Accueil > Revues > Médecine > Bulletin du cancer > Texte intégral de l'article
 
      Recherche avancée    Panier    English version 
 
Nouveautés
Catalogue/Recherche
Collections
Toutes les revues
Médecine
Bulletin du Cancer
- Numéro en cours
- Archives
- S'abonner
- Commander un       numéro
- Plus d'infos
Biologie et recherche
Santé publique
Agronomie et Biotech.
Mon compte
Mot de passe oublié ?
Activer mon compte
S'abonner
Licences IP
- Mode d'emploi
- Demande de devis
- Contrat de licence
Commander un numéro
Articles à la carte
Newsletters
Publier chez JLE
Revues
Ouvrages
Espace annonceurs
Droits étrangers
Diffuseurs



 

Texte intégral de l'article
 
  Version imprimable
  Version PDF

Perspective d‘avenir. De la recherche fondamentale au développement de nouvelles thérapeutiques visant à inhiber les différentes étapes de la transduction du signal : application au cancer du sein


Bulletin du Cancer. Volume 90, Numéro 10, 851-64, Octobre 2003, Synthèse


Résumé   Summary  

Auteur(s) : Mario Campone Pierre Kerbrat Henri Roché Jaffar Bennouna Jean‐Claude Cuillière Bernard Le Mevel Pierre Fumoleau , CRLCC, Centre René‐Gauducheau, bd Jacques‐Monod, 44805 Saint‐Herblain\Nantes Cedex CRLCC, Centre Eugène‐Marquis, rue de la Bataille Flandres‐Dunkerque CS 44229, 35042 Rennes Cedex CRLCC, Centre Claudius‐Régaud, 20‐24 rue Pont‐Saint‐Pierre, 31052 Toulouse Cedex .

Résumé : Une meilleure connaissance des bases biologiques du développement des cancers a permis de définir des cibles thérapeutiques, portant notamment sur les étapes de transduction d‘un signal de prolifération, de différenciation, d‘invasion ou de survie cellulaires. Nous disposons de nouvelles molécules capables de bloquer chaque étape de la transduction du signal. Nous verrons dans cette revue les étapes clés et les molécules qui les inhibent seront successivement envisagées dans l‘optique du traitement du cancer du sein. ▴

Mots-clés : transduction du signal, récepteur transmembranaire, second messager, cancer du sein, revue de la littérature, nouveaux agents thérapeutiques

Illustrations

ARTICLE

Auteur(s) : Mario Campone1, Pierre Kerbrat2, Henri Roché3, Jaffar Bennouna1, Jean-Claude Cuillière1, Bernard Le Mevel1, Pierre Fumoleau1

1 CRLCC, Centre René-Gauducheau, bd Jacques-Monod, 44805 Saint-Herblain/Nantes Cedex
2 CRLCC, Centre Eugène-Marquis, rue de la Bataille Flandres-Dunkerque CS 44229, 35042 Rennes Cedex
3 CRLCC, Centre Claudius-Régaud, 20-24 rue Pont-Saint-Pierre, 31052 Toulouse Cedex

Article reçu le 13 mars 2003, accepté le 26 juin 2003

Ces dernières décennies, des avancées significatives ont été réalisées dans le domaine de la recherche fondamentale concernant les mécanismes impliqués dans les processus d'acquisition d'un phénotype malin par une cellule normale du sein. Des cibles thérapeutiques potentielles ont ainsi été identifiées. Des molécules dirigées contre ces cibles thérapeutiques on été développées par la recherche académique et industrielle. Un certain nombre de ces agents cytostatiques biologiques sont en cours d'évaluation clinique. Dans cet exposé, nous nous intéresserons aux molécules en développement dans le cancer du sein qui inhibent la transduction du signal au sein de la cellule néoplasique.

Généralités

Le passage d'une cellule eucaryote de la phase quiescente (G0) à la phase de mitose (M), en réponse à des stimuli extérieurs, est un processus multi-étape. Il requiert la transduction de signaux divers (prolifération, migration, différenciation) et l'activation de protéines intracellulaires. Ce processus finement régulé est altéré au sein des cellules néoplasiques, engendrant une prolifération, une migration et une différenciation cellulaires non contrôlées. Cette communication inter et intracellulaire peut être schématiquement divisée en deux étapes : la fixation sur un récepteur transmembranaire d'un signal extracellulaire, puis l'activation de seconds messagers intracellulaires entraînant l'activation de facteurs de transcription qui vont pouvoir agir directement sur la transcription de gènes impliqués dans les processus de prolifération, de migration et de différenciation cellulaires. Six familles (tableau 1) de récepteurs à tyrosine kinase sont actuellement décrites se différenciant par leur ligand et leur structure chimique et sept récepteurs dit « orphelins » [1] :
– un domaine extracellulaire, site de fixation du ligand (partie N terminale de la molécule) ;
– un domaine intracellulaire, site d'ancrage dans la membrane cytoplasmique ;
– un domaine intracellulaire riche en résidu tyrosine, possédant une activité tyrosine kinase (figure 1).

Tableau 1. Les six membres de la famille des récepteurs à tyrosine kinase
Classe I Classe II Classe III Classe IV Classe V Classe VI
EGF FGF HGF Insuline Neurotrophines PDGF
Ligand EGF, TGF, AR,

HB-EGF, SDGF,

heréguline,

bétacelluline
FGF1 à 8 HGF Insuline,

IGF1

IGF2
NGF

BDNF

NT3 à 5
PDGF-A et B

VEGF

CSF1

SCF

PIGF
Récepteur HER1

HER2

HER3

HER4
FGFR1

FGFR2

FGFR3

FGFR4
MET IR

IGFI-R
TRKA

TRKB

TRKC
PDGFR α et β
CSF-1R
SCFR
FLT
KDR

Récepteurs transmembranaires de la famille HER

Cette famille comprend quatre membres dénommés : R-EGF ou HER1, cErb2 ou HER2, cErb3 ou HER3 et cErb4 ou HER4 [2].

Fonction physiologique

Le mécanisme d'action est des plus classiques. Le ligand se fixe à son récepteur, ce qui induit une dimérisation et une auto-activation des résidus tyrosine du domaine C terminal (figure 2). Des molécules adaptatrices possédant un domaine d'homologie Src (SH2 domaine) et un domaine de fixation à tyrosine sont à leur tour activées. Deux grandes voies de la transduction du signal sont privilégiées, la voie Ras/Raf/MAKK-MEK/ERK et la voie des phospho-inositol/PI3Kinase/AKT, mais aussi les voies passant par la phospholipase C et la voie STATS (PAK-JNKK-JNK). Elles vont induire la phosphorylation de facteurs de transcription (Jun, Fos, myc, cycline D1 [3]) ainsi que la transcription de protéines impliquées dans les mécanismes de prolifération cellulaire, d'angiogenèse, de migration, de différenciation cellulaire ou bien encore dans la survie cellulaire. Il est à noter que, en fonction de tel ou tel ligand, les récepteurs formeront des homodimères ou des hétérodimères [4]. La protéine HER3 a perdu son activité tyrosine kinase et, à ce jour, aucun ligand spécifique de HER2 n'est connu [2].

Altération des récepteurs de la famille HER2 dans le cancer du sein

Plusieurs mécanismes peuvent expliquer leur propriété oncogénique et leur implication dans le processus de cancérogenèse [4] :
– réarrangement du gène induisant la synthèse d'une protéine oncogénique de fusion avec le site catalytique et le site de dimérisation/activation ;
– gain de fonction par une mutation ou une délétion du gène au niveau du site de régulation ;
– surexpression de la protéine par amplification du gène ;
– perte du mécanisme de régulation de l'activité d'auto-phosphorylation.
Les anomalies décrites dans le cancer du sein [5] sont des mutations ou des amplification géniques : HER1 (37 %), HER2 (25 à 30 %), HER3 (25 à 71 %), HER4 (49 à 60 %). Dans le cancer du sein, HER1 et HER2 sont fréquemment co-exprimées (50 % des cas). HER3 est surexprimée dans plus de 50 % des cas du cancer du sein et elle est fréquemment co-exprimée avec HER2 laissant supposer qu'elle joue un rôle prépondérant dans le processus de cancérogenèse.

Stratégies thérapeutiques développées pour bloquer le récepteur et son activité

Différentes stratégies ont été développées ces dernières années afin de bloquer l'activité du récepteur [6] :
– l'immunothérapie vise à empêcher le signal induit par la fixation du ligand à son récepteur en bloquant directement le domaine extracellulaire du récepteur ou en neutralisant le ligand ;
– l'immunoconjugué : anticorps qui reconnaît la cible cellulaire couplée à une toxine (Pseudomonas), à un agent cytotoxique ou à un élément radioactif ;
– l'inhibition de l'activité intracellulaire tyrosine kinase par des molécules agissant directement sur le domaine intracellulaire à activité tyrosine kinase (TK) ;
– l'inhibition de la traduction de l'ARNm par des sondes oligonucléotidique anti-messager ;
– la destruction de l'ARNm via les ribozymes ;
– la dégradation de la protéine synthétisée via la voie d'ubiquitination : analogue de l'ansamycine.
L'inhibition de la l'activité tyrosine kinase par des anticorps dirigés contre le domaine extracellulaire ou inhibant le domaine intracellulaire est en cours d'évaluation clinique avec des résultats encourageants (tableau 2).

Tableau 2. Agents thérapeutiques et leurs cibles



Agent thérapeutique Cibles thérapeutiques Effets secondaires
Anticorps monoclonal
• Trastuzumab (Herceptine®) HER2 Cardiotoxicité, réaction immuno-allergique
• MDX-H210 Bispécifique HER2 et Fc Gamma1 Réaction au point de perfusion
• C225-cétuximab HER1 Réaction cutanée et immuno-allergique
• MDX-447 Bispécifique HER1 et Fc gamma 1 Hypotension
Inhibiteurs tyrosine kinase
• ZD1839 (Iressa®) HER1 Rash, diarrhée, nausée et vomissement
• OSI-774 (Tarceva®) HER1 Fatigue, maux de tête, rash cutané, nausée et vomissement, diarrhée
• CI1033 HER1, 2, 3 et 4 Rash cutané, diarrhée, thrombopénie
• PKI166 HER1 En cours d'étude

