Accueil > Revues > Médecine > Bulletin du cancer > Texte intégral de l'article
 
      Recherche avancée    Panier    English version 
 
Nouveautés
Catalogue/Recherche
Collections
Toutes les revues
Médecine
Bulletin du Cancer
- Numéro en cours
- Archives
- S'abonner
- Commander un       numéro
- Plus d'infos
Biologie et recherche
Santé publique
Agronomie et Biotech.
Mon compte
Mot de passe oublié ?
Activer mon compte
S'abonner
Licences IP
- Mode d'emploi
- Demande de devis
- Contrat de licence
Commander un numéro
Articles à la carte
Newsletters
Publier chez JLE
Revues
Ouvrages
Espace annonceurs
Droits étrangers
Diffuseurs



 

Texte intégral de l'article
 
  Version imprimable

Analyse de l'offre de chirurgie cancérologique en France


Bulletin du Cancer. Volume 89, 28-32, Numéro spécial, Février 2002, Le Livre blanc de la chirurgie cancérologique


Résumé  

Auteur(s) : Jacques Dauplat, François Guillemin, Gérard Depadt, Laurent Borella, Centre Jean-Perrin, 58, rue de Montalembert, 63011 Clermont-Ferrand.

Résumé : Volume global de la chirurgie du cancer en France en milieu hospitalier : Il est possible, sur la base du PMSI 1997 et selon une méthodologie développée au sein des centres régionaux de lutte contre le cancer, de mettre en évidence de façon très globale le poids de la prise en charge chirurgicale des cancers parmi les autres approches thérapeutiques [4]. L'étude de tous les séjours hospitaliers de l'année 1997 consacrés au cancer au sein des structures publiques et parapubliques (hors privé1) montre que 172 700 séjours ont comporté une intervention chirurgicale, le plus souvent (99 %) réalisée en hospitalisation complète (tableau XIII). En termes d'activité, cela représente 31 % des points ISA consacrés au cancer, soit près du tiers de l'activité, et 56 % si l'on ne tient pas compte des séjours sans acte thérapeutique. Cela est vrai quel que soit l'âge du patient, avec une légère baisse pour les classes d'âge 1-5 ans et 6-15 ans, où l'incidence relative des leucémies est plus élevée que pour les autres classes d'âge (figure 1). Si l'on analyse les localisations cancéreuses (figure 2), on montre bien que, hors les leucémies et maladies de Hodgkin, la chirurgie est dans tous les cas une technique thérapeutique très importante en volume de points ISA.

Illustrations

ARTICLE

Volume global de la chirurgie du cancer en France en milieu hospitalier

Il est possible, sur la base du PMSI 1997 et selon une méthodologie développée au sein des centres régionaux de lutte contre le cancer, de mettre en évidence de façon très globale le poids de la prise en charge chirurgicale des cancers parmi les autres approches thérapeutiques [4]. L'étude de tous les séjours hospitaliers de l'année 1997 consacrés au cancer au sein des structures publiques et parapubliques (hors privé1) montre que 172 700 séjours ont comporté une intervention chirurgicale, le plus souvent (99 %) réalisée en hospitalisation complète (tableau XIII). En termes d'activité, cela représente 31 % des points ISA consacrés au cancer, soit près du tiers de l'activité, et 56 % si l'on ne tient pas compte des séjours sans acte thérapeutique. Cela est vrai quel que soit l'âge du patient, avec une légère baisse pour les classes d'âge 1-5 ans et 6-15 ans, où l'incidence relative des leucémies est plus élevée que pour les autres classes d'âge (figure 1).

Si l'on analyse les localisations cancéreuses (figure 2), on montre bien que, hors les leucémies et maladies de Hodgkin, la chirurgie est dans tous les cas une technique thérapeutique très importante en volume de points ISA.

Positionnement respectif des différentes structures

Dans un premier temps, nous analysons les seules structures publiques et PSPH pour lesquelles nous avons pu disposer de données quantitatives fiables (tableau XIV).

Toutes les structures hospitalières publiques et PSPH prennent en charge le cancer, mais certaines plus que d'autres. C'est le cas des CRLCC, dont la prise en charge du cancer représente 94,5 % du total de leur activité, contre 16 % pour les CHU, 11,5 % pour les CHG et 16,5 % pour les autres PSPH.

Actuellement en France, le cancer représente 16 % de l'activité hospitalière du secteur public et PSPH, soit 29 milliards de francs. Sur ce secteur, les centres prennent en charge 29 % des séjours et des séances [4].

