ARTICLE La
reconstruction mammaire pour cancer est en continuelle évolution.
Les nouveautés concernent tant les techniques opératoires
que l'évaluation de l'impact de cette chirurgie sur la qualité
de vie des patientes. La reconstruction mammaire immédiate est en
train de supplanter, aux yeux des femmes, la reconstruction différée
alors qu'il n'a pas été formellement prouvé qu'elle
améliorait le vécu de la mutilation. Sa sécurité
carcinologique est admise pour les cancers in situ, mais reste discutée
pour les tumeurs infiltrantes. Le débat technique entre reconstruction
immédiate par prothèse ou par lambeau autologue reste ouvert.
Nous avons sélectionné les dernières publications
rapportant les possibilités d'associer reconstruction mammaire
immédiate et radiothérapie ainsi que les données
évaluant la qualité de vie des femmes ayant bénéficié
des techniques de reconstruction immédiate.
Mastectomie reconstruction immédiate
et radiothérapie
La proposition de reconstruction immédiate après mastectomie
(MRI) est devenue une option thérapeutique séduisante dans
la prise en charge des tumeurs mammaires étendues dont la résection
partielle est carcinologiquement ou cosmétiquement impossible.
Les carcinomes intracanalaires diffus représentent l'indication
de choix du fait de l'absence de radiothérapie adjuvante.
Pour les cancers infiltrants, l'irradiation postopératoire a
fait la preuve de son efficacité tant pour le contrôle local
que pour la survie. La récente méta-analyse de Richard Peto
étudie, à propos de 20 000 femmes, l'impact de la radiothérapie
adjuvante sur ce contrôle locorégional. La radiothérapie
augmente le contrôle régional en faisant passer ces taux
de 70 à 90 %. Ces résultats ont une répercussion
significative sur la survie globale et la survie sans récidive
après un suivi médian de 20 ans. Overgaard soulignait déjà,
en 1997, cet impact de la radiothérapie sur la survie d'un groupe
de cancers du sein à haut risque de rechute. La randomisation de
1 708 femmes qui, toutes, bénéficiaient d'une mastectomie
et d'une chimiothérapie adjuvante, fut faite par la présence
ou pas de radiothérapie. Le taux de récidives locales (RL)
fut de 9 % en cas d'irradiation contre 32 % sans radiothérapie,
respectivement les taux de survie à 10 ans de 54 % et 45 % (p
< 0,001). Grâce à ces données la conférence
du consensus du NIH [1] a pu conclure que l'augmentation des taux de contrôle
locorégional des cancers du sein permettait d'augmenter les taux
de survie. La radiothérapie adjuvante après mastectomie
est considérée comme un standard pour les tumeurs ayant
plus de trois ganglions métastatiques et les tumeurs localement
évoluées.
Cet impératif carcinologique de traitement adjuvant après
mastectomie pour cancer infiltrant a fait considérer la reconstruction
immédiate par prothèse comme illicite dans cette indication.
Ces réserves ne sont pas techniques car les prothèses, quel
que soit leur type, affectent peu la distribution de dose des photons
et des électrons ; on peut considérer qu'elles ont la même
densité que l'eau [2]. Aucun ajustement de dose ne semble donc
nécessaire en termes de contrôle carcinologique. En revanche,
le taux de contracture grave varie de 60 à 75 % contre 10 % après
MRI sans radiothérapie.
Contant et al. [3] rapportent une série de 100 patientes
ayant bénéficié d'une MRI avec prothèse siliconée
sous-pectorale. Sur ces 100 patientes, 28 femmes ont eu une MRI associée
à une irradiation pariétale. Quinze fois, la MRI a été
pratiquée sur peau irradiée pour récidive locale
après association radiochirurgicale conservatrice (dose moyenne
de rayons : 65 Gy ; intervalle moyen entre conservation et MRI : 43 mois).
