ARTICLE
Méthodologie
Un groupe multidisciplinaire d'experts mis en place par la Fédération
nationale des centres de lutte contre le cancer (FNCLCC) a revu les données
scientifiques disponibles concernant la surveillance et la prévention
des infections nosocomiales en cancérologie et a ensuite proposé
des « Standards », des « Options » et des « Recommandations
». Ce document a été revu par des experts indépendants.
Une mise à jour est prévue en fonction de nouvelles données
scientifiques ou de nouveaux accords d'experts.
Résultats du processus de revue
Le document Standards, Options et Recommandations pour la surveillance
et la prévention des infections nosocomiales en cancérologie
a été revu par des experts indépendants des secteurs
public et privé ainsi que par les Comités techniques des
vingt Centres régionaux de lutte contre le cancer à l'aide
d'un questionnaire évaluant la validité, la clarté,
la pertinence et l'acceptabilité des Standards, Options et Recommandations
élaborés par le groupe de travail. Une date limite de réponse
a été donnée pour clore ce processus de revue. L'absence
de réponse des experts sollicités avant la date proposée
est considérée comme une validation implicite du document.
En cas de commentaires ou de réserves, une justification écrite
et détaillée est demandée, faisant référence
aux données de la science et/ou à l'expérience argumentée
des médecins.
Parmi les 106 experts sollicités, 33 (31 %) ont répondu
et 32 ont complété le questionnaire d'évaluation.
Parmi ces réponses, 97 % (31/33) des experts approuvaient la majorité
des Standards, Options et Recommandations de ce document (24 experts approuvaient
tous les SOR, 7 approuvaient une grande partie des SOR), 1 expert approuvait
certains SOR et aucun n'approuvait pas le document.
Les observations des experts sur ce document concernaient les points
suivants :
Des imperfections et des imprécisions dans la formulation
des idées et des concepts ont été signalées.
La mise en forme a été amélioriée en fonction
des remarques émises.
La présentation des mesures de prévention vis-à-vis
des patients cancéreux immunodéprimés a été
jugée peu claire par de nombreux relecteurs. Une stratégie
de prévention par niveau de risque va être élaborée
à partir du tableau XXVI (conduite de l'isolement protecteur
chez le malade cancéreux immunodéprimé) et sera soumis
aux experts.
Plusieurs données concernant la prévention du risque
aéroporté et la prévention de la contamination hydrique
au cours de l'isolement protecteur ont été modifiées
:
* En ce qui concerne la prévention du risque aéroporté,
une conférence de consensus sur la prévention du risque
aspergillaire chez les patients immunodéprimés a été
organisée (21 mars 2000) depuis la relecture du document (janvier
2000) [18]. Cette conférence de consensus a été organisée
et s'est déroulée conformément aux règles
méthodologiques préconisées par l'Anaes. Après
analyse de ces recommandations, les modalités de la prévention
ont été complétées ou précisées.
Les indications du traitement de l'air n'ont pas été modifiées.
* Les experts n'étaient pas unanimes sur la classification des
eaux « bactériologiquement maîtrisées ».
Après analyse des avis, les recommandations ont été
précisées.
Certains relecteurs souhaitaient voir développer dans le
cadre de ces recommandations certains thèmes comme le rôle
de la politique antibiotique, la prise en charge des neutropénies
courtes, des recommandations spécifiques sur la prévention
des infections liées aux cathéters et sur la prévention
de l'infection par Clostridium difficile. Certains de ces thèmes
vont être développés ou ont été développés
par d'autres groupes de travail SOR [39] ; d'autres ne sont pas spécifiques
de la cancérologie et ont fait l'objet de recommandations ministérielles
ou d'autres organismes. Aucune précision concernant ces questions
n'a été apportée.
Les remarques prises en considération ont été intégrées
au document final présenté dans les pages suivantes.
Introduction
L'infection nosocomiale (IN) en cancérologie représente
vraisemblablement un problème de santé publique majeur [74,
85], même si les données épidémiologiques actuelles
restent imprécises. Aussi, l'application du programme de lutte
contre l'infection nosocomiale (LIN) développé en France
depuis 1988 paraît absolument capitale dans cette discipline et
son aspect obligatoire est encore renforcé par la perspective de
l'accréditation.
Objectifs
Les objectifs sont de définir, sur la base d'une revue systématique
de la littérature et de l'accord d'experts, des recommandations
pour l'organisation de la LIN, sur la mise en uvre de la surveillance
épidémiologique et sur les attitudes de prévention
à adopter vis-à-vis de l'ensemble des malades cancéreux,
vis-à-vis de l'ensemble des malades infectés et vis-à-vis
des malades cancéreux immunodéprimés. Ces recommandations
s'adressent aux personnes ayant à prendre en charge la LIN et s'appliquent
aussi bien à l'adulte qu'à l'enfant. Cependant, les spécificités
de l'enfant ne sont pas abordées dans ce travail.
Analyse et sélection de la littérature
La recherche bibliographique a été effectuée en
interrogeant la base de données des Centers for Disease Control
and Prevention (CDC) à l'adresse http://www.cdc.gov, ainsi que
la base de données Medline®, de 1992 à
1997.
Pour l'interrogation de Medline®, le mot clé
cross-infection a été associé aux mots clés
neoplasms ou oncology-service hospital ou patient isolation.
L'équation de recherche figure en annexe 1.
Cette recherche a été complétée par des
éléments bibliographiques personnels du groupe de travail.
Depuis une dizaine d'années, le cadre de la LIN a un caractère
de plus en plus dirigiste. Aussi, la revue de la littérature fait
référence en priorité à un texte réglementaire,
à défaut à un guide du CTIN (Comité technique
national de lutte contre les infections nosocomiales), à défaut
à un guide étranger ou aux recommandations de sociétés
savantes.
Cependant, certains aspects de la prévention des infections nosocomiales
en cancérologie, en particulier les indications de l'isolement
protecteur, ne trouvent pas de réponse claire dans la littérature
et feront essentiellement l'objet d'accord d'experts.
|
Annexe
1
Équation de
recherche SilverPlatter Medline® 1992-1997
1. « cross-infection/all subheadings
» = 4 544
2. explode neoplasms/all subheadings = 262
920
3. oncology-service hospital/all subheadings
= 157
4. #2 or 3 = 262 978
5. #1 and 4 = 29
6. patient-isolation/all subheadings = 280
7. #1 and 6 = 76
8. #5 or #7
|
Définitions des infections nosocomiales
en cancérologie
Le diagnostic d'IN se situe à deux niveaux :
diagnostic d'infection ;
diagnostic du caractère nosocomial.
La formulation de critères standardisés est indispensable
pour obtenir des données confrontables dans le temps et l'espace,
mais ne s'adapte pas parfaitement au domaine de la cancérologie.
Critères standardisés
L'ensemble de ces critères est exposé dans le guide du
Centre de coordination de lutte contre les infections nosocomiales (C-CLIN)
Paris-Nord [62].
* Critères d'infection
Ils reposent sur une classification anatomique et comportent des données
cliniques et/ou microbiologiques. Sont habituellement retenus :
au niveau international, ceux du CDC d'Atlanta [92] modifiés
en 1992 pour les infections du site opératoire [105] ;
au niveau national, pour les cinq sites anatomiques les plus fréquemment
concernés, ceux du CSHPF (Conseil supérieur d'hygiène
publique de France) [135] ;
pour les patients en moyen et long séjours : ceux de A.
McGeer [127].
* Critères de nosocomialité
Les critères de nosocomialité du CSHPF et du CDC sont
temporels même si les délais appliqués ne sont pas
précisés pour le CDC (tableau I).
Il apparaît ainsi que (figure 1) :
l'IN s'oppose à l'infection communautaire acquise
à domicile ;
l'IN peut être acquise dans un autre établissement
et, dans ce cas, n'est pas à comptabiliser par l'établissement
investigateur ;
son caractère endogène (contamination du patient
à partir de sa propre flore) n'exclut pas sa nosocomialité,
par ailleurs, elle est dite active si le traitement anti-infectieux
(local ou général) n'est pas instauré ou est toujours
en cours.
Critères en cancérologie
* Difficultés diagnostiques en cancérologie
Deux difficultés diagnostiques apparaissent en cancérologie.
Difficulté de diagnostic d'infection chez le patient
neutropénique : la discrétion des signes cliniques et
l'absence de documentation microbiologique (impossible du fait de l'urgence
thérapeutique ou des risques potentiels des investigations) rendent
les critères d'infection souvent pauvres et le diagnostic repose
sur des critères non conformes aux critères standardisés
[23, 54, 71, 85].
Difficulté de diagnostic du caractère nosocomial
chez le patient cancéreux pendant et en dehors de la neutropénie
: le caractère nosocomial d'une infection implique sa relation
à l'hôpital du fait d'un critère exclusivement temporel,
ce qui pose un problème majeur chez les patients cancéreux
aux hospitalisations itératives. Cette difficulté est présente
au moins dans 11 % des cas [156], et elle est confirmée par la
similitude des espèces microbiennes isolées chez les malades
cancéreux pendant et en dehors de l'hospitalisation [74]. Aussi,
peut-on remettre en cause pour la pathologie cancéreuse, l'intérêt
du diagnostic de « nosocomialité » de l'infection et
privilégier une approche globale du problème infectieux
dans un but essentiellement pragmatique.
* Adaptation des critères d'infections
nosocomiales en cancérologie
Le guide du CTIN, Cent recommandations pour la surveillance et la
prévention des infections nosocomiales [135], rend possible
« l'utilisation, dans des situations précises, d'autres
critères de définition que ceux mentionnés ci-dessus.
Dans ce cas, il est recommandé que ces critères viennent
en complément des définitions standardisées afin
de préserver la compatibilité des résultats obtenus
avec les données de la littérature internationale ».
En cancérologie, on peut définir, en plus des infections
nosocomiales, des infections « ambulatoires/iatrogènes »
: infections liées à un traitement ou à un dispositif
médical (exemple : chimiothérapie ou manipulation d'un site
implanté) chez un malade alternativement à domicile et à
l'hôpital (accord d'experts).
| Au total
Définition
des infections nosocomiales en cancérologie
Standards
Des critères standardisés d'infection
et de nosocomialité sont définis par le Center for
Disease Control and Prevention (CDC) et le Conseil supérieur
d'hygiène publique de France (CSHPF).
Ces critères d'infection ne sont
pas tous adaptés au patient cancéreux neutropénique,
en particulier au cours des neutropénies.
En cas de redéfinition des critères
d'infection nosocomiale en cancérologie, les utiliser en
complément des critères standardisés afin de
permettre la comparaison avec les données de la littérature.
Option
Redéfinir les critères d'infection
et de nosocomialité adaptés à la cancérologie.
Recommandations
En plus des infections répondant aux
critères standardisés d'infection nosocomiale, on
peut proposer d'identifier des infections « ambulatoires/iatrogènes
» : infections liées à un traitement ou à
un dispositif médical (exemple : chimiothérapie ou
manipulation d'un site implanté) chez un malade alternativement
à domicile et à l'hôpital (accord d'experts).
|
Épidémiologie
L'épidémiologie de l'IN est bien documentée de
façon générale, mais, en dehors de la neutropénie,
il existe peu de données concernant ce problème en cancérologie.
Données générales
Les IN, toutes spécialités confondues, représentent
un réel problème de santé publique en termes de morbidité,
mortalité et coût.
Selon les pays et les équipes, la prévalence (il est habituel
d'exprimer la prévalence sous forme d'un pourcentage) globale oscille
entre 6 % et 17 % [84, 99], la mortalité liée à l'IN
est estimée à 3,3 % [78].
Une enquête française de prévalence réalisée
au niveau national en 1996 [67] évalue le problème nosocomial
(tableau II).
Préoccupante en termes humains et financiers, l'IN l'est également
sur le plan écologique avec l'émergence de souches bactériennes
résistantes aux antibiotiques (BMR). Les disparités observées
pour la prévalence de ces bactéries multirésistantes
entre pays ou entre établissements laissent supposer une inégalité
dans la prise de conscience et la gestion du problème.
