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Association chimiothérapie d’induction, chirurgie et/ou radiothérapie, dans les cancers localement avancés de la tête et du cou. Analyse rétrospective d’une série de 125 patients


Bulletin du Cancer. Volume 84, Numéro 9, 863-8, Septembre 1997, Articles originaux


Résumé   Summary  

Auteur(s) : Isabelle Ray-Coquard, Michel Bolla, Emile Reyt, Danielle Brochon, Jacques Lebeau, Marc Colonna, Hélène Kolodié, Florence Vincent, Jocelyne Chinal-Provencal, .

Résumé : Le pronostic des cancers localement avancés de la tête et du cou est péjoratif, surtout en cas d’envahissement ganglionnaire associé. Dans le but d’améliorer le contrôle local, de sauvegarder si possible le larynx et de lutter contre la dissémination métastatique occulte, nous avons débuté en 1986 un programme de chimiothérapie néoadjuvante dans les stades III et IV. De mai 1986 à novembre 1992, 125 patients porteurs de carcinomes malpighiens des voies aéro-digestives supérieures ont été traités selon le schéma suivant : 3 cures à 21 jours d’intervalle associant cisplatine (100 mg/m2 à J1) et 5FU (1g/m2 de J1 à J5 en perfusion continue) avant le traitement locorégional par chirurgie et/ou radiothérapie. Cent dix-neuf patients sont évaluables (110 hommes et 9 femmes). L’âge médian est de 57ans (36-78). Le temps médian de participation est de 32 mois (rangs : 4-112). Tous les patients ont un statut de performance inférieur ou égal à 2. Selon la classification TNM de l’UICC, 50 patients sont de stade IV (42 %), 61 de stade III (51%), 7 de stade II (6%) et 1 de stade I (1%). La répartition anatomique est la suivante : 30 cavités buccales (25 %), 26 oropharynx (22 %), 28 hypopharynx (24%), 32 larynx (27%) et 3 adénopathies cervicales isolées (2%). Cent patients (84%) ont reçu au moins 3 cures de chimiothérapie. Soixante-dix patients ont reçu une chirurgie radicale et/ou fonctionnelle tumorale et 11 patients une chirurgie ganglionnaire isolée. Cent dix-sept patients (98 %) ont reçu une irradiation dont 43 (37 %) de façon exclusive. Après chimiothérapie, une réponse objective a été observée chez 74 patients (62 %, intervalle de confiance : 60,4-63,5), avec 25 réponses complètes (RC) (21 %) et 49 réponses partielles (RP) (41 %) ; 37 patients étaient stabilisés (32 %) et 6 patients étaient en progression (6 %). En fin de traitement locorégional, 105 patients étaient en RC (89 %) et 8 patients en RP (7 %). La tolérance à la chimiothérapie est bonne avec 8 % de grades III et IV toutes toxicités confondues. La leucopénie de grades III et IV est la toxicité la plus fréquente (5 %). Quatre pour cent des patients ont présenté une toxicité rénale de grade III ou IV. La survie médiane globale de la cohorte est de 38 mois (rangs : 18-54 mois). La survie médiane sans rechute est de 62 mois. La localisation oropharyngée s’accompagne d’une meilleure survie (log-rank test, p = 0,02).

Mots-clés : chimiothérapie d’induction, radiothérapie, cancer de la tête et du cou.

Illustrations

ARTICLE

Les carcinomes malpighiens de la tête et du cou représentent 15 % des tumeurs malignes diagnostiquées chaque année en France. L'incidence estimée entre 1985-1990 est de 35,6 pour 100 000 nouveaux cas chaque année [1]. Si la chirurgie et/ou la radiothérapie contrôlent favorablement les cancers peu évolués des voies aérodigestives supérieures, il n'en est pas de même pour les tumeurs avancées, dont le taux de contrôle locorégional est proche de 50 % et le risque métastatique de 20 % [2]. L'association cisplatine/5 fluoro-uracile (5FU) a permis d'obtenir des taux de réponses tumorales et ganglionnaires élevés [3]. Le support scientifique de cette association repose sur des études réalisées in vitro qui suggèrent une activité synergique entre ces 2 antimitotiques, due à l'augmentation des folates intracellulaires qui suit l'administration de cisplatine [4]. Cependant, si la chimiothérapie fait espérer un traitement plus conservateur ou une meilleure gestion du traitement locorégional, elle n'améliore pas la survie [3]. Nous présentons ici les résultats d'une série de 125 patients porteurs de cancers avancés de la tête et du cou traités de 1986 à 1992 par chimiothérapie d'induction (cisplatine/5FU) suivie de chirurgie et/ou de radiothérapie, dans le cadre du Comité tête et cou de l'unité de concertation du Centre hospitalier universitaire de Grenoble.