• Agents dirigés contre le domaine extracellulaire : anticorps monoclonal

Le trastuzumab est un anticorps monoclonal recombinant de type IgG1 humanisé dirigé contre le récepteur transmembranaire HER2. Cette protéine est codée par l'oncogène cerb-2, qui est dans 25 à 30 % des cas surexprimé à la surface des cellules néoplasiques. Cette surexpression induit une prolifération anarchique des cellules. Les modèles précliniques démontrent que cet anticorps possède des propriétés cytostatiques et qu'il a, en association avec certains agents cytotoxiques (sels de platine et taxanes), une action synergique ou additive [7]. Son activité cytotoxique observée in vitro est confirmée par des études cliniques de phase II en monothérapie et en association aux agents cytotoxiques (cisplatine, taxanes, vinorelbine) [8-13].
Deux études de phase II ont été rapportées avec le trastuzumab en monothérapie.
La première étude, de Baselga et al. [14], a porté sur 46 patientes présentant un cancer du sein métastatique, surexprimant l'oncogène cerbB2 (63 % avaient déjà bénéficié d'au moins deux lignes de chimiothérapie pour maladie métastatique). Le trastuzumab était administré selon un schéma hebdomadaire pour une durée de 10 semaines (dose de charge de 250 mg puis de 100 mg). Le taux de réponse était de 11,6 % (1 réponse clinique et 4 réponses partielles) et 37,2 % des patientes présentaient une réponse mineure ou stable. Le temps médian jusqu'à progression était de 5,1 mois. Aucune toxicité sévère n'est rapportée par les auteurs.
La deuxième étude de phase II est rapportée par Cobleigh et al. [15]. Cette étude prospective multicentrique regroupant 54 centres, internationale (Amérique du Nord, Europe et Australie), avait inclus 222 patientes (213 traitées) présentant un cancer du sein métastatique en progression après une première ou une deuxième ligne de chimiothérapie et surexprimant l'oncogène cerbB2 (22 % : 2 + et 78 % : 3 +, anticorps 4D5 et CB11). La plupart des patientes avaient bénéficié d'au moins deux lignes de chimiothérapie pour maladie métastatique (68 %). Quatre-vingt-quatorze pour cent des patientes avaient reçu des anthracyclines et 67 % des taxanes. Le taux de réponse objectif était de 15 % (4 réponses cliniques et 26 réponses partielles). La durée médiane de réponse était de 9,1 mois et la médiane jusqu'à progression était de 3,1 mois. Les auteurs constatent que les patientes qui présentaient une surexpression de l'oncogène HER2 en immunohistochimie à 3 + avaient un taux de réponse plus important que les patientes 2 + (18 versus 6 %, p = 0,06). La tolérance, tout comme dans l'étude de Baselga, était satisfaisante. Dix patientes ont présenté une toxicité cardiaque (4,7 %). Parmi ces 10 patientes, 9 avaient reçu une dose cumulative de doxorubicine supérieure à 400 mg/m2. Une patiente est décédée d'une arythmie ventriculaire après la dernière injection de trastuzumab.
En monothérapie, le trastuzumab induit un taux de réponses chez des patientes lourdement prétraitées, en échec des anthracyclines et/ou des taxanes, comparable, voire même supérieur, à certains agents cytotoxiques. Il n'existe pas de dose-réponse avec le trastuzumab comme tend à le démontrer l'étude de Vogel et al. [16], un essai de phase III chez des patientes non prétraitées par une chimiothérapie pour maladie métastatique et surexprimant cerb2. Deux schémas ont été comparés, dose de charge de 4 mg/kg puis dose d'entretien de 2 mg/kg contre dose de charge de 8 mg/kg puis dose d'entretien de 4 mg/kg. Le taux de réponse en première ligne est de 26 % pour toute les patientes incluses dans l'essai. Il n'existe aucune différence entre les deux bras en termes de réponse objective, de temps jusqu'à progression et de survie globale.
Concernant l'association du trastuzumab à des agents cytotoxiques, Salmon et al. [17] ont rapporté les résultats d'une étude de phase III internationale, multicentrique, prospective, conduite chez 469 patientes présentant un cancer du sein métastatique, en première ligne, et surexprimant l'oncogène cerbB2 (en immunohistochimie, 2 + et 3 + à l'Herceptest®). Les patientes étaient randomisées entre chimiothérapie seule et chimiothérapie plus trastuzumab. Celles qui avaient reçu une chimiothérapie par anthracycline recevaient le paclitaxel (175 mg/m2 à J1 et J21), les autres une associationanthracyclines, doxorubicine 60 mg/m2 ou épirubicine 75 mg/m2, + cyclophosphamide 600 mg/m2.
Les résultats de cette étude, en termes de réponse objective (50 versus 32 %, p < 0,001), en durée de réponse (9,1 versus 6,1 mois, p < 0,001) et en survie (25,4 versus 20,3 mois, p = 0,046), étaient en faveur de l'association chimiothérapie-trastuzumab quel que soit le régime de chimiothérapie (paclitaxel ou anthracyclines/cyclophosphamide). Cependant, le taux d'insuffisance cardiaque congestive était plus élevé dans le bras anthracycline + trastuzumab (16 % de grades 3-4) que dans le bras paclitaxel + trastuzumab. L'association paclitaxel + trastuzumab est actuellement recommandée pour les patientes en situation métastatique. D'autres études sont actuellement en cours, avec d'autres agents cytotoxiques (docétaxel, capécitabine, gemcitabine, vinorelbine), en situation métastatique, néo-adjuvante ou adjuvante.
Le MDX-H210 est un anticorps bivalent dirigé contre le récepteur HER2 et le récepteur Fc [18]. Les premiers résultats de phase I [19] semblent démontrer que ses effets secondaires sont modérés. Les auteurs rapportent des stabilisations. À noter que, à notre connaissance, aucun essai clinique de phase II dans le cancer du sein n'a commencé.
Le C225 ou cétuximab est un anticorps chimérique (partie variable d'origine murine et partie constante d'origine humaine). Les données précliniques démontrent qu'il possède une grande affinité pour le récepteur HER1, en inhibant son autophosphorylation [20]. Il induit un arrêt du cycle cellulaire [21] en favorisant la synthèse de la protéine p27 (inhibiteur de cycline) et entraîne une diminution du taux circulant du facteur angiogénique, VGEF [22].
Sur les modèles de xénogreffe, le cétuximab semble être actif contre les tumeurs malignes épidermoïdes, de la prostate, du rein et du côlon [23, 24]. En association aux agents cytotoxiques, on constate une réponse dose-dépendante et additive [25]. En association à la radiothérapie, son action est synergique [26].
Les études de phase I ont été réalisées selon un schéma hebdomadaire en monothérapie [27] ou en association avec le cisplatine hebdomadaire [27, 28]. Elles ont inclus 52 patientes. Il n'est rapporté aucune réponse objective en monothérapie. En association avec le cisplatine, les auteurs rapportent 4 réponses partielles (tête et cou) et 2 réponses complètes (tête et cou et côlon). Les données de pharmacologie démontrent qu'il existe une saturation des récepteurs à une dose supérieure à 200 mg/m2. Chez 1 patient, les auteurs rapportent la détection d'anticorps anti-C225. Les effets secondaires rapportés sont de type immunoallergique (rash cutané, fièvre et frisson), asthénie et élévation transitoire des transaminases. En association avec le cisplatine, le cétuximab n'a aucune interférence pharmacologique. Les auteurs rapportent comme dose limitante toxique (DLT) : diarrhée, glottite, dyspnée, choc anaphylactique de grade 3-4. Des résultats encourageants ont été rapportés en association avec la radiothérapie dans les cancers de la tête et du cou avec un taux de réponse de 87 %. À notre connaissance, aucune étude dans le cancer du sein n'est en cours.
Le MDX-447, anticorps monoclonal bivalent dirigé contre HER1, est en cours d'évaluation. Il induit notamment des phénomènes d'hypotension de grade 3 [29].

• Agents dirigés contre le domaine intracellulaire : inhibiteurs de l'activité tyrosine kinase