Treize fois, l'irradiation a été adjuvante après
MRI (dose moyenne de rayons = 46 Gy ; temps moyen entre reconstruction
et radiothérapie = 3 mois). L'incidence de complications précoces
fut plus élevée mais non statistiquement significative (p
= 0,23) dans le groupe radiothérapie avant chirurgie (27 %) comparée
à celle du groupe sans radiothérapie préalable (13
%). La rétraction capsulaire est par contre plus fréquente
pour les prothèses implantées en zone précédemment
irradiée (p < 0,0005). L'irradiation post-MRI est, quant
à elle, également associée à une augmentation
de la rétraction capsulaire (p = 0,001). Les auteurs concluent
que les patientes précédemment irradiées et ayant
des implants siliconés sont à plus haut risque de complications
(essentiellement contracture capsulaire) que les patientes ayant bénéficié
d'un Tram. Ils en déduisent que l'utilisation des lambeaux musculo-cutanés
est préférable pour reconstruire des seins précédemment
irradiés. Les patientes qui ont leur radiothérapie après
reconstruction par implant siliconé sont elles aussi à risque
accru de complications. Il n'y a cependant pas d'indication à enlever
la prothèse avant la radiothérapie puisque la perte de la
prothèse post-radiothérapie n'est que de 15 % dans cette
étude.
Castello et al. [4] publient 56 MRI en
deux temps par expandeurs puis prothèse définitive. Toutes
les patientes irradiées ont eu des complications contre 37 % dans
le groupe non irradié. Les auteurs concluent que l'indication de
radiothérapie postopératoire est une contre-indication relative
à cette procédure.
Spear et Onyewu [5] analysent 40 patientes opérées de
MRI sur terrain irradié et les comparent à 40 femmes reconstruites
sans radiothérapie. Quarante-cinq pour cent des femmes irradiées
ont été réopérées pour confection d'un
lambeau musculo-cutané contre 10 % dans le groupe non irradié.
Trente-deux pour cent des femmes du premier groupe ont développé
une coque pathologique, aucune dans le second. Les auteurs concluent à
la nécessité fréquente de réaliser un lambeau
sur terrain irradié mais laissent persister un doute sur les résultats
cosmétiques qui sont relativement semblables !
Vandeweyer et al. [6] ont également étudié
l'effet de la radiothérapie adjuvante postopératoire sur
les MRI avec implants dans le but d'évaluer la rétraction
capsulaire ainsi que le résultat esthétique final. Pour
les six femmes ayant eu une radiothérapie (124 MRI), le résultat
esthétique s'avère médiocre. Les rétractions
capsulaires sont de grade 3 à 4 selon Baker. Les auteurs confirment
ainsi l'effet délétère de l'irradiation sur les implants
et considèrent également que la radiothérapie est
une contre-indication esthétique à une MRI avec implant.
Ces mauvais résultats esthétiques ne sont pas partagés
par Al-Ghazal [7] qui publie 85 % de satisfaction des femmes ayant bénéficié
d'une MRI par prothèse contre 54 % lors de reconstruction différée.
Ce bon indice de satisfaction des MRI n'est pas influencé par l'âge,
la taille du sein ou l'existence d'une radiothérapie postopératoire.
Krueger et al. [8] rapportent les résultats prospectifs
de l'étude du Michigan à propos de 81 MRI. Les complications
postopératoires sont très significativement augmentées
en cas de radiothérapie postopératoire (68 %/31 %, p
= 0,006) et notamment les déposes de prothèse (37 %/8 %,
p < 0,001). Ces résultats sont hautement corrélés
à l'insatisfaction des femmes, mais pour les patientes sans complications,
les indices de satisfaction générale et esthétique
sont comparables entre les groupes irradiés et non irradiés.
L'effet de la radiothérapie sur le résultat d'une reconstruction
par Tram a été étudié par Tran et al.
[9]. Sur 41 patientes, 9 ont bénéficié d'un Tram
pédiculé et 32 d'une reconstruction avec transfert microvasculaire.
La dose moyenne de rayon était de 50 Gy. Les résultats présentés
ne rapportent aucune perte du lambeau, mais 24 % des patientes ont dû
avoir recours à un deuxième lambeau pour corriger une contracture
du Tram. Vingt-deux pour cent des patientes ont gardé un volume
mammaire normal. L'hyperpigmentation est présente chez 37 % ; 56
% ont une reconstruction trop ferme ; une nécrose graisseuse est
palpable pour 34 % des lambeaux ; une perte de symétrie apparaît
dans 78 % des cas. Vu le petit groupe étudié, aucune différence
significative n'est notée entre le groupe Tram pédiculé
ou Tram libre. L'auteur retient en revanche qu'il est difficile de prédire,
lorsque les rayons doivent être administrés, le volume, les
contours et la symétrie du sein reconstruit ; une reconstruction
différée paraît plus sûre. Il souligne l'importance
de prévenir les patientes que de multiples révisions, voire
un lambeau additionnel, seront nécessaires pour corriger la déformation
progressive imputée à la radiothérapie.