En France, la prévalence des patients hospitalisés porteurs
d'au moins une souche BMR est de 0,93 %, elle est de 0,57 % (0,15 à
4,13 %) pour les SARM (Staphylococcus aureus résistants
à la méticilline), de 0,24 % (0 à 0,83 %) pour Pseudomonas
aeruginosa, de 0,15 % (0 à 0,96 %) pour Acinetobacter
et de 0,1 % (0 à 2,34 %) pour les entérobactéries
productrices de beta-lactamases à spectre élargi (EbetaLSE)
(Klebsiella, Enterobacter, Proteus, E. coli) [55]. La résistance
à la vancomycine est encore peu importante en France : elle concerne
1 % des souches d'entérocoques isolés à l'hôpital
[66].
La situation est particulièrement préoccupante dans les
hôpitaux français où la proportion d'isolats multirésistants
est parmi les plus élevées d'Europe [110].
P patients infectés = [Nombre de patients ayant au
moins 1 IN au jour J / Nombre de patients présents au jour J]
P infections nosocomiales = [Nombre d'IN au jour J / Nombre
de patients présents au jour J]
P : Prévalence
Données épidémiologiques
en cancérologie
En cancérologie, les données disponibles concernent essentiellement
les malades neutropéniques et proviennent des laboratoires de microbiologie.
En dehors de la neutropénie, peu d'enquêtes d'incidence ou
de prévalence intégrant les paramètres cliniques
et le caractère de nosocomialité sont disponibles.
* La surveillance microbiologique à partir
du laboratoire
Elle porte essentiellement sur les bactériémies qui représentent
un indicateur pertinent des IN en cancérologie [155] et qui mettent
en évidence, aussi bien en oncologie qu'en oncohématologie,
une nette prédominance des cocci à Gram positif et un recul
des bacilles à Gram négatif [37, 85, 90, 195]. Le pourcentage
de souches résistantes est habituellement élevé dans
les séries françaises pour les staphylocoques à coagulase
négative (SCN) et les Staphylococcus aureus mais variable
pour les entérobactéries productrices de beta-lactamases
à spectre élargi et les souches productrices de céphalosporinases
à haut niveau [85]. Le caractère nosocomial de ces bactériémies
est d'évaluation difficile : probable dans plus de 60 % des cas
d'après les critères standardisés [156] ; certain
pour d'autres auteurs dès lors que la bactériémie
fait suite à une chimiothérapie [85].
* Les enquêtes d'incidence d'infections
nosocomiales
Ces enquêtes aboutissent à des conclusions
très hétérogènes. Le taux d'incidence semble
se situer entre six et onze malades ayant au moins un IN/mille jours d'hospitalisation
[73, 155, 168] et le ratio d'IN par admission oscille selon les équipes
entre 5 % et 183 % [30, 31, 60, 128, 168, 190] (tableau III). Ces
diversités de résultats sont liées à :
l'inadaptation des critères standardisés d'IN à
la cancérologie (cf. § Définitions des infections
nosocomiales en cancérologie : critères en cancérologie)
;
l'hétérogénéité des mesures
de prévention adoptées (cf. § Prévention
des infections nosocomiales en cancérologie : attitude vis-à-vis
des malades immunodéprimés : l'isolement protecteur)
;
mais surtout à l'absence de stratification des malades cancéreux
par attribution d'un score de risque infectieux comme le score NNIS en
chirurgie ;
l'ancienneté de la plupart des séries ne tenant pas
compte des nouveaux moyens thérapeutiques ou prophylactiques.
* Enquête nationale de prévalence
1996 sur les infections nosocomiales
Dans le cadre de l'élaboration des SOR, les résultats
de l'enquête nationale de prévalence 1996 sur l'IN ont été
individualisés pour les Centres régionaux de lutte contre
le cancer (CRLCC) et comparés à ceux des autres établissements
de soins [référence personnelle du groupe de travail, données
non publiées]. Il apparaît une majoration du problème
nosocomial en cancérologie, cela de façon globale (p <
10 4), mais également pour certains sites anatomiques
: site opératoire, bactériémies et infections liées
aux cathéters (ILC) (p < 10 4) (tableau
IV).
Cependant, l'analyse de ces résultats est délicate dans
la mesure où le groupe « hors CRLCC » inclut des patients
cancéreux. Par ailleurs, le groupe « CRLCC » ne permet
pas de différencier, au sein de la cancérologie, des patients
à risques infectieux très dissemblables.
* Les facteurs de risque d'infections nosocomiales
en cancérologie
De nombreux facteurs de risque sont identifiés et coexistent
(tableau V), parmi lesquels le principal est la neutropénie
(sa profondeur et sa durée). Cela amène à définir
trois populations de malades à risque infectieux croissant [39]
:
R1 : pas de neutropénie ;
R2 : neutropénie courte (< 0,5 x 109
polynucléaires neutrophiles (PN)/l ¾ 7 jours) ;
R3 : neutropénie longue (< 0,5 x 109
polynucléaires neutrophiles (PN) /l > 7 jours).
Cependant, pour des raisons pragmatiques et en particulier pour l'indication
du traitement de l'air, le groupe R3 est à scinder en
deux sous-groupes en fonction du niveau de risque aspergillaire.
Ce risque aspergillaire dépend [18] :
de la neutropénie : il est estimé à 1 % par
jour du 6e au 21e jour, puis à 4,3 % par
jour au-delà du 21e jour [94] avec une médiane
de survenue qui se situe au 15e jour [179]. Un taux de polynucléaires
neutrophiles inférieur à 0,5 x 109/I pendant
15 jours ou plus ou inférieur à < 0,1 x 109/I
quelle que soit la durée est le facteur de risque majeur. Sont
à prendre également en compte les anomalies fonctionnelles
des neutrophiles et macrophages qui aggravent ce risque, même en
l'absence de neutropénie ;
de la corticothérapie : une posologie supérieure
à 1 mg/kg/j de méthylprednisolone ou de prednisolone pendant
1 à 3 semaines ;
d'une colonisation des voies aériennes par aspergillus
sp. ou d'un antécédent d'aspergillose ;
de la présence d'une allogreffe de cellules souches hématopoïétiques
(moelle ou cellules souches périphériques). Dans ce cas,
le risque initial (40 premiers jours) est surtout lié à
la neutropénie sévère, mais également à
l'effet de l'irradiation sur les macrophages et au déficit immunitaire
cellulaire T. Le risque tardif qui persiste, dans plus de 50 % des cas,
jusqu'à plus de 100 jours est lié à la réaction
du greffon contre l'hôte, au type de greffe et à l'interruption
des mesures de protection.
Malgré l'identification de ces facteurs de risque, il n'existe
pas de score permettant de classer précisément les situations
à risque. Aussi, la classification proposée, basée
sur les recommandations de la conférence de consensus aspergillose
[18], ne relève que d'un accord d'experts (tableau VI).
|
Au total
Épidémiologie
de l'infection nosocomiale et facteurs de risque en cancérologie
Standards
L'épidémiologie des infections
nosocomiales en cancérologie est insuffisamment connue car
:
elle repose essentiellement sur les
résultats microbiologiques n'intégrant pas les critères
standardisés d'infection nosocomiale ;
elle concerne surtout les malades au
cours des neutropénies ;
seule la neutropénie est prise
en compte dans la définition des scores de risque.
Option
En cancérologie, le risque infectieux
nosocomial semble significativement plus élevé que
pour d'autres spécialités.
Recommandations
Il est recommandé de développer
un réseau de surveillance épidémiologique des
infections nosocomiales en cancérologie intégrant
une définition appropriée de ces infections et une
stratification des malades basée sur des scores de risque
infectieux (tableau VI) (accord d'experts).
|
Organisation de la lutte
contre l'infection nosocomiale
Le cadre réglementaire
Depuis 1988, la prévention de l'IN est réglementaire en
France et l'IN est considérée comme un indicateur de la
qualité des soins. Le cadre obligatoire de cette prévention
a été encore renforcé tout dernièrement par
le manuel d'accréditation de l'Anaes [17].
* La réglementation
Les principaux textes qui régissent l'organisation de la
LIN sont :
* décret n° 99-1034 du 6 décembre 1999 [15]
relatif à l'organisation de la lutte contre les infections nosocomiales
dans les établissements de santé et modifiant le chapitre
1er du titre 1er du livre VII du Code de la Santé
publique ;
* circulaire n° 263 du 13 octobre 1988 [3] relative à
l'organisation de la surveillance et de la prévention des infections
nosocomiales ;
* plan gouvernemental de lutte contre les infections nosocomiales 1995-2000
(1994) [6] ;
* circulaire DGS/VS/VS2 DH/EO1 n° 17 du 19 avril
1995 [7] relative à la lutte contre les infections nosocomiales
dans les établissements de santé publics ou privés
participant à l'exécution du service public.
Ces textes définissent clairement la politique de la LIN
en termes d'objectifs, de moyens et de stratégie :
* les objectifs sont exprimés en résultats : obtenir, sur
cinq ans, une diminution des bactéries multirésistantes
et une réduction de 30 % des IN, bien que ce chiffre, issu des
résultats d'une étude américaine (SENIC Project,
1985) [99] ne soit pas valide en France ;
* les moyens sont au nombre de quatre : création de structures
spécifiques (figure 2), surveillance des IN et de l'environnement
hospitalier, élaboration de procédures écrites, formation
du personnel ;
* la stratégie est fondée sur un travail par objectifs et
selon une démarche d'assurance qualité avec évaluation.
* Le manuel d'accréditation
Le manuel d'accréditation réserve une place importante
à la LIN. Il renforce son caractère obligatoire et définit
les onze actions minimales à mettre impérativement en uvre
en vue de l'accréditation [17].
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Au total
Le
cadre réglementaire de la lutte contre l'infection nosocomiale
Standard
La lutte contre l'infection nosocomiale est
réglementaire et prise en compte dans l'accréditation
des établissements.
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Les objectifs de la lutte contre l'infection nosocomiale
en cancérologie
Les deux objectifs réglementaires de la LIN [6, 7] sont :
la mise en conformité des structures (humaines et matérielles)
et des procédures par rapport aux référentiels existants
(cf. § Les moyens de la lutte contre l'IN : les référentiels
de la LIN) ;
la diminution des infections nosocomiales et du taux de bactéries
multirésistantes.
Il s'agit d'une double obligation exprimée en moyens et en résultats.
Pour chacun de ces objectifs sont à définir des thèmes
prioritaires, annuels ou pluriannuels, intégrant les priorités
nationales (infections du site opératoire, bactéries multirésistantes,
accidents exposant au sang), mais surtout celles du service ou de l'établissement,
fixées en fonction des risques majeurs identifiés [7].
Les objectifs prioritaires de la lutte contre les infections nosocomiales
en cancérologie sont :
développer la surveillance épidémiologique
des IN en cancérologie, en particulier :
* les bactériémies,
* les infections du site opératoire,
* les infections liées aux cathéters,
* les infections à bactéries multirésistantes ;
se mettre en conformité de moyens par rapport aux référentiels
(manuel d'accréditation) [17], aux textes réglementaires
[16], aux guides du CTIN [66, 67, 69, 70, 135] :
* politique d'antibiothérapie,
* application des précautions standards et septiques,
* surveillance de l'air, de l'eau et de l'alimentation particulièrement
dans les secteurs accueillant les malades en isolement protecteur ;
entreprendre des actions de prévention des IN intégrant
les priorités nationales (infections du site opératoire
et bactéries multirésistantes) et les problèmes majeurs
identifiés (bactériémies, infections liées
aux cathéters, infections chez le malade neutropénique).
Les moyens de la lutte contre l'infection nosocomiale
La lutte contre l'infection nosocomiale (LIN) fait appel à des
outils qui sont : les référentiels, les structures organisationnelles,
la surveillance des IN, la surveillance de l'environnement, l'audit des
moyens et pratiques, la rédaction de procédures, la formation
du personnel.
|
Au total
Objectifs
de la lutte contre l'infection nosocomiale
Standards
Les objectifs de la lutte contre l'infection
nosocomiale (LIN) sont définis réglementairement en
termes de moyens et de résultats : surveillance des infections
nosocomiales, mise en conformité des structures et procédures
par rapport au manuel d'accréditation et aux recommandations
ministérielles, et diminution des infections nosocomiales.
