ARTICLE
137
Radio-chimiothérapie adjuvante des cancers du pancréas
Kirova YM 1, Belembaogo E, Bossard
C, Braud AC 1, Rafaramino F 1, Le Bourgeois JP 1,
Lagrange JL 1
1 Service de radiothérapie, CHU Henri-Mondor,
Créteil.
L'adénocarcinome pancréatique reste de pronostic sombre,
avec une survie à 5 ans inférieure à 5 %. Après
résection chirurgicale, la médiane de survie est de 12 mois.
La radio-chimiothérapie concomitante utilisée comme traitement
adjuvant a montré un intérêt en termes de survie après
une chirurgie complète.
Matériel et méthodes. Entre 1990 et janvier 2000,
24 patients avec un adénocarcinome du pancréas réséqué
et histologiquement prouvé ont été traités
dans notre service. Les patients traités par radiothérapie
ont reçu une dose totale de 45-50 Gy en fractionnement classique.
La plupart d'entre eux ont été traités par une radiothérapie
de conformation. Une scanographie a été réalisée
en position de traitement. Les organes à risque (reins, moelle,
foie...), ainsi que le CTV (clinical treatment volume) ont été
repérés par le radiothérapeute avec le logiciel Plato
RTS 3D. Dans un premier temps, une dose de 30 Gy a été délivrée
au niveau du lit tumoral et des aires ganglionnaires par 4 faisceaux de
photons de 18-25 mV ; 15-20 Gy supplémentaires ont été
délivrés au niveau du lit tumoral avec une marge de 1,5
cm. Les patients traités par chimiothérapie seule ont reçu
du 5-fluoro-uracile (5FU) 1 000 mg/m2 de J1 à J5 et
du cisplatine (CDDP) 100 mg/m2 à J2, toutes les 3 semaines
pendant 6 cures. Les patients traités par radio-chimiothérapie
ont reçu 45-50 Gy associés à 5FU 750-800 mg/m2
de J1 à J5 et CDDP 75-80 mg/m2 semaine 1 et 4, suivis
soit par la chimiothérapie précédemment décrite,
soit par du 5FU continu. Un autre groupe de patients a été
traité selon le protocole Espac
(2 patients ont été randomisés dans le groupe radio-chimiothérapie,
1 patient chimiothérapie seule et 1 patient sans traitement complémentaire).
Huit patients ont refusé tout traitement anticancéreux et
ont été suivis.
Résultats. Il y avait 11 hommes et 13 femmes, âgés
de 41 à 73 ans (médiane 61 ans) avec un état général
PS 0 dans 8 cas, PS 1 dans 11, PS 2 dans 3 et PS >= 3 dans 5 cas. La
tumeur était localisée à la queue du pancréas
dans 1 cas, le corps et la queue dans 2, le pancréas entier dans
2 et la tête du pancréas dans 20. Les stades étaient
les suivants : stade I (2 patients), stade II (2 patients), stade III
(17 patients), inconnu (3 patients). La médiane de survie était
de 17 mois (intervalle de confiance à 95 % (95 %
CI = 9-34) pour les patients traités par traitement adjuvant versus
10 mois (95 % CI = 0-20) pour les patients refusant le traitement (p >
3). Le temps médian jusqu'à la récidive était
de 11 mois (95 % CI = 4-20) versus 5 mois (95 % CI = 0-15 ; p >
3). Deux patients sont en rémission complète à plus
de 36 mois après un traitement par chirurgie, radiothérapie
et chimiothérapie. Il n'y a pas eu de toxicité de grade
4.
Conclusion. Le traitement des adénocarcinomes du pancréas
est faisable avec une toxicité acceptable. Bien que les résultats
que nous observons ne soient pas statistiquement significatifs, ils sont
compatibles avec une amélioration de la survie des patients recevant
un traitement adjuvant.
138
La place de la radiothérapie conformationnelle dans le traitement
des carcinomes des voies biliaires
Kirova Y, Belembaogo E, Gres B, Le Bourgeois
JP, Lagrange JL
Service de radiothérapie, CHU Henri-Mondor, Créteil.
