ARTICLE
Définitions
La définition des Standards, Options et Recommandations,
accompagnés du niveau de preuve, repose sur les meilleures preuves
scientifiques disponibles au moment de leur rédaction (best
available evidence), pouvant être selon le sujet des méta-analyses,
essais randomisés ou études non randomisées. Lorsque
les preuves scientifiques font défaut pour un point particulier,
le jugement est basé sur l'expérience professionnelle et
le consensus du groupe d'experts (« accord d'experts »).
* Standards : interventions pour lesquelles les résultats
sont connus, et qui sont considérées comme bénéfiques,
inappropriées ou nuisibles, à l'unanimité.
Ils sont l'équivalent d'indications ou de contre-indications absolues.
* Options : interventions pour lesquelles les résultats
sont connus, et qui sont considérées comme bénéfiques,
inappropriées ou nuisibles, par la majorité. Elles
sont l'équivalent d'indications ou de contre-indications relatives.
Les options sont toujours accompagnées de recommandations.
* Recommandations : elles ont pour but, lorsqu'il existe plusieurs
options, de hiérarchiser ces options en fonction du niveau de preuve.
Les recommandations permettent également aux experts d'exprimer
des jugements et des choix concernant notamment des situations d'exception
et indications spécifiques ainsi que l'inclusion des patients dans
des essais thérapeutiques.
Le niveau de preuve est fonction du type et de la qualité
des études disponibles ainsi que de la cohérence ou non
de leurs résultats ; il est explicitement spécifié
pour chacune des méthodes/interventions considérées
en utilisant la classification suivante :
* Niveau A : il existe une (des) méta-analyse(s) «
de bonne qualité » ou plusieurs essais randomisés «
de bonne qualité » dont les résultats sont cohérents.
* Niveau B : il existe des preuves « de qualité correcte
» : essais randomisés (B1) ou études prospectives ou
rétrospectives (B2). Les résultats de ces études
sont cohérents dans l'ensemble.
* Niveau C : les études disponibles sont critiquables d'un
point de vue méthodologique ou leurs résultats ne sont pas
cohérents dans l'ensemble.
* Niveau D : il n'existe pas de données ou seulement des
séries de cas.
* Accord d'experts : il n'existe pas de données pour la
méthode concernée mais l'ensemble des experts est unanime.
NB : pour plus de détails, cf. Méthodologie
de développement des SOR [19].
Méthodologie
Un groupe de diététiciennes mis en place
par la Fédération nationale des centres de lutte contre
le cancer (FNCLCC) a revu les données scientifiques disponibles
concernant la prise en charge diététique des patients atteints
de cancer des voies aérodigestives supérieures (VADS) et
a ensuite proposé des « Standards », des « Options
» et des « Recommandations ». Ce document a été
revu par des experts indépendants. Une mise à jour est prévue
en fonction de nouvelles données scientifiques ou de nouveaux accords
d'experts.
Résultats du processus de revue
Le document Bonnes pratiques pour la prise en charge
diététique des patients atteints de cancer des VADS
a été revu par des experts indépendants des secteurs
public et privé ainsi que par les comités techniques des
vingt centres régionaux de lutte contre le cancer à l'aide
d'un questionnaire évaluant la validité, la clarté,
la pertinence et l'acceptabilité des Standards, Options et Recommandations
élaborés par le groupe de travail. Une date limite de réponse
est donnée pour clore ce processus de revue. L'absence de réponse
des experts sollicités avant la date proposée est considérée
comme une validation implicite du document. En cas de commentaires ou
de réserves, une justification écrite et détaillée
est demandée, faisant référence à la littérature
et/ou à l'expérience documentée des médecins.
À la fin du délai de réponse, 52 experts sur 121
sollicités avaient complété le questionnaire d'évaluation.
Les observations des experts sur ce document concernaient plusieurs types
de problèmes.
- des imperfections dans la formulation des idées
et concepts : la mise en forme a été améliorée
en fonction des remarques émises ;
- des données inexactes sur le chapitre concernant
la curiethérapie : après analyse des références
fournies par les experts, le chapitre a été corrigé
;
- des données périmées sur les
taux d'incidence de la pathologie : après analyse des références
fournies par les experts, le chapitre a été actualisé
;
- des données imcomplètes sur la prise
en charge du sevrage alcoolique et dans le chapitre concernant la période
postopératoire : après analyse des références
et des avis fournis par les experts, ces deux chapitres ont été
complétés ;
- des données controversées sur les critères
permettant la surveillance diététique des patients : après
analyse des références et des avis fournis par les experts,
le chapitre a été modifié en mettant l'accent sur
l'importance d'une surveillance clinique qui peut être complétée
ou non par la mesure de paramètres biologiques et le calcul d'index
multiparamétriques.
Les remarques prises en compte ont été
intégrées au document final présenté dans
les pages suivantes.
Contexte et définitions
En France, les cancers des voies aérodigestives
supérieures (bouche, pharynx, larynx et sophage) représentent
14 % des cancers chez l'homme. Le secrétariat à la Santé
français estime le nombre annuel de cas incidents en 1995 à
19 000 pour les hommes et 2 600 pour les femmes. L'âge moyen des
patients au diagnostic est compris entre 50 et 60 ans [23].
Le traitement repose sur la chirurgie et la radiothérapie, associées
à une chimiothérapie dans certains cas [9]. Cinquante pour
cent des patients atteints de cancer des VADS présenteront une
récidive locorégionale et 30 % des métastases [34].
Les cancers des voies aérodigestives supérieures
et leurs traitements
Les principaux facteurs de risque ou prédisposant
aux tumeurs des VADS sont la consommation excessive d'alcool et le tabac
[5, 10, 33]. L'association de ces deux facteurs potentialise le risque
(exemple : cancer de l'oropharynx) [8, 23].
La consommation excessive d'alcool entraîne chez ces patients des
désordres métaboliques.
