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Lombalgie chronique et arrêt de travail Regards croisés patients/médecins Volume 2, numéro 4, Avril 2006

Auteur
Médecin conseil ELSM de Limoges -nicotphi@club-internet.fr
  • Mots-clés : lombalgie, chronique, arrêt de travail, relation médecin patient
  • Page(s) : 180-2
  • Année de parution : 2006

Contexte : la lombalgie chronique commune a des conséquences socio-économiques importantes. Les recommandations de pratiques cliniques préconisent une réinsertion professionnelle précoce, ce qui est loin d'être la réalité quotidienne. Objectif : comprendre ce que représente l'arrêt de travail et identifier les obstacles à la reprise du travail du point de vue des patients, médecins traitants et médecins conseils. Méthode : enquête réalisée auprès des assurés affiliés auprès de la CPAM de Haute-Vienne en arrêt de travail depuis plus de 4 mois pour lombalgie, de leurs médecins traitants, et des médecins conseils. Résultats : à propos d'une éventuelle reprise du travail, la perception de l'objectif principal du traitement était la guérison pour respectivement 57 % des patients, 25 % des médecins traitants et 28 % des médecins conseils. Ils envisageaient une reprise moyennant une adaptation des conditions de travail (respectivement 21, 46 et 39 %). Une reprise du travail malgré la douleur est rarement envisagée (respectivement 3, 6 et 3 %). Ils considéraient le repos comme un élément essentiel du traitement (54, 67 et 70 %). Parmi les obstacles à la reprise intervenaient la douleur (respectivement 51, 30 et 48 %), puis le retentissement dans les activités quotidiennes (42, 40 et 19 %). 7 % des patients craignaient la reprise en raison de la pratique d'un métier « à risque ». Discussion : le doute très important pour les trois parties quant à la possibilité d'un travail adapté peut exprimer à la fois le scepticisme sur le contexte professionnel actuel et la méconnaissance du rôle du médecin du travail, au total peu sollicité par les trois parties. Ces aspects devraient être explorés, car ils remettent en question la pertinence des recommandations. Conclusion : il semble possible, dans des limites qui restent à définir, de proposer à nos patients lombalgiques de partager la décision de reprise du travail malgré la douleur, non comme une sanction, mais comme un élément indispensable à la guérison, à condition de parfois modifier radicalement leurs conditions de travail.