ARTICLE
La mise en évidence, dans les années soixante-dix, de substances
naturelles stimulant la production des cellules sanguines (colony stimulating
factors) [1] a abouti en 1984 à l'identification de gènes
codant pour les facteurs de croissance hématopoïétique
(FCH) [2]. Le développement clinique du premier granulocyte-colony
stimulating factors ou G-CSF (filgrastime) a débuté
aux États-Unis en 1986 et l'autorisation de mise sur le marché
(AMM) a été obtenue en 1991, puis quelques mois plus tard
en Europe avec différentes modalités d'administration [3].
En 1993, une seconde forme de G-CSF (lénograstime), plus proche
de la molécule naturelle en ceci qu'elle est glycosylée,
a également obtenu l'AMM européenne [4].
Différentes extensions d'AMM, telles que les greffes de moelle
autologue, la mobilisation des cellules souches du sang périphérique
(CSSP) avec ou sans chimiothérapie, les indications pédiatriques,
ont élargi depuis leur champ d'application. Ces molécules
innovantes ayant eu un développement rapide permettent de mettre
en application deux concepts importants en oncohématologie : dose-intensité
et intensification de dose. Pour autant, après sept ans d'utilisation,
de nombreux problèmes restent non résolus : Quelle est la
date optimale de début de traitement ? Quelle est la durée
optimale de traitement ? Quelle est la dose optimale et qu'en est-il des
indications en traitement curatif d'une neutropénie fébrile
?
L'AMM concernant les FCH a été précisée
par des règles de prescription décrites dans les Standards
Options Recommandations (SOR) publiés par la Fédération
nationale des centres de lutte contre le cancer (FNCLCC) [5] et définis
par la Société américaine d'oncologie clinique (American
Society of Clinical Oncology) [6, 7].
Cela nous a conduits à analyser les pratiques de prescription
concernant ces médicaments dans les centres de lutte contre le
cancer français (CLCC). Après avoir colligé les prescriptions
réalisées dans 19 centres anticancéreux, nous les
avons analysées en termes d'indications thérapeutiques et
de localisations tumorales. Puis, nous avons comparé les pratiques
de prescription aux recommandations diffusées par la FNCLCC et
les avons discutées par rapport à ces dernières.
Résultats
Analyse globale
Sept cent cinquante-cinq prescriptions nominatives de FCH ont été
colligées dans les 19 centres anticancéreux français
sur une période de 2 mois et concernent 518 patients. Le nombre
de prescriptions par centre est très variable avec des extrêmes
allant de 9 à 114.
En moyenne, moins de 4 % des cycles de chimiothérapie prescrits
sur la même période ont bénéficié d'un
support de FCH (1 à 12 % en fonction des centres). La durée
moyenne de traitement est de 7,95 jours avec une grande variabilité
en fonction des centres (de 7 à 13 jours).
La figure 1 représente
la répartition de 755 fiches colligées en fonction de la
localisation tumorale primitive du patient. Deux localisations représentent
plus de la moitié des prescriptions : les lymphomes malins non
hodgkiniens et les cancers du sein. Les autres localisations majeures
concernent les sarcomes des tissus mous de l'adulte ou de l'enfant (18
%), les tumeurs testiculaires (7 %), les tumeurs gynécologiques
(6 %). Neuf pour cent des prescriptions ont été réalisées
dans des localisations diverses dont les tumeurs des voies aérodigestives
supérieures, le cancer du poumon et le cancer de la vessie. Les
autres indications hématologiques (leucémies et maladie
de Hodgkin) représentent 6 % des indications.
La figure 2 illustre
les indications thérapeutiques des FCH retenues pour la prescription.
L'utilisation en prophylaxie primaire, c'est-à-dire dès
le premier cycle de chimiothérapie, reste majoritaire (44 % des
cycles de G-CSF). L'utilisation en prophylaxie secondaire, c'est-à-dire
après un premier épisode de neutropénie fébrile,
concerne 22 % des cycles de G-CSF. La prescription de G-CSF dans le traitement
curatif de la neutropénie fébrile constitue 9 % des prescriptions
(jusqu'à 30 % dans certains centres). Enfin, les prescriptions
lors d'intensifications thérapeutiques représentent 21 %
des cycles de G-CSF ; dans certains centres, elles représentent
jusqu'à 55 % de l'ensemble des cycles aussi bien pour prélèvement
que pour réinjection de CSSP. Enfin, 144 prescriptions ont été
réalisées dans le cadre d'essais thérapeutiques (19
%).