Nous avons vu que, pour que ces récepteurs soient fonctionnels, il faut que le ligand se fixe au domaine extracellulaire du récepteur pour induire une dimérisation et une autophosphorylisation des résidus tyrosine du domaine intracellulaire. De petites molécules capables d'inhiber cette activité tyrosine kinase (TK) en inhibant la phosphorylation du récepteur ont été développées [30].
Le ZD1839 (Iressa®) appartient à la famille des anilinoquinazolines [31]. Actif par voie orale, il inhibe de manière réversible l'activité TK de HER1. Les données précliniques démontrent qu'il induit une diminution des capacités de la cellule tumorale en termes de migration, d'adhésion, de prolifération cellulaire, d'angiogenèse [3]. Dans les modèles de xénogreffe, il diminue la croissance tumorale de manière dose-dépendante [32]. Il existe une potentialisation, additive et synergique, en association avec les agents cytotoxiques (taxanes, sels de platine, anthracyclines, étoposide, topotécan), la radiothérapie et le trastuzumab [5].
Cinq études de phase I ont été rapportées portant sur 254 patients [33-37]. Elles ont étudié deux schémas d'administration par voie orale en une seule prise :
–14 jours on et 14 jours off puis reprise [33-35] ;
– prise continue sur 28 jours [33, 36, 37].
Les paliers de doses étaient compris entre 50 et 1 000 mg/j. Quel que soit le schéma d'administration, il s'agit d'une drogue bien tolérée. Des réactions cutanées (acné et rash cutané) et des diarrhées de grades 1-2 ont été décrites [33]. Les toxicités de grades 3-4 ont été rapportées sur la population de patients japonais [34] comprenant une élévation transitoire de transaminases et des diarrhées à la dose de 700 mg/j avec le schéma discontinue et à la dose de 1 000 mg avec le schéma continu. Les données de pharmacologie ont démontré qu'une seule prise quotidienne était validée [35]. La demi-vie est de 46 heures et le plateau plasmatique est atteint en 7 jours. Des réponses ont été rapportées chez des patients présentant des cancers de l'ovaire, du côlon, de la prostate (hormono-réfractaire), bronchopulmonaire non à petites cellules [33, 35, 36].
Des études d'association du ZD 1839 avec le paclitaxel et le carboplatine ont été menées avec une tolérance acceptable chez des patients présentant un cancer du poumon non à petites cellules à un stade avancé non prétraité [38]. Des cas de fibrose pulmonaire, essentiellement au Japon chez des patients présentant un cancer bronchopulmonaire, ont été rapportés.
Actuellement, des essais dans le cancer du sein en situation métastatique sont conduits en monothérapie (500 mg/j en une prise quotidienne en continu) ou en association au trastuzumab.
L'ECOG [39] rapporte des résultats préliminaires d'une étude de phase II d'association ZD1839 et trastuzumab chez des patients (hommes et femmes) présentant un cancer du sein métastatique et surexprimant HER2 (Dako 3 + ou FISH +). L'objectif de cette étude était de déterminer la survie sans progression. Le trastuzumab était administré de manière hebdomadaire (2 mg/kg/semaine après une dose de charge de 4 mg/kg) et le ZD1839 à la dose de 500 mg/j jusqu'à progression. Chez les patients ayant reçu une chimiothérapie préalable, le taux de réponse est de 20 % et le temps jusqu'à progression est de 3 mois. Chez ceux qui n'ont pas reçu de chimiothérapie, ce taux est de 35 % et le temps jusqu'à progression est de 6 mois. Albain et al. [40] ont rapporté les résultats préliminaires d'une étude de phase II en monothérapie chez 63 patientes présentant un cancer du sein localement avancé ou métastatique. Les auteurs rapportent 1 réponse partielle et 2 SD. Robertson et al. [41] rapportent les résultats d'une étude clinique de phase II portant sur 22 patientes (16 patientes récepteurs hormonaux négatifs et 6 patientes RH + mais résistantes au tamoxifène). Les résultats préliminaires montrent que le taux de réponse à 4 semaines est de 9 % (2 réponses partielles) et le temps médian sans progression de 2 mois.
L'OSI-774 ou Tarceva® est un dérivé quinazoline qui possède une activité inhibitrice TK réversible sur HER1 par voie orale [3, 4]. Il induit un arrêt du cycle cellulaire en G1 avec une accumulation de la protéine p27, inhibitrice de cycline, et une entrée des cellules tumorales en apoptose [3, 4]. En association avec le cisplatine, son action est potentialisée [3].
Deux études de phase I ont été conduites avec deux schémas d'administration différents, une prise orale une fois par semaine pendant 3 semaines sur 4 puis pendant 3 jours consécutifs pendant 3 semaines [42] ou une prise orale continue quotidienne pendant 3 semaines [43]. Les paliers de doses variaient de 100 à 1 600 mg/j. La dose maximale tolérée (DMT) était de 1 600 mg par semaine [44]. Il s'agit d'une drogue bien tolérée.
Des toxicités de grades 1-2, de type éruption cutanée ou diarrhée [43], ont été décrites. Les données de pharmacologie montrent qu'il existe une variabilité inter-patient et intra-patient [42, 43]. Les études de phase II sont en cours dans le CPNPC et le cancer de l'ovaire.
En 2002, ont été rapportés les résultats d'un essai de phase I d'association OSI774 (prise orale continue) et docétaxel (perfusion de 1 heure toutes les 3 semaines), paclitaxel-carboplatine et gemcitabine-cisplatine. En association avec le docétaxel [44], les doses toxiques limitantes (DLT) rapportées sont des neutropénies fébriles. Les auteurs rapportent une réponse complète (cancer du nasopharynx).
L'association OSI774-gencitabine-cisplatine est mal tolérée [45]. Au premier palier de dose (OSI774 de J1 à J28 à la dose de 100 mg/j, cisplatine 100 mg/m2 à J1, gemcitabine 100 mg/m2 à J1 et J8), les auteur rapportent un décès toxique (sepsis sur neutropénie de grade 4), une toxicité rénale de grade 3 et un allongement du temps de prothrombine (grade 3). Le protocole a été amendé, l'OSI774 n'est donnée que de J1 à J21, la dose de gemcitabine reste inchangée mais celle du platine n'est plus que de 60 mg/m2. L'essai se poursuit. Quant à l'étude d'association avec le carboplatine (AUC = 6) et le paclitaxel (225 mg/m2) au premier palier de dose, l'OSI774 était donné à la dose de 100 mg/j [46]. Les auteurs rapportent 2 DLT sur les 6 patients inclus (neutropénie et thrombopénie de grade 3) et, au palier 150 mg/j, une DLT sur les 3 patients inclus (rash cutané de grade 3). L'essai se poursuit.
Le PKI-166 est un dérivé pyrrolo-pyrimidine qui inhibe de manière réversible l'activité TK de HER1 [47, 48]. Les résultats de trois essais de phase I ont été présentés à l'Asco 2002 [49-51].
Le premier [51] a étudié un schéma de prise orale en continue (paliers variant de 50 à 600 mg/j) incluant 32 patients. Les toxicités décrites sont des diarrhées, rash cutanés, asthénies et élévations de la pression artérielle. Le deuxième essai a testé un schéma de prise orale trois fois par semaine incluant 16 patients [50]. La DLT rapportée par les auteurs est une élévation de la pression artérielle à la dose de 400 mg/j.
Le troisième essai [49] a étudié un schéma de prise orale continue sur 2 semaines suivi de 2 semaine off (25 patients inclus). Comme pour la précédente étude, la toxicité limitante est une hypertension artérielle de grade 3 à la dose de 900 mg/j.
Le CI-1033 est un dérivé quinazoline qui possède une action inhibitrice de l'activité TK [52] de HER1, 2, 4 et EGFR-vIII (forme mutée de HER1) mais aucune sur HER3 (pas de site TK). Il peut aussi inhiber d'autres récepteurs TK comme le FGF-R et le PDGF-R. Il aurait une synergie d'action avec le cisplatine. Il inhiberait les capacités de la cellule à réparer les dommages induits sur l'ADN par le cisplatine [52].
Dans l'essai de phase I, le schéma d'administration était le suivant : une prise quotidienne par voie orale pendant 7 jours toutes les 3 semaines, avec des doses variant entre 50 et 750 mg/j [53], chez 53 patients, dont 2 présentant un cancer du sein en échappement thérapeutique. Les événements indésirables de grades 1-2 rapportés par les auteurs sont cutanés (rash urticarien) et digestifs (nausée, vomissements, diarrhée, mucite). À la dose de 650 mg/j, les auteurs rapportent une thrombopénie de grade 4 et une réaction d'hypersensibilité de grade 3 à la dose de 560 mg/j. Ils considèrent que la DLT est de 750 mg/j. Ils constatent une réponse partielle et 18 stabilisations dont une chez une patiente présentant un cancer du sein. Une étude de l'inhibition de la phosphorylation de HER1 par technique de western-blot était réalisée sur des biopsies avant et 7 jours après le traitement. Les auteurs ont détecté cette inhibition de l'activité TK dans au moins 50 % des cas et une absence de dose-réponse.
Parmi les inhibiteurs des récepteurs transmembranaires, actuellement, seul le trastuzumab a fait la preuve de son efficacité, les autres sont en cours d'évaluation.

Transduction du signal : les seconds messagers

Voie Ras/Raf/MEK/MAPK-ERK

Le récepteur transmembranaire activé va induire une cascade d'événements. Une molécule adaptatrice va se fixer sur son site phosphorylé via un domaine d'homologie SH2. Cette molécule Shc activée va activer à son tour une protéine G intracytoplasmique, qui va recruter une protéine « d'échange de guanine nucléotide », SOS1. Cette dernière est nécessaire à l'activation de Ras. La protéine Ras-GDP devient active sous la forme Ras-GTP permettant l'activation de facteur en aval, notamment les voies :
– Raf/mitogen activated phosphoryled kinase kinase : MAPKK ou MEK/MAPK ou ERK qui vont activer des facteurs de transcription comme fos, c-jun, c-myc ;
– Rho/Rac impliquée dans la réorganisation du cytosquelette : invasion et adhésion cellulaire ;
– PI3K (phospho-inositol triphosphate kinase)/AKT : impliquée dans la survie cellulaire et l'initiation de la traduction protéique.

• Molécules agissant sur RAS

Les protéines de la famille Ras sont mutées dans 30 % des cancers humains mais uniquement dans 5 % des cancers du sein.
Il est décrit trois proto-oncogènes Ras : H-Ras, K-Ras et N-Ras qui codent pour quatre protéines de 21 kD : H-Ras, N-Ras, K-Ras-4A et K-Ras-4B. Le gène Ras code pour une protéine de 21 kDa constituée de 188 à 189 acide aminés. Pour être active, cette protéine doit être localisée à la face interne de la membrane cytoplasmique. Les quatre derniers acides aminés en position C-terminale jouent un rôle primordial : il s'agit de la séquence CAAX (C représente un résidu cystéine, AA un acide aminé aliphatique et X une méthionine ou une sérine).
Cette protéine est synthétisée sous la forme d'un pro-peptide qui va nécessiter des modifications post-traductionnelles sur sa partie C-terminale pour augmenter son hydrophobie et ainsi permettre son ancrage à la face interne de la membrane cytoplasmique [54-56].
Les processus post-transcriptionnels sont [54-56] :
– la farnésylation : l'adjonction d'un résidu d'isoprène à 15 carbones, groupement farnésyl, à l'extrémité C-terminale de la protéine (figure 3). Cette réaction est catalysée par une enzyme nommée farnésyl transférase (FT). La protéine K-Ras - 4B possède la propriété de pouvoir être prénylée aussi par un groupement géranylgéranyl via une géranylgéranyltransférase. La forme génranylgéranyl est plus hydrophobe que la forme farnylée. La protéine K-Ras peut même être palmytolée ;
– le clivage par une protéase après le C terminal : AAX ;
– la carboxy-méthylation sur le nouveau C terminal, réaction catalysée par une carboxyl-méthylase.

• Stratégie thérapeutique

Différentes stratégies [55, 56] sont actuellement développées afin de bloquer l'activité de Ras en agissant soit directement (action spécifique) sur cette dernière via l'utilisation de sonde anti-messager, soit indirectement en utilisant le fait que, pour être active, Ras doit être fixée sur la face interne de la membrane cellulaire via l'action de la farnésyl transférase (action peu spécifique). Il a été démontré sur des données expérimentales que les FTI pouvaient avoir d'autres cibles potentielles. La protéine Rho est une protéine de 21 kDa impliquée dans l'organisation du cytosquelette activée par Ras. Rho induit par ailleurs une inhibition de p21 (inhibiteur de cycline), une entrée de la cellule dans le cycle cellulaire (G1/S) et un signal de survie cellulaire. L'inhibition de la farnésylation de Rho entraîne une accumulation de la forme géranylée induisant une inhibition de la prolifération cellulaire et une entrée en apoptose de la cellule [57].
En agissant sur la voie PI3kinase/AKT, les FTI bloquent la traduction protéique en inhibant la protéine ribosomiale S6 kinase (p70S6K) et la phosphorylation de Bad, induisant une hétérodimérisation bad/bcl-xl favorisant l'apoptose [58]. Ils inhibent aussi la prénylation des protéines centromèriques, CENP-E et CENP-F, bloquant ainsi l'organisation des centromères au décours de la mitose cellulaire [59].
Les agents inhibant les FT (tableau 3) peuvent être classés de la manière suivante :

Tableau 3. Les quatre classes d'inhibiteur de FT
Peptidomimétique L778-123
Diphosphate analogue Acide α-hydroxyfarnésylphosphonic
Bi-substrat inhibiteur BMS186511
Inhibiteurs non peptidomimétiques R115777 (Zarnestra), SCH66336

– utilisation de substrats qui vont entrer en compétition avec le substrat naturel de la FT : farnésyl diphosphate analogue ;
– utilisation de tétrapeptides contenant la région CAAX box : les peptidomimétiques (substitution des acides aminés aliphatiques par des acides aminés aromatiques, modification de la réaction de méthylation en C-terminal) ;
– utilisation d'un bi-substrat analogue qui possède à la fois un groupement farnésyl diphosphate et une séquence CAAX box ;
– des agents inhibiteurs non peptidomimétiques.
Certains de ces agents sont actuellement en cours d'évaluation.
Le R115777 ou Zarnestra est un inhibiteur non peptidomimétique actif sur les lignées cellulaires Ras non muté ou bien présentant une mutation de H-Ras ou N-Ras mais peu sur les lignées K-Ras. Les résultats in vivo semblent démontrer que cet agent a des propriétés anti-angiogéniques et inhibe la prolifération cellulaire [60].
Les études de phases I ont été conduites selon deux schémas d'administration différents :
– deux prises orales quotidiennes en continue [61],
– deux prises orales quotidiennes pendant 5 jours reprise à J1 [62],
– deux prises orales quotidiennes pendant 21 jours et reprise à J28 [63],
– deux prises orales quotidiennes pendant 28 jours et arrêt de J35 à J42 [64].
Selon le schéma, la DMT varie entre 600 et 1 000 mg/j. Les doses limitantes toxique [61, 62] sont des toxicités hématologiques (myélosuppression) et neurologiques (déficit neuromoteur et neurosensoriel, polyneuropathie). Il est aussi décrit des toxicités non limitantes cutanées [61]. Des réponses cliniques [61] sont rapportées (cancer bronchopulmonaire, cancer colorectal, cancer du pancréas).
En association, des études ont été conduites avec la gemcitabine, le topotécan, le docétaxel, la capécitabine, le trastuzumab et l'association 5-fluoro-uracil-acide folinique [64-72]. La dose maximale recommandée varie entre 200 et 400 mg × 2/j et les DLT rapportées sont essentiellement myélotoxiques.
Une réponse complète et une réponse partielle ont été rapportées en association avec le docétaxel (Zarnestra de J1 à J14) et une réponse partielle avec la capécitabine (tableau 4). Nous disposons actuellement des résultats d'une étude de phase II chez 76 patientes présentant un cancer du sein métastatique en 1re ou 2e ligne de traitement. Deux cohortes ont été définies selon le schéma d'administration [73].

