Le dépistage de masse du cancer du col utérin peut-il atteindre une population à risque ? Résultats d’un programme pilote de dépistage de masse du cancer du col utérin dans trois communes de l’agglomération lyonnaise
Auteur(s) : Hervé Mignotte, David Perol, Bernard Fontanière, Laurent-Paul Nachury, Anne Blanc-Jouvand, Valérie Fouillat, Franck Chauvin, Christine Lasset, Association pour le dépistage du cancer du col utérin, BP 107, 69672 Bron Cedex..
Résumé : De novembre 1993 à octobre 1996, une campagne de dépistage de masse du cancer du col utérin a été proposée à toutes les femmes âgées de 25 à 65 ans résidant dans trois communes de l’agglomération lyonnaise, afin d’amener au dépistage une population féminine habituellement peu ou pas suivie. Le recueil des dates et des résultats des deux derniers frottis permettait d’évaluer leur suivi gynécologique. Une large implication des acteurs locaux à tous les stades de l’action avait été proposée aux généralistes et aux gynécologues. Au total, 3 792 femmes ont été incluses, soit 12,3 % de la population cible, cette participation étant plus marquée après 60 ans (17,7 %). En se référant au consensus de Lille, 403 patientes (34,4 %) avaient un suivi de type « consensuel » (25,8 % après 50 ans, 39,4 % entre 35 et 49 ans et 36,5 % avant 35 ans), alors que 2 489 femmes (65,6 %) présentaient un suivi « non à jour » : 185 femmes sans frottis (4,9 %), 476 suivis insuffisants (12,5 %) et 1 828 suivis « inévaluables » (48,2 %). Les femmes de plus de 50 ans consultaient plus souvent un médecin généraliste, la tendance étant inversée avant 50 ans en faveur des gynécologues. Sur 3 127 frottis déclarés, 62 (2,1 %) ont été positifs, 48 chez des femmes « non à jour » (NS), 4 femmes n’ont pas eu de contrôle et, malgré la procédure mise en place, 9 ont été perdues de vue, 27 bilans complémentaires ont été négatifs, les autres diagnostics étant 9 CIN1, 7 CIN2, 3 CIN3, 1 CIS et 2 cancers invasifs. Les taux de frottis inévaluables et non significatifs sont respectivement de 1,5 % et 3,7 %. En dépit d’un taux de participation faible, cette expérience pilote de dépistage de masse a clairement montré qu’une action intensive, impliquant l’ensemble des acteurs locaux, pouvait atteindre une population féminine ne bénéficiant pas d’un suivi gynécologique adapté. Le rôle des médecins généralistes pour sensibiliser cette population est à souligner.
Mots-clés : cancer du col utérin, dépistage, épidémiologie.
Illustrations
Figure 1. Évolution
de la participation des femmes en fonction du temps (1993-1996).
Figure 2. Répartition
des inclusions dans la campagne en fonction de l'âge des femmes.
Figure 3. Procédures diagnostiques
et thérapeutiques : résultats.