Analyse de la conformité aux Standards
Options Recommandations
La conformité des prescriptions de FCH par rapport aux SOR en
fonction de la localisation tumorale traitée est résumée
dans le tableau I. Quatre-vingt-douze
fiches de prescription concernent des localisations tumorales pour lesquelles
l'intérêt du maintien de la dose-intensité n'a pas
été établi : tumeurs des voies aérodigestives,
cancers du poumon non à petites cellules, tumeurs recto-coliques
ou sophagiennes, tumeurs gynécologiques autres que le cancer
de l'ovaire. Ces prescriptions ont été considérées
comme non conformes aux SOR. Les prescriptions réalisées
dans le cadre d'un traitement curatif d'une neutropénie fébrile
ont été considérées comme non conformes, soit
49 cycles. Toutes les prescriptions (148 cycles) réalisées
dans le cadre d'intensifications thérapeutiques pour la mobilisation
ou la réinjection de CSSP ont été jugées comme
conformes, la plupart d'entre elles étant réalisées
dans le cadre d'essais thérapeutiques (sein, ovaire, sarcome de
l'enfant) ou dans le cadre de protocoles validés (lymphome, testicule).
Quatre-vingt-dix-sept prescriptions réalisées dans le cadre
d'une prophylaxie primaire ont été jugées non conformes
car l'administration a été faite en première intention
pour des protocoles n'entraînant pas une forte proportion de neutropénie
fébrile. Finalement, 14 prescriptions de FCH dans le cadre d'une
prophylaxie secondaire ne se justifiaient pas, car réalisées
pour des traitements chimiothérapiques palliatifs. Au total, 503
prescriptions de FCH sont conformes aux SOR, soit 67 % des cycles.
Évolution des dépenses de FCH
La figure 3 représente
l'évolution des dépenses et des prix unitaires des FCH au
cours des quatre dernières années. Après une forte
hausse entre 1994 et 1995, une diminution notable des dépenses
est constatée entre 1995 et 1997, de l'ordre de 9 %. Toutefois,
elle doit être pondérée par les diminutions des prix
unitaires de l'ordre de 5,5 %. Au total, les consommations de FCH dans
les centres anticancéreux français ont diminué sur
les trois dernières années de 3,8 %.
Discussion
L'utilisation de facteurs de croissance hématopoïétiques
en oncohématologie est maintenant parfaitement codifiée
par des recommandations à la fois nationales [5] et internationales
[6, 7]. Il nous a paru intéressant d'effectuer une enquête
concernant leur utilisation dans 19 des 20 centres anticancéreux
français. Cette étude prospective a été réalisée
par les pharmaciens dispensateurs au cours des deux premiers mois de l'année
1997 et, dans un souci de totale objectivité, les médecins
prescripteurs n'ont pas été informés du déroulement
de cette étude. Nous avons ainsi colligé 755 fiches de prescription
dont nous avons pu juger l'exhaustivité par les dépenses
de FCH des différents centres sur la période considérée.
Environ 4 % des cycles de chimiothérapie prescrits sur la période
ont bénéficié d'un support par facteurs de croissance
hématopoïétiques avec toutefois une variabilité
importante due au fait que certains centres anticancéreux ont un
recrutement hématologique. Bien que non standardisée dans
les recommandations, la durée moyenne de traitement est d'environ
8 jours. En effet, la date de début et la durée du traitement
sont très variables en fonction des essais thérapeutiques
réalisés [8-13]. Il est toutefois bien établi, d'une
part, que l'administration de FCH simultanément à la chimiothérapie
anticancéreuse induit une aggravation de l'intensité de
la durée de neutropénie et, d'autre part, que l'encadrement
du nadir et la poursuite de l'administration des FCH jusqu'à la
normalisation des polynucléaires neutrophiles (PNN) sont primordiaux
[9, 15-20]. Pour autant, le moment optimal pour débuter les FCH
et le nombre de jours minimal pour encadrer le nadir des PNN ne sont pas
totalement codifiés en dépit d'essais cliniques ayant démontré
la faisabilité de l'administration différée de FCH
par rapport à la fin de la chimiothérapie et la diminution
de la durée de traitement [18, 20-26]. De telles stratégies
sont très importantes en termes d'économie à la fois
des réserves médullaires du patient et de santé.