Concernant la part des dépenses d'Assurance-Maladie consacrée au cancer, les CRLCC représentent 16,3 % de cette part, les CHG 37 %, les CHU 38 % et les autres PSPH 8 %.

Afin de gommer l'effet de taille existant entre les différentes structures concernant la prise en charge selon les localisations cancéreuses, l'activité chirurgicale des différentes structures a été ramenée en base 100. La figure 3 permet d'apprécier, au sein de chaque structure, l'importance de la prise en charge des différentes localisations. Les CHU et CHG ont une activité chirurgicale principalement consacrée à la prise en charge des cancers touchant les voies aéro-digestives supérieures, le digestif, la gynécologie et l'urologie. Les CRLCC ont une activité chirurgicale importante sur les VADS, l'appareil digestif, le sein et les métastases.

Un essai d'analyse qualitative du positionnement des structures publiques et privées a ensuite été tenté, sur la base de la notoriété perçue des équipes de chirurgiens.

Nous avons, dans le cadre d'une enquête spécifique auprès des chirurgiens des centres, tenté d'analyser le positionnement respectif - en moyenne - des CRLCC, CHU et du privé sur les principales localisations chirurgicales (tableau XV). Le critère utilisé est celui du nombre et de la notoriété des équipes chirurgicales en matière de chirurgie du cancer, abstraction faite de toute notion de concertation pluridisciplinaire, dont nous soulignons le caractère essentiel ailleurs dans le document.

Cette analyse met clairement en évidence le caractère très orienté des CRLCC vers la chirurgie la plus spécifiquement cancérologique : sein, gynécologie, sarcomes, chirurgie réparatrice, pour laquelle ils apparaissent en leaders. Sur les autres localisations, les CHU apparaissent comme des leaders sur des domaines difficiles comme la chirurgie du thorax et la chirurgie pédiatrique, ainsi que sur plusieurs localisations pour lesquelles la chirurgie non cancérologique est très importante : orthopédie, ORL, digestif. Le secteur privé apparaît relativement bien positionné pour une majorité de localisations, ce qui traduit son orientation traditionnelle sur la chirurgie.

Qualité, efficacité, productivité

Sur cette partie de l'analyse, il n'a pas été possible d'intégrer les établissements privés à but lucratif, pour lesquels nous ne disposons pas, pour l'année 1996 analysée, de données fiables.

Durées de séjour et recours à la chirurgie ambulatoire

Il est à noter que la chirurgie cancérologique est majoritairement une chirurgie programmée.

La durée de séjour des opérations de chirurgie cancérologique diffère en général nettement des durées de séjour chirurgicales, toutes pathologies confondues. Nous avons donc réduit l'analyse, sur la base du PMSI 1997, aux seuls séjours pour la chirurgie cancérologique. Dans cette analyse, les durées moyennes de séjour observées pour la chirurgie du cancer varient de 9,5 à 13,7 jours, selon le type de structure, ce qui apparaît nettement supérieur aux durées de séjour chirurgicales toutes pathologies confondues qui sont comprises entre 5 et 7 jours. Ce point doit être approfondi puisqu'il découle directement de la spécificité de la chirurgie cancérologique.

- La chirurgie cancérologique est toujours une chirurgie relativement sévère, pour laquelle la préparation et le suivi du patient sont très importants. De plus, il est fréquent qu'un traitement adjuvant soit associé au geste chirurgical.

- Les structures référentes régionales en matière de cancer (CHU, CRLCC) sont amenées à prendre en charge des patients dans un état cancéreux avancé. Pour ces malades, il faut souvent recourir à une chirurgie très lourde (opération pluri-organe, recours aux traitements adjuvants, chirurgie reconstructrice, etc.).

Si l'on étudie le taux de recours à la chirurgie ambulatoire, il apparaît que ce type de prise en charge est encore très peu envisagé dans le cas du cancer (figure 4). Cependant, ce type de chirurgie va être amené à se développer avec l'apparition de techniques et de dispositifs permettant des interventions moins invasives.

Efficience du personnel et du matériel

Le tableau XVI met en évidence une rupture nette entre, d'un côté, les CH et CHU et, de l'autre, les CRLCC et autres PSPH (analyse des établissements privés non disponible). Il apparaît clairement que les CRLCC ont une productivité par chirurgien, avec 40 000 K, supérieure à celle des CH (30 500 K) et des CHU (35 000 K). Ils sont devancés par les autres PSPH, à 50 800 K par chirurgien. Cependant, cette efficience est sans doute sous-évaluée de par le principe de valorisation des actes à partir des K chirurgicaux qui, dans le cas de la cancérologie, sont mal adaptés à l'étude de la lourdeur de prise en charge.