Objectif de l'étude. La radiothérapie de conformation
est une nouvelle approche dans le traitement des tumeurs des voies biliaires.
Avec cette technique, on peut ainsi envisager d'augmenter la dose totale
délivrée au niveau du lit tumoral et de diminuer la dose
au niveau des organes critiques autour du volume irradié. Dans
cette étude, nous avons évalué la faisabilité
de cette technique et analysé les résultats dans les tumeurs
des voies biliaires.
Patients et méthode. De mai 1998 à juillet 2001,
3 femmes et 5 hommes présentant des carcinomes des voies biliaires
ont été traités par une radiothérapie de conformation
dans le service de radiothérapie de l'hôpital Henri-Mondor.
Dans le but de réaliser une radiothérapie de conformation,
une scanographie a été réalisée en position
de traitement pour tous les patients. Les organes à risque (reins,
moelle, foie...) ainsi que le CTV (clinical treatment volume) ont
été repérés par le radiothérapeute
avec le logiciel Plato RTS 3D. Les différents essais de simulation
virtuelle réalisés ont amené à choisir le
meilleur plan dosimétrique. Dans un premier temps, une dose de
30 Gy est délivrée au point ICRU par 4 faisceaux de photons
18 mV au niveau de la tumeur (ou lit tumoral) et des aires ganglionnaires.
La forme des champs d'irradiation était ajustée à
l'aide de caches personnalisés de manière à ce que
l'isodose 95 % (28,5 Gy) entoure les CTV avec une marge de 1,5 cm (PTV
= CTV1 + CTV2 + 1,5 cm) ; 15 Gy supplémentaires ont été
délivrés généralement par des photons 18 mV
par 3 faisceaux obliques OAG, OAD, OPG en respectant une marge de 1 cm
autour du CTV1 (PTV = CTV1 + 1 cm). Cette radiothérapie conformationnelle
était concomitante à une chimiothérapie par 5FU-cisplatine
dans 5 cas.
Résultats. L'analyse des DVH rein, foie, moelle a été
faite. L'analyse des résultats cliniques montre : 5 rémissions
complètes ont été obtenues, 1 rémission partielle,
1 patiente n'a pas terminé la radiothérapie en raison de
l'altération de son état général et de la
dissémination de sa maladie, 1 patiente est encore en cours d'irradiation.
La radiothérapie conformationnelle au niveau des voies biliaires
était très bien tolérée avec des nausées
de grade 2-3, des vomissements de grade 1-2.
Conclusion. La radiothérapie conformationnelle apparaît
comme une méthode intéressante dans le traitement des tumeurs
localisées au niveau des voies biliaires. Elle permet de diminuer
la dose au niveau des organes à risque et ainsi de diminuer l'incidence
des complications. Des études prospectives sur un plus grand nombre
de patients sont nécessaires pour évaluer l'efficacité
et les meilleures conditions de ce traitement.
139
Efficacité de l'électron thérapie cutanée
totale (ECT) pour le traitement des patients atteints de mycosis fungoïde
aux stades précoces
Ysebaert L 1, Truc G 1,
Dalac S 2, Lambert D 2, Naudy S 1, Maingon
P 1
1 Département de radiothérapie, Centre
G.-F.-Leclerc, rue du Pr-Marion, 21079 Dijon Cedex ; 2 Service
de dermatologie, CHU du Bocage, 21034 Dijon Cedex.
Objectifs. Rapporter les 25 ans d'expérience acquis sur
le traitement par ECT de 57 sujets avec mycosis fungoïde (MF) de
stade T1-2, N0-1.