En 2001, ce même auteur [10] étudie de façon rétrospective,
la chronologie optimale d'une reconstruction par Tram pour les femmes
qui ont besoin d'une radiothérapie post-mastectomie. Il compare
deux groupes : radiothérapie puis reconstruction différée
par Tram (70 patientes reconstruites en moyenne 34 mois après la
fin de la radiothérapie) et reconstruction immédiate par
Tram puis radiothérapie (32 patientes dont la radiothérapie
débute 6 à 9 mois après la reconstruction). Les deux
groupes sont semblables d'un point de vue âge, stade du cancer et
indication de chimiothérapie adjuvante. L'auteur compare pour ces
deux groupes l'apparition de complications précoces (thrombose
vasculaire, perte partielle ou totale du lambeau, nécrose cutanée
du lambeau, problèmes locaux liés à la cicatrisation)
et de complications tardives (nécrose graisseuse, perte de volume,
contracture du lambeau). Les complications tardives sont évaluées
au moins un an après la fin de la radiothérapie pour les
patientes avec reconstruction immédiate et au moins un an après
la fin de la reconstruction pour celles avec reconstruction différée.
Les doses d'irradiation moyennes sont de 50 Gy pour le groupe reconstruction
immédiate et de 51 Gy pour le groupe reconstruction différée.
L'incidence des complications précoces ne diffère pas significativement
entre les deux groupes. Celle des complications tardives en revanche est
significativement plus élevée dans le groupe reconstruction
immédiate (87,5 %) par rapport au groupe reconstruction différée
(8,6 %) (p = 0,001). L'auteur conclut que lorsqu'une radiothérapie
doit être administrée, la reconstruction par Tram doit être
différée et réalisée une fois la radiothérapie
terminée.
Qualité de vie et mastectomie
avec reconstruction immédiate
Depuis janvier 2000, nous incluons dans une étude prospective
de qualité de vie, les patientes qui nécessitent une mastectomie.
Ces femmes sont informées des trois possibilités chirurgicales
que sont la mastectomie classique, la mastectomie avec reconstruction
différée et la MRI. Elles choisissent librement la technique.
Pour 76 patientes incluses ce jour, 66 ont opté pour la MRI ! L'intérêt
grandissant de cette technique aux yeux des femmes ne doit pas occulter
les interrogations que nous nous posons quant à son impact réel
sur le vécu de la mastectomie.
Malata et al. [11] concluent leur excellente revue sur la reconstruction
mammaire immédiate en soulignant que le choix de cette indication
n'est plus technique mais psychologique. Les échecs de la MRI sont
plus liés à la mauvaise évaluation de la personnalité
de la femme qu'à la technique proprement dite dont les possibilités
sont actuellement variées et nombreuses.
Polednak et al. [12] publient les chiffres du registre du Connecticut
à propos de 4 688 femmes opérées d'une mastectomie
: 12,5 % choisissent de faire une reconstruction ; ce choix diminue avec
l'âge (35 % pour les femmes de moins de 45 ans contre 2 % après
65 ans) et le statut tumoral (28 % pour les intracanalaires contre 5 %
pour les femmes métastatiques), mais il augmente dans le temps
(9 % de reconstructions en 1992 pour 16 % en 1996).
Nissen et al. [13] publient une étude prospective qui
évalue la qualité de vie à moyen terme (18 mois)
chez des femmes atteintes d'un cancer du sein de moins de 3 centimètres.