Si l'on exploite l'indicateur ISA, a priori plus fiable, cet écart de performance se confirme et va même en se creusant, puisque les CRLCC affichent alors une productivité de 50 % supérieure à celle des CHU ou CHU, et quasiment équivalente à celle des autres PSPH.

L'analyse peut être poursuivie au regard des équipements autorisés : lits et places de chirurgie ambulatoire. À nouveau, les ratios obtenus (tableau XVI) confirment la bonne productivité des CRLCC avec 61 000 ISA par lit et place, contre 57 000 pour les CHU et 43 600 pour les CH. Cela, malgré une dotation médicale nettement plus faible, au regard les lits installés (0,09 contre 0,11 et 0,15). L'analyse en K, dont on a dit les limites, positionne en premier les CHU, avec 5 415 K/lit et place, devant les CRLCC avec 3 755, et les CH avec 3 413.

Au vu de ces résultats, il est possible d'affirmer que les structures de chirurgie spécialisées en cancérologie, souvent de taille modeste, font partie des plus efficientes pour la chirurgie financée par le budget global. De plus, ces structures réalisent de la chirurgie spécifique et difficile, comme on l'a mis en évidence. Cela démontre qu'il n'y a pas d'effet taille dans la productivité des plateaux de chirurgie et que, en particulier, au-delà d'un seuil minimal, la recherche d'économies de fonctionnement ne peut être fondée sur des facteurs d'échelle. Les analyses tendraient plutôt à prouver que les grands plateaux techniques sont générateurs de coûts supplémentaires pour l'assurance maladie (analyse en ISA).

Cette analyse démontre également que l'approche multidisciplinaire qui est réalisée dans les hôpitaux dédiés au cancer n'est pas génératrice de coûts supplémentaires par rapport à l'approche par organe. Ce dernier point met en évidence, si cela était nécessaire, que la recherche d'une rationalisation de l'offre chirurgicale doit être fondée non sur une logique de regroupement de plateaux techniques, puisqu'il n'y a pas là d'enjeu, mais bien sur une recherche des meilleures complémentarités entre chirurgie d'organe et chirurgie cancérologique, comme cela sera proposé au chapitre suivant.

Recherche et enseignement

Recherche

Nous n'avons pas la connaissance globale de l'activité de recherche en chirurgie cancérologique, mais il est possible d'estimer cette activité au travers d'une enquête annuelle réalisée par le ministère de la Recherche sur les essais cliniques en France. Le tableau XVII met en évidence le rôle joué par les hôpitaux universitaires (CHU et CLCC), dont la recherche est l'une des missions. On ne doit pas ici oublier, en revanche, que de très nombreuses autres structures participent à la recherche clinique, au travers de l'inclusion de patients dans des protocoles promus par l'industrie ou les hôpitaux universitaires.

Enseignement

De même que pour la recherche clinique, il est bien évident que l'enseignement et la formation à la chirurgie du cancer des jeunes médecins sont principalement réalisés, quoique de façon non exclusive, au sein des structures dont c'est la mission, les CHU et CRLCC.

Il est cependant intéressant de noter, comme cela a pu être montré au travers d'une enquête auprès des CRLCC (figure 5), que les internes s'orientent vers des stages de chirurgie cancérologique au sein de structures multidisciplinaires comme les CRLCC plutôt en fin d'internat. Cela tend à montrer que des chirurgiens dont la formation de spécialité est principalement réalisée en CHU souhaitent intégrer, en fin de cursus, des structures dédiées à la cancérologie, qu'ils considèrent comme valorisantes dans leur parcours d'interne. Cela confirme, dans le cas du cancer, l'importance et l'utilité d'une formation complémentaire entre discipline d'organe chirurgicale réalisée en CHU et approche plus transversale de la chirurgie cancérologique plutôt réalisée dans les CRLCC.

1 Les données PMSI relatives au secteur hospitalier privé ne sont pas disponibles en 1997 avec un niveau de fiabilité correct.


 

Qui sommes-nous ? - Contactez-nous - Conditions d'utilisation - Paiement sécurisé
Actualités - Les congrès
Copyright © 2007 John Libbey Eurotext - Tous droits réservés
[ Informations légales - Powered by Dolomède ]