Matériels et méthodes. Les patients (24 T1 et 33
T2, dont 37 N0 et 20 N1) étudiés avaient 60,5 ans d'âge
moyen au moment du diagnostic de MF. Il s'agissait du premier traitement
pour cette affection pour 32/57 malades, les 25/57 autres étant
en situation d'échec d'une autre thérapeutique (Puva 12/25,
caryolysine 7/25, chimio-thérapie systémique 4/25, dermocorticoïdes
12/25, corticoïdes 4/25, interféron 4/25, rétinoïdes
4/25). Le MF avait été précédé par
un parapsoriasis chez 27/57 patients. Le traitement a comporté
une ECT par électrons de 6-7 MeV (55/57 patients) ou 4 MeV (2/57
patients) pour une dose maximale moyenne délivrée dans les
premiers 5 mm de la peau de 30 Gy (déterminée par dosimétrie
thermoluminescente à la fin de la dernière séance).
Le fractionnement utilisé a été de 8 x 3 Gy
pour 35/57 patients, 15 x 2 Gy pour 17/57 patients et 17 x
2 Gy pour 5/57 patients. L'étalement moyen du traitement est de
35 jours (21-54 jours).
Résultats. Le suivi a porté sur une période
moyenne de 114 mois (14-300) à compter du diagnostic histologique
de MF. Le délai moyen de recours à l'ECT fut de 16 mois
(1-142). L'évaluation de la réponse 3 mois après
la fin de la radiothérapie montre un taux de RC de 86 % tous stades
confondus (87,5 % T1 versus 84,8 % T2), 5 % de RP > 50 % et
une maladie stable ou évolutive dans 5 % des cas. La tolérance
de la procédure est excellente, avec une toxicité cutanée
de grade 3 de l'OMS pour 14/57 patients, sans complication infectieuse
ou hématologique, et aucun décès toxique. Les taux
de survie sans rechute (SSR) et de survie globale (SG) sont détaillés
dans le tableau suivant :
140
Le rôle de la radio-chimiothérapie première dans le
traitement des cancers de l'sophage inopérables
Belembaogo E, Kirova YM, Thirion P, Braud AC,
Piedbois P, Lagrange JL, Le Bourgeois JP
Service de cancérologie, CHU Henri-Mondor, Créteil.
Plusieurs essais ont montré l'intérêt des associations
radio-chimiothérapie dans le traitement des cancers de l'sophage
de stade T3. Le taux de réponse histologique conditionne le traitement
locorégional et le pronostic à long terme. L'objectif de
cette étude est d'évaluer l'intérêt d'une association
de chimiothérapie par 5FU 800 mg/m2/j en IV continu
de J1 à J5 et cisplatine 80 mg/m2 à J2 avec une
radiothérapie concomitante à la dose totale de 45 Gy sur
la réponse histologique et le pronostic à long terme des
patients porteurs d'un cancer de l'sophage inopérable.
Matériel et méthodes. Trente-neuf patients (7 femmes
et 32 hommes) ont été traités selon ce schéma,
35 avaient un carcinome épidermoïde et 4 un adénocarcinome.
Le nombre moyen de cycles de chimiothérapie est de 3,4 (entre 2
et 6). La dose moyenne délivrée sur l'sophage était
de 45 Gy.
Résultats. Sur les 39 patients évalués,
19 avaient une réponse histologique complète, 17 une rémission
partielle et 3 ont présenté une progression en cours de
traitement, 1 est décédé après le 1er
cycle de progression tumorale, 7 ont été opérés
et la réponse complète a été confirmée.
Certains des patients présentant une réponse partielle ont
poursuivi la radio-chimiothérapie jusqu'à la dose totale
de 65 Gy en fractionnement classique concomitante à une chimiothérapie
par 5FU et cisplatine, 50 % de ces patients ont obtenu une rémission
complète après l'irradiation à 65 Gy. Le suivi médian
de ce groupe de patients a été de 19,9 mois. La durée
médiane de survie est de 12 mois, 16 patients ont progressé,
15 ont eu une survie sans progression supérieure à 20 mois,
5 sont en réponse complète persistante à 18 mois.
Conclusion. Le traitement par radiothérapie concomitante
à une chimiothérapie par 5FU et cisplatine des cancers de
l'sophage inopérables permet d'obtenir des rémissions
complètes et des survies prolongées.
