John Libbey Eurotext

Innovations & Thérapeutiques en Oncologie

L’avenir se construit maintenant Volume 2, numéro 6, Novembre-Décembre 2016

« Il n’y a pas de sot métier » dit l’adage populaire, mais certaines professions, plus que d’autres, nécessitent un engagement renouvelé tous les jours. Elles ont pour mission, en plus de répondre aux besoins actuels, d’imaginer ce que pourrait être l’avenir, et lorsqu’il s’annonce difficile, d’essayer de le changer…

Certaines pourraient croire qu’en ces périodes électorales, j’évoque les hommes politiques. Dans ce contexte j’aurais volontiers plutôt cité quelques rares hommes d’État que de trop fréquents hommes politiques, mais je souhaite avant tout ici parler de vous. Vous les lecteurs de cette revue, et d’autres que vous côtoyez, ceux qui soignent, qui cherchent, qui enseignent, qui organisent, qui, confrontés chaque jour à un fléau dont l’ampleur et les enjeux de santé publique sont de plus en plus grands, comme le rappelle le nouveau président de l’Institut national du cancer (INCa), le Professeur Norbert Ifrah (p. 265-6), mettent leur compétence et leur énergie au service de la construction de l’avenir.

Vous trouverez dans ce numéro une série d’articles qui témoignent oh combien ! que l’oncologie est passée du stade d’une discipline historiquement réduite à l’accompagnement à celle d’une discipline à la croisée de la médecine et de la science, avec comme terreau de l’innovation la recherche appliquée.

Ainsi, vous apprendrez comment la caractérisation des cellules souches, leurs particularités biologiques, et l’existence ou le développement de thérapeutiques ciblant celles-ci, permet d’envisager des approches originales sur la maladie cancéreuse, souvent en complément de certains traitements déjà à disposition (Grockowiak et al., p. 284-94). Au sein de ces processus biologiques, la transition épithélio-mésenchymateuse demeure une propriété fondamentale, expliquant la « plasticité » des cellules cancéreuses et les enjeux de la compréhension et la régulation de ce phénomène (Ansieau et al., p. 295-304). L’avenir nous permettra peut-être, à défaut de prévenir la survenue des cancers, au moins de pouvoir s’attaquer aux racines de la maladie métastatique et la complexité de son évolution. Toujours dans le même esprit de la recherche appliquée, l’identification de cibles spécifiques permet également d’envisager des approches thérapeutiques nouvelles en médecine nucléaire, en se servant d’émetteurs alpha (Kraeber-Bodéré, p. 267-77).

La multitude d’informations générées et recueillies, lors de la prise en charge des patients cancéreux, est également une source de recherche appliquée potentielle, permettant d’améliorer nos pratiques et de mieux comprendre comment elles sont parfois influencées par certains paramètres sans les formaliser complètement, ou comment ceux-ci pourraient être essentiels afin d’améliorer les modalités de la recherche appliquée et l’interprétation des résultats qui en découle. Ce sont ces « Big Data », tant cités de nos jours, que nous accumulons sur nos lieux d’exercice et dont les défis d’analyse sont un enjeu majeur, comme c’est le cas en radiothérapie (Janoray, p. 278-83).

Depuis plus d’un an, notre revue vous propose, au sein d’un même numéro d’explorer, de nouveaux chemins de la connaissance appliquée, porteurs d’espoirs et faisant entrevoir aujourd’hui ce que pourrait être l’avenir. Car si l’épistémologie nous apprend que la démarche scientifique a beaucoup de difficultés à prévoir l’avenir des connaissances dont les grandes évolutions sont ponctuées par de nouveaux paradigmes, notre profession, elle, nous oblige aujourd’hui à « imaginer » ce que pourrait être cet avenir en réfléchissant, identifiant, accompagnant et déployant au quotidien l’innovation d’aujourd’hui qui sera la médecine de demain.

Puisque nous arrivons au seuil de l’année 2017, au nom du comité éditorial et de l’ensemble de l’équipe de rédaction d’ITO, nous vous souhaitons une belle et heureuse nouvelle année, pleine de curiosité, d’enthousiasme et de succès.

Remerciements et autres mentions

Financement : aucun.

Liens d’intérêts : les auteurs déclarent n’avoir aucun lien d’intérêt en rapport avec cet article.