Résultats

De mai 1986 à novembre 1992, 125 patients ont été traités. Six patients porteurs d'un cancer synchrone ont été exclus de l'étude. Sur 119 patients évaluables, 110 sont des hommes. Le tableau I rapporte les caractéristiques de ces patients. Huit patients inclus à tort sont porteurs d'une lésion classée stade II ou I. Six patients sont âgés de 70 ans et plus. Cent patients (84 %) ont reçu au moins 3 cures de chimiothérapie. Dix-neuf patients (16 %) ont reçu moins de 3 cures pour des raisons de toxicité (11 cas) ou de progression rapide sous traitement (8 cas), ou encore par refus de poursuite thérapeutique (1 cas). La chirurgie a été réalisée chez 81 patients (68 %). La radiothérapie a pu être réalisée dans 98 % des cas. Deux patients n'ont pas eu de traitement adjuvant après la chirurgie du fait d'une réponse complète (RC) prouvée histologiquement. Quarante-deux patients (36 %) ont été traités par radiothérapie externe exclusive. Soixante-quinze patients (64 %) ont reçu une irradiation postopératoire, dont 2 par curiethérapie interstitielle pour résidu tumoral postchimiothérapie (cavité buccale). Deux patients ont été traités par association radiothérapie externe (56 Gy) et curiethérapie (25 Gy) pour des localisations de la cavité buccale.

L'évaluation de la réponse à la chimiothérapie est détaillée dans le tableau II. Les taux de réponse de la tumeur primitive sont de 20 % pour les réponses complètes et de 42 % pour les réponses partielles, soit un taux de réponses objectives de 62 % (IC 95 % : 60,4-63,5). Cent cinq patients (87 %) étaient en réponse complète au terme du traitement locorégional et 8 (8 %) en réponses partielles, soit 94 % en réponse objective en fin de séquence thérapeutique. Quatre patients (3,4 %) étaient en progression à la fin du traitement. Cinq (84 %) des 6 patients âgés de 70 ans et plus ont présenté une réponse objective après 3 cures de chimiothérapie, dont une réponse complète. La taille tumorale (p = 0,90), l'âge au diagnostic (¾ 49 ans contre > 49 ans) (p = 0,32), le sexe (p = 0,08), le coefficient de dose-intensité (< 70 % de la DI théorique / >= 70 %) (p = 0,13) et le PS (< 2 contre >= 2) (p = 0,59) n'ont pas d'impact pronostique sur la réponse à la chimiothérapie. Le site anatomique a un impact pronostique : oropharynx (19/26) et cavité buccale (21/30), soit 73 % et 70 % respectivement de réponse à la chimiothérapie contre 53 % (32/60) pour l'hypopharynx et le larynx (p = 0,02).

La toxicité de la chimiothérapie est rapportée dans le tableau III. Trois cent trente-sept cures ont été réalisées chez 119 patients. Sept patients (5 %) ont présenté une leucopénie de grade III ou IV. Cinq patients (4 %) présentant une anémie grade II ou III ont reçu une transfusion sanguine. Dix-huit patients (15 %) ont présenté une toxicité rénale de grade I et 8 patients (7 %) une toxicité de grade II, III ou IV (dont 4 pour lesquels le cisplatine a été remplacé par du carboplatine). Un seul des 6 patients de 70 ans et plus a présenté une toxicité hématologique (thrombopénie grade III, leucopénie grade IV, anémie grade II) et rénale (grade II). Il est important de noter que 24 % des patients n'ont pu être évalués (données manquantes). La toxicité de la radiothérapie qu'elle soit immédiate ou tardive, est détaillée dans le tableau IV. Une mucite est présente chez 89 patients (74 %) dont 18 % de grade II à IV (dont 4 patients de plus de 70 ans). La toxicité tardive est surtout marquée par l'atteinte muqueuse de grades I et II (24 %) et de grade IV (1 %).