141
Analyse rétrospective de 108 carcinomes canalaires in situ
mammaires traités par association radio-chirurgicale
Fourneret P 1, De Cornulier J 1,
Artignan X 1, Pasquier D 2, Payan R 4,Winckel
P 5, 6, Kolodié H 1, Vincent F 1,
Crépin C 1, Colonna M 1, Bernard P 3,
Bolla M 1-6
1 Département de cancérologie-hématologie
; 2 Service d'anatomo-pathologie, 3 Département
de gynécologie-obstétrique, CHU de Grenoble ; 4 Clinique
Belledone ; 5 Clinique du Maïl ; 6 Office départemental
de lutte contre le cancer (ODLC).
L'objectif de cette étude est d'évaluer la survie et les
facteurs de pronostic de patientes porteuses d'un carcinome canalaire
in situ (CCIS) mammaire irradiées, après chirurgie
conservatrice, au CHU ou à la clinique du Maïl.
Cent-huit patientes ont été traitées de 1980 à
1996. La chirurgie (tumorectomie ou quadrantectomie) a été
réalisée au CHU et à la clinique Belledonne. Toutes
les lames ont été revues par l'un d'entre nous (DP) pour
définir le diamètre tumoral et le statut de la marge chirurgicale
(négative au-delà de 1 mm). L'irradiation au télécobalt
60 et ou aux photons de 5 mV délivrait en moyenne 50 Gy/25 fr/5
sem. L'âge médian est de 51 ans (37-80). Le diamètre
tumoral médian est de 12,5 mm (11,2-17). Le suivi médian
est de 93 mois (40-173). La survie a été calculée
selon Kaplan-Meier, et les comparaisons ont été conduites
avec le test du log-rank.
Le taux de survie spécifique à 10 ans est de 100 %. Le
taux de contrôle local à 5 et 10 ans est de 92 % et 89 %
;
9 échecs locaux (8,3 %) sont répertoriés : 3 in
situ (2,7 %), 6 invasifs (5,5 %). Le délai médian d'apparition
de la rechute locale est de 36 mois (17-68). Marge positive et taille
>= 10 mm ont un impact pronostique en analyse univariée : p
= 0,005 et p = 0,02. Sept récidives locales sur 9 surviennent chez
des patientes R1 et 8 sur 9 chez des patientes présentant un diamètre
tumoral >= 10 mm. En analyse multivariée, le statut des berges
a une valeur pronostique (p < 0,02). Les récidives ont été
traitées par mastectomie (8 cas) et quadrantectomie (1 cas) avec
irradiation ovarienne (3 cas) et ovariectomie bilatérale (1 cas)
plus tamoxifène chez 4 patientes porteuses d'une tumeur invasive
: l'une d'elle (pN1) a bénéficié d'une irradiation
axillo-sus-claviculaire.
Bien que notre cohorte soit discrète, les résultats sont
conformes aux données de la littérature ; ils devraient
être améliorés à l'avenir par l'assurance qualité
de la campagne de dépistage évalué du cancer du sein
en Isère, effectuée sous l'égide de l'ODLC depuis
1990, qui rend obligatoire la double lecture des clichés et qui
propose depuis 1995 une visite bi-annuelle sur site des cabinets de radiologie.
142
Risque de survenue d'un mélanome après radiothérapie
pour un cancer durant l'enfance
Guérin S, Dupuy A, Shamsaldin A, Anderson
H, Garwicz S, Möller T, Svahn-Tapper G, de Vathaire F
Inserm XUR521 et Institut Gustave-Roussy, Villejuif, France ; Department
of Pediatrics and Department of Cancer Epidemiology, University Hospital,
Lund, Sweden. Southern Swedish Regional Tumor Registry, Lund and Swedish
Cancer Registry, Stockholm, Sweden.
Bien que le mélanome soit rare durant l'enfance et l'adolescence,
des études récentes indiquent une augmentation de son incidence.