Tableau 4. Étude de phase I d'association avec le Zarnestra



Étude en combinaison Schéma et DMT Dose toxique limitante Réponses dans cancer du sein
Docetaxel [71] FTI : 200 à 300 mg × 2/j de J1 à J14/J21

Doxorubicine : 75 mg/m2 J1/J21

Non obtenue
Asthénie, diarrhées, myalgies, mucites, neurotoxicité 1 RC et 1 RP
Trastuzumab [68] FTI : 200 à 300 mg × 2/j de J1 à J14/J21

TRZ 4 mg/kg puis 2 mg/kg

DMT : 400 mg × 2/j
Neutropénie, thrombopénie, nausées, vomissements, céphalées, asthénie
Capécitabine [72] FTI : 100 à 300 mg × 2/j de J1 à J14, reprise à J21

Capécitabine : 2 000 à 2 500 mg/m2 de J1

à J14/J21

DMT : 300/2 250
Diarrhées, syndrome main-pied, nausées, mucite, neutropénie, thrombopénie 1 RP
DMT : dose maximale tolérée

La première cohorte comportait 41 patientes dont 69 % avaient reçu une première ligne hormonale pour maladie métastatique et 49 % une première ligne de chimiothérapie. Le Zarnestra était pris en continu à la dose initiale de 400 mg × 2/j puis à 300 mg × 2/j.
Les auteurs rapportent 10 % de réponse partielle et 15 % de stabilisations. La deuxième cohorte a inclus 35 patientes (83 % avaient bénéficié d'une première ligne hormonale et 68 % d'une première ligne de chimiothérapie) selon un schéma de prise quotidienne à la dose de 300 mg × 2/j pendant 21 jours puis 7 jours d'arrêt. Il a été observé 11 % de réponse partielle et 11 % de stabilisations. Les toxicités rapportées sont hématologiques et neurologiques. Il semble que la tolérance soit meilleure avec le schéma de prise en discontinu.
Le BMS186511 est un bi-substrat analogue dérivé imidazolé [74] qui peut être administré per os, en IV ou en intrapéritonéal. En essai de phase I, il a été administré par voie orale [75] et par voie IV [76-79] en monothérapie. L'administration orale était biquotidienne et précédait d'une semaine l'administration IV. L'étude de biodisponibilité comparant la voie orale et la voie IV n'a pas démontré de différence significative entre ces deux voies. Cependant, la voie orale a été abandonnée à cause d'une toxicité digestive importante : nausée, vomissements (DLT), diarrhées, crampes abdominales, fièvre et asthénie [75].
Par voie IV, trois schémas ont été testés : perfusion de 1 heure toutes les 3 semaines [76], perfusion de 1 heure hebdomadaire [78, 79] ou perfusion de 24 heures hebdomadaire [77]. Les DLT décrites sont des nausées, vomissements, crampes abdominales, diarrhées, anorexie, asthénie, insuffisance rénale, élévation des transaminases, fièvre et neutropénie. La MTD est de 278 mg/m2 en perfusion hebdomadaire de 1 heure, la dose recommandée de 245 mg/m2. Les auteurs rapportent une réponse mineure. Les études d'association sont en cours, notamment avec le cisplatine [80] et le paclitaxel [81].
Le SCH66336 est un inhibiteur non peptidomimétique tricyclique [82]. Les données in vitro et in vitro démontrent qu'il est actif sur des lignées cellulaires présentant ou non une mutation de Ras (H-Ras, K-Ras) mais aussi sur des lignées cellulaires qui présentent une surexpression du récepteur à l'EGF (REGF) [83, 84] ou la protéine de fusion bcl-abr [85]. Dans les modèles de xénogreffe il existe une synergie d'action avec le cyclophosphamide, la vincristine, les taxanes, les sels de platines et le 5 fluoro-uracile.
Deux études ont été conduites en phase I par voie orale [86, 87]. La première a porté sur un schéma d'administration de deux prises quotidiennes pendant 7 jours puis reprise à J21 [86]. La DMT est de 800 mg/j et la dose recommandée est de 350 mg × 2/j. Les toxicités limitantes sont d'ordre digestif : nausées, vomissements, diarrhées. Les auteurs ont rapporté une corrélation entre la réponse clinique et la diminution de la farnélysation de la prélamine A. La deuxième étude a évalué la prise orale biquotidienne en continue [87]. La DMT est de 300 mg × 2/j et la dose recommandée de 200 mg × 2/j. Les toxicités décrites sont d'ordre hématologique (neutropénie et thrombopénie de grade 4) ainsi que des troubles neurologiques centraux à type de confusion et de désorientation temporo-spatiale.
Des études d'association ont été menées avec la gemcitabine et le paclitaxel. Avec la gemcitabine [88] administrée à J1, J8 et J15 reprise à J28 associée au SCH66366 en deux prises quotidiennes en continue, la DMT est de 1 000 mg/m2 pour la gemcitabine et de 100 à 150 × 2/j pour le FTI. Les DLT sont d'ordre digestif et hématologique (lignée granulocytaire). En association avec le paclitaxel, la DMT est 175 mg/m2 pour le paclitaxel et de 100 mg × 2/j pour le FTI [89, 90]. Les DLT rapportées sont déshydratation, fièvre, neutropénie fébrile, élévation de la bilirubine. À notre connaissance, aucun essai n'a débuté dans le cancer du sein.
Le L778-123 est un peptidomimétique [56]. Deux études de phase I en monothérapie [91, 92] et une phase I en association avec le paclitaxel [93] ont été conduites. La première a testé un schéma d'administration d'une perfusion continue sur 7 jours reprise à J21. Aucune toxicité de grade 3-4 n'a été rapportée [91]. La seconde a porté sur une administration continue sur 2 et 4 semaines. Pour une administration sur 2 semaines, la dose recommandée est de 560 mg/m2/j [92]. Les toxicités limitantes décrites sont une neutropénie de grade 4 et un allongement de l'espace de QT supérieur à 0,49 ms. Pour une administration de 4 semaines en continu, la dose recommandée n'a pas été définie.
En association avec le paclitaxel [93], le L778-123 a été administré pendant 7 jours en perfusion continue. L'escalade de dose n'a pas été possible au-delà du premier palier de dose (paclitaxel : 175 mg/m2 et L778-123 : 280 mg/m2/j) compte tenu des toxicités rapportées : neutropénie de grade 4 avec sepsis, neuropathie neuro-sensorielle de grade 3, dyspnée de grade 3, asthénie de grade 3. Quatre patients ont présenté un allongement modéré de l'espace QT. Il semblerait que cette molécule ne fasse plus l'objet d'étude clinique en raison des toxicité rencontrées.
La plupart de ces études de phase I n'ont pas établi de corrélation entre la dose recommandée et la dose biologique efficace.

• Inhibiteurs de l'activité kinase intracellulaire : inhibiteurs des séronine thréonine kinases

Raf peut être activé par Ras mais aussi via la protéine kinase C et la protéine anti-apoptotique Bcl2. Raf est impliqué dans les mécanismes de chimiorésistance médiée par la P-gp.
Les modèles précliniques ont montré que l'Isis 5132 était hépatotoxique et pouvait activer le complément, induisant des syndromes hémorragiques. Cet agent est une sonde anti-messager qui inhibe la traduction au niveau des ribosomes de l'ARNm de Raf. Il a fait l'objet de trois études de phase I [94-96]. La première a été conduite sur 31 patients avec une administration trois fois par semaine, pendant 3 semaines, en une perfusion de 2 heures [94]. Aucune DLT n'a été rapportée. Les effets secondaires décrits sont un syndrome fébrile (non dose-dépendante), une anémie et une asthénie. La deuxième étude a porté sur 34 patients [95]. L'Isis 5132 était administré en perfusion continue sur 21 jours. Les auteurs rapportent un syndrome fébrile associé à une hypotension (grade 3), une thrombopénie (grade 3) et une cytolyse hépatique (grade 3).
Dans la troisième étude de phase I [96], les auteurs ont administré l'Isis 5132 en une perfusion de 24 heures toutes les semaines. Chez les 14 premiers patients inclus, la DMT n'était pas atteinte, la DLT était de grade 3 chez un patient. Ce patient a présenté une activation du complément associée à un allongement du temps de la thromboplastine sans manifestation clinique. L'essai se poursuit.
La sonde anti-messager Isis 3521 est dirigée contre l'ARNm de la PKC : les essais sont en cours.
Au congrès de l'Asco 2002 ont été rapportés les résultats des essais de phase I concernant les inhibiteurs de MEK1 et 2 : le CI1040. Le CI1040 est administré par voie orale, en deux prises pendant 21 jours, avec reprise après 7 jours d'arrêt [97]. Sa dose recommandée est de 800 mg × 2/j par voie orale. Ses effets secondaires décrits sont : diarrhée, asthénie, nausées, rash, vomissements, œdèmes périphériques.
Il existe une corrélation entre la dose et l'inhibition de l'activité MAPK sur les cellules mononucléées sanguines, avec une inhibition de 100 % pour une concentration plasmatique du CI1040 à 200 ng/ml. Dans la deuxième étude de phase I, le CI1040 a été administré en continu pendant 21 jours avec reprise au jour 28 du cycle [98]. La dose recommandée était, comme pour le première étude de phase I, de 800 mg × 2/j. Aucune DLT n'a été rapportée. Une réponse partielle a été observée chez un patient présentant un cancer du pancréas. Les essais se poursuivent.