Recommandations
En cancérologie, les objectifs prioritaires
de la lutte contre l'infection nosocomiale (LIN) sont (accord d'experts)
:
de surveiller les bactériémies,
les infections du site opératoire, les infections liées
aux cathéters et les infections à bactéries
multirésistantes ;
de mettre l'environnement hospitalier
en conformité par rapport aux référentiels
actuels (réglementation ou décisions du CLIN) ;
d'entreprendre des actions pour la
prévention des risques majeurs (infection du site opératoire,
bactériémies, infections liées aux cathéters
veineux centraux, infections chez le malade neutropénique,
infections à bactéries multirésitantes).
|
* Les référentiels de la lutte contre l'infection nosocomiale
Les référentiels externes de la LIN sont les textes réglementaires
[16], le manuel d'accréditation [17], les guides édités
par le CTIN [69, 70, 134, 135] ou, à défaut, des guides
étrangers ou des recommandations de sociétés savantes
[19, 55, 61, 62, 68, 81, 91, 96, 139].
* Les structures organisationnelles
Dans chaque établissement de soins, il y a obligation de se structurer
[17] :
la mise en place du Comité de lutte contre les infections
nosocomiales (CLIN) est obligatoire dans tous les établissements
de santé ;
pour rendre opérationnelle la politique du CLIN, le décret
du 6 décembre 1999 rend obligatoire la création d'équipes
opérationnelles en hygiène hospitalière mais ne donne
pas de précisions sur les catégories professionnelles ni
sur les quotas [15] ; ceux-ci, fixés par la circulaire d'avril
1995 [7], sont nettement insuffisants ;
la circulaire du 19 avril 1995 [7] incite les établissements
à créer un réseau de référents à
raison d'un médecin et d'un(e) infirmier(ère) par service
pour assurer le relais entre le CLIN et le terrain.
* La surveillance des infections nosocomiales
La surveillance des IN « n'est pas une fin en soi » [7] mais
un outil. Étant donné l'importance de ce chapitre, il est
traité isolément (cf. § La surveillance des IN en
cancérologie).
* La surveillance de l'environnement, des dispositifs
médicaux et de l'alimentation
C'est l'ensemble des moyens mis en uvre pour contrôler des
paramètres physiques (dureté de l'eau, comptage des particules
de l'air), chimiques (résiduels de chlore dans l'eau du réseau,
d'oxyde d'éthylène sur du matériel stérilisé,
etc.) et microbiologiques.
Les indications sont soit une obligation réglementaire (potabilité
de l'eau, contrôles microbiologiques des aliments, etc.), soit la
validation initiale ou le contrôle périodique d'une procédure
ou d'un équipement. En cancérologie, on s'attachera en particulier
à la surveillance de l'air, de l'eau et de l'alimentation chez
le patient neutropénique (cf. § Prévention des infections
nosocomiales en cancérologie : attitude vis-à-vis des malades
immunodéprimés : l'isolement protecteur : prévention
du risque aéroporté au cours de l'isolement protecteur ;
les précautions concernant l'eau ; prévention de la contamination
par les aliments).
Ces contrôles n'ont d'intérêt que si les valeurs
seuils sont connues (seuil réglementaire). Dans le cas contraire,
les définir par un référentiel interne [101].
* L'audit
La norme ISO 8402 [27] définit l'audit qualité comme étant
« un examen méthodique et indépendant en vue de
déterminer si les activités et résultats relatifs
à la qualité satisfont aux dispositions préétablies,
et si ces dispositions sont mises en uvre de façon effective
et aptes à atteindre les objectifs ».
En d'autres termes, les objectifs de l'audit sont d'évaluer la
conformité des moyens et pratiques et, après mise en conformité,
si besoin, de vérifier leur observance.
Sanctionné par une note et réalisé en début
et fin de démarche assurance qualité, l'audit représente
l'indicateur de moyens de la qualité des soins (cf. § La
stratégie de lutte contre les infections nosocomiales : l'évaluation).
* Les procédures
Dans le cadre du programme d'assurance qualité, les processus,
procédures, protocoles et fiches techniques écrits ont un
caractère obligatoire [7]. Ils doivent :
concerner aussi bien l'hygiène de l'environnement que l'hygiène
des soins [135] ;
être le résultat d'un travail pluridisciplinaire consensuel
impliquant l'équipe opérationnelle d'hygiène hospitalière,
mais également le personnel de terrain ;
être conformes aux référentiels disponibles
;
être validés par le CLIN et le service qualité
;
être la référence utilisée dans toute
action de formation.
* La communication et la formation
La formation a un rôle fondamental dans la LIN [135] :
elle doit faire l'objet d'actions de communications interne et
externe à l'établissement [17] ;
elle est considérée comme une priorité «
essentielle, immédiate, urgente » [6] ;
elle concerne l'ensemble des professionnels (contrat à durée
déterminée ou indéterminée) [17] ;
dans chaque établissement, il revient au CLIN d'élaborer
un plan de formation en hygiène hospitalière. Ce plan doit
être cohérent en s'intégrant dans les objectifs annuels
ou pluriannuels du CLIN et solliciter la collaboration du service chargé
des ressources humaines, du service de soins infirmiers, de l'équipe
opérationnelle et des médecins chefs de service [3, 7, 135]
;
la formation, à la fois théorique et pratique, repose
sur la maîtrise de connaissances et sur l'acquisition d'un savoir-faire
[135].
|
Au total
Les
moyens de la lutte contre l'infection nosocomiale
Standards
Les moyens de la lutte contre l'infection
nosocomiale sont : la connaissance des référentiels,
la création de structures organisationnelles, la surveillance
épidémiologique des infections nosocomiales, la surveillance
de l'environnement, la réalisation d'audits, la rédaction
de procédures, la formation du personnel et la mise en uvre
de la communication des résultats.
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La stratégie de la lutte contre les infections
nosocomiales
Cette stratégie s'inscrit dans une démarche d'assurance
et d'évaluation de la qualité [6, 17].
* L'assurance qualité
Il existe différentes méthodes d'application de l'assurance
qualité [69], parmi lesquelles la méthode ADPCM (Analyse
des points critiques pour leur contrôle et leur maîtrise)
(tableau VII).
* L'évaluation
L'évaluation de la LIN est une des références du
manuel d'accréditation [17]. Dans ce but, des indicateurs
sont à mettre en place pour mesurer les moyens développés
et les résultats obtenus en utilisant comme outils respectivement
l'audit des structures et des procédures (cf. § Les moyens
de la lutte contre l'infection nosocomiale : l'audit) et la surveillance
des IN (cf. § La surveillance des infections nosocomiales en cancérologie
: mise en uvre et calendrier : la surveillance continue).
Cette évaluation est habituellement réalisée par
une enquête de type « avant/après » encadrant une
action en assurance qualité (tableau VIII) (accord d'experts).
* Calendrier
Un calendrier est à élaborer en distinguant les actions
continues, urgentes et programmées (figure 3).
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Au total
La
stratégie de la lutte contre l'infection nosocomiale
Standards
La stratégie de la lutte contre
l'infection nosocomiale doit s'inscrire dans une démarche
d'assurance qualité et d'évaluation.
Utiliser l'audit des structures et
des procédures, et la surveillance des infections nosocomiales
comme outils pour obtenir des indicateurs respectifs de moyens et
de résultats dans la lutte contre l'infection nosocomiale.
Recommandation
Il est recommandé d'élaborer
un calendrier en distinguant les actions continues, urgentes ou
programmées (accord d'experts).
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La surveillance des infections
nosocomiales en cancérologie
Le caractère réglementaire
La surveillance des IN est obligatoire [6, 7, 17] et l'insuffisance
des données épidémiologiques en cancérologie
renforce son caractère impératif.
Indications de la surveillance des infections
nosocomiales
La surveillance des IN en cancérologie « n'est pas une
fin en soi »[7], mais un moyen parmi d'autres pour diminuer les
IN. Par conséquent, toute action de surveillance doit répondre
à un objectif clairement défini a priori qui peut
être :
la mise en place d'un système d'alerte afin de déclencher
un système d'intervention rapide ;
le dépistage des problèmes majeurs d'IN dans le service
ou l'établissement ;
l'évaluation de l'efficacité de la LIN dans des domaines
qui répondent aux priorités nationales (bactéries
multirésistantes, infections du site opératoire, accidents
exposant au sang) ou à des priorités internes validées
par le CLIN. Cette évaluation permet d'obtenir des indicateurs
de résultat (cf. § Organisation de la LIN : la stratégie
de la lutte contre les infections nosocomiales : l'évaluation)
;
les orientations thérapeutiques pour l'antibiothérapie
probabiliste ou l'antibioprophylaxie ;
la détection de facteurs de risque spécifiques.
Les moyens et outils méthodologiques indispensables
Toute surveillance des IN implique :
la définition de l'objectif ;
le choix de l'indicateur (ou événement) pertinent
;
le choix du type d'enquête (prévalence ou incidence)
;
le choix de la variable (prévalence, taux d'incidence, ratio)
;
le choix du numérateur (malade, infection) ;
le choix du dénominateur (population exposée au risque
ou durée d'exposition au risque) ;
la durée d'inclusion ;
la durée d'observation ;
les services concernés ;
la définition des critères de diagnostic d'infection
et du caractère nosocomial ;
la stratification des patients par classes homogènes de
risque infectieux ;
le choix des moyens logistiques :
* informatisation du service de microbiologie
et logiciel d'épidémiologie,
* investigateur [laboratoire, service de soins,
équipe opérationnelle d'hygiène hospitalière,
Département d'information médicale (DIM)],
* support du recueil [fiche de questionnaire,
feuille de demande d'examen microbiologique, Résumé d'unité
médicale (RUM)].
Mise en uvre et calendrier
Compte tenu des objectifs fixés, la surveillance peut être
initiale, continue et ponctuelle, mais dans tous les cas, la stratégie
de surveillance doit être fixée par le CLIN de chaque établissement
[135] (tableau IX).
* La surveillance initiale et périodique
Elle a pour but le dépistage des problèmes majeurs dans
le service ou l'établissement. L'enquête de prévalence,
peu consommatrice de temps, paraît bien adaptée à
cette surveillance. Elle peut être reprogrammée périodiquement,
tous les ans ou tous les cinq ans. Elle doit être analysée
en termes de tendance [135] et n'a d'intérêt que pour des
effectifs importants.
* La surveillance continue
Elle doit permettre :
d'orienter l'antibiothérapie probabiliste et l'antibioprophylaxie
par le suivi régulier à partir du laboratoire, de l'écologie
bactérienne et du profil de l'antibiorésistance ;
de lancer une procédure d'intervention rapide basée
sur un système d'alerte à partir du laboratoire : en règle
générale, l'alerte devrait être déclenchée
à partir d'un système informatisé du laboratoire
pour des germes « cibles » qui sont à identifier par
l'établissement de soins. En cancérologie, ce sont le plus
souvent les bactéries multirésistantes, le Pseudomonas
aeruginosa [85] ou le Clostridium difficile [32, 126]
;
d'évaluer la prévention en continu par un indicateur
permanent de l'IN. Cet indicateur doit être « pertinent »,
c'est-à-dire être le reflet du problème nosocomial
et facile à obtenir. En cancérologie, trois indicateurs
peuvent être proposés.
* L'infection nosocomiale : la variable peut être le ratio
ou le taux d'incidence de malades concernés par l'infection nosocomiale
(tableau IX). La déclaration peut se faire par une notification
dans le résumé d'unité médicale (RUM) rempli
par le clinicien et adressé au DIM. Il s'agit d'un indicateur relativement
grossier mais qui a l'avantage d'être simple et d'intégrer
un diagnostic synthétique (microbiologique et clinique, réalisé
par le clinicien). La déclaration obligatoire des IN est en projet
et facilitera l'identification de cet indicateur.
* La bactériémie : cet indicateur est particulièrement
intéressant en cancérologie, car il représente une
complication grave et relativement fréquente [115]. Cependant,
il présente deux limites :
* mise en uvre difficile car nécessité de confronter
des données cliniques (fièvre, choc, hypotension, etc.)
et microbiologiques (hémocultures),
* relation à la qualité des soins incertaine, la bactériémie
étant souvent davantage liée à la gravité
de l'état du malade ou à l'évolution de la maladie
(nécrose, occlusion, translocation digestive, etc.).
* Les bactéries multirésistantes pour lesquelles
la transmission est essentiellement nosocomiale.
* La surveillance ponctuelle
Elle a pour objectif d'évaluer une action de prévention
et peut être réalisée ponctuellement au cours d'une
année, éventuellement renouvelable (tableau IX).