Cette étude a pour objectif de quantifier le risque de mélanome
en tant que second cancer et d'étudier sa relation avec la chimiothérapie,
la radiothérapie et le type de premier cancer.
Parmi 4 398 survivants à 3 ans d'un premier cancer survenu pendant
l'enfance, traités entre 1942 et 1985 dans 8 centres français
et anglais et 25 120 patients issus d'une cohorte nordique, âgés
de moins de 20 ans au moment de la survenue d'un premier cancer, 17 patients
ont développé un mélanome comme second cancer (SMN).
Chaque cas a été apparié à 5 témoins,
sur le sexe, l'âge et l'année calendaire au premier cancer
et la durée du suivi. La dose locale moyenne reçue par les
17 patients à l'emplacement du mélanome et par les 80 témoins
à l'emplacement correspondant à celui des patients était
respectivement égale à 14 Gy (étendue 0-40) et 4,6
Gy (étendue 0-45).
Deux des 17 cas étaient situés en bord de champ d'irradiation
(doses au siège du mélanome 8 et 18 Gy) et 3 étaient
situés dans les champs d'irradiation (doses 36, 39 et 40 Gy). Le
risque de mélanome est significativement corrélé
à la dose locale (p = 0,04). Le meilleur modèle dose-effet
étant un modèle exponentiel, une dose locale de 10 Gy ou
plus est associée à un risque relatif de 6,3 (95 % IC =
0,8-51,3). Six patients (35 %) et 14 témoins (18 %) ont reçu
de la chimiothérapie. Quatre patients et 6 témoins ont reçu
simultanément des agents alcoylants (cyclophosphamide, procarbazine,
mustine) et des vinca-alcaloïdes (vincristine, vinblastine). Le risque
de mélanome augmentait avec la prise simultanée d'agents
alcoylants et de vinca-alcaloïdes, même après ajustement
sur la dose locale de radiothérapie, OR = 3,0 (95 % IC = 0,5-19).
Quatre cas et 3 témoins avaient été traités
pour un cancer des gonades (7 ovaires et 1 testicule). Le fait d'avoir
été traité pour ce type de premier cancer était
associé à un risque très élevé de mélanome,
même après ajustement sur la radiothérapie et la chimiothérapie
: OR = 10 (95 % IC = 2,1-50).
En conclusion, le risque de développer un mélanome est
fortement corrélé au type de premier cancer et à
la dose locale de radiothérapie.
Supported EEC grants : 91CV01090-0, F13P-CT92-0064 and F14P-CT95-0009
and IGR, Inserm, Cnamts, EDF, Snecma, Framatome, ARC, LNCC.
143
Risque de survenue d'un cancer du sein après traitement pour un
premier cancer dans l'enfance
Guibout C 1, Adjadj E 1,
Samand A 1, 2, Oberlin O 2, Hawkins M 3,
de Vathaire F 1
1 Inserm U. 521, 2 Institut Gustave-Roussy,
39, rue Camille-Desmoulins, 94805 Villejuif Cedex ; 3 Department
of Public Health and Epidemiology. University of Birmingham, UK.
Une cohorte de 1 965 patientes ayant survécu au moins 3 ans à
un premier cancer survenu avant l'âge de 17 ans et traitées
entre 1946 et 1985 dans 8 centres en France et en Angleterre a été
constituée. La dose de radiation reçue aux deux seins a
été estimée pour l'ensemble de la cohorte à
partir des dossiers de radiothérapie en utilisant le logiciel DOS-EG
développé à l'IGR.
Dix-sept femmes ont développé un cancer du sein, entre
8 et 37 ans après leur premier cancer. Le risque cumulé
de cancer du sein est de 0,28 % (IC95 % = 0 à 0,55 %) 15 ans après
le premier cancer et de 2,5 % (IC95 % = 0,91 à 4,1 %) 30 ans après.
