ARTICLE
Origine et structure
Depuis plus d'une trentaine d'années, une équipe néo-zélandaise
développe des dérivés acridines en vue d'obtenir
des agents antitumoraux. En 1974, B. Cain et al. [1] ont élaboré
l'amsacrine (figure 1),
dérivé anilino-acridine doté de propriétés
antitumorales remarquables. Ce médicament fut assez fréquemment
utilisé dans les années quatre-vingt-dix pour le traitement
de leucémies aiguës et de certains lymphomes. À l'heure
actuelle, il n'est plus fréquemment prescrit et préserve
un intérêt thérapeutique marginal en oncohématologie
[2]. L'équipe d'Auckland dirigée par B. Baguley et W. Denny
a poursuivi activement le développement d'agents antitumoraux dérivés
de l'acridine, les conduisant à la synthèse d'une série
d'analogues porteurs d'une chaîne carboxamide en position 4. Le
dérivé amsacrine-
4-carboxamide CI921 (figure 1)
présentait un profil antitumoral intéressant, et avait fait
l'objet d'essais cliniques, notamment pour le traitement des cancers du
poumon non à petites cellules [3, 4]. Parmi les dérivés
acridines dépourvus de la fraction aniline, le dérivé
le plus actif est le DACA (N-[2-(diméthylamino)éthyl]acridine-4-carboxamide)
(encore dénommé XR5000 par la société Xenova,
UK) (figure 1) actuellement
en essai clinique sous les auspices du Cancer Research Campaign en Grande-Bretagne.
Mode d'action
L'ADN et les topo-isomérases représentent les cibles moléculaires
majeures du DACA. Ce composé n'est pas le seul agent antitumoral
à la fois ligand de l'ADN et des topo-isomérases, loin s'en
faut. Les modalités d'action de la doxorubicine et de la mitoxantrone
sont similaires. Mais le DACA présente des particularités
intéressantes tant du point de vue de sa fixation à l'ADN
que du point de vue de l'inhibition des topo-isomérases.
Les dérivés de l'acridine sont connus de longue date pour
leurs propriétés antimicrobiennes et mutagènes, mais
aussi pour leurs capacités d'interaction avec les acides nucléiques.
La 9-amino-acridine est un précurseur historique de nombreux agents
antitumoraux, à l'origine de la caractérisation de l'intercalation
de ces produits dans l'ADN. La quasi-totalité des dérivés
de l'acridine, y compris l'amsacrine, sont des agents intercalants capables
de stabiliser la structure en double hélice de l'ADN, c'est-à-dire
susceptibles de maintenir la cohésion entre les deux brins d'ADN
complémentaires et l'appariement entre les bases des acides nucléiques.
De par sa structure plane, le DACA n'échappe
pas à ce phénomène, et se comporte lui aussi comme
un véritable agent intercalant. La chaîne cationique 4-carboxamide
renforce l'affinité du DACA à l'ADN. La constante d'association
du DACA pour l'ADN est environ 30 fois supérieure à celle
de son homologue 9-amino-acridine dépourvu de la chaîne latérale.
Par ailleurs, cette chaîne confère une sélectivité
importante pour les séquences d'ADN riches en paires de bases G*C.
La sélectivité de séquence des dérivés
4-carboxamide a été démontrée aussi bien pour
les molécules de la série amino-acridine (comme le DACA)
que pour celles de la série anilino-acridine (comme le CI921) [5].
La nature chimique de la chaîne 4-carboxamide est également
un paramètre important pour le transport de la molécule
à travers les membranes cellulaires [6].
Quant au mode d'interaction du DACA avec l'ADN, une controverse vient
d'être levée. Selon le sens d'insertion du chromophore acridine
entre les paires de bases de l'ADN, la chaîne latérale peut
se fixer dans l'un ou l'autre des deux sillons qui séparent les
deux brins complémentaires. La fixation dans le petit sillon semblait
l'hypothèse la plus probable sur la base de résultats expérimentaux
[5, 7]. D'autant plus que la grande majorité des ligands de l'ADN
et la quasi-totalité des agents intercalants entrent en contact
avec les paires de bases de l'ADN par l'intermédiaire du petit
sillon. Cependant, deux études récentes sur les structures
cristallines des complexes formés entre de courts oligonucléotides
et deux analogues du DACA [9-amino-DACA et 9-amino-6-bromo-DACA] ont apporté
la preuve que la chaîne alkyl se logeait dans le grand sillon de
l'ADN (figure 2) [8, 9].