Voie PI3K/PTEN/AKT/mTor

Les lipides transmembranaires jouent un rôle important dans la transduction de second messager. Ils sont riches en résidu phosphatidyl-inositol (PtdIns). Le 4,5-phosphatidyl-inositol-diphosphate est transformé sous l'action de la phospholipase C en deux seconds messagers, le diacylglycerol et l'inositol-triphosphate [99]. Ces phospholipides peuvent être activés par des réactions de phosphorylation en position 3' par une phospho-inositol-3-kinase (PI3K). Il s'agit d'une famille enzymatique constituée d'une sous-unité catalytique, p110, et d'une sous-unité régulatrice, p85 [99]. Sur des modèles cellulaires, une surexpression de la sous-unité catalytique peut induire des tumeurs et une mutation de la sous-unité régulatrice peut induire des lymphomes chez la souris athymique [99]. En fonction de la spécificité du substrat, des sous-unités catalytiques et régulatrices, trois classes de PI3K sont décrites. L'activation de ces phospholipides par la PI3K permet d'activer un certain nombre d'effecteurs en amont impliqués dans les processus d'invasion, de métastase, d'angiogenèse, de prolifération, de différenciation, de survie cellulaire et d'organisation du cytosquelette [99]. Le principal effecteur est la kinase AKT qui existe sous trois isoformes (AKT1, 2, 3), possède un domaine kinase central, un domaine PH-pleckstrine nécessaire aux interactions protéine-protéine ou protéine-lipide en position N-terminale et un domaine riche en proline (région hydrophobe) et un domaine Tail en position C-terminale. Pour être active, cette enzyme va subir un certain nombre de modifications post-traductionnelles. Les seconds messagers engendrés par la PI3K vont se fixer au domaine PH de AKT, entraînant une délocalisation de l'enzyme du cytoplasme à la face interne de la membrane cellulaire.
La fixation du complexe kinase PDK1-PRK2 (3 phospho-inosotide dependant proteine kinase) engendre une modification de conformation de l'AKT et, par la suite, une phosphorylation (résidu sérine et thréonine) par la PDK1 seule. AKT activée va phosphoryler un certain nombre de protéines impliquées dans le processus apoptotique : Bad, facteur de transcription forkhead, caspase 9, IKB. AKT favorise la phosphorylation de Bad. Bad phosphorylée va devenir inactive et s'associer, dans le cytoplasme, à la protéine chaperon 14-3-3. Le complexe Bad/Bcl-Xl est dissocié de la face interne de la mitochondrie et Bcl-Xl peut ainsi s'opposer à l'entrée en apoptose de la cellule. AKT va moduler l'expression de gènes impliqués dans l'exécution de l'apoptose en neutralisant les membres de la famille de transcription forkhead (FKHR). FKHR une fois phosphorylé est séquestré dans le cytoplasme par la protéine 14-3-3. AKT va dissocier le complexe IKB/NFκB en activant la kinase IKKB. IKB va être dégradé par le protéosone (ubiquination) et le facteur de transcription NFκB va pouvoir induire la transcription de gènes impliqués dans la survie cellulaire (protéine de la famille bcl2 et inhibiteur des caspases IAP).
AKT peut être aussi activé par la voie médiée par la protéine kinase A (PKA). La PKA va augmenter la concentration intracellulaire du calcium. Le calcium va se fixer au complexe calcium-calmoduline qui va activer une kinase (calcium/calmoduline/kinase-kinase) qui, à son tour, va pouvoir activer AKT [99].
L'activité oncogénique de PI3K est contrebalancée par une protéine suppresseur de tumeur dénommée PTEN [100] pour phosphatase and tensin homologue deleted on chromosome ten (figure 4). Il s'agit d'une enzyme qui déphosphoryle les groupements 3' hydroxyinositol des phospholipides membranaires, et notamment des composées PtdIns. Dans le cancer du sein, cet anti-oncogène peut être inactivé de différentes manières. Il est décrit des mutations germinales responsables du syndrome de Cowden (association de tumeurs bénignes et malignes, cancer du sein bilatéral chez les sujets jeunes) [101], des mutations somatiques responsables de cas sporadiques ou de délétions hétérozygotes sur le chromosome 10 (LOH10q23) et d'inactivations du gène par inactivation de son site promoteur [100].
PI3K contrebalance l'action de la PI3-kinase. L'activation de cette protéine de 55 kd induit un arrêt du cycle cellulaire en G1 avec accumulation de la protéine p27 inhibitrice des cyclines A, D et de la kinase CDK2. Elle induit une entrée en apoptose des cellules et un arrêt de la traduction protéique.
Actuellement, les travaux de recherche portant sur l'inhibition de cette voie comportent trois axes [99].

Inhibition de la PI3-kinase

Nous disposons de deux composées inhibiteurs de la PI3-kinase. La wortmannin [102] est un métabolite d'un champignon qui se fixe sur le site ATP de la PI3K de manière covalente, irréversible et non compétitive. Le deuxième composé, un dérivé du quercertin, est un inhibiteur réversible qui se fixe sur le même site que la wortmannin [103]. Ces deux agents ne sont actuellement pas en expérimentation clinique. D'autres pistes sont à l'étude. Elles portent sur la neutralisation de la sous-unité catalytique en agissant sur son domaine Sh2 par les molécules IRS-1 ou bien sur la sous-unité régulatrice en favorisant sa déphosphorylation par l'action d'une phosphatase.

Restauration de la fonction du gène PTEN

Des modèles cellulaires visant à réintroduire le gène PTEN par thérapie cellulaire sont à l'étude.

Neutralisation d'une des voies terminales de la transduction de ce signal, la voie mTor

Si, à ce jour, nous ne pouvons disposer de molécules agissant sur PI3K ou sur PTEN, nous disposons d'agents capables d'agir sur une des voies terminales de cette cascade. En effet la rapamycine et ses dérivés (CCI-779) inhibent la voie médiée par mTor (mammaliam target of rapamycine aussi appelé FRAP, RAFT1, RAPT1) [104]. Il appartient à une famille de kinase : PI3 kinase-kinase. Cette kinase joue un rôle prépondérant dans la transduction de signaux de prolifération [104, 105] via la voie PI3K/AKT régulant l'initiation de la transduction protéique en activant, par phosphorylation, la protéine 4E-BP1 (eucaryote initiation factor 4 E-binding protein) et la protéine p70-S6K (p70 kDa S3 kinase). La protéine 4E-BP sous sa forme non phosphorylée est associée à son inhibiteur eIF-4E (ARNm cap binding sub-unit of the eucaryote initiation factor 4).
La phosphorylation du complexe induit sa dissociation et la protéine 4EB-BP va déclencher la traduction de la protéine cycline D1 et de l'ornithine décarboxylase [104]. La protéine p70 phosphorylée induit la constitution du complexe ribosomique 40S-protéineS6 permettant la traduction [104].
L'inhibition de la voie mTor abolit les signaux transduits par la voie PI3K/AKT engendrant un arrêt du cycle cellulaire en G1 et une entrée en apoptose de la cellule.
Des agents ont été développés pour inhiber la voie mTor comme la rapamycine.
La rapamycine est un macrolide qui dérive d'un champignon, Streptomyces hydroscopius, qui possède des propriétés immunosuppressives, antimicrobiennes et antitumorales [105]. Les modèles précliniques ont démontré qu'elle agissait sur la croissance tumorale en inhibant l'initiation de la traduction : passage G1/S. Sa cible protéique est un complexe intracellulaire dénommé FKBP [106].
Un certain nombre de dérivés, tout particulièrement le CCI779, ont une activité tumorale supérieure à celle de la rapamycine [106]. Les essais thérapeutiques avec le CCI779 ont été réalisés aux États-Unis, perfusion de J1 à J5 en IV toutes les 2 semaines [107] et en Europe [108] selon un schéma hebdomadaire (tableau 5).

Tableau 5. Résultats des essais de phase I avec le CCI779
Nombre de patients Étude Schéma de l'étude DMT DLT Activité
63 [Hidalgo 107] Perfusion IV de 30 min de J1

à J5 toutes les 2 semaines
• MTD1 = 15 mg/m2 chimiothérapie au préalable
• MTD2 = 19 mg/m2,
sans chimiothérapie
au préalable
Grade 3 : hypocalcémie élévation des transaminases, thrombopénie RP, bronchopulmonaire non à petite cellule
18 [Raymond 108] Perfusion IV hebdomadaire de 30 min Non atteint Grade 3 : mucite RP, sein, rein, tumeur neuro-endocrine
DLT : dose toxique limitante ; DMT : dose maximale tolérée

Les DLT observées sont des rashs cutanés, mucites, neutropénies, thrombopénies, réactions d'hypersensibilité, hyperlipidémies. Il a été rapporté des réponses cliniques à tous les paliers de doses, dont une patiente présentant un cancer du sein en réponse partielle. Des associations avec la gemcitabine et le 5FU-LV2 sont en cours.
Un essai thérapeutique de phase II dans le cancer du sein à la dose de 75 et 250 mg toutes les deux semaines est en cours [109].
Les résultats sur les 16 premiers patients ont été présentés à l'Asco 2002 (85 inclusions sur les 110 prévues). Les auteurs rapportent une réponse partielle dans chaque groupe. Les toxicités de grade 3-4 décrites sont des leucopénies, infections, mucites, diarrhées, élévations des γGT, hypokaliémie, syndromes dépressifs, hyperglycémie. L'étude se poursuit. Une seconde étude est en cours chez des patientes récepteurs hormonaux positifs, présentant une maladie localement avancée ou métastatique. Elle compare le létrozole seul à une association létrozole plus CCI (75 mg/j de J1 à J5 reprise à J14 ou prise continue à la dose de 25 mg/j).

Conclusion

Nos connaissances ces dernières années en sciences fondamentales nous ont permis de mieux connaître les étapes de la transduction du signal depuis la fixation d'un ligand à son récepteur jusqu'à la transcription de gènes impliqués dans la prolifération, la différenciation, l'invasion et l'angiogenèse cellulaire. La collaboration entre les chercheurs et les cliniciens a permis de mettre au point de nouveaux agents thérapeutiques biologiques. Un certain nombre de ces agents sont en cours d'évaluation. Actuellement, dans le cancer du sein métastatique, seul le trastuzumab a démontré son impact sur la survie des patientes et les essais en adjuvant débutent tout juste. Cependant, de nombreux points d'ombre restent à clarifier.
Dans un certain nombre de localisations, ces nouveaux agents ne semblent pas donner en phase III les résultats tant espérés sur la survie : c'est le cas de l'Iressa® dans les cancers bronchopulmonaires non à petites cellules ou des anti-métalloprotéases, même au prix d'une toxicité accrue vis-à-vis du bras chimiothérapie seule. Cela doit nous conduire à nous interroger sur nos méthodes d'investigations. Ces agents sont dirigés contre une cible parfaitement identifiée in vitro et in vivo mais dont on ne tient pas forcément compte dans les études cliniques. Cela tient à plusieurs raisons à notre avis. Les modèles précliniques sont-ils le reflet de la réalité ? Une tumeur est constituée de différentes populations cellulaires avec une carte génomique différente. Dans les études de phase I, actuellement, ces agents biologiques sont développés comme des agents cytotoxiques. Les études de phase I déterminent la dose maximale tolérée mais en aucune manière la dose biologique maximale. Nous avons vu que, pour le CCI779, les auteurs rapportent des réponses à tous les paliers de doses. Les essais de phase I conduits actuellement ne sont pas adaptés à ces nouveaux agents. Il faut définir des marqueurs de la réponse biologique.
Il est actuellement difficile, pour des raisons techniques et éthiques, de réaliser des prélèvements tissulaires avant tout traitement et après traitement de la tumeur des patients pour étudier la réponse en fonction de la dose. Des tests indirects (cellules mononucléées sanguines, prélèvement de cellules de la cavité buccale) ont été développés pour certaines de ces drogues mais il n'existe pas forcément de corrélation entre la neutralisation de ces marqueurs et la réponse biologique au sein de la tumeur. Des études devront être conduites pour valider la corrélation entre les données de pharmacogénomique, du TEP (corrélation entre la dose de STI et la réponse au TEP réalisé au 5e jour), de l'IRM fonctionnelle (corrélation entre IRM de perfusion et réponse à la combrastatine). Nous disposons à ce jour de l'Herceptest® mais surtout du FISH, pour définir la probabilité de réponse au trastuzumab. Concernant les autres agents biologiques, nous ne disposons pas de technique diagnostique fiable (mise en évidence de la cible) et de test prédictif de réponse. Nous avons vu que l'association entre inhibiteur de tyrosine kinase et agents cytotoxiques s'accompagnait d'une toxicité accrue. Il est fort probable qu'un traitement séquentiel serait préférable pour ces agents et que la sélection des patients n'est pas rationnelle dans ces études. Ces nombreuses questions vont demander un renforcement de la collaboration entre la recherche fondamentale et la clinique. Nous sommes devant un tournant de notre discipline avec la création d'une spécialité de transition entre les sciences fondamentale et la clinique : la biologie de transfert.