Les localisations les plus fréquemment impliquées dans
les prescriptions de FCH de notre étude sont celles pour lesquelles
le concept de dose-intensité a été validé
: lymphomes malins non hodgkiniens [27], cancer du sein [28-31], cancer
de l'ovaire [32], cancers testiculaires [33], ou est en cours de validation
dans le cadre d'essais cliniques (sarcome des tissus mous, cancer de la
vessie) [34, 35].
Selon les recommandations de l'AMM, les FCH peuvent être administrés
d'une part pour réduire la durée des neutropénies
sévères après administration de chimiothérapies
connues pour être associées à une incidence significative
de neutropénies fébriles et d'autre part chez des patients
recevant une thérapeutique myélosuppressive suivie de greffe
de moelle. Ces indications thérapeutiques sont donc extrêmement
larges et s'adressent à l'ensemble des protocoles de chimiothérapie
conventionnelle, ce qui n'a pas de fondement sur les plans clinique et
économique [3, 4]. L'objectif des SOR est de préciser, sur
des données bibliographiques, les situations cliniques dans lesquelles
l'administration de FCH est justifiée. C'est pourquoi nous avons
vérifié la conformité des prescriptions de FCH avec
les recommandations émises dans les SOR [5], et non par rapport
à l'AMM. Cette conformité a été déterminée
en fonction de deux critères majeurs : d'une part, la localisation
tumorale pour laquelle le patient était traité et d'autre
part l'indication de la prescription. Les FCH ont été administrés
pour maintenir la dose-intensité de protocoles de chimiothérapie
administrés à des patients porteurs de tumeurs des voies
aérodigestives supérieures, de cancers pulmonaires ou de
tumeurs gynécologiques autres que le cancer de l'ovaire. Ces prescriptions
ont été considérées comme non conformes aux
SOR car elles concernent des tumeurs pour lesquelles soit le concept de
dose-intensité n'a pas été validé, soit il
est contestable. Cela représente 92 fiches de prescription, soit
12,2 %. Les autres prescriptions ont été analysées
en fonction de l'indication médicale. Il est maintenant établi
que le bénéfice de l'administration de FCH en prophylaxie
primaire n'est démontré que pour des protocoles de chimiothérapie
connus pour induire plus de 40 % de neutropénie fébrile
[8, 10, 12, 36, 37] ; c'est le cas des protocoles suivants : ACVBP [46]
dans les LMNH, FFE [37] et FEC100 [46] dans le cancer du sein ou encore
protocole MAID [46] dans les sarcomes des tissus mous. Des protocoles
de chimiothérapie, tels que le DHAP [46], le FAC [46], le FEC50
[46], le topotécan [46] en monochimiothérapie ou encore
le méthotrexate administré à fortes doses, ne répondent
pas à de tels critères et la prescription de FCH dans ces
conditions est donc non conforme.
Bien que l'utilisation de FCH dans le traitement en prophylaxie secondaire
repose plus sur une utilisation consensuelle que sur des études
prospectives randomisées [8], ces indications représentent
un quart des prescriptions réalisées dans les CLCC. Les
recommandations des SOR [5] stipulent que cette administration n'est justifiée
que si le patient ne présente pas d'autres toxicités limitantes
(par exemple thrombopénie) et si une réduction de la dose-intensité
de la chimiothérapie semble préjudiciable au patient. Nous
avons donc considéré comme non conformes les prescriptions
en situation palliative dans lesquelles des concessions posologiques doivent
être privilégiées et les prescriptions pour des localisations
tumorales dans lesquelles l'intérêt du respect de la dose-intensité
n'est pas démontré [38, 39]. Une autre indication très
controversée est le traitement curatif de la neutropénie
fébrile induite par la chimiothérapie. Aucune réduction
de la mortalité infectieuse et la durée de la fièvre
n'a pu être mise en évidence dans les différents essais
publiés [40-44]. D'après les SOR, seuls pourraient être
redevables d'une telle prescription les patients présentant des
signes de gravité, dans la mesure où 2 essais sur 5 montrent
une réduction de la durée de la neutropénie sous
FCH ; pour autant, cette réduction n'est que de 3 jours contre
4 dans l'essai principal [40] ; la conformité aux SOR a donc été
jugée avec rigueur, sans tenir compte des particularités
individuelles des patients, ce qui explique pourquoi nous avons considéré
toutes les prescriptions en curatif comme non conformes.