Il s'agit habituellement d'une enquête d'incidence réalisée
avant et après une action qualité. Les thèmes à
évaluer sont à choisir en fonction des priorités
nationales ou des risques majeurs identifiés dans l'établissement
et qui, en cancérologie, sont :
Les infections liées aux cathéters centraux.
Elles sont un indicateur pertinent de la qualité des soins en cancérologie
car elles sont fréquentes et représentent la principale
porte d'entrée des bactériémies [119].
Les infections du site opératoire, notamment dans
le cadre de nouveaux protocoles thérapeutiques dont l'impact sur
l'immunodépression est à évaluer [64].
Retour d'information
Le retour d'information rapide du personnel de soins est indispensable
pour maintenir la motivation [135].
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Au total
Surveillance
épidémiologique des infections nosocomiales en cancérologie
Standards
La surveillance épidémiologique
des infections nosocomiales et de l'écologie microbienne
est obligatoire.
Elle doit avoir quatre indications
:
* mise en place d'un
système d'alerte pour permettre une procédure d'intervention
rapide ;
* dépistage
des problèmes infectieux majeurs ;
* évaluation
de l'efficacité de la lutte contre l'infection nosocomiale
;
* orientation thérapeutique
pour l'antibioprophylaxie et l'antibiothérapie probabiliste.
Elle nécessite des moyens logistiques,
notamment l'informatisation des données du laboratoire de
microbiologie.
Les thèmes de la surveillance
sont définis en fonction des priorités nationales
et/ou choisis en fonction des risques majeurs identifiés
dans le service ou l'établissement.
Les résultats sont à
communiquer aux secteurs d'activité concernés et à
la direction.
Recommandations
Les thèmes prioritaires à
surveiller en cancérologie sont les bactériémies,
les infections du site opératoire, les infections liées
aux cathéters, en particulier les infections chez le malade
neutropénique, les infections à bactéries multirésistantes
(niveau de preuve B).
Proposition de mise en uvre (tableau
IX) (accord d'experts).
Proposition de calendrier (accord d'experts)
:
* initialement, puis
tous les cinq ans, enquête de prévalence pour dépister
les problèmes nosocomiaux majeurs et définir les actions
prioritaires, puis évaluer les tendances évolutives
;
* en continu :
* système
d'alerte microbiologique,
* évaluation
globale de la prévention par le choix d'un indicateur pertinent
qui, en cancérologie, peut être l'infection nosocomiale,
les bactériémies ou les infections à BMR,
* relevé semestriel
ou annuel de l'écologie microbienne et du profil de résistance
aux antibiotiques ;
* ponctuellement,
enquête d'évaluation d'une action entreprise dans le
cadre d'une démarche assurance qualité sur un thème
retenu comme prioritaire au niveau national ou dans l'établissement.
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Prévention des infections nosocomiales
en cancérologie
Les infections nosocomiales majeures en cancérologie sont (cf.
§ Épidémiologie) :
les bactériémies ;
les infections liées aux cathéters ;
les infections du site opératoire ;
les infections chez le malade neutropénique.
La prévention de ces infections a été traitée
de façon spécifique dans d'autres documents SOR [39, 59,
119, 173].
Nous nous limiterons dans ce chapitre aux attitudes de prévention
de la contamination croisée à adopter dans trois situations
:
pour l'ensemble des malades cancéreux ;
pour les malades cancéreux infectés ;
pour les malades cancéreux immunodéprimés.
Auparavant, il convient de définir les bases rationnelles de
la prévention des infections nosocomiales chez le patient cancéreux.
Bases rationnelles de la prévention des
infections nosocomiales chez le patient cancéreux
La connaissance des modes de contamination représente la base
rationnelle de la prévention des infections nosocomiales chez le
patient cancéreux.
* Les principaux documents de référence
Les documents de référence sont :
la circulaire DGS/DH n° 98-249 du 20 avril 1998 relative
à la prévention de la transmission d'agents infectieux véhiculés
par le sang ou les liquides biologiques lors des soins dans les établissements
de santé [13] ;
le guide du CDC : Guidelines for Isolation Precautions
in Hospitals, 1996 [91] ;
le guide du CTIN : Isolement septique : recommandations
pour les établissements de soins, 1998 [70].
* Les différents modes de contamination
Des documents de référence il ressort
que les différents modes de contamination sont :
la contamination par les produits biologiques : sont considérés
comme à risque tous les produits biologiques d'origine humaine
sauf la peau saine et la sueur. La contamination se fait par blessure,
contact et/ou projection sur muqueuse ou peau lésée. Les
germes concernés sont essentiellement les virus des hépatites,
du sida et autres virus potentiellement présents, mais également
tous les micro-organismes véhiculés par les produits biologiques
;
la contamination par les gouttelettes : il s'agit de fines
gouttelettes (supérieures à 5 mum) émises lors de
l'expiration, la parole, la toux, etc. chargées de la flore des
voies aérodigestives supérieures. Elles ne restent pas longtemps
en suspension dans l'air, contrairement aux particules à transmission
aéroportée et, par conséquent, sont contaminantes
sur une courte distance (inférieure à 1 m). Les germes concernés
par cette transmission sont décris dans les guides du CTIN et du
CDC [70, 91] ;
la contamination par l'air : les supports de cette contamination
sont des particules inférieures à 5 mum : résidus
solides des gouttelettes déshydratées (Droplet nuclei) ou
poussières d'origine cutanée, textile ou végétale.
Les germes concernés sont résistants à la dessiccation,
ce qui explique que l'air reste contaminant, même en l'absence du
malade ;
la contamination par contact : elle a pour support le contact
entre deux surfaces. Le contact direct met en jeu deux surfaces corporelles
(peau ou muqueuse) entre sujet contact et sujet source porteur malade
ou sain (personnel, visiteur ou autre patient). Le contact indirect fait
intervenir un intermédiaire inanimé ou animé entre
le sujet contact et le sujet source. Elle remplace les concepts de contaminations
entérique et cutané-plaie antérieurement décrits.
La contamination manuportée est une composante majeure dans ce
mode de transmission [139]. Les germes concernés par cette contamination
sont décrits dans les guides du CTIN et du CDC [70, 91] ;
la contamination par les véhicules communs : elle
concerne l'eau, l'alimentation, les médicaments. Ces voies de transmission
ont un rôle moindre dans la survenue des IN, sauf chez le patient
immunodéprimé (cf. § Les précautions concernant
l'eau et Prévention de la contamination par les aliments)
;
la contamination par les vecteurs : c'est une contamination
par les rongeurs et les insectes. Elle a un rôle très faible
dans les hôpitaux européens.
* Les trois attitudes de prévention
À ces différents modes de contamination
correspondent des précautions appelées précautions
standards (S) et des précautions particulières de type air
(A), gouttelettes (G), contact (C) et véhicules communs (VC) [70,
91]. Ces précautions permettent de définir des indications
de prévention :
pour tous les malades : les précautions standard ;
pour les malades infectés et porteurs de BMR : précautions
septiques ;
pour les malades immunodéprimés : l'isolement protecteur.
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Au total
Bases
rationnelles de la prévention des infections nosocomiales
chez le patient cancéreux
Standards
La connaissance des modes de contamination
représente la base rationnelle des attitudes de prévention
à appliquer :
- pour tous les malades : précautions standards ;
- pour les malades infectés : précautions septiques
;
- pour les malades immunodéprimés : isolement protecteur.
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Attitudes de prévention à adopter
vis-à-vis de l'ensemble des malades : précautions standards
* Les documents de référence
La définition, les objectifs, les indications, les cibles et
les modalités des précautions standards sont clairement
définis dans deux documents de référence :
la circulaire DGS/DH n° 98/249 du 20 avril 1998 relative
à la prévention de la transmission d'agents infectieux véhiculés
par le sang ou les liquides biologiques lors des soins dans les établissements
de santé [13] ;
le guide du CDC : Guidelines for Isolation Precautions in Hospitals,
1996 [91].
* Définition, objectifs et germes cibles
Ce sont les précautions minimales, applicables en routine. Elles
remplacent les précautions universelles définies en 1989
[4].
Elles ont pour but la protection simultanée du personnel et du
malade vis-à-vis des produits biologiques à risque (cf.
§ Indications) contaminés par d'éventuels micro-organismes,
particulièrement les virus du sida, des hépatites et autres
virus [9].
Les précautions standards sont essentielles en cancérologie
où le risque infectieux est fréquent et, par conséquent,
la charge de travail importante. En effet, leur application permet la
mise en place d'une sécurité sanitaire au quotidien, en
maîtrisant 90 % du risque biologique, même méconnu,
et en simplifiant les précautions particulières de l'isolement
septique ou protecteur à ajouter si indication.
* Modalités
Les modalités des précautions standards sont définies
par sept références réglementaires [13]. Celles-ci
doivent être traduites en procédures et fiches techniques
écrites (tableau X), qui, après validation par le
CLIN, deviennent un référentiel interne connu et appliqué
par tout le personnel hospitalier.
Cette sécurité sanitaire de base est également
liée à des choix d'établissement en termes d'architecture
et d'équipements, particulièrement en cancérologie.
On peut recommander (accord d'experts) :
pour maîtriser les risques infectieux méconnus survenant
inopinément en cours d'hospitalisation (infection, neutropénie
courte) de généraliser les chambres et sanitaires individuels
en les dotant d'un système de dédouanement des personnes
et du matériel pour permettre la mise en place rapide d'un isolement
protecteur ou septique ;
de différencier dans chaque unité les secteurs «
souillés » (stockage du linge sale et des déchets,
traitement du matériel de soins, de nursing, de ménage)
des secteurs « propres » (linge propre, matériel propre,
salle de soins, etc.) [157] ;
de s'assurer de la conformité des équipements aux
normes ou recommandations en vigueur ;
de choisir des matériaux lisses, lavables, désinfectables.
* Indications
Elles sont à appliquer : en continu par tout le personnel, à
tous les malades quel que soit leur statut sérologique ou immunologique
[13], vis-à-vis de tous les produits biologiques considérés
comme à risque, c'est-à-dire tous les produits d'origine
humaine à l'exception de la peau saine et de la sueur [91].
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Au total
Attitudes
de prévention à adopter vis-à-vis de tous les
malades
Standards
Les produits biologiques à risque
sont tous les produits d'origine humaine à l'exception de
la peau saine.
Les précautions standards représentent
l'attitude minimale obligatoire pour la prévention des infections
nosocomiales. Elles sont à adopter en continu vis-à-vis
de tous les malades quel que soit leur statut infectieux ou immunitaire,
par tout le personnel et pour tous les produits biologiques à
risque.
Leur objectif est de couvrir en continu
le risque biologique connu et méconnu pour assurer la protection
simultanée du personnel et des malades.
Elles doivent être traduites
en procédures et fiches techniques écrites, puis validées
par le CLIN.
Recommandations
Il est recommandé de lier les précautions
standards à des choix en termes d'architecture et d'équipements
(accord d'experts) :
généraliser les chambres
et sanitaires individuels (accord d'experts) ;
différencier dans chaque unité
les locaux souillés des locaux propres (accord d'experts)
;
s'assurer de la conformité des
équipements aux normes ou recommandations existantes ;
choisir des matériaux lisses,
lavables et désinfectables.
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Attitudes vis-à-vis des malades infectés
ou colonisés par des micro-organismes « indésirables
» :
l'isolement septique
* Documents de référence
La définition, les objectifs, les indications, les cibles et
les modalités de l'isolement septique sont clairement identifiés
dans la littérature avec comme principaux référentiels
:
le guide du CDC : Guidelines for Isolation Precautions in Hospitals,
1996 [91] ;
le guide du CTIN : Isolement septique : recommandations pour
les établissements de soins, 1998 [70] ;
le guide du CTIN : Maîtrise de la diffusion des bactéries
multirésistantes aux antibiotiques, 1999 [66] ;
La XVIe Conférence de consensus de la Société
de réanimation de langue française : Prévention
des infections à bactéries multirésistantes en réanimation,
1996 [176] ;
Le guide C. CLIN Paris-Nord : Fiches de recommandations. Maîtrise
de la diffusion des bactéries multirésistantes aux antibiotiques,
1997 [63].