La présence d'une pathologie digestive associée à
des malabsorptions, comme des antécédents de chirurgie digestive,
une gastrectomie, une insuffisance pancréatique exocrine, aggrave
le pronostic et l'état nutritionnel [21].
La perte de poids, quand elle existe, se produit soit progressivement,
soit a été soudaine et la démarche de prise en charge
diététique doit s'y adapter.
Les différentes conduites thérapeutiques (radiothérapie,
chimiothérapie, chirurgie) perturbent l'équilibre nutritionnel
[13] et requièrent une surveillance diététique rigoureuse
et régulière, d'autant que la majorité de ces patients
évolue dans un contexte socio-économique souvent défavorisé.
Évaluation nutritionnelle des patients
Cette évaluation est à réaliser
dès le début de la prise en charge diététique
et avec le patient.
Tous les patients (dénutris, en poids stable ou en surcharge pondérale)
sont à risque sur le plan nutritionnel et sont à surveiller.
Les effets secondaires éventuels des traitements sur la prise alimentaire
seront aussi évoqués. Leurs possibilités de prise
en charge seront expliquées aux patients.
Au total
La prise en charge d'un patient atteint de cancer des
voies aérodigestives supérieures est pluridisciplinaire.
Elle requiert la compétence des différents membres de l'équipe
médicale et paramédicale. Nous nous attacherons ici à
la prise en charge nutritionnelle de ces patients.
Objectif et méthodes
L'essentiel est d'adapter l'apport nutritionnel, et
en particulier la prise alimentaire orale, aux contraintes liées
à l'atteinte des voies digestives supérieures, de prévenir
la dénutrition, d'améliorer la qualité de vie [4,
38, 39], de réduire le nombre de complications liées à
la dénutrition ou postchirurgicales [20, 42] et d'éviter
l'interruption des traitements (par exemple radiothérapie) [29].
Le choix de la méthode doit tenir compte du site tumoral, des conséquences
nutritionnelles liées aux traitements, des capacités d'absorption
et de la durée estimée du support nutritionnel.
La nutrition entérale doit être utilisée de préférence
à la nutrition parentérale chaque fois que possible.
En pratique, les nutritions parentérale et entérale sont
complémentaires et nécessitent chacune des compétences
médicales et diététiques.
La diététicienne associée au médecin assure
le suivi de la nutrition entérale.
La mise en uvre efficace de la prise en charge diététique
implique une bonne communication entre tous les acteurs (médecins,
rééducateurs, manipulateurs en radiothérapie, infirmiers).
En termes d'objectif nutritionnel, il n'existe pas d'accord formel en
ce qui concerne les apports énergétiques et azotés
optimaux chez le patient cancéreux. À partir des données
de la littérature, on peut estimer que l'apport calorique quotidien
souhaitable pour espérer améliorer la masse maigre des malades
et accroître la production hépatique de protéines,
dites de l'anabolisme, oscille entre 30 et 45 kcal/kg, soit en moyenne
1 600 à 2 400 kcal/j. De la même manière, l'apport
azoté habituellement conseillé est de l'ordre de 0,2 à
0,35 g d'azote/kg/j, soit en moyenne de 12 à 18 g d'azote par jour.
Ces données sont valables aussi bien pour la nutrition entérale
que pour la nutrition parentérale [32]. Elles doivent être
adaptées en fonction de l'activité physique du patient.
Au total
Les objectifs de la prise en charge nutritionnelle sont
la prévention de la dénutrition, l'amélioration de
la qualité de vie, la réduction du nombre de complications
liées aux traitements et la prévention des interruptions
de traitement (standard).
L'apport calorique quotidien souhaitable est de l'ordre de 1 600 à
2 400 kcal, l'apport azoté de l'ordre de 0,2 à 0,35 g/kg/j,
soit 1,25 à 1,85 g de protides/kg/j (recommandation) (accord d'experts).
Mise en uvre
Avant tout traitement
La première consultation diététique
doit être effectuée par la diététicienne le
plus près possible du diagnostic de cancer pour une évaluation
précoce et précède un suivi régulier et continu
du patient tout au long des traitements (figure
1).
Le premier entretien diététique se traduit par une information
pratique au patient sur :
- la nécessité de maintenir un état nutritionnel
correct ;
- les conséquences des traitements au niveau local ;
- les moyens à mettre en uvre pour les minimiser.
L'anamnèse, qui peut être effectuée
selon plusieurs méthodes, constitue le point de départ de
l'évaluation nutritionnelle du patient et permet d'élaborer
avec celui-ci les méthodes correctives à mettre en uvre.
L'état nutritionnel peut être évalué par plusieurs
éléments complémentaires de l'interrogatoire :
- la mesure du poids et de la taille ;
- l'évaluation de la perte de poids évaluée en valeur
absolue ou en pourcentage par la formule suivante : perte de poids en
% = (poids de forme poids actuel) x 100/poids de forme. Une perte
de poids de 10 % est habituellement considérée comme ayant
une valeur pronostique en cancérologie [18]. En préopératoire,
ce chiffre de 10 % est le plus souvent utilisé comme valeur seuil
de risque accru et de nécessité éventuelle d'intervention
nutritionnelle [27]. La vitesse d'amaigrissement doit être évaluée.
Blackburn [6] considère qu'une perte de poids est sévère
(perte majeure), c'est-à-dire associée à un risque
accru de morbidité et/ou de mortalité si elle est supérieure
à 10 % en 6 mois ;
- l'Indice de Detsky ou évaluation globale subjective (Subjective
global assessment ou SGA) apprécie le degré de dénutrition
sur l'intensité de la perte de poids, la gravité des signes
digestifs et cliniques de dénutrition, l'altération fonctionnelle,
et associe une notion d'intensité du stress métabolique
éventuel. Elle permet de classer de façon simple, non invasive
et avec une reproductibilité satisfaisante (supérieure à
90 %) les patients en (A) non dénutri, (B) modérément
dénutri ou supposé tel et (C) sévèrement dénutri.