Références

1. Tronick SR, Aaronson SA. Growth factor and signal transduction : molecular basis of Cancer. Mendelsohn, Howley, Israel, Liotta: Eds Saunders, 1995 : 117-140.

2. Sedlacek HH. Kinase inhibitors in cancer therapy : a look ahead. Drugs 2000 ; 59 : 435-76.

3. Ciardiello F, Tortora G. A novel approach in the treatment of cancer : targeting the epidermal growth factor receptor. Clin Cancer Res 2001 ; 7 : 2958-70.

4. Slichenmyer WJ, Fry DW. Anticancer therapy targeting the ErbB family receptor tyrosine kinases. Sem Oncol 2001 ; 28 : 67-79.

5. Bacus SS, Zelnick CR, Plowman G, Yanden Y. Expression of the erbB-2 family of growth factor receptors and their ligands in breast cancer cancer : implication for tumor biology and clinical behavior. Am J Clin Pathol 1994 ; 102 : S13-24.

6. Arteaga CL. The epidermal growth factor receptor : from mutant oncogene in nonhuman cancers to therapeutic targets in human neoplasia. J Clin Oncol 2001 ; 19 : S32-42.

7. Baselga J, Norton L, Albanel J, Kim YM, Mendelsohn J. Recombinant humanized anti-HER2 antibody (Herceptin) enhances the antitumor activity of paclitaxel and doxorubicine against HER2/neu overexpressing human breast cancer xenografts. Cancer Res 1998 ; 58 : 2825-31.

8. Pegram MD, Lipton A, Hayes DF, Weber BL, Baselga J, Tripathy D, et al. Phase II study of receptor-enhanced chemosensitivity using recombinant humanized anti-p185HER2/neu monoclonal antibody plus cisplatin in patients with HER2/neu-overexpressing metastatic breast cancer refractory to chemotherapy treatment. J Clin Oncol 1998 ; 16 : 2659-71.

9. Seidman AD, Fornier MN, Esteva FJ, Tan L, Kaptain S, Bach A, et al. Weekly trastuzumab and paclitaxel therapy for metastatic breast cancer with analysis of efficacy by HER2 immunophenotype and gene amplification. J Clin Oncol 2001 ; 19 : 2587-95.

10. Burris III HA. Docetaxel (Taxotere) plus trastuzumab (Herceptin) in breast cancer. Sem Oncol 2001 ; 28 (suppl. 3) : 38-44.

11. Esteva FJ, Valero V, Booser D, Guerra LT, Murray JL, Pustai L, et al. Phase II study weekly docetaxel and trastuzumab for patients with HER2-overexpressing metastatic breast cancer. J Clin Oncol 2002 ; 20 : 1800-8.

12. Nabholtz JM, Pienkowski T, Nothfelt D, Eirman W, Quan E, Fumoleau P, et al. Results of two open label multicentre phase II pilot studies with Herceptin in combination with docetaxel and platinum salts (cis or carboplatin) (TCH) as therapy for advanced breast cancer (ABC) in women with tumors overexpressing the HER2-neu proto-oncogene. Eur J Cancer 2001 ; 37 (suppl. 6) : 695a.

13. Burstein H, Kuter I, Richardson P, Campos S, Parker L, Matulonis U, et al. Herceptin and vinorelbine for HER2 positive metastatic breast cancer : a phase II study. Proc Am Soc Clin Oncol 2000 ; 19 : 392a.

14. Baselga J, Tripathy D, Mendelsohn J, Baughman S, Benz CC, Dantis L, et al. Phase II study of weekly intravenous recombinant humanized anti-p185HER2 monoclonal antibody in patients with HER2/neu-overexpressing metastatic breast cancer. J Clin Oncol 1996 ; 14 : 737-44.

15. Cobleigh MA, Vogel CL, Tripathy D, Robert NJ, Scholl S, Fehrenbacher L, et al. Multinational study of the efficacy and safety of humanized anti-HER2 monoclonal antibody in women who have HER2-overexpressing metastatic breast cancer that has progressed after chemotherapy for metastatic disease. J Clin Oncol 1999 ; 17 : 2639-48.

16. Vogel CL, Cobleigh MA, Tripathy D, Gutheil JC, Harris LN, Fehrenbacher L, et al. First-line Herceptin monotherapy in metastatic breast cancer. J Clin Oncol 2002 ; 20 : 719-26.

17. Salmon DJ, Leyland-Jones B, Shak S, Fuchs H, Paton V, Bajamonde A, et al. Use of chemotherapy plus a monoclonal antibody against HER2 for metastatic breast cancer that overexpresses HER2. N Engl J Med 2001 ; 344 : 783-92.

18. Valone FH, Kaufman PA, Guyre PM, Lewis LD, Memoli V, Ernstoff MS, et al. Clinical trials of bispecific antibody MDX-210 in women with advanced breast cancer or ovarian cancer that overexpresses HER-2/neu. J Hematother 1995 ; 4 : 471-5.

19. Posey JA, Raspet R, Verma U, Deo YM, Keller T, Marshall JL, et al. A pilot trial of GM-CSF and MDX-H210 in patients with erbB positive advanced malignancies. J Immunother 1999 ; 22 : 371-9.

20. Mendelsohn J. Jeremiah Metzger Lecture. Targeted cancer therapy. Trans Am Clin Climatol Assoc 2000 ; 111 : 95-111.

21. Wu X, Rubin M, Fan Z, DeBlasio T, Soos T, Koff A, Mendelsohn J. Involvement of p27 KIP1 in G1 arrest mediated by an anti-epidermal growth factor receptor monoclonal antibody. Oncogene 1996 ; 12 : 1397-403.

22. Perrotte P, Matsumoto T, Inoue K, Kuniyasu H, Eve BY, Hicklin DJ, et al. Anti-epidermal growth factor receptor antibody C225 inhibits angiogenesis in human transitional cell carcinoma growing in nude mice. Clin Cancer Res 1999 ; 5 : 257-65.

23. Goldstein NI, Prewett M, Zuklys K, Rockwell P, Mendelsohn J. Biological efficacy of a chimeric antibody to the epidermal growth factor receptor in human tumor xenograft model. Clin Cancer Res 1995 ; 1 : 1311-8.

24. Fan Z, Lu Y, Wu X, Mendelsohn J. Antibody-induced epidermal growth factor receptor dimerization mediates inhibition of autocrine proliferation of A431 squamous carcinoma cells. J Biol Chem 1994 ; 269 : 27595-602.

25. Bruns CJ, Harbison MT, Davis DW, Portera CA, Tsan R, McConkey DJ, et al. Epidermal growth factor receptor blockade with C225 plus gemcitabine results in regression of human pancreatic carcinoma growing orthopically in nude mice by antiangiogenic mechanisms. Clin Cancer Res 2000 ; 6 : 1936-48.

26. Milas L, Mason K, Hunter N, Petersen S, Yamakawa M, Ang K, et al. In vivo enhancement of tumor radioresponse by C225 antiepidermal growth factor receptor antibody. Clin Cancer Res 2000 ; 6 : 701-6.

27. Baselga J, Pfister D, Cooper MR, Cohen R, Burtness B, Bos M, et al. Phase I studies of anti-epidermal growth factor receptor chimeric antibody C225 alone and in combination with cisplatin. J Clin Oncol 2000 ; 18 : 904-14.

28. Shin DM, Donato NJ, Perez-Soler R, Shin HJ, Wu JY, Zhang P, et al. Epidermal growth factor receptor-targered therapy with C225 and cisplatin in patients with head and neck cancer. Clin Cancer Res 2001 ; 7 : 1204-13.

29. Pfister DG, Lipton A, Belt R, Motzer RJ, Winston C, Metz EM, et al. A phase I trial of the epidermal growth factor receptor (EGFR) directed bispecific antibody (BsAB) MDX-447 in patients with solid tumors. Proc Am Soc Clin Oncol 1999 ; 18 : 1667.

30. Klohs WD, Fry DW, Kraker AJ. Inhibitors of tyrosine kinase. Curr Opin Oncol 1997 ; 9 : 562-8.

31. Woodburn JR, Barker AJ. 4-anilinoquinazolines-a potentiel new therapy for major human solid tumors overexpressing the EGF receptor. Br J Cancer 1997 ; 74 : 213-68.

32. Nicholson RI, Gee JMW, Barrow D, Pammment JS, Knowlden JM, McClelland. Endocrine resistant in breast cancer can involve a switch towards EGFR signalling pathways and a gain of sensitivity to an EGFR-selective tyrosine kinase inhibitor, ZD1839. Proc AACR-NCI-Meeting, Washington, DC, 7, 1999.

33. Kris MG, Herbst R, Rischin D, LoRusso P, Baselga J, Hammond L, et al. Objective regressions in non-small cell lung cancer patients treated in phase I trials of oral ZD1839 (Iressa), a selective tyrosine inhibitor that blocks the epidermal growth factor receptor (EGFR). Lung Cancer 2000 ; 29 : 72.

34. Tamura T, Nakagawa K, Fukuoka M, Kudoch S, Yoshimura N, Negoro S, et al. A phase I intermittent dose-escalation trial of ZD 1839 (Iressa) in Japanese patients with solid malignant tumors. Lung Cancer 2000 ; 29 : 71.

35. Ferry D, Hammond L, Ranson M, Kris M, Miller V, Murray P, et al. Intermittent oral ZD 1839 (Iressa) a novel epidermal growth factor receptor tyrosine kinase inhibitor (EGFR-TKI) in patients with five selected tumors type : evidence of activity and tolerability. Proc Am Soc Clin Oncol 2000 ; 19 : 5E.