* Définition et objectifs de l'isolement
septique
L'isolement septique est l'ensemble des précautions prises pour
éviter la transmission croisée d'un micro-organisme «
indésirable » d'un patient infecté ou colonisé
à une autre personne (malade, personnel, visiteur). Cependant,
cette notion d'« isolement » a évolué au profit
de « précautions » particulières d'application
plus aisée, et cela grâce à la meilleure compréhension
des modes de contamination et à la mise en place des précautions
standards pour tous les malades.
* Modalités des précautions septiques
particulières
Les précautions particulières de type air (A), gouttelettes
(G) et contact (C) s'ajoutent aux précautions standards dès
qu'une infection est diagnostiquée [70, 91]. Elles interviennent
isolément ou simultanément selon que le germe concerné
présente un ou plusieurs modes de contamination.
Leurs modalités sont évaluées [70] et doivent être
traduites en procédures et fiches techniques écrites et
validées par le CLIN (tableau XI).
* Indications
L'indication et la levée des précautions particulières
septiques reposent sur une prescription médicale [70]. Les indications
sont liées à l'appartenance du micro-organisme aux listes
de référence et à son caractère de multirésistance
aux antibiotiques (figure 4).
* Limites
Les précautions septiques ont des limites qui sont :
le retard au diagnostic ;
la méconnaissance d'un portage sain, en particulier pour
les BMR ;
le sentiment d'isolement psychologique du malade [160] ;
la surcharge de travail pour le personnel ;
le surcoût.
Ces difficultés d'application soulignent l'importance :
d'une application rigoureuse des précautions standards qui
permettent de limiter le risque septique méconnu [139] ;
de l'antibiothérapie bien conduite afin de réduire
l'émergence de souches multirésistantes.
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Au total
Attitudes
de prévention à adopter vis-à-vis des malades
infectés : l'isolement septique
Standards
Les précautions particulières
septiques sont validées tant pour leurs modalités
(tableau XI) que pour leurs indications qui se limitent aux
germes figurant sur les listes de référence ou aux
bactéries multirésistantes (figure 4).
Elles ne remplacent pas, mais s'ajoutent
aux précautions standards qu'elles complètent.
Elles doivent être traduites
en procédures et fiches techniques écrites, puis validées
par le CLIN et donner lieu à une formation interne pour l'ensemble
du personnel médical.
La signalisation des malades faisant
l'objet de précautions septiques doit être réalisée
lors des transferts internes ou externes à l'établissement.
Le dépistage des BMR doit être
entrepris pour tout malade identifié par le CLIN comme suspect
de colonisation.
Dans ce cas, les précautions
de type contact s'ajoutent d'emblée aux précautions
standards et sont complétées par des précautions
de type air (tuberculose pulmonaire ou laryngée contagieuse)
ou gouttelettes (bronchopneumopathie et/ou infection ou colonisation
des voies respiratoires aérodigestives supérieures).
La signalisation des malades infectés
ou colonisés à BMR doit être réalisée
lors de leurs transferts internes ou externes à l'établissement.
Une politique d'antibiothérapie
et de prophylaxie visant à diminuer l'émergence des
BMR doit être menée dans l'établissement.
Il n'y a pas d'indication de la chimiodécontamination
pour les malades infectés ou colonisés à BMR.
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Attitude vis-à-vis des malades immunodéprimés
: l'isolement protecteur
* Bases rationnelles et niveau de validation
de l'isolement protecteur en cancérologie
À l'heure actuelle et malgré une littérature abondante
[33, 44, 45, 47, 56, 57, 71, 77, 97, 98, 100, 120, 121, 140, 163, 166,
169-172, 174, 180, 191, 198], l'isolement protecteur chez le malade cancéreux
n'est pas validé ni pour ses indications, ni pour ses modalités
[48, 86].
Cela a pour conséquences une extrême diversité des
pratiques et une incertitude des équipes médicales dans
leurs choix stratégiques comme en témoignent les réponses
à un questionnaire adressé à 35 équipes françaises
d'oncologie ou d'oncohématologie (tableau XII).
Les trois bases rationnelles disponibles pour la mise en place de l'isolement
protecteur chez le malade cancéreux sont :
le guide du CDC [91] sur les modes de contamination ;
le guide CDC sur la prévention des aspergilloses pulmonaires
[61] ;
les recommandations de la conférence de consensus «
Prévention du risque aspergillaire chez les patients immunodéprimés
(hématologie, transplantation) » (21 mars 2000, Paris) [18].
En l'absence de définition du score de risque infectieux [18],
ces bases sont insuffisantes à l'heure actuelle, aussi les précautions
de l'isolement protecteur en cancérologie reposent essentiellement
sur un accord d'experts pour les groupes R2, R3
et R4 identifiés (cf. § Épidémiologie
: données épidémiologiques en cancérologie
: les facteurs de risque d'IN en cancérologie) (tableau
VI).
* Définition et objectifs
L'isolement protecteur ou reverse isolation est l'ensemble des
précautions prises pour prévenir uniquement la contamination
croisée chez un malade immunodéprimé. Par conséquent,
il ne représente qu'un moyen parmi d'autres pour diminuer le risque
infectieux global et ne peut, de ce fait, le maîtriser à
lui seul (tableau XIII), ce qui explique, en partie, son absence
de validation [48, 86].
Les autres aspects de la prévention ne seront pas abordés
dans ce chapitre.
|
Au total
Attitude
de prévention à adopter vis-à-vis des malades
cancéreux immunodéprimés :
niveau de validation de l'isolement protecteur
Standards
Le seul objectif de l'isolement protecteur
des malades cancéreux immunodéprimés est la
réduction du risque de contamination croisée.
Il n'y a pas d'attitude standard, ni
pour l'estimation du niveau de risque infectieux, ni pour les modalités
et les indications de l'isolement protecteur.
Recommandation
En l'absence de validation de l'isolement
protecteur, il appartient aux CLIN des établissements accueillant
des malades cancéreux immunodéprimés de définir
ses indications et ses modalités. Il est recommandé
de prendre en compte, outre la neutropénie, le risque aspergillaire
(tableau VI) (accord d'experts).
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* Prévention du risque aéroporté
au cours de l'isolement protecteur
La prévention du risque de contamination aéroportée
a pour cible essentielle les aspergillus sp. En effet, les aspergilloses
invasives représentent la première cause de mortalité
d'origine infectieuse dans les services d'oncohématologie [18].
Estimation du risque aspergillaire
Ce risque est intimement lié à l'environnement aérien
et aux malades.
Risque environnemental aérien
Bien que l'air ne soit pas le seul vecteur de contamination aspergillaire,
un faisceau d'arguments est en faveur de son rôle prépondérant
dans la contamination aspergillaire. Dans plus de 80 % des cas, l'infection
des voies aériennes pneumopathie ou sinusite [26, 42, 43,
89, 132, 137, 184, 194, 199] précède l'aspergillose
invasive, suggérant très fortement une contamination par
inhalation de spores aéroportées. Par ailleurs, de nombreux
auteurs ont lié une augmentation de la colonisation des voies aérodigestives
supérieures [107] et la survenue de cas groupés d'aspergillose
à une élévation de l'aérobiocontamination,
notamment en période de travaux qui seraient responsables de plus
des deux tiers des aspergilloses [42, 76]. Enfin, le traitement de l'air
basé sur une pression positive et la filtration sur filtres HEPA
(High Efficiency Particulate Air) diminue, dans la majorité des
séries, l'incidence des aspergilloses chez les malades à
risque [33, 42, 103, 129, 174, 183, 197].
Les mécanismes : comment l'air se contamine-t-il ?
Tout au long de l'année, la présence d'Aspergillus
sp. est quasi constante dans l'air extérieur et en moindre concentration
à l'intérieur des bâtiments [116, 142, 159]. Les concentrations
moyennes annuelles sont de l'ordre de 1 à 20 CFU/m3
(tableau XIV). Cette contamination « de base » est la
résultante d'échanges entre l'air et les réservoirs
de spores. Elle peut être largement modifiée, comme en témoignent
la corrélation entre l'élévation de l'aérobiocontamination
aspergillaire et les turbulences d'air, en particulier liées aux
travaux [58]. Ceux-ci sont considérés comme un risque majeur
environnemental dans l'ensemble de la littérature [20, 25, 26,
58, 107, 118, 143, 181].
La dépose de plafonds, le renouvellement des filtres des installations
de traitement d'air [149], les travaux des champs [76] constituent d'autres
événements potentialisant l'aérobiocontamination.
En quelques secondes apparaît le « nuage aspergillaire »
qui se caractérise par sa faible distance de propagation à
partir de son point d'émission [142] et par sa très courte
durée de vie : la concentration en spores est multipliée
par 10 000 [159, 181] pour être quasi nulle en une heure [118] à
un jour [112]. Cette rapide normalisation est le résultat de la
sédimentation des spores sur les surfaces avoisinantes. Ce phénomène
de nuage aspergillaire rend compte de l'intérêt limité
des prélèvements d'air habituellement réalisés
avec retard par rapport à la survenue des infections [164]. En
revanche, elle souligne l'importance des prélèvements de
surfaces peu accessibles au nettoyage dans les recherches épidémiologiques
au cours des aspergilloses [149].
* Les portes d'entrée.
Les conidies aéroportées pénètrent dans
l'organisme par les voies respiratoires ou par sédimentation dans
les plaies. La probabilité d'inhaler des conidies est très
forte [34]. Elles sont inspirées dans les voies aérodigestives
supérieures et peuvent atteindre les alvéoles pulmonaires
du fait de leur petit diamètre. Chaque patient inhale de 2 000
[115] à 5 000 [65] génotypes différents par mois
donnant lieu, chez le malade immunodéprimé, soit à
une colonisation, soit à une infection [129, 146]. Par ailleurs,
des cas groupés d'infections postopératoires de plaie ont
été décrits en chirurgie cardiaque [149] et ophtalmologique
[198] résultant de la sédimentation de spores aspergillaires
préalablement mises en suspension dans l'air lors de travaux de
remplacement de filtres.
* Risque de contamination aéroportée en atmosphère
contrôlée.
Même en atmosphère protégée, conforme aux
recommandations du Center for Disease Control [183], des aspergilloses
invasives sont décrites dans la littérature [42]. Ces échecs
sont dus aux limites des précautions vis-à-vis de la contamination
aéroportée ou à leur défaillance :
contamination des voies aérodigestives supérieures
préexistante à l'isolement protecteur [130, 131, 133, 147,
150, 184, 194]
sorties de l'enceinte protégée [24, 133, 147, 161,
162, 174, 196] ;
défaillances de l'installation (filtres colmatés,
étanchéité défectueuse des gaines [183] ;
erreurs techniques lors des procédures d'entrée en
zone contrôlée avec introduction de spores via les
vêtements ou les objets.
Par ailleurs, d'autres causes peuvent expliquer la survenue d'aspergilloses,
notamment la contamination par les véhicules communs (eau, aliments)
et par contact avec des objets porteurs de spores.
Risque lié aux malades
Le risque aspergillaire concerne essentiellement les malades du groupe
R4 et à un moindre degré ceux du groupe R3.
Il est très faible pour le groupe R2 et quasi nul pour
le groupe R1 (tableau VI, cf. § Épidémiologie
: données épidémiologiques en cancérologie
: les facteurs de risque d'IN en cancérologie) (accord d'experts).
Cette proposition est à moduler en fonction de la corticothérapie.
Le seuil critique de contamination aspergillaire
Actuellement, il n'existe pas de réponse consensuelle sur le niveau
critique d'aspergillus sp. dans l'air [188], cela pour plusieurs
raisons :
difficulté de mesurer un éventuel pic aspergillaire
au moment précis de la contamination du malade ;
variabilité des résultats selon les laboratoires
et les appareils de mesure en l'absence de standardisation des méthodes
de prélèvement ;
variabilité du seuil en fonction de la sensibilité
individuelle du malade, elle-même fonction de la profondeur de l'immunodépression.
Par conséquent, en l'absence de réglementation et de recommandation,
les seuils microbiologiques sont liés aux possibilités techniques
(tableau XV) [28].
Les objectifs de la prévention du risque aéroporté
Les objectifs de la prévention du risque aéroporté
sont variables selon le type de malade (tableau XVI) (accord d'experts).
