ARTICLE
La finalité de la technique de détection du ganglion sentinelle
diffère selon la localisation tumorale à laquelle on s'adresse.
Ainsi, dans les cancers du sein [1] ou de la vulve [2] où le standard
thérapeutique est respectivement le curage axillaire ou inguinal,
la mise en évidence d'un ganglion sentinelle, histologiquement
non envahi, évite la réalisation du curage standard (curage
de principe) prévenant la survenue d'une morbidité immédiate
et de séquelles tardives non négligeables et longtemps sous-estimées.
À l'inverse, dans les mélanomes malins cutanés
[3], la pratique d'une lymphadénectomie n'est indiquée que
devant l'existence ou l'apparition d'une adénopathie régionale
(curage de nécessité). L'intérêt de la technique
du ganglion sentinelle est, ici, de mettre en évidence, chez des
patients indemnes d'une atteinte ganglionnaire clinique, un envahissement
métastatique occulte de ce ganglion sentinelle. Cette information
pronostique essentielle conduira à la réalisation d'un curage
complémentaire et à l'introduction d'une thérapeutique
adjuvante adaptée.
C'est dire l'importance que revêt, en 2002, la détection
chirurgicale du ganglion sentinelle qui, pour atteindre sa pleine efficience,
devra être menée en étroite et constante collaboration
avec ses partenaires médecins nucléaires et anatomopathologistes.
Individualisation du ganglion sentinelle par
colorant lymphotrope
Tous deux dérivés des triphénylméthanes,
les principaux colorants utilisés sont le bleu isosulfan (ou LymphazurinTM)
et le bleu patenté violet qui ont évincé le bleu
de méthylène, le bleu ciel pentamine, le bleu Evans, le
vert indocyanine et l'indigocarmin. Leur administration peut être
à l'origine d'effets indésirables majeurs, tels que la survenue
d'un choc anaphylactique (1,5 % des cas), mais le plus souvent accessoires
sous forme d'un rash cutané, d'une coloration bleue des urines
(10 % d'élimination par voie rénale) et des selles (90 %
d'élimination par voie biliaire), voire généralisée
à l'ensemble des téguments (green woman syndrom)
[4]. Une rémanence du colorant du site d'injection (skin tatooing)
parfois prolongée ainsi qu'une pseudo-désaturation peropératoire
(liée à un passage intravasculaire du colorant) ont été
également rapportées [5]. Administré (dilué
ou non selon les auteurs) sous un volume de 2 ml pour le bleu patenté
V (laboratoires Guerbet, Aulnay-sous-Bois, France), de 3 à 5 ml
(selon le quadrant pour Giuliano) pour le bleu isosulfan, le colorant
est injecté (patient intubé et ventilé) à
des sites éminemment variables selon les équipes [6-8] :
intratumoral, péritumoral (parenchymateuse) et sous-cutané
(intradermique, sous-dermique et sous-aréolaire). Le rationnel
de l'injection sous-dermique ou intradermique repose sur la communauté
de l'origine embryologique entre le tissu mammaire et l'enveloppe cutanée
sus-jacente conduisant, comme démontré par Linehan et
al. [9], à un drainage lymphatique identique dans l'immense
majorité des cas. Le site d'injection péri-aréolaire
[7, 8], région siège d'une importante condensation lymphatique,
s'avère particulièrement séduisant dans les tumeurs
infracliniques (T0), multicentriques et les localisations tumorales médianes
et des quadrants supéro-externes.
La pratique de massages glandulaires doux, immédiatement après
l'injection, est recommandée [10], permettant ainsi une meilleure
migration du colorant dans les canalicules lymphatiques et cela pendant
un délai de 5 à 10 minutes qu'il convient impérativement
de respecter. La chronologie des incisions (axillaire, mammaire) est variable
selon les auteurs [1, 5, 8]. La topographie de l'incision axillaire (à
la limite inférieure de la zone pileuse) est primordiale, tout
particulièrement lors de la réalisation d'un geste mammaire
conservateur. Mal positionnée, elle peut en effet être un
facteur d'échec de l'individualisation du ganglion sentinelle.