36. Baselga J, Herbst R, LoRusso P, Rischin D, Ranson M, Plummer R, et al. Continuous administration of ZD 1839 (Iressa), a novel oral epidermal growth factor receptor tyrosine kinase inhibitor (EGFR-TKI), in patients with selected tumors types : evidence of activity and good tolerability. Proc Am Soc Clin Oncol 2000 ; 19 : 686.

37. Goss G, Hirte H, Lorimer I, Miller W, Stewart D, Batist G, et al. Final results of the dose-escalation phase of a phase I, dose escalation, pharmacokinetics (PK) and pharmacology study of ZD1839 : NCIC CTG IND.122. Proc Am Soc Clin Oncol 2001 ; 21 : 335.

38. Miller VA, Johnson D, Heelan R, Johnson D, Heelan RT, Pizo BA, et al. A pilot trial demonstrates the safety of ZD 1839 (Iressa) an oral epidermal growth factor receptor kinase inhibitor (EGFR-TKI) in combination with carboplatin (C) and paclitaxel (P) in previously untreated advanced non small lung cancer (NSLC). Proc Am Soc Clin Oncol 2001 ; 21 : 1301.

39. Arteaga CL, Moulder SL, Yakes FM. HER (erbB) tyrosine kinase inhibitors in the treatment of breast cancer. Semin Oncol 2002 ; 3 (suppl. 11) : 4-10.

40. Albain K, Elledge R, Gradishar WJ, Rowinsky E, Hudis C, Pusztai L, et al. Open-label, phase II, multicenter trial of ZD1839 (Iressa) in patients with advanced breast cancer. Breast Cancer Res Treat 2002 ; 76 (suppl. 1) : S33.

41. Robertson JFR, Gutteridge E, Cheung KL, Owers R, Koehler M, Hamilton L. A phase II study of ZD1839 (Iressa) in tamoxifen-resistant ER-positive and endocrine-insensitive (ER-negative) breast cancer. Breast Cancer Res Treat 2002 ; 76 (suppl. 1) : S96.

42. Karp DD, Silberman SL, Csudae R, Wirth F, Gaynes L, Posner M, et al. Phase I escalation study of epidermal growth factor receptor (EGFR) tyrosine kinase (TK) inhibitor CP-358,774 in patients with advanced solid tumors. Proc Am Soc Clin Oncol 1999 ; 18 : 1499.

43. Siu LL, Hidalgo M, Nemunaitis J, Rizzo J, Moczygemba J, Eckhardt SG, et al. Dose and schedule-duration escalation of the epidermal growth factor receptor (EGFR) tyrosine kinase (TK) inhibitor CP-358,774 : a phase I and pharmacokinetic (PK) study. Proc Am Soc Clin Oncol 1999 ; 18 : 1498.

44. Forouzesh B, Hidalgo M, Takimoto C, de Bono JS, Forero L, Beeram M, et al. Phase I, pharmacokinetic (PK), and biological studies of the epidermal growth factor-tyrosine kinase (EGFR-TK) inhibitor OSI-774 in combination with docetaxel. Proc Am Soc Clin Oncol 2002 ; 21 : 81.

45. Ratain MJ, George CM, Janisch L, Kindler HL, Ryan C, Wood DL, et al. Phase I trial of erlotinib (OSI-774) in combination with gemcitabine (G) and cisplatin (P) in patients with advanced solid tumors. Proc Am Soc Clin Oncol 2002 ; 21 : 2115.

46. Forouzesh B, Hidalgo M, Takimoto C, de Bono JS, Forero L, et al. Phase I, pharmacokinetic (PK) and biologic study of OSI-774, a selective epidermal growth factor receptor (EGFR) tyrosine kinase (TK) inhibitor in combination with paclitaxel and carboplatin. Proc Am Soc Clin Oncol 2002 ; 21 : 1908.

47. Traxder P, Buchdunger E, Furet P, Gschwind HP, Ho P, Mett H, et al. Preclinical profile of PKI166-a novel and potent EGFR tyrosine kinase inhibitor for clinical development. Clin Cancer Res 1999 ; 5 : 22.

48. Bruns CJ, Solorzano CC, Harbison MT, Ozawa S, Tsan R, Fan D, et al. Blockade of the epidermal growth factor receptor signalling by a novel tyrosine kinase inhibitor leads to apoptosis of endothelial cells and therapy of human pancreatic carcinoma. Cancer Res 2000 ; 60 : 2926-35.

49. Hoesktra R, Dumez H, von Oosterom AT, Sizer KC, Ravera C, Vaidyanathan S, et al. A phase I and pharmacological study of PKI-166, an epidermal growth factor (EGFR) tyrosine kinase inhibitor, administered orally in a two weeks on, and two weeks off scheme to patients with advanced cancers. Proc Am Soc Cancer Oncol 2002 ; 21 : 340.

50. Dumez H, Hoesktra R, Eskens F, Sizer KC, Vaidyanathan S, Ravera C, et al. A phase I and pharmacological study of PIK-116, an epidermal receptor (EGFR) tyrosine inhibitor, administered orally 3 times a week to patients with advanced cancer. Proc Am Soc Cancer Oncol 2002 ; 21 : 341.

51. Murren JR, Papadimitritrakopoulou VA, Sizer KC, Vaidyanathan S, Ravera C, Abbruzzese JL. A phase I dose-escalating study to evaluate the biological activity and pharmacokinetics of PIK-166, a novel tyrosine kinase inhibitor, in patients with advanced cancers. Proc Am Soc Cancer Oncol 2002 ; 21 : 377.

52. Allen LF, Lenehan PF, Eiseman IA, Elliot WL, Fry DW. Potential benefits of the reversible Pan-erbB Inhibitor, CI-1033, in the treatment of breast cancer. Semin Oncol 2002 ; 3 : 11-21.

53. Shin DM, Nemunaitis J, Zinner RG, Donato NJ, shin HC, Myers JN, et al. A phase I clinical and biomaker study of CI-1033, a novel pan-erbB tyrosine kinase inhibitor in patients with solid tumors. Proc Am Soc Cancer Oncol 2001 ; 20 : 324.

54. Perrin D, Halazy S, Hill B. Inhibitors of Ras farneselylation : tomorrow's anticancer agents ? Bull Cancer 1997 ; 84 : 635-42.

55. Rowinsky EK, Windle JJ, Von Hoff D. Ras protein farnesyltransferase : a strategic target for anticancer therapeutic development. J Clin Oncol 1999 ; 11 : 3631-52.

56. Haluska P, Dy GK, Adjei AA. Farnesyl transferase inhibitor as anticancer agents. Eur J Cancer 2002 ; 38 : 1685-700.

57. Olson MF, Paterson HF, Marshalla CJ. Signals from Ras and Rho GTPases interact to regulate expression of p21Waf1/Cip1. Nature 1998 ; 394 : 295-9.

58. Law BK, Norgaard P, Moses HL. Farnesyltransferase inhibitor induces rapid growth arrest and blocks p70s6K activation by multiple stimuli. J Biol Chem 2000 ; 275 : 10796-801.

59. Ashar HR, James L, Gray K, Carr D, Black S, Armstrong L, et al. Farnesyl transferase inhibitors block the farnesylation of CENP-E and CENP-F and alter the association of CENP-E with microtubules. J Biol Chem 2000 ; 275 : 30451-7.

60. End DW, Smets G, Todd AV, Applegate TL, Fuery CJ, Angibaud P, et al. Characterization of the antitumor effects of the selective farnesyl protein transferase inhibitor R115777 in vivo and in vitro. Cancer Res 2001 ; 61 : 131-7.

61. Schellens J, de Klerk G, Swart M, Palmer P, Bol C, van't Veer L, et al. Phase I pharmacologic study with the novel farnesyl transferase inhibitor (FTI) R115777. Proc Am Soc Clin Oncol 2000 ; 19 : 715.

62. Zujewski J, Horak ID, Bol CJ, Woestenborghs R, Bowden C, End DW, et al. Phase I and pharmacokinetic study of farnesyl protein transferase inhibitor R115777 in advanced cancer. J Clin Oncol 2000 ; 18 : 927-41.

63. Nakagawa K, Yamamoto N, Nishio K, Ohashi Y, End D, Bol K, et al. A phase I, pharmacokinetic (PK) and pharmacodynamic (PD) study of the farnesyl transferase inhibitor (FTI) R115777 in Japaness patients with advanced non-hematological malignancies. Proc Am Soc Clin Oncol 2001 ; 20 : 317.

64. Punt CJ, van Maanen L, Bol CJ, Seifert WF, Wagener DJ. Phase I and pharmacokinetic study of the orally administered farnesyl transferase inhibitor R115777 in patients with advanced solid tumors. Anticancer Drug 2001 ; 12 : 193-7.

65. Patnaik A, Eckhardt S, Izbicka E, Hildalgo M, McCreery H, Mori M, et al. A phase I and pharmacokinetic study of the farnesyltransferase inhibitor, R115777 in combination with gemcitabine. Proc Am Soc Clin Oncol 2000 ; 19 : 689.

66. Liebes L, Hochster H, Speyer J, Chachoua A, Hamilton A, Oratz R, et al. Enhanced myelosuppression of topotecan when combined with farnesyl transferase inhibitor R15777 : a phase I and pharmacodynamic study. Proc Am Soc Clin Oncol 2001 ; 20 : 321.

67. Verweij J, Kehrer DF, Planting AS, de Jonge M, Eskens F, Klaren A, et al. Phase I trial of irinotecan in combination with the farnesyl transferase inhibitor (FTI) R115777. Proc Am Soc Clin Oncol 2001 ; 20 : 319.

68. Schwartz G, Rowinsky EK, Rha SY, Hammond LA, Smith L, Patnaik A, et al. A phase I, pharmacokinetic, and biologic correlative study of R115777 and trastuzumab (Herceptin) in patients with advanced cancer. Proc Am Soc Clin Oncol 2001 ; 20 : 322.

69. Versyle C, Van Steenbergen W, Humblet Y, Marsé H, De Vis J, Palmer P, et al. Phase I trial of 5-FU/LV in combination with farnesyltransferase inhibitor (FTI) R115777. Proc Am Soc Clin Oncol 2001 ; 20 : 681.

70. Adjei AA, Bruzek LM, Erlichman C, Marks R, Croghan G, Sloan J, et al. Combination studies with the farnesyl protein transferase inhibitor R115777 and chemotherapy agents. Eur J Cancer 2001 ; 37 (suppl. 6) : 792.

71. Piccart-Gebhart MJ, Branle D, De Valeriola M, Dubuisson M, Hennebert P, Gil T, et al. A phase I, clinical and pharmacokinetic (PK) trial of the farnesyl transferase inhibitor (FTI) R115777 + docetaxel : a promising combination in patients (PTS) with solid tumors. Proc Am Soc Clin Oncol 2001 ; 20 : 318.

72. Holden SN, Eckhardt SG, Fisher S, Persky M, Mikule C, O'Bryant CL, et al. A phase I parmacokinetic (PK) and biological study of the farnesyl transferase inhibitor (FTI) R115777 and capecitabine in patients (PTS) with advanced solid malignancies. Proc Am Soc Clin Oncol 2001 ; 20 : 316.

