Auteur(s) : Sophie Taïeb, Luc Ceugnart, Eric Leblanc, Annick Chevalier, Véronique Cabaret, Denis Querleu, Radiologie, Centre Oscar-Lambret, 3, rue Frédéric-Combemale, BP 307, 59020 Lille Cedex..
Résumé : Objectif : Evaluer l'apport de l'IRM dans la prise en charge initiale des cancers de l'endomètre. Matériel et méthodes : De janvier 1997 à mars 2002, 86 patientes présentant un cancer de l'endomètre de stade I clinique ont bénéficié d'une IRM pelvienne (22) ou abdomino-pelvienne (64) préopératoire. La taille et le signal de la tumeur, l'apparence de la zone jonctionnelle, la prise de contraste et la dynamique de celle-ci, la présence de lésions bénignes associées, l'extension au col utérin et aux paramètres, l'existence d'anomalies ganglionnaires ont été analysés sans connaissance de la chirurgie (réalisée pour toutes les patientes dans le mois suivant l'imagerie) afin d'identifier les causes d'erreurs de la stadification par IRM. Résultats : L'IRM permet de stadifier correctement l'infiltration du myomètre dans 81,4 % des cas (70/86). Neuf cas de faux négatifs de visualisation de la tumeur en pondération T2 sont positivés après injection de gadolinium et étude dynamique. Les causes d'erreurs sont rapportées à une mauvaise visibilité de la zone jonctionnelle, à la présence de polypes, fibromes, adénomyose, hémorragie intracavitaire et à l'amincissement du myomètre par des tumeurs volumineuses. Dix-huit patientes étaient N+ avec une sensibilité de 82 % et une spécificité de 94 % en IRM. Conclusion : L'IRM est l'examen de référence pour l'évaluation de l'extension du cancer de l'endomètre. Elle permet d'aider à choisir entre cœliochirurgie ou laparotomie et à déterminer le volume cible de la radiothérapie.
Mots-clés : IRM, cancer de l'endomètre.
Illustrations
Figure 1. Patiente de 75 ans
: adénocarcinome de stade IA, IRM : stade IA. A. IRM pondération
T2 : lésion hypersignal, comparativement au myomètre, comblant
la totalité de la cavité utérine, pas d'infiltration
du myomètre. B. IRM 30 secondes après injection de
gadolinium : prise de contraste très précoce du myomètre,
interface myomètre/endomètre régulière, pas
d'infiltration du myomètre. C. Vue macroscopique : lésion
stade IA.
Figure 2. Patiente de 47 ans
: adénocarcinome endométrioïde de stade IB, IRM : stade
IC.A. IRM pondération T2 : lésion de signal intermédiaire
par rapport au myomètre et à l'endomètre, zone jonctionnelle
interrompue au bord supérieur et inférieur du myomètre,
à la partie inférieure infiltration > 50 % de l'épaisseur
du myomètre. B. IRM 5 minutes après injection de gadolinium
: aspect irrégulier de l'infiltration du myomètre au bord
supérieur < 50 % de l'épaisseur du myomètre, aspect
régulier de l'infiltration inférieure > 50 %. Faux positif
de l'IRM : en fait refoulement du myomètre sans infiltration au bord
inférieur, infiltration < 50 % au bord supérieur.
Figure 3. Patiente de 75 ans : adénocarcinome
de stade IIB, IRM : stade IIB.A. IRM pondération T2,
lésion de signal intermédiaire de l'endomètre, pas
d'infiltration du myomètre, aspect irrégulier du col utérin.
B. IRM 60 secondes après injection de gadolinium : aspect
irrégulier de l'interface lésion/myomètre correspondant
à une infiltration < 50 %, lésion associée (adénocarcinome)
du col utérin respectant le stroma cervical.
Figure 4. Ganglions normaux
ou pathologiques ?A. Pondération T1 5 min après
injection de gadolinium : N+, vrai positif de l'IRM. B. Pondération
T1 : N-, faux positif de l'IRM. C. Pondération T1 : N+, faux
négatif de l'IRM. D. Pondération T1 5 min après
injection de gadolinium : N+, vrai positif de l'IRM.