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Traitement premier des métastases cérébrales par irradiation en conditions stéréotaxiques


Bulletin du Cancer. Volume 86, Numéro 7-8, 666-72, Numéro double 7 - 8, Juillet - Août 1999, Articles originaux


Résumé   Summary  

Auteur(s) : Loïc Feuvret, Isabelle Germain, Philippe Cornu, Gilbert Boisserie, Georges Noël, Claude Hardiman, Bernadette Tep, Dominique Hasboun, Thierry Faillot, Hugues Duffau, Charles Valery, Jean-Yves Delattre, Muriel Poisson, Claude Marsault, Jacques Philippon, Denis Fohanno, François Baillet, Jean-Jacques Mazeron, Service de radiothérapie, Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, 47-83, bd de l’Hôpital, 75651 Paris Cedex 13..

Résumé : L’objectif de l’étude est d’analyser rétrospectivement les résultats et les facteurs pronostiques du contrôle local et de la survie après radiochirurgie de première intention pour métastases cérébrales. De janvier 1994 à décembre 1997, 26 patients atteints de 43 métastases ont été traités de première intention par radiochirurgie. L’âge médian était de 61 ans et l’index médian de Karnofsky de 70. Douze patients avaient un cancer bronchique primitif, 7 un cancer rénal, 2 un cancer mammaire, 1 un cancer colique, 2 un mélanome malin, 1 un ostéosarcome et 1 un adénocarcinome sans primitif. Sept patients avaient des métastases en dehors de l’encéphale au moment du traitement. Vingt et une séances de radiochirurgie ont été réalisées pour une métastase, 9 séances pour 2, 3 et 4 métastases. Le diamètre médian était de 21 mm et le volume médian de 1,8 cm3. La dose médiane périphérique était de 14 Gy et celle à l’isocentre de 20 Gy. La réponse de 42 métastases (sur 43) à l’irradiation était évaluable. Le taux brut de contrôles locaux était de 90,5 % et les taux actuariels de 85 % à 1 an et de 75 % à 2 et 3 ans. Une analyse unifactorielle a montré que le seul facteur pronostique d’un meilleur contrôle était une radiorésistance théorique à une irradiation classique (100 % versus 77 %, p < 0,05). Tous les patients étaient évaluables pour la survie. La médiane de survie était de 15 mois. Aucun facteur pronostique de la survie n’a été mis en évidence. Quatre patients ont eu un œdème symptomatique (de grade II selon le RTOG) d’évolution favorable sous corticoïdes. Deux patients ont été opérés pour une évolution tumorale clinique et radiologique. La radiochirurgie à faible dose (14 Gy sur l’isodose de référence) peut être proposée de première intention pour des métastases cérébrales et en particulier pour des lésions dites radiorésistantes.

Mots-clés : radiochirurgie, métastases cérébrales.

ARTICLE

Le traitement de référence des métastases cérébrales est actuellement l'exérèse neurochirurgicale de la lésion suivie d'une irradiation encéphalique totale [1, 2]. Mais seuls 20 à 40 % des patients peuvent en fait être traités de cette façon [1, 3]. L'irradiation encéphalique totale seule ne permet d'obtenir qu'une survie médiane de 3 à 6 mois avec cependant une amélioration fonctionnelle dans la plupart des cas [4].
La radiothérapie en conditions stéréotaxiques constitue une alternative thérapeutique à la chirurgie [5]. Il s'agit par définition d'une irradiation non invasive non fractionnée, à forte dose, d'un petit volume bien circonscrit repéré en conditions stéréotaxiques. Un certain nombre de facteurs pronostiques du contrôle local et de la survie ont été mis en évidence dans la littérature [6]. En particulier, il est apparu que les métastases irradiées de première intention en conditions stéréotaxiques étaient mieux contrôlées que celles irradiées à l'occasion de la récidive [7-9]. Lors de l'analyse des 42 premiers patients traités à la Pitié-Salpêtrière, nous avons de même constaté un meilleur contrôle local dans le groupe des patients traités par radiochirurgie de première intention [10]. Dans cet article, nous avons analysé pour le sous-groupe des patients traités de première intention l'influence de facteurs cliniques et techniques sur le contrôle local et la survie ainsi que la place de l'irradiation encéphalique totale associée.

