John Libbey Eurotext

L'Information Psychiatrique

MENU

Préhistoire de la psychotraumatologie (1884-1893) La querelle des névroses : les névroses traumatiques de H. Oppenheim contre l’hystéro-traumatisme de J.-M. Charcot Volume 90, numéro 6, Juin-Juillet 2014

Auteurs
1 Psychologue, Docteur en psychologie, CH Guillaume-Régnier, Pôle G 06 Dr-Galinand, Cellule de victimologie générale, 108, avenue du Général-Leclerc, 35703 Rennes, France
2 Maître de conférences, HDR en psychopathologie et criminologie, Directrice adjointe du CIAPHS, Université Rennes 2, EA 2241, Département de psychologie, Bât. I, place du Recteur-Henri-Le-Moal, CS 24307, 35043 Rennes cedex, France
* Tirés à part
  • Mots-clés : névrose traumatique, Jean-Martin Charcot, Hermann Oppenheim
  • DOI : 10.1684/ipe.2014.1217
  • Page(s) : 427-37
  • Année de parution : 2014

Les premières conceptions du traumatisme en psychiatrie, empruntées pour l’essentiel à la chirurgie, laissent progressivement place à partir de 1880 à des approches d’inspiration neurologique mieux à même de rendre compte de sa composante émotionnelle. Les névroses vont dès lors constituer le modèle de référence dominant pour les troubles d’origine traumatique. Deux grandes conceptions vont alors s’opposer : celle de l’hystéro-traumatisme incarnée par J.-M. Charcot, celle d’une névrose particulière, la névrose traumatique conçue par H. Oppenheim. Nous verrons qu’en deçà de cette « querelle des névroses », ce sont deux paradigmes qui s’affrontent : celui du terrain héréditaire, en l’occurrence pour Charcot la diathèse, l’événement traumatique ne venant qu’en révéler ou en actualiser le potentiel pathogène ; celui d’une pathologie entièrement engendrée par l’accident et dont nous verrons qu’elle est conçue sur le modèle physiologiste du réflexe, réflexe en l’occurrence causé par un choc physique périphérique et un choc nerveux central, l’un l’autre se renforçant mutuellement.