73. Johnston SDR, Hickish T, Houston S, Ellis PA, Howes J, Thibault A. Efficacy and tolerability of two dosing regimens of R115777 (Zarnestra), a farnesyl protein transferase inhibitor in patients with advanced breast cancer. Proc Am Soc Cancer Oncol 2002 ; 21 : 138.

74. Hunt JT, Ding CZ, Batorsky R, Bednarz M, Bhide R, Cho Y, et al. Discovery of (R)-7-cyano2,3,4,5-tetrahydro-1-(1H-imidazol-4-ylmethyl)-3-(phenylmethyl)-4-(2-thienylsulfonyl)-1H-1,4-benzodiazepine (BMS-214662) a farnesyltransferase inhibitor with potent preclinical antitumor activity. J Med Chem 2000 ; 43 : 3587-95.

75. Camacho LH, Soignet SL, Pezzuli S, Canales C, Aghajanian C, Spriggs DS, et al. Dose escalation study of oral farnesyl transferase inhibitor BMS-214662 in patients with solid tumors. Proc Am Soc Clin Oncol 2001 ; 20 : 311.

76. Ryan D, Eder J, Supko J, Lynch T, Amrein P, Fuchs C, et al. Phase I clinical trial of the farnesyltransferase (FT) inhibitor BMS-214662 in patients with solid tumors. Proc Am Soc Clin Oncol 2000 ; 19 : 720.

77. Kim KB, Shin DM, Summey CC, Kurie JM, Fossella FV, Lee JS, et al. Phase I study of farnesyl transferase inhibitor BMS-214662 in solid tumors. Proc Am Soc Clin Oncol 2001 ; 20 : 313.

78. Tabernero J, Sonnichsen D, Albanel J, Damle B, Rojo F, Christopher L, et al. A phase I pharmacokinetic (PK) and serial tumor and PBMC pharmacodynamic (PD) study of weekly BMS-214662, a farnesyltransferase (FT) inhibitor, in patients with advanced solid tumors. Proc Am Soc Clin Oncol 2001 ; 20 : 304.

79. Voi M, Tabernero J, Cooper MR, Marimon I, Van Vreckem A, Albanell J, et al. A phase I study of the farnesyltransferase (FT) inhibitor BMS-214662 administered as weekly 1 hour infusion in patients (Pts) with advanced solid tumors : clinical finding. Proc Soc Clin Oncol 2001 ; 20 : 312.

80. Mackay HJ, Hoekstra R, Eskens F, Devlin M, Sonnicchesen D, Voi M, et al. A phase I dose escalating study of BMS-214662 in combination with cisplatin (C) in patients with advanced solid tumors. Proc Am Soc Clin Oncol 2001 ; 20 : 315.

81. Bailey HH, Marnocha R, Arzoomanian R, Alberti D, Binger K, Volkman J, et al. Phase I weekly paclitaxel and BMS214662 in patients with advanced solid tumors. Proc Am Soc Clin Oncol 2001 ; 20 : 314.

82. Liu M, Bryant MS, Chen J, Lee S, Yaremko B, Lipari P, et al. Antitumor activity of SCH66336, an orally bioavailable tricyclic inhibitor of farnesyl protein transferase, in human tumor xenograft models and wap-ras transgenic nice. Cancer Res 1998 ; 58 : 4947-56.

83. Ashar HR, James L, Gray K, Carr D, McGuirk M, Maxwell E, et al. The farnesyl transferase inhibitor SCH 66336 induces a G(2) → M or G(1) → pause in sensitive human tumor cell lines. Exp Cell Res 2001 ; 262 : 17-27.

84. Glass TL, Liu M, Yung WK. Inhibition of cell growth in human glioblastoma cell lines by farnesyltransferase inhibitor SCH66336. Neuro-Oncol 2000 ; 2 : 151-8.

85. Reichert A, Heisterkamp N, Daley GQ, Groffen J. Treatment of Bcr/Abl-positive acute lymphoblastic leukemia in P190 transgenic mice with the farnesyl transferase inhibitor SCH 66336. Blood 2001 ; 97 : 1399-403.

86. Adjei AA, Erlichman C, Davis JN, Cutler DL, Sloan JA, Marks RS, et al. Phase I trial of the farnesyl transferase inhibitor SCH66336 : evidence for biological and clinical activity. Cancer Res 2000 ; 60 : 1871-7.

87. Eskens FA, Awada A, Cutler DL, de Jonge MJ, Luyten GP, Faber MN, et al. Phase I and pharmacokinetic study of oral farnesyl transferase inhibitor SCH66336 given twice of daily to patients with advanced solid tumors. J Clin Oncol 2001 ; 19 : 1167-75.

88. Hurwitz H, Amado R, Prager D, Hecht J, Cohen D, Conway D, et al. Phase I pharmacokinetic trial of the farnesyl transferase inhibitor SCH66336 plus gencitabine in advanced cancers. Proc Am Soc Clin Oncol 2000 ; 19 : 717.

89. Khuri F, Glisson B, Meyers M, Herbst R, Thall P, Munden R, et al. Phase I study of the farnesyl transferase inhibitor (FTI) SCH66336 with paclitaxel in solid tumors : dose finding, pharmacikinetics, efficacy/safety. Proc Am Soc Clin Oncol 2000 ; 19 : 799.

90. Kim ES, Glisson BS, Meyers ML, Herbts RS, Shin DM, Statkevich P, et al. A phase I/II study of the farnesyl transferase inhibitor (FTI) SCH66336 with paclitaxel in solid tumors. Proc Am Soc Clin Oncol 2001 ; 20 : 2629.

91. Britten C, Rowinsky EK, Yao S, Soignet S, Smith L, McCreery H, et al. The farnesyl protein transferase (FPTase) inhibitor L-778123 in patients with solid cancers. Proc Am Soc Clin Oncol 1999 ; 18 : 597.

92. Rubin E, Abbruzzese JL, Morrison BW, Mazina K, Lee Y, Zamek R, et al. Phase I trial of the farnesyl protein transferase inhibitor L-778123 on 14-or 28 day dosing schedule. Proc Am Soc Clin Oncol 2000 ; 19 : 689.

93. Sharma S, Britten C, Spriggs D, Rosen N, Soignet S, Pezzulli S, et al. A phase I and PK study of farnesyl transferase inhibitor L-778123 administered as a seven day continuous infusion in combination with paclitaxel. Proc Am Soc Clin Oncol 2000 ; 19 : 719.

94. O'Dwyer PJ, Stevenson JP, Gallagher E, Mitchell E, Fiedland D, Rose L, et al. Phase I/pharmacokinetic/pharmacodynamic trial of Raf-1 antisense ODN (ISIS 5132). Proc Am Soc Clin Oncol 1998 ; 17 : 810.

95. Holmlund J, Nemunaitis J, Schiller A, Dorr A, Kisner D. Phase I trial of c-Raf antisense oligonucleotide ISIS 5132 (CGP 69846A) by 21 day continuous intravenous infusion (CIV) in patients with advanced cancer. Proc Am Soc Clin Oncol 1998 ; 17 : 811.

96. Holmlund J, Rudin CM, Mani S, Fleming GF, Stadler W, Kunkel K, et al. Phase I trial of ISIS 5132/ODN 69846A a 20-mer phosphothiate antisense oligonucleotide inhibitor of c-Raf kinase administered by 24 hours weekly intravenous (IV) infusion to patients with advanced cancer. Proc Am Soc Clin Oncol 1999 ; 18 : 605.

97. Mitchell DY, Reid JM, Parchment RE, Meyer MB, Leopold JS, Herrera R, et al. Pharmacokinetics (PK) and pharmacodynamics (PD) of the oral MEK inhibitor, CI-1040, following multiple dose administration to patients with advanced cancer. Proc Am Soc Cancer Oncol 2002 ; 21 : 320.

98. LoRusso PM, Adjei AA, Meyer MB,Wozniak A, Gadgeel SM, Hanson LJ, et al. A phase I clinical and pharmacokinetic evaluation of the oral MEK inhibitor, CI-1040, administered for 21 consecutive days, repeated every 4 weeks in patients with advanced cancer. Proc Am Soc Cancer Oncol 2002 ; 21 : 321.

99. Berrie PC. Phosphoinositide 3-kinase inhibition in cancer treatment. Expert Opin Investg Drugs 2001 ; 10 : 1085-98.

100. Leslie NR, Downes CP. PTEN : the down side of PI3 kinase signalling. Cellular Signalling 2002 ; 14 : 285-95.

101. Starink TM, van der Veen JP, Arwert F, de Waal LP, de Lange GG, Gille JJ, et al. The Cowdven syndrome : a clinical and genetic study in 21 patients. Clin Genet 1986 ; 29 : 222-3.

102. Wymann MP, Bulgarelli-Leva G, Zvelebil MJ, Pirola L, Vanhaesebroeck B, Waterfield MD, et al. Wortmannin inactivates phosphoinositide 3-kinase by covalent modification of Lys-802, a residue involved in the phosphate transfer reaction. Mol Cell Biol 1996 ; 16 : 1722-33.

103. Meyers R, Cantley LC. Cloning and characterisation of a wortmannin-sensitive human phosphatidylinositol 4-kinase. J Biol Chem 1997 ; 272 : 4384-90.

104. Dennis PB, Fumagalli S, Thomas G. Target of rapamycin (TOR) : balancing the opposing forces of protein synthesis and degradation. Curr Opin Gen Devel 1999 ; 9 : 49-54.

105. Alexandre J, Raymond E, Armand JP. Rapamycine et le CCI-779. Bull Cancer 1999 ; 86 : 808-11.

106. Yu K, Toral-Barza L, Discafani C, Zhang WG, Skotnicki J, Frost P, et al. mTOR, a novel target in breast cancer : the effect of CCI-779, an mTOR inhibitor, in preclinical models of breast cancer. Endocr Relat Cancer 2001 ; 8 : 249-58.

107. Hildalgo M, Rowinsky EK, Erlichman C, Drengler R, Marshall B, Adjei AA, et al. Phase I and pharmacologic study of CCI-779, a cell cycle inhibitor. 11th NCI-EORTC-AACR symposium on new drugs in cancer therapy, 2000.

108. Raymond DE, Alexandre J, Depenbrock H, Vago NA, Faivre S, Lahr-Randak A, et al. CCI-779 a ester analog of rapamycin that interact with PTEN/PI3 kinase pathways : a phase I study utilising a weekly intravenous schedule. 11th NCI-EORTC-AACR symposium on new drugs in cancer therapy, 2000.

109. Chan S, Johnston S, Scheulen ME, Mross K, Morant R, Lahr A, et al. First report : a phase 2 study of the safety and activity of CCI-779 for patients with locally advanced or metastatic breast cancer failing prior chemotherapy. Proc Am Soc Cancer Oncol 2002 ; 21 : 44a.

Famille de récepteur


 

Qui sommes-nous ? - Contactez-nous - Conditions d'utilisation - Paiement sécurisé
Actualités - Les congrès
Copyright © 2007 John Libbey Eurotext - Tous droits réservés
[ Informations légales - Powered by Dolomède ]