Un quart des prescriptions de FCH ont été réalisées
dans le cadre d'intensifications thérapeutiques, dont la plupart
concernent soit des essais thérapeutiques : cancer du sein dans
le cadre du protocole Pegase [45], cancer de l'ovaire, soit des localisations
pour lesquelles le concept d'intensification de dose avec réanimation
hématologique a été validé (lymphomes en rechute
chimiosensible, tumeurs germinales de mauvais pronostic). Parmi ces prescriptions,
89 cycles de FCH ont été réalisés pour mobiliser
les CSSP, ce qui représente l'intérêt majeur de ces
médicaments ; cette technique supplante largement à l'heure
actuelle les greffes de moelle osseuse autologue de par sa facilité
de prélèvement, sa richesse en progéniteurs hématopoïétiques,
une hospitalisation écourtée en unité stérile
[5].
En conclusion, notre étude fait apparaître un taux de conformité
de l'ordre de 66 %. Ce taux est un taux plancher car notre interprétation
des SOR a été très rigoureuse : non-conformité
systématique des traitements curatifs, exclusion de certaines localisations
tumorales comme le cancer du poumon. Cette étude, réalisée
prospectivement sur les deux premiers mois de l'année 1997, permet
d'obtenir un instantané de la prescription de FCH dans les CLCC
français. La diminution de la consommation observée depuis
1995 dans les centres anticancéreux français montre que
la réflexion engagée dans ce type d'institutions à
partir des SOR a eu une influence directe sur la consommation. Confirmant
les résultats obtenus dans des études américaines
[47], le pourcentage de 66 % de prescriptions conformes aux recommandations
obtenu dans cette étude montre que les consommations n'ont pas
encore atteint un plateau et peuvent encore diminuer dans les hôpitaux
soucieux de respecter les recommandations nationales et internationales
sans pour autant obérer le pronostic des patients traités
par chimiothérapie myélosuppressive.
Matériels et méthodes
Il s'agit d'une étude prospective multicentrique ; ont été
pris en compte tous les patients traités par FCH dans 19 centres
anticancéreux français en janvier et février 1997,
soit 755 fiches de prescription. Les pharmaciens de chaque centre ont
colligé les informations suivantes : localisation tumorale, protocole
de chimiothérapie, indications des FCH (prophylaxie primaire ou
secondaire, traitement curatif, mobilisation de CSSP, réinjection
de CSSP, greffe autologue, FCH préchimiothérapie même
si cette indication n'est pas définie dans les SOR), durée
du traitement.
Dans un souci de totale objectivité, les médecins prescripteurs
n'ont pas été informés du déroulement de cette
étude. L'analyse des données a consisté à
estimer la durée moyenne de traitement et le pourcentage de patients
ayant reçu des FCH par rapport au nombre total de patients traités
par chimiothérapie sur la même période dans les 19
centres anticancéreux. Les prescriptions de FCH ont été
regroupées par localisation tumorale primitive, puis par protocole
de chimiothérapie. Dans une seconde partie analytique, nous avons
vérifié la conformité des prescriptions par rapport
aux recommandations de la FNCLCC. Cette conformité aux SOR [5]
a été évaluée selon deux critères majeurs
: d'une part la localisation tumorale primitive traitée et le caractère
curatif de la chimiothérapie mise en uvre, d'autre part l'indication
de la prescription. Le caractère curatif ou palliatif de la chimiothérapie
a été déterminé rétrospectivement en
accord avec le médecin prescripteur.
Finalement, les dépenses relatives aux FCH dans les 19 centres
anticancéreux concernés ont été évaluées
sur les quatre dernières années. La comparaison des dépenses
au cours du temps a été réalisée en tenant
compte de l'évolution des prix unitaires de ces médicaments.