Trois groupes de patientes sont constitués en fonction du geste
chirurgical : chirurgie conservatrice, mastectomie seule, mastectomie
avec reconstruction immédiate. Les patientes qui bénéficient
d'une reconstruction immédiate sont plus jeunes que les patientes
ayant une chirurgie conservatrice (p < 0,001) qui sont à
leur tour plus jeunes que celles opérées par mastectomie
(p = 0,002). Les patientes ayant bénéficié
d'un traitement chirurgical conservateur ont de plus petites tumeurs que
celles avec mastectomie (p < 0,001) ou reconstruction (p
= 0,011). Celles qui ont eu la reconstruction avaient plus de chimiothérapie
et celles qui ont eu une mastectomie seule, plus d'hormonothérapie.
Les trois groupes chirurgicaux ne diffèrent pas significativement
en fonction du nombre d'années d'éducation, du statut marital,
d'antécédents familiaux de cancer du sein, du mode diagnostique
du cancer, de l'extension de la maladie, du grade ou du nombre de ganglions
envahis. Les femmes ayant choisi une reconstruction immédiate se
sont montrées satisfaites de leur décision tout en n'étant
pas plus satisfaites de leur choix que celles qui avaient opté
pour une mastectomie simple. Dans le groupe reconstruction immédiate,
on note plus de troubles de l'humeur et une moins bonne sensation de bien-être
que dans le groupe mastectomie seule. Si l'on évalue en revanche
la qualité de vie globale, il n'y a pas de différence significative
entre les trois groupes. D'une façon générale, on
remarque qu'avec le temps, l'insécurité et les troubles
de l'humeur s'amenuisent alors que le bien-être augmente. Pour tenter
d'expliquer à court terme les moins bons résultats concernant
les troubles de l'humeur et la sensation de bien-être du groupe
MRI, les auteurs supposent un temps opératoire, une hospitalisation
et une convalescence plus longues, une douleur postopératoire majorée
comparativement aux deux autres groupes chirurgicaux. Les auteurs concluent
que la qualité de l'information préopératoire détermine
la qualité de vie de ces patientes.
Andrade et al. [14] étudient rétrospectivement
la satisfaction des patientes reconstruites à partir d'un questionnaire
par courrier. Pour 206 femmes interrogées, 183 sont satisfaites
(89 %). Aucun facteur prédictif de l'insatisfaction n'est retrouvé
que ce soit le caractère immédiat ou différé
de la reconstruction, la technique choisie ou le nombre d'interventions
nécessaires. Le seul paramètre significatif est le taux
de complications postopératoires.
Pour Tzafetta et al. [15], le niveau général de
satisfaction exprimé par les patientes au sujet de leur reconstruction
est fortement corrélé à l'apparence du sein reconstruit,
à sa mobilité et au confort physique ressenti lors du port
du soutien-gorge.
L'étude prospective multicentrique du Michigan group [16] note
à propos de 250 reconstructions (161 MRI/89 MRD) un avantage psychosocial
net pour les reconstructions immédiates mais sans impact sur l'image
corporelle. Le choix de la technique (implant/Tram) n'influençait
pas ces résultats.
Contant et al. [17] évaluent la satisfaction de 73 femmes
opérées de MRI par prothèses : 70 % sont satisfaites
et seulement 12 % ne referaient pas cette intervention. Cet indice de
satisfaction est hautement corrélé à l'information
reçue.
Clough et al. [18] publient les résultats cosmétiques
à long terme (4,2 ans de suivi médian) de 360 MRI par prothèse
rétromusculaire pour des tumeurs de bon pronostic, non irradiées.
Le taux de complication précoce est de 9 % (1,7 % de prothèse
explantée), le taux de complications tardives de 23 %. Le pourcentage
de coque pathologique évolue de 11 % à 2 ans vers 15 % à
5 ans. Le taux de reprise opératoire global est de 30 %. Évalué
par une échelle à 5 degrés, les résultats
cosmétiques acceptables sont de 86 % à 2 ans et de 54 %
à 5 ans. Les auteurs soulignent que l'apparition d'une coque périprothétique
pathologique (15 % à 5 ans) est le seul paramètre significatif
de mauvais résultat. Pour les autres femmes, la détérioration
du résultat cosmétique avec le temps est due à l'asymétrie
secondaire à la ptose progressive du sein controlatéral
qui est accentuée par la fermeté du sein reconstruit. La
symétrisation controlatérale et l'attitude agressive de
reprise chirurgicale (30 %) ne permettent pas de stabiliser le taux de
bons résultats cosmétiques. Ces données esthétiques
intéressantes devront être corrélées à
l'appréciation de la femme et à son vécu pour étudier
si l'indice de satisfaction évolue parallèlement aux résultats
cosmétiques.