Les modalités et indications (tableau XVII)
Pour la prévention de l'aspergillose, les données
de la littérature sur le traitement de l'air sont les suivantes
:
* Est reconnue comme efficace toute installation de traitement de l'air
assurant au minimum :
une filtration sur filtres HEPA (High Efficiency Particulate
Air) >= 99,97 % DOP (dioctylphtalate), [18, 61] ;
un flux d'air dirigé balayant le lit du patient [61] ;
une étanchéité parfaite du local [61] ;
une surpression positive de la chambre d'au moins 15 pascals [18]
;
en cas de patient à très haut risque aspergillose
et infecté à un micro-organisme (ex : tuberculose, varicelle,
etc.), maintenir la pression positive dans la chambre et ajouter une extraction
indépendante dans le sas [61] ;
un taux de brassage au minimum égal à 20 renouvellements/heure
[18] ;
une protection de la centrale et des gaines de climatisation [18].
* Le bénéfice lié au flux laminaire n'est pas clairement
établi [18, 61]. Son intérêt serait simplement d'améliorer
la vigilance de l'équipe et de compenser l'introduction accidentelle
de spores aspergillaires lors d'erreurs dans les pratiques de dédouanement
des objets ou des personnes. En effet, un taux de brassage de 200 à
600 volumes/heure assure une meilleure cinétique de biodécontamination
en période d'activité.
* L'utilisation des appareils filtrants mobiles introduits dans la pièce
n'est pas cliniquement validée. Par ailleurs, ils présentent
le double inconvénient de ne pas filtrer l'air à son admission
et de ne pas créer une pression positive. Malgré une certaine
efficacité à réduire l'aérobiocontamination
[148], ils n'éliminent que partiellement la contamination externe.
Ils sont intéressants pour régler une situation d'urgence
(travaux) en l'absence de traitement d'air permanent. Ce procédé
permet d'effacer le pic d'aspergilloses observées au cours de travaux
mais en dehors des périodes de travaux, il ne diminue pas l'incidence
des aspergilloses par rapport à l'hospitalisation dans un local
sans traitement d'air [122].
De ces données, il ressort que :
* pour l'ensemble des malades immunodéprimés (R2,
R3, R4), la prévention du risque aéroporté
autre qu'aspergillaire repose essentiellement sur l'isolement septique
des autres malades atteints de ces infections ;
* pour les malades du groupe R4, l'air devrait être traité
en permanence selon les modalités minimales sans que le flux laminaire
soit nécessaire (accord d'experts) [18, 61] ;
* pour les malades du groupe R3, le traitement permanent de
l'air n'est pas indispensable sauf en période de travaux et, dans
ce cas, l'utilisation des appareils filtrants mobiles peut être
recommandée (accord d'experts).
|
Au total
Attitude
de prévention à adopter vis-à-vis des malades
cancéreux immunodéprimés : prévention
du risque aéroporté
Standards
La seule indication du traitement de
l'air chez le malade cancéreux immunodéprimé
est la prévention du risque aspergillaire.
Il est nécessaire de stratifier
les malades cancéreux en fonction du risque aspergillaire.
Il n'y a pas de score de risque standard.
Pas d'indication de traitement de l'air
pour les patients du groupe R2.
Option
Pour les groupes R3 et R4
l'indication de traitement de l'air peut être envisagée
mais les données de la littérature sont trop imprécises
pour en définir les modalités.
Recommandations
Il est recommandé de stratifier,
avec l'aide du CLIN, les malades cancéreux immunodéprimés
en quatre groupes de risque infectieux en fonction de la neutropénie
et du risque aspergillaire (tableau VI) (accord d'experts).
Les indications et modalités
générales recommandées pour la prévention
du risque aéroporté pour les patients du groupe R3
et R4 paraissent dans le tableau XVII (accord
d'experts). En particulier, pour le traitement de l'air, il est
recommandé de :
Traiter l'air en permanence pour les
malades à très haut risque aspergillaire (groupe R4).
* Dans ce cas, le caractère indispensable
du flux laminaire dans la prévention de l'aspergillose n'est
pas clairement prouvé, mais le système de traitement
de l'air doit comporter au minimum (accord d'experts) :
* une filtration absolue au point de soufflage
de l'air (efficacité de filtration >= 99,97 % au test
DOP (dioctylphtalate) ;
* un flux d'air dirigé balayant le
lit du malade ;
* une étanchéité parfaite
du local ;
* une pression positive de la chambre au minimum
égale à 15 Pa ;
* un taux de brassage au minimum égal
à 20 renouvellements/heure ;
* une protection de la centrale et des gaines
de climatisation par 4 rangs de filtration.
Pour les malades à haut risque
aspergillaire (groupe R3), le traitement de l'air par
des appareils filtrants mobiles offre une sécurité
supplémentaire.
Pour éviter les échecs
de la prévention aspergillaire, il est recommandé
de (accord d'experts) :
* débuter les précautions de
type aéroporté dix jours avant la date présumée
d'aplasie (durée moyenne d'incubation de l'aspergillose)
pour éviter une infection liée à la colonisation
préalable des VADS et les poursuivre jusqu'à sortie
de la neutropénie ;
* contrôler l'efficacité du traitement
de l'air ;
* protéger les voies respiratoires
du malade par un masque lors de ses sorties ;
* ajouter la prévention de contamination
aspergillaire par contact en vérifiant l'observance des procédures,
notamment dédouanement des personnes, du matériel,
des aliments pour limiter l'introduction de spores présentes
sur ces surfaces, et par voie digestive en excluant les aliments
à haut risque de contamination aspergillaire et en assainissant
l'ensemble de l'alimentation.
|
* Les précautions de type gouttelettes (G) au cours de l'isolement
protecteur
Il n'y a pas d'attitude standard pour ces précautions qui relèvent
de l'accord d'experts.
Risque
Ce risque existe essentiellement pour les soins de proximité et
il est croissant des groupes R1 à R4 mais
il est mal évalué dans la littérature.
Objectifs
Les objectifs retenus sont présentés dans le tableau
XVIII (accord d'experts).
Modalités et indications
Les modalités ont pour base celles des précautions G de
l'isolement septique [91] (tableau XIX).
|
Au total
Attitude
vis-à-vis des malades cancéreux immunodéprimés
:
prévention de la contamination par les gouttelettes
Standard
Le risque lié à la contamination
par les gouttelettes (G) n'est pas évalué chez les
malades cancéreux immunodéprimés, et il n'existe
pas de standard pour les indications et les modalités des
précautions G dans le cadre de l'isolement protecteur.
Option
Mettre en place l'isolement. Gouttelettes
avec l'aide du CLIN pour les groupes R2, R3,
R4.
Recommandation
Les indications et modalités recommandées
paraissent dans le tableau XIX (accord d'experts).
|
* Les précautions de type contact (C) au cours de l'isolement
protecteur
En l'absence de références précises dans la littérature,
les précautions de type contact au cours de l'isolement protecteur
reposent sur un accord d'experts.
Risques liés au germe et au malade
Les germes à prendre en compte sont, outre les pathogènes
à transmission C [70, 91], les germes habituels de l'environnement
hospitalier, en particulier les BMR et aspergillus sp. dont la
transmission par contact avec des objets de soins, les mains ou des lits
fluidisés est décrite dans la littérature [53, 123,
145, 158].
Ce risque est mal évalué dans le cadre de l'isolement
protecteur mais probablement proportionnel au niveau d'immunodépression
des patients.
Les objectifs retenus sont présentés dans le tableau
XX.
Modalités
Les modalités sont basées sur celles des précautions
C de l'isolement septique [91] modifiées selon les objectifs proposés
(tableau XXI).
|
Au total
Attitude
vis-à-vis des malades immunodéprimés : prévention
de la contamination par contact
Standard
Il n'y a pas de standard pour l'évaluation
du niveau de risque lié à la contamination par contact
ni pour ses modalités et ses indications, dans le cadre de
l'isolement protecteur chez le malade cancéreux immunodéprimé.
Option
Mettre en place l'isolement contact avec l'aide
du CLIN.
Recommandations
Considérer le risque de contamination
par contact proportionnel au niveau d'immunodépression des
patients (tableau XX) (accord d'experts).
Les germes indésirables dans
ce cas sont, outre les germes pathogènes à transmission
C des listes du CDC et du CTIN, les germes habituels de l'environnement
hospitalier, en particulier les bactéries multirésistantes
et aspergillus sp. pour le groupe R3 et particulièrement
pour R4 (tableau XX) (accord d'experts).
Chez les malades cancéreux et
immunodéprimés, adopter les indications et modalités
de mise en uvre recommandées (tableau XXI) (accord
d'experts).
|
* Les précautions concernant l'eau
La prévention de la contamination hydrique est une obligation
réglementaire en milieu hospitalier [5, 14]. Cependant, dans le
cadre de l'isolement protecteur, ses modalités et ses indications
reposent essentiellement sur un accord d'experts, dans l'attente des conclusions
d'un groupe de travail du CTIN sur l'eau en secteur de soins.
Le risque de contamination hydrique
Pour le malade cancéreux, l'eau est potentiellement contaminante
par ingestion, aérosolisation ou contact. Le risque est lié
au germe et au malade.
Les espèces opportunistes d'origine hydrique habituellement impliquées
chez le malade cancéreux neutropénique sont des bactéries
(Pseudomonas aeruginosa, pseudomonas sp., Aeromonas hydrophila,
mycobactéries atypiques, legionella sp., etc.) [75, 114,
144, 175], des parasites ou des virus. Le risque aspergillaire d'origine
hydrique n'est pas clairement établi [18].
Les seuils microbiologiques quantitatifs et qualitatifs critiques pour
ces patients ne sont pas connus. Les données existantes relèvent
uniquement d'accords d'experts [28, 68] et sont davantage liées
aux possibilités techniques qu'à des risques véritablement
identifiés. Néanmoins, pour les malades immunodéprimés,
sont habituellement proposés deux types d'eaux dites « bactériologiquement
maîtrisées » : « l'eau niveau I », ou «
eau propre », et « l'eau niveau II », ou « eau ultrapropre
» « ou eau exempte de micro-organismes » (tableau XXII).
La dénomination et la définition de ces eaux restent à
préciser [40]. Habituellement sont recherchés, dans un volume
de 100 ml, la flore mésophile totale et Pseudomonas aeruginosa,
espèce sentinelle, témoin d'une contamination hospitalière.
Les seuils proposés [68] sont parfois exprimés en niveaux
cible, d'alerte et d'action [28] (tableau XXII).
Cependant, il est recommandé, en l'absence de réglementation
et de consensus, d'interpréter les résultats en termes de
« tendances » et de déclencher l'alerte sur des valeurs
significativement supérieures à la moyenne habituellement
observée sur le point d'usage surveillé.
Les indications de traitement de l'eau
Pour les gestes critiques, l'utilisation de l'eau stérile
s'applique aux malades immunodéprimés comme à l'ensemble
des malades.
L'absence de réglementation et la méconnaissance
des seuils critiques expliquent l'absence de consensus dans l'indication
du traitement de l'eau du réseau chez les malades immunodéprimés.
Celle-ci relève essentiellement d'un accord d'experts (tableau
XXII). Les seules obligations sont d'adapter la qualité de
l'eau à l'état de gravité du malade [1] et d'utiliser
de l'eau bouillie ou embouteillée comme eau de boisson [12] chez
ces malades sans que soit précisé le niveau d'immunodépression
(groupes à risque R2, R3, R4 ?).
Modalités de traitement et surveillance de l'eau
Les modalités de traitement des eaux d'adduction sont à
peu près consensuelles [40, 68] (tableau XXII) : les rayons
ultraviolets sont à déconseiller car ils présentent
des résultats aléatoires ; la chloration permet d'atteindre
un niveau 1 sous réserve que les conduites ne soient pas anciennes.
L'obtention du niveau 2 relève de la microfiltration qui est la
méthode la plus efficace. L'eau de boisson doit être bouillie
ou embouteillée [12].
Le traitement des siphons n'a d'intérêt que s'il est continu
et la chloration donne habituellement de bons résultats [154].
La surveillance de l'eau est sous la responsabilité du directeur
de l'établissement [1] qui doit en définir les procédures
avec l'aide du CLIN.
Les limites du traitement d'eau et de la surveillance
La mise en uvre de la prévention hydrique a des limites qui
sont liées :
aux traitements : les virus et les pyrogènes ne sont retenus
que par l'ultrafiltration [40] ;
aux prélèvements : d'une part, la recherche est obigatoirement
limitée à certaines de ces espèces et, d'autre part,
il existe un seuil limite de détection.
|
Au total
Attitude vis-à-vis
des malades immunodéprimés : prévention de
la contamination hydrique
Standards
La prévention et la surveillance de la contamination
de l'eau sont une obligation réglementaire en milieu hospitalier
et doivent être adaptées au niveau de risque infectieux.