À l'âge de 40 ans, le risque cumulé est de 4,3 % (IC95
% = 1,7 à 6,9 %) pour l'ensemble de la cohorte. Le risque relatif
associé à la radiothérapie est de 1,3 (IC95 % = 0,4
à 4 %) et celui associé à la chimio-thérapie
est de 2,0 (IC95 % = 0,7 à 6 %). Plus précisément,
un risque significatif semble être associé à la dose
de radiation reçue aux seins, à l'administration de poison
du fuseau et à celle d'inhibiteurs de la topo-isomérase
II. En revanche, aucun effet des agents alkylants n'a pu être mis
en évidence. Après ajustement sur ces variables, un risque
propre a été mis en évidence chez les jeunes patientes
traitées pour un lymphome de Hodgkin (RR = 5) ou pour un neuroblastome
(RR = 4).
En conclusion, cette étude montre que la mise en évidence
des facteurs de risque de cancer du sein après traitement d'un
cancer dans l'enfance est un problème complexe. En effet, il semble
lié d'une part, à la dose de radiothérapie localement
administrée, et d'autre part à la prise de certains agents
thérapeutiques, mais le type du premier cancer semble également
jouer un rôle.
Supported EEC grants : 91CV01090-0, F13P-CT92-0064 and F14P-CT95-0009
and IGR, Inserm, Cnamts, EDF, Snecma, Framatome, ARC, LNCC.
144
Effet de l'irradiance lumineuse sur l'efficacité de la thérapie
photodynamique dans des xénogreffes tumorales et des sphéroïdes
HT29 photosensibilisés par la méta-tétra(hydroxyphényl)
chlorine (mTHPC)
Coutier S, Maugain E, Bezdetnaya L, Guillemin
F
Unité de recherche en thérapie photodynamique, Centre
Alexis-Vautrin, 54511 Vanduvre-lès-Nancy Cedex.
La thérapie photodynamique (PDT) est une modalité de traitement
récente préconisée pour des petites tumeurs accessibles
à la lumière. Nous avons comparé l'efficacité
photodynamique obtenue in vivo chez des souris porteuses de tumeurs et
dans des sphéroïdes issus de la même lignée cellulaire,
irradiés avec une dose de lumière équivalente délivrée
à différentes irradiances. Les souris ont été
photosensibilisées avec la mTHPC et soumises 72 heures plus tard
à une irradiation de 12 J/cm2 avec une lumière
laser rouge délivrée à une irradiance de 5, 30, 90
ou 160 mW/cm2. En effet, le temps nécessaire au quadru-plement
de volume des tumeurs est significativement plus élevé chez
les souris traitées à 5 et 30 mW/cm2 par rapport
à celles traitées à 90 et 160 mW/cm2.
Une corrélation a été établie entre cet effet
et les mesures intratumorales de PO2. Le traitement en parallèle
de sphéroïdes HT29 avec 3 mug/ml de mTHPC et 10 J/cm2
de lumière administrée à une irradiance de 90 ou
30 mW/cm2 révèle également une plus grande
efficacité du traitement avec l'irradiance la plus faible. La dépendance
de l'efficacité du traitement envers l'irradiance suit la même
tendance dans les sphéroïdes et les xénogreffes. Cela
indique que, dans notre système expérimental in vivo,
la destruction des tumeurs serait davantage liée à des effets
photocytotoxiques directs qu'à une ischémie causée
par des dommages vasculaires.
145
Comparaison dosimétrique de trois techniques de radiothérapie,
classique, conformationnelle et par modulation d'intensité des
cancers des voies aérodigestives supérieures
Racadot S, Lapeyre M, Marchesi V, Aletti P, Noel
A, Marchal C, Bey P
Service de radiothérapie, Centre Alexis-Vautrin, avenue de
Bourgogne, 54511 Vanduvre-lès-Nancy Cedex.
La radiothérapie par modulation d'intensité a été
mise en place au centre Alexis-Vautrin depuis janvier 2001. Le but de
l'étude a été de montrer l'intérêt pour
les cancers des voies aérodigestives supérieures (VADS)
de la radiothérapie par modulation d'intensité (IMRT) par
comparaison dosimétrique aux autres techniques.
