John Libbey Eurotext

L'Information Psychiatrique

MENU

Les malades mentaux sont-ils plus violents que les citoyens ordinaires ? Volume 82, numéro 8, Octobre 2006

Auteurs
Faculté de Médecine, Université de Poitiers, SHUPPM, hôpital la Miletrie, BP 587, 86021 Poitiers
  • Mots-clés : maladie mental, violence
  • DOI : 10.1684/ipe.2006.0006
  • Page(s) : 645-52
  • Année de parution : 2006

Sans stigmatiser nos patients et majorer leur rejet et la difficulté de leur réhabilitation, il est indispensable que les équipes psychiatriques soient conscientes que les troubles mentaux graves sont à l’origine d’un risque majoré de violences ou même d’homicide, cela en dehors de tout abus de substance. Les risques majorés de violence concernent notamment des patients aux antécédents de violence, en rupture de soins ou non observants, abusant d’alcool ou de drogues, présentant une clinique paranoïde productive avec persécution ou syndrome d’influence, hallucinations impérieuses, une clinique pseudoneurologique ou une personnalité psychopathique sous-jacente. Il faut néanmoins se garder de confondre crime et maladie mentale en se rappelant par exemple que si, dans les pays industrialisés, le taux des homicides est compris entre 1 et 5 pour 100 000 habitants, les troubles mentaux graves ne seraient responsables que de 0,16 homicides pour 100 000 habitants, la maladie mentale ne concernant que moins d’un homicide sur 20.