Nous avons cherché à évaluer rétrospectivement
la qualité de vie de 183 patientes opérées d'une
MRI par prothèse rétromusculaire dans notre institution
entre juin 1990 et juin 2000. La majorité des femmes avaient un
carcinome intracanalaire diffus inaccessible à une chirurgie conservatrice.
Cent quarante-neuf patientes ont répondu à un questionnaire
qui leur a été envoyé par courrier. Cette enquête
comprenait des questions sur la qualité de l'information qui avait
été fournie lors du diagnostic, sur l'évaluation
de la qualité de vie (questionnaire QLQ C-30 de l'EORTC) et du
retentissement sexuel (questionnaire QLQ B-23 de l'EORTC). Le délai
moyen entre l'intervention chirurgicale et l'enregistrement des réponses
est de 55 mois.
Quatre-vingts pour cent des femmes ne connaissaient
pas la possibilité technique d'une mastectomie avec reconstruction
immédiate avant d'être confrontées à cette
pathologie. La proposition de MRI leur a été faite dans
90 % des cas par le chirurgien qui les avait opérées ; dans
12 % des cas c'est la patiente qui a demandé cette intervention.
L'appréciation du statut de santé global est bonne : 66,7/100.
Les différentes dimensions de la vie quotidienne sont respectées
: activité sociale (100/100), activité physique (93,3/100),
activité personnelle (83,3/100), activité intellectuelle
(83,3/100), activité émotionnelle (75/100). L'activité
sexuelle est conservée (66/100), mais le plaisir sexuel est plus
rare (33/100).
L'évaluation du résultat esthétique global note
que 60 % des femmes se disent satisfaites, 13 % ne le sont pas et 24 %
le sont « un peu » ; 47 % des femmes considèrent le sein
reconstruit comme proche du résultat qu'elles en attendaient. De
façon plus détaillée, elles jugent le sein reconstruit
moins souple et surtout insensible. Dix-neuf pour cent des patientes cachent
la MRI, 13 % ont des difficultés pour s'habiller, 28 % pour mettre
des décolletés et 15 % redoutent de se montrer en public.
Quatre-vingt-dix pour cent des patientes conseilleraient cette intervention
à une amie qui devrait bénéficier d'une mastectomie.
Nous avons essayé de déterminer les groupes à risque
de mauvais résultats psychologiques : la moyenne des scores du
QLQ C-30 a été croisée avec les facteurs cliniques
spécifiques. L'âge fut le seul paramètre retrouvé
à la limite de la significativité : les femmes de plus de
45 ans avaient un score de santé global (p = 0,09), un score
de dimension personnel (p = 0,001) et social (p = 0,08)
plus mauvais que les femmes de moins de 45 ans. Le BMI, le volume de la
prothèse furent non significatifs.
Les techniques de reconstruction mammaire immédiate sont actuellement
nombreuses et bien codifiées ; néanmoins, la possession
du geste ou de l'indication par l'opérateur reste le paramètre
prépondérant de la réussite de l'acte. L'indication
de radiothérapie adjuvante reste une contre-indication relative
pour de nombreux auteurs tant pour les prothèses définitives
que pour les lambeaux autologues. L'association d'une MRI par expandeur
et d'une radiothérapie adjuvante semble prometteuse. L'appréciation
de la qualité de vie de ces femmes est difficile au travers des
publications qui sont le plus souvent rétrospectives. L'essai prospectif
idéal randomiserait la reconstruction immédiate à
la différée pour les femmes acceptant le principe des deux
chirurgies. L'écueil éthique associé à la
difficulté d'exposer de façon claire et appropriée
le consentement éclairé d'un tel essai rendent sa construction
hypothétique. Les limites actuelles de la MRI apparaissent d'ordre
psychologique. Le chirurgien doit essayer de sélectionner, avant
l'intervention, les femmes qui psychologiquement n'en tireront aucun profit
!