Une telle disposition est, de ce fait, tout à fait inattendue,
voire unique pour les agents intercalants, et pourrait être à
l'origine du profil cytotoxique particulier du DACA. La présence
du DACA au niveau du grand sillon de l'ADN pourrait interférer
considérablement avec la fixation de certaines protéines
au niveau de séquences particulières.
L'inhibition des topo-isomérases semble jouer un rôle prépondérant
dans le mécanisme d'action du DACA. Les topo-isomérases
régulent les processus de compaction et de décompaction
de l'ADN dans la cellule. Au-delà de ce rôle structural,
elles exercent aussi un rôle fonctionnel essentiel lors de la réplication,
de la transcription ou encore de la ségrégation des chromosomes
lors de la mitose [10]. À ce titre, ces enzymes constituent des
cibles privilégiées pour de nombreux médicaments
anticancéreux (étoposide, anthracyclines, camptothécine).
Alors que l'amsacrine n'inhibe que la topo-isomérase II, le DACA
interfère également avec la topo-isomérase I. Cette
dualité d'action se traduit par de multiples coupures d'un seul
(topo-isomérase I) ou des deux brins de l'ADN (topo-isomérase
II). Les agents antitumoraux intercalants, capables d'agir comme des doubles
poisons stabilisant les complexes ADN-topo-isomérase I/II, sont
relativement peu nombreux [11]. On peut citer par exemple l'intoplicine,
la saintopine ou encore le dérivé indénoquinoline
TAS-103 qui lui aussi fait l'objet d'essais cliniques en cancérologie
[12]. Le DACA est cependant un inhibiteur de la topo-isomérase
II moins efficace que l'amsacrine ou l'étoposide [13]. Il semble
agir préférentiellement au niveau de la topo-isomérase
IIß [14], comme c'est le cas pour l'amsacrine [15, 16]. De même,
l'inhibition de la topo-isomérase I est moins puissante que celle
de la camptothécine [17]. Des changements mineurs de la structure
du produit peuvent avoir des répercussions importantes sur le mécanisme
d'action de la molécule, puisqu'aux faibles concentrations, le
DACA inhibe préférentiellement la topo-isomérase
II alors que son homologue, le dérivé 7-chloro-DACA, agit
davantage sur la topo-isomérase I [18].
Études précliniques
Chez la souris, le DACA présente une activité cytotoxique
vis-à-vis de tumeurs solides telles que les adénocarcinomes
pulmonaires de Lewis [19]. L'intérêt porté à
cette nouvelle molécule tient surtout à son action cytotoxique
sur des lignées cellulaires qui présentent une résistance
à la chimiothérapie. Cela le distingue de nombreux autres
inhibiteurs de topo-isomérase. La résistance multidrogue
(MDR), source de résistances croisées entre différentes
drogues de chimiothérapie anticancéreuse, et en particulier
avec les inhibiteurs de topo-isomérase II (moindre pour les inhibiteurs
de topo-isomérase I comme la camptothécine), est la principale
cause d'échec thérapeutique. Elles peuvent être liées
à des surexpressions de la glycoprotéine P, ou des protéines
associées à la MDR (MRP : MDR related protein), et
sont impliquées dans la résistance de certains produits
lipophiles comme l'étoposide. Une résistance MDR dite étendue
peut également apparaître pour les dérivés
tels que le chlorambucil, le méthotrexate ou le cisplatine. Pour
sa part, le DACA est une molécule fortement cytotoxique contre
un large éventail de lignées cellulaires de phénotype
MDR. Une résistance minime peut survenir dans le cadre d'une résistance
MDR étendue. En comparaison, l'idarubicine, molécule lipophile
dérivée de la doxorubicine, est inactive sur les lignées
présentant le phénotype MDR ou le phénotype MDR étendu
[20, 21]. Le DACA est également capable, à l'inverse des
autres inhibiteurs de topo-isomérase II, de contourner la résistance
de la lignée leucémique Jurkat, exprimant de faibles taux
de topo-isomérase II et hautement résistante à l'amsacrine,
l'étoposide et la doxorubicine [22] (figure
3). La dualité d'action du DACA, inhibiteur des topo-isomérases
I et II, pourrait expliquer en partie ces propriétés [17].
