnichsen D, Albanel J, Damle B,
Rojo F, Christopher L, et al. A phase I pharmacokinetic (PK)
and serial tumor and PBMC pharmacodynamic (PD) study of weekly
BMS-214662, a farnesyltransferase (FT) inhibitor, in patients with
advanced solid tumors. Proc Am Soc Clin Oncol 2001 ;
20 : 304.
79. Voi M, Tabernero J, Cooper MR, Marimon I, Van
Vreckem A, Albanell J, et al. A phase I study of the
farnesyltransferase (FT) inhibitor BMS-214662 administered as
weekly 1 hour infusion in patients (Pts) with advanced solid
tumors : clinical finding. Proc Soc Clin Oncol
2001 ; 20 : 312.
80. Mackay HJ, Hoekstra R, Eskens F, Devlin M,
Sonnicchesen D, Voi M, et al. A phase I dose escalating
study of BMS-214662 in combination with cisplatin (C) in
patients with advanced solid tumors. Proc Am Soc Clin Oncol
2001 ; 20 : 315.
81. Bailey HH, Marnocha R, Arzoomanian R, Alberti D,
Binger K, Volkman J, et al. Phase I weekly paclitaxel and
BMS214662 in patients with advanced solid tumors. Proc Am
Soc Clin Oncol 2001 ; 20 : 314.
82. Liu M, Bryant MS, Chen J, Lee S, Yaremko B,
Lipari P, et al. Antitumor activity of SCH66336, an orally
bioavailable tricyclic inhibitor of farnesyl protein transferase,
in human tumor xenograft models and wap-ras transgenic nice.
Cancer Res 1998 ; 58 : 4947-56.
83. Ashar HR, James L, Gray K, Carr D, McGuirk M,
Maxwell E, et al. The farnesyl transferase inhibitor SCH
66336 induces a G(2) → M or G(1) → pause in sensitive human
tumor cell lines. Exp Cell Res 2001 ; 262 :
17-27.
84. Glass TL, Liu M, Yung WK. Inhibition of cell
growth in human glioblastoma cell lines by farnesyltransferase
inhibitor SCH66336. Neuro-Oncol 2000 ; 2 :
151-8.
85. Reichert A, Heisterkamp N, Daley GQ, Groffen J.
Treatment of Bcr/Abl-positive acute lymphoblastic leukemia in
P190 transgenic mice with the farnesyl transferase inhibitor
SCH 66336. Blood 2001 ; 97 : 1399-403.
86. Adjei AA, Erlichman C, Davis JN, Cutler DL,
Sloan JA, Marks RS, et al. Phase I trial of the farnesyl
transferase inhibitor SCH66336 : evidence for biological and
clinical activity. Cancer Res 2000 ; 60 :
1871-7.
87. Eskens FA, Awada A, Cutler DL, de Jonge MJ,
Luyten GP, Faber MN, et al. Phase I and pharmacokinetic
study of oral farnesyl transferase inhibitor SCH66336 given
twice of daily to patients with advanced solid tumors. J Clin
Oncol 2001 ; 19 : 1167-75.
88. Hurwitz H, Amado R, Prager D, Hecht J, Cohen D,
Conway D, et al. Phase I pharmacokinetic trial of the
farnesyl transferase inhibitor SCH66336 plus gencitabine in
advanced cancers. Proc Am Soc Clin Oncol 2000 ;
19 : 717.
89. Khuri F, Glisson B, Meyers M, Herbst R, Thall P,
Munden R, et al. Phase I study of the farnesyl transferase
inhibitor (FTI) SCH66336 with paclitaxel in solid
tumors : dose finding, pharmacikinetics, efficacy/safety.
Proc Am Soc Clin Oncol 2000 ; 19 : 799.
90. Kim ES, Glisson BS, Meyers ML, Herbts RS, Shin
DM, Statkevich P, et al. A phase I/II study of the farnesyl
transferase inhibitor (FTI) SCH66336 with paclitaxel in solid
tumors. Proc Am Soc Clin Oncol 2001 ; 20 :
2629.
91. Britten C, Rowinsky EK, Yao S, Soignet S, Smith
L, McCreery H, et al. The farnesyl protein transferase
(FPTase) inhibitor L-778123 in patients with solid cancers.
Proc Am Soc Clin Oncol 1999 ; 18 : 597.
92. Rubin E, Abbruzzese JL, Morrison BW, Mazina K,
Lee Y, Zamek R, et al. Phase I trial of the farnesyl protein
transferase inhibitor L-778123 on 14-or 28 day dosing
schedule. Proc Am Soc Clin Oncol 2000 ; 19 :
689.
93. Sharma S, Britten C, Spriggs D, Rosen N, Soignet
S, Pezzulli S, et al. A phase I and PK study of farnesyl
transferase inhibitor L-778123 administered as a seven day
continuous infusion in combination with paclitaxel. Proc Am Soc
Clin Oncol 2000 ; 19 : 719.