Menée de façon soigneuse, rapide et atraumatique, la dissection
axillaire vise à repérer sélectivement le(s) canalicule(s)
(et non d'emblée le ganglion) lymphatique(s) opacifié(s)
qui conduira(ont), tel le fil d'Ariane, au ganglion sentinelle idéalement
coloré en bleu selon des nuances (bleu marine, bleu turquoise,
bleu ardoisé) et une intensité variables [10]. La découverte
d'un canalicule dilaté aboutissant à un ganglion faiblement
ou non opacifié devra faire évoquer son atteinte métastatique.
En effet, la colonisation du ganglion par des cellules tumorales métastatiques
gêne ou s'oppose à la captation passive du colorant lymphotrope.
La zone de détection du ganglion axillaire sentinelle répond
préférentiellement (88 %) mais non exclusivement (12 % de
localisations aux étages II et III) au premier étage anatomique
de Berg [11]. Il faut également signaler la possibilité
de l'existence de plusieurs canalicules menant à un seul et même
ganglion sentinelle. Si le drainage en série (un canalicule menant
à un ganglion) est classique, l'éventualité d'un
drainage en parallèle (canalicules multiples conduisant à
plusieurs ganglions) n'est pas exceptionnelle. En tout état de
cause, la palpation digitale du creux axillaire en peropératoire
est essentielle pour ne pas méconnaître un envahissement
ganglionnaire évident [12]. L'isolement du ganglion sentinelle
est au mieux réalisé par clipage de ce dernier pour prévenir
l'extravasation du colorant et permettre ainsi un meilleur contrôle
de qualité histopathologique de ce ganglion témoin tel qu'il
a pu être préconisé par certaines équipes [13].
Le recours à un examen extemporané, bien qu'optionnel, vise
à proposer chez 25 à 30 % des patientes porteuses d'un envahissement
ganglionnaire infraclinique [1] une chirurgie en un temps. Cette analyse
peropératoire ne fait toujours pas l'objet d'un consensus en dépit
d'une amélioration progressive de ses résultats (valeur
prédictive négative ayant passé de 93,7 % à
95,3 % dans l'expérience italienne [14, 15]). Elle est, de plus,
consommatrice de temps (40 min à l'Institut européen d'oncologie
[16]), génératrice potentielle de perte de matériel
faisant privilégier la technique par cytologie d'apposition. Elle
impose la contribution d'un cytopathologiste expérimenté,
s'avère difficile dans le cadre d'une pratique ambulatoire et ne
dispense pas d'une analyse histologique définitive [14-16].
Les facteurs d'échec de la technique colorimétrique sont
multiples [5] :
- injection d'une quantité inappropriée de colorant
lymphotrope,
- incision mammaire trop précoce, source de section des
canalicules lymphatiques intraglandulaires,
- incision axillaire trop tardive avec migration du colorant (pass
through) au-delà du premier ganglion,
- mauvais positionnement de l'incision axillaire : trop basse (défaut
de visualisation du GS à l'étage II), trop haute (défaut
d'identification du GS à l'étage I),
- défaut d'isolement du ganglion sentinelle volontiers enrobé
d'un capuchon graisseux qui devra être recliné,
- dissection axillaire trop appuyée ou trop profonde,
- drainages atypiques non visualisés (localisation mammaire
interne, intramammaire, sus- ou sous-claviculaire).
En dépit de ses limites, l'individualisation du ganglion sentinelle
par la méthode du colorant lymphotrope comporte des qualités
indéniables que sont sa fiabilité, sa facilité, son
faible coût et son caractère strictement monodisciplinaire
[17, 18].