La médiane de survie globale est 36 mois (rangs : 4-112 mois), ce qui correspond à une survie à 5 ans de 42 % (figure 1). La médiane de survie globale des patients de 70 ans et plus est de 43,5 mois. La survie sans rechute à 5 ans est de 48 %, avec une médiane de 62 mois (rangs : 6-108 mois). Le taux de contrôle local est de 60,5 % à 5 ans. Le taux de rechute métastatique est de 17 % à 1 an et de 23 % à 2 ans. L'étude de la survie ne montre pas de différence statistiquement significative entre les répondeurs (médiane de survie globale à 42 mois, rangs : 26-58) et les non-répondeurs (médiane de survie globale à 25 mois, rangs : 0-50) à la chimiothérapie (p = 0,48). Pour le pharyngo-larynx, nous n'avons pas étudié la survie avec conservation laryngée des patients en rémission complète après chimiothérapie soumis à une radiothérapie exclusive, car la cohorte de patients était trop faible (13 patients). L'étude de la survie selon le site de la tumeur (cavité buccale, oropharynx, hypopharynx, larynx) montre une différence statistiquement significative en survie brute (p = 0,01) et en survie sans rechute (p = 0,02) en faveur de l'oropharynx (figure 2). L'analyse de la survie en fonction de l'âge (p = 0,49), du traitement locorégional reçu (chirurgie + radiothérapie ou radiothérapie exclusive) ne montre pas de différence statistiquement significative (p = 0,25).

Quatre-vingt-deux dossiers sont interprétables pour le calcul du coefficient moyen de dose-intensité : 79,2 % des patients ont reçu au moins 80 % de la dose-intensité théorique, 5 % des patients ont reçu moins de 50 % de la dose-intensité théorique. Quatre des patients de 70 ans et plus ont reçu au moins 80 % de la dose-intensité théorique. L'étude de la survie en fonction de la dose-intensité reçue (>= 70 % de la dose-intensité théorique, contre les autres) concernant 82 patients évaluables retrouve une différence de survie globale (p = 0,02) en faveur du groupe dose-intensité supérieure à 70 % de la dose-intensité théorique (figure 3).

En analyse multivariée (modèle de Cox), de tous les facteurs pronostiques décrits en analyse univariée, seule la localisation oropharyngée reste significative (p = 0,02) de la survie globale (OR = 1,93 ; SE ± 0,30).

Discussion

Dans cette étude rétrospective multidisciplinaire où l'évaluation clinique a toujours été faite dans le cadre du Comité tête et cou, la chimiothérapie apporte un taux de réponses objectives de 62 %. L'analyse de la littérature retrouve un taux de réponses objectives à la chimiothérapie néoadjuvante compris entre 50 et 90 % [3, 5, 6] et un taux de réponses complètes entre 13 et 54 %, alors qu'Al Sarraf et les Vétérans [7] rapportent un taux de réponses objectives supérieur à 80 % chez des patients T3T4 traités par CDDP et 5 FU. L'analyse des facteurs pronostiques réalisée dans cette étude s'appuie sur les facteurs décrits dans la littérature [8]. Seule la localisation oropharyngée (p = 0,02) apparaît corrélée à la réponse à la chimiothérapie, mais il convient de rappeler la faiblesse numérique de certains sous-groupes de patients. La survie n'est pas différente entre répondeurs et non-répondeurs mais il est difficile de porter une conclusion eu égard à la taille des effectifs, au rattrapage chirurgical immédiat suivi de radiothérapie postopératoire, au fait que l'objectif du protocole était la conservation de l'organe irradié. Chez les sujets âgés, le taux de réponses objectives à la chimiothérapie est de 84 %, ce qui montre la faisabilité de ce type de prise en charge chez des patients d'âge égal ou supérieur à 70 ans en bon état général (5 sur 6 avait un grade OMS de 0). Deux pour cent de toxicité grade IV concernant la chimiothérapie représentent une toxicité acceptable corrélée aux données de dose-intensité, puisque 80 % des patients ont reçu au moins 80 % de la dose-intensité théorique sans toxicité majeure. La toxicité de la radiothérapie, aiguë ou tardive, apparaît conforme à celle décrite dans la littérature [9].

