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Les arts et l’émotion, l’alexithymie et la relation d’absence Volume 96, numéro 2, Février 2020

Auteur
Professeur de psychiatrie infantojuvénile Paris V-René Descartes,
Chef de service du département de psychiatrie de l’adolescent et du jeune adulte
Institut Mutualiste Montsouris
42 boulevard Jourdan
75014 Paris, France
* Correspondance

Les antécédents traumatiques (carences, effractions, abus) dans l’enfance et la menace dépressive qu’ils génèrent de par leur reviviscence récurrente chez certains sujets limites (borderline), ébranlent la cohérence de leur sentiment d’identité à l’adolescence et appauvrissent les possibilités de mise en récit et d’historicisation à l’âge adulte (déni, refoulement, répression).

Les enfances mornes et sans histoire ou chaotiques avec beaucoup d’histoires génèrent beaucoup d’ambition productrice de fictions étayantes et/ou déréalisantes. Les adolescents limites traumatisés promènent le miroir de leurs fictions tout au long du chemin de leur vie. Bon nombre développent des capacités créatives à la source de leur tension identitaire et en réponse à l’écho vivace de l’absence d’environnement porteur.