Individualisation du ganglion sentinelle par
radio-isotope
À la lumière des données récentes de la
littérature, la réalisation d'une lymphoscintigraphie préopératoire
apparaît comme facultative et cette cartographie lymphatique, bien
qu'informative, mérite d'être laissée à la
discrétion de chaque équipe. En effet, si l'individualisation
du ganglion sentinelle à l'imagerie est volontiers corroborée
par le succès de la détection peropératoire, inversement,
la négativité de l'imagerie préopératoire
ne permet en rien de préjuger des résultats de la radiodétection
à la sonde [1]. Quant à l'injection du colloïde marqué,
elle peut s'avérer problématique, en termes non seulement
d'horaire, mais aussi de modalités d'exécution. L'administration
du colloïde marqué doit être idéalement réalisée,
selon Schneebaum [19] et Noguchi [1], dans une fenêtre de 2 à
24 heures précédant l'intervention. La possibilité
d'injection du traceur la veille de l'intervention a grandement facilité
la participation des équipes chirurgicales ne disposant pas d'un
service de médecine nucléaire intégré dans
leur institution et a permis d'optimiser la planification opératoire
de procédures de détection du ganglion sentinelle multiples
et successives. Il a également été établi
[6, 20] que, contrairement à l'injection péritumorale, la
voie d'administration intradermique du traceur ne permettait pas la visualisation
d'un ganglion sentinelle de topographie mammaire interne, voire interpectorale
ou intramammaire. Au-delà de la controverse portant sur la contrainte
logistique représentée par la réalisation d'une lymphoscintigraphie
préopératoire, cette dernière permet l'identification
du site (axillaire ou extra-axillaire) et du nombre de ganglions sentinelles,
le marquage cutané de ce dernier, enfin la détection d'éventuels
ganglions non sentinelles (dits aussi de « second-échelon
») [21]. Cette modalité technique permet surtout la réalisation
d'une incision axillaire sélective soit à l'aplomb du repère
cutané du ganglion sentinelle mis en place en préopératoire
à l'issue de la lymphoscintigraphie, soit, à défaut
(voire de surcroît), par le chirurgien après exploration
cutanée à la microsonde à la recherche du «
hot-spot » cutané axillaire.
Dans tous les cas, une reclinaison interne du sein par l'aide est recommandée
prévenant le phénomène du shine through qui
réalise une véritable éclipse du ganglion sentinelle
par la haute activité du site d'injection, tout particulièrement
dans les localisations tumorales aux quadrants supéro-externes
après injection péritumorale [22]. Une alternative peropératoire,
à la reclinaison interne du sein, est représentée
par la réalisation première de la tumorectomie ou de la
zonectomie emportant ainsi l'excès d'activité du site d'injection.
Il faut insister sur la nécessité d'une bonne orientation
de la microsonde par l'opérateur, pour éviter la captation
de l'activité en provenance du site tumoral parfois peu distant
de la région axillaire tout spécialement dans les quadrants
externes, et plus particulièrement après injection péritumorale
du colloïde marqué [23].
Moins consensuelle apparaît la définition du ganglion sentinelle
à la sonde de détection peropératoire [24]. Pour
Borgstein et al. [25], le ganglion sentinelle est constitué
par le ganglion siège de la plus haute activité. Les ganglions
sont dits non sentinelles lorsqu'ils comportent une activité inférieure
à 50 % de celle du ganglion sentinelle. D'autres auteurs [22, 24-26]
ont recours à des ratios (rapports d'activité), plus reproductibles,
mesurés tantôt in vivo (activité du ganglion
sentinelle/activité du bruit de fond), tantôt ex vivo
(activité du ganglion sentinelle/activité du ganglion
non sentinelle). Les ratios en faveur du ganglion sentinelle doivent excéder
respectivement 2/1 ou 3/1 in vivo et 10/1 ex vivo [18, 21,
22, 26]. Pour éviter toute déperdition du colloïde
et perturber la détermination du ratio ex vivo, il ne faut
pas hésiter à recourir au clipage des canalicules afférents
et efférents du ganglion sentinelle.
L'activité résiduelle du creux axillaire après
exérèse du ganglion sentinelle nécessite d'être
mesurée à la sonde de détection peropératoire
et devra s'apparenter à celle du bruit de fond et, dans tous les
cas, ne pas excéder 10 % de l'activité maximale du ganglion
sentinelle ex vivo. Pour Cox, si l'activité axillaire résiduelle
reste supérieure à 150 % du bruit de fond, il faudra s'employer
à rechercher un ganglion sentinelle additionnel laissé en
place [18, 21, 22, 25-27]. Outre un investissement en matériel
et un coût par patient plus élevé, cette technique
relève d'une approche multidisciplinaire et du respect d'impératifs
de radioprotection [27].