Le DACA a une activité curative importante in vivo. Il
est par exemple plus actif que l'étoposide ou la doxorubicine dans
un modèle d'adénocarcinome de Lewis implanté chez
la souris [19]. Cette activité curative est également observée
dans des xénogreffes de tumeurs coliques (côlon 38) ou de
mélanome (NZM3). Dans le modèle digestif, l'activité
antitumorale est similaire à celle du fluoro-uracile mais surtout
supérieure à celle de la doxorubicine ou du CI921, dérivé
amsacrine-4-carboxamide mentionné auparavant. La mitoxantrone,
l'amsacrine, l'étoposide, le téniposide et la daunorubicine
sont quant à eux inactifs dans ce même modèle [23].
Résultats cliniques
Des études de phase I ont été élaborées
depuis 1994 selon différents modes d'administration [24-26]. Le
DACA est administré sous forme de perfusion IV continue, par voie
périphérique [24, 26] ou centrale [25], sur 3 ou 120 h [24
et 25 respectivement] et toutes les 3 semaines.
Dans l'étude de McCrystal et al. [24], la dose de départ
a été fixée à 18 mg/m2. Le dernier
palier de dose, atteint selon un protocole de Fibonacci modifié,
est de 1 000 mg/m2. Le profil toxique de la molécule
est dominé par des symptômes réversibles inhabituels
dans leur nature et leur intensité. La douleur du bras, associée
dans certains cas à une gêne faciale (buccale ou oculaire
essentiellement), représente la dose toxique limitante (DLT). Ce
symptôme apparaît dès le début de l'essai clinique,
soit à 18 mg/m2. La douleur du bras, d'apparition précoce,
donne une sensation de cuisson ou de compression, quelques centimètres
autour du point d'injection. Elle s'étend ensuite rapidement dans
tout le bras avant de s'atténuer progressivement. Si la perfusion
est arrêtée (ou le bras élevé), la douleur
décroît et le reste de la dose peut souvent être de
nouveau administré, sans que la douleur n'atteigne la même
intensité. Doubler le volume de perfusion, prescrire des anti-inflammatoires,
des dérivés stéroïdiens, des opiacés,
des benzodiazépines, n'apporte aucune protection contre l'intensité
de la douleur. D'autre part, il n'y a pas de corrélation entre
la douleur du bras pour chaque patient et les paramètres pharmacocinétiques
individuels. La cause de cette DLT reste encore inexpliquée. Il
est possible d'attribuer ce phénomène à une altération
ou à une inflammation des parois des vaisseaux. Mais aucun autre
signe de vasoconstriction n'a été décrit. Il peut
également être lié à un mécanisme dépendant
de récepteurs à la douleur.
La gêne au niveau de la bouche et/ou de la face, caractérisée
par des paresthésies, dysesthésies et chaleur labiale, survient
pour des doses de 480 mg/m2, à 30, voire 90 min de perfusion.
Une conjonctivite peut apparaître à la dose de 350 mg/m2.
Les toxicités « standards » (myélosuppression,
nausées, vomissements, alopécie, mucites...) sont rares.
Quelques thrombophlébites de grade modéré peuvent
survenir. La dose maximale tolérée (MTD) où plus
de 33 % des patients présentent une DLT est fixée dans ce
protocole à 750 mg/m2 [24]. La DLT est similaire dans
une étude de phase I préliminaire [26] alors que le protocole
d'administration ne variait que sur la durée d'administration (3
jours consécutifs).
Chez l'homme, le métabolisme du DACA, déterminé
par mesure d'émission de positron (PET-scanning) ou par mesure
biochimique (HPLC) est rapide, extensif (44 % de la dose est excrétée
dans les urines des 72 h) et moins complexe que chez l'animal [27]. Le
métabolite urinaire majeur est le DACA-N-oxide-9(10H)acridone
(34 ± 3 % de la dose administrée) et les métabolites
plasmatiques majeurs sont le DACA-9(10H)acridone et le DACA-N-oxide-9(10H)acridone.
Le DACA est donc biotransformé par N-oxydation et formation
d'acridone, deux étapes indispensables à la détoxification
de la molécule [28].
Chez l'homme, la cinétique du DACA est linéaire et suit
un modèle à deux compartiments. Tous les paramètres
pharmacocinétiques sont indépendants de la dose administrée.
Le DACA se lie à l'*1-glycoprotéine acide. La fraction libre
plasmatique est de l'ordre de 0,9 à 3,3 %, plus faible que chez
la souris (15,8 %). Après une administration de 750 mg/m2
en perfusion continue sur 3 h toutes les 3 semaines (MTD), l'aire sous
la courbe (ASC) estimée à 46,2 ± 4,4 µM x h est
plus importante que chez la souris, dans les mêmes conditions [29].