L'analyse des facteurs pronostiques montre une différence significative en faveur des patients ayant reçu une dose-intensité supérieure à 70 % de la dose-intensité théorique et des patients présentant une localisation oropharyngée.

Beaucoup d'essais randomisés ont analysé l'impact de la chimiothérapie néoadjuvante sur la survie de ces patients [1, 3, 7, 8] sans pouvoir réellement montrer un gain de survie en faveur de la chimiothérapie. La survie globale dans cette étude paraît supérieure aux données de la littérature, où la médiane de survie globale est de 20-22 mois [10, 11], alors que nous rapportons une survie médiane proche de 38 mois. Si aucun essai randomisé n'a prouvé l'intérêt de la chimiothérapie néoadjuvante intraveineuse en termes de survie dans les cancers avancés de la tête et du cou, les raisons sont diverses : moindre efficacité des drogues utilisées, nombre de patients insuffisants, mauvaise compliance, absence de standardisation des traitements locorégionaux. En revanche, l'augmentation de la préservation du larynx et la diminution des rechutes métastatiques sont reconnues [2, 6, 7, 11, 12]. Un essai EORTC a montré une amélioration de la survie globale avec une chimiothérapie intra-artérielle néoadjuvante dans le traitement des cancers du plancher buccal [13]. De même, la méta-analyse de Munro [14] à partir de 54 essais randomisés publiés entre 1963 et 1993 montre un gain de survie pour la chimiothérapie néoadjuvante (3,7 %) et pour la chimioradiothérapie concomitante (12,1 %). Ce qui suggère un bénéfice potentiel pour la chimiothérapie néoadjuvante mais faible au point de ne pas pouvoir être mis en en évidence par des essais d'effectifs faibles.

En conclusion, notre analyse rétrospective suggère également que trois cures de chimiothérapie d'induction apparaissent optimales en termes de réponse, de toxicité, de compliance au traitement locorégional (survie globale médiane de 36 mois et survie sans rechute métastatique médiane de 23 mois) dans le traitement des cancers localement avancés de la tête et du cou, et confirme l'intérêt pronostique de la dose-intensité sans conclure pour autant qu'il soit nécessaire d'aller au-delà de trois cures. *

 

Patients et méthodes

Sélection des patients

Les patients ayant un carcinome épidermoïde confirmé histologiquement T3, T4 de la cavité buccale, de l'oropharynx, du larynx, de l'hypopharynx ou présentant des adénopathies malpighiennes métastatiques cervicales ont été sélectionnés. Les critères d'inclusion comprenaient : âge inférieur à 80 ans, indice de performance OMS ¾ 2, créatininémie < 130 µmol/l. Les critères d'exclusion étaient les patients métastatiques, patients porteurs de localisations synchrones, créatininémie > 130 µmol/l après hydratation contrôlée, indice de performance >= 3. Un examen clinique, une panendoscopie, un scanner, une radio pulmonaire et une échographie hépatique ont été réalisés systématiquement pour tous les patients afin d'évaluer l'extension locorégionale et d'établir le stade TNM/UICC [9].

* Protocole de traitement

Le protocole de chimiothérapie consiste en la succession de 3 cures de 5 jours espacées de 21 jours (de J1 à J1) comportant cisplatine (CDDP) utilisé à la dose de 100 mg/m2 en perfusion intraveineuse de 1 h 30 associé à une hydratation de 2 litres (1 litre de sérum glucose 5 % et 1 litre de sérum bicarbonaté 1,4 %) à J1 et du 5 fluoro-uracile (5FU) à la dose de 1 000 mg/m2 en perfusion continue sur 24 heures dans un litre de sérum NACL 0,9 % de J1 à J5.