Individualisation du ganglion sentinelle par
la technique combinée
L'étude randomisée de Morrow et al. [28] n'a pas
retrouvé de différence significative en termes de taux d'identification
(88 % versus 86 %) et de temps nécessaire (8,2 mn versus
9,6 mn) à l'identification du ganglion sentinelle entre la technique
colorimétrique (bleu isosulfan) et combinée. Si cette dernière
tend actuellement à s'imposer en conjuguant les avantages respectifs
du colorant lymphotrope et du colloïde marqué [29] tout en
réduisant la durée de la courbe d'apprentissage, elle impose
une harmonie parfaite dans l'intervention des acteurs (médecin
nucléaire, chirurgien, pathologiste) dans la multidisciplinarité
qu'elle requiert à tout instant de son déroulement. Elle
suppose une logistique parfaitement rodée, une réalisation
dans un environnement structuré et calme par des praticiens hautement
motivés. L'injection synchrone d'un mélange colorant et
colloïde doit être fermement proscrite en raison de l'obtention
d'un précipité [22, 26]. Le principal intérêt
de la technique combinée consiste en un parfait positionnement
de l'incision axillaire (électivement à l'aplomb du repère
mis en place à l'issue de la lymphoscintigraphie), en la confirmation
formelle de la nature sentinelle du ganglion identifié (bleu et/ou
chaud) conduisant à une réduction du taux des faux négatifs,
enfin en une révision du creux axillaire en fin d'intervention
(absence d'activité résiduelle) [18, 22, 26, 30]. Certains
opérateurs utilisent la sonde pour identifier le ganglion sentinelle,
argumentant la possibilité de réaliser aussi une dissection
axillaire plus limitée qu'avec le seul colorant. D'autres l'emploient
pour confirmer la localisation du ganglion sentinelle, voire pour guider
la dissection lorsque l'identification des canalicules s'avère
difficile, notamment en cas de faible opacification (volontiers observée
dans les seins en involution lipomateuse de la femme âgée
ou volumineux) [18, 22, 26]. Ses limites sont celles de l'utilisation
du colorant lymphotrope, notamment avec les réserves qu'elle soulève
chez les sujets à terrain atopique [4] et/ou les contraintes logistiques
et de radioprotection [27] de la technique isotopique.
Indications et apprentissage de la technique
du ganglion sentinelle
Dans les cancers du sein opérables d'emblée, les meilleures
indications de la technique d'individualisation du ganglion sentinelle
résident chez les patientes porteuses de tumeur confirmée
(cytologie ou microbiopsie préthérapeutique), non inflammatoire,
unifocale, de taille inférieure ou égale à 15 mm,
sans atteinte clinique axillaire (N0) et n'ayant pas fait l'objet d'une
exérèse chirurgicale antérieure [31].
Dans cette population de malades à faible risque d'envahissement
ganglionnaire axillaire, une phase d'apprentissage [32] comportant un
curage axillaire systématique (sans préjuger de la technique
de détection retenue) avec enregistrement et détermination
du taux de faux négatifs est incontournable. Reflet de la collaboration
multidisciplinaire, cette courbe d'apprentissage (learning curve)
est non seulement personnelle (chirurgicale) et institutionnelle (multidisciplinaire),
mais également inter-institutionnelle (multicentrique).
Tous les auteurs [1, 26, 32-35] s'accordent pour affirmer que l'apprentissage
est un facteur majeur d'obtention d'un taux élevé d'identification
(> 90 %) et d'un taux de faux négatif bas (< 5 %). L'enseignement
de la technique est actuellement assuré par les équipes
expérimentées dans le cadre des réseaux ou en partenariat
avec l'industrie (pilot center) [32]. La phase d'apprentissage
ou de validation [31, 32] nécessite d'inclure un nombre suffisant
de cas pour permettre le calcul du taux de faux négatifs chez des
patientes présentant en particulier des métastases du ganglion
sentinelle. Ce quota de procédures est diversement défini
dans la littérature selon que l'on s'adresse aux recommandations
de l'Acosog (American College of Surgeon's Oncology Group) et de l'ASBS
(American Society of Breast Surgeons) (30 cas), de Nogughi (20-80 cas)
[33], de Orr (60-80 cas) [34] ou encore de Mariani (40-60 cas) [35]. L'assurance
d'un recrutement suffisant et régulier de cancers mammaires est
indispensable au bon déroulement de cette phase de validation et
d'auto-évaluation [31, 32]. Ce n'est qu'une fois que la maîtrise
et l'expertise auront été acquises et documentées,
que pourra être envisagé le passage de la technique en routine,
comme c'est actuellement le cas dans plusieurs équipes expertes
françaises [7, 13, 31] et étrangères [1, 15, 25,
36-40]. Il n'en demeure pas moins que l'on ne peut que recommander la
pratique de la lymphadénectomie sélective (procédure
ganglion sentinelle exclusive) dans le cadre d'un essai contrôlé,
après accord du CPPRB et signature par la patiente d'un consentement
éclairé, garantissant une pratique encadrée [31]
après communication d'une information claire et objective. Plusieurs
essais nord-américains (Acosog, NSABP32) et européens (Almanac,
Amaros, Fransenod) sont, à ce jour, en cours d'inclusions. Parallèlement,
les résultats des premières séries (tableau)
de lymphadénectomie sélective (avec omission de l'évidement
axillaire en cas de négativité du ganglion sentinelle) commencent
à être publiés. Ces séries [36-40], peu nombreuses,
comportent toutes un recul limité (recul moyen 16-39 mois) n'autorisant
pas à dégager de conclusions en termes d'impact sur la survie
des malades ainsi traitées.