REFERENCES
1. Adjuvant therapy for breast cancer. National institutes of
health. consensus development conference statement. November 1-3, 2000.
http://consensus.nih.gov/
2. SOR : Cancers du sein infiltrants non métastatiques.
2e édition, mise à jour. Éd. John Libbey
eurotext, 2001.
3. Contant CME, Van Geel AN, Van der Holt B, Griep C, Tjong Joe
Wai R, Wiggers T. Morbidity of immediate breast reconstruction after mastectomy
by a subpectorally placed silicone prosthesis : the adverse effect of
radiotherapy. Eur J Surg Oncol 2000 ; 26 : 344-50.
4. Castello JR, Garro L, Najera A, Mirelis E, Sanchez-Olaso A,
Barros J. Immediate breast reconstruction in two stages using anatomical
tissue expansion. Scand J Plast Reconstr Surg Hand Surg 2000 ;
34 : 167-71.
5. Spear SL, Onyewu C. Staged breast reconstruction with saline-filled
implants in the irradiated breast : recent trends and therapeutic implications.
Plast Reconstr Surg 2000 ; 105 : 930-42.
6. Vandeweyer E, Deraemaecker R. Radiation Therapy after immediate
breast reconstruction with implants. Plast Reconstr Surg 2000 ;
106 : 56-8.
7. Al-Ghazal SK, Blamey RW. Subcutaneous mastectomy with implant
reconstruction : cosmetic outcome and patient satisfaction. Eur J Surg
Oncol 2000 ; 26 : 137-41.
8. Krueger EA, Wilkins EG, Strawderman M, Cederna P, Goldfarb
S, Vicini FA, Pierce LJ. Complications and patient satisfaction following
expander/implant breast reconstruction with and without radiotherapy.
Int J Radiat Oncol Biol Phys 2001 ; 49 : 713.
9. Tran NV, Evans GR, Kroll SS, Baldwin BJ, Miller MJ, Reece
GP, Robb GL. Postoperative adjuvant irradiation : effects on transverse
rectus abdominis muscle flap breast reconstruction. Plast Reconstr
Surg 2000 ; 106 : 313-7.
10. Tran NV, Chang DW, Gupta A, Kroll SS, Robb GL. Comparison
of immediate and delayed free TRAM flap breast reconstruction in patients
receiving post-mastectomy radication therapy. Plast Reconstr Surg
2001 ; 108 : 78-82.
11. Malata CM, McIntosh SA, Purushotham AD. Immediate breast
reconstruction after mastectomy for cancer. Br J Surg 2000 ; 87
: 1455-72.
12. Anthony P. Polednak, Ph. D. How frequent is postmastectomy
breast reconstructive surgery ? A study linking two statewide databases.
Plast Reconst Surg 2001 ; 108 : 73-7.
13. Nissen MJ, Swenson KK, Ritz LJ, Farrell JB, Sladek ML, Lally
RM. Quality of life after breast carcinoma surgery : a comparison of three
surgical procedures. Cancer 2001 ; 91 : 1238-46.
14. Andrade WN, Baxter N, Semple JL. Clinical determinants of
patient satisfaction with breast reconstruction. Plast Reconstr Surg
2001 ; 107 : 46-54.
15. Tzafetta K, Ahmed O, Bahia H, Jerwood D, Ramakrishnan V.
Evaluation of the factors related to postmastectomy breast reconstruction.
Plast Reconstr Surg 2001 ; 107 : 1694-701.
16. Wilkins EG, Cederna PS, Lowery JC, Davis JA, Kim HM, Roth
RS, Goldfarb S, Izenberg PH, Houin HP, Shaheen KW. Prospective analysis
of psychosocial outcomes in breast reconstruction : one-year postoperative
results from the Michigan breast reconstruction outcome study. Plast
Reconstr Surg 2000 ; 106 : 1014-25.
17. Contant CM, van Wersch AM, Wiggers T, Wai RT, van Geel AN.
Motivations, satisfaction, and information of immediate breast reconstruction
following mastectomy. Patient Educ Couns 2000 ; 40 : 201-8.
18. Clough KB, O'Donoghue JM, Fitoussi AD, Nos C, Falcou MC.
Prospective evaluation of late cosmetic results following breast reconstruction
: I. Implant reconstruction. Plast Reconstr Surg 2001 ; 107 : 1702-9.
|