Résultats

Quarante-deux métastases étaient évaluables pour le contrôle local, soit 97,5 % des lésions traitées. Une seule lésion n'était pas évaluable pour la réponse en raison de l'absence d'imagerie. Le suivi radiologique médian était de 6 mois (extrêmes 1-36). Le taux brut de contrôles locaux était de 90,5 % (38 sur 42 évaluables) avec 4 progressions, 9 réponses complètes, 11 réponses partielles et 18 lésions stabilisées. Le taux de contrôles locaux actuariel était de 85 % à 1 an, de 75 % à 2 et 3 ans (figure 1). Le délai entre la radiochirurgie et la progression tumorale était de 6, 7, 8 et 16 mois pour les lésions évolutives. Seize patients ont eu une évolution tumorale intracérébrale (6 pour de nouvelles métastases parenchymateuses, 2 pour progression de lésions traitées, 3 pour méningite, 3 pour méningite et nouvelles métastases, 2 pour progression des lésions traitées, nouvelles métastases et méningite). Le taux brut de contrôles encéphaliques était de 38 %.
L'analyse unifactorielle des facteurs pronostiques de contrôle local a reposé sur les éléments suivants : tumeur sensible ou résistante à la radiothérapie classique, diamètre (< 3 cm), volume (¾ 1,8 cc), localisations sus- ou sous-tentorielles, dose périphérique (¾ 14 Gy), dose moyenne (¾ 18 Gy), irradiation encéphalique totale associée ou non. Le seul facteur pronostique du contrôle local était le type histologique avec 100 % de contrôle à 1 an pour les lésions dites résistantes et 77 % pour les lésions dites sensibles (p < 0,05) (figure 2). L'association d'une irradiation encéphalique totale n'a pas permis d'améliorer significativement le contrôle local.
La durée de surveillance médiane après la radiochirurgie était de 11 mois (extrêmes 2-38). La médiane de survie était de 15 mois (figure 3). Au moment de l'analyse, 19 patients étaient décédés : de cause neurologique tumorale (5), de cause tumorale non neurologique (7), de cause tumorale neurologique et non neurologique (3), de cause non tumorale (1) et de cause non précisée (3).
L'analyse unifactorielle des facteurs pronostiques de la survie a reposé sur les facteurs suivants : âge (> 60 ans), index de Karnofsky (> 70), sexe, intervalle libre entre le premier événement tumoral et la radiochirurgie (> 10 mois), tumeur sensible ou résistante à la radiothérapie classique, nombre de métastases (1 versus > 1 et 1-2 versus > 2), irradiation encéphalique totale associée ou non, évolution tumorale non neurologique. Aucun facteur pronostique de la survie n'a été mis en évidence.
L'irradiation encéphalique totale associée n'était pas un facteur pronostique du contrôle local et de la survie. Elle n'a pas permis d'améliorer le contrôle encéphalique (72 % de non-contrôle encéphalique dans le groupe irradiation encéphalique totale versus 62 % dans le groupe radiochirurgie seule), ni de diminuer les causes de décès neurologique (60 % de décès neurologique avec l'irradiation encéphalique totale et 57 % sans irradiation associée). Dans le groupe irradiation encéphalique totale associée, on observait significativement plus de carcinomes bronchiques (85 % versus 31 %, p < 0,0001).
Aucun décès lié au traitement n'a été décrit dans cette population. Quatre patients ont eu un œdème symptomatique survenu dans un délai de 1 jour, 8 jours, 1 mois et 8 mois. La symptomatologie comportait soit une épilepsie, soit une confusion, soit un déficit moteur. Les lésions étaient sus- et sous-tentorielles, d'origines rénale, colique et pulmonaire. Le diamètre médian était de 19 mm (extrêmes 12,5-30), la dose périphérique de 14,7 Gy (extrêmes 9-19). Un seul patient a eu une irradiation encéphalique totale associée. La symptomatologie a totalement régressé sous corticothérapie. Deux patients ont été opérés après la radiochirurgie pour métastase évolutive (clinique et radiologique). Le délai entre la radiochirurgie et la neurochirurgie était de 6 et de 14 mois. Les caractéristiques des 2 lésions traitées par radiochirurgie étaient les suivantes : diamètre 15,5 et 30 mm ; volume 0,54 et 6,1 cc ; dose périphérique 14 et 16 Gy ; histologie : adénocarcinome sans primitif et carcinome rénal. Aucun des 2 patients n'avait reçu d'irradiation encéphalique totale. Pour un patient, l'analyse histologique de la pièce opératoire retrouvait des cellules tumorales florides, pour l'autre, l'information n'est pas disponible. À 18 et 20 mois, les deux patients étaient vivants sans symptomatologie.