Dans cet index, la classification est donc laissée au libre choix
de l'examinateur, sans calcul, ni indication très précise
[3] ;
- l'albuminémie : l'hypoalbuminémie est associée
à un risque accru de complications et de mortalité quelle
que soit la pathologie [40]. Les valeurs seuils d'hypoalbuminémie
sévère, de valeur pronostique, varient selon les auteurs
entre 30 et 35 g/l, en préopératoire par exemple. La présence
d'un syndrome inflammatoire rend difficile l'interprétation de
sa valeur sur le plan nutritionnel. Les atteintes hépatocellulaires
s'accompagnent fréquemment d'une hypoalbuminémie ;
- l'indice de Buzby (Nutrition risk index ou NRI) est le plus simple
à obtenir [12]. Il est recommandé en France afin de sélectionner
les patients pouvant bénéficier d'une nutrition artificielle
préopératoire avant chirurgie lourde. Il est calculé
par la formule : NRI = 1,519 x (albumine en g/l) + 0,417 x (poids actuel/poids
habituel) x 100.
Les sujets dont le NRI est inférieur à
83,5 sont considérés comme sévèrement dénutris,
ceux dont le NRI est supérieur, compris entre 83,5 et 97,5, sont
moyennement dénutris.
Cette évaluation rigoureuse permet d'appréhender trois situations
différentes :
- le patient est en poids stable ;
- le patient présente une surcharge pondérale ;
- le patient est dénutri.
Le poids du patient doit être interprété
en fonction de la présence ou non d'dèmes, d'ascite,
notamment dans le cas de la dénutrition en poids stable.
* Le patient est en poids stable
Les conseils tendront à maintenir une alimentation
équilibrée et adaptée en texture et en qualité
aux capacités fonctionnelles du patient.
Il est primordial de tenir compte du contexte socio-économique
et d'associer des conseils d'hygiène de vie. La prise en charge
des intoxications exogènes (alcool et tabac) nécessite une
consultation médicale d'aide au sevrage.
L'objectif est de maintenir un poids stable : une surveillance hebdomadaire
du patient est souhaitable.
* Le patient est en surcharge pondérale
La surcharge pondérale est définie par
un indice de masse corporelle (IMC), calculé par le rapport poids/(taille)2,
compris entre 25 et 30. Il convient alors de contrôler le poids
régulièrement, de détecter et de corriger avec le
patient les erreurs alimentaires.
* Le patient est dénutri
- La dysphagie
La diminution de l'apport alimentaire est souvent liée
à une dysphagie, à des fausses routes, à des douleurs,
à des mucites, à un dysfonctionnement de la salivation,
voire à une asialie. Les conseils donnés concernent surtout
la texture de l'alimentation qui peut être soit hachée, soit
mixée, soit liquide par voie orale, en fonction des possibilités
du patient. Cette alimentation sera enrichie en protéines et en
calories : l'ajout de compléments alimentaires à la ration
peut permettre d'atteindre un niveau calorico-azoté suffisant (cf.
§ Objectif et méthodes). Il convient de s'assurer de
la bonne tolérance des patients vis-à-vis de ces produits.
Si la voie orale ne permet pas un apport suffisant, la voie entérale
sera utilisée sur décision médicale avec la pose
soit d'une sonde naso-gastrique, soit d'une gastrostomie ou d'une jéjunostomie
[39].
Le bénéfice nutritionnel est observé le plus souvent
dans un délai d'environ 15 à 20 jours (confortant la notion
de nécessité d'une prise en charge diététique
précoce). Un bénéfice fonctionnel peut être
observé plus tôt.
La prescription médicale de traitements antalgiques, d'anesthésiques
locaux, peut être nécessaire à la bonne prise alimentaire
orale.
- Les troubles de l'absorption
Les troubles de l'absorption peuvent être liés
aux antécédents chirurgicaux du patient (de nombreux patients
atteints de cancer des VADS ont des antécédents digestifs).
Après avoir recherché les causes, la prise en charge diététique
de ces troubles se fait par une alimentation adaptée.
- La diminution des apports
Cette diminution peut être liée à
une anorexie, à des troubles du goût et de l'odorat, à
de l'anxiété, à de la lassitude, à de la fatigue,
solitude, à des problèmes familiaux, économiques,
etc.
Des conseils pour une alimentation hypercalorico-azotée sous un
faible volume (équilibrée en apports vitaminiques) sont
donnés. La prise en charge des intoxications exogènes (alcool
et tabac) est réalisée par des consultations spécialisées.
Seul le bilan alimentaire précis, voire chiffré, permet
de connaître les ingesta réels du patient et permet
d'établir une stratégie nutritionnelle visant à atteindre
progressivement des apports alimentaires suffisants, tant aux niveaux
quantitatif que qualitatif, en concertation avec le patient.
Au total
Avant tout traitement
- Il est indispensable d'étudier le dossier médical
du patient et d'adapter la prescription diététique à
chaque cas particulier (standard).
- Tous les patients atteints de cancer des voies aérodigestives
supérieures doivent bénéficier d'une surveillance
régulière du poids (standard).
- Une perte de poids de 10 % au cours des 6 derniers mois nécessite
une prise en charge diététique urgente (standard).
- Du bilan alimentaire découle la ration énergétique
de départ possible (standard).
- Il convient d'informer le patient sur les modalités de la prise
en charge et du suivi diététique de façon qu'il y
adhère (standard).
- Donner des conseils d'hygiène de vie (standard).
- Les patients dénutris doivent :
* être alimentés par la voie entérale,
voire parentérale, si la voie orale ne permet pas un apport suffisant
(standard) ;
* bénéficier d'une surveillance hebdomadaire sur les apports
calorico-azotés, la consommation alcoolique et le poids afin d'évaluer
l'efficacité de la prise en charge (recommandation) (accord d'experts).
