John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Troubles moteurs de l'oesophage (partie 1) Volume 2, numéro 5, Septembre - Octobre 1995

Auteurs
service d'hépato-gastroentérologie, Hôtel-Dieu, 63000 Clermont-Ferrand, France.

Concernant les troubles de la motricité oesophagienne rencontrés au cours du reflux gastro-oesophagien, les travaux les plus récent insistent tout particulièrement sur la fréquence des relaxations transitoires du sphincter oesophagien inférieur qui rend compte de 82 % des épisodes de reflux chez un sujet normal, ces épisodes survenant le plus souvent dans les 3 heures post-prandiales et en position debout, les relaxations induites par la déglutition ne rendant compte que d'environ 13 % des épisodes de reflux et la baisse permanente de pression du sphincter oesophagien inférieur de 1 % des reflux. Les mécanismes physiopathologiques intervenant dans ces trois types de reflux sont donc naturellement fort différents et permettent d'opposer, chez les sujets souffrant d'un reflux pathologique, des reflueurs debout dont le mécanisme essentiel du reflux sont les relaxations transitoires du sphincter oesophagien inférieur, et des reflueurs couchés, a priori plus graves, présentant un abaissement permanent de la pression du sphincter oesophagien inférieur. En terme de traitement, le débat reste largement ouvert quant aux possibilités de récupération des troubles moteurs après traitement médical, la plupart des études ne montrant pas d'amélioration des paramètres classiques de la manométie oesophagienne après guérison d'un oesophagite par les inhibiteurs de pompe à protons. En revanche, l'appréciation de la force de clairance oesophagienne, c'est-à-dire de la force de propulsion de l'oesophage dans le sens oral-aboral, semble montrer une récupération importante de celle-ci après guérison de l'oesophagite, récupéraon échappant totalement aux paramètres traditionnels de la manométrie oesophagienne. La chirurgie du reflux, enfin, dont les mécanismes d'action restent obscurs, commence à révéler ses mystères : certes, elle augmente la pression de base du sphincter oesophagien inférieur, mais elle inhibe également la relaxation complète de ce sphincter à la déglutition et, enfin, elle diminue notablement la fréquence des relaxations transitoires non déclenchées par la déglutition. L'achalasie oesophagienne est-elle une maladie virale ? La recherche d'anticorps antivirus de la varicelle dans le sérum et sur les pièces d'oesophagectomie des patients porteurs d'une achalasie montre en effet une différence hautement significative avec les sujets témoins. Le traitement de l'achalasie oscille néanmoins toujours entre dilatation et chirurgie dont les résultats apparaissent comparables, et la toute récente injection de toxine botulique dont les premiers résultats, encourageants, tout au moint à court terme, viennent d'être publiés. Concernant enfin les connectivites, le travail le plus surprenant nous vient des États-Unis, montrant que les enfants qui ont été nourris au sein de mère porteuse de prothèse mammaire en silicone, présentent avec une fréquence impressionnante, dès l'âge de 6 ans, d'importantes altérations de la motricité oesophagienne avec apéristaltisme et baisse d'amplitude des ondes de contraction des deux tiers distaux de l'oesophage.