Discussion

Dans cette étude rétrospective réalisée chez 26 patients traités de première intention pour 43 métastases cérébrales, il a été retrouvé une médiane de survie de 15 mois et une probabilité de contrôle local actuarielle à 1 an de 85 %. Les taux de contrôles locaux et de survie actuariels sont identiques à ceux décrits dans la littérature indépendamment de l'indication de radiochirurgie de première intention ou de rattrapage [7, 9, 11, 12]. La notion de meilleurs résultats avec la radiochirurgie de première intention a déjà été décrite [9, 11, 13-15]. Dans la littérature, seules deux études ont analysé les résultats de la radiochirurgie des métastases cérébrales pour des patients traités exclusivement de première intention. Pour Kihlström et al. [8], avec 105 métastases traitées chez 85 patients, le taux brut de contrôles locaux était de 95 % et la médiane de survie de 7 mois. Auchter et al. [7] ont obtenu pour 122 patients un taux actuariel de contrôles locaux de 85 % à 1 an, de 77 % à 2 ans et une médiane de survie de 14 mois.
Parallèlement, les auteurs ont comparé rétrospectivement leurs résultats à ceux de deux séries neurochirurgicales [1, 2]. Dans l'ensemble de ces deux études, les caractéristiques des patients et de leurs métastases étaient strictement identiques. Il apparaissait donc que les résultats étaient identiques (médiane de survie de 56 semaines versus 40 semaines pour la chirurgie, taux de récidive des lésions traitées de 14 % versus 20 % pour la chirurgie, taux de décès neurologiques de 25 % versus 29 % pour la chirurgie). Mori et al. [16] ont décrit les mêmes résultats pour des métastases uniques de mélanome malin en l'absence d'évolution extraneurologique. En effet, ils ont rapporté une médiane de survie de 15 mois.
Dans cette situation, l'avantage de la radiochirurgie repose sur le moindre coût et la courte durée, voire l'absence d'hospitalisation [17]. La radiochirurgie constitue donc une arme thérapeutique supplémentaire, en particulier dans le cadre des métastases uniques. Certains la considèrent même comme le traitement de référence des métastases cérébrales uniques résécables [18].
Dans notre étude, en termes de facteurs pronostiques, seul le type histologique était significatif pour le contrôle local avec des taux de 100 % pour les lésions considérées comme radiorésistantes et de 67 % pour les lésions radiosensibles. De nombreux auteurs ont déjà fait ces constatations [7, 11, 19, 20]. Chez 60 patients traités par gamma-knife pour 118 métastases de mélanome malin, le taux de contrôles était de 90 % avec un suivi de 88 mois [16]. Une explication possible repose sur l'augmentation de l'efficacité lors de l'utilisation de fortes doses par fraction comme l'ont décrit Vlock et al. [21] pour des métastases de mélanomes malins. D'après Flickinger et al. [11], les métastases de mélanomes malins et de carcinomes rénaux étaient plus sensibles à la radiochirurgie que celles des cancers bronchiques non à petites cellules, des carcinomes mammaires et colorectaux. Cette constatation était retrouvée dans une analyse unifactorielle et multifactorielle (p = 0,0006). Sturm et al. [22] ont confirmé l'excellente efficacité de la radiochirurgie pour des tumeurs radiorésistantes (fibrosarcomes, carcinomes thyroïdiens et rénaux). En revanche, Shiau et al. [23] ont montré dans une analyse multifactorielle que l'intervalle libre sans progression était significativement moins long pour les mélanomes malins que pour les adénocarcinomes (p = 0,0041). Le type histologique reste cependant un élément pronostique important de la réponse tumorale après traitement par radiochirurgie.
