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Chimiothérapie intensive avec autogreffe de cellules souches hématopoïétiques dans le cancer de l’ovaire : analyse de 67 patientes traitées à l’institut Paoli-Calmettes et revue de la littérature


Bulletin du Cancer. Volume 84, Numéro 9, 869-76, Septembre 1997, Articles originaux

Article gratuit   Summary  

Auteur(s) : Patrice Viens, François Bertucci, Guénaelle Gravis, Jacques Camerlo, Didier Cowen, Jean-Robert Delpero, Michel Conte, Jocelyne Jacquemier, Catherine Faucher, Didier Blaise, Valérie-Jeanne Bardou, Christian Chabannon, André-Pierre Blanc, Dominique Jaubert, Dominique Maraninchi

Résumé : Malgré une forte chimiosensibilité initiale, le cancer évolué de l’ovaire reste de mauvais pronostic avec une médiane de survie de 20 à 30 mois. Ces résultats pourraient être améliorés par des intensifications chimiothérapiques. Nous avons analysé 67 patientes traitées pour cancer avancé de l’ovaire par chimiothérapie intensive avec autogreffe de cellules souches hématopoïétiques à l’institut Paoli-Calmettes entre 1980 et 1994. La population a été divisée en deux groupes : le groupe rattrapage (n = 30) pour les patientes réfractaires à la chimiothérapie initiale et le groupe consolidation (n = 37) pour les patientes sensibles. Plusieurs régimes successifs de chimiothérapie à base d’alkylants ont été utilisés. Les principales toxicités ont été hématologiques (aplasies profondes) et muqueuses. Quatre décès toxiques (6 %) sont survenus en rapport avec des infections en état de profonde immunosuppression. Dans le groupe rattrapage, 9 patientes sur 21 évaluables ont répondu (43 %), mais la durée des réponses était courte (médiane de 5 mois) et la survie globale après la greffe est de 8 % à 2 ans. Dans le groupe consolidation, 19 patientes sont vivantes dont 15 sans progression sur un suivi médian de 42 mois (17, 161) après le diagnostic. La survie sans progression est de 28 % à 5 ans (médiane à 35 mois) et la survie globale de 48 % à 5 ans (médiane à 41 mois). L’intensification ne semble pas apporter de bénéfice à long terme, malgré un taux de réponses objectives supérieur à celui du traitement classique, dans le groupe de patientes réfractaires à la chimiothérapie initiale. En revanche, les résultats semblent supérieurs au traitement conventionnel en cas de maladie chimiosensible et méritent confirmation par des études prospectives randomisées. Par ailleurs, d’autres voies de recherche s’ouvrent, telles que l’intensification supportée par les facteurs de croissance hématopoïétiques et les cellules souches périphériques, la définition du meilleur conditionnement, l’utilisation des taxanes, l’intensification en première ligne de chimiothérapie après la chirurgie initiale.

Mots-clés : cancer de l’ovaire, chimiothérapie, autogreffe médullaire.

 

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