REFERENCES
1. Lord B, Bronchud MH, Owens S, Howell CA, Souza L, Dexter TM.
The kinetics of human granulopoiesis following treatment with granulocyte
colony-stimulating factor in vivo. Proc Natl Acad Sci 1989 ; 86
: 9499-503.
2. Simmers RN, Webber LM, Shannon MF, Garson OM, Wong G, Mathew
AV, et al. Localization of the G-CSF gene on chromosome 17 proximal
to the breakpoint in the t(15;17) in acute promyelocytic leukemia. Blood
1987 ; 70 : 330-2.
3. Autorisation de mise sur le marché n° 557 295-9.
JO du 14 janvier 1994.
4. Autorisation de mise sur le marché n° 558 139-0.
JO du 15 juin 1998.
5. Blay JY, Fervers B, Latour JF, Philip T. Standards, options
et recommandations pour l'utilisation des facteurs de croissance hématopoïétiques
en cancérologie. Bull Cancer 1995 ; 82 : 487s-508s.
6. Recommendations for the use of hematopoietic colony-stimulating
factors : evidence-based clinical practice guidelines. J Clin Oncol
1994 ; 12 : 2471-508.
7. Updates of recommendations for the use of hematopoietic colony-stimulating
factors : evidence-based clinical practice guidelines. J Clin Oncol
1996 ; 14 : 1957-60.
8. Crawford J, Ozer H, Stoller R, Johnson D, Lyman G, Tabbara
I, et al. Granulocyte colony-stimulating factor of fever and neutropenia
induced by chemotherapy in patients with small cell lung cancer. N
Engl J Med 1991 ; 325 : 164-70.
9. Kaplan LD, Kahn JO, Crowe S, Northfelt D, Neville P, Grossberg
H, et al. Clinical and virologic effects on recombinant human granulocyte-macrophage
colony stimulating factor in patients receiving chemotherapy for human
immunodeficiency virus-associated non-Hodgkin's lymphome : results of
a randomized trial. J Clin Oncol 1991 ; 9 : 929-40.
10. Pettengell R, Gumey H, Radford JA, Deakin DP, James R, Wilkinson
PM, et al. Granulocyte colony-stimulating factor to prevent dose-limiting
neutropenia in non-Hodgkin's lymphoma : a randomized controlled trial.
Blood 1992 ; 80 : 1430-6.
11. Gerhartz HH, Engelhard M, Meusers P, Brittinger G, Wilmanns
W, Schlimok G, et al. A randomized double blind, placebo controlled,
phase III study of recombinant human granulocyte macrophage colony stimulating
factor as adjunct to induction treatment of high-grade malignant non-Hodgkin's
lymphomas. Blood 1993 ; 82 : 2329-39.
12. Trillet-Lenoir V, Green J, Manegold C, Von Pawel J, Gatzemeier
U, Lebeau B, et al. Recombinant granulocyte colony stimulating
factor reduces the infectious complications of cytotoxic chemotherapy.
Eur J Cancer 1993 ; 29A : 319-24.
13. Hamm J, Schiller JH, Cuffie C, Oken M, Fisher RI, Shepherd
F, et al. Dose ranging study of recombinant human granulocyte macrophage
colony stimulating factor in small cell lung cancer carcinoma. J Clin
Oncol 1994 ; 12 : 2667-76.
14. Meropol NJ, Miller L, Korn E, Braitman LE, Macdermott M,
Schuchter LM. Severe myelosuppression resulting from concurrent administration
of granulocyte colony stimulating factor and cytotoxic chemotherapy. J
Natl Cancer Inst 1992 ; 84 : 1201-3.
15. Neidhart JA, Mangalik A, Stidley CA, Tebich S, Sarmiento
LE, Pfile JE, et al. Dosing regimen of granulocyte macrophage colony
stimulating factor to support dose-intensive chemotherapy. J Clin Oncol
1992 ; 10 : 1460-9.
16. Rowinsky E, Sartorius S, Grochow L, Forastiere A, Lubebjko
B, Hurowitz L, et al. Phase I and pharmacologic study of topotecan,
an inhibitor of topoisomerase I, with granulocyte colony stimulating factor
: toxicologic differences between concurrent post-treatment G-CSF administration.