Il n'y a pas de standard pour les indications et les modalités
du traitement de l'eau du réseau au cours de l'isolement
protecteur en cancérologie.
Pour les gestes critiques (gestes invasifs portant sur un
tissu ou une cavité stérile), il est nécessaire
d'utiliser de l'eau stérile de l'industrie pharmaceutique
conditionnée en flacons versables, répondant à
la définition de stérilité de la pharmacopée
européenne.
L'eau de boisson servie aux malades immunodéprimés
doit être embouteillée ou bouillie.
Définir les modalités de surveillance microbiologique
hospitalière de l'eau bactériologiquement maîtrisée
avec l'aide du CLIN (accord d'experts).
Options
Les eaux « bactériologiquement maîtrisées
» sont classées en :
* « eau propre (niveau 1) » ;
* « eau ultrapropre (niveau 2) ».
Les niveaux cible, d'alerte et d'intervention ne faisant pas l'objet
d'un consensus sont à définir par le CLIN.
Parmi les moyens de traitement de l'eau d'adduction, la microfiltration
est le plus performant pour obtenir de l'eau ultrapropre (niveau
2). La chloration peut être suffisante pour obtenir de l'eau
propre (niveau 1). L'utilisation des ultraviolets est à déconseiller.
Recommandations
Pour les eaux d'adduction, obtenir une eau de niveau 1 chez
les malades appartenant au groupe de risque R2 et de
niveau 2 pour ceux des groupes R3 et R4 (tableau
XXII) (accord d'experts).
L'indication de l'eau bouillie ou embouteillée comme
eau de boisson est réservée aux malades des groupes
à risque R3 et R4 (accord d'experts).
Traiter les eaux usées chez les malades des groupes
R3 et R4 (accord d'experts).
Définir les modalités de surveillance microbiologique
hospitalière de l'eau bactériologiquement maîtrisée
avec l'aide du CLIN (accord d'experts).
|
* Prévention de la contamination par les aliments
La prévention du risque lié à l'alimentation est
une des références du manuel d'accréditation [17]
et il appartient à l'établissement d'adapter la prévention
aux risques encourus. Cependant, s'il existe une législation sur
l'alimentation en milieu hospitalier [9], les données de la littérature
sont très divergentes sur l'alimentation des malades immunodéprimés.
En particulier, il n'y a de standard ni pour les seuils acceptables ni
pour les modalités de traitement.
Le risque
Le risque alimentaire est lié à l'état du malade
par le biais de la translocation digestive, mais dépend également
du germe.
Risque lié au malade
Le tube digestif représente une population de 1014 micro-organismes
et une surface d'échange avec le sang de l'ordre de 300 m2
[186].
Cette barrière est franchissable, même en conditions normales
: le passage des germes au travers de la muqueuse digestive ou translocation
est un phénomène physiologique et sans conséquence
chez l'immunocompétent. En revanche, chez le patient cancéreux,
ce risque est accru du fait de l'altération de l'intégrité
anatomique, physiologique, microbiologique du tube digestif (figure
5) et présente une réelle gravité en cas de neutropénie.
Dans ce cas, la translocation digestive est la principale source de bactériémie
à bactéries à Gram négatif [185].
Face à ce risque, une alimentation conventionnelle, dont on sait
qu'elle participe de façon non négligeable à la contamination
digestive, représente un danger qui va croissant en fonction de
la profondeur et de la durée de la neutropénie [185, 186].
Le seuil dangereux par catégorie de patients à risque est
mal précisé.
Risque lié aux micro-organismes
La translocation digestive est rarissime pour les germes anaérobies
[46], modérée pour les staphylococcus sp., streptococcus
sp. et levures [111] mais concerne surtout les bacilles à Gram
négatif, normalement présents dans le tube digestif (entérobactéries)
ou occasionnels et sélectionnés par une antibiothérapie
préalable (Pseudomonas aeruginosa, klebsiella sp., enterobacter
sp.). Parmi tous ces germes, le Pseudomonas aeruginosa est le plus
invasif [185, 186] et responsable d'infections plus rapidement mortelles
[22, 87].
Les aspergillus sp. contaminent la plupart des aliments et particulièrement
le poivre [79], le thé [125], les potages lyophylisés et
les fruits. Bien moins fréquente que la voie aéroportée,
la porte d'entrée digestive est connue [123, 165, 199] mais la
pathogénie est imprécise : liée à une contamination
des voies aérodigestives supérieures ou à une translocation
?
Les objectifs : définition des seuils microbiologiques qualitatifs
et quantitatifs
La stérilité des aliments au sens de la pharmacopée
semble être l'objectif sécuritaire idéal pour les
patients les plus fragiles, mais elle est extrêmement difficile
à atteindre en dehors des conserves appertisées et des produits
UHT. Certains auteurs ont proposé des seuils de contamination alimentaire
« acceptables » (tableau XXIII). Cependant, ils ne font
pas l'objet de standard, et par ailleurs ne tiennent pas compte des niveaux
d'immunodépression des malades.
Compte tenu de ces données, des seuils microbiologiques peuvent
être recommandés, en fonction du groupe de risque (R1,
R2, R3, R4) (accord d'experts) (tableau
XXIV).
Modalités
Les moyens disponibles sont le respect de la réglementation, l'exclusion
des aliments fortement contaminés et l'assainissement des aliments.
Respect de la réglementation
La démarche « Hazard Analysis Critical Control Point »
(HACCP) définit les règles minimales à suivre dans
la préparation des aliments pour l'ensemble des malades [9]. Elle
est l'équivalent de la méthode ADPCM dans le domaine de
la restauration (cf. § L'assurance qualité).
Les exclusions alimentaires
Certains aliments à forte contamination microbiologique sont à
exclure. Pour les malades des groupes R3 et R4,
l'eau de boisson du réseau est à remplacer par de l'eau
bouillie ou embouteillée [12] (cf. § Prévention
de la contamination par les aliments). Il y a consensus pour l'exclusion
des laitages et fromages frais, des produits laitiers non stérilisés,
des fruits et légumes crus à peau fine, des viandes crues,
des charcuteries, des fruits de mer, du pain artisanal [21, 36, 51, 72,
82, 102, 152, 192] mais d'autres produits sont l'objet d'avis divergents
tels que fruits à peau épaisse, épices, poivre, thé,
tisane, potages lyophilisés riches en spores aspergillaires [21,
35, 51, 52, 83, 167, 192], chocolats instantanés, bonbons [29,
49, 167, 189].
Il serait souhaitable d'établir une liste standard des aliments
exclus en fonction des seuils recommandés (tableau XXV).
Une telle liste est proposée par certains auteurs américains
[93, 152] mais pour des marques de produits non distribuées en
France.
L'assainissement des aliments
L'hétérogénéité des termes utilisés
pour définir ce type d'aliments (alimentation « stérile,
protégée, assainie, pauvre en germes ») manifeste l'absence
de consensus sur les seuils microbiologiques.
Le cahier des charges du procédé idéal serait :
être efficace, c'est-à-dire atteindre le seuil critique
fixé ;
offrir un vaste choix d'aliments crus ou cuits ;
permettre une disponibilité de l'aliment dans un délai
très court pour répondre aux « envies » du patient
sans contraintes horaires ;
respecter les qualités organoleptiques ;
respecter les propriétés nutritionnelles ;
avoir un conditionnement unitaire, sous double emballage pour permettre
une introduction aseptique dans la chambre du malade si besoin (groupe
R4).
La chaleur ou la radappertisation des aliments sont les principales
méthodes à utiliser.
La chaleur
Selon les équipes sont utilisés l'autocuiseur [29, 95, 136,
189], l'autoclave à vapeur [189] ou le micro-ondes [50, 117, 141].
Les études réalisées sont peu nombreuses, toutes
n'analysent pas la réduction du titre microbien et aucune méthode
testée ne permet de stériliser l'aliment. En revanche, on
soulignera les bonnes performances du four à micro-ondes qui, pour
des temps relativement courts, permet une réduction du titre de
spores de deux à trois log. De nouvelles études devraient
être entreprises faisant apparaître, pour les trois méthodes,
des procédures standardisées, prenant en compte le type
d'aliment, le volume, l'emballage et les paramètres physiques appliqués.
La radappertisation
C'est une technique d'assainissement « à froid » des
aliments. Elle est utilisée depuis plus de 20 ans par la NASA pour
ses vols spatiaux [141] et depuis 1969 par le Fred Hutchinson Cancer Research
Center de Seattle pour les malades immunodéprimés [108].
Il s'agit d'une réduction du nombre et/ou de l'activité
de micro-organismes par l'emploi de rayons gamma, de rayons X ou de faisceaux
d'électrons [193]. L'efficacité dépend de la dose
absorbée par l'aliment et l'on utilise, pour l'alimentation des
malades immunodéprimés, une dose de l'ordre de 40 K Gy.
Cette dose est supérieure aux 10 K Gy maximaux admis réglementairement,
donc son application doit faire l'objet d'une demande spéciale.
La radappertisation est actuellement un procédé sous-employé
qui mérite étude et développement.
Indications
Les indications des précautions alimentaires relèvent de
l'accord d'experts (tableau XXVI).
L'indication simultanée d'une alimentation assainie et d'une décontamination
digestive est habituellement recommandée [71, 104], mais cette
question ne sera pas développée dans ce chapitre.
|
Au total
Attitude
vis-à-vis des malades immunodéprimés : prévention
de la contamination par l'alimentation
Standards
La prévention de la contamination
liée à l'alimentation est une obligation réglementaire
en milieu hospitalier et doit être adaptée au niveau
de risque infectieux évalué par le CLIN.
L'alimentation représente un
risque important de bactériémie chez les malades cancéreux
immunodéprimés.
Ce risque est directement proportionnel
à la majoration du phénomène de translocation
digestive chez le malade cancéreux et à la profondeur
et à la durée de la neutropénie. Il est variable
selon le micro-organisme, mais particulièrement élevé
pour Pseudomonas aeruginosa.
Les seuils critiques qualitatif et
quantitatif ne sont pas connus dans les groupes R2, R3,
R4.
Il n'y a pas de standard sur les modalités
des précautions alimentaires au cours de l'isolement protecteur,
en particulier sur la liste des aliments à exclure et sur
les méthodes d'assainissement, mais l'application des bonnes
pratiques d'hygiène alimentaire conformes à la réglementation
sur la restauration hospitalière est le préalable
indispensable à tout traitement complémentaire de
l'alimentation des immunodéprimés.
Il n'y a pas de standard sur les indications
des précautions alimentaires en fonction du niveau d'immunodépression.
Recommandations
Fixer les seuils qualitatif et quantitatif
acceptables en fonction du niveau d'immunodépression (tableau
XXV) (accord d'experts).
Valider, sur ces valeurs seuils, la
liste des aliments à exclure et les méthodes d'assainissement
de l'alimentation (accord d'experts).
Parmi ces méthodes, développer
la radappertisation (accord d'experts).
Adapter les indications et les modalités
des précautions alimentaires au niveau d'immunodépression
(tableau XXVI) (accord d'experts).
Définir les modalités
de surveillance microbiologique des aliments avec l'aide du CLIN.
|
|
Au total
L'isolement
protecteur chez le malade cancéreux immunodéprimé
Standard
Il n'y a pas de standard sur les indications
et modalités de l'isolement protecteur chez le malade cancéreux
immunodéprimé.
Recommandation
Cf.
tableau XXVI (accord d'experts).
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Définitions
La définition des Standards, Options
et Recommandations, accompagnés du niveau de preuve, repose
sur les meilleures preuves scientifiques disponibles au moment de
leur rédaction (Best Available Evidence), pouvant
être selon le sujet des méta-analyses, essais randomisés
ou études non randomisées. Lorsque les preuves scientifiques
font défaut pour un point particulier, le jugement est basé
sur l'expérience professionnelle et le consensus du groupe
d'experts (« accord d'experts »).
* Standards : interventions pour
lesquelles les résultats sont connus, et qui sont considérées
comme bénéfiques, inappropriées ou nuisibles,
à l'unanimité.