94. O'Dwyer PJ, Stevenson JP, Gallagher E, Mitchell
E, Fiedland D, Rose L, et al. Phase
I/pharmacokinetic/pharmacodynamic trial of Raf-1 antisense ODN
(ISIS 5132). Proc Am Soc Clin Oncol 1998 ; 17 :
810.
95. Holmlund J, Nemunaitis J, Schiller A, Dorr A,
Kisner D. Phase I trial of c-Raf antisense oligonucleotide ISIS
5132 (CGP 69846A) by 21 day continuous intravenous infusion
(CIV) in patients with advanced cancer. Proc Am Soc Clin
Oncol 1998 ; 17 : 811.
96. Holmlund J, Rudin CM, Mani S, Fleming GF,
Stadler W, Kunkel K, et al. Phase I trial of ISIS 5132/ODN
69846A a 20-mer phosphothiate antisense oligonucleotide inhibitor
of c-Raf kinase administered by 24 hours weekly intravenous
(IV) infusion to patients with advanced cancer. Proc Am Soc Clin
Oncol 1999 ; 18 : 605.
97. Mitchell DY, Reid JM, Parchment RE, Meyer MB,
Leopold JS, Herrera R, et al. Pharmacokinetics (PK) and
pharmacodynamics (PD) of the oral MEK inhibitor, CI-1040, following
multiple dose administration to patients with advanced cancer.
Proc Am Soc Cancer Oncol 2002 ; 21 : 320.
98. LoRusso PM, Adjei AA, Meyer MB,Wozniak A,
Gadgeel SM, Hanson LJ, et al. A phase I clinical and
pharmacokinetic evaluation of the oral MEK inhibitor, CI-1040,
administered for 21 consecutive days, repeated every
4 weeks in patients with advanced cancer. Proc Am Soc
Cancer Oncol 2002 ; 21 : 321.
99. Berrie PC. Phosphoinositide 3-kinase inhibition
in cancer treatment. Expert Opin Investg Drugs 2001 ;
10 : 1085-98.
100. Leslie NR, Downes CP. PTEN : the down side
of PI3 kinase signalling. Cellular Signalling 2002 ;
14 : 285-95.
101. Starink TM, van der Veen JP, Arwert F, de Waal
LP, de Lange GG, Gille JJ, et al. The Cowdven
syndrome : a clinical and genetic study in 21 patients.
Clin Genet 1986 ; 29 : 222-3.
102. Wymann MP, Bulgarelli-Leva G, Zvelebil MJ,
Pirola L, Vanhaesebroeck B, Waterfield MD, et al. Wortmannin
inactivates phosphoinositide 3-kinase by covalent modification of
Lys-802, a residue involved in the phosphate transfer reaction.
Mol Cell Biol 1996 ; 16 : 1722-33.
103. Meyers R, Cantley LC. Cloning and
characterisation of a wortmannin-sensitive human
phosphatidylinositol 4-kinase. J Biol Chem 1997 ;
272 : 4384-90.
104. Dennis PB, Fumagalli S, Thomas G. Target of
rapamycin (TOR) : balancing the opposing forces of protein
synthesis and degradation. Curr Opin Gen Devel 1999 ;
9 : 49-54.
105. Alexandre J, Raymond E, Armand JP. Rapamycine
et le CCI-779. Bull Cancer 1999 ; 86 : 808-11.
106. Yu K, Toral-Barza L, Discafani C, Zhang WG,
Skotnicki J, Frost P, et al. mTOR, a novel target in breast
cancer : the effect of CCI-779, an mTOR inhibitor, in
preclinical models of breast cancer. Endocr Relat Cancer
2001 ; 8 : 249-58.
107. Hildalgo M, Rowinsky EK, Erlichman C, Drengler
R, Marshall B, Adjei AA, et al. Phase I and pharmacologic
study of CCI-779, a cell cycle inhibitor. 11th NCI-EORTC-AACR
symposium on new drugs in cancer therapy, 2000.
108. Raymond DE, Alexandre J, Depenbrock H, Vago NA,
Faivre S, Lahr-Randak A, et al. CCI-779 a ester analog of
rapamycin that interact with PTEN/PI3 kinase pathways : a
phase I study utilising a weekly intravenous schedule. 11th
NCI-EORTC-AACR symposium on new drugs in cancer therapy,
2000.
109. Chan S, Johnston S, Scheulen ME, Mross K,
Morant R, Lahr A, et al. First report : a phase
2 study of the safety and activity of CCI-779 for
patients with locally advanced or metastatic breast cancer failing
prior chemotherapy. Proc Am Soc Cancer Oncol 2002 ;
21 : 44a.