Matériel et méthodes. Il s'agissait de 3 cas :
un larynx sus-glottique en territoire irradié (60 Gy en 30 fractions)
et de deux oropharynx (50 Gy en 25 fractions). L'IMRT est réalisée
selon un mode dynamique avec un accélérateur linéaire
(Clinac EX 23,Varian Medical Systems), doté d'un collimateur
multilames (MLC Millenium 120). Le logiciel de planification inverse est
le système Hélios (module d'optimisation de Cadplan). Une
étude dosimétrique a été effectuée
pour comparer les radiothérapies classique (Rclas), conformationnelle
(RTC) et IMRT.
Résultats. Le volume de PTV (planning target volume)
recevant 95 % de la dose prescrite est supérieur ou égal
à 95 % pour les trois techniques. En IMRT, les doses moyennes
à la parotide controlatérale varient de 11 à 32
Gy contre respectivement 20 à 50 Gy et 20 à 39 Gy en
Rclas et RTC. Les doses moyennes reçues par la cavité buccale
(glandes salivaires accessoires) varient respectivement de 46 à
51 Gy et de 30 à 35 Gy en RTC et IMRT.
Conclusion. Les trois techniques de radiothérapie permettent
une bonne couverture tumorale. L'IMRT permet en revanche d'épargner
les parotides et les glandes salivaires mineures et ainsi de limiter la
xérostomie. L'évaluation prospective des résultats
cliniques (contrôle local, survie et complication) permettra certainement
de confirmer ces données.
146
Dosimétrie comparative entre télécobalt, photons
de 4 MV et photons de 6 MV après traitement conservateur dans le
cancer du sein
Belvisi JB, Seroux Y, Kerdanet G, Supiot S, Le
Blanc-Onfroy M, Campion L, Lisbona A, Granier-Gérardin A, Mahé
MA
Centre René-Gauducheau, Nantes.
Lors du congrès de l'Astro 2001 [abstract n° 2039 ; Supiot,
Mahé, et al.)], notre équipe a souligné le
rôle de l'énergie sur le contrôle local. L'objectif
de l'étude présente était de comparer les différences
dosimétriques entre télécobalt, RX4MV et RX6MV.
Patients et méthodes. Cinquante patientes ayant bénéficié
d'un traitement conservateur ont été sélectionnées
au hasard. L'acquisition a été obtenue à partir de
coupes scanographiques centimétriques. Le volume cible clinique
(CTV) a été dessiné sur chaque coupe avec les limites
suivantes : 5 mm sous la peau en surface, paroi thoracique en profondeur,
fourchette sternale en haut, 1 cm sous le sillon sous-mammaire en bas.
Des histogrammes dose-volume ont été établis pour
chaque patiente pour les trois énergies sans et avec filtre 20°.
L'étude statistique a été faite par le t-test.
Résultats. Le CTV médian était de 650 ml
(extrêmes 160-2 300). Avec les filtres 20°, l'isodose 100 %
couvrait 79 % du CTV en RX4MV contre 65 % au cobalt et 51 % en RX6MV.
En l'absence de filtre, les résultats étaient de 57 % en
RX4 MV, 44 % au cobalt et 33 % en RX6MV. Les différences étaient
tout à fait significatives (p < 0,00001) avec ou sans filtre
entre RX4MV et cobalt, RX4MV et RX6MV d'une part et cobalt et RX6MV d'autre
part. Les mêmes différences étaient observées
pour l'isodose 95 % : RX4MV 87 %, cobalt 78 %, RX6MV 75 %. Les différences
étaient significatives quelle que soit la taille des seins (CTV
> ou < 650 ml).
Conclusion. La répartition de la dose apparaît plus
homogène en RX4MV qu'un cobalt et en RX6MV d'une part et au cobalt
qu'en RX6MV quelles que soient la taille des seins et l'utilisation de
filtres en coin. Cela nous amène à recommander l'utilisation
de la plus petite énergie disponible en photons X.
|