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Essais récents dans l'HTA : avancées scientifiques ou discours commercial ? Volume 2, numéro 5, Mai 2006

Auteurs
  • Page(s) : 199
  • Année de parution : 2006

La question est posée crûment par un grand "nom" de l'hypertension mondiale. Psaty et al. jugent
sévèrement les derniers essais publiés (LIFE 2002, INVEST 2003, ASCOT 2003, VALUE 2004).

Ils rappellent au préalable que, une fois que les essais versus placebo ont répondu à la question de savoir si un traitement était efficace chez certains patients, il est primordial des points de vue clinique et de santé publique de comparer ensuite entre eux des traitements réellement actifs. Selon eux, l'essai ALLHAT a montré une fois de plus que les diurétiques à faible dose restaient insurpassés quant à la prévention du risque cardiovasculaire. Or, dans les 4 essais récents cités, sponsorisés par l'industrie, aucun n'utilisait de diurétique comme comparateur. Les 3 premiers avaient choisi l'aténolol et le 4e exclu de son critère primaire d'évaluation l'insuffisance cardiaque. Psaty et al. insistent: quand un traitement optimal de première ligne a été clairement défini, la question-clé devient celle du traitement de seconde ligne, chez les patients pour lesquels le traitement de première ligne ­ toujours un diurétique à faible dose ­ ne suffit pas. Dans ces conditions, utiliser comme comparateur un traitement de seconde ligne est totalement illogique. Ces 4 essais ne peuvent donc apporter de données probantes et relèvent plutôt de la publicité que de l'information scientifique...

 

Les questions que se pose la rédaction

- Le débat sur les traitements de première, seconde, nième ligne, de l'hypertension artérielle est toujours d'actualité, en tous cas dans les pays anglo-saxons (USA, Grand Bretagne, Australie) et nordiques (Suède, Norvège). La réaffirmation de l'utilité - pour la santé personnelle comme pour la santé publique - de l'utilisation des diurétiques à faible dose en première intention est essentielle, même si l'on sait que ce médicament ne suffira pas dans un nombre important (30 à 40 % ?) des cas.

- La question mérite donc d'être posée une fois de plus : pourquoi cette discordance avec de nombreuses voix "autorisées" françaises, y compris dans la dernière mise à jour de la recommandation de la HAs sur ce sujet, qui, au moins dans le texte court de recommandations, propose indifféremment en première ligne un médicament de l'une des "5 grandes classes" ? Nous y reviendrons...

 


Psaty BM, Weiss NS, Furberg CD. Recent trials in hypertension. Compelling science or commercial speech ? JAMA. 2006;295:1704-6.