Proc Am Soc Clin Oncol 1992 ; 11 : 116.
17. Fukuda M, Nakano M, Kinoshita A, Watanabe K, Itoh N, Sakamoto
A, et al. Optimal timing of G-CSF administration in patients receiving
chemotherapy for non small cell lung cancer. Proc Am Soc Clin Oncol
1993 ; 12 : 447.
18. Schaffer DW, Smith LS, Burris HA, Clark GM, Eckard JR, Fields
SM, et al. A randomized phase I trial of chronic oral etoposide
with or without granulocyte colony stimulating factor in patients with
advanced malignancies. Cancer Res 1993 ; 53 : 5929-33.
19. Toner G, Woollet A, Laidlaw C, Millward M, Rishin D, Wolf
M, et al. Low versus standard dose G-CSF prophylaxis after
chemotherapy : a randomized, crossover comparison. Proc Am Soc Clin
Oncol 1994 ; 13 : 429.
20. Crawford J, Jreisman H, Garewal H, Jones SE, Shoemaker D,
Pupa MR, et al. The impact of filgrastim schedule variation on
hematopoietic recovery post-chemotherapy. Ann Oncol 1997 ; 9 :
1117-24.
21. Higa G, Devore R. Optimizing the use of G-CSF based on the
post-chemotherapy absolute neutrophil count. Proc Am Soc Clin Oncol
1994 ; 20 : 428.
22. Meisenberg BR, Davis TA, Melaragno AJ, Stead R, Monroy RL.
A comparison of therapeutic schedules for administering granulocyte colony-stimulating
factor to nonhuman primates after high-dose chemotherapy. Blood
1992 ; 79 : 2267-72.
23. Morstyn G, Campbell L, Lieschke G, Layton JE, Maher D, O'Connor,
et al. Treatment of chemotherapy-induced neutropenia by subcutaneously
administered granulocyte colony-stimulating factor with optimization of
dose and duration of therapy. J Clin Oncol 1989 ; 7 : 1554-62.
24. Soda H, Oka M, Fukuda M, Kinoshita A, Sakamoto A, Araki J,
et al. Optimal schedule for administering granulocyte colony-stimulating
factor in chemotherapy-induced neutropenia in non small-cell lung cancer.
Cancer Chemother Pharmacol 1996 ; 38 : 9-12.
25. Tafuto S, Abate G, D'andrea P, Silvestri I, Marcolin P, Volta
C, et al. A comparison of two GM-CSF schedules to counteract the
granulo-monocytopenia of carboplatin-etoposide chemotherapy. Eur J
Cancer 1995 ; 31A : 46-9.
26. Higa GM, Pharm D, Russel F, De Vore MD, Miklos L, Auber MD,
et al. Biological and clinical correlates after chemotherapy and
G-CSF administration. Pharmacother 1998 ; 18 : 1-8.
27. Carde P, Mackintosh FR, Rosemberg SA. A dose and time response
analysis of the treatment of Hodgkin's disease with MOPP chemotherapy.
J Clin Oncol 1983 ; 1 : 146-153.
28. Henderson IC, Hayes DF, Gelman R. Dose-response in the treatment
of breast cancer : a critical review. J Clin Oncol 1988 ; 6 : 1501-15.
29. Hryniuk WM, Bush H. The importance of dose-intensity in chemotherapy
of metastatic breast cancer. J Clin Oncol 1984 ; 2 : 1281-8.
30. Hryniuk WM. The importance of dose-intensity in the outcome
of chemotherapy. In : Imp Adv Oncol. De Vita VT, Hellman S, Rosenberg
SA. 1990 ; Philadelphia PA, Lippincott, 1988 : 121-41.
31. Hryniuk WM, Levine MN. Analysis of dose-intensity in chemotherapy
of metastatic breast cancer. J Clin Oncol 1986 ; 4 : 1162-70.
32. Kaye SB, Lewis CR, Paul J, Cassidy J, Lewis CR, Duncan ID,
et al. Mature results of a randomized trial of two doses of cisplatin
for the treatment of ovarian cancer. J Clin Oncol 1996 ; 14 : 2113-6.