Aux vues des résultats pharmacocinétiques obtenus chez la
souris, la dose à administrer chez l'homme serait approximativement
de 3 000 mg/m2 [30], ce qui n'a pas été prescrit
dans cette étude. Si tel était le cas, la douleur du bras
au point d'injection serait limitante pour la prescription de DACA à
des doses potentiellement thérapeutiques. Pour réduire cette
douleur, il serait possible d'augmenter le temps de perfusion et d'administrer
le DACA par une voie veineuse centrale. C'est le schéma d'administration
qu'a présenté le second essai de phase I [25], dans la crainte
de voir les douleurs se déplacer au niveau thoracique ou les thrombophlébites
atteindre des veines centrales. L'étude clinique comprend des paliers
de doses qui s'étendent de 700 à 3 010 mg/m2.
Contrairement à toute attente, le DACA a été bien
toléré et l'étude se poursuit avec un palier de dose
supplémentaire à 4 010 mg/m2.
CONCLUSION
Les inhibiteurs de topo-isomérases utilisés actuellement
en chimiothérapie anticancéreuse sont sélectifs vis-à-vis
de l'une ou l'autre enzyme. Par exemple, l'irinotécan n'inhibe
que la topo-isomérase I, sans aucun effet sur la topo-isomérase
II. À l'inverse, l'étoposide interfère exclusivement
au niveau de la coupure de l'ADN par la topo-isomérase II. Seule
l'actinomycine, utilisée de longue date en clinique, présente
une action double sur les deux classes de topo-isomérases mais
son action inhibitrice est très limitée et n'est probablement
pas à mettre en rapport avec son action cytotoxique (vraisemblablement
due à l'inhibition de la synthèse d'ARN). Le DACA est donc
l'un des représentants majeurs d'une nouvelle classe d'inhibiteurs
de topo-isomérases présentant une action mixte sur les deux
familles d'enzymes.
Dans la cellule cancéreuse, lorsque la topo-isomérase
I est inhibée, l'expression de la topo-isomérase II est
amplifiée, cela afin de combler le déficit en enzymes nécessaires
à la régulation de la topologie des acides nucléiques
[31]. Un composé comme le DACA, capable d'enrayer simultanément
l'action des deux enzymes, pourrait ainsi combattre plus efficacement
la prolifération de la cellule tumorale.
Par ailleurs, le DACA présente un profil cytotoxique peu commun.
Son action antiproliférative puissante vis-à-vis de lignées
cellulaires particulières (carcinome de Lewis), résistantes
à de nombreux agents antitumoraux conventionnels (étoposide,
anthracyclines, alkylants), et son passage à travers la barrière
hémoméningée laissaient présager d'une évolution
clinique favorable. Mais à ce jour aucune réponse objective
n'a encore été enregistrée lors des premiers essais
cliniques. Il est vraisemblable que les doses préconisées
sur la base de modèles murins pour ces essais préliminaires
chez l'homme soient insuffisantes. Néanmoins, même à
ces doses subthérapeutiques, le DACA a produit des effets indésirables
inhabituels et imprévisibles, se manifestant par des douleurs des
membres supérieurs et de la face. Comprendre et élucider
ces effets secondaires apporteront de grands bénéfices quant
à l'optimisation de la prescription du DACA. Les espoirs reposent
maintenant sur les résultats des essais cliniques où le
temps de perfusion du DACA, administré par voie veineuse centrale,
serait augmenté, améliorant ainsi son efficacité
thérapeutique tout en diminuant ses toxicités. Récemment,
quatre études de phase II ont été initiées
dans le cadre de cancers colorectaux, ovariens, pulmonaires non à
petites cellules et pour des gliomes. Pour chaque localisation, 25 patients
ont été recrutés. Ces études multicentriques
qui impliquent un total de 23 centres anticancéreux devraient apporter
des réponses précises sur l'efficacité thérapeutique
du DACA pour le prochain millénaire.
REFERENCES
1. Louie AC, Issell BF. Amsacrine (AMSA) a clinical review.
J Clin Oncol 1985 ; 3 : 562-92.
2. Harousseau JL, Cahn JY, Pignon B, Witz F, Milpied N, Delain
M, et al. Comparison of autologous bone marrow transplantation
and intensive chemotherapy as postremission therapy in adult acute myeloid
leukemia. The Groupe ouest est Leucémies aiguës myéloblastiques
(GOELAM). Blood 1997 ; 90 : 2978-86.