Considérations techniques spécifiques
à d'autres localisations tumorales
Notre expérience de la technique de détection du ganglion
sentinelle dans d'autres localisations tumorales telles que le mélanome
malin cutané et les cancers vulvaires nous conduit à dégager
quelques points techniques spécifiques.
Dans le mélanome malin cutané [3], qui constitue
l'application originelle de D. Morton en 1992, le taux de détection
excède les 85-90 % et ce résultat s'explique par la grande
distance séparant la tumeur cutanée primitive de l'aire
régionale de drainage. À la différence du cancer
du sein, le phénomène du shine through est ici exceptionnel.
La lymphoscintigraphie préopératoire se révèle,
dans cette localisation tumorale, particulièrement informative
en termes de visualisation de drainages aberrants (fréquents dans
les mélanomes de la tête et du cou ainsi que dorsaux) et
de métastases en transit (pour les mélanomes des membres).
Injecté en intradermique strict, le colorant et/ou le colloïde
est affecté d'une vitesse de migration rapide (à la différence
du cancer du sein) vers l'aire de drainage lymphatique. Celle-ci est encore
optimisée par la réalisation de massages locaux et la levée
du membre (inférieur ou supérieur) concerné favorisant
ainsi une meilleure déclivité.
Dans des cancers vulvaires invasifs [41], le recours à
la technique isotopique (de façon exclusive ou combinée)
apparaît comme déterminant car il permet, outre la latéralisation
du ganglion sentinelle inguinal (existence de drainage croisé),
la détection topographique précise (incision cutanée
élective) du ganglion sentinelle. C'est ainsi que des localisations
ganglionnaires parasymphysaires, au niveau du mont de Vénus, sont
volontiers observées. Dans les cancers vulvaires, la détection
du ganglion sentinelle est rendue difficile par la proximité entre
le site d'injection vulvaire et les aires de drainage inguinal. La problématique
du hot-spot au niveau du site d'injection vulvaire (après
application d'EMLA en préopératoire) et de l'activité
vésicale peut être aisément résolue. Elle suppose
la réalisation première de la vulvectomie (partielle ou
totale) et d'un cathétérisme vésical évacuateur.
CONCLUSION
La technique du ganglion sentinelle s'affirme, d'ores et déjà,
comme une des acquisitions majeures en cancérologie chirurgicale
mammaire depuis l'avènement des traitements conservateurs et cela
à plusieurs titres : amélioration de la stadification ganglionnaire,
meilleure sélection des indications des thérapeutiques adjuvantes,
réduction significative de la morbidité postopératoire
et de la durée d'hospitalisation [42]. Chaque étape de sa
mise en place au cur d'une institution doit répondre à
une démarche qualité. Si la véritable incidence économique
(intégrant notamment le surcoût des techniques histopathologiques
de pointe) de cette technique demande encore à être précisée,
on ne peut que vivement encourager son enseignement par des équipes
expertes, reposant sur le principe du « compagnonnage », seul
à même de prévenir une dérive vers une pratique
« sauvage » et solitaire de cette chirurgie axillaire mini-invasive
novatrice et ô combien attractive pour les patientes et leur chirurgien.
Rien ne saurait venir galvauder les bases fondamentales de cette technique
: enseignement, évaluation, efficience, expertise, excellence.
Article reçu le 15 avril 2002, accepté le 3 septembre
2002.
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