John Libbey Eurotext

Médecine

MENU

Quel est le risque des corticoïdes inhalés dans la BPCO ? Volume 5, numéro 2, Février 2009

Auteurs

Cette revue systématique et méta-analyse reprend les données d’études récentes aux résultats parfois contradictoires.

Les auteurs ont analysé 11 essais contrôlés randomisés (14 426 participants) chez des patients atteints de bronchopneumopathie chronique obstructive stable traitée par corticoïdes inhalés (fluticasone, triamcinolone et budésonide) versus placebo ou salmétérol. Aucune différence n’a été observée à 1 an en ce qui concerne la mortalité toutes causes [RR 0, 86 (95 % IC 0,68-1,09)]. Les corticoïdes inhalés étaient cependant associés de façon significative à une augmentation de fréquence de pneumonies : 777 cas sur 5 405 patients dans le groupe traitement, 561 cas sur 5 371 patients dans le groupe contrôle [RR 1,34 (1,03-1,75)]. Les analyses en sous-groupes montrent que le risque de pneumonie croît avec l’augmentation des doses de corticoïdes. Les auteurs concluent que des études ultérieures devraient préciser quels patients bénéficient au mieux de ces traitements.

Drummond B, Dasenbrook E, Pitz M, Murphy D, Fan E. Inhaled corticosteroids in patients with stable chronic obstructive pulmonary disease. JAMA. 2008 ; 300 (20) : 2407-16.

Les questions que se pose la rédaction
• Le rapport bénéfices/risques des corticoïdes inhalés pose toujours question dans la BPCO. La réduction indéniable du taux d’exacerbations se fait au prix d’une augmentation du nombre de pneumonies, elles-mêmes causes d’une moins bonne qualité de vie du fait des hospitalisations itératives et de l’altération de la fonction respiratoire.
• Conclusion essentielle sur le plan pratique : il est déraisonnable d’augmenter inconsidérément les doses inhalées chez des patients qui sembleraient «mauvais répondeurs », puisque le risque de pneumonie augmente dans ce cas…
• On peut bien sûr rappeler qu’une prévention efficace éviterait d’en arriver là, le tabagisme étant de loin le premier des facteurs de risque identifiés. Nous avons consacré à cette pathologie 2 dossiers, en septembre et décembre 2007, mais aussi d’autres au tabagisme, actif ou passif.