3. Hardy JR, Harvey VJ, Paxton JW, Evans P, Smith S, Grove W,
et al. A phase I trial of the amsacrine analog 9-[[2-methoxy-4-[(methylsulfonyl)amino]
phenyl]amino]-N,5-dimethyl-4-acridinecarboxamide (CI-921). Cancer Res
1988 ; 48 : 6593-6.
4. Harvey VJ, Hardy JR, Smith S, Grove W, Baguley BC. Phase II
study of the amsacrine analogue CI-921 (NSC 343499) in non-small cell
lung cancer. Eur J Cancer 1991 ; 27 : 1617-20.
5. Bailly C, Denny WA, Mellor L, Wakelin LPG, Waring MJ. Sequence-specificity
of the binding of 9-aminoacridine- and amsacrine-4-carboxamides to DNA
studied by DNase I footprinting. Biochemistry 1992 ; 31 : 3514-24.
6. Pastwa E, Ciesielska E, Piestrzeniewicz MK, Denny WA, Gniazdowski
M, Szmigiero L. Cytotoxic and DNA-damaging properties of N-[2(dimethylamino)ethyl]acridine-4-carboxamide
(DACA) and its analogues. Biochem Pharmacol 1998 ; 56 : 351-9.
7. Crenshaw JM, Graves DE, Denny WA. Interactions of acridine
antitumor agents with DNA : binding energies and groove preferences. Biochemistry
1995 ; 34 : 13682-7.
8. Adams A, Guss JM, Collyer CA, Denny WA, Wakelin LPG. Crystal
structure of the topo-isomérase II poison 9-amino-[N-(2-dimethylamino)ethyl]acridine-4-carboxamide
bound to the DNA hexanucleotide d(CGTACG)2. Biochemistry
1999 ; 38 : 9221-33.
9. Todd AK, Adams A, Thorpe JH, Denny WA, Wakelin LPG, Cardin
CJ. Major groove binding and DNA-induced fit in the intercalation of a
derivative of the mixed topo-isomérase I/II poison N-(2-(dimethylamino)ethyl)acridine-4-carboxamide
(DACA) into DNA : X-ray structure complexed to d(CG(5-BrU)ACG)2
at 1.3Å resolution. J Med Chem 1999 ; 42 : 436-540.
10. Duguet M, Riou JF. De la topologie de l'ADN aux médicaments
antibiotiques et anticancéreux. médecine/sciences
1994 ; 10 : 962-72.
11. Bailly C. Topoisomerase I poisons and suppressors as anticancer
drugs. Current Med Chem 1999 (sous presse).
12. Sunami T, Nishio K, Kanzawa F, Fukuoka K, Kudoh S, Yoshikawa
J, et al. Combination effects of TAS-103, a novel dual topo-isomérase
I and II inhibitor, with other anticancer agents on human small cell lung
cancer cells. Cancer Chemother Pharmacol 1999 ; 43 : 394-401.
13. Woynarowski JM, McCarthy K, Reynolds B, Beerman TA, Denny
WA. Topoisomerase II mediated DNA lesions induced by acridine-4-carboxamide
and 2-(4-pyridyl)quinoline-8-carboxamide. Anti-Cancer Drug Des
1994 ; 9 : 9-24.
14. Turnbull RM, Meczes EL, Perenna Rogers M, Lock RB, Sullivan
DM, Finlay GJ, et al. Carbamate analogues of amsacrine active against
non-cycling cells : relative activity against topoisomerases IIalpha and
beta. Cancer Chemother Pharmacol 1999 ; 44 : 275-82.
15. Dereuddre S, Delaporte C, Jacquemin-Sablon A. Role of topoisomerase
II beta in the resistance of 9-OH-ellipticine-resistant Chinese hamster
fibroblasts to topoisomerase II inhibitors. Cancer Res 1997 ; 57
: 4301-8.
16. Herzog CE, Holmes KA, Tuschong LM, Ganapathi R, Zwelling
LA. Absence of topoisomerase IIbeta in an amsacrine-resistant human leukemia
cell line with mutant topoisomerase IIalpha. Cancer Res 1998 ;
58 : 5298-300.
17. Finlay GJ, Riou JF, Baguley BC. From amsacrine to DACA (N-[2-(dimethylamino)ethyl]acridine-4-carboxamide)
: selectivity for topoisomerases I and II among acridine derivatives.