- L'anamnèse pour les patients en surcharge pondérale doit
permettre de détecter et de corriger les erreurs alimentaires (standard).
Pendant les traitements (figure
2)
* Au cours de la radiothérapie (figure
3)
Une surveillance hebdomadaire du poids est recommandée.
Une perte de poids au cours de la radiothérapie nécessite
la recherche des causes imputables au traitement.
Outre les cas d'extractions dentaires massives et l'agueusie, la radiothérapie
peut entraîner des mucites, une déglutition douloureuse (douleurs
secondaires aux infections, surinfections [30] et brûlures), une
asialie handicapante [2].
L'objectif est de prévenir la perte de poids, susceptible de provoquer
l'interruption du traitement [23].
Les conseils alimentaires sont adaptés à la survenue et
à la nature des troubles. Il est préférable de les
transmettre par écrit en associant si besoin la famille.
- Il convient de fractionner l'alimentation en proposant
des petits repas fréquents (collations), d'augmenter la ration
calorique en général par la consommation d'aliments riches
en protéines tels que les viandes, poissons, ufs et produits
laitiers, et/ou d'enrichir en protéines les potages, purées
et desserts.
- Manger trop chaud, consommer des aliments trop sucrés,
trop acides, trop salés ou trop épicés peuvent accentuer
les troubles ; il convient donc d'éviter cela et d'en informer
le patient. Pour augmenter le confort de celui-ci, le médecin peut
également associer à la prise alimentaire des médicaments
antalgiques, antiémétiques ou régulateurs de la vidange
gastrique ainsi que des anesthésiques locaux.
- Il ne faut pas hésiter à modifier la
texture de l'alimentation (hachée, mixée ou liquide) tout
en maintenant un apport hydrique convenable. La prescription de compléments
alimentaires peut permettre d'augmenter les apports calorico-azotés
[1, 31]. Actuellement, seul le Rénutryl 500® bénéficie
d'un remboursement partiel, voire total, par la Sécurité
sociale. D'autres produits peuvent être utilisés mais leur
remboursement est aléatoire ; il est parfois possible après
accord des organismes d'assurance complémentaire. On s'assurera
toujours de la bonne tolérance de ces compléments alimentaires.
- Si une dénutrition sévère est
présente ou survient en cours de traitement malgré une prise
en charge diététique, la pose d'une sonde naso-gastrique,
d'une gastrostomie ou d'une jéjunostomie doit être envisagée
sur décision médicale [41].
- En fonction de l'avis du médecin et des possibilités
du patient, la nutrition sera soit exclusivement entérale, soit
mixte, orale et entérale (dans ce cas, pour le confort du patient,
une gastrostomie percutanée est préférable à
une sonde naso-gastrique si la durée prévue de nutrition
entérale est supérieure à 4 semaines) [39]. L'objectif
est d'atteindre le plus rapidement possible 35 à 45 kcal/kg/j [32].
Ces mélanges sont passés soit par gravité, soit par
pompe avec régulateur de débit.
* Au cours de la chimiothérapie (figure
4)
Les répercussions sur la fonction digestive sont
différentes en fonction des protocoles de chimiothérapie
(mucites, nausées, vomissements, constipation) [17] et des thérapeutiques
associées (morphiniques par exemple).
Les conduites à tenir sont :
- en cas de nausées et de vomissements : bien
que ces manifestations puissent être prévenues et/ou traitées
par les médicaments antiémétiques (cf. SOR pour
l'utilisation des antiémétiques en cancérologie
[35]), elles peuvent apparaître et persister plusieurs jours après
les traitements en fonction des médicaments cytotoxiques utilisés.
Elles entraînent souvent une perte de l'appétit, l'installation
d'une anorexie se traduisant par une perte de poids. Il convient alors
de multiplier les petits repas dans la journée (six ou sept par
jour), de stimuler l'appétit en répondant aux préférences
alimentaires, en particulier en améliorant la présentation
des plats, en augmentant la variété des choix et la qualité
des produits (hypercaloriques sous un faible volume) ;
- en cas de diarrhée due à une toxicité
de la chimiothérapie sur la muqueuse intestinale, une réhydratation
s'impose en buvant fréquemment (boissons sans lactose enrichies
en fibres solubles) et en ingérant des aliments liquides digérés
rapidement pour laisser l'intestin au repos. Puis un régime pauvre
en fibres insolubles et antidiarrhéique est progressivement mis
en place ;
- en cas de constipation due à une diminution
de la motricité intestinale, il est capital de modifier les habitudes
alimentaires. Elle est le plus souvent liée et/ou aggravée
par certains médicaments cytotoxiques et par les morphiniques.
On encourage alors la consommation de crudités, de fruits crus
(en dehors de problèmes buccaux), de légumes tout en préservant
la muqueuse intestinale de trop d'agressions. Il est donc nécessaire
d'équilibrer les repas concernant l'apport de fibres, de surveiller
l'apport hydrique, d'avoir recours aux laitages et fruits cuits peu sucrés
et d'augmenter l'activité physique du patient (quand la situation
clinique le permet) ;
- en cas de mucites qui provoquent des brûlures
locales douloureuses, des ulcérations surinfectées après
certains traitements cytotoxiques, si le traitement antalgique ne permet
pas de maintenir l'alimentation orale, une nutrition artificielle est
parfois nécessaire (entérale ou parentérale). Après
amélioration des symptômes, la mise en route d'une alimentation
liquide ou pâteuse et lactée de préférence
(froide ou tiède) évitant les aliments irritants ou acides
est mise en place.