* Options : interventions pour lesquelles
les résultats sont connus, et qui sont considérées
comme bénéfiques, inappropriées ou nuisibles,
par la majorité. Les options sont toujours accompagnées
de recommandations.
* Recommandations : elles ont pour
but, lorsqu'il existe plusieurs options, de hiérarchiser
ces options en fonction du niveau de preuve. Les recommandations
permettent également aux experts d'exprimer des jugements
et des choix concernant notamment des situations d'exception et
indications spécifiques ainsi que l'inclusion des patients
dans des essais thérapeutiques.
Le niveau de preuve est fonction
du type et de la qualité des études disponibles ainsi
que de la cohérence ou non de leurs résultats ; il
est explicitement spécifié pour chacune des méthodes/interventions
considérées en utilisant la classification suivante
:
Niveau A : il existe une (des)
méta-analyse(s) « de bonne qualité » ou
plusieurs essais randomisés « de bonne qualité
» dont les résultats sont cohérents ;
Niveau B : il existe des preuves
« de qualité correcte » : essais randomisés
(B1) ou études prospectives ou rétrospectives (B2).
Les résultats de ces études sont cohérents
dans l'ensemble ;
Niveau C : les études
disponibles sont critiquables d'un point de vue méthodologique
ou leurs résultats ne sont pas cohérents dans l'ensemble
;
Niveau D : il n'existe pas
de données ou seulement des séries de cas ;
Accord d'experts : il n'existe
pas de données pour la méthode concernée mais
l'ensemble des experts est unanime.
NB : pour plus de détails, cf.
Méthodologie de développement des SOR [88].
Les SOR sont une uvre collective créée
par la Fédération nationale des centres de lutte contre
le cancer (FNCLCC) et
protégée par les dispositions du Code de la propriété
intellectuelle. La FNCLCC est par conséquent titulaire du
droit d'auteur sur cette uvre, et est donc notamment investie
des droits patrimoniaux sur les SOR. La FNCLCC peut seule décider
de l'existence et des modalités de reproduction, publication,
traduction ou diffusion des SOR.
|
CONCLUSION
Contributeurs
Revue interne (novembre 1999) : K. Baumgartner, infirmière
hygiéniste (Centre Val-d'Aurelle, Montpellier), P. Bachmann, anesthésiste
(Centre Léon-Bérard, Lyon), D. Blaise, hématologue
(Institut Paoli-Calmettes, Marseille), C. Borel, oncologue (Centre Paul-Strauss,
Strasbourg), A. Bouvet, anesthésiste-réanimateur (Centre
François-Baclesse, Caen), M. Carton, oncologue (Centre Claudius-Regaud,
Toulouse), D. Coullioud, microbiologiste (Centre Léon-Bérard,
Lyon), R. Delva, oncologue médical (Centre Paul-Papin, Angers),
A. Escande, oncologue (Centre Paul-Strauss, Strasbourg), M. Eyffred, hygiéniste
(Centre Claudius-Regaud, Toulouse), M. Fabbro, oncologue médical,
(Centre Val-d'Aurelle, Montpellier), C. Fischbach, anesthésiste-réanimateur
(Centre Paul-Strauss, Strasbourg), T. François, médecin
généraliste (Centre René-Gauducheau, Saint-Herblain),
V. Frasie, soins palliatifs (Centre Paul-Strauss, Strasbourg), J. Gertner,
médecin généraliste (Institut Curie, Paris), C. Gray,
anesthésiste-réanimateur (Centre Henri-Becquerel, Rouen),
P. Haegelé, oncologue (Centre Paul-Strauss, Strasbourg), V. Jarlier,
microbiologiste (CHU la Pitié-Salpêtrière, Paris),
D. Kere, chirurgien (Centre Val-d'Aurelle, Montpellier), F. Lakdja, anesthésiste
(Institut Bergonié, Bordeaux),
J.-F. Latour, médecin de santé publique (Centre Léon-Bérard,
Lyon), J.-F. Laurent, médecin hygiéniste (Centre Eugène-Marquis,
Rennes), H. Laveran, médecin hygiéniste (Centre Jean-Perrin,
Clermont-Ferrand), B. Leclercq, médecin réanimateur (Institut
Gustave-Roussy, Villejuif), D. Lefebvre, médecin réanimateur
(Centre Oscar-Lambret, Lille), P. Leynia de la Jarrige, pharmacien (Centre
Paul-Papin, Angers), D. Maraninchi, anesthésite, professeur de
cancérologie (Institut Paoli-Calmettes, Marseille), J. Michon,
pédiatre (Institut Curie, Paris), C. Minello, anesthésite-réanimateur
(Centre Georges-François-Leclerc, Dijon), L. Molinier, médecin
de santé publique (Centre Claudius-Regaud, Toulouse), D. Monnin,
anesthésite-réanimateur (Institut Bergonié, Bordeaux),
R. Mors, oncologue (Centre Paul-Strauss, Strasbourg), J. Oglobine, biologiste
(Centre René-Huguenin, Saint-Cloud), A.-M. Peny, hématologue
(Centre François-Baclesse, Caen), T. Petit, oncologue (Centre Paul-Strauss,
Strasbourg), F. Pinguet, pharmacien (Centre Val-d'Aurelle, Montpellier),
B. Saint-Aubert, chirurgien (Centre Val-d'Aurelle, Montpellier), B. Salm,
anesthésite-réanimateur (Centre Alexis-Vautrin, Nancy),
M. Schneider, oncologue chimiothérapeute (Centre Antoine-Lacassagne,
Nice), C. Schlupp, infirmière hygiéniste (Centre Paul-Strauss,
Strasbourg), P. Senesse, oncologue digestive-nutrition (Centre Val-d'Aurelle,
Montpellier), A. Thyss, oncologue médical (Centre Antoine-Lacassagne,
Nice), M. Velten, épidémiologiste (Centre Paul-Strauss,
Strasbourg).
Revue externe (novembre 1999) : J.-F. Abgrall, hématologue
(Hôpital Morvan, Brest), L.-S. Aho, hygiéniste (CHU de Dijon,
Dijon), P. Astagneau, médecin coordonnateur du C-CLIN Paris-Nord
(CHU la Pitié-Salpêtrière, Paris), M. Aupée,
hygiéniste (Groupe hospitalier privé du centre alsace, Colmar),
R. Baron, hygiéniste (Hôpital Morvan, Brest), G. Beaucaire,
réanimateur (Hôpital Gustave-Dron-G.-Chatiliez, Tourcoing),
R. Benamouzig, gastroentérologue (Hôpital Avicenne, Bobigny),
J.-P. Bergerat, oncologue (CHRU, Strasbourg), M. Bientz, hygiéniste
(Faculté de médecine, Strasbourg), M.-F. Blech, hygiéniste
(CHU Brabois, Nancy), F. Boineau, microbiologiste (CHRU-Hôpital
Pellegrin, Bordeaux), D. Bordessoule, hématologue (CHU de Limoges,
Limoges), A.-C. Braud (Hôpital Lariboisière, Paris), G. Brucker,
directeur du C-CLIN Paris-Nord (CHU La Pitié-Salpêtrière,
Paris), J. Carlet, réanimateur (Fondation Hôpital Saint-Joseph,
Paris), J.-C. Cetre, hygiéniste (Hôpital de la Croix-Rousse,
Lyon), J. Chaperon (Faculté de médecine, Rennes), B. Christian
(Hôpital Notre-Dame-de-Bon-Secours, Metz), B. Coiffier (Centre hospitalier
Lyon-Sud, Pierre-Bénite), V. Colomb, pédiatre (Hôpital
Necker, Paris), J.-C. Desport, nutritionniste (CHU Dupuytren, Limoges),
F. Dreyfus (Groupe hospitalier Cochin, Paris), P. Dufour (Hôpital
de Hautepierre, Strasbourg), J. Étienne, microbiologiste (Hôpital
E.-Herriot, Lyon), J. Fabry, hygiéniste (Centre hospitalier Lyon-Sud,
Pierre-Bénite), J.-P. Gachie, hygiéniste (Groupe hospitalier
Pellegrin, Bordeaux), R. Girard, hygiéniste (Centre hospitalier
Lyon-Sud, Pierre-Bénite), M.-L. Goetz, hygiéniste (Pharmacie
des Hôpitaux universitaires, Strasbourg), B. Gordts, microbiologiste-épidémiologiste
(AZ St-Jan, Bruges), J. Grando, hygiéniste (Hôpital cardiologique,
Lyon), F. Guilhot (Hôpital Jean-Bernard, Poitiers), J. Hajjar, hygiéniste
(Centre hospitalier général, Valence), P. Hartemann, hygiéniste
(CHU Brabois, Nancy), P. Henon, hématologue (Centre hospitalier,
Mulhouse), J.-P. Jouet, hématologue (CHR-Hôpital Claude-Huriez,
Lille), J. Klastersky, oncologue-infectiologue (Institut Jules-Bordet,
Bruxelles), J.-C. Labadie, hygiéniste (Groupe hospitalier Pellegrin,
Bordeaux), B. Lejeune, hygiéniste (Hôpital Morvan, Brest),
M. Le Porrier (CHU, Caen), B. Lioure (Hôpital de Hautepierre, Strasbourg),
M. Marty (Hôpital Saint-Louis, Paris), M.-C. Mercky, hygiéniste
(Centre hospitalier, Mulhouse), M.-P. Meurisse (Centre hospitalier, Libourne),
J.-C. Melchior (Hôpital R.-Poincaré, Garches), G. Poulin,
oncologue (Centre hospitalier général, Belfort), J. Pris
(Hôpital de Purpan, Toulouse), B. Raynard, gastro-entérologue
(hôpital Antoine-Béclère, Clamart), B. Regnier, C-CLIN
Paris-Nord (hôpital Bichat, Paris), H. Richet, microbiologiste (CHU
Hôtel-Dieu, Paris), P. Ribaud (Hôpital Saint-Louis, Paris),
A. Sayey, hygiéniste (Centre hospitalier Lyon-Sud, Pierre-Bénite),
R. Schaerer (Centre hospitalier universitaire, Grenoble), S. Schneider
(Hôpital de l'Archet, Nice), G. Sebahoun, hématologue (Hôpital
Nord, Marseille), J.-J. Sotto (Centre hospitalier universitaire, Grenoble),
M. Struelens, microbiologiste-épidémiologiste (Hôpital
Erasme, Bruxelles), S. Tigaud, microbiologiste (Hôpital de la Croix-Rousse,
Lyon), B. Varet (Groupe hospitalier Necker, Paris), M.-J. Vautravers,
hygiéniste (Centre hospitalier général, Hagueneau),
M. Velten, hygiéniste (Centre de traumatologie et d'orthopédie,
Illkirch).
Comité d'organisation des SOR : A. Bataillard, médecin
généraliste, méthodologiste (FNCLCC, Paris), P. Bey,
radiothérapeute, membre du bureau exécutif (Centre Alexis-Vautrin,
Vanduvre-lès-Nancy), M.-P. Blanc-Vincent, pharmacien, responsable
méthodologiste (FNCLCC, Paris), S. Debuiche, chargée de
la gestion administrative et logistique (FNCLCC, Paris), F. Farsi, médecin
de santé publique, méthodologiste associé (Centre
régional Léon-Bérard, Lyon), B. Fervers, oncologue
médical, coordonnateur des SOR (FNCLCC, Paris), G. Gory-Delabaere,
pharmacien, méthodologiste (FNCLCC, Paris), S. Guillo, documentaliste
(FNCLCC, Paris), E. Luporsi, oncologue médical, méthodologiste
associé (Centre Alexis-Vautrin, Vanduvre-lès-Nancy),
T. Philip, pédiatre, directeur des SOR, membre du bureau exécutif
(Centre régional Léon-Bérard, Lyon),
J.-L. Renaud-Salis, chirurgien, expert associé (Institut Bergonié,
Bordeaux), S. Théobald, médecin de santé publique,
méthodologiste associé (Institut Jean-Godinot, Reims). *
Remerciements. Nous remercions le ministère de l'Emploi
et de la Solidarité et la Ligue nationale contre le cancer pour
leur soutien financier.
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Ville et de l'Intégration du 2/7/97. Paris : Direction des
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à la prévention de la transmission d'agents infectieux véhiculés
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de santé. Bulletin officiel du ministère de l'Emploi
et de la Solidarité du 26/5/98. Paris : Direction des Journaux
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et aux moyens de prévention du risque lié aux légionelles
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