Eur J Cancer 1996 ; 32A : 708-14.
18. Bridewell DJA, Finlay GJ, Baguley BC. Mechanism of cytotoxicity
of N-[2-(dimethylamino)ethyl]acridine-4-carboxamide and its 7-chloro
derivative : the roles of topoisomerases I and II. Cancer Chemother
Pharmacol 1999 ; 43 : 302-8.
19. Atwell G, Rewcastle G, Baguley BC, Denny WA. Potential antitumor
agents. 50. In vivo solid-tumor activity of derivatives of N-[2-(dimethylamino)ethyl]acridine-4-carboxamide.
J Med Chem 1987 ; 30 : 664-9.
20. Davey RA, Su GM, Hargrave RM, Harvie RM, Baguley BC, Davey
MW. The potential of N-[2-(dimethylamino)ethyl]acridine-4-carboxamide
to circumvent three multidrug-resistance phenotypes in vitro. Cancer
Chemother Pharmacol 1997 ; 39 : 424-30.
21. Schneider E, Darkin SJ, Lawson PA, Ching LM, Ralph RK, Baguley
BC. Cell line selectivity and DNA breakage properties of the antitumour
agent N-[2-(dimethylamino)ethyl]acridine-4-carboxamide : role of
DNA topo-isomérase. Eur J Cancer Clin Oncol 1988 ; 24 :
1783-90.
22. Finlay GJ, Marshall ES, Matthews JHL, Paull KD, Baguley BC.
In vitro assessment of N-[2-(dimethylamino)ethyl]acridine-4-carboxamide
(DACA), a DNA intercalating antitumor drug with reduced sensitivity to
multidrug resistance. Cancer Chemother Pharmacol 1993 ; 31 : 401-6.
23. Baguley BC, Zhuang L, Marshall ES. Experimental solid tumour
activity of N-[2-(dimethylamino)ethyl]acridine-4-carboxamide. Cancer
Chemother Pharmacol 1995 ; 36 : 244-8.
24. McCrystal MR, Evans BD, Harvey VJ, Thompson PI, Porter DJ,
Baguley BC. Phase I study of the cytotoxic agent N-[2-(dimethylamino)ethyl]acridine-4-carboxamide.
Cancer Chemother Pharmacol 1999 ; 44 : 39-44.
25. De Bono JS, Propper D, Ellard S, Steiner J, Bevan P, Dobbs
N, et al. A phase I study of XR5000 (DACA) by 120-hours intravenous
infusion. Proceedings, 10th NCI-EORTC symposium on new drugs in cancer
therapy. Amsterdam, June 16-18.
26. Twelves CJ, Gardner C, Flavin A, Sludden J, Dennis I, de
Bono J, et al. Phase I and pharmacokinetic study of DACA (XR5000)
: a novel inhibitor of topo-isomérase I and II. Br J Cancer
1999 ; 80 : 1786-91.
27. Osman S, Luthra SK, Brady F, Hume SP, Brown G, Harte RJ,
et al. Studies on the metabolism of the novel antitumor agent [N-methyl-11C]N-
[2-(dimethylamino)ethyl]acridine-4-carboxamide in rats and humans prior
to phase I clinical trials. Cancer Res 1997 ; 57 : 2172-80.
28. Schofield PC, Robertson IGC, Paxton JW, McCrystal MR, Evans
BD, Kestell P, et al. Metabolism of N-[2-(dimethylamino)ethyl]
acridine-4-carboxamide in cancer patients undergoing a phase I clinical
trial. Cancer Chemother Pharmacol 1999 ; 44 : 51-8.
29. Kestell P, Dunlop IC, McCrystal MR, Evans BD, Paxton JW,
Gamage RSKA, et al. Plasma pharmacokinetics of N-[2-(dimethylamino)ethyl]acridine-4-carboxamide
in a phase I trial. Cancer Chemother Pharmacol 1999 ; 44 : 45-50.
30. Paxton JW, Young D, Evans SM, Kestell P, Robertson IG, Cornford
EM. Pharmacokinetics and toxicity of the antitumour agent N-[2-(dimethylamino)ethyl]acridine-4-carboxamide
after i.v. administration in the mouse. Cancer Chemother Pharmacol
1992 ; 29 : 379-84.
31. Pantazis P. Preclinical studies of water-insoluble camptothecin
congeners : cytotoxicity, development of resistance, and combination treatments.
Clin Cancer Res 1995 ; 11 : 1235-44.
|