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L'Information Psychiatrique

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« Le sujet n'aime plus les hommes ». Transcription de l'amour dans les psychoses paranoïaques et la misanthropie entre Henri Ey et Jacques Lacan Volume 86, numéro 8, octobre 2010

Auteur
Psychiatre, psychanalyste, 11, rue du Maréchal-Foch, 66000 Perpignan ; président du Cercle de recherche et d'édition H. Ey (Crehey), 2, rue Léon-Dieudé, 66000 Perpignan

La transcription, en vue de leur publication, des tapuscrits sur les psychoses paranoïaques qu'Henri Ey distribuait lors de son enseignement (1938-1966) a donné lieu à un travail sur l'écriture de l'amour inconscient chez le paranoïaque. La comparaison des différentes versions des tapuscrits de Ey avec la thèse de Jacques Lacan sur la paranoïa d'autopunition (1932) a permis une réflexion clinique sur les modalités d'entrées dans le délire, une meilleure situation des formules de l'amour homosexuel inconscient énoncées par Freud et un exposé succinct des apports d'H. Ey à cette question. La comparaison entre le cas Aimée de J. Lacan et le témoignage de J.-J. Rousseau permet de mieux comprendre la valeur clinique à attribuer à la locution « ne… plus ». Tantôt elle peut signaler l'extension misanthropique de la personnalité vers le délire mégalomaniaque, tantôt le renoncement au délire après un retour de la culpabilité et du deuil. L'idéalisation obstinée de l'amour de l'humanité est la même dans les deux cas. La psychiatrie, au risque de la paranoïa, se doit d'être modeste, c'est-à-dire de n'être ni une science sans humanisme ni un humanisme sans renoncement à la toute puissance de l'Idéal.