33. Samson MK, Rivkin SE, Jones SE, Costanzi JJ, Lobuglio AF,
Stephens RL, et al. Dose-response and dose-survival advantage for
high versus low-dose cisplatin combined with vinblastine and bleomycin
in disseminated testicular cancer. A Southwest Oncology Group study.
Cancer 1984 ; 53 : 1029-35.
34. Chevreau C, Roché H, Chatelut E, Suc E, Grégoire
N, Rishman P, et al. Phase I and phase II studies of carboplatin
(CBDCA)-methotrexate (MTX)-Velbe (VLB) with support of G-CSF and AUC dosing
of CBDCA in patients suffering from advanced urothelial carcinoma. Proc
Am Soc Clin Oncol 1998 ; 17 : 328.
35. Bui N, Demaille MC, Chevreau C, Blay JY, Cupissol D, Rios
M, et al. qMAID vs MAID + 25 % with G-CSF in adults with
advanced soft tissue sarcoma(STS). First results of a randomized study
of the FNCLCC sarcoma group. Proc Am Soc Clin Oncol 1998 ; 17 :
517.
36. Bui BN, Chevallier B, Chevreau C, Krawski I, Peny AM, Thyss
A, et al. Efficacy of lenograstim on hematologic tolerance to MAID
chemotherapy in patients with advanced soft tissue sarcoma and consequences
on treatment dose-intensity. J Clin Oncol 1995 ; 13 : 2629-36.
37. Chevallier B, Chollet P, Merrouche Y, Roche H, Fumoleau P,
Kerbrat P, et al. Lenograstim prevents morbidity from intensive
induction chemotherapy in the treatment of inflammatory breast cancer.
J Clin Oncol 1997 ; 15 : 1564-71.
38. Klasa RJ, Murray N, Coldman AJ. Dose-intensity meta-analysis
of chemotherapy regimens in small-cell carcinoma of the lung. J Clin
Oncol 1991 ; 9 : 499-508.
39. Savarese DMF, Hsieh CC, Stewart FM. Clinical impact of chemotherapy
dose escalation in patients with hematologic malignancies and solid tumors.
J Clin Oncol 1997 ; 15 : 2981-95.
40. Maher D, Lieschke GJ, Bishop J. Filgrastim in patients with
chemotherapy-induced febrile neutropenia. A double-blind, placebo-controlled
trial. Ann Intern Med 1994 ; 121 : 492-501.
41. Biesma B, De Vries EG, Willemse PH, Sluiter WJ, Postmus PE,
Limburg PC, et al. Efficacy and tolerability of recombinant human
granulocyte-macrophage colony-stimulating factor in patients with chemotherapy-related
leukopenia and fever. Eur J Cancer 1990 ; 26 : 932-6.
42. Rikonen P, Saarinen UM, Makipernaa A, Hovi L, Komulainen
A, Pihkala J, et al. Recombinant human granulocyte-macrophage colony-stimulating
factor in the treatment of febrile neutropenia : a double-blind placebo-controlled
study in children. Pediatr Infect Dis 1994 ; 13 : 197-202.
43. Anaissie EJ, Vartivarian S, Bodey GP, Legrand C, Kantarjian
H, Abi Said D, et al. Randomized comparison between antibiotics
alone and antibiotics plus granulocyte-macrophage colony-stimulating factors.
Am J Med 1996 ; 100 : 17-23.
44. Mayodormo JI, Rivera F, Diaz Puente MT, Lianes P, Colomer
R, Lopez Brea M, et al. Improving treatment of chemotherapy-induced
neutropenic fever by administration of colony-stimulating factor. J
Natl Cancer Inst 1995 ; 87 : 803-8.
45. Gisselbrecht C, Viens P, Lotz JP, Biron P, Asselain B, Maraninchi
D, et al. « Pegase » program for evaluation of autologous
stem cell transplantation in breast cancer. Bone Marrow Transplant
1996 ; 18 : S21-3.
46. Cytotoxiques : utilisation pratique. Dossier du CNIMH
1998 ; XIX : 2-3.
47. Somerfield MR, Feinglass J, Smith TJ. Decrease in misuse/overuse
of hematopoietic colony stimulating factors (CSFs) for solid tumors and
lymphomas : results from ASCO surveys related to the 1994 and 1996 CSF
guidelines. Proc Am Soc Clin Oncol 1998 ; 17 : 421.
|