Dans la présente étude, l'irradiation encéphalique totale associée à la radiochirurgie n'a pas permis d'améliorer soit le contrôle local, soit le contrôle encéphalique, soit la survie. Il faut noter que le nombre de patients traités par radiochirurgie et irradiation encéphalique totale était faible. Toutefois, dans le bras irradiation encéphalique totale, 6 patients sur 7 avaient un carcinome bronchique, très souvent à l'origine de métastases cérébrales. Cette répartition des tumeurs primitives est une explication possible au fait que l'irradiation encéphalique totale n'améliore pas les résultats. En effet, Muracciole et al. [24] ont montré que l'irradiation encéphalique totale permettait d'améliorer le contrôle de la maladie secondaire neurologique des carcinomes pulmonaires. Dans la littérature, la place de l'irradiation encéphalique totale est largement discutée, d'autant plus que De Angelis et al. [25] ont montré que l'irradiation encéphalique totale postopératoire améliorait la survie.
Fuller et al. [26] ont confirmé l'intérêt de l'irradiation encéphalique totale associée. Le taux de contrôles encéphaliques (contrôle des métastases connues et traitées et absence de nouvelles métastases) était de 0 % après radiochirurgie première et exclusive, de 57 % avec une radiochirurgie de rattrapage et de 80 % avec l'association radiochirurgie et irradiation encéphalique totale. L'équipe de Pittsburgh a confirmé ces résultats sur le contrôle local dans une analyse multifactorielle [11]. Un essai randomisé [27] a comparé, après l'exérèse neurochirurgicale d'une métastase unique, la réalisation ou non d'une irradiation encéphalique totale chez 95 patients. L'irradiation a permis de réduire significativement le taux de récidive dans le lit opératoire et d'apparition de nouvelles métastases cérébrales, sans modifier la survie. À l'opposé, Sumi et al. [28] ont montré que l'irradiation encéphalique totale ne modifiait en rien le contrôle local et encéphalique lors d'une association à une irradiation stéréotaxique fractionnée. De la même façon, dans une étude récente sur les métastases de mélanome malin, Mori et al. [16] n'ont pas retrouvé d'amélioration du contrôle local ni de la survie avec l'irradiation encéphalique totale. Cette dernière n'avait aucun effet prophylactique sur l'apparition de nouvelles métastases. Kihlhström et al. [8] ont publié en 1992 16 années d'expérience du gamma-knife pour les métastases cérébrales. Ils ont montré que l'irradiation encéphalique totale associée avait probablement un rôle lorsque le patient avait 4 ou 5 métastases. En effet, le taux de nouvelles métastases cérébrales était de 13 % pour une lésion traitée, de 34 % pour 2 à 3 métastases et de 100 % au-delà. Par conséquent, ils ont limité leurs indications de radiochirurgie sans irradiation pancéphalique associée pour 1, 2 et 3 métastases. Shirato et al. [20] ont rapporté une série de 44 patients avec une métastase unique traitée par radiochirurgie exclusive. Ils ont montré que lors de l'apparition de nouvelles métastases, il était possible, avec la même survie, de traiter soit des lésions uniques par radiochirurgie, soit des lésions multiples par irradiation encéphalique totale. De même, Kocher et al. [29] ont démontré que la présence d'une dissémination métastatique extracérébrale au moment de la radiochirurgie augmentait la probabilité de survenue de nouvelles métastases cérébrales. Ce phénomène suggérait une dissémination cérébrale à partir de ces foyers résiduels non neurologiques et donc inévitable malgré une irradiation encéphalique totale. Par conséquent, en acceptant le principe des traitements multiples à la demande, il est envisageable de ne pas associer systématiquement une irradiation panencéphalique, cela d'autant plus que l'irradiation encéphalique totale n'est pas dénuée d'effets secondaires tardifs [30]. Seuls les résultats des essais randomisés en cours permettront de préciser dans quel cas l'irradiation encéphalique totale doit être associée à la radiochirurgie [31].
Face à ces résultats, il apparaît donc que la radiochirurgie à faible dose (14 Gy à la périphérie de la cible) peut être proposée de première intention pour des métastases cérébrales, et en particulier pour des localisations secondaires de cancers considérés comme radiorésistants (mélanome malin, carcinome rénal, sarcome). Elle constitue certainement une alternative à la neurochirurgie. La question de la place de l'irradiation encéphalique totale associée à la radiochirurgie (essais randomisés en cours) se pose.