En cas de progression des lésions après deux cures, une chirurgie radicale suivie d'irradiation locorégionale (56-65 Gy, 1,7 Gy/fraction-5 fractions/semaine) est proposée. En cas de contre-indication à la chirurgie, une irradiation exclusive (70-75 Gy, 1,7 Gy/fraction, 5 fractions/semaine) est mise en route. En l'absence de progression après 2 cures de chimiothérapie, une troisième cure est réalisée, suivie : d'une irradiation exclusive (70-75 Gy, 1,7 Gy/fraction, 5 fractions/semaine) en cas de rémission complète ; ou d'une chirurgie radicale suivie d'irradiation postopératoire en cas de réponse partielle ou stabilisation. En cas de contre-indication à la chirurgie, une irradiation exclusive hyperfractionnée selon la technique décrite par Horiot et al. [15] (80,5 Gy, 1,15 Gy/fraction, 10 fractions/semaine) est proposée.

L'irradiation postopératoire intervient 4 à 6 semaines après la chirurgie. La dose minimale délivrée est de 56 Gy en cas de recoupes chirurgicales négatives. Elle a été augmentée à 60 Gy si le délai de prise en charge était supérieur à 6 semaines. En cas de recoupes chirurgicales positives, la dose sera augmentée à 65 Gy. L'irradiation exclusive intervient 4 à 6 semaines après la chimiothérapie. En l'absence d'adénopathie palpable, une dose de 50 Gy minimale est exigée. Les aires ganglionnaires spinales bilatérales reçoivent 50 Gy par complément aux électrons de 7 à 10 MeV. Les aires ganglionnaires cervicales moyennes, inférieures, sus-claviculaires sont traitées par un champ antérieur direct, avec protection laryngée médiane, jusqu'à la dose de 50 Gy en 25 fractions, 5 semaines.

Critères de réponse

Tout patient recevant au moins une cure a été évalué. L'évaluation multidisciplinaire comportait un examen clinique, une laryngoscopie indirecte et une panendoscopie avec prélèvements histologiques afin d'authentifier la réponse complète.

Le degré de rémission est évalué selon les normes de l'OMS [16]. La réponse complète est définie par la disparition clinique complète de la tumeur et la réponse partielle correspond à la diminution de 50 % ou plus du produit des diamètres de la lésion. L'impossibilité de faire état d'une diminution de 50 % du volume total ou d'une augmentation de 25 % du volume total de la tumeur définit la stabilité ; alors que l'augmentation de 25 % ou plus du volume tumoral définit la progression.

Toxicité

L'évaluation de la toxicité s'appuie sur la classification OMS [17]. Une réduction des doses de chimiothérapie de 10 % par tranche de 5 années d'âge au-delà de 70 ans est recommandée. En cours de traitement, si les globules blancs sont ¾ 4 000/ml et/ou les plaquettes < 100 000/ml à J21, la cure est reportée d'une semaine. Si les globules blancs sont < 2 000/ml et/ou les plaquettes < 50 000/ml en cours de chimiothérapie, une diminution de dose de 50 % des deux antimitotiques à la cure suivante est réalisée. En cas de clairance de la créatinine < 40 ml/min, un arrêt du CDDP est recommandé et il est remplacé par du carboplatine. Si la clairance de la créatinine se situe entre 40 et 60 ml/min, une diminution de dose du CDDP de 50 % est proposée. La présence d'ulcérations non confluentes ne permettant pas l'absorption de liquides, présentes au début de chaque cure (grade II), fait proposer une réduction de la dose de 5 FU de 50 %. De même, la présence de diarrhées intolérables, exigeant un traitement par voie veineuse (grade III) entraîne une réduction de la dose de 5FU de 50 %.

Analyse statistique

Les comparaisons de répartitions observées dans différents sous-groupes sont réalisées par le test du c2 (Pearson test ou Fisher exact test en fonction de la taille de l'échantillon). Les taux de survies globales et sans rechute ont été déterminés suivant les méthodes de Kaplan-Meier [18]. Les comparaisons des courbes de survie en fonction des facteurs pronostiques ont été réalisées en utilisant le log-rank test [19]. Les valeurs de p ¾ 0,05 ont été considérées comme significatives. La survie globale a été mesurée du J1 de la chimiothérapie au jour du décès ou de la date de dernière nouvelle. La survie sans rechute est définie par l'intervalle entre le traitement curatif et la date de découverte de la rechute. Les calculs de dose-intensité ont été réalisés selon la méthode de Hryniuk [20]. L'ensemble de l'analyse statistique a été réalisé sur logiciel SPSS 6.01 ® (SPSS Inc, Chicago USA 1994).

REFERENCES

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