Entre deux cures de chimiothérapie, l'information
du patient concerne les troubles digestifs pouvant survenir et la façon
d'y remédier : supprimer les aliments à haut risque bactériologique
pendant la période d'aplasie, fractionner l'alimentation, consommer
des préparations hyperénergétiques, associer au besoin
un régime antidiarrhéique, profiter des périodes
d'accalmie pour rattraper le déficit nutritionnel et maintenir
un poids stable. La prescription de compléments alimentaires peut
s'avérer nécessaire afin de pallier les carences qui pourraient
s'installer. Le poids doit être surveillé entre deux cures
et à chaque nouvelle hospitalisation. Devant une perte de poids
rapide, le médecin et la diététicienne doivent être
alertés.
* Au cours de la curiethérapie (figure
5)
Les traitements de curiethérapie sont de courte
durée (maximum 7 jours).
La texture du repas doit être adaptée aux possibilités
du patient. En effet, l'alimentation ne doit pas gêner le dispositif
de curiethérapie.
En fonction de la localisation des gaines, la texture et le type d'alimentation
seront décidés en collaboration avec le radiothérapeute.
Pendant les traitements de curiethérapie endobuccale (oropharynx
ou cavité buccale), l'alimentation orale est à éviter.
Une nutrition par sonde naso-gastrique est souhaitable. Elle sera adaptée
aux antécédents et aux capacités digestives du patient.
Après la dépose des gaines de curiethérapie, il est
souhaitable de maintenir cette sonde en place pendant 24 heures supplémentaires,
le temps de s'assurer de la possibilité du patient à remanger
suffisamment per os. Si un apport hydroélectrolytique par
voie veineuse ou une nutrition parentérale sont nécessaires,
ils seront associés, chaque fois que possible, à une alimentation
entérale.
Après l'ablation de la sonde naso-gastrique ou en l'absence de
décision de nutrition entérale/parentérale, le type
d'alimentation sera fonction des capacités du malade : hachée
ou molle, mixée (à la cuillère) ou liquide (à
la paille) et, dès que possible, il est souhaitable de reprendre
le type d'alimentation antérieur.
Au total
Pendant les traitements
- Surveillance du poids (standard).
- Surveiller au plan nutritionnel un malade traité en radiothérapie,
au minimum de façon hebdomadaire (standard).
- Atteindre le plus rapidement possible la ration de 35 à 45 kcal/kg
de poids/j (recommandation) (accord d'experts).
- Adapter la texture aux possibilités mécaniques (mastication,
mucites), à la conservation des structures permettant une déglutition
normale, aux effets des traitements associés, à l'âge
des patients (standard).
- Enrichir les préparations, fractionner l'alimentation (standard).
- Augmenter la consommation d'aliments hypercaloriques, hyperprotidiques
sous un faible volume (standard).
- Corriger le transit par une alimentation adaptée (un tiers des
patients atteints de cancer des voies aérodigestives supérieures
a des antécédents digestifs) (standard).
- Éviter l'arrêt prolongé total de l'alimentation
(per os ou par sonde) pendant les traitements de chimiothérapie
(recommandation) (accord d'experts) [37].
* En postopératoire (figure
6)
La prise en charge diététique a pour objectif
de fournir un apport calorico-azoté suffisant pour optimiser la
cicatrisation en termes de qualité et de délai et de couvrir
les besoins accrus liés au catabolisme postopératoire.
Il s'agit, en général, d'une évolution de la nutrition
parentérale postopératoire immédiate vers une nutrition
entérale précoce chaque fois qu'un accès digestif
a été mis en place et est utilisable sans risque, puis vers
une alimentation orale à texture adaptée. À tous
les stades de cette progression, il convient de travailler en étroite
collaboration avec les chirurgiens, les réanimateurs, les kinésithérapeutes,
les orthophonistes et les équipes infirmières. La diététicienne
doit s'assurer de façon quotidienne de la bonne tolérance
des différents schémas alimentaires et du bénéfice
apporté en surveillant le poids et les constantes biologiques.
Des protocoles peuvent être établis pour les différentes
interventions chirurgicales les plus fréquemment réalisées.
Ils peuvent être modulés en fonction des habitudes de chaque
équipe hospitalière (tableau
I).
La prise en charge diététique doit être adaptée
à la survenue des complications (écoulement de chyle, diarrhées,
fistules, etc.).
L'exérèse chirurgicale des tumeurs envahissantes, les organes
effecteurs de la déglutition et la chirurgie reconstructrice modifient
les paramètres biomécaniques, dynamiques et la perception
sensitive de cette région, provoquant des incoordinations, des
blocages mécaniques, des déficits de la force de propulsion
linguale ou pharyngée, des déficits de la fermeture glottique.
En chirurgie des voies aérodigestives, il faut obtenir une déglutition
efficace et sûre avec les structures restantes. La fermeture laryngée
et la propulsion bucco-pharyngée sont deux objectifs prioritaires
dans la démarche de rééducation de la déglutition.
L'observation directe des troubles dysphagiques est peu informative. Par
exemple, une toux inefficace ou une absence de toux peuvent masquer l'installation
à bas bruit d'une pneumopathie de déglutition qui peut évoluer
de façon dramatique. La radioscopie de déglutition est un
examen fonctionnel simple, efficace, peu invasif qui permet de mieux comprendre
les mécanismes de dysfonctionnement, d'adapter la rééducation
et de suivre l'évolution. Elle permet surtout de faire la distinction
entre les fausses routes et de détecter celles qui se font sans
toux. Elle oriente la rééducation (le choix des postures
de compensation, de facilitation ou de protection) et le choix de la stratégie
nutritionnelle (texture alimentaire, quantité de chaque bolus,
etc.) [7, 22, 26, 28].
La prise en charge doit être pluridisciplinaire. Elle inclut non
seulement l'équipe médicale et paramédicale (kinésithérapeute,
orthophoniste, diététicienne, etc.) mais aussi l'entourage
et la famille du patient.
Au total
En postopératoire
- Pose de sonde naso-gastrique, de sonde de gastrostomie
ou de jéjunostomie en peropératoire quand les possibilités
digestives ne sont pas altérées (options).