 

Patients et méthodes

De janvier 1994 à décembre 1997, 53 patients ont été traités par radiochirurgie pour des métastases cérébrales. Parmi ceux-ci, 26 ont été irradiés de première intention pour 43 métastases. L'âge médian était de 61 ans (extrêmes 35-76), le sex-ratio de 1,6 et l'index de Karnofsky médian de 70 (60-100). Trois patients avaient un index de Karnofsky à 60, 11 patients à 70, 6 patients à 80, 5 patients à 90 et 1 patient à 100. Tous les patients avaient une tumeur maligne prouvée par un examen histologique soit de la tumeur primitive, soit d'une métastase cérébrale. Les caractéristiques de la tumeur primitive, le type histologique l'existence ou non d'une évolution tumorale non neurologique ainsi que l'intervalle entre le premier événement tumoral et la radiochirurgie sont présentés dans le tableau I.
Dix-huit patients ont eu une radiochirurgie seule, une patiente une radiochirurgie postopératoire (adénocarcinome sans porte d'entrée), 7 patients une radiochirurgie associée à une irradiation encéphalique totale (6 carcinomes pulmonaires et 1 cancer du sein). L'irradiation encéphalique totale a délivré une dose de 40 Gy en fractionnement classique chez 3 patients, une dose de 30 Gy en 10 fractions et 12 jours chez 3 patients et une dose de 36 Gy en 12 fractions et 16 jours chez un patient. Une radiochirurgie a été réalisée une unique fois chez 15 patients pour une métastase unique, chez 4 patients pour 2 métastases, chez 2 patients pour 3 métastases et chez un patient pour 4 lésions. Quatre autres patients ont eu 2 radiochirurgies successives. Les caractéristiques des 43 métastases irradiées sont présentées dans le tableau II. La radiochirurgie a été réalisée de façon exclusive pour 33 lésions, après exérèse neurochirurgicale pour 1 et associée à une irradiation encéphalique totale pour 9. L'irradiation encéphalique totale n'a pas été associée à la radiochirurgie dans les cas suivants : lésion considérée comme radiorésistante, carcinome colique, pathologie vasculaire sous-jacente (diabète, hypertension artérielle), âge supérieur à 70 ans.
La technique de radiochirurgie utilisée dans le groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière est celle du Joint Center for Radiation Therapy à Boston [32]. Le matériel utilisé est le suivant : un accélérateur linéaire de particules de 10 MV (Saturne I, General Electric), un cadre de stéréotaxie (Leksell Model G, Elekta Instruments, Tucker, GA), une potence isocentrique indépendante de la table de traitement sur laquelle était fixé le cadre de Leksell (figures 4 et 5). L'ensemble de la procédure (préparation, traitement, hospitalisation) a duré 36 heures. Le patient était hospitalisé la veille. Le cadre de stéréotaxie était fixé à sa tête sous anesthésie locale. Le repérage de la cible était réalisé à partir d'une imagerie par résonance magnétique nucléaire. Le volume cible clinique correspondait à la prise de contraste. La dosimétrie était faite à l'aide du logiciel Isis-3D (Technologie Diffusion). Lors du traitement, réalisé en décubitus dorsal, une prémédication systématique par corticoïdes et antalgiques était administrée. Le cadre était immédiatement déposé. Le patient retournait à son domicile dès le lendemain.
Les caractéristiques des mini-faisceaux étaient ajustées à la forme et aux dimensions du volume cible en utilisant des collimateurs additionnels (diamètres de 10 à 30 mm), et un ou deux isocentres. Pour chaque isocentre, le nombre d'arcs non coplanaires était de 5 ou 6, leur longueur de 45° à 110°, et leur écartement de 15° à 45° (en moyenne 30°) (figure 6). Le volume cible était inclus en totalité dans l'isodose 70 % de la dose à l'isocentre, isodose de prescription. La dose prescrite était de 14 Gy à la périphérie et 20 Gy à l'isocentre. En cas d'association à une irradiation encéphalique totale, la dose délivrée par radiochirurgie était réduite à 14 Gy à l'isocentre, soit 10 Gy à la périphérie. Les caractéristiques techniques sont présentées dans le tableau III.
La surveillance de ces patients faisait appel à un examen clinique et à une tomodensitométrie et/ou une imagerie par résonance magnétique nucléaire. La fréquence de ces examens était laissée au libre choix du médecin référent. Les critères radiologiques d'évaluation de la réponse étaient ceux de l'Organisation mondiale de la santé : la réponse complète a été définie comme une disparition complète de la prise de contraste, la réponse partielle comme une diminution supérieure à 50 % du produit des deux diamètres perpendiculaires de la prise de contraste, la stabilité comme une diminution inférieure à 50 % ou une augmentation inférieure à 25 % de la prise de contraste, la progression comme une augmentation supérieure à 25 % de la prise de contraste. Les lésions en réponse complète, partielle ou stable étaient considérées comme contrôlées. Le contrôle encéphalique était défini comme celui des lésions traitées par radiochirurgie et l'absence de nouvelles lésions intracérébrales et/ou l'absence de méningite. L'intervalle sans progression a été calculé de la date de la radiochirurgie à la date de la première imagerie montrant une progression. Les lésions contrôlées ont été censurées à la date de la dernière imagerie. Trois causes de décès ont été individualisées : les décès neurologiques (parenchymateux et méningés), les décès non neurologiques tumoraux et les décès non neurologiques non tumoraux.
Les probabilités de contrôle local et de survie ont été calculées selon la méthode de Kaplan-Meier [33] Les sous-groupes ont été comparés par le test du log rank [34]. La comparaison de deux pourcentages observés dans deux populations était réalisée selon le test du khi2 [35].

CONCLUSION

Remerciements

Nous remercions vivement M. Christian Barret pour la réalisation des figures.

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