- S'assurer que la bonne position de la sonde naso-sophagienne a
été contrôlée par radiologie (standard).
- Reprise de la nutrition entérale par sonde à J1 postopératoire,
sauf en cas de suture intestinale en aval (recommandation) (accord d'experts).
- Progression rapide par paliers, en postopératoire immédiat,
de l'alimentation entérale (standard).
- Assurer un apport entéral suffisant pendant la cicatrisation
avec une surveillance quotidienne de la tolérance et une adaptation
quotidienne de la nutrition, des points de vue quantitatif et qualitatif
(standard).
- Passage de la nutrition entérale par gravité dès
que possible pour laisser une autonomie aux patients (recommandation)
(accord d'experts).
- Passage à la nutrition entérale en position assise ou
semi-assise et pendant un temps variable (recommandation) (accord d'experts).
- S'assurer de l'absence de régurgitation et de fièvre avant
la reprise des essais d'alimentation après une bucco-pharyngectomie
transmaxillaire ou une pharyngectomie partielle (standard).
À la sortie du patient de l'établissement
(figure 7)
- Soit le patient est pris en charge en hospitalisation
à domicile (HAD) et il convient alors de transmettre au responsable
de l'HAD les modalités de la prise en charge alimentaire et, le
cas échéant, le type de produit de nutrition entérale
préconisé, le type de passage, la tolérance du patient,
les objectifs à atteindre.
- Soit le patient sort sans être hospitalisé
à domicile et le référent, pour les problèmes
alimentaires, reste donc la diététicienne en charge du patient
pendant son hospitalisation, qui devra prévoir son suivi (consultations,
rendez-vous téléphoniques, etc.) en concertation avec le
médecin traitant :
* en cas de sortie avec une nutrition entérale,
il s'agit de contacter les centres de nutrition désignés
[15, 16], de s'occuper des formalités de prise en charge à
domicile, d'informer en particulier la diététicienne concernée,
l'infirmière ou le médecin référent. Des conseils
sont donnés, de toute façon, au patient pour l'informer
de l'importance de la surveillance de son poids ;
* si l'alimentation mixée a été
reprise, il convient de donner des conseils écrits pour la réalisation
des plats (en présence du « cuisinier » de la famille),
la répartition des repas, le volume souhaitable et la progression
à effectuer à la maison (passage à une alimentation
hachée puis normale) ;
* si une radiothérapie externe est prévue,
expliquer les effets indésirables habituels et préconiser
l'ajout de compléments alimentaires à l'alimentation mixée.
Dans ces deux cas :
- il est nécessaire d'éduquer le patient
et/ou sa famille, de leur expliquer les gestes nécessaires à
une bonne hygiène dans la manipulation des produits, des tubulures,
dans la réalisation des préparations ;
- la diététicienne informe le patient
et/ou sa famille des procédures à mettre en uvre et
s'assure de la faisabilité ;
- il convient d'expliquer clairement les consignes alimentaires
posthospitalisation, de délivrer des documents explicatifs et de
s'assurer de la bonne compréhension du patient et de sa famille.
Au total
À la sortie du patient de l'établissement
- Rencontrer le patient, sa famille et/ou son référent
pour des conseils écrits posthospitalisation adaptés et
s'assurer de leur bonne compréhension (standard).
- Informer le patient sur les effets indésirables prévisibles
sur l'alimentation en fonction des traitements suivis ou à suivre
(recommandation) (accord d'experts).
- Prévoir et informer le patient et sa famille de l'évolution
de l'alimentation après la sortie de l'hôpital (recommandation)
(accord d'experts).
- Assurer le suivi du patient à domicile par la mise en place de
l'organisation nécessaire (transmission avec les diététiciennes
de l'hospitalisation à domicile, programmation avec le patient
des consultations diététiques, disponibilité téléphonique)
(accord d'experts).
Évaluation de la prise en charge (figure
8)
Elle doit se faire tout au long des traitements par
la mesure régulière du poids et par une évaluation
clinique et biologique simple. Cette surveillance clinique peut être
complétée ou non par la mesure de paramètres biologiques
et le calcul d'index multiparamétriques dont aucun n'est validé
dans ce contexte.
Le calcul d'un score nutritionnel subjectif comme le Subjective global
assessment de Baker et Detsky peut être associé à
cette évaluation clinique. Cet index traduit l'amélioration
de l'état général, la reprise d'une activité
même modérée et la sensation de mieux-être [3,
4].
Pour une surveillance plus complète, des critères anthropométriques
et impédancemétriques peuvent être utilisés.
Certains auteurs conseillent la surveillance du Pronostic inflammatory
and nutritional index (PINI) qui évalue l'état inflammatoire
et l'état nutritionnel [11, 24, 36] dont la formule est la suivante
:
(C-reactive protein (mg/l) x orosomucoïde)
/ (Albumine (g/l) x préalbumine (mg/l)) = norme 0-2 (g/l)
Si le patient maigrit ou se sent mal, si ces paramètres
ne sont pas satisfaisants, la surveillance hebdomadaire permet soit de
corriger les erreurs ou les incompréhensions éventuelles
par la seule interrogation du patient sur ses ingesta réels,
soit de modifier le régime si les apports calorico-azotés
préconisés s'avèrent insuffisants pour une récupération
d'un bon état général, soit d'alerter les médecins
sur la nécessité de mettre en place une nutrition complémentaire
par voie entérale et/ou parentérale et de prendre en charge
des symptômes éventuels (algies, mucites, etc.).
Le bénéfice des conseils diététiques est aléatoire
si une surveillance diététique rigoureuse, que cela soit
en hospitalisation, en consultation ou à domicile, n'est pas réalisée.
Au total
Évaluation de la prise en charge
- L'évaluation de la prise en charge diététique
se fait par la mesure régulière du poids (standard).
- La diététicienne doit alerter l'équipe médicale,
si le patient n'ingère pas le taux calorico-azoté préconisé
(standard).
- Une surveillance diététique hebdomadaire pour les patients
en cours de radiothérapie est nécessaire (recommandation)
(accord d'experts).
- Une surveillance diététique à chaque cure de traitement
est nécessaire pour les patients en cours de chimiothérapie
(recommandation) (accord d'experts).
Recommandations de la FNCLCC
1. Les objectifs de la prise en charge nutritionnelle
sont la prévention de la dénutrition, l'amélioration
de la qualité de vie, la réduction du nombre de complications
liées aux traitements et la prévention des interruptions
de traitement (standard). L'apport calorique quotidien souhaitable est
de l'ordre de 1 600 à 2 400 kcal, l'apport azoté de l'ordre
de 0,2 à 0,35 g/kg/j, soit 1,25 à 1,85 g de protides/kg/j
(recommandation) (accord d'experts).
2. Avant tout traitement, il est indispensable
d'étudier le dossier médical du patient et d'adapter la
prescription diététique au cas particulier du patient (standard).
Tous les patients atteints de cancer des voies aérodigestives supérieures
doivent bénéficier d'une surveillance régulière
du poids (standard). Une perte de poids de 10 % au cours des 6 derniers
mois nécessite une prise en charge diététique urgente
(standard). Du bilan alimentaire découle la ration énergétique
possible de départ (standard). Il convient d'informer le patient
sur les modalités de la prise en charge et du suivi diététique
de façon qu'il y adhère et de lui donner des conseils d'hygiène
de vie (standard). Les patients dénutris doivent être alimentés
par la voie entérale, voire parentérale, si la voie orale
ne permet pas un apport suffisant (standard) et bénéficier
d'une surveillance hebdomadaire sur les apports calorico-azotés,
la consommation alcoolique, le poids afin d'évaluer l'efficacité
de la prise en charge (recommandation) (accord d'experts). L'anamnèse
pour les patients en surcharge pondérale doit permettre de détecter
et de corriger les erreurs alimentaires (standard).
3. Au cours des traitements de radiothérapie,
les patients doivent être surveillés au plan nutritionnel,
au minimum de façon hebdomadaire (standard). On atteindra le plus
rapidement possible la ration de 35 à 45 kcal/kg de poids/j (recommandation)
(accord d'experts). La texture doit être adaptée aux possibilités
mécaniques (mastication, mucites), à la conservation des
structures permettant une déglutition normale, aux effets des traitements
associés, à l'âge des patients (standard). Les préparations
doivent être enrichies et l'alimentation fractionnée (standards).
La consommation d'aliments hypercaloriques, hyperprotidiques sous un faible
volume doit être augmentée (standard). Le transit peut être
corrigé par une alimentation adaptée (de nombreux patients
atteints de cancer des voies aérodigestives supérieures
ont des antécédents digestifs) (standard). Pendant les traitements
de chimiothérapie, l'arrêt prolongé total de l'alimentation
(per os ou par sonde) doit être évité et une
surveillance diététique à chaque cure de traitement
est nécessaire (recommandation) (accord d'experts).
4. La pose d'une sonde naso-gastrique ou d'une sonde
de gastrostomie peut être effectuée en peropératoire
quand les possibilités digestives ne sont pas altérées,
en particulier en cas d'échec de la prise en charge diététique
adaptée préopératoire ou d'indication de nutrition
artificielle (options). En postopératoire, la bonne position
de la sonde naso-sophagiennne doit être contrôlée
par radiologie (standard). La nutrition entérale par sonde reprend
à J1 postopératoire (recommandation) (accord d'experts)
puis progresse rapidement par paliers (standard). L'apport entéral
doit être suffisant pendant la cicatrisation avec une surveillance
quotidienne de la tolérance et une adaptation quotidienne de la
nutrition des points de vue quantitatif et qualitatif (standard). La nutrition
entérale est passée en position assise ou semi-assise, pendant
un temps variable et par gravité, dès que possible, pour
laisser une autonomie aux patients (recommandation) (accord d'experts).
On s'assurera de l'absence de régurgitation et de fièvre
avant la reprise des essais d'alimentation après une bucco-pharyngectomie
transmaxillaire ou une pharyngectomie partielle (standard).
5. À la sortie du patient de l'établissement,
le patient, sa famille et/ou son référent doivent bénéficier
de conseils écrits posthospitalisation adaptés et l'on s'assurera
de leur bonne compréhension (standard). Il faut mettre en place
l'organisation nécessaire pour le suivi du patient à domicile
(transmission avec les diététiciennes de l'hospitalisation
à domicile, programmation avec le patient des consultations diététiques,
disponibilité téléphonique) (accord d'experts).
6. L'évaluation de la prise en charge diététique
se fait par la mesure régulière du poids (standard). La
diététicienne doit alerter l'équipe médicale
si le patient n'ingère pas le taux calorico-azoté préconisé
(standard).
CONCLUSION
Remerciements
Nous remercions le ministère de l'Emploi et
de la Solidarité et la Ligue nationale contre le cancer pour leur
soutien financier.
Contributeurs
Revue interne (mars 1999) : E. Allot (Centre
René-Huguenin, Saint-Cloud), A. Banal (Centre René-Huguenin,
Saint-Cloud), J. Béal (Centre Oscar-Lambret, Lille), H. Benaïs
(Institut Claudius-Regaud, Toulouse), B. Besnard (Centre Paul-Papin, Angers),
C. Bonneteau (Institut Bergonié, Bordeaux), P. Bournay (Centre
régional Léon-Bérard, Lyon), F. Brunin (Institut
Curie, Paris), M. Charlot (Institut Jean-Godinot, Reims), L. Combalat
(Centre Val-d'Aurelle, Montpellier), F. Cometto (Centre Jean-Perrin, Clermont-Ferrand),
J.-C. David (Institut Claudius-Regaud, Toulouse), E. Desruennes (Institut
Gustave-Roussy, Villejuif), G. Dolivet (Centre Alexis-Vautrin, Vanduvre-lès-Nancy,
F. Duces (Institut Paoli-Calmettes, Marseille), M. Ducrot (Institut Jean-Godinot,
Reims), F. Eschwege (Institut Gustave-Roussy, Villejuif), C. Fingal (Centre
régional Léon-Bérard, Lyon), M. Franceschi-Tramier
(Institut Paoli-Calmettes, Marseille), L. Geoffrois (Centre Alexis-Vautrin,
Vanduvre-lès-Nancy), D. Hoguet (Centre Oscar-Lambret, Lille),
P. Jammet (Institut Curie, Paris), J. Jandot (Institut Paoli-Calmettes,
Marseille), C. Jaulerry (Institut Curie, Paris), C. Kere (Centre Val-d'Aurelle,
Montpellier), F. Ladkja (Institut Bergonié, Bordeaux), S. Lamain
(Centre Jean-Perrin, Clermont-Ferrand), M. Lapeyre (Centre Alexis-Vautrin,
Vanduvre-lès-Nancy), B. Leclercq (Institut Gustave-Roussy,
Villejuif), B.L. Luboinski (Institut Gustave-Roussy, Villejuif), B. Maurel
(Institut Claudius-Regaud, Toulouse), C. Mencarelli (Centre René-Huguenin,
Saint-Cloud), M. Meslier (Centre René-Huguenin, Saint-Cloud), J.
Meynadier (Centre Oscar-Lambret, Lille), N. Misuriello (Institut Paoli-Calmettes,
Marseille), N. Mondolonu (Centre Val-d'Aurelle, Montpellier), F. Montange
(Centre Alexis-Vautrin, Vanduvre-lès-Nancy), C. Muller (Centre
Paul-Strauss, Strasbourg), F. Mur (Centre Alexis-Vautrin, Vanduvre-lès-Nancy),
G. Nitenberg (Institut Gustave-Roussy, Villejuif), R. Pensa (Centre Antoine-Lacassagne,
Nice), F. Petit (Centre régional Léon-Bérard, Lyon),
P. Pommier (Centre régional Léon-Bérard, Lyon), P.
Pouillart (Institut Curie, Paris), P. Poulain (Institut Gustave-Roussy,
Villejuif), A. Prukop (Institut Gustave-Roussy, Villejuif), S. Puel (Centre
Val-d'Aurelle, Montpellier), B. Raynard (Institut Gustave-Roussy, Villejuif),
C. Rebus (Institut Gustave-Roussy, Villejuif), J.-L. Renaud-Salis (Institut
Bergonié, Bordeaux), M. Rich-Henry (Institut Claudius-Regaud, Toulouse),
J. Rodriguez (Institut Curie, Paris), D. Roux (Centre Jean-Perrin, Clermont-Ferrand),
B. Saint-Aubert (Centre Val-d'Aurelle, Montpellier), J. Sarini (Centre
Oscar-Lambret, Lille), P. Senesse (Centre Val-d'Aurelle, Montpellier),
H. Singer (Institut Claudius-Regaud, Toulouse), J. Tortochaux (Centre
Jean-Perrin, Clermont-Ferrand), T. Tursz (Institut Gustave-Roussy, Villejuif),
J. Vedrenne (Institut Curie, Paris).
Revue externe (mars 1999) : R. Benamouzig,
(Hôpital Avicenne, Paris), G. Boachon (Centre hospitalier Saint-François-d'Assises,
Lyon), J. Brugère (L'Hay-les-Roses), V. Colomb (Hôpital Necker,
Paris), J.-C. Desport (CHU Dupuytren, Limoges), J.-C. Farenc (Toulouse),
M.-C. Gouttebel (Centre hospitalier, Roanne), L. Israel (Centre médical
Europe, Paris), S. Mazé (Centre hospitalier régional universitaire,
Rennes), J.-C. Melchior (Hôpital Bichat, Paris), E. Riboli (CIRC,
Lyon), S. Schneider (Hôpital de l'Archet, Nice).
Ce document a été validé en
mars 1999 par les Comités techniques médicaux des centres
régionaux de lutte contre le cancer suivants : Centre Paul-Papin
(Angers), Institut Bergonié (Bordeaux), Centre François-Baclesse
(Caen), Centre Jean-Perrin (Clermont-Ferrand), Centre Georges-François-Leclerc
(Dijon), Centre Oscar-Lambret (Lille), Centre Léon-Bérard
(Lyon), Institut Paoli-Calmettes (Marseille), Centre Val-d'Aurelle (Montpellier),
Centre Antoine-Lacassagne (Nice), Institut Curie (Paris), Institut Jean-Godinot
(Reims), Centre Eugène-Marquis (Rennes), Centre Henri-Becquerel
(Rouen), Centre René-Huguenin (Saint-Cloud), Centre René-Gauducheau
(Saint-Herblain), Centre Paul-Strauss (Strasbourg), Centre Claudius-Régaud
(Toulouse), Centre Alexis-Vautrin (Vanduvre-lès-Nancy), Institut
Gustave-Roussy (Villejuif).
Comité d'organisation des SOR : A.
Bataillard (FNCLCC, Paris), P. Bey (Centre Alexis-Vautrin, Vanduvre-lès-Nancy),
M.-P. Blanc-Vincent (FNCLCC, Paris), F. Demma (FNCLCC, Paris), F. Farsi
(Centre régional Léon-Bérard, Lyon), B. Fervers (FNCLCC,
Paris), G. Gory-Delabaere (FNCLCC, Paris), S. Guillo (FNCLCC, Paris),
E. Luporsi (Centre Alexis-Vautrin, Vanduvre-lès-Nancy), T.
Philip (Centre régional Léon-Bérard, Lyon), S. Théobald
(